Astronomie:L’exoplanète la plus proche de la Terre serait « habitable »

Proxima Centauri b, une exoplanète située dans notre voisinage galactique, soit à 4,2 années-lumière de la Terre, contiendrait d’énormes zones d’eau liquide à sa surface, ce qui augmente les possibilités qu’elle abrite des organismes vivants.

L'exoplanète la plus proche de la Terre serait « habitable »© ESO L’exoplanète la plus proche de la Terre serait « habitable »

 

L’astrophysicien Anthony Del Genio et ses collègues de l’Institut Goddard d’études spatiales, aux États-Unis, ont réalisé les premières simulations climatiques tridimensionnelles de la planète, des modèles semblables à ceux utilisés pour étudier les changements climatiques sur Terre.

Ils estiment que Proxima b abriterait une plus grande surface d’eau liquide que ce que l’on pensait jusqu’ici. C’est que la température de cette eau pourrait être plus froide que ce qui était estimé, en raison de la circulation océanique, des écarts de température et de la salinité de l’eau, qui abaissent son point de congélation.

La principale information qui ressort de nos simulations est qu’il y a de bonnes chances que la planète soit habitable.

Anthony Del Genio, Institut Goddard

Il faut savoir qu’une planète est considérée comme habitable lorsqu’elle se trouve à une distance de son étoile qui lui permet de recevoir suffisamment de lumière pour maintenir sa surface – ou une partie de sa surface – au-dessus de la température de gel de l’eau.

Comme elle se trouve très proche de son étoile, il est probable qu’elle lui présente toujours la même face en raison des forces gravitationnelles, un peu comme la Lune montre toujours le même côté à la Terre.

En 2016, d’autres modélisations informatiques tendaient à montrer que la composition chimique de son atmosphère ressemblait à celle de la Terre, et qu’elle possédait une atmosphère primitive constituée d’azote et de gaz carbonique.

Ces travaux montraient que l’hémisphère de l’exoplanète faisant face à son étoile pourrait être très chaud, tandis qu’un océan gelé se trouverait dans l’hémisphère faisant face à l’espace. Ainsi, seul un cercle d’eau chaude pourrait y exister.

Toutefois, les simulations actuelles, plus complètes que les précédentes, laissent à penser qu’un océan beaucoup plus dynamique s’y trouverait et serait capable de transférer efficacement la chaleur d’un côté à l’autre de l’exoplanète.

Même si le côté sombre ne voit jamais la lumière, il y existerait quand même une bande d’eau liquide, qui se maintiendrait autour de la région équatoriale.

Anthony Del Genio

Le détail de cette étude est publié dans le journal Astrobiology (en anglais).

En raison de sa proximité, l’objet céleste pourrait devenir la première planète hors de notre Système solaire à recevoir la visite d’une sonde humaine.

Des percées technologiques devront cependant être réalisées pour qu’on y arrive, puisqu’une sonde utilisant la technologie actuelle prendrait des milliers d’années pour y parvenir.

Proxima b se trouve quand même à plus de 40 000 milliards de kilomètres de la Terre.

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Astronomie:Bousculade planétaire au début du Système solaire

Un réaménagement des planètes extérieures du Système solaire se serait déroulé au cours des premiers stades de sa formation, montre l’étude de deux astéroïdes troyens de Jupiter.

Explications:

L’astrophysicien américain David Nesvorny et ses collègues du Southwest Research Institute ont étudié une paire rare d’astéroïdes nommés Patroclus et Menoetius, qui se trouvent à peu près à la même distance du Soleil que Jupiter, l’un en orbite devant et l’autre derrière la géante gazeuse.

Ces astéroïdes seront l’objet d’étude de la mission Lucy de la NASA qui doit être lancée en 2021. Ils seraient, selon les chercheurs, des vestiges du matériau primordial qui a mené à la formation des planètes extérieures (Saturne, Jupiter, Neptune Uranus).

Ils seraient ainsi les témoins de la naissance du système solaire il y a plus de 4 milliards d’années.

Patroclus et Menoetius possèdent une largeur d’environ 113 kilomètres et orbitent l’un autour de l’autre alors qu’ils tournent autour du Soleil.

C’est le seul système binaire connu dans la population d’astéroïdes troyens de Jupiter. En astronomie, le terme « troyen » est utilisé pour désigner un petit objet qui partage une relation avec deux autres corps plus gros.

