Alerte réchauffement climatique:Groenland, les deux tiers d’un lac, soit près de 5 millions de litres, ont disparu de la surface, engloutis dans le sol

Deux photos aériennes avant/après prises par le drone des glaciologues du Scott Polar Research Institute, au glacier Store, dans l’ouest du Groenland, en juillet 2018.

 

Des chercheurs ont observé en temps réel un lac à la surface de l’épaisse glace du Groenland se vider dans de profondes crevasses en quelques heures, un phénomène appelé à devenir plus fréquent avec le réchauffement climatique.

La couche de glace au Groenland peut faire un kilomètre d’épaisseur, et pendant l’été, il est habituel qu’une partie de la surface fonde et crée des lacs. Ces lacs peuvent ensuite trouver une faille dans la glace… Et, sous la pression, agrandir la faille et ouvrir un immense trou descendant jusqu’à la base de la calotte glaciaire, un kilomètre plus bas.

Ce phénomène connu est difficile à observer directement, mais les glaciologues du Scott Polar Research Institute, de l’université britannique de Cambridge, ont eu de la chance quand ils sont arrivés au glacier Store, dans l’ouest du Groenland, en juillet 2018.

L’évolution du relief de la glace reconstruite en 3D

Quelques jours après leur arrivée, en cinq heures, deux tiers du lac, soit près de 5 millions de litres, ont disparu de la surface, engloutis dans le sol. Des photos aériennes avant/après prises par le petit drone de l’équipe scientifique montrent un grand ovale bleu foncé se rétrécir en un plus petit cercle bleu clair, moins profond.

« L’intérêt du drone est de nous permettre de faire des relevés de haute qualité dans des zones qui ne sont pas sûres d’accès pour les scientifiques », explique à l’AFP Tom Chudley, doctorant et pilote du drone. Le drone, en prenant des photos géolocalisées par GPS, a permis de reconstruire en trois dimensions l’évolution du relief de la glace.

« Autoroutes » de glace

Un glacier est un fleuve de glace qui avance vers l’océan. Quand la glace atteint l’eau, cela crée des icebergs, qui représentent environ 40 % de la contribution du Groenland à la montée des eaux (le reste est la fonte des glaces). Le glacier Store avance de 600 mètres par an. Ce que les scientifiques ont pu voir est que le soudain écoulement du lac a temporairement accéléré la vitesse de 2 à environ 5 mètres par jour. L’eau passée sous la glace a lubrifié le glacier.

Plus surprenant, l’eau a soulevé de 55 centimètres la gigantesque couche de glace pendant quelques heures, estiment les chercheurs. « Un kilomètre de glace soulevé d’un demi-mètre, je vous laisse imaginer le niveau de pression que cela implique », dit Tom Chudley.

L’intérêt de l’étude, publiée lundi dans la revue PNAS, est de décrire plus finement la formation de ces immenses failles, qui deviennent ensuite des « autoroutes » pour faire couler l’eau de la surface vers le lit de la calotte, ce qui peut accélérer le mouvement des glaciers. « Avec le changement climatique au Groenland, on voit plus de lacs, plus grands, et plus hauts dans les parties plus froides de la calotte. Et on voit que certains de ces lacs commencent à se vider », dit Tom Chudley. « Le volume de lacs se drainant va potentiellement augmenter dans des endroits nouveaux que nous ne connaissions pas auparavant », prévient-il.

 

 

 

 

 

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Réchauffement climatique:Et si toute la glace du monde fondait en une nuit?

Évidemment, avec une fonte aussi rapide de cette quantité astronomique de glace, le niveau de la mer augmenterait instantanément de 66 mètres. Un véritable raz-de-marée ! À l’échelle du Québec, cela veut dire que les villes le long du fleuve Saint-Laurent seraient sous l’eau, incluant Québec, Trois-Rivières et la Grand-Montréal (s’il fallait n’en citer que trois).

Conséquence d’une augmentation de l’eau de 66 mètres au Québec.

 

À l’échelle des États-Unis, la Floride ne serait plus qu’un lointain souvenir. Tout comme de très nombreuses villes de la côte est, mais également du golfe du Mexique. Le New-Jersey, la moitié est des Carolines, le Delaware, les secteurs au long du Mississipi… Cela représente des dizaines de millions de personnes aux prises avec des inondations monstrueuses, et qui auraient probablement peu de chances de s’en sortir.

Conséquence d’une augmentation de l’eau de 66 mètres aux États-Unis.

 

Du côté de l’Europe, la géographie française, britannique, et irlandaise en prendrait un sacré coup. Mais pas autant que la Belgique, les Pays-Bas, le nord de l’Allemagne, le Danemark, la Lituanie, l’Estonie, etc. Encore une fois, la vie de plusieurs dizaines de millions de personnes serait en péril.

Conséquence d’une augmentation de l’eau de 66 mètres en Europe

 

Un climat apocalyptique

Si 99 % de la glace d’eau douce mondiale fondait, cela voudrait dire qu’une gigantesque quantité d’eau douce se transformerait instantanément en eau salée lors de son mélange avec les océans.

Les courants océaniques, régulateurs du climat terrestre, en seraient bouleversés. Si l’on prend comme exemple le Gulf Stream, courant océanique en Atlantique, il pourrait être considérablement affaibli ou même carrément arrêté. La conséquence pour le nord de l’Europe ? Une mini ère glaciaire.

Des tueurs dormeurs

Avec le dérèglement mondial du climat, les dernières glaces viendraient à fondre. La matière organique contenue dans celles-ci serait alors un festin pour les micro-organismes qui, une fois qu’ils auront tout digéré, produiraient une quantité astronomique de dioxyde de carbone et de méthane, deux puissants gaz à effet de serre. Conséquence immédiate : une augmentation de 3,5 °C du climat, déjà grandement chamboulé.

Le dernier 1 % de glace d’eau douce se trouve dans le pergélisol de l’Arctique ou dans l’Himalaya. Dans les glaciers du toit du monde (par exemple), se trouvent des produits chimiques très toxiques : le dichlorodiphényltrichloroéthane (le DDT). À mesure que ces glaciers disparaitront, ces produits seraient libérés et empoissonneraient les rivières, les lacs, les réserves d’eaux souterraines.

Dans le pergélisol de l’Arctique se cache près de l’équivalent de la quantité mondiale actuelle de mercure, tapie dans l’ombre. Tous ces produits ne seraient pas simplement un risque pour le climat, mais pour notre santé à tous.

Bon courage aux survivants

Vous l’avez compris, pour les personnes ayant survécu à la montée subite des eaux, le reste s’annoncerait difficile. Les produits chimiques et l’eau salée auraient empoisonné la majeure partie des ressources d’eau potable actuelles. De plus, les migrations de masse vers les secteurs épargnés par la montée des eaux engendreraient des conséquences économiques étourdissantes (en plus de toutes les précédentes).

Et si cela n’était pas suffisant… Avec un dérèglement climatique aussi violent, les catastrophes climatiques comme les ouragans, les sécheresses et même les épidémies seraient encore plus nombreuses.

Inutile de préciser qu’il s’agit d’un scénario catastrophe, aux probabilités de réalisation extrêmement proches de zéro.

SOURCE :Business Insider ; Ocean-climate.org

 

 

 

 

 

 

15 ans d’émissions de gaz à effet de serre, 20 cm de montée des eaux (étude)

Comme un paquebot lancé à toute vitesse ne peut s’arrêter d’un coup, le niveau des océans va monter dramatiquement même si l’on réduisait à zéro les émissions de gaz à effet de serre en 2030, avertissent des chercheurs dans une étude publiée lundi.

Kivalina Alaska

Rien que les gaz à effet de serre rejetés entre la signature de l’accord de Paris, en 2015, et l’année 2030 contribueront à élever le niveau des mers de 8 centimètres d’ici 2100 et 20 cm d’ici 2300, par rapport à la période de référence 1986-2005, rapportent des chercheurs en science du climat basés en Allemagne dans les Comptes-rendus de l’Académie américaine des sciences (la revue PNAS).

Le but de l’étude, explique à l’AFP le coauteur Alexander Nauels, de l’institut Climate Analytics basé à Berlin, est de montrer que les émissions actuelles ont un effet assuré sur la montée des eaux, et que cet effet sera particulièrement ressenti dans les deux prochains siècles.

Au total, la montée des eaux atteindrait au moins un mètre d’ici 2300, dans le scénario très improbable où les émissions tomberaient à zéro en 2030. En tout état de cause, la hausse a de grandes chances de dépasser le mètre. Les scientifiques mandatés par l’ONU ont déjà prédit 26 à 77 cm d’ici la fin de notre siècle.

Mais le quart de cette élévation d’un mètre sera dû aux seules émissions de la Chine, des Etats-Unis, de l’Union européenne, de l’Inde et de la Russie pendant 40 ans, pour la seule période 1991-2030, calculent les chercheurs dans la nouvelle étude.

Par comparaison, les océans ont monté de l’ordre de 20 cm au cours du 20e siècle.

« On se concentre d’habitude sur le 21e siècle, ce qui peut parfois donner la fausse impression qu’après le 21e siècle tout s’arrêtera », dit le chercheur.

Or la montée des eaux est due à plusieurs phénomènes complexes, qui agissent pour certains avec des échelles de plusieurs siècles. On comprend toujours mal le comportement des glaces de l’Antarctique, qui jusqu’à présent ont moins fondu que le Groenland.

« Le problème de la montée des eaux est que c’est un système très lent, avec un temps de réponse très long », dit Alexander Nauels.

Et il ajoute: « un centimètre, peut-être que ça n’a l’air de rien, mais c’est beaucoup ».

Dans un rapport publié l’an dernier, les experts du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) ont écrit que réduire de 10 cm la montée des eaux permettrait d’épargner directement 10 millions de personnes.

