La découverte d’un crabe préhistorique confond les chercheurs

Calli chimera : «la belle chimère», c’est le nom qui a été donné avec poésie à une espèce de crabe vieille de plus de 90 millions d’années, découverte par un paléontologue de l’Université de l’Alberta.

Calli chimera : «la belle chimère», c’est le nom qui a été donné avec poésie à une espèce de crabe vieille de plus de 90 millions d’années, découverte par un paléontologue de l’Université de l’Alberta.

Javier Luque a déterré ces fossiles presque par hasard, lors d’une excursion sur le terrain d’un mois en Colombie. Après une longue journée de marche, il a décidé de prendre une pause sur un amas rocheux.

« J’ai donné un dernier coup de marteau, pour voir ce que je pourrais trouver. C’est incroyable, parce que dès que j’ai frappé la roche, elle s’est fendue. Elle était complètement couverte de fossiles, s’exclame le chercheur. Il y en avait des milliers, c’était très excitant! »

Le scientifique n’en croyait pas ses yeux lorsqu’il a vu ces fossiles, car ils sont l’antithèse du crabe classique, qui a un corps plus rond et plat et des yeux renforcés.

Les fossiles étaient à peine plus gros qu’une pièce de monnaie et, coup de chance pour le chercheur, étaient extrêmement bien préservés, ce qui a permis à Javier Luque de les examiner jusque dans leurs moindres détails.

« En paléontologie, souvent, la réalité surpasse la fiction et ces fossiles en sont un bon exemple. On n’aurait jamais pu se douter qu’une belle chimère comme ça aurait pu exister si on n’avait pas vu son fossile. »

Javier Luque, paléontologue de l’Université de l’Alberta

L’espèce découverte par Javier Luque ressemble à un amalgame de plusieurs espèces différentes : elle a les yeux globuleux d’une larve, la bouche d’une crevette, les griffes d’un crabe et la carapace d’un homard.

« Ses yeux étaient énormes, décrit-il. Ses pattes du devant, au lieu d’être formées pour marcher, étaient énormes et plates, comme des pagaies qu’elle aurait utilisées pour nager. Toutes ces caractéristiques nous ont vraiment rendus perplexes. »

le fossile.

Cette découverte a eu lieu en 2005. S’en est suivi plus d’une décennie de recherche, pour déterminer la place de ce fossile inusité dans la chaîne de l’évolution des crabes, avant que cette révélation soit enfin rendue publique.

« On savait que c’était un crabe, mais on ne savait pas du tout de quelle espèce il s’agissait. Le travail de détective […] a pris beaucoup de temps », indique Javier Luque.

Il estime que cette espèce date du mi-crétacé et qu’elle aurait habité dans les régions côtières il y a entre 90 et 95 millions d’années.

La zone des tropiques, l’eldorado des fossiles?

Christopher Cameron, professeur agrégé au Département de sciences biologiques à l’Université de Montréal, pense que ces fossiles marquent un jalon important, et pas seulement parce qu’il s’agit d’une nouvelle espèce.

« Je crois qu’une des répercussions les plus importantes de cette découverte, c’est qu’elle indique que les régions équatoriales seront l’endroit où il y aura le plus de fossiles déterrés au cours du prochain siècle. »

 

Si la plupart des fossiles ont jusqu’à présent été découverts en Europe ou en Amérique du Nord, ce ne sera plus le cas à l’avenir, croit Christopher Cameron. Il s’attend à ce que les régions équatoriales deviennent le terrain de jeu de prédilection des chercheurs de fossile.

Quant à Javier Luque, il espère que cette découverte permettra de donner un nouvel élan à la paléontologie sous les tropiques.

« C’est vraiment un bon moment pour être un paléontologue, au XXIe siècle, s’enthousiasme-t-il. Il y a tellement de choses à découvrir, alors il nous reste beaucoup de travail à faire. »

 

 

 

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Animaux disparus:L’un des plus grands mammifères terrestres découvert au Kenya

Un lion mais en sept fois plus gros: des dents et des fragments d’os vieux de 23 millions d’années découverts au Kenya ont permis d’identifier l’un des plus grands mammifères carnivores ayant foulé la Terre.

L’inquiétant animal, baptisé « Simbakubwa kutokaafrika » (pour grand lion d’Afrique) pesait dans les 1.500 kg et était capable de s’attaquer à des animaux de la taille des éléphants et des hippopotames.

« Au vu de ses dents massives, Simbakubwa était un hypercarnivore », explique Matthew Borths de l’Université Duke, auteur principal de l’étude publiée jeudi dans le Journal of Vertebrate Paleontology.

Les restes de l’animal – un morceau de mâchoire inférieure comportant une canine, une prémolaire et une molaire ainsi que d’autres dents et quelques os – avaient été découverts il y a déjà des dizaines années mais avaient été attribués à une espèce plus petite, Hyainailouros napakensis. Ils attendaient depuis au musée national de Nairobi.

Selon les chercheurs, l’animal est mort relativement jeune. Pourtant, sa mâchoire est beaucoup plus grosse que celle d’un lion de taille adulte. Avec ses canines, il pouvait cisailler la chair, tandis que ses molaires lui permettaient de casser les os », précise un communiqué.

