Des outils d’intelligence artificielle pour dépister le COVID-19 au Maghreb

Il s’agirait, selon ses concepteurs, de la première plateforme directement opérationnelle et accessible à tous.

« Le concept de départ, c’est de permettre aux régions intérieures reculées [en Tunisie] de pouvoir faire des dépistages en masse »

– Moustapha Hamdi, universitaire

Une équipe médicale traite un patient atteint du coronavirus dans une ambulance, à Tunis, le 6 avril 2020 (AFP)

 

Des ingénieurs tunisiens ont indiqué avoir développé un outil d’intelligence artificielle en libre accès pour aider à diagnostiquer instantanément le coronavirus à partir de simples radiographies des poumons, ce qui pourrait accélérer le dépistage de la maladie COVID-19 en Tunisie.

La plateforme en ligne est testée par le ministère de la Santé avant une éventuelle utilisation par les services hospitaliers de la Tunisie, qui a jusqu’ici officiellement confirmé plus de 800 cas de contamination, dont 37 décès.

Plusieurs initiatives dans ce domaine ont été lancées dans le monde, notamment au Canada et en Chine, mais les concepteurs tunisiens soulignent ne pas avoir trouvé d’autre plateforme directement opérationnelle et accessible à tous.

Elle est développée depuis mi-mars par des enseignants et étudiants de l’école d’ingénieur Insat, avec le soutien de l’organisme public allemand d’aide au développement GIZ, de la Société italienne de radiologie et du géant américain de l’informatique IBM.

L’outil a été élaboré en lui transmettant des milliers de radios de personnes ayant contracté le COVID-19 et de personnes saines, afin qu’il apprenne à distinguer les marqueurs de la maladie dans les poumons. 

L’intelligence artificielle « permet de classifier un grand nombre d’images en un temps très court, avec un faible coût », a expliqué vendredi à l’AFP Moustapha Hamdi, universitaire et concepteur de cet outil. 

« Nous sommes en train d’affiner la détection pour les cas où il y a très peu de symptômes. »

Le résultat est obtenu « en deux clics » : « il suffit de charger l’image puis de la soumettre à l’analyse, qui donne un score de reconnaissance » du COVID-19, a-t-il ajouté.

« Expérimentation »

Il ne s’agit pas d’un diagnostic médical, mais d’une mesure de la probabilité que la personne soit atteinte du nouveau coronavirus, fiable à « 90 % » selon ses concepteurs.

« Le concept de départ, c’est de permettre aux régions intérieures reculées [en Tunisie] de pouvoir faire des dépistages en masse », a expliqué Moustapha Hamdi.

Les infrastructures hospitalières sont réparties de façon très inégale en Tunisie, les villes côtières (nord) étant bien équipées alors que les régions intérieures sont dépourvues de centres médicaux universitaires ou de médecins spécialisés.

« Le concept de départ, c’est de permettre aux régions intérieures reculées [en Tunisie] de pouvoir faire des dépistages en masse »
– Moustapha Hamdi, universitaire

« Il suffit d’avoir une connexion internet » et la possibilité de faire une radio, un examen courant et peu coûteux dans les hôpitaux publics, a poursuivi le concepteur, précisant que son outil pourrait aider à accélérer le tri des patients « lorsque leur nombre augmente » aux urgences.

« Plus on alimente la plateforme par des images, plus elle devient précise et fiable », a-t-il ajouté, précisant que de nombreux internautes étrangers y avaient déjà eu recours. 

C’est « une très bonne idée, mais elle est encore à l’étape de l’expérimentation », a réagi le Dr Fawzi Haddad, qui exerce dans le principal hôpital tunisien chargé des personnes atteintes du COVID-19.

Source : AFP


 

 

Des Marocains inventent un « masque intelligent » pour détecter le coronavirus

« MIDAD » prend votre température, mesure le taux d’oxygène dans votre sang et vous suit aussi par tracking : ce masque mis au point par des Marocains est un des six projets retenus pour un concours international à Paris

Une équipe de chercheurs marocains, composée d’ingénieurs et de médecins, a annoncé le lancement en version initiale d’un « masque intelligent de détection automatique à distance » du COVID-19rapporte l’agence de presse officielle marocaine, la MAP.

Ce masque est accompagné d’une application de « tracking », qui propose une méthode de prédiction et de diagnostic de la maladie.

Selon ces chercheurs, le masque, qui sert également de barrière de protection, a été conçu en utilisant l’impression 3D et contient une carte et des capteurs de température, d’humidité et de pression permettant de mesurer la pression et le cycle respiratoire, ainsi que le taux d’oxygène dans le sang (en le combinant avec un oxymètre, appareil qui permet de mesurer la concentration en oxygène moléculaire dans un mélange gazeux ou dans un liquide).

« MIDAD » fait partie des six projets retenus à un concours international baptisé « HakingCovid19 » organisé par HEC Paris et d’autres partenaires, qui ont reçu pas moins de 102 candidatures. Grâce à cette distinction, un investisseur marocain a proposé de financer la production de ce masque.

Dans une déclaration à la MAP, le coordinateur de l’équipe scientifique, le Dr Mouhsine Lakhdissi, a précisé que ce masque était relié via bluetooth à l’application Trackorona, qui propose le « tracking » (traçage) des déplacements de l’utilisateur pour détecter son niveau de respect du confinement et de la distanciation sociale.

Il a fait savoir que l’application, qui peut être téléchargée gratuitement sur smartphone indépendamment du masque, proposait un formulaire d’auto-diagnostic validé médicalement et une technologie innovante de détection des symptômes de la maladie par la voix.

L’application utilise aussi un « framework » évolutif de prédiction multi-facteurs utilisant des données environnementales, comportementales et médicales du patient et de l’intelligence artificielle.

« Respecte la loi sur la protection des données personnelles »

Le Dr Lakhdissi a expliqué que cette application permettait de remonter les données vitales du masque en les combinant avec les autres données d’auto-diagnostic, de détection intelligente par la voix et de suivi du comportement pour évaluer la probabilité d’infection, mais également connaître les personnes fréquentées par l’utilisateur, tout en « respectant la loi sur la protection des données personnelles ».

Le masque intelligent MIDAD et l’application Trackorona sont un projet 100 % marocain, qui propose une méthode innovante et à faible coût, a-t-il dit, soulignant que c’est « une modeste contribution scientifique mise à la disposition de notre pays en guise de reconnaissance et qui reste ouverte aux améliorations, adaptations et rectifications apportées par les experts ».

Concernant les étapes franchies pour protéger cette invention, le Dr Lakhdissi a expliqué qu’une demande de brevet avait été déposée pour ce dispositif qui va être lancé en open source pour les citoyens et le gouvernement marocains.

Il a indiqué que l’équipe scientifique avait travaillé sur ce projet durant un mois, ajoutant que l’idée était le fruit d’une réflexion collective dans le cadre de la mobilisation citoyenne et active en lien avec la pandémie, notant que des contacts avaient été établis dans ce sens avec le centre de recherche de la faculté de médecine de Casablanca.

Il s’agit d’un projet innovant qui a tiré profit des expériences entreprises en Corée du Sud, à Singapour, en Allemagne et en Suisse portant sur le confinement, la distanciation sociale et la détection de la maladie via l’empreinte vocale.

Ce masque peut être utilisé pour lutter contre le coronavirus, mais également en matière de médicalisation à distance dans d’autres cas de maladies.

Source : Middle Eats Eye

Les contrôles de température sont omniprésents.

La Tunisie, le Maroc et l’Algérie reconduisent le confinement

La Tunisie, le Maroc et l’Algérie ont reconduit entre vendredi et samedi les mesures de confinement général. A Tunis, le conseil de sécurité nationale a reconduit le confinement vendredi “jusqu’à nouvel ordre”. A Rabat, les autorités ont annoncé la prolongation jusqu’au 20 mai de «toutes les mesures de précaution et de restriction (…) de l’état d’urgence sanitaire.

A Alger, le Premier Ministre Abdelaziz Djerad a «reconduit pour une période supplémentaire de dix jours, jusqu’au 29 avril, le dispositif de confinement ainsi que l’ensemble des mesures préventives», selon un communiqué officiel.

Selon les chiffres officiels, 367 décès ont été recensés jusque-là en Algérie pour 2.534 cas déclarés positifs au covid-19. 

Au Maroc, 2.670 cas de contamination ont été enregistrés officiellement sur un total de 13.000 tests, dont 137 décès. Depuis le 7 mai, le port du masque de protection est obligatoire au Maroc pour quiconque autorisé à quitter son domicile pendant l’épidémie du coronavirus. 