Le pire ce serait cela…sans aucun contrôle!

Trois cent millions de personnes menacées par la montée des océans d’ici 2050, selon une étude

D’ici 2050, des zones côtières abritant 300 millions de personnes pourraient être menacées par la montée des océans liée au changement climatique, selon une étude parue mardi.

 

Des zones côtières abritant 300 millions de personnes pourraient être menacées par la montée des océans liée au changement climatique d’ici 2050.

La région la plus exposée est l’Asie, selon cette étude parue dansNature Communications. Plus des deux-tiers des populations concernées se trouveront en Chine, au Bangladesh, en Inde, au Vietnam, en Indonésie et en Thaïlande.

    

Utilisant une forme d’intelligence artificielle, les chercheurs ont corrigé des données existantes concernant l’altitude des terres dans les zones côtières, qui pouvait être erronée, conduisant à largement sous-estimer l’étendue des zones touchées lors des marées hautes ou de fortes tempêtes.

« Les projections de l’élévation du niveau des océans n’ont pas changé », explique Ben Strauss, co-auteur de l’étude et président-directeur de Climate Central, un institut de recherches aux Etats-Unis. « Mais lorsque nous utilisons nos nouvelles données concernant le relief, nous trouvons beaucoup plus de gens vivant dans des régions vulnérables que ce que nous estimions jusqu’à présent », poursuit-il.

Les données gratuites fournies par la NASA, avec son programme SRTM qui a permis de cartographier 95% de la Terre, peuvent comporter une marge d’erreur. Mais il y a environ cinq ans, Ben Strauss et Scott Kulp ont réalisé, en comparant ces éléments à des données plus fines, que le système SRTM surestimait systématiquement l’altitude des bords de mer, confondant des toits et des arbres avec le niveau du sol. « Pour la majorité des zones côtières à travers le globe, nous ne connaissions pas la hauteur du sol sous nos pieds », explique Ben Strauss.

Combinaison de menaces

La population mondiale, estimée à 7,7 milliards d’individus aujourd’hui, pourrait s’accroître de deux milliards d’ici 2050 et d’un milliard supplémentaires d’ici la fin du siècle, dont une grande partie résidant dans des mégalopoles en bord de mer.

Actuellement, environ 100 millions de personnes habitent dans des zones situées sous le niveau de la mer, selon cette étude. Certains sont protégés par des digues, mais la plupart ne bénéficient d’aucune protection.

« Le changement climatique a le potentiel de remodeler des villes, des économies, des rivages et des régions entières du globe », souligne Scott Kulp, auteur principal de l’étude et scientifique chez Climate Central, soulevant la question de savoir « dans quelle mesure et combien de temps les protections côtières peuvent les préserver ».

Plusieurs menaces pèsent sur les populations des littoraux: l’une d’elle est l’élévation du niveau des océans causée par la dilatation de l’eau sous l’effet du réchauffement climatique et la fonte des glaces au Groenland et en Antarctique. 

« Un progrès significatif »

Depuis 2006, les océans montent d’environ quatre millimètres par an, un rythme qui pourrait être multiplié par 100 si les émissions de gaz à effet de serre restent inchangées, a averti le mois dernier le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) dans un rapport sur les océans.

Si le réchauffement climatique est limité sous 2°C, comme prévu par l’Accord de Paris, la hausse des océans devrait atteindre environ 50 centimètres d’ici 2100. Si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent à leur rythme actuel, l’élévation pourrait être presque deux fois plus importante. Une autre menace est constituée par les typhons, cyclones et ouragans violents qui vont devenir plus fréquents.

« Il n’est pas nécessaire d’avoir une augmentation importante du niveau des mer pour causer des problèmes catastrophiques », commente Bruce Glavovic, professeur à l’université Massey en Nouvelle-Zélande, qui n’a pas pris part à l’étude.

Le nouveau système mis au point par les chercheurs, nommé CoastalDEM, et présenté dans des revues scientifiques, constitue « un progrès significatif pour comprendre les risques pour des centaines de millions de personnes, inhérents à l’élévation des océans liée au changement climatique, d’ici la fin du siècle », estime le climatologue belge Jean-Pascal van Ypersele, ancien vice-président du Giec.

 

 

Les conséquences d’une fonte de l’Antarctique sont alarmantes

C’est en analysant les sédiments géologiques marins de la côte ouest de la Nouvelle-Zélande, ainsi que les particules qui ont voyagé par les courants, que des chercheurs de l’université Victoria, en Australie, en sont venu à une conclusion plutôt alarmante. En effet, si la fonte du Groenland ferait augmenter le niveau de la mer de 5 mètres, celle de l’Antarctique le ferait passer à 25 mètres. Il s’agit donc d’une hausse de 20 mètres seulement à cause de ce continent de glace.

Une histoire qui pourrait se répéter

Ces sédiments analysés ont permis de remonter à un épisode de réchauffement planétaire antérieur, qui s’est déroulé au Pliocène, il y a de cela 3 millions d’années. À ce moment, il y avait pratiquement la même quantité de CO2 dans l’atmosphère qu’on en trouve aujourd’hui, soit environ 400 ppm. Cela dit, la température de notre planète était entre 2 et 3 °C plus élevée qu’à notre époque. Au Pliocène, l’Antarctique avait effectivement fondu et fait grimper le niveau de la mer de 20 mètres, alors que la fonte des glaces du Groenland en avait ajouté cinq, pour un total de 25 mètres. Selon Georgia Grant, chercheure à l’université Victoria, il est important d’atteindre les cibles fixées par l’accord de Paris. Si les températures globales augmentent de plus de 2 °C, la situation vécue au Pliocène pourrait survenir à nouveau.

Les conséquences d’une telle hausse

On se souviendra de la fameuse découverte par la NASA d’un énorme point chaud sous la banquise Antartique qui s’est révélé être un immense lac de lave…suite à une forte éruption volcanique.

Une hausse du niveau de la mer de 25 mètres est énorme et aurait des conséquences mondiales, bien entendu. Selon les prédictions de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique, la NOAA, une telle augmentation inonderait plusieurs villes en importance, dont Copenhague, le Caire, Bangkok et Rio de Janeiro, mais aussi des pays entiers comme les Pays-Bas. Si un tel scénario survenait, ce serait dans plusieurs années, c’est-à-dire au-delà de 2200. Au Canada, les Maritimes seraient les principales victimes de la montée des eaux, surtout l’Île-du-Prince-Édouard. Au Québec, ce sont les villes côtières du fleuve Saint-Laurent qui sont à risque. Le Lac-Saint-Pierre devrait absorber une bonne quantitée d’eau, ce qui engloutirait Trois-Rivières, Sorel-Tracy et les villes voisines. Le sud et l’est de l’île de Montréal ainsi que les Îles-de-la-Madeleine seraient aussi sous les eaux.

 

 

 

New York sera complètement sous l’eau.

 

 

L’humanité en danger:Le déclin de la nature mettra en péril cinq milliards d’êtres humains d’ici 30 ans

D’ici 30 ans, cinq milliards d’humains, particulièrement en Afrique et en Asie du Sud, pourraient être confrontés à une pénurie d’eau potable et de nourriture.

 

 

D’ici 30 ans, cinq milliards d’humains, particulièrement en Afrique et en Asie du Sud, pourraient être confrontés à une pénurie d’eau potable et de nourriture. Des centaines de millions d’autres vivant dans des régions côtières pourraient être frappés par des inondations catastrophiques. C’est ce que révèle une modélisation des services que la nature sera encore en mesure d’offrir aux populations humaines à l’échelle du globe en 2050 compte tenu du déclin rapide de la biodiversité et dont les résultats sont publiés dans la revue Science.

Sécheresse en Afrique de l’est

Le plus récent rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) nous informait qu’un million d’espèces étaient menacées d’extinction et que les bénéfices que les humains retirent de la nature diminueraient en conséquence. La nature contribue au bien-être des populations humaines de diverses façons. Ce peut être sous forme de ressources alimentaires par le biais de la pêche et de l’agriculture, ou plus indirectement en contribuant à l’épuration de l’eau, à la pollinisation des cultures et à la protection des côtes contre les effets dévastateurs des tempêtes, par exemple.

 

Une équipe internationale dirigée par Becky Chaplin-Kramer, de l’Université Stanford, a voulu savoir où, dans le monde, les contributions de la nature sont les plus nécessaires pour assurer le bien-être des habitants et quelles populations en particulier écoperont le plus de la dégradation de la nature, afin de prévoir des actions plus ciblées qui permettraient de prévenir les dégâts.

Pour ce faire, les chercheurs ont cartographié les besoins, voire la dépendance des différentes populations du monde à trois services particuliers que la nature leur fournit. Le service offert par les plantes et les algues des milieux humides qui filtrent les polluants, tels que les nitrates en excès provenant des fertilisants répandus pour accroître les récoltes, et qui assurent ainsi l’accès à de l’eau potable. Le service accordé par les récifs coralliens, les mangroves, les herbiers marins et les marais salants qui atténuent l’érosion des côtes et, de ce fait, diminuent l’impact des inondations entraînées par le vent, la houle et l’élévation du niveau de la mer. Et le service fourni par les pollinisateurs naturels, tels que les abeilles, qui assurent des cultures fécondes.

Ils ont également cartographié les contributions actuelles de la nature en matière de rétention de nitrates, de protection des côtes et de pollinisation des cultures à travers le monde. Et ils ont repéré, avec une précision de 300 mètres sur 300 mètres, les endroits où ces contributions ne suffisent pas à combler les besoins des populations, en raison vraisemblablement de la dégradation de la nature, qui entraîne notamment la présence de polluants dans l’eau, des risques accrus d’inondation en régions côtières et des pertes de récoltes, résultat d’une pollinisation insuffisante.