Simbakubwa vivait il y a environ 23 millions d’années, au début du Miocène. Mais les conditions permettant l’existence de tels gabarits semblent avoir persisté pendant des millions d’années, précisent les chercheurs.

Image fournie par l’Université d’Ohio le 18 avril 2019 d’un « Simbakubwa kutokaafrika », l’un des plus grands mammifères carnivores terrestres

 

Les fossiles d’Anticosti permettent une percée scientifique

Une équipe internationale de chercheurs a réussi, grâce notamment aux fossiles de l’île d’Anticosti, à démontrer que l’extinction massive survenue à la fin de la période géologique de l’Ordovicien serait liée à une chute brusque de l’oxygène dans les océans.

La majestueuse chute Vauréal constitue un joyau du parc national de l’île d’Anticosti

 

 

 

Les scientifiques qui étudient les fossiles avaient déjà pu remarquer une importante baisse du nombre d’êtres vivants dans les océans vers la fin de la période géologique de l’Ordovicien, soit près d’il y a 444 millions d’années.

Cette recherche a permis de préciser que la majeure partie de la disparition de ces espèces s’est produite il y a près de 444 millions d’années.

Certains avaient soulevé l’hypothèse d’une chute importante de la quantité d’oxygène présente dans les océans, mais il restait à le prouver.

L’étude des diverses strates de fossiles, couplée à celle des isotopes d’uranium présent dans les roches calcaires d’Anticosti et sensibles à la quantité d’oxygène dissoute dans les océans, a permis d’en faire la démonstration, souligne André Desrochers, professeur à l’Université d’Ottawa et codirecteur de l’équipe de recherche qui fait cette découverte.

Des fossiles de diverses espèces retrouvés à l’île d’Anticosti.

« On a fait des analyses d’isotopes en uranium, explique André Desrochers. Certains [de ces] isotopes sont très sensibles à la quantité d’oxygène dissous dans les océans. Ce dont on s’est aperçu, c’est que coïncidant avec cette chute importante de la biodiversité dans les océans, on avait une chute brusque de concentration de cet isotope d’oxygène. »

C’est donc près de 85 % de la vie marine présente il y a 444 millions d’années qui a disparu dans les océans en suffoquant par manque d’oxygène.

À l’époque, la majeure partie de la vie se retrouvait sous les océans avec des invertébrés et des plantes marines.

Deux membres de l’équipe du chercheur André Desrochers de l’Université d’Ottawa scrutent une paroi à la recherche de fossiles à l’île d’Anticosti.

 

Parallèle avec notre époque

Un certain parallèle peut être établi avec notre situation actuelle et servir de mise en garde, estime André Desrochers

« C’est quelque chose aussi qui est d’actualité parce que lorsqu’on regarde les océans aujourd’hui, on est en train de réchauffer, en train d’asphyxier les océans. Et des océans qui sont plus chauds retiennent de moins en moins d’oxygène. Donc, il y a peut-être une leçon à tirer de cette extinction de vie passée qui date de 444 millions d’années qu’il faut faire attention à notre terre. »

Fossiles et patrimoine mondial de l’UNESCO

C’est parce que ce site est au-dessus de la moyenne pour l’étude des fossiles que le dossier de candidature en préparation insistera sur la nécessité pour l’UNESCO de reconnaître l’île.

André Desrochers, qui a pris la direction scientifique du comité de pilotage de la candidature de l’île, précise que la préparation du dossier devrait prendre environ trois ans.

« Probablement [que] le plus important dans la prochaine année est de faire l’étude comparative, note André Desrochers. Il y a peut-être 25 à 30 sites similaires à Anticosti qui ont enregistré les mêmes événements géologiques. Il va falloir, à partir d’une étude très très exhaustive, démontrer qu’Anticosti se situe au numéro 1. »

Le dossier de candidature ne doit pas se limiter à souligner le caractère exceptionnel, il doit aussi inclure un plan de protection et de mise en valeur de l’Île au cours des prochaines années

 

 

 

 

Vidéo: Prédateurs de la préhistoire :les loups d’autrefois

 

 

 

Canis dirus (mot-à-mot « loup sinistre ») est un canidé qui a habité l’Amérique du Nord au Pléistocène et s’est éteint il y a environ 10 000 ans. Bien qu’il soit proche du loup gris, et par conséquent du chien, il n’est pas considéré comme leur ancêtre.

 Canis dirus était plus gros que le loup gris en taille et en allure, il mesurait environ 1,50 m de long et pesait environ 80 kg. Il est probable que ces loups vivaient en bandes, unies par des liens de famille, et qu’ils chassaient en groupes. La principale différence entre les deux espèces se trouve dans la structure du squelette, plus massif et plus lourd chez Canis dirus. Ses jambes étaient proportionnellement plus courtes, sa tête plus grande et plus lourde, mais la capacité crânienne était moindre. Ses dents, plus grandes et plus fortes que celles du loup gris, étaient capables de broyer des os. De telles caractéristiques suggèrent que ce n’était pas un bon coureur et qu’il se nourrissait d’animaux peu rapides et de grande taille, ou de proies affaiblies et de charognes, un peu comme les hyènes d’aujourd’hui, mais aussi comme d’autres prédateurs qui vivaient à son époque, les félins à dents de sabre comme le smilodon, qui eux aussi présentaient des adaptations évolutives pour la chasse d’animaux de grande taille. 