De précédents travaux ont montré que :

  • la distribution des orbites des objets transneptuniens fournit des preuves solides d’une migration de Neptune;
  • les orbites des planètes extérieures sont devenues instables au début de la création du Système solaire;
  • Jupiter aurait été frappée par une planète du type Neptune;
  • l’orbite de Jupiter se serait alors rapprochée du Soleil.

Réaménagement planétaire

Les travaux actuels montrent que la présence des objets Patroclus et Menoetius, mais aussi des autres qui se trouvent dans l’orbite de Jupiter, serait le résultat d’un réarrangement planétaire précoce dans notre système.

Le couple Patroclus-Menoetius se serait formé à partir du disque initial de matière au-delà de Neptune, alors que la probabilité que des collisions lui arrachent des composants était grande.

Les simulations laissent à penser que de la présence du couple céleste aujourd’hui à cet endroit indique que l’instabilité dynamique entre les planètes géantes a dû se produire dans la première tranche de 100 millions d’années de la formation du Système solaire.

Ces objets ont probablement été capturés au cours d’une période dramatique d’instabilité dynamique lors d’un accrochage entre les planètes géantes du Système solaire.

Ajustement planétaire

Ce grand bouleversement aurait poussé Uranus et Neptune vers l’extérieur, où ils ont rencontré une grande population de petits corps qui seraient à l’origine des objets actuels de la ceinture de Kuiper, qui orbitent à la limite du Système solaire.

Selon les chercheurs, plusieurs petits corps de cette ceinture primordiale de Kuiper ont été dispersés vers l’intérieur, et certains d’entre eux sont devenus des astéroïdes troyens.

Des simulations récentes de la formation des petits corps laissent à penser que les systèmes binaires comme Patroclus-Menoetius seraient des restes des tout premiers moments de la naissance du système.

Les observations actuelles de la ceinture de Kuiper montrent que ces systèmes binaires devaient être courants lors de la genèse du système.

William Bottke

« Il n’en reste actuellement que quelques-uns dans l’orbite de Neptune. La question est de savoir comment ils ont survécu jusqu’à aujourd’hui », explique le chercheur William Bottke.

Et les planètes rocheuses?

Le modèle dynamique d’instabilité précoce du Système solaire mis de l’avant dans les présents travaux a aussi des conséquences importantes pour les planètes terrestres, en particulier en ce qui concerne l’origine des grands cratères d’impact sur la Lune, Mercure et Mars, qui se sont formés il y a environ 4 milliards d’années.

Selon ce modèle, les météorites qui ont creusé ces cratères sont moins susceptibles de parvenir des régions extérieures du Système solaire. Cela pourrait signifier qu’elles ont été fabriquées par des restes de petits corps du processus de formation des planètes rocheuses.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Nature Astronomy (en anglais).

En mai dernier, des scientifiques avançaient qu’une immense planète se trouverait aux confins de notre Système solaire.

 

Exploration spatiale:Le Japon tentera d’atterrir sur un astéroïde à 186 km de distance

L’agence spatiale japonaise tentera d’atterrir ce mois-ci  un engin de débarquement robotisé sans pilote à la surface d’un astéroïde situé à 300 millions de kilomètres de la Terre.

La sonde a été lancée en 2014.
Le vaisseau spatial Hayabusa-2 orbite actuellement autour de l’astéroïde en forme de diamant Ryugu, qu’il a atteint en juin après un voyage de trois ans et demi .
Le 21 septembre, le vaisseau spatial déploiera le premier des deux atterrisseurs sur l’astéroïde lui-même, où ils rassembleront des échantillons et mèneront des expériences. Un deuxième atterrisseur sera lancé le 3 octobre.
Plus tard dans la mission, l’engin spatial atterrira sur l’astéroïde après avoir soufflé un petit cratère à l’aide d’explosifs, afin de prélever des échantillons sous la surface de l’objet qui n’ont pas été exposés à l’espace.
Selon l’Agence japonaise d’exploration aérospatiale (JAXA), ce sera la première « mission de retour d’échantillons au monde sur un astéroïde de type C ».
Les scientifiques japonais sont en train de faire la course avec la NASA pour cette réalisation historique, la mission de récupération d’échantillon de l’agence américaine devant arriver sur Terre en 2023. Hayabusa-2 devrait revenir en 2020.