 

À l’aide d’une plateforme de modélisation, les chercheurs ont ensuite pu prédire les impacts de divers scénarios du futur sur l’aptitude de la nature à répondre aux besoins des populations humaines. Ils ont ainsi calculé que, peu importe le scénario, près de cinq milliards d’humains pourraient ne plus avoir un accès assuré à l’eau potable et à la nourriture nécessaires à leur survie en 2050. Et des centaines de millions de personnes vivant dans des régions côtières ne seront plus protégées des intempéries.

 

Les chercheurs ont également remarqué que c’est sur les populations d’Afrique et d’Asie du Sud que pèsent les plus grandes menaces de famine, de pénurie d’eau potable et d’inondations découlant de la dégradation de la nature, soit plus particulièrement sur celles du bassin du Gange, de la Chine orientale et de l’Afrique subsaharienne, des populations qui, en plus, dépendent beaucoup de la nature pour assurer leur survie.

 

Cette étude permet d’orienter les actions qui doivent être prises pour atténuer les dégâts, font valoir les chercheurs. Selon Elena Bennett, du Département des sciences des ressources naturelles de l’Université McGill, « pour résoudre les problèmes que vivent les populations d’Asie du Sud, on ne peut pas simplement leur dire de faire une meilleure gestion [de leurs ressources] ».

Sans commentaire!

« Nous devons aussi considérer le rôle que nous, habitants de l’Amérique du Nord, jouons dans leurs problèmes en achetant divers produits d’Asie du Sud, que ce soit des denrées alimentaires, des vacances dans leurs stations touristiques ou même l’exploitation d’industries canadiennes. Nous générons ainsi de la pollution là-bas plutôt qu’ici », affirme Mme Bennett, qui est l’une des auteurs de l’étude.

 

Au Sénégal, les femmes vont chercher l’eau sur des kilomètres.

 

 

 

 

 

Vidéo et article:L’Homme, destructeur de la Terre

De la révolution industrielle à aujourd’hui, un décryptage minutieux de la course au développement qui a marqué le point de départ de l’ère de l’anthropocène (ou l’ère de l’Homme) et de la déterioration continue de la planète. Quelque 1 400 milliards de tonnes de CO2 sont aujourd’hui prisonnières de la basse atmosphère. Réchauffement climatique, déforestation, inondations, épuisement des ressources, pollutions, déchets radioactifs… : en deux siècles, la course au progrès et à la croissance a durablement altéré la planète, la crise environnementale se doublant d’une rupture géologique, avec l’avènement de l’ère anthropocène. Portée par l’exploitation des énergies fossiles – du charbon de la révolution industrielle en Angleterre au tout-pétrole de la domination économique des États-Unis –, l’industrialisation et ses corollaires, taylorisme et colonialisme, entraînent une exponentielle production de masse. Un processus qu’accélère la Première Guerre mondiale, les firmes chimiques mobilisées pour tuer l’ennemi se reconvertissant dans la destruction du vivant avec les herbicides, insecticides et fertilisants de l’agriculture intensive. Alors que l’urbanisation s’étend, la voiture, qui sonne le glas du tramway, se généralise, et l’Amérique s’inspire du modèle autoroutier nazi. La Seconde Guerre mondiale engendre une nouvelle organisation du travail, laquelle devient la norme, et annonce l’ère nucléaire de la guerre froide. Dans sa démesure, l’homme rêve déjà d’usages civils de l’atome (y compris pour l’abattement de montagnes et la dissolution des calottes glaciaires !). Le plastique et le béton deviennent les piliers de la consommation de masse, dévoreuse de matières premières et antidote à la contestation sociale, jusqu’à la révolution numérique.

 

L’homme ne serait pas issu de la planète Terre…!

 

Tout un faisceau d’indices, plus pertinents et convaiquant, les uns que les autres, semblent en effet, démontrer, sinon prouver, que l’homme, en tant qu’espèce, n’est pas issue de cette planète.

 

Plusieurs sujets et articles vont en ce sens, commençons par le commencement..

La nature est représentée par des processus géologiques, physiques, chimiques, biologiques et écologiques qui ont lieu sur la planète, qui régulent son fonctionnement et assurent la vie et l’Évolution. La matière vivante et la matière abiotique suivent des cycles de vie en circuit fermé puisque, sur la planète de même qu’en chimie, « rien ne se crée, rien ne se perd, tout ce transforme ».

 

 

Mais ce qui caractérise la nature, c’est que les éléments qui la composent sont, par définition, adaptés à leur milieu, biodégradables et/ou intégrés aux différents processus terrestres. La nature, en fait, s’adapte à ses propres changements, à sa propre évolution. Et si on considère l’histoire de la planète dans sa globalité, la vie s’y épanouit et se diversifie avec le temps.

 

 

Or, si la civilisation actuelle obéit évidemment aux principes de la chimie et de la physique, elle suit par contre des lois écologiques différentes : elle épuise progressivement les ressources, pollue et détruit les habitats. Cette différence est due à un impact de grande ampleur et rapide, qui bouleverse « l’équilibre » de la planète, allant jusqu’à réduire la richesse biologique terrestre.

 

Or, l’être humain est le fruit de l’Évolution et à ce titre il fait de facto partie de la nature. Alors, cet impact écologique majeur, inextinguible, celui dû à une espèce qui est issue de la nature, peut-il être considéré comme « normal », comme naturel ?

 

 

Devant l’ambivalence qui existe entre, d’une part la confrontation être humain/nature, son « insoutenabilité », et d’autre part le fait qu’Homo sapiens est une espèce vivante de la planète Terre au même titre que toutes les autres, il apparaît légitime de se demander si, finalement, l’être humain « est naturel ».

 

Certains indices, s’ils ne répondent pas tout à fait à la question, montrent tout au moins que l’être humain lui-même ne se considère pas tout à fait comme faisant partie de la nature : le fait de confronter la nature, ce sentiment de supériorité du genre humain qui règne au sein de notre civilisation, le fait d’utiliser des termes comme matériaux « synthétiques », d’intelligence « artificielle », tous ces indices laissent supposer que ni notre technologie ni l’être humain lui-même ne sont considérés comme faisant partie de la nature.

 

Source : http://planeteviable.org/etre-humain-naturel/

 

Les arguments et explications ci-dessus sont plutôt pertinent, et l’on peut adhérer à ces écrits, sans pour autant croire aux extraterrestres, ou à Dieu, ou même à la théorie de l’évolution.

 

D’autres, n’hésitent pas à tenter d’aller encore plus loin (en étant moins convainquant pour certains) pour démontrer que nous ne sommes pas originaire de la Terre…

Source du sujet ci-dessous : http://www.7sur7.be/7s7/fr/

 

« La preuve que les humains ne viennent pas de la Terre »

Un écologiste américain affirme que les humains ne proviennent pas de la terre. Selon lui, plusieurs éléments prouvent que l’Homme n’est pas adapté à sa planète et qu’il aurait donc été amené par des aliens, il y a des millénaires.

 

Dans son ouvrage intitulé « L’Homme n’est pas issu de la Terre: évaluation scientifique de la preuve », le Dr Ellis Silver aborde un certain nombre de caractéristiques humaines, qui selon lui prouvent que contrairement aux autres espèces terriennes, l’homme n’est absolument pas adapté à son environnement.

Iceberg à la dérive. Selon un explorateur britanique, les températures printanières et estivales dans l’Arctique sont montées d’une façon incroyable au cours des trois dernières années et de vastes zones maritimes qui étaient naguère couvertes par la banquise en été sont désormais en eau libre. /Photo d’archives/REUTERS/Fabian Marelli/La Nacion

Douleurs dorsales

Selon lui, si l’Homme souffre de problèmes de dos ce n’est pas innocent. « C’est parce que nous avons évolué dans un monde avec une gravité inférieure », explique-t-il à Yahoo en affirmant que si la Terre rencontre la plupart de nos besoins, il y a de trop nombreuses lacunes.

 

Peau inadaptée

Pour Silver, la peau de l’Homme prouve également que nous ne sommes pas faits pour vivre ici. « Les humains ne sont pas conçus pour être aussi exposés au soleil », dit-il.  « Contrairement aux lézards, nous ne pouvons pas être exposés au soleil tous les jours sans problème ». « Alors pourquoi sommes-nous sur Terre? », s’interroge-t-il.

 

« L’humain est soi-disant l’espèce la plus développée de la planète, mais il est étonnamment inadapté et mal équipé pour l’environnement de la Terre », dit-il. « Il est lésé par la lumière du soleil, a une forte aversion pour les aliments d’origine naturelle et a des  taux ridiculement élevés de maladies chroniques ».

 

Anatomie inappropriée des bébés

L’écologiste poursuit son argumentaire en prenant l’exemple de nos bébés. Selon lui, les nouveaux-nés ont une tête beaucoup trop grosse. « Il est difficile pour les femmes de donner naissance », explique-t-il. « Cela peut entraîner le décès de la mère et de l’enfant. Aucune autre espèce sur Terre n’a ce problème ».

 

Pour le Dr Ellis Silver, il n’y a pas de doute: « Nous ne sommes pas d’ici ». « Cela suggère que l’humanité peut avoir évolué sur une autre planète », dit-il en expliquant que des extraterrestres auraient pu nous amener ici comme une espèce hautement développée.

 

Et l’écologiste va plus loin. « La Terre pourrait être une planète-prison », avance-t-il. « Puisqu’il semble que nous soyons une espèce naturellement violente, nous sommes probablement ici  jusqu’à ce que nous apprenions à mieux nous comporter ».

J’avoue que sur l’idée et la théorie de la planète « prison » je suis plutôt preneur, et en accord, mais j’y reviendrai plus tard, dans un autre sujet.

 

Pour un autre scientifique, l’homme viendrait et serait originaire de la planète Mars !