Pour sa part, la Tunisie a enregistré 822 contaminations au Covid-19 sur un total de 13.930 dépistages. Le pays déplore 37 décès. Dans ce pays, il est quasi impossible de trouver un masque en vente, les gens se débrouillent comme ils peuvent. Les gens démunis (travailleurs journaliers, femmes de ménage, vendeuse de magasins fermés, etc.) ne savent pas comment survivre. Une indemnité de 200 Dinars (70 Euros) leur est royalement accordée s’ils font la queue durant une journée devant le bureau de poste, et s’ils ont les justificatifs adéquats.

L’aéroport Tunis-Carthage est en quarantaine.

 

 

 

 

 

 

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Covid-19: le Maroc, la Tunisie et l’Algérie adoptent la chloroquine. Quid du reste de l’Afrique ?

En Algérie,l’agenda culturel est complètement chamboulé,comme au Québec.
L’enjeu est à la fois médical, financier et géopolitique. Alors que le débat fait rage entre les médecins à propos de l’efficacité de la chloroquine contre le nouveau coronavirus Covid-19, les États, eux, ont pris les devants. L’américain Donald Trump y voit un remède miracle quand le français Emmanuel Macron se rapporte à un comité scientifique boycotté depuis peu par l’atypique Didier Raoult, cet infectologue hors système, patron de l’institut Hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection de Marseille, « nouveau Christ » selon les uns, « fou furieux » selon les autres .
Pendant ce temps, la course aux stock a commencé dans le monde.

Le gouvernement marocain a réquisitionné le stock de chloroquine disponible dans le pays auprès des laboratoires Sanofi, le seul du pays qui produit les deux médicaments à base de chloroquine — Nivaquine et Plaquenil, utilisés contre le covid-19.

L’Algérie voisine dispose elle d’un stock largement suffisant selon les autorités. Dans ce cadre, Dr Bekkat Berkani, président du Conseil de l’ordre des médecins et membre du comité scientifique de veille et de suivi de l’évolution de l’épidémie du Coronavirus (COVID-19), a annoncé mardi dans une déclaration sur les ondes d’une radio locale que le ministère de la Santé a commencé à tester le médicament avec quelques cas graves infectés par le virus « Coronavirus » hospitalisés l’hôpital El Kettar d’Alger. 
Autre pays maghrébin, la Tunisie où le le Directeur des soins et de santé de base, Chokri Hamouda, a annoncé, mardi 24 mars, le démarrage des essais cliniques de base en coordination avec le laboratoire national de contrôle des médicaments, le centre national de pharmacovigilance, et l’instance nationale de l’évaluation, et de l’accréditation en Santé (INEAS). Le pays s’est procuré d’importantes quantités de chloroquine.
De l’autre côté de la rive du Sahara, le scepticisme semble l’emporter sur la vision de la chloroquine comme remède miracle contre le covid-19. Au Sénégal, le professeur Pr Daouda Ndiaye, chef du service de parasitologie de l’hôpital Aristide Le Dantec , estime, dans un entretien à Walf Quotidien, qu’il ‘’n’y a pas de preuves formelles’’ pour dire que la chloroquine soigne cette maladie.
Pharmacies à sec ?
En dépit de cet intérêt soudain pour l’un des médicaments les plus connus en Afrique, l’on ne relève pas une effervescence particulière chez les particuliers, ni une anticipation auprès des pouvoirs publics pour acquérir ce médicament dont le prix est appelé grimper . Le Figaro du 22 mars écrivait qu’en quelques jours, « les réserves des pharmaciens ont été mises à sec » au Burkina Faso, au Sénégal mais aussi en Afrique centrale, au Cameroun. D’autre part, des enquêtes menées à partir du 11 mars par le réseau ouest-africain Anthropologie des Epidémies émergentes, en lien avec le réseau Sonar-Global, indiquaient que des commerçants africains ont constitué des stocks pour répondre à la demande. Les réseaux parallèles en provenance du Nigeria et de l’Inde se frotteraient les mains. Pour parer à la prolifération du commerce illicite, Interpol a mené une opération de lutte contre le commerce en ligne de produits médicaux contrefaits entre le 3 et le 10 mars, arrêté 121 personnes et saisi l’équivalent de 14 millions de dollars de produits potentiellement dangereux, parmi lesquels des antiviraux actuellement non autorisés contre le coronavirus comme la chloroquine.
Aux USA, si Donald Trump a assuré que la chloroquine pourrait être rapidement disponible « sur ordonnance », la Food and drug administration (FDA) a, elle nuancé les promesses présidentielles. «Le président nous a demandé de regarder de plus près ce médicament. Nous voulons faire cela en mettant en place un essai clinique étendu et pragmatique pour recueillir ces informations et répondre à toutes les questions qui se posent», a expliqué le directeur de l’autorité régulatrice en matière de médicaments, Stephen Hahn.
En France, la seule unité de production, Famar, lâchée par le fonds d’investissement KKR, en redressement judiciaire et à la recherche de repreneur, pourrait valoir son prix d’or si le professeur Raout, tel un Ignace Semmelweis qui avait découvert avec Pasteur les bienfaits du lavage de main en milieu hospitalier mais dut faire face, sa vie durant, au conservatisme de la science, remportait la bataille, soutenue qu’il est par l’opinion publique et une vaste pétition adressée au président Emmanuel Macron.
La chloroquine n’est pourtant pas une innovation. 
Utilisée depuis 70 ans contre le paludisme, c’est l’un des médicaments les plus connus en Afrique même si essentiellement importé à l’instar de la plupart des produits de première nécessité.
Bref, dans les semaines à venir, nous assisterons à une course vers la production et l’achat de la chloroquine. Déjà Sanofi propose de mettre à la disposition de la France plusieurs millions de doses pour traiter gratuitement 300.000 patients. Le Suisse Novartis dispose de 130 millions de comprimés et lance un fond d’aide mondial de 20 millions de dollars quand Bayer organise en urgence la production et l’israélien Teva propose 6 millions de doses aux hôpitaux américains. Vieux médicament peu rentable et produit dans les unités secondaires, la chloroquine connaît une seconde jeunesse avec le Covid-19.

 

 

 

 

 

 

Nouvel Ordre Mondial:Des missiles anti-avion turcs arrivent en Libye. Il y aurait complot contre l’Algérie

 

Les appels à la solution diplomatique en Libye que tient à lancer l’Algérie passe parfaitement inaudible, les États-Unis d’Amérique et leurs alliés de l’OTAN dont ;la Turquie ayant pour mission de faire prolonger les 10 ans de leur guerre « mondiale » perdue en Syrie par une autre, celle qui se déroule en Libye.

Cette semaine alors même que la Turquie d’Erdogan a été menée par la force Résistance-Russie à céder le contrôle de M4 à l’État syrien, on a vu des hordes des HTC (al-Qaïda) et de l’ASL singer des « désobéissants civils » en incendiant des pneus afin de barrer la route aux patrouilles russes. Or ces mêmes terroristes quittent en ce moment même par centaines Idlib et Alep pour aller débarquer à Tripoli. C’est le porte-parole des forces pro-Haftar, Ahmed al-Mesmari, qui le confirme en accusant  Erdogan, de « transfert des centaines de mercenaires depuis la Syrie vers l’ouest de la Libye ». Cité par El Nashra, l’intéressé affirme que  » la Turquie envoie en moyenne chaque semaine 300 à 400 mercenaires dans l’ouest de la Libye  en soutien au gouvernement d’union nationale de Fayez al-Sarraj. »