Trésor

Sous leur surface désolée, les astéroïdes sont censés contenir un riche trésor d’informations sur la formation des milliards de système solaire il y a des années.
« En explorant un astéroïde de type C, riche en eau et en matériaux organiques, nous clarifierons les interactions entre les éléments constitutifs de la Terre et l’évolution de ses océans et de sa vie, développant ainsi la science du système solaire ».
Les astéroïdes de type C, composés en grande partie de carbone, constituent la variété la plus commune des astéroïdes, représentant plus de 75% de ceux actuellement découverts. Les deux autres principaux types d’astéroïde sont le S métallique et M-types, selon la NASA .
Malgré des années de planification, la forme de diamant de Ryugu a surpris l’équipe alors que la mission approchait de l’astéroïde.
« De loin, Ryugu est d’abord apparu autour de lui, puis s’est progressivement transformé en un carré avant de devenir une belle forme similaire à la fluorite – connue sous le nom de » pierre de luciole « en japonais », a déclaré l’agence dans un communiqué.
« Cette forme de Ryugu est scientifiquement surprenante et pose également quelques problèmes d’ingénierie », a-t-il ajouté, soulignant les difficultés, y compris l’atterrissage, de l’astéroïde de forme inhabituelle.
Cela dit, l’équipe a déjà réalisé un exploit en atteignant la roche de 900 mètres de large, ce qui équivaut à frapper une cible de 6 centimètres à 20 000 kilomètres de distance. .
« En d’autres termes, arriver à Ryugu équivaut à viser une cible de 6 centimètres au Japon », a déclaré l’agence.

La comète à l’origine des Perséides pourrait détruire l’Humanité

La comète 109P / Swift-Tuttle, à qui l’on doit la pluie d’étoiles filantes des Perséides, pourrait engendrer la plus grande extinction de masse de l’histoire de l’humanité.

L’orbite de la comète 109 P Swift/Tuttle.

 

Photo de la comète Swift-Tuttle prise en 2014.

Chaque année, les Perséides illuminent la Terre de ses millions de météorites. Cette année, les astronomes prévoient un pic d’étoiles filantes, 70 par heure, entre le 11 et le 13 août prochain. A cette occasion, des millions de curieux devraient scruter le ciel pour observer ce phénomène né du croisement de la Terre avec le nuage de débris laissés par la comète 109P / Swift-Tuttle.

Mais leur enthousiasme devrait être modéré. Car la comète à l’origine de cette merveille céleste pourrait un jour s’écraser sur la Terre et causer la perte de l’espèce humaine. Ça refroidit, hein ! En effet, les scientifiques prophétisent que cet astre de 16 miles (26 km à peu près) pourrait frapper notre globe avec une puissance 30 fois supérieure à celle de l’astéroïde qui a engendré l’extinction des dinosaures.

« 20 000 000 de bombes à hydrogène »

« Si Swift-Tuttle frappe la Terre, elle libérera plus d’un milliard de mégatonnes d’énergie, soit l’équivalent de 20 000 000 de bombes à hydrogène qui explosent en même temps », a indiqué l’astrophysicien Ethan Siegel dans un entretien accordé à Forbes. L’expert est formel : « la comète 109P / Swift-Tuttle est sans aucun doute le plus grand danger pour l’Humanité ».

Il ne faut toutefois pas céder à la panique, détaille-t-il puisque l’Homme est hors danger pour encore des milliers d’années. Les scientifiques redoutent une potentielle collision catastrophique pour l’an 4479, sans pour autant pouvoir prouver à 100% le futur impact.

Que l’on rassure: en matière de prédictions célestes, les scientifiques restent à des années lumières des certitudes.

 

Fantastique découverte d’un énorme objet céleste énigmatique repéré au-delà de notre Système solaire

Un géant objet céleste flotte à l’extérieur de notre Système solaire sans que les astrophysiciens puissent déterminer de quoi il s’agit. Certains d’entre eux supposent toutefois que c’est un objet libre de masse planétaire, autrement dit un objet possédant la masse d’une planète, mais qui n’est attaché gravitationnellement à aucune étoile.

Des astrophysiciens ont découvert à l’aide du Très Grand Télescope installé au Chili un objet céleste flottant au-delà de notre Système solaire et ayant une masse 12.7 fois plus importante que celle de Jupiter. D’après les chercheurs, il ne gravite autour d’aucune étoile et se trouve seulement à 20 années-lumière de la Terre.