 

L’Homme pourrait venir de Mars, selon un chercheur américain. Ainsi, le molybdène, un métal présent actuellement sur Terre serait originaire de la planète rouge. Pour le chercheur de l’Institut Westheimer, une météorite aurait fait le lien entre les deux astres.

 

Life from Mars. Et si la vie sur Terre était venue de Mars par météorite? C’est la théorie d’un chercheur de l’Institut Westheimer pour la science et la technologie de Gainesville, aux Etats-Unis. A l’origine de révélation: une forme oxydée de molybdène, un métal utilisé de nos jours dans des alliages pour les outils de bricolage ou les couronnes dentaires.

A l’époque reculée où la vie est apparue sur Terre, ce molybdène oxydé a servi à empêcher les molécules de carbone (briques élémentaires de toute forme de vie) de se dégrader et de finir en goudron, estime Steven Brenner, enseignant à l’Institut Westheimer.

 

« C’est seulement lorsque le molybdène est très fortement oxydé qu’il devient capable d’influencer la formation d’une vie primitive », précise l’enseignant chercheur, qui a présenté sa théorie lors d’une conférence internationale consacrée à la géochimie à Florence, en Italie.

 

La Terre bombardée par des comètes et astéroïdes…

 

« Cette forme de molybdène ne pouvait pas être présente sur Terre à l’époque où les premiers éléments de la vie sont apparus, parce qu’il y a trois milliards d’années, la surface de la Terre ne contenait que très peu d’oxygène, contrairement à Mars », explique Steven Brenner.

 

A l’époque, le système solaire était particulièrement agité et la Terre était sans cesse bombardée par des comètes et astéroïdes. Notre voisine Mars également, ce qui explique comment des débris martiens ont pu se retrouver projetés dans l’espace pour finir leur course sur notre planète, piégés par son champ de gravité.

 

Des analyses récemment effectuées sur une météorite martienne y ont montré la présence de molybdène ainsi que de bore, un métalloïde qui aurait contribué à protéger l’ARN, un précurseur primitif de l’ADN, de la corrosion.

 

Sommes-nous tous des Martiens ?

 

« Il semble qu’on accumule les preuves selon lesquelles nous sommes en réalité tous des Martiens et que la vie a débuté sur Mars avant de venir sur Terre à bord d’un rocher », résume l’enseignant-chercheur américain.

 

« C’est un coup de chance, car la Terre est de loin la meilleure des deux planètes pour héberger de la vie. Si nos hypothétiques ancêtres martiens étaient restés sur Mars, on ne serait peut-être pas là pour en parler », conclut Steven Brenner.

 

D’autres théories expliquent l’apparition de la vie sur Terre par de l’eau apportée sur la planète bleue par des comètes, composées de glace et de poussières cosmiques héritées de la formation du système solaire.

 

Une autre hypothèse, baptisée « panspermie », suggère que des bactéries embarquées comme passagers clandestins sur des astéroïdes aient fini par s’écraser sur Terre pour y proliférer dans ses océans chauds et accueillants.

 

Cette théorie, comme quoi l’Homme vient de Mars pourra être confirmé ou infirmé par le robot qui succèdera à Curiosity. La Nasa prévoit de l’envoyer dès 2020 avec pour objectif de découvrir la vie sur Mars. Mais si les hommes viennent de Mars, les femmes viennent-elles vraiment de Vénus ?

 

Source : http://www.bfmtv.com/planete/vie-humaine-venait-mars-591444.html

 

 

Terminons ce petit tour d’horizon, avec un autre excellent article du site cité en référence au départ de ce sujet : http://planeteviable.org/fracture-etre-humain-nature/

Il suffit de regarder le monde autour de nous pour constater qu’il existe une fracture entre d’une part la nature, la façon dont elle fonctionne et dont elle est constituée, et d’autre part la sphère humaine. La fracture est d’abord physique et matérielle : nous ne vivons plus au sein de la nature même si nous en dépendons fortement, et nous avons de moins en moins de contact avec elle dans notre vie quotidienne.

 

 

Notre environnement est davantage humanisé, synthétique. Cette situation a pour origine une civilisation fortement industrialisée, marquée par la prédominance de la technologie, et une société également très urbanisée, suivant un mode de vie qui fait que les individus sont constamment pressés par le temps. Autant de caractéristiques qui nous éloignent, qui nous extirpent de la nature, de son rythme et de ses effets bénéfiques, et qui nous désensibilisent face aux prérogatives nécessaires à sa protection.

 

 

La fracture est également culturelle. Du haut de sa froide rationalité et de ses impressionnantes réalisations techniques, l’être humain contemporain, entretient un rapport de domination vis-à-vis de la nature.

 

Notre civilisation considère la nature comme un marché gratuit et abondant, sur lequel nous avons droits et pouvoirs pour assouvir nos besoins, nos envies et assurer notre confort, et dans lequel on peut puiser des ressources à l’envi. Dans la civilisation actuelle, on considère que la nature se doit d’être à notre entière disposition et à celle de l’économie, alors que nous devrions la considérer comme une alliée qui peut subvenir à nos besoins dans la mesure où nous sachons nous adapter et composer avec elle.

 

 

La vision actuelle du monde et de la nature de la civilisation occidentale remonte à l’origine au siècle des lumières, une période au cours de laquelle le développement des connaissances laissait d’aucuns penser que nous aurions la maîtrise de la nature et de notre destinée en tant que société. Cette vision s’est progressivement renforcée, et ce surtout depuis le dernier siècle.

 

Les Occidentaux ont cru alors détenir un pouvoir sans limite grâce à ses « exploits » technoscientifiques les plus modernes comme l’exploration de l’espace, la « conquête » de la Lune, l’exploration du monde interstellaire, l’exploitation de l’énergie contenue dans la matière (l’énergie nucléaire), et une compréhension fine de l’infiniment petit (la nature intime de la matière) et de l’infiniment grand (la structure, le fonctionnement et l’origine de l’univers).

 

Et c’est sans parler des progrès de la médecine, du recul de certaines maladies autrefois meurtrières, conjugués à l’allongement de l’espérance de vie.

 

D’autres réalisations technologiques semblent montrer que notre civilisation maîtrise la nature et est capable de se soustraire aux contraintes qu’elle nous impose. Les technologies nous servent à mettre la nature « à notre main ». Nous avons ainsi érigé de gigantesques barrages hydroélectriques permettant de maîtriser le flux des cours d’eau et de produire de l’énergie.

 

La maîtrise de l’atome nous permet également de produire des quantités d’énergie inégalées. Les méthodes de l’agriculture industrielle (monocultures, fertilisation et épandage de pesticides abondants) et l’irrigation ont permis de décupler les rendements des cultures par rapport à ce qu’offre le sol naturellement et de cultiver à des endroits peu propices aux plantations.

 

C’est jusqu’à la neige artificielle qui nous permet de compenser partiellement le manque de neige sur les pentes de ski tandis que les terrains de nos maisons sont dénaturés pour ressembler à des greens de golf. Dans le domaine de la biologie, des naissances autrefois impossibles peuvent dorénavant être envisagées grâce à la procréation assistée, assurant ainsi le bonheur de couples infertiles.

 

Les biotechnologies permettent par ailleurs de donner l’existence à des organismes, animaux et plantes (organismes génétiquement modifiés (OGM)) ayant des propriétés spécifiques et auxquels la nature n’avait jamais prêté vie.

 

Ces exemples montrent que non content d’être déconnectés et de soumettre la nature à nos désirs et à notre volonté, nous la modifions, nous la confrontons même. Il est paradoxal que ces modifications soient tout à fait conscientes mais que les crises écologiques majeures qui en résultent soient involontaires (du moins, elles l’étaient jusqu’à récemment).

 

 

Cette maîtrise apparente sur la nature sous tous ses aspects, qui dans les faits s’oppose aux règles naturelles, se déploie conjointement avec l’utilisation d’un ensemble de technologies sophistiquées et qu’elles nous font paraître la nature remplaçable, tout au moins pour certains d’entre nous et notamment pour les partisans d’une économie orthodoxe.

 

Pourtant, ce pseudo-contrôle de la nature se réalise au dépend de profondes transformations des écosystèmes et de l’écosphère, des mutations qui aujourd’hui menacent les sociétés.

 

Depuis peu, ce faux sentiment de contrôle de la nature nous incite même à envisager la géoingénierie pour contrer cette menace écologique qui frappe à nos portes.

 

Au fond, cette vaste et continuelle détérioration de notre environnement et dont nous sommes les seuls responsables apparaît comme la démonstration ultime de la fracture entre l’être humain et la nature.

 

Nous ne pouvons que nous incliner, et admettre cette réalité…

Comme toujours, c’est à vous de juger…

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi les chiens de traineaux sont menacés au Groenland

Entre les maisons en bois pastel et les collines dominant Kulusuk, un village insulaire du Groenland, les chiens de Moses Bajare guettent la formation des glaces pour s’élancer sur la banquise et traquer l’ours ou le phoque. Robuste et endurant, le chien du Groenland, assez semblable au husky, est depuis des siècles l’animal de trait idéal pour le chasseur inuit qui écume sur son traîneau l’immense désert blanc pendant les longs mois d’hiver où le mercure peut afficher -35°C.

Un chasseur et son chien.

Mais le réchauffement de l’atmosphère et des océans accélère la fonte des glaces, deux fois plus rapide dans l’Arctique, et retarde leur formation à la fin de l’été.

Pour Moses, c’est tout un mode de vie, plus qu’un simple gagne-pain, qui est menacé au Groenland, recouvert à 85% de glace. « Quand j’ai un problème, avec la famille, dans ma vie, je me réfugie dans la nature avec mes chiens. Et après un ou deux jours, quand je reviens, c’est réglé », raconte cet homme de 59 ans, unique policier du village de 250 âmes.