« Les terroristes sont transférés par des avions de ligne protégés en vertu de la loi internationale et des navires civils dont certains battant pavillon étranger. Nous suivons de près les navires battant pavillon libanais », a-t-il indiqué renvoyant à plus de 10 ans d’activités déstabilisatrices d’Erdogan en Syrie où il a fait de son pays une voie de transit de terroristes et de la Syrie son vivier. Mais en Libye, le Frère Erdogan a aussi d’autres projets : installer un réseau de DCA sur les frontières algériennes avec missiles et rampes de lancement appropriés et tout ceci sous prétexte d’avoir à abattre des MiG russes de Haftar.
Le général de brigade Ahmed al-Mesmari l’a d’ailleurs évoqué en affirmant que les missiles en question « devraient être déployés non loin de Misrata et de Mitiga, dans le nord-ouest « . Pour ceux des analystes qui ont suivi depuis 10 ans les vicissitudes du couple USA/Turquie en Syrie, la Libye dont le gaz est déjà entre leurs mains , le principal objectif est de déployer aux portes de l’Algérie et de la Tunisie voisines, des missiles capables de faire face à la chasse made in Russia de l’Algérie. D’ailleurs cela fait longtemps que l’armée de l’air algérienne équipée d’appareils majoritairement russes pose problème aux Américains et à l’OTAN qui ne perdent aucune occasion, même la plus cynique ( crash d’avion)  pour s’en moquer. Cette tendance s’est accentuée depuis qu’Alger a décidé de commander des avions stratégiques furtifs Su-57 en septembre 2019.  A cette même époque, les Forces aériennes algériennes ont conclu deux autres contrats relatifs à l’acquisition de 14 bombardiers à long rayon d’action Su-34 et de 14 appareils de domination aérienne Su-35. Selon les prévisions, en 2025, l’Armée de l’air algérienne sera en mesure de déployer deux escadrons de Su-30MKA, un autre de Su-57, un de Su-35 et un de MiG-29M2. Et tout ceci ne pourrait laisser indifférent le camp atlantiste.
Le chef d’état-major de l’armée algérienne, le général Saïd Chanegriha, passe en revue les troupes lors d’un exercice militaire en janvier 2020

 

 

Surtout qu’Alger, note un expert, semble avoir opté pour une ligne clairement anti-Empire, en multipliant les contacts avec la Syrie dans le cadre de la lutte contre l’expansion territoriale turque en Libye. Les batteries de missiles otaniens que la Turquie veut déployer à Misrata ne se borderont sans doute pas à viser les MiG-29 de Haftar mais aussi  les MiG-29 algériens à en juger le comportement expansionniste d’Ankara. Le choix de rallier la coalition Résistance-Russie en Syrie est sans doute le meilleur choix stratégique d’Alger ait pu faire après plus d’un an d’efforts de déstabilisations US/Israël/monarchie arabe la visant, estime un expert. 
Alger avertit l’axe Israël/Émirats/France, l’ANP met en garde
C’est inouï et rare par sa clarté  : le ministre algérien de l’Intérieur vient de dénoncer dans les termes les plus clairs le couple Israël/Émirats, aidé par l’OTAN, pour avoir cherché à déstabiliser l’Algérie : « Il y a des éléments connus et qui sont soutenus par certaines régimes étrangers, à l’instar d’Israël, un État européen et un État arabe aussi qui tenteraient à travers le Hirak de détruire l’Algérie », a déclaré le ministre algérien de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Kamel Beldjoud.

 

« Ces parties étrangères soutiennent des éléments connus aux intentions claires et œuvrent par leur biais à détruire le pays, le faire retourner aux années précédentes et de le plonger dans d’infinis problèmes. Il existe encore des éléments qui veulent détruire ce à quoi est parvenu le Hirak populaire et sortent les mardi et vendredi avec les manifestants œuvrant pour l’escalade », a-t-il précisé avant de mettre bien les points sur les i : « L’Algérie est bien entrée dans l’ère de la Nouvelle République dans laquelle le président Abdelmadjid Tebboune s’est engagé à concrétiser toutes les revendications du Hirak. » Le ministre a voulu ainsi faire comprendre au camp d’en face que l’Algérie reste droite dans ses bottes et qu’il est hors de question de céder aux manœuvres de déstabilisation israélo-émiraties. 
Mais qu’est-ce qui a motivé cette sortie anti-israélienne du ministre? Le 5 mars, la presse israélienne a fait état de l’arrestation par les services de sécurité algériens de deux Algériens qui auraient été en contact avec « un ressortissant étranger » (Israël), au poste frontalier d’Oum Teboul, « alors qu’ils s’apprêtaient à quitter le territoire national ». L’information reprise par Echourouk, cite « des sources sûres ».
« Pour les services de sécurité, il y aurait eu tout un plan d’espionnage exécuté par le ressortissant étranger, aidé dans sa mission par les deux Algériens, avec pour objectif d’entrer en contact avec un pays étranger, porter atteinte à la défense nationale et à la sécurité nationale. »

Et le rapport d’ajouter : « Le ressortissant étranger aurait participé à des marches dans les différentes villes du pays, avant de quitter le territoire national », rapporte la même source qui ajoute que « des drones », qualifiés « d’appareils d’espionnage », ont été retrouvés sur les deux personnes arrêtées ». Israël et ses amis franco-émiratis préparent-ils un conflit ouvert contre l’Algérie après plus d’un an d’efforts inlassables mais stériles pour mettre l’Algérie sens dessus dessous ? L’attentat du 10 février contre une base de l’armée algérienne en aurait été le prélude.
Toujours est-il que les deux personnes ont été présentées devant le tribunal d’El-Qala qui les a placées en détention provisoire pour plusieurs chefs d’accusation dont « trahison », « espionnage » et « non-signalement d’activités de nature à porter préjudice à la défense nationale». Un mandat d’arrêt international a été également délivré contre le ressortissant étranger pour les chefs d’accusation d’espionnage, complot contre la défense nationale et d’atteinte au moral de l’armée algérienne.

Les propos du ministre algérien de l’Intérieur ressemblent bien à un avertissement : que l’axe Israël-Émirats-France et Cie se détrompe ; la Libye qu’il a embrasée, le Mali qu’il déstabilise pour pouvoir déclencher une guerre sur les frontières algériennes, ne sauront prendre de court l’Algérie. Le 13 janvier et moins d’une semaine après l’attaque terroriste revendiquée par Daech qui a ciblé un détachement de l’armée algérienne à Bordj Badji Mokhtar, l’ANP a procédé aux manœuvres tactiques avec munitions réelles « Hoggar-2020 », à In Guezzam, dans le sud du pays pour signifier que la sécurité algérienne est non négociable.
Source : PressTv

 

 

 

 

Il y a un an, l’Algérie entrait en résistance

 

 

Le Hirak, ce mouvement de résistance populaire réclame, chaque vendredi, et sans relâche depuis un an, la fondation d’une nouvelle démocratie en Algérie. Cette persistance dans le temps d’une contestation hebdomadaire, témoigne-t-elle de l’inefficacité de cette opposition ? Le Devoir a posé la question à la politicologue Louisa Dris-Aït Hamadouche, qui enseigne la science politique à l’Université d’Alger.

Un an de contestation dans la rue et toujours pas de changement concret dans le système politique algérien : le Hirak est-il un échec ?

 

Il est normal qu’avec un objectif aussi radical, aussi total qu’un changement profond de système politique, le Hirak n’ait pas encore atteint son objectif. La nature de ce mouvement, qui a fait le choix du pacifisme plutôt que des émeutes et de la violence, s’inscrit dans un temps long et comprend de nombreuses étapes, dont les premières sont à peine franchies.

«Un des points forts de ce mouvement est d’avoir donné aux Algériens un sentiment nouveau d’eux-mêmes», affirme la politicologue Louisa Dris-Aït Hamadouche, qui enseigne la science politique à l’Université d’Alger.

Nous ne sommes pas dans une configuration de forces politiques et sociales appelant à une rupture immédiate, mais plutôt à une transition étalée dans le temps, un peu sur le modèle de l’émancipation espagnole ou de plusieurs pays d’Amérique du Sud.

 

Quelles sont les premières étapes que le Hirak a permis d’atteindre ?

 

Un des points forts de ce mouvement est d’avoir donné aux Algériens un sentiment nouveau d’eux-mêmes. Ils se voient aujourd’hui de façon différente qu’avant le 22 février 2019. Dans les 20 années qui ont précédé la naissance de ce mouvement, ils s’étaient installés dans une passivité inconfortable et une colère tue quant à une situation politique qui se dégradait mandat après mandat sous l’ère du président Abdelaziz Bouteflika. Cela les a amenés à se détacher de la vie politique, de la vie associative, des élections locales et aujourd’hui, par ce mouvement de masse, ils s’y reconnectent. Les Algériens ont également retrouvé une forme de vivre-ensemble que le contexte sécuritaire et politique de la décennie noire [de 1991 à 2002] avait beaucoup affaibli. Le Hirak a rapproché les régions de l’Algérie autour d’un objectif commun, a transcendé les distances, les idéologies, les appartenances régionales et identitaires. Il a créé une harmonie nécessaire désormais au bien-être des Algériens.

 

Cette harmonie est-elle à même de porter les revendications du mouvement ?