Loin ,très loin dans l’espace!
«Compte tenu de sa taille, cet objet est juste à la limite entre une planète et une naine brune, ou une étoile manquée. Il nous réserve sans doute son lot de surprises susceptibles de nous aider à comprendre les processus magnétiques se déroulant sur d’innombrables étoiles et planètes», a expliqué l’astrophysicienne Melodie Kao, chargée des observations.
Pour rappel, une naine brune est un objet trop gros pour être une planète, mais en même temps n’est pas assez grand pour maîtriser une fusion nucléaire d’hydrogène dans son noyau, ce qui est essentiel pour les étoiles.L’objet en question, déjà nommé SIMP J01365663 + 0933473, avait été détecté pour la première fois en 2016, et avait d’abord été qualifié comme une naine brune. Les dernières observations laissent toutefois supposer qu’il serait plus jeune qu’on ne le pensait auparavant car son âge ne s’élèverait qu’à 200 millions d’années, et que sa masse ne serait pas si imposante, si bien qu’il pourrait être classé comme une planète. Sa température serait également beaucoup plus froide que celle du Soleil, à savoir 825°C. L’objet possèderait en outre un fort champ magnétique, dont la force serait 200 fois plus grande que celle de Jupiter.

La nature exacte de l’objet reste ainsi à déterminer. Au demeurant, les méthodes utilisées pour sa détection pourraitent constituer «une nouvelle technique permettant de détecter des exoplanètes, y compris celles qui ne gravite autour d’aucune étoile parentale», a conclu le chercheur Gregg Hallinan.

Donc,tout est possible même la Planète Nibiru associée aux sumériens!

Lac d’eau liquide sur Mars : pourrait-on y trouver la vie ?

Il y a quelques jours, une équipe d’astronomes annonçait la découverte d’un lac d’eau liquide d’une vingtaine de kilomètres de large, situé à 1,5 kilomètre de profondeur sous la glace martienne. Si ces données restent à confirmer, elles soulèvent une question importante : la vie pourrait-elle évoluer sous la surface de Mars ?

Une équipe de chercheurs annonçait il y a peu la découverte d’un lac d’environ 20 km de large situé sous une couche de glace martienne, côté pôle sud. C’est la première fois qu’un tel volume d’eau liquide est découvert. La nouvelle est importante : rapportés dans la revue Science, les détails de cette étude révèlent aujourd’hui la présence d’une masse d’eau permanente sur la planète rouge. Cette dernière serait capable – pourquoi pas – de soutenir la vie sur durée prolongée. Mais est-ce vraiment le cas ? La réponse courte est : on ne sait pas.

Jonti Horner, professeur d’astrophysique à l’Université du Queensland (Australie), explique dans The Conversation que nous pourrions comparer ce lac martien souterrain avec la myriade de lacs enterrés sous la glace de l’Antarctique. « Jusqu’à présent, dit-il, plus de 400 de ces lacs ont été trouvés sous la surface du continent gelé. Le lac Whillans, par exemple, est enterré à environ 800 mètres sous la glace, à l’ouest du continent. En 2013, une équipe de chercheurs a réussi à forer assez profondément pour y récupérer des échantillons. Qu’ont-ils découvert ? Que ce lac est grouillant de vie microbienne. En d’autres termes, poursuit le chercheur, les meilleurs analogues terrestres à ce lac martien nouvellement découvert ne sont pas seulement habitables, ils sont habités ».

Qu’en est-il alors de Mars ? Nous savons plusieurs choses : que la planète rouge était autrefois chaude et humide, qu’elle abritait potentiellement des océans, des lacs et des rivières (et sur Terre, là où il y a de l’eau, il y a de la vie). Nous savons également que la transition d’une planète chaude et humide vers un monde froid et aride s’est produite sur des millions d’années. Quoi d’autre ? Que la vie s’adapte aux environnements changeants, tant que ce changement n’est pas trop rapide ou dramatique.

Le reste n’est que spéculation. « Nous pourrions imaginer que dans un passé lointain, Mars abritait peut-être la vie, poursuit le chercheur. Peut-être est-elle née sur place ? Peut-être a-t-elle été transportée en auto-stop, à bord d’une météorite ? Toujours est-il qu’une fois la vie établie, il est incroyablement difficile de s’en débarrasser ». Pendant des millions d’années, Mars a vu son climat refroidir et son eau se renfermer dans le pergélisol. Son atmosphère s’est amincie, certes, rendant les conditions invivables en surface, mais la vie – tenace – aurait-elle pu suivre le cours de l’eau, se retrouvant ainsi sous la glace ?