Des chiens extraordinaires

Cet été, des climatologues guidés par des chasseurs ont publié des photos saisissantes de chiens progressant péniblement dans un fjord dont la banquise était recouverte de glace fondue. Sous un ciel désespérément bleu, face aux montagnes déneigées, l’attelage semble marcher sur l’eau.

A Kulusuk, les chiens de Moses s’ébattent sous le soleil estival, nettoyant leur épais pelage et agitant au vent leur queue touffue comme des panaches blanc et noir dans le ciel boréal.

Dans l’est du Groenland, la chasse au phoque, à la baleine ou au narval, petit cétacé apparenté à une licorne des mers, se fait en bateau, et non à bord de motoneiges.

Et pendant l’hiver, Moses continue de sortir sa meute de 12 chiens jusqu’aux rives de l’océan comme il le fait depuis 35 ans, pour mettre son kayak à l’eau et suivre les colonies de phoques, carabine à la main.

La glace change

Et ce, même si la glace n’est pas aussi épaisse qu’avant, dès le mois de février, et fond précocement, dès le mois de mai désormais au lieu de juin ou juillet. « La glace est en train de changer », déplore Moses, qui comme la plupart des 250 habitants de Kulusuk est Inuit – un peuple indigène qui représente 90% de la population du Groenland.

A Kulusuk, 79% des habitants estiment que la glace est devenue plus dangereuse ces dernières années, et 67% pensent que le réchauffement menace le traîneau à chiens, selon une étude menée par les universités de Copenhague et du Groenland, territoire autonome danois.

« Avant, on pouvait sortir à traîneau pendant quatre ou cinq mois pendant l’hiver », se souvient Kunuk Abelsen, un jeune chasseur, mais « maintenant, c’est seulement pendant trois mois ».

Lui possède 22 chiens et chiots. Une partie de la meute vit sur une île rocailleuse, de l’autre côté du fjord pendant l’été. A l’approche de son bateau en ce jour d’août, les chiens, excités, s’ébrouent, aboient.

Le chef de meute, Han Solo, est tenu à l’écart du groupe et de son rival, un jeune mâle agressif répondant au nom de Cristiano.

Ses chiens sont pour Kunuk une partie de son identité. « Nous n’avons pas de terrain de foot, pas de piscine, et vous pouvez aller loin dans la nature », dit-il. « Si on arrêtait d’utiliser (les chiens), nous perdrions une part importante de notre culture ».

Des chiots mignons comme tout!

Et des revenus que les propriétaires de traîneaux tirent de leur activité de guide auprès des touristes étrangers. Un tour avec des chiens de traîneau est facturé jusqu’à 1.000 couronnes danoises, une petite fortune au vu des prix affichés au petit supermarché local.

« Le dérèglement climatique, c’est vraiment pas bon »

D’autres éleveurs ont réduit leur meute ou s’en sont débarrassés. Et Kunuk Abelsen commence à se demander si cela vaut encore la peine de garder ses chiens. « Le dérèglement climatique, c’est vraiment pas bon pour les chiens de traîneau », dit le jeune Groenlandais.

En 2016, le nombre de chiens au Groenland était estimé à 15.000, contre 25.000 en 2002, selon les statistiques du territoire.

Mais la fonte des glaces libère les eaux, ce qui « nous permet de pêcher, principalement, et de chasser en bateau toute l’année. De plus en plus de gens font ça », relève Kunuk Abelsen, en soulignant la faculté d’adaptation des Inuits.

Un constat partagé par Andrea Fiocca, un chercheur et guide italien, auteur d’un Master sur le changement climatique et les chiens de traîneau, qui a passé quatre mois à Kulusuk.

« L’adaptation et la résilience sont typiques du peuple Inuit », dit-il.

Mais « je suis sûr que jusqu’à ce que la glace disparaisse complètement de cette région, les meneurs de traîneau continueront à utiliser » les chiens, avance-t-il.

Sur le port où les pêcheurs déchargent leurs prises, le père de Kunuk se remémore le temps béni où il arpentait son territoire pour poser des filets à phoques ou pistait les ours polaires.

« C’est dans mon sang, et mon fils Kunuk, c’est aussi dans son sang. Alors s’il n’y a plus de glace, que ferons-nous ? ».

Okjökull :La fonte d’un gros morceau de patrimoine mondial

C’était un glacier extraordinaire…jadis!

 

 

En 2014, l’Okjökull a perdu ses lettres de glacier. La masse gelée était devenue trop mince pour couler du sommet du volcan endormi sur lequel elle reposait, à une centaine de kilomètres au nord-est de Reykjavik, en Islande. Cinq ans plus tard, alors qu’il ne reste du glacier que quelques monticules de sorbet, une délégation scientifique et politique a gravi le siège vide pour rendre un hommage au géant disparu.

En 2018…

Gravée dans le cuivre d’une plaque commémorative, une « lettre pour l’avenir » a été installée dimanche près du lit vide de l’Okjökull — littéralement le « glacier Ok », en islandais. « Ok est le premier glacier islandais à perdre son statut. Dans les 200 prochaines années, on s’attend à ce que tous nos glaciers subissent le même sort », peut-on y lire. On compte quelque 400 glaciers sur l’île subarctique. Ils couvrent 11 % de sa superficie.

« On a marché jusqu’au sommet de la montagne afin d’installer cette plaque qui explique clairement que nous savons ce qui est en train de se produire et que nous n’avons pas d’excuse pour ne pas agir », explique au téléphone Dominic Boyer, l’un des deux anthropologues américains à l’origine de la cérémonie.

À l’époque du déclassement du glacier par le bureau météorologique islandais, sa collègue Cymene Howe et lui menaient une étude sur l’impact social de la disparition de ces titans de glace. Bouleversés par l’anéantissement silencieux du Ok, ils ont décidé de tourner un documentaire à sa mémoire en 2017. C’est à ce moment qu’ils eurent aussi l’idée d’une commémoration officielle.

Leur initiative a finalement été embrassée en hauts lieux. Dimanche, la première ministre islandaise, Katrín Jakobsdóttir, et l’ancienne haute-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme Mary Robinson se sont jointes à la montée. Sur le lieu du glacier déchu, un lac s’est formé où on trouve déjà des traces de vie, explique M. Boyer.

Ce paysage est certainement enchanteur, écrivait Mme Jakobsdóttir samedi dans une lettre ouverte dans le New York Times, « mais cette beauté s’assombrit rapidement dans les yeux de quiconque sachant ce qui se trouvait là et pourquoi ce n’y est plus. La disparition du Ok est encore un autre témoignage du dérèglement irréversible du climat. »

« C’est une cérémonie locale, mais une histoire globale », ajoutait celle qui a pris les rênes du gouvernement en 2017 en promettant un plan ambitieux de reforestation et de transport carboneutre.

Patrimoine mondial

La relation entre les Islandais et leurs glaciers est unique. On trouve des références à ces empilements millénaires de glace dans leurs chansons, leur littérature et leurs contes, note M. Boyer. Ces insulaires sont aujourd’hui amoureux de leurs monstres de glace, mais ça n’a pas toujours été le cas.

« Au XVIIIe siècle, les Islandais craignaient les glaciers, raconte-t-il. Il faut souligner que, quand ils cèdent, les glaciers peuvent détruire des villages entiers en provoquant des inondations. Mais au début du XXe siècle, les sentiments des gens ont évolué envers cette part de leur patrimoine naturel. On a vu notamment la création des premiers clubs de randonnée. »

« Aujourd’hui, les Islandais se disent très inquiets de l’impact des changements climatiques, poursuit-il. Une multitude d’effets s’abattent sur leur pays : l’apport en eaux aux barrages hydroélectriques est perturbé, les pêches sont modifiées par l’océan qui se réchauffe et le tourisme pourrait subir les conséquences des transformations du paysage. »

Au-delà de leur valeur culturelle et économique, les glaciers sont aussi d’une grande beauté. Et selon l’UNESCO, c’est là un critère suffisant pour inscrire une merveille naturelle à sa liste du patrimoine mondial. En effet, le fait de « représenter des phénomènes naturels ou des aires d’une beauté naturelle et d’une importance esthétique exceptionnelles » peut être invoqué pour le classement.

En juin, le parc national du Vatnajökull, en Islande, a justement fait l’objet d’une inscription à la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce site est exceptionnel en raison de la cohabitation entre volcans et glaciers, soutient l’agence onusienne. On y trouve le glacier Vatnajökull, deuxième calotte glaciaire en Europe par son volume, qui se retire à un rythme de 150 m par année à certains endroits.

Malheureusement, le Vatnajökull n’est pas le seul glacier patrimonial en danger. Au printemps, une étude de l’Union internationale pour la conservation de la nature — connue pour sa fameuse liste rouge des espèces animales — s’intéressait aux 19 000 glaciers qu’on trouve sur des sites du patrimoine mondial. À force de modélisation, les auteurs concluaient qu’entre 33 et 60 % du volume total de ces glaciers disparaîtrait d’ici la fin du siècle.

…maintenant en 2019…il n’est plus là!

Certains paysages des plus mythiques seront donc défigurés. Au Canada, les glaciers que l’on trouve dans les parcs nationaux de Banff, de Jasper, de Kootenay et de Yoho, ainsi que les parcs provinciaux du mont Robson, du mont Assiniboine et Hamber, pourraient perdre plus de 70 % de leur volume, même si les émissions de gaz à effet de serre étaient grandement réduites.

Hausse du niveau de la terre

Véritables symboles du réchauffement climatique, les glaciers réagissent pourtant subtilement aux bouleversements du temps qu’il fait. Ils sont sujets à la température de leur environnement, mais aussi aux précipitations et à la sublimation de la glace par le soleil. Leur volume évolue typiquement sur l’échelle de plusieurs décennies.

Entre 1993 et 2017, la fonte des glaciers de montagne a été responsable d’environ 20 % de la hausse de 7,5 cm des océans.