 

Elle le fait déjà. Certes, en décembre dernier, l’Algérie a connu un changement de régime [avec l’élection à la présidence d’Abdelmajid Tebboune, au terme d’une campagne largement boudée par les Algériens et contestée par le Hirak], mais pas un changement de système politique. Sauf que le ton du régime a changé. Le nouveau président fait référence au Hirak comme quelque chose d’extrêmement positif. Pour lui, ce mouvement a été salvateur. Il a été l’acteur social et politique qui a sauvé l’État d’une dérive dangereuse après la démission de Bouteflika, selon lui. Parallèlement, le Hirak a commencé à grignoter les ressources de la résilience du système politique, comme jamais dans l’histoire du pays depuis son indépendance il y a près de 58 ans. Même le terrorisme des années 1990 n’y était pas arrivé. Il l’a fait en réussissant à mettre à nu les contradictions de ce système et en obligeant, entre autres, les figures du pouvoir réel en Algérie [l’armée, la police, les services de renseignement…] à devenir le pouvoir apparent. Ce sont les grandes réussites de ce mouvement qui préparent un peu plus la voie en direction d’un effondrement du système politique.

De mouvement de contestation, le Hirak peut-il devenir un mouvement de proposition ?

 

C’est tout l’enjeu de la deuxième année du Hirak : formuler des propositions réfléchies et concrètes pour faire entrer le pays dans une transition démocratique. Mais cela reste encore compliqué dans un pays où l’organisation des forces politiques est toujours contrainte par le pouvoir exécutif. Hormis les manifestations du vendredi, le reste de l’espace public n’est toujours pas ouvert à l’opposition. Les organisations de la société civile ne peuvent pas se réunir en dehors de leur siège et restent tributaires d’autorisations pour s’exprimer sur la place publique accordées par les autorités locales. Sans compter que le maintien de symbole politique en détention [c’est le cas de plusieurs figures de l’opposition liées au Hirak] est un obstacle majeur à la normalisation de la vie politique en Algérie. Pour les hirakistes, il est inconcevable de participer à la vie politique tant qu’il y aura des prisonniers d’opinion. Or, l’ouverture des espaces de liberté dépend de la volonté du gouvernement. Autre difficulté : les Algériens ne font toujours pas confiance aux personnes qui incarnent l’autorité. Le gouffre entre gouvernant et gouverné est abyssal. Nous commençons à peine à sortir de cette crispation, et cela va encore prendre du temps.

Libéraux, progressistes, islamistes, conservateurs s’unissent au sein de ce mouvement. Cette diversité, qui s’exprime aussi sur fond de divergences idéologiques, peut-elle nuire à la suite des choses ?

 

La force du Hirak, c’est son côté rassembleur. Et c’est aussi ce qui va assurer sa transformation, de mouvement de contestation hétérogène en forces politiques homogènes. La chose ne va être pas problématique tant que ces forces restent unies vers l’objectif commun de la transition démocratique et n’essayent pas d’entrer dans un jeu politique dont elles ne maîtrisent pas les règles. Il y aurait un risque élevé de tenter l’aventure des élections avant que les règles du jeu politique n’aient pas été complètement assainies. Et l’échéance des législatives [prévues d’ici la fin de 2020] devrait constituer un premier test pour le Hirak.


Très forte mobilisation à Alger pour le 1er anniversaire de la contestation populaire

Plus massive que les derniers vendredis, une foule compacte de manifestants défile depuis le début d’après-midi au coeur d’Alger.

 

Les Algériens sont descendus en masse lors du 53e vendredi consécutif, pour entretenir, à la veille de son premier anniversaire, la flamme d’une contestation inédite qui aura contraint Abdelaziz Bouteflika à démissionner, mais sans réussir à changer le « système » au pouvoir depuis l’indépendance.

Plus massive que les derniers vendredis, une foule compacte de manifestants —dont le nombre est difficile à évaluer— défile depuis le début d’après-midi près de la Grande Poste, au coeur d’Alger, point de rassemblement emblématique depuis un an, selon un journaliste de l’AFP.

Elle a été rejointe par un interminable cortège venu du quartier populaire de Bab el Oued, a de son côté constaté une autre journaliste de l’AFP.

« Nous ne sommes pas venus faire la fête, nous sommes venus vous dégager ! », scandent les manifestants, parmi lesquels des familles, au milieu d’un important dispositif policier antiémeute.

« Le peuple veut la chute du régime », « le gang des bandits doit partir », lancent-ils également.

Plusieurs organisations citoyennes et partis ont appelé à « la mobilisation populaire pour disqualifier l’agenda de la régénération du + système + et jeter les bases d’une nouvelle République ».

« C’est quoi le contenu de la 2e République ? C’est une république démocratique et sociale qui garantit toutes les libertés », renchérit un manifestant, Samir Larabi.

« Continuer la mobilisation »

Selon les réseaux sociaux, des barrages filtrants ont été mis en place dès jeudi soir aux entrées de la capitale pour compliquer l’accès des Algériens venus d’autres régions.

Mais cela n’a pas empêché Bachir, 50 ans, de rejoindre Alger depuis Aïn Defla, à 150 km de route, pour « fêter le premier anniversaire du + Hirak + (“mouvement”, NDLR) et renouveler les revendications de la contestation ».

Des marches imposantes se déroulent également dans les grandes villes de province, selon les réseaux sociaux.

Il y a un an, le vendredi 22 février 2019, de nombreux Algériens, qu’on disait alors résignés et dépolitisés, ont envahi soudainement les rues à travers le pays, contre la volonté annoncée du président Bouteflika — quasi invisible et muet depuis un AVC en 2013 — de briguer un 5e mandat.

Après six semaines de manifestations, le « Hirak » a poussé l’état-major de l’armée, pilier du régime, à exiger et obtenir le 2 avril la démission de M. Bouteflika.

Assurant ouvertement le pouvoir, le haut commandement militaire a toutefois balayé ensuite les revendications sur un changement du « système », et multiplié les arrestations.

Dans un entretien jeudi soir avec la presse nationale, le président Abdelmadjid Tebboune, ex-fidèle de M. Bouteflika élu en décembre lors d’une présidentielle massivement boudée, a rendu hommage au « Hirak » qui a empêché « l’effondrement total » du pays. Il a assuré qu’il allait mettre en oeuvre « l’ensemble de ses revendications ».

Mais, dans un « Manifeste du 22-Février » publié jeudi et distribué vendredi par les manifestants, des organisations proches du « Hirak » exhortent à « continuer la mobilisation ».

Les slogans restent d’actualité, rappelle le texte, qui exprime « une volonté de rupture avec les institutions actuelles » et le refus « que le processus de changement soit confié au pouvoir en place ».

Ce manifeste dénonce aussi la poursuite des « mesures répressives » contre journalistes, militants et manifestants et rappelle que les Algériens « veulent que leur pays soit gouverné et géré dans la transparence ».

Un test

L’ampleur de la mobilisation vendredi s’annonce comme un test, alors que le « Hirak » est confronté à de nombreux défis, face à un régime qui reprend des forces.

Depuis la présidentielle, « il y a une façade constitutionnelle et démocratique, mais en fait c’est exactement ce qu’il y avait avant », estime Dalia Ghanem, chercheuse au Carnegie Middle East Center de Beyrouth, évoquant « un régime qui reste aux mains de l’institution militaire ».

La capacité du régime « à changer sans changer et sa résilience vont être testées dans les prochaines années », poursuit Mme Ghanem, soulignant que les faibles prix des hydrocarbures vont l’empêcher de puiser dans la manne pétrolière pour acheter la paix sociale.

Largement informelle, sans structure organisée ou dirigeants identifiés, la contestation doit à son tour se repenser au risque de s’essouffler.

Doit-il accepter la « main tendue » par le président Tebboune ? Doit-il se structurer, au risque d’afficher au grand jour ses clivages et ses contradictions ?

Nouvelle donne

Quoi qu’il en soit, le « Hirak » a déjà changé la donne, après 20 ans de présidence Bouteflika durant laquelle toute opposition réelle a été méthodiquement découragée, entravée, bâillonnée ou « cooptée ».

Surtout, avec le mot d’ordre « pacifique », il a « réussi à faire en sorte qu’il n’y ait pas de confrontation sanglante ni de répression brutale », souligne l’historienne Karima Dirèche, directrice de recherche au CNRS (France).

La contestation a également rassemblé les Algériens en dépassant les clivages, et souligné l’émergence d’une « nouvelle génération très politisée et qui sait ce qu’elle veut », note Dalia Ghanem.

L’année qui s’ouvre va permettre « de prendre la mesure de ce que les Algériens souhaitent collectivement […]. Et ça prendra le temps que ça prendra », appuie Mme Dirèche.

 

 

 

 

 

Mobilisation monstre du peuple algérien contre le régime politique corrompu

 

Pas d’essoufflement, malgré la chaleur et une mobilisation appelant au changement qui s’étire en longueur.

 

Vendredi, des millions d’Algériens sont descendus dans les rues, pour une vingtième semaine de suite, afin de réclamer le départ des principales figures de l’État et l’instauration d’un régime démocratique dans ce pays d’Afrique du Nord. La marée humaine, galvanisée par la rencontre de cette journée traditionnelle de manifestation avec la célébration du 57e anniversaire du jour de l’indépendance, a par ailleurs rejeté, par les slogans scandés, la nouvelle feuille de route du gouvernement de transition pour sortir de la crise et faire avancer le pays vers la tenue d’une élection présidentielle.

 

Mercredi, le président par intérim, Abdlekader Bensalah, a en effet lancé pour une deuxième fois depuis début juin, un appel à la concertation entre les « personnalités nationales, crédibles, indépendantes, sans affiliation partisane et sans ambition électorale » afin d’organiser un scrutin présidentiel dans un « délai raisonnable », et ce, en promettant que ni l’armée ni le gouvernement de transition n’allaient s’impliquer dans ce processus.

 

Ces « assises nationales du dialogue » doivent avoir lieu samedi. Pour plusieurs représentants de l’opposition politique, le scénario ne répond toutefois pas aux aspirations de la population, qui réclame, avant toute nouvelle élection, une réforme constitutionnelle majeure afin d’inscrire le choix du prochain chef de l’État dans un cadre démocratique et un État de droit.

« Nous attendons toujours des signes forts du gouvernement en place : la libération des prisonniers d’opinion, le départ des personnes qui cautionnent le système depuis 20 ans, la réforme des institutions publiques, du droit, de la loi sur la presse et l’information, a indiqué au Devoir Zoubida Assoul, présidente du parti Union pour le changement et le progrès, jointe au téléphone à Alger. Pour le moment, c’est la même chose que sous Abdelaziz Bouteflika », l’ex-président dont l’annonce d’une candidature pour un cinquième mandat en février dernier a donné le coup d’envoi de l’Hirak, ce mouvement populaire appelant à la fin du régime autocratique algérien et à la construction d’une nouvelle Algérie.

 

Le pouvoir est « en train de reformuler les mêmes propositions. Son seul objectif est de maintenir le système en place. Donc pas de dialogue dans ces conditions », a indiqué Linda Hamrouche, une manifestante de 28 ans, dans les rues d’Alger, citée par l’Agence France-Presse.

 

Vendredi, plusieurs manifestants ont été arrêtés par la police, qui, depuis plus d’un mois, se montre un peu plus hostile lors des marches hebdomadaires des opposants au régime. Dans les dernières semaines, 34 personnes, dont deux membres de l’Union pour le changement et le progrès, parti démocrate, ont été interpellées, puis placées en détention provisoire, pour avoir exhibé le drapeau berbère, un symbole, entre autres, du mouvement indépendantiste et de l’identité culturelle de la Kabylie. Amnesty International a vertement dénoncé ces arrestations et l’interdiction de ce drapeau par le général Ahmed Gaïd Salah, chef de l’état-major de l’armée et actuel homme fort de l’Algérie.

 

Par ailleurs, la radicalisation du pouvoir en place face à la rue a connu un point d’orgue le 29 juin dernier, avec l’arrestation et l’incarcération de Lakhdar Bouregaâ, figure de la guerre d’indépendance de l’Algérie, que l’État accuse d’« atteinte au moral des troupes de l’Armée nationale populaire et [d’]outrage à corps constitué ». Plusieurs manifestants ont réclamé sa libération immédiate vendredi par des slogans inscrits sur leurs t-shirts.

 

« Quand on arrive à mettre en prison un héros de la guerre quelques jours avant [le jour de] l’indépendance, c’est qu’il ne reste plus rien à espérer de ce pouvoir », a commenté Lila Bouregaâ, nièce de cet ancien combattant.

 

Pour le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Mohicine Bellabas, « le pouvoir algérien a toujours agi de la sorte, indique-t-il à l’autre bout du fil. Au début, il a fait comme s’il accompagnait le mouvement [de revendication populaire] pour gagner du temps. Mais voyant que le rapport de force est favorable aux acteurs de changement, il prend des mesures désormais pour faire peur aux Algériens et chercher à affaiblir le mouvement ».

 

« Le pouvoir utilise de vieilles méthodes parce qu’il n’est pas capable d’autre chose, dit Zoubida Assoul. Il fonctionne avec un logiciel dépassé. Mais 20 semaines plus tard, la détermination du mouvement reste la même et le processus est toujours en marche contre ce système qui nous a placés dans l’impasse politique et la faillite économique et sociale » et dont la foule, vendredi, appelait à la retraite.

 

Les élections présidentielles devaient se tenir le 4 juillet, mais ont été annulées par le Conseil constitutionnel faute de candidats. Le gouvernement de transition doit prendre fin, selon la Constitution, mardi prochain, le 9 juillet. Le président par intérim a toutefois annoncé la prolongation de son mandat, de manière indéterminée dans les circonstances.

Les Algériens continuent de manifester chaque vendredi.

 

Hasard des calendriers ou concordance des temps ? La 57e fête de l’indépendance de l’Algérie, célébrée ce vendredi, coïncide cette année avec le 20e vendredi de l’Hirak, cette révolution du sourire qui depuis le 22 février dernier fait descendre chaque semaine dans les rues du pays des millions d’Algériens réclamant en choeur la fin du régime en place tout comme l’instauration d’une véritable démocratie et d’un état de droit dans ce vaste état d’Afrique du Nord.

20 semaines d’une vague de contestation pacifiste et déterminée qui a fait du « dégagisme » son mot d’ordre, sans avoir réussi pour autant à faire émerger une figure apte à représenter le mouvement et à porter les revendications du peuple au-delà du bitume. En avril dernier, un quotidien d’Alger dressait d’ailleurs la liste de 10 personnalités politiques locale qui, en s’approchant trop près des manifestations, à la recherche d’assentiment ou de capital symbolique, ont surtout rencontré cris hostiles, cynisme et dérision. Un rejet jugé normal, voire nécessaire, estiment plusieurs acteurs du changement en cours en Algérie.

« L’absence de leader, c’est ce qui fait la force de ce mouvement populaire, lance à l’autre bout du fil, Lakhdar Amokrane, premier secrétaire du parti politique Jil Jadid — ça veut dire Nouvelle Génération —, joint à Alger cette semaine par Le Devoir. Les expériences de résistance populaire passées nous ont appris que lorsqu’une tête se met à dépasser, le pouvoir en place va chercher alors à la couper pour briser le mouvement. Dans le cas de l’Hirak, la chose devient donc difficile ».

N’empêche, l’Algérie est à la croisée des chemins et, 20 semaines plus tard, elle n’a pas encore pavé celui sur lequel elle envisage désormais son avenir et où les nouveaux représentants du peuple pourront alors se mettre à marcher, estime l’intellectuel et essayiste Amar Ingrachen, rencontré dans les rues d’Alger à la veille du dixième vendredi du mouvement.

« Ce que la population rejette unit tout le monde », m’expliquait-il alors, assis sur la terrasse d’un café près de la place Maurice-Audin, un des épicentres du mouvement. «Tout le monde est d’accord pour rompre avec la corruption, le régime cacique, les vieilles figures du pouvoir qui sont là depuis 50 ans, l’autoritarisme, le monopole de l’État, les oligarques de l’économie… Tout le monde veut une administration plus moderne, une présidence limitée à deux mandats, une justice indépendante… Mais que veulent les Algériens ensuite ? Il y en a qui envisagent un État islamique, d’autres un État démocratique libéral, un État providence à la vénézuélienne, une fédération algérienne avec des autonomies régionales, un État jacobin comme en France… Bref, ce que nous rejetons est clair. Mais ce que nous voulons ensuite l’est un peu moins », et peine forcément à s’incarner dans une figure forte capable de concilier cette part d’indétermination qui détermine le mouvement en cours.

« Nous ne pouvons pas nous donner de leaders sans la tenue d’élection », explique Mohicine Belabbas, président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), joint au téléphone. « Et nous ne voulons pas d’élection sans un changement de cadre et de système, ajoute le dirigeant de la seule formation politique ouvertement laïque de l’opposition en train de se structurer en Algérie. « C’est là où nous en sommes aujourd’hui. Nous ne croyons pas en des élections organisées par le ministère de l’Intérieur ou en un chef d’État choisi par l’armée [actuelle détentrice du pouvoir algérien après la démission du président Bouteflika au début du mois d’avril dernier]. Nous voulons une réforme de la loi électorale, des médias libres, et ce, pour mettre en place une alternance démocratique au sein d’un État de droit ».

« Le peuple ne nous demande pas de le représenter pour le moment, mais bien de nous unir pour proposer une alternative politique à la crise actuelle », ajoute Zoubida Assoul, présidente du parti Union pour le changement et le progrès jointe cette semaine à Alger. « Mais pour envisager cette sortie, le pouvoir en place doit nous donner des garanties sur la liberté de dialogue, sur l’indépendance des médias, sur l’indépendance de la justice, car, pour le moment, il n’est pas possible d’envisager des élections avec les personnes qui ont cautionné le système en place ou dans un cadre que ce système va imposer ».

L’Algérie se trouve donc dans une impasse, avec des élections prévues le 4 juillet que le régime a annulées il y a quelques semaines faute de candidats. Le gouvernement par intérim devient également caduc le 9 juillet prochain, selon la constitution actuelle. Et la célébration du jour de l’indépendance pourrait donc bien donner cet autre souffle que l’Hirak cherche après 20 semaines d’un cri continu, « inattendu et inespéré », dit M. Amokrane, pour la démocratie.

En effet, mercredi, le président du gouvernement de transition, Abdelkader Bensalah, a proposé « aux personnalités nationales, crédibles, indépendantes, sans affiliation partisane et sans ambition électorale » de s’asseoir ensemble pour préparer la prochaine élection présidentielle. Un processus conduit « en toute liberté et en toute transparence » dans lequel ni l’armée, ni le régime en place ne vont s’immiscer, a-t-il assuré tout en précisant que son mandat allait se poursuivre au-delà du 9 juillet pour une période indéterminée.

Début juin, un appel similaire au dialogue entre les représentants politiques au pays avait été lancé par le chef de l’État, mais avait été immédiatement rejeté par la rue qui réclame, avant la tenue de nouvelles élections, la mise en place d’un cadre démocratique réel pour éviter l’apparition d’un héritier de l’ère Bouteflika ou d’un autre président choisi par l’armée algérienne, comme c’est, en gros, le cas depuis l’indépendance du pays. Pour Bensalah, il est toutefois devenu nécessaire de mettre de côté « les exigences irréalistes », dit-il en parlant des revendications de l’Hirak, exigences qui sont, selon lui, « de nature à prolonger la situation actuelle et à entraîner [le] pays dans une situation de vide constitutionnel, source d’incertitude et d’instabilité »

« Nous avons eu notre indépendance en 1962, mais nous n’avons pas encore eu notre liberté », résume Mohicine Belabbas, du RCD à la veille du 5 juillet qui devrait, poursuit-il, favoriser la libération du peuple après la libération du pays de l’occupant français.

« Le Mouvement, c’est un référendum hebdomadaire à ciel ouvert », dit Lakhdar Amokrane de Jil Jadid qui va permettre aux Algériens de se prononcer vendredi sur « l’ouverture » proposée par le régime en place et sur la suite de cette autre révolution tranquille qui, même sans figure, « avance forcément vers une issue favorable, croit-il, un vendredi à la fois ».

La révolution du sourire!

 

 

 

Algérie: la fin programmée du romantisme révolutionnaire

Après treize semaines de mobilisation, Ali Benouari, candidat en 2014 et président du parti Nida el Watan, estime que la transition actuelle passe plus que jamais par un compromis entre le peuple et l’armée. 

L’armée considère le préalable de la transition comme porteur d’une grande instabilité pour le pays. Selon son chef, le peuple ne peut pas, dans le contexte actuel, se doter d’une représentation, pour diriger la transition sans passer par des élections.

Le chef d’Etat-Major de l’armée considère que la la voie de la transition pourrait s’avérer longue et donc pleine de périls. Il propose comme alternative l’élection rapide d’un président dans le cadre de l’actuelle constitution. Il donne, comme gage de sa bonne foi, l’arrestation des principaux dirigeants et de leurs complices oligarques qui ont saigné le pays. Il a évoqué le complot tramé par ces derniers, avec l’aide de certains pays étrangers pour se maintenir au pouvoir. Il a pensé que ces arrestations seraient bien acceuillies par le peuple, car elles faisaient partie des principales revendications du peuple.

Cependant, la contestation n’a pas faibli pour autant, les exigeances s’étant déplacées vers le départ du chef du gouvernement et du président par interim, voire du départ du chef d’Etat-Major lui même, auquel il reproche d’avoir servi le régime de Bouteflika.

Nous en sommes là, après 25 semaines de contestation populaire.

Qui a raison, qui a tort? Y a-t-il une voie de conciliation?

Gaïd Salah semble aujourd’hui disposé à assouplir sa position et se déclare prêt à discuter avec des représentants du Hirak et avec les forces d’opposition des conditions d’un bon déroulement de l’élection du prochain président. Il admet, entre les lignes, que l’échéance du 4 juillet pourrait être reportée.

 

Beaucoup y voient une manœuvre de sa part, puisqu’il continue à inscrire cette élection dans le cadre de l’actuelle constitution. Ce qui n’est pas faux, si l’on considère que le peuple n’a pas obtenu le départ du chef du Gouvernement et du président par interim, considérés comme les garants de l’ordre ancien.

Mais l’armée peut-elle se débarrasser de ces derniers sans être accusée de vouloir prendre le pouvoir? Elle pourrait le faire, en théorie, en légitimant son action par la transmission du pouvoir au peuple. Personne ne le lui reprocherait, au contraire.

A QUI PRECISEMENT TRANSMETTRE LE POUVOIR?

Telle est la question que les détracteurs du chef d’Etat-Major ne veulent pas aborder.

Il faut reconnaître que l’armée a quelques raisons à faire valoir pour expliquer sa position. Elle est dans son rôle quand elle affirme vouloir garantir la stabilité du pays, par ces temps de grande incertitude. Depuis le départ du président, elle est la seule force légitime et organisée du pays..

Elle se considère, en vertu de ses missions régaliennes, comme incontournable dans le processus de démocratisation en cours. Pas directement, mais derrière un pouvoir légal, même s’il est purement formel.

Elle se sait exposée au risque d’apparaître comme auteur d’un coup d’Etat si elle inscrivait son action hors du cadre constitutionnel

Pour les raisons indiquées ci-dessus, elle ne veut pas aller vers un processus de transition tel que le réclament, à cor et à cri, la plupart des Algériens. D’où l’impasse actuelle.

LE DEGAGISME SYTEMATIQUE EST-IL COMPATIBLE AVEC LA TRANSITION?

Dans la science politique, il n’y a pas une discipline qui s’appelle « transitologie », comme on l’entend assez souvent. Il y a juste un recensement des expériences vécues par nombre de pays qui ont vécu le passage d’un régime autoritaire à un régime démocratique.

Les pays qui s’y sont aventuré ont du improviser pour trouver leur voie, souvent dans la douleur et au prix de soubresauts coûteux. Nos concitoyens veulent que tout change, en même temps, de manière pacifique. Est-ce possible? Est-ce raisonnable?

Le peuple baigne depuis le 22 Fevrier dans ce que j’ai appelé la phase de romantisme révolutionnaire, qui lui fait croire que tout est possible. Surtout au vu des résultats obtenus en peu de temps: démission forcée du président, arrestation de l’ex chef du DRS et de son successeur, arrestation des principaux oligarques, inculpation annoncée de la plupart des ministres et premiers ministres qui ont servi sous l’ère Bouteflika, etc.

 

Encouragé par ces succès, il est poussé à réclamer toujours plus. Mais ces succès auraient-ils été possibles sans l’implication directe de l’armée et de son chef d’Etat-major, dont on dénonce l’intrusion dans la politique, et dont certains demandent carrément le départ? Là réside une première grande contradiction.

Que cette dénonciation de l’armée émane des milieux d’affaire véreux, voire du peuple qui en ressent la nécessité diffuse, on pourrait le comprendre. Mais comment expliquer qu’elle soit relayée par certaines élites qui crient au « dégagisme » sans discernement?

En se dispensant d’expliquer au peuple toutes les implications du processus de transition, ces élites entretiennent une confusion dangereuse.  Comme celle qui consiste à dire non à tout ce qui peut venir de l’armée, que la solution ne peut venir que du peuple. Cette posture confortable tend à ignorer l’urgence à sortir de l’impasse politique et à discréditer les arrestations des têtes de l’oligarchie politico-financière et sécuritaire.

Cette posture “dégagiste” les dédouane de tout effort d’analyse sérieux, qui intègre des données d’une grande complexité.

La première des complexités vient de la situation économique, qui est encore plus grave que ce que laissent penser les données purement financière. Certes, tout le monde admet maintenant la gravité de la crise, mais sans l’intégrer dans la problématique de la transition. Si la transition dure au delà de la fin de l’année, il est quasiment certain que les efforts de démocratisation du pays seront anihilés par les effets de la faillite financière du pays, largement prévisibles à l’horizon 2021. C’est à dire après demain.

La seconde des complexités vient de l’influence de l’argent sale sur le processus transitionnel et sur la réussite des prochaines élections libres. La plupart des élites admettent la nécessité de lutter contre ce fléau, tout en déniant à l’armée la responsabilté de conduire cette lutte, au prétexte que seule une justice indépendante aurait la légitimité pour le faire. Cet assainisement est pourtant un préalable salutaire, même s’il ne peut être rapidement achevé. Le chef d’etat-major a raison quand il parle de la menace que fait peser l’argent sale sur la démocratisation du pays. On attend de ses détracteurs qu’ils répondent sur ce point.

Les élites en question évitent, enfin, de se demander qui doit impulser et accompagner la transition.

La prise en compte de ces complexités est d’une nécessité vitale car elles conditionnent non seulement la réussite du processus de transition, mais également le succès des élections démocratiques à venir.

COMMENT CLARIFIER LE CONCEPT DE TRANSITION?

« Je n’ai jamais déjeuné avec une personne morale », disait un célèbre constitutionnaliste du XIXème siècle, Léon Duguit.

Certes, tout pouvoir émane du peuple, mais aucun peuple n’a réussi à entrer directement au Parlement ou à s’emparer du pouvoir. Il ne peut le faire qu’au travers de ses représentants.

Il convient donc de se pencher sur le processus par lequel le peuple peut dégager une représentation.

Ce processus s’est déroulé historiquement, de par le monde, de deux manières.

Soit il a résulté d’une violence révolutionnaire qui amène le pouvoir contesté à tomber entre les mains des chefs révolutionnaires qui se sont octroyé la légitimité de conduire la transition.

Soit il a résulté d’un compromis entre les représentants du peuple contestataire et du pouvoir contesté.

Nous sommes, pour l’instant du moins, dans le second cas de figure, puisque notre peuple, dans son immense sagesse, a choisi l’option de la contestation pacifique.

Dans notre cas, la transition entre l’ancien et le nouveau pouvoir ne peut être que négociée, avec la seule force qui représente le pouvoir actuel, c’est à dire l’armée.

Vouloir y échapper pourrait conduire à créer, sans le vouloir, un état de violence qui nous éloignerait de notre rêve d’une transition pacifique. Cet état de violence nous serait alors imposé par trois facteurs. La crise économique, dont la résolution n’est pas compatible avec une transition qui traine en longueur, le vide politique et institutionnel qui entrainerait l’armée dans un face à face risqué avec le peuple ainsi que l’activité subversive des differents lobbies qui exploiterait la situation pour déstabiliser le pays à leur profit. C’est d’alleurs, en substance, ce que dit Gaïd Salah.

A-t-il raison? Si non, quelle serait la solution alternative? Le manque de questionnements à ce propos est flagrant.

Pour y répondre, il convient tout d’abord d’admettre que l’échéance du 4 Juillet pour la tenue d’une élection présidentielle ne sera pas tenu, pour une multitude de raisons, et Gaïd salah, dans sa dernière déclaration, semble en convenir.

Que se passera-t-il dans ces conditions, sachant que nous serons en dehors de la constitution puisque ce cas de figure n’est pas prévu dans aucun de ses articles?

 

 Ce qui règle, du coup, le cas emblématique des 2 B. Il n’y aura plus ni de gouvernement, ni de présidence par intérim, ce qui placera ipso-facto l’armée au premier rang de la scène politique. Cette situation semble avoir été anticipée par l’armèe dès l’annonce de la démission de Bouteflika,  d’où son attachement à la solution constitutionnelle. Ce n’est pas l’idéal, mais que proposent les opposants, à part la démission des résidus de l’ancien pouvoir et le retrait de l’armée de la scène politique?

D’aucuns avancent des noms qui pourraient se voir confier immédiatement la tache de conduire la transition.

QUI PEUT PRETENDRE REPRESENTER LE HIRAK?

Il y en a qui disent que les personnalités les mieux placées sont celles qui ont émergé du Hirak, sous-entendu celles que nous servent les réseaux sociaux et autres médias électroniques, il faut rappeler que personne ne peut se présenter à El Mouradia et dire: « ouvrez-moi la porte. Je suis le représentant que le peuple a choisi ». À coup sûr, on l’éconduira, quelle que soit sa popularité réelle ou supposée. Cela devrait suffire à disqualifier toute personne présentée comme représentants du Hirak. Il est utile de rappeler que nous ne sommes pas dans un processus électif, mais dans une phase pré-transitionnelle.

Il y en a d’autres qui avancent, certainement de bonne foi,  l’idée d’organiser des consultations populaires pour désigner les représentants du Hirak, à travers l’ensemble du territoire national. Mais ce type de consultations nous renvoie immanquablement à l’équation électorale. Celle de la révision du fichier électoral, de l’instance indépendante responsable de l’organisation des élections, etc. C’est à dire justement au travail de l’équipe chargée de la transition. Tel est le problème. Il ne faut pas se voiler la face.

Enfin, il y en a qui avancent des plateformes qui se lmitent à définir les étapes de la transition (désignation d’une présidence provisoire qui désignera elle même un gouvernement provisoire pour gérer les affaires courantes et aider à la mise en place de nouvelles règles du jeu, etc), en évoquant une conference nationale d’où émergeraient des représentants du peuple. Or le problème n’est pas tant de comment doit se dérouler la transition que de savoir comment engager le processus qui est, somme toute, plus technique que politique, l’organisation d’une conférence nationale renvoyant elle même au problème précédent.

COMMENT SORTIR DE L’IMPASSE?

D’autres enfin, dont moi même, proposent, pour sortir de l’impasse,  de confier la transition à une personnalité ou à un groupe de personnalités, qui offrent les garanties de neutralité exigées. Les détracteurs de cette idée avancent comme argument que ces personnes pourraient en profiter pour rétablir à leur profit la dictature. Mais ils raisonnent selon le paradigme ancien du Président qui a tous les pouvoirs, alors que l’instance de transition n’est là que pour 6 mois et que son seul rôle est de mettre en place les mécanismes pour une élection libre. De plus, les personnalités choisies n’auront pas le droit de participer à une quelconque élection à venir.

Le critère le plus important n’est-il pas qu’elles doivent être crédibles aux yeux du peuple, à l’instar de nos vieux sages vers qui on se tournait pour arbitrer un conflit villageois, tribal ou familial?  Pourquoi vouloir emprunter à d’autres pays ce qui est dans notre boite à outils ancestrale?

Si cette idée a un sens, quelle sera alors l’autorité qui devra désigner les sages qui se dévoueront pour assurer la transition, étant donné qu’ils ne peuvent pas être élus, pour les raisons déjà soulignées?

Par réalisme et par pragmatisme, certains leaders ont  proposé depuis le début des manifestations qu’ils le soient par la seule institution qui détient les clés du pouvoir, c’est à dire l’armée. Elle seule a aujourd’hui la légitimité pour le faire. Il est entendu que le peuple pourra toujours récuser son choix, en manifestant. Les manifestations qui se déroulent chaque semaine sont l’incarnation vivante du fameux article 7 de la constitution. Car si le peuple ne peut pas aujourd’hui dire qui il veut, faute de pouvoir l’exprimer par des élections libres, il sait par contre dire ce qu’il ne veut pas, en l’exprimant dans la rue. Son jugement est infaillible. Depuis qu’il n’a plus peur de sortir, par millions, il dispose d’un pouvoir quasi-référendaire, de rejet ou de plébiscite. Faisons-lui confiance. Il l’a montré depuis le 22 Février. Sans lui, rien n’aurait été possible. Ni le départ de Bouteflika, ni l’arrestation de ses suppôts.

 L’armée ne doit pas nous faire peur. Depuis le 22 février, elle se trouve dans l’obligation d’écouter la voix du peuple. A mon humble avis, elle continuera à s’en inspirer dans toutes les décisions qu’elle prendra, à  part celle,  irréaliste et irresponsable, de vouloir la « dégager » elle aussi.

Oui, car la peur a changé de camp comme elle a changé de nature. La faillite totale du pays est le plus grand danger qui nous guette.

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par Ali Benouari ,correspondant à Alger

 

 

 

 

 

 

Les zouaves, parlons-en !

via site source : lematindalgerie.com Modifier par : marevuedepressedz.com + Modifs perso… Introduction Force nous est donnée ces temps-ci de constater que dès que les propagandistes anti-Kabyles découvrent un mot en lien avec l’histoire ou la culture kabyles, ils se lancent dans son exploitation malicieuse et manipulatrice espérant asséner ainsi un coup à la Kabylie. […]

via Les zouaves, parlons-en ! — systèmophobe

Le peuple algérien se réveille et remet en jeu le système capitaliste fortement touché

L’ALGÉRIE SE LIBÈRE SOUS NOS YEUX!

VIVE LE PEUPLE ALGÉRIEN!

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La situation politique qui prévaut actuellement en Algérie a sérieusement impacté les entreprises françaises qui n’arrivent visiblement pas à faire fructifier leurs affaires, selon l’hebdomadaire français L’Express qui a consacré un dossier de 14 pages à l’Algérie. Le silence règne partout, y compris chez les fleurons français qui ont pignon sur rue à Alger, dont le Medef qui a observé “un silence gêné” après une demande d’interview formulée par cet hebdomadaire.

Idem dans les états-majors des grands groupes français qui se sont donné “un seul mot d’ordre : la discrétion”, indique encore la même source, affirmant qu’“il n’y a pas que sur le terrain de la géopolitique que les relations entre les deux pays sont minées. Sur le front du business aussi, le climat est tendu”. Selon Ruben Nizard, économiste de la Coface, “en une quinzaine d’années, la part des produits français dans le total des importations algériennes a été divisée par deux, tombant à moins de 10% l’an passé contre près de 25% en 2004”.
Autrement dit, analyse-t-il encore, derrière les annonces fracassantes, les investissements français en Algérie ont fondu. Interrogé par ce magazine, un haut dirigeant d’un fleuron français, ayant pignon sur rue à Alger, a répondu : “Il n’est pas question que le nom de l’entreprise apparaisse dans un dossier sur l’Algérie.” Tétanisées par la perte des parts de marché, les entreprises françaises se plaignent du climat des affaires qui prévaut en Algérie et évoquent “la froideur des statistiques qui racontent une autre histoire”. Le magazine cite les exemples de Renault et de PSA qui ont construit des unités d’assemblage de voitures, qu’il qualifie d’“usines tournevis”, et la même source évoque Alstom et la fabrication du matériel ferroviaire. “Le gouvernement a imposé que les trams qui sortent de notre usine intègrent 30% de pièces fabriquées localement”, a expliqué Raphaël Bernardelli, le responsable Afrique de l’entreprise. Ce dernier déplore que les sous-traitants locaux ne soient pas au rendez-vous. Une situation que le président de la Chambre de commerce franco-algérienne, Michel Bisac, qualifie de cauchemardesque. “Ce cauchemar administratif a fait fuir bon nombre de PME”, a reconnu M. Bisac. Mais pour l’hebdomadaire, la corruption constitue le frein majeur dans le traitement des affaires et le partenariat. “À cela s’ajoute une corruption endémique, notamment pour toutes les commandes publiques. Alors que les règles d’éthique se sont durcies dans les grands groupes français, les Bouygues, Vinci ou Bolloré ont quitté le pays”, relève-t-il. Ce magazine révélera que “Vinci aurait même refusé de s’aligner récemment sur un appel d’offres pour la construction de gazoducs.

De fait, tous les grands chantiers d’infrastructures (ports, autoroutes, aéroports) sont trustés par des groupes chinois, plus compétitifs et surtout bien moins regardants sur l’origine des fonds ou les conditions de travail des salariés”. La même source regrette que l’ex-président du FCE, Ali Haddad—qu’il cite par ailleurs—soit “l’interlocuteur préféré des patrons français (…) Il y a mieux comme carte de visite. Il reste que les intérêts économiques entre les deux pays sont considérables”. En revanche, rapporte cet hebdomadaire, “dans l’autre sens, près de 400 entreprises françaises regroupent près de 40 000 salariés en Algérie, faisant de la France le premier employeur privé étranger du pays (…). Quant au géant de la pharmacie, Sanofi, il a annoncé cet automne la construction à Sidi Abdallah de la plus grosse usine de fabrication de médicaments d’Afrique. Montant du projet : 85 millions d’euros”. Tout en déplorant “un protectionnisme ravageur” (règle 51/49, ndlr), l’interdiction d’importation de milliers de produits étrangers et l’instauration de droits de douane prohibitifs, cet hebdomadaire conclut : “Seule solution : plier bagage ou fabriquer sur place.”


L’Algérie, un pays marqué par les crises politiques depuis son indépendance

En Algérie, le climat politique pourrait changer après la démission du président Abdelaziz Bouteflika. Son départ, provoqué par la pression de la rue algérienne, pourrait clore une longue période de crise qui, comme le soulignent nos archives, a commencé pratiquement dès l’indépendance du pays en 1962.

Car si l’Algérie est sortie du joug colonial français en 1962, c’est pour retomber presque immédiatement dans les griffes d’une « clique militaire corrompue ».

Peu après l’indépendance algérienne, le pouvoir est confisqué par un clan qui dirige le pays comme si c’était sa propriété privée.

L’incompétence de cette clique fait sombrer l’économie alors que l’Algérie possède pourtant d’immenses ressources naturelles et humaines.

Pour le peuple algérien, à la misère matérielle s’ajoutent bientôt la guerre civile et la terreur provoquée par l’État et des milices islamistes.

En 1990 et en 1991, les élections municipales et législatives sont remportées par le Front islamique du salut.

Plutôt que de leur céder la place, « le Pouvoir », comme appellent les Algériens le régime, préfère voir le pays s’enfoncer dans une vague de violence et de terrorisme.

Cette flambée de fureur, qui durera presque une décennie, provoquera la mort de 60 000 à 200 000 Algériens, auxquels s’ajoutent des milliers de disparus et près d’un million de réfugiés.

Cet épisode dans l’histoire de l’Algérie a profondément traumatisé les Algériens. Le régime utilise la commotion pour justifier son maintien au pouvoir.

Le président Bouteflika, symbole d’un régime corrompu

Par sa trajectoire, en raison de ses politiques, l’ex-président Abdelaziz Bouteflika est un puissant symbole des tares du régime qui gouverne l’Algérie.

Sa première élection, le 16 avril 1999, fait l’objet d’un reportage de la journaliste Danielle Levasseur au Montréal ce soir qu’anime Christine Fournier.

Élu avec 74 % des voix lors d’un scrutin que ses opposants qualifient de frauduleux et qu’ils boycottent, Abdelaziz Bouteflika promet de revitaliser l’économie et de combattre la corruption.

Du même souffle, il fait cette déclaration surprenante.

Je donnerais des garanties internationales, même à l’argent illicite, s’il devait créer des emplois, faire faire à l’Algérie une épargne de devise.

 Le président Abdelaziz Bouteflika

Pouvait-on croire à la lumière de cette annonce que l’éthique serait placée au cœur du mandat du nouveau président? On peut en douter.

Les milliers d’Algériens qui manifestaient contre l’élection d’Abdelaziz Bouteflika à cette époque-là ne s’illusionnaient guère sur cette question.

Un président muet

En 2011, dans la foulée des printemps arabes tunisien, égyptien et libyen, l’Algérie s’enflamme. Place du 1er-mai à Alger, 10 000 manifestants exigent que le président Bouteflika « dégage ».

La journaliste Émilie Dubreuil relate dans un reportage présenté au Téléjournal du 11 février 2011 qu’anime Pascale Nadeau le soulèvement dans la capitale algérienne.

Mais après quelques jours, l’Algérie retourne dans le silence.

Elle n’est pas la seule.

En 2013, le président Bouteflika est terrassé par un accident vasculaire cérébral.

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Cloué dans un fauteuil roulant, il disparaît de la scène publique. Cela ne l’empêche pas de se représenter pour un quatrième mandat en 2014.

Une nouvelle tentative de décrocher un cinquième mandat fait déborder le vase. La rue exige, et obtient, la démission présidentielle.

Le plus difficile reste maintenant à faire…et la jeunesse algérienne  vient de commencer le « travail »!