Encore une fois, « ce n’est ici que de la spéculation, mais c’est bien ce genre de processus de pensée qui ont guidé notre exploration continue de Mars au cours des deux dernières décennies, rappelle le chercheur. Maintenant que nous savons avec certitude qu’il y a un réservoir d’eau liquide juste au-dessous de la surface de la planète, les astronomes peuvent désormais penser un moyen de se rendre directement sur place ». Ce ne sera pas facile. Il est aujourd’hui beaucoup plus aisé d’atterrir près de l’équateur que des pôles, car la surface est plus rugueuse et l’atmosphère plus fine (ce qui rend le freinage plus difficile pour une sonde).

Mais les chercheurs sont habitués au « compliqué ». Et si une potentielle vie extraterrestre évolue bel et bien sous la surface de Mars, il ne fait aucun doute que les astronomes du monde entier trouveront le moyen d’en avoir le cœur net. Rendez-vous dans quelques années.

 


EN COMPLÉMENT

Il y a 40 ans, la NASA détruisait probablement par erreur les premières molécules organiques détectées sur Mars

 

Il y a une quarantaine d’années, les deux atterrisseurs Viking découvraient probablement les premières molécules organiques dans le sol de Mars, l’agence spatiale américaine les aurait détruites par erreur. Comment cela s’est-il produit ?

 

Il y a peu, la NASA a déclaré avoir découvert d’étonnantes molécules organiques par le biais du rover Curiosity dans de la roche sédimentaire de Mars. Cependant, il se pourrait que cela ne soit pas une grande première. Les atterrisseurs Viking 1 et 2 ont débarqué sur Mars respectivement le 20 juillet et le 3 septembre 1976. Il s’avère que ceux-ci sont au cœur des débats depuis plusieurs décennies consistant à savoir si oui ou non, les atterrisseurs ont identifié des traces de vie sur Mars. Il se pourrait que ce soit le cas selon certains chercheurs et il est presque sûr que ces deux Viking ont été les premiers à détecter des molécules organiques complexes à la surface de la planète rouge.

Melissa Guzman et son équipe du Laboratoire Atmosphères, Milieux, Observations spatiales (LATMOS) affirment dans une étude publiée dans le Journal of Geophysical Research le 20 juin 2018 que les Viking auraient identifié de la matière organique sur mars il y a quarante ans. Seulement voilà, les chercheurs de la NASA seraient passés à côté, car cette matière organique aurait été détruite de manière involontaire durant l’expérience.

Les scientifiques ont toujours été surpris de ne pas mettre la main sur des traces de carbone là où logiquement, il devrait y en avoir. En effet, Mars reçoit souvent une multitude de micrométéorites sur son sol et ces dernières sont riches en composés carbonés. Le fait est que ces micrométéorites sont très inflammables et l’expérience de porter une poignée de sol martien à une température de 500°C dans un chromatographe en phase gazeuse (CPG) a sûrement eu raison de l’échantillon et donc des éventuelles traces de matière organique.

C’est en tout cas ce que pensent Melissa Guzman et son équipe qui dans le cadre de leurs recherches, ont tenté de retrouver des traces de chlorobenzène dans les archives de Viking. Le chlorobenzène est une molécule résultant de la combustion de perchlorates avec du carbone. Finalement, des traces de cette molécule ont été retrouvées en ce qui concerne Viking 2 mais malheureusement, aucune preuve n’existe pour affirmer qu’il s’agissait de matière organique martienne ou provenant de notre propre planète.

Sources : New Scientist 


la plus complexe matière organique de Mars

La sonde Opportunuity

 

D’étonnantes molécules organiques ont été découvertes par le rover Curiosity dans de la roche sédimentaire. Les chercheurs en savent également un peu plus sur l’atmosphère de Mars avec la découverte de traces de méthane, mais la découverte de la vie sur cette planète n’a pas encore été faite. Pourquoi ?

 

La NASA a qualifié la découverte de matière organique la plus complexe jamais trouvée à la surface de Mars, ce qui serait une avancée dans le cadre de la recherche de vie sur la planète rouge, comme l’explique l’étude parue dans la revue Science le 7 juin 2018. Une deuxième étude concerne la découverte de méthane atmosphérique.

Bien que la découverte de la vie sur Mars ne soit pas encore effective grâce à cette trouvaille, Curiosity semble également avoir confirmé la présence de variations saisonnières de méthane dans l’atmosphère martienne. Or ce gaz, souvent signe de la présence de la vie, vient de la planète elle-même et pourrait être contenu dans des plaques de glaces situées sous la surface.