En Islande, cependant, la fonte des glaciers est aussi responsable d’un phénomène étrangement paradoxal. En maigrissant, l’immense Vatnajökull provoque le soulèvement de la terre. La masse titanesque du glacier, quand elle disparaît, laisse la croûte terrestre rebondir.

Ainsi, la ville de Höfn a remonté de 50 cm depuis les années 1930. On voit déjà le port devenir impraticable pour les plus grands navires et les tuyaux d’égouts se tordre.

Pálsson a expliqué que la personne en habit vert marquait l’emplacement GPS de la pierre de sorte que, à leur retour, un an plus tard, ils sachent exactement quelle pierre a été choisie pour l’installation de la plaque.

 

 

 

 

La « désertification » et le rôle du changement climatique

La désertification a été décrite comme « le plus grand défi environnemental de notre époque » et le changement climatique l’aggrave.

Bien que ce terme puisse évoquer les dunes de sable balayées par le vent du Sahara ou les vastes mares salées du Kalahari, il s’agit d’un problème qui dépasse de loin ceux qui vivent dans les déserts du monde et dans les environs, menaçant la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de plus de deux milliards de personnes. personnes.

L’impact combiné du changement climatique, de la mauvaise gestion des terres et de l’utilisation non durable de l’eau douce a entraîné une dégradation croissante des régions du monde où l’eau est rare. Cela laisse leurs sols moins en mesure de supporter les cultures, le bétail et la faune.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’ évolution du climat  (GIEC) publiera cette semaine  son rapport spécial sur le  changement climatique et les terres . Le rapport,  rédigé par des  centaines de scientifiques et de chercheurs du monde entier, consacre l’un de ses sept chapitres uniquement à la question de la désertification.

Avant la publication du rapport, Carbon Brief analyse ce qu’est la désertification, le rôle que joue le changement climatique et son impact dans le monde.

Définir la désertification

En 1994, l’ONU a établi la  Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) en tant que «seul accord international juridiquement contraignant liant environnement et développement à une gestion durable des terres». La Convention elle-même était une réponse à un  appel lancé  lors du Sommet de la Terre des Nations  Unies  à Rio de Janeiro en 1992 afin de mener des négociations en vue d’un accord juridique international sur la désertification.

La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification énonçait une définition de la désertification dans un  traité adopté  par les parties en 1994. La désertification signifiait «dégradation des sols dans les zones arides, semi-arides et subhumides sèches résultant de divers facteurs, notamment les variations climatiques et les activités humaines».

La première partie de l'article 1 de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, adoptée en 1994 et entrée en vigueur en 1996. Source: Collection des traités des Nations Unies
La première partie de l’article 1 de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, adoptée en 1994 et entrée en vigueur en 1996. Source: Collection des traités des Nations Unies

Ainsi, plutôt que la désertification signifiant l’expansion littérale des déserts, il s’agit d’un terme fourre-tout pour la dégradation des terres dans les régions du monde où l’eau est rare. Cette dégradation inclut le déclin temporaire ou permanent de la qualité du sol, de la végétation, des ressources en eau ou de la faune, par exemple. Cela inclut également la détérioration de la productivité économique des terres – telle que la capacité de les exploiter à des fins commerciales ou de subsistance.

Les zones arides, semi-arides et sub-humides sèches sont appelées collectivement «zones arides». Ce sont, sans surprise, des zones qui reçoivent relativement peu de pluie ou de neige chaque année. Techniquement, ils sont définis par la Convention comme «des zones autres que les régions polaires et sub-polaires, dans lesquelles le rapport des précipitations annuelles à l’évapotranspiration potentielle se situe dans la plage de 0,05 à 0,65».

En termes simples, cela signifie que la quantité de pluie reçue par la région représente entre 5 et 65% de sa perte par évaporation et  transpiration  de la surface du sol et de la végétation, respectivement. Toute zone qui reçoit plus que cela est appelée « humide ».

Vous pouvez le voir plus clairement sur la carte ci-dessous, où les zones arides du monde sont identifiées par différentes nuances de couleur orange et rouge. Les zones arides couvrent environ 38% de la superficie terrestre de la planète, couvrant une grande partie de l’Afrique du Nord et du Sud, l’ouest de l’Amérique du Nord, l’Australie, le Moyen-Orient et l’Asie centrale. Environ 2,7 milliards de personnes  vivent dans les zones arides   (pdf), dont  90% vivent dans des pays en développement.

 

La distribution observée des différents niveaux d’aridité, basée sur les données de 1981 à 2010. La couleur ombrée indique les régions définies comme étant froides (gris), humides (vert), sèches, sous-humides (rouge), arides (orange foncé), semi-arides (orange pâle) et hyperarides (jaune pâle). Carte produite par l’ unité commune de recherche de la Commission européenne .

 

Les terres arides sont  particulièrement exposées  à la dégradation des sols en raison de la pluviosité faible et variable ainsi que de la faible fertilité des sols. Mais à quoi ressemble cette dégradation?

Les terres peuvent se dégrader de nombreuses façons. L’un des principaux processus est l’érosion – la décomposition et l’enlèvement progressifs des roches et des sols. Ceci est généralement dû à une certaine force de la nature – comme le vent, la pluie et / ou les vagues – mais peut être exacerbé par des activités telles que le labour, le pâturage ou la déforestation.

La perte de fertilité du sol est une autre forme de dégradation. Cela peut être dû à une perte d’éléments nutritifs, tels que l’azote, le phosphore et le potassium, ou à une diminution de la quantité de matière organique dans le sol. Par exemple, l’érosion des sols par l’eau entraîne des pertes mondiales  pouvant atteindre 42 millions de tonnes d’azote et 26 millions de tonnes de phosphore  chaque année. Sur les terres agricoles, cela doit inévitablement être remplacé par des engrais à un coût élevé. Les sols peuvent également souffrir de la salinisation – une augmentation de la teneur en sel – et de l’acidification due à une utilisation excessive d’engrais.

Ensuite, de  nombreux autres processus  sont classés dans la catégorie dégradation, notamment une perte ou un changement de type et de couverture de végétation, le compactage et le durcissement du sol, une augmentation des incendies de forêt et une nappe phréatique en déclin du fait d’une extraction excessive des eaux souterraines.

Mélange de causes

Selon un  récent rapport  de la  Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques  (IPBES), «la dégradation des sols est presque toujours le résultat de multiples causes en interaction».

Les causes directes de la désertification peuvent être largement réparties entre celles qui concernent la gestion ou la non gestion des sols et celles qui concernent le climat. La première comprend des facteurs tels que la déforestation, le surpâturage du bétail, la surexploitation des cultures et une irrigation inappropriée; ce dernier comprend les fluctuations naturelles du climat et le réchauffement de la planète résultant des émissions de gaz à effet de serre causées par l’homme.

Terre affectée par le surpâturage par le bétail en Inde. Crédit: Maximilian Buzun / Alamy Banque de Photos. KKFE00
Terre affectée par le surpâturage par le bétail en Inde. Crédit: Maximilian Buzun / Alamy Banque de Photos.

 

Le rapport de l’IPBES note également des causes sous-jacentes, notamment «des facteurs économiques, démographiques, technologiques, institutionnels et culturels».

En ce qui concerne le rôle du climat, un facteur important est que la surface de la terre se réchauffe plus rapidement que la surface de la Terre dans son ensemble. (Cela s’explique par le fait que la « capacité calorifique » du sol est inférieure à celle de l’eau des océans, ce qui signifie qu’elle a besoin de moins de chaleur pour augmenter sa température.) Ainsi, alors que les températures moyennes mondiales sont d’  environ 1,1 ° C  plus chaudes maintenant que dans  les temps préindustriels , la surface du sol s’est réchauffée d’environ 1,7 ° C. Le graphique ci-dessous compare les variations de la température des terres dans quatre enregistrements différents avec la température moyenne mondiale depuis 1970 (ligne bleue).

La température moyenne des terres dans le monde à partir de quatre jeux de données: CRUTEM4 (violet), NASA (rouge), NOAA (jaune) et Berkeley (gris) pour la période allant de 1970 à nos jours, par rapport à un scénario de référence de 1961 à 1990. La température globale de l’enregistrement HadCRUT4 (en bleu) est également indiquée. Graphique parbilan carbone en utilisant  Highcharts .

Bien que cette soutenue, le réchauffement causé par l’ homme peut par lui – même ajouter au stress thermique face à la végétation, elle est également liée à  l’ aggravation des phénomènes météorologiques extrêmes , explique  le professeur Lindsay Stringer , professeur dans l’ environnement et le développement à l’  Université de Leeds  et auteur principal sur le chapitre sur la dégradation des sols du prochain rapport sur les terres du GIEC. Elle dit à Carbon Brief:

«Les changements climatiques ont une incidence sur la fréquence et l’ampleur d’événements extrêmes tels que les sécheresses et les inondations. Dans les zones naturellement sèches, par exemple, une sécheresse peut avoir un impact considérable sur la couverture végétale et la productivité, en particulier si ces terres sont utilisées par un grand nombre de têtes de bétail. Au fur et à mesure que les plantes meurent faute d’eau, le sol devient nu et s’érode plus facilement sous l’effet du vent et de l’eau lorsque les pluies arrivent. ”

(Stringer commente ici son rôle au sein de son institution d’origine et non en tant qu’auteur du GIEC. C’est le cas de tous les scientifiques cités dans cet article.)

La variabilité naturelle du climat et le réchauffement de la planète peuvent également affecter la structure des précipitations dans le monde, ce qui peut contribuer à la désertification. Les précipitations ayant un effet de refroidissement sur la surface du sol, une diminution des précipitations peut permettre aux sols de se dessécher à la chaleur et de devenir plus sujets à l’érosion. D’autre part, les fortes précipitations peuvent éroder le sol et causer l’engorgement et la subsidence.

Par exemple, la sécheresse généralisée – et la  désertification associée  – dans la région africaine du Sahel au cours de la seconde moitié du XXe siècle ont été liées aux fluctuations naturelles dans les  océans Atlantique, Pacifique et Indien , tandis que les recherches suggèrent également qu’une récupération partielle des pluies a été provoquée. en  réchauffant les températures de surface de la mer en Méditerranée .

Mme Katerina Michaelides , chargée de cours principale au  Drylands Research Group de l’  Université de Bristol  et auteur du chapitre sur la désertification du rapport sur les terres du GIEC, a décrit le passage à des conditions plus sèches comme principal impact du réchauffement climatique sur la désertification. Elle dit à Carbon Brief:

«Le principal effet du changement climatique est l’aridification, un changement progressif du climat vers un état plus aride – les précipitations diminuant en fonction de la demande évaporative – car elles affectent directement l’approvisionnement en eau de la végétation et des sols.»

Les changements climatiques sont également un  facteur contributif des incendies de forêt , provoquant des saisons plus chaudes – et parfois plus sèches – qui créent des conditions idéales pour la maîtrise des incendies. Et un climat plus chaud peut accélérer la décomposition du carbone organique dans les sols, les laissant épuisés et  moins en mesure de retenir l’eau et les nutriments .

Outre les impacts physiques sur le paysage, le changement climatique peut avoir un impact sur les hommes «car il réduit les options en matière d’adaptation et de moyens de subsistance et peut amener les populations à surexploiter la terre», note Stringer.

Cette surexploitation fait référence à la façon dont les humains peuvent mal gérer leurs terres et provoquer leur dégradation. Le moyen le plus évident est peut-être la déforestation. Enlever des arbres peut perturber l’équilibre des éléments nutritifs dans le sol et enlever les racines qui aident à lier le sol ensemble, le laissant ainsi risquer d’être érodé et lavé ou emporté par le vent.

 

Déforestation près de Gambela, Ethiopie.

 

Les forêts jouent également un rôle important dans le cycle de l’eau, en particulier sous les tropiques. Par exemple, des  recherches  publiées dans les années 1970 ont montré que la forêt amazonienne génère environ la moitié de ses propres précipitations. Cela signifie que le défrichage des forêts risque d’assécher le climat local, ce qui augmente le risque de désertification.

La production alimentaire est également un facteur majeur de la désertification. La demande croissante de nourriture peut voir les  terres cultivées s’étendre dans les forêts et les prairies , et utiliser des méthodes d’agriculture intensive pour maximiser les rendements. Le surpâturage du bétail peut dépouiller les  parcours  de végétation et de nutriments.

Cette demande peut souvent avoir des facteurs politiques et socio-économiques plus larges, note Stringer:

«Par exemple, la demande de viande en Europe peut entraîner le défrichement des terres forestières en Amérique du Sud. Ainsi, alors que la désertification est vécue dans des endroits particuliers, ses moteurs sont mondiaux et proviennent en grande partie du système politique et économique mondial en vigueur. « 

Impacts locaux et globaux

Bien entendu, aucun de ces conducteurs n’agit de manière isolée. Le changement climatique interagit avec les autres facteurs humains de la dégradation, tels que «la gestion non durable des terres et l’expansion agricole, en provoquant ou en aggravant nombre de ces processus de désertification», a déclaré le  Dr Alisher Mirzabaev , chercheur principal à l’  université de Bonn  et auteur principal coordinateur. sur le chapitre sur la désertification du rapport sur les terres du GIEC. Il dit à Carbon Brief:

«Il en résulte une baisse de la productivité des cultures et de l’élevage, une perte de biodiversité et des risques accrus d’incendies de forêt dans certaines zones. Naturellement, cela aura des impacts négatifs sur la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance, en particulier dans les pays en développement. ”

Selon Stringer, la désertification entraîne souvent «une réduction de la couverture végétale, donc des sols plus nus, un manque d’eau et une salinisation des sols dans les zones irriguées». Cela peut également signifier une perte de biodiversité et des cicatrices visibles du paysage dues à l’érosion et à la formation de ravins à la suite de fortes pluies.

«La désertification a déjà contribué à la perte de biodiversité au niveau mondial», a ajouté  Joyce Kimutai  du Département de météorologie du  Kenya . Kimutai, qui est également l’auteur principal du chapitre sur la désertification du rapport sur les terres du GIEC, a déclaré à Carbon Brief:

«Les espèces sauvages, en particulier les grands mammifères, ont une capacité limitée d’adaptation en temps utile aux effets conjugués du changement climatique et de la désertification.»

Par exemple, une  étude  (pdf) de la région du désert du Cholistan au Pakistan a révélé que «la flore et la faune s’éclaircissaient progressivement avec la sévérité croissante de la désertification». Et une  étude menée en  Mongolie a révélé que «tous les indicateurs de la richesse et de la diversité des espèces ont considérablement diminué» en raison du pâturage et de la hausse des températures au cours des deux dernières décennies.

La dégradation peut également ouvrir la voie à des espèces envahissantes  et à  des espèces moins adaptées au bétail, dit Michaelides:

«Dans de nombreux pays, la désertification entraîne une baisse de la fertilité des sols, une réduction de la couverture végétale – en particulier de la couverture herbeuse – et des espèces d’arbustes plus envahissantes. Concrètement, les conséquences en sont une diminution des terres disponibles pour le pâturage et des sols moins productifs. Les écosystèmes commencent à être différents à mesure que de plus en plus d’arbustes tolérants à la sécheresse envahissent ce qui était auparavant des prairies et que des sols plus nus sont exposés. ”

Cela a «des conséquences dévastatrices pour la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance et la biodiversité», explique-t-elle:

«Lorsque la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance sont intimement liés à la terre, les conséquences de la désertification sont particulièrement immédiates. On peut citer comme exemple de nombreux pays d’Afrique de l’Est – en particulier la Somalie, le Kenya et l’Éthiopie – où plus de la moitié de la population est composée de pasteurs dépendant de pâturages en santé pour leur subsistance. En Somalie seulement, l’élevage contribue pour environ 40% du PIB [produit intérieur brut]. « 

La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la  désertification estime  qu’environ 12 millions d’hectares de terres productives sont perdus chaque année à cause de la désertification et de la sécheresse. Cette zone pourrait produire 20 millions de tonnes de céréales par an.

Cela a un impact financier considérable. Au Niger, par exemple, le coût de la dégradation causée par le changement d’utilisation des terres représente  environ 11% de son PIB . De même en Argentine, «la perte totale de services écosystémiques due au changement d’affectation des terres, à la dégradation des zones humides et à l’utilisation de pratiques de gestion dégradant les terres en pâturage et certaines terres cultivées» équivaut à  environ 16% de son PIB .

La perte de bétail, la diminution des rendements des cultures et la dégradation de la sécurité alimentaire sont des impacts humains très visibles de la désertification, déclare Stringer:

«Les gens font face à ce genre de défis de différentes manières – en sautant des repas pour économiser de la nourriture; acheter ce qu’ils peuvent – ce qui est difficile pour ceux qui vivent dans la pauvreté avec peu d’autres moyens de subsistance – en collectant des aliments sauvages, et dans des conditions extrêmes, souvent associées à d’autres facteurs, les populations quittent les zones touchées pour abandonner leurs terres. « 

Les populations sont particulièrement vulnérables aux conséquences de la désertification lorsqu’elles disposent de «droits de propriété précaires, de peu de soutien économique pour les agriculteurs, de niveaux élevés de pauvreté et d’inégalité et d’une gouvernance faible», ajoute Stringer.

Un autre impact de la désertification est l’augmentation des tempêtes de sable et de poussière. Ces phénomènes naturels –  connus sous les noms de  «sirocco», «haboob», «poussière jaune», «tempêtes blanches» et «harmattan» – se produisent lorsque de forts vents emportent du sable et de la saleté sur des sols nus et secs. Les recherches suggèrent  que les émissions annuelles de poussières dans le monde ont augmenté de 25% entre la fin du XIXe siècle et aujourd’hui, les principaux facteurs étant les changements climatiques et l’utilisation des sols.

 

Une tempête de poussière Haboob survole les montagnes Mohawk près de Tacna, en Arizona, le 9 juillet 2018. Source: John Sirlin / Alamy Stock Photo. T0TRCA
Une tempête de poussière Haboob survole les montagnes Mohawk près de Tacna, en Arizona, le 9 juillet 2018.

Une récente étude  révèle que les tempêtes de poussière au Moyen-Orient «deviennent de plus en plus fréquentes et intenses»  . Cela a été motivé par «la réduction à long terme des précipitations favorisant une humidité du sol et un couvert végétal plus bas». Cependant, Stringer ajoute qu ‘«il est nécessaire de poursuivre les recherches pour établir les liens précis entre changement climatique, désertification et tempêtes de poussière et de sable».

Les tempêtes de poussière peuvent avoir un impact considérable sur la santé humaine, en  contribuant à  des troubles respiratoires tels que l’asthme et la pneumonie, des problèmes cardiovasculaires et des irritations de la peau, ainsi qu’à la pollution des sources d’eau libre. Ils peuvent également  perturber l’ infrastructure en réduisant l’efficacité des  panneaux solaires  et  des éoliennes en les recouvrant de poussière et en perturbant les  routes, les chemins de fer et les aéroports .

Retour sur le climat

L’ajout de poussière et de sable dans l’atmosphère est également l’un des effets de la désertification sur le climat, a déclaré Kimutai. D’autres incluent «les changements dans la couverture végétale, l’albédo de surface (réflectivité de la surface de la Terre) et les flux de gaz à effet de serre», ajoute-t-elle.

Les particules de poussière dans l’atmosphère peuvent  disperser les rayons  du soleil, ce qui réduit le réchauffement local à la surface mais les augmente dans l’air. Ils peuvent également influer sur la formation et la durée de vie des nuages,  ce qui réduit potentiellement les risques de précipitations  et réduit donc l’humidité dans une zone déjà sèche.

Les sols constituent un stock de carbone très important. Les deux derniers mètres de sol dans les zones arides mondiales, par exemple, stockent environ  646 milliards de tonnes de carbone  , soit environ 32% du carbone contenu dans tous les sols du monde.

Les recherches montrent  que la teneur en humidité du sol est la principale influence sur la capacité des sols des terres arides à «minéraliser» le carbone. C’est le processus, également appelé «respiration du sol», dans lequel les microbes décomposent le carbone organique du sol et le convertissent en CO2. Ce processus rend également les éléments nutritifs du sol disponibles pour que les plantes puissent les utiliser pendant leur croissance.

Erosion des sols au Kenya. 

La respiration du sol indique sa  capacité à soutenir la croissance des plantes . Et généralement, la respiration diminue avec la diminution de l’humidité du sol jusqu’à un point où l’  activité microbienne cesse effectivement . Bien que cela réduise le CO2 libéré par les microbes, il inhibe également la croissance des plantes, ce qui signifie que la végétation absorbe moins de CO2 de l’atmosphère grâce à la photosynthèse. Dans l’ensemble, les sols secs sont plus susceptibles d’être des émetteurs nets de CO2.

Ainsi, à mesure que les sols deviennent plus arides, ils auront tendance à moins pouvoir piéger le carbone de l’atmosphère et contribueront ainsi au changement climatique. D’autres formes de dégradation libèrent également du CO2 dans l’atmosphère, telles que la  déforestation , le surpâturage – en dépouillant la terre de la végétation – et les  incendies de forêt .

Mapping troubles

«La plupart des environnements de zones arides du monde sont touchés par la désertification dans une certaine mesure», a déclaré Michaelides.

Mais proposer une estimation globale robuste de la désertification n’est pas simple, explique Kimutai:

«Les estimations actuelles de l’étendue et de la gravité de la désertification varient considérablement en raison d’informations manquantes et / ou peu fiables. La multiplicité et la complexité des processus de désertification rendent sa quantification encore plus difficile. Les études ont utilisé différentes méthodes basées sur différentes définitions. « 

Et l’identification de la désertification est rendue plus difficile car elle a tendance à émerger relativement lentement, ajoute Michaelides:

«Au début du processus, la désertification peut être difficile à détecter et, comme elle est lente, il faudra peut-être des décennies pour se rendre compte qu’un lieu est en train de changer. Au moment où il est détecté, il peut être difficile d’arrêter ou d’inverser. « 

La désertification sur toute la surface de la Terre a été cartographiée pour la première fois dans une étude publiée dans la revue  Economic Geography  en 1977. Il était indiqué ce qui suit: «Dans la plupart des pays du monde, il existe peu d’informations fiables sur l’ampleur de la désertification dans certains pays». La carte – indiquée ci-dessous – classait les zones de désertification en «légères», «modérées», «graves» ou «très graves» sur la base d’une combinaison «d’informations publiées, d’expériences personnelles et de consultations avec des collègues».

Carte du monde indiquant l'état de la désertification dans les régions arides du monde. Tiré de Dregne, HE (1977) Désertification des terres arides, géographie économique, vol. 53 (4): pages 322 à 331. © Clark University, reproduit avec l'autorisation de Informa UK Limited, exerçant sous le nom de Taylor & Francis Group, www.tandfonline.com pour le compte de Clark University.
Etat de la désertification dans les régions arides du monde. Tiré de Dregne, HE (1977) Désertification des terres arides, géographie économique , vol. 53 (4): pages 322 à 331. © Clark University, reproduit avec l’autorisation de Informa UK Limited, exerçant sous le nom de Taylor & Francis Group, http://www.tandfonline.com pour le compte de Clark University.

 

En 1992, le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a publié son premier « Atlas mondial de la désertification » (WAD). Il a cartographié la dégradation des sols due aux activités humaines dans le monde, en s’inspirant largement de « Évaluation mondiale de la dégradation des sols d’origine anthropique » (GLASOD), financée par le PNUE . Le projet GLASOD était lui-même basé sur un jugement d’experts, avec  plus de 250 scientifiques spécialistes des sols et de l’environnement  contribuant à des évaluations régionales qui ont alimenté sa carte mondiale, publiée en 1991.

La carte GLASOD, présentée ci-dessous, détaille l’ampleur et le degré de dégradation des sols dans le monde. Il a classé la dégradation en produit chimique (ombrage rouge), vent (jaune), physique (violet) ou eau (bleu).

Évaluation globale de la dégradation des sols d'origine anthropique (GLASOD). Les zones ombrées indiquent le type de dégradation: chimique (rouge), vent (jaune), physique (violet) et eau (bleu), les zones plus foncées indiquant des niveaux de dégradation plus élevés. Source: Oldeman, LR, Hakkeling, RTA et Sombroek, WG (1991). Carte mondiale de l'état de la dégradation des sols induite par l'homme: note explicative (éd. Rév.), PNUE et ISRIC, Wageningen.
Évaluation globale de la dégradation des sols d’origine anthropique (GLASOD) . Les zones ombrées indiquent le type de dégradation: chimique (rouge), vent (jaune), physique (violet) et eau (bleu), les zones plus foncées indiquant des niveaux de dégradation plus élevés. Source: Oldeman, LR, Hakkeling, RTA et Sombroek, WG (1991). Carte mondiale de l’état de la dégradation des sols induite par l’homme: note explicative (éd. Rév.), PNUE et ISRIC, Wageningen.

Bien que GLASOD ait également été utilisé pour le  deuxième WAD , publié en 1997, la carte a  été critiquée  pour son manque de cohérence et de reproductibilité. Des ensembles de données ultérieurs, tels que l’ évaluation globale de la dégradation et de l’amélioration des terres (GLADA), ont bénéficié de l’ajout de  données satellitaires .

Néanmoins, au moment où le  troisième WAD  – produit par le Centre commun de recherche de la Commission européenne – est arrivé environ deux décennies plus tard, les auteurs ont « décidé de prendre une voie différente ». Comme le rapport le dit:

«La dégradation des sols ne peut être cartographiée de manière globale par un seul indicateur ou par une combinaison arithmétique ou modélisée de variables. Une seule carte mondiale de la dégradation des sols ne peut satisfaire toutes les vues ou tous les besoins. ”

Au lieu d’une seule métrique, l’atlas considère un ensemble de «14 variables souvent associées à la dégradation des sols», telles que l’aridité, la densité du bétail, la perte d’arbres et la baisse de productivité des terres.

En tant que telle, la carte ci-dessous – extraite de l’Atlas – ne montre pas la dégradation des sols, mais la « convergence des preuves » de la concordance de ces variables. Les parties du monde présentant les problèmes les plus potentiels (comme l’indiquent les zones orange et rouge) – telles que l’Inde, le Pakistan, le Zimbabwe et le Mexique – sont ainsi identifiées comme particulièrement exposées au risque de dégradation.

Carte montrant la «convergence des preuves» de 14 risques de dégradation des sols tirés de la troisième édition de l'Atlas mondial de la désertification. Ombrage indique le nombre de risques coïncidents. Les zones qui en ont le moins sont indiquées en bleu, qui augmentent ensuite en vert, jaune, orange et le plus en rouge. Crédit: Office des publications de l'Union européenne

Carte montrant la «convergence des preuves» de 14 risques de dégradation des sols tirés de la troisième édition de l’Atlas mondial de la désertification. Ombrage indique le nombre de risques coïncidents. Les zones qui en ont le moins sont indiquées en bleu, qui augmentent ensuite en vert, jaune, orange et le plus en rouge. Crédit:  Office des publications de l’Union européenne

L’avenir

Comme la désertification ne peut pas être caractérisée par un seul indicateur, il est également délicat de faire des prévisions sur la manière dont les taux de dégradation pourraient changer à l’avenir.

En outre, de nombreux facteurs socio-économiques contribueront. Par exemple, le nombre de personnes directement touchées par la désertification augmentera probablement uniquement en raison de la croissance démographique. La population vivant dans les zones arides du monde entier  devrait augmenter  de 43%, pour atteindre quatre milliards d’ici 2050.

L’impact du changement climatique sur l’aridité est également compliqué. Un climat plus chaud est généralement  plus apte à évaporer l’humidité de la surface du sol  – ce qui augmente potentiellement la sécheresse en combinaison avec des températures plus chaudes.

Cependant, le changement climatique affectera également les régimes de précipitations et une atmosphère plus chaude peut contenir plus de vapeur d’eau, augmentant potentiellement les précipitations moyennes et fortes dans certaines régions.

Il existe également une  question conceptuelle  de distinction entre les changements à long terme dans la sécheresse d’une région et la nature relativement courte des sécheresses.

En général, la superficie mondiale des terres arides devrait s’accroître à mesure que le climat se réchauffe. Les projections selon les scénarios d’émissions RCP4.5 et RCP8.5 suggèrent que les terres arides  augmenteront respectivement de 11% et 23% par rapport à 1961-90. Cela signifierait que les terres arides pourraient représenter respectivement 50% ou 56% de la surface terrestre de la Terre d’ici à la fin du siècle, contre 38% aujourd’hui.

Cette expansion des régions arides se produira principalement «sur le sud-ouest de l’Amérique du Nord, la frontière nord de l’Afrique, l’Afrique australe et l’Australie»,   indique une autre étude. et Amérique du Nord et du Sud ».

Les recherches montrent également que le changement climatique augmente déjà  la probabilité et la gravité des sécheresses dans le monde . Cette tendance devrait se poursuivre. Par exemple,  une étude utilisant le scénario d’émissions intermédiaires