 

L’araignée qui avait une queue

Des spécimens d’une espèce d’arachnide inconnue à ce jour, qui ressemble à une araignée dotée d’une queue couverte de poils, ont été découverts très bien conservés dans de l’ambre datant de 100 millions d’années.

 

Les bestioles décrites par une équipe internationale de paléontologues vivaient donc au Crétacé dans le territoire correspondant à l’actuel Myanmar.

Les quatre fossiles d’araignées primitives sont décrits dans la revue Nature Ecology & Evolution .

Dessin d’artiste représentant la Chimerachné Yingi

 

Ces spécimens sont plutôt petits. Leur corps mesure environ 2,5 millimètres, à l’exclusion de la queue, longue de 3 millimètres.

Ces arachnides ressemblent en tout point à une araignée, avec des crocs, des pédipalpes mâles (appendices), quatre pattes et des filières de soie à l’arrière. Fait étonnant, elles possèdent aussi de longs flagelles, ou queues, rappelant ceux des scorpions.

Aucune espèce actuelle d’araignée ne possède une telle queue, bien que certains cousins des araignées, les uropyges ( Uropygi ) par exemple, possèdent un flagelle anal.

Selon Paul Selden, de l’Institut de paléontologie et du Département de géologie de l’Université du Kansas, l’appendice de cette nouvelle espèce appelée Chimerarachne yingi lui permettait d’explorer son environnement.

Le fossile dans son enveloppe d’ambre.

Chimerarachne yingi serait entre les araignées modernes équipées de filières, mais sans queue, et les très vieilles Uraraneida (un ordre éteint d’arachnides, cousines des araignées) qui vivaient il y a entre 380 et 250 millions d’années et qui possédaient une queue, mais pas de filières.

La nouvelle espèce serait, selon Paul Selden, l’arachnide archaïque « la plus semblable aux araignées » et certains de ses descendants à queue pourraient être présents dans les forêts asiatiques.

Une conclusion que ne partage pas l’un de ses collègues de l’Université d’Harvard, Gonzalo Giridet. Selon lui, Chimerarachne yingi serait elle-même une Uraraneida , et serait disparue sans laisser de descendants.

 

 

Espèce éteinte:Le Wakaleo schouteni, une nouvelle espèce de lions marsupiaux

Les restes fossilisés d’un crâne découverts dans le nord-est de l’Australie appartiennent à une nouvelle espèce animale de la famille aujourd’hui disparue des lions marsupiaux, ont établi des paléontologues australiens.

Dessin artistique d’un wakaleo

 

 

La bête a été nommée  Wakaleo schouteni  par les paléontologues de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud.

Elle avait la taille d’un chien et pesait environ 23 kg, ce qui équivaut au cinquième du poids de la plus grosse espèce connue de lions marsupiaux, leThylacoleo carnifex , qui pouvait peser jusqu’à 130 kg.

Il y a au moins 18 millions d’années, peut-être même jusqu’ à 23 millions d’années, le  Wakaleo schouteni  vivait dans des forêts chaudes et humides. Ses membres antérieurs robustes laissent à penser qu’il pouvait chasser des opossums, des lézards et d’autres petites proies.

C’est la dixième espèce de la famille des  Thylacoleonidae  identifiée à ce jour, et l’une des plus anciennes. Ces carnivores, dont la taille variait entre celle du raton laveur et celle du léopard, transportaient leurs petits dans une poche comme le font les kangourous et les koalas.

Cette famille comprend aujourd’hui des espèces carnivores d’Australie. Selon les paléontologistes, deux de ces espèces de lions étaient déjà présentes sur le territoire australien dans l’Oligocène il y a 25 millions d’années.

Outre le  Wakaleo schouteni , il y avait aussi le  Wakaleo pitikantensis, identifié en 1961, qui était légèrement plus petit.

Des dents bien distinctes

Contrairement à d’autres prédateurs à dents pointues, les lions marsupiaux ont développé une dentition permettant de trancher à l’horizontale : une dent du bas s’étirait le long de la mâchoire de chaque côté, et son bord tranchant pouvait atteindre l’équivalent de quatre dents normales. « Une dent supérieure s’étendait également, ce qui donnait à ce lion marsupial une morsure semblable à celle d’un coupe-boulon », explique la paléontologue Anna Gillespie.

L’espèce nouvellement identifiée vivait avant l’apparition de cette caractéristique dentaire particulière. Elle possédait le même nombre de dents que les premiers marsupiaux, et une dent légèrement allongée s’alignait devant les molaires.

Les espèces qui viendront après le  Wakaleo schouteni  seront plus imposantes et leurs dents seront encore plus longues et plus coupantes.