Par ailleurs, il faut savoir que les échantillons de matière organique ont été retrouvés à la base du mont Sharp (cratère de Gale), prélevés dans des roches datant de 3,5 milliards d’années. Ce lieu qui fut autrefois un lac est considéré comme une des zones les plus difficiles de Mars.

Les chercheurs parlent d’une avancée puisque cette découverte montre que la matière organique peut être présente dans des environnements difficiles de la planète. Cependant, il serait selon eux possible de trouver quelque chose de beaucoup mieux préservé, c’est-à-dire renfermant une signature de vie.

En 2014 déjà, Curiosity avait retrouvé de la matière organique en petite quantité. En revanche, cela ne veut pas dire que la vie est présente, mais selon Sanjeev Gupta, professeur de SVT à l’Imperial College de Londres (Royaume-Uni) et co-auteur de l’étude, “les composés organiques sont les pierres de construction de la vie”.

Il faut savoir que les échantillons de matière organique peuvent avoir une origine abiotique, provenir de formations géologiques similaires au charbon, ou encore d’une météorite. Il faut bien comprendre que matière organique ne veut pas nécessairement dire que la vie est présente.

Sources : Sciences et Avenir 

 

Détail d’un cratère

 

 

 

 

Fantastique découverte d’un grand lac d’eau liquide découvert sur Mars

Une équipe de chercheurs annonce la découverte d’un lac d’environ 20 km de large situé sous une couche de glace martienne. C’est la première fois qu’un tel volume d’eau liquide est découvert. Les détails de cette étude sont rapportés dans la revue Science.

 

Une équipe internationale d’astronomes annonce avoir repéré un lac sur Mars. La découverte de cette vaste étendue d’eau souterraine, que vous retrouverez sous le pôle Sud de la planète rouge, est un tournant dans la recherche de la vie sur d’autres planètes. “C’est un résultat stupéfiant qui laisse penser que la présence d’eau sur Mars n’est pas seulement un ruissellement temporaire révélé par de précédentes découvertes, mais une masse d’eau permanente qui crée les conditions pour de la vie sur une période de temps prolongée“, a commenté Alan Duffy, professeur associé à l’université de Swinburne (Australie), qui n’a pas participé à l’étude.

 

Ce lac, large d’une vingtaine de kilomètres (et pas très profond), “ressemble à l’un des bassins interconnectés situés sous plusieurs kilomètres de glace au Groenland et en Antarctique“, explique Martin Siegert, géophysicien à l’Imperial College de Londres. Selon les premières estimations, qui demandent à être confirmées, cette étendue d’eau liquide se trouverait à environ 1,5 kilomètre sous la surface glacée. Les chercheurs se sont ici appuyés sur les données de MARSIS, un radar installé sur la sonde Mars Express, de l’Agence spatiale Européenne, en orbite depuis 2005, qui a pour objectif principal de “scruter ce qui se trouve en dessous de la surface martienne”.

L’instrument fonctionne en analysant le temps que met l’onde radar à revenir à la sonde. Cette onde réagit différemment en fonction des matériaux traversés. C’est alors qu’à environ 1,5 km sous la couche de glace du pôle sud martien, les données récoltées ne collaient pas avec de la glace, de la roche ou de simples sédiments. Les chercheurs estiment alors que la “matière” traversée la plus probable est bel et bien de l’eau liquide.

 

Notons par ailleurs qu’il fait -68°C sous cette couche de glace. Comment se fait-il alors que cette eau ne soit pas complètement gelée ? Tout dépend de la pression, mais surtout de la composition de l’eau (plus elle est salée, plus la température doit être basse pour qu’elle gèle). Les chercheurs font ici remarquer qu’une eau avec un fort dosage de sels de sodium, de magnésium et de calcium, peut effectivement rester liquide jusqu’à -74°C. Et ces trois éléments ont été repérés à la surface martienne.

D’autres analyses devront être faites pour confirmer la présence de cette eau liquide sous la surface martienne. Si telle est le cas, cette annonce aura à coup sûr de fortes implications pour les futures missions d’ores et déjà prévues. Pourrait-on y retrouver une vie microbienne ? Rappelons que si Mars est désormais froide, désertique et aride, elle était auparavant chaude et humide et abritait une large quantité d’eau liquide et de lacs il y a au moins 3,6 milliards d’années.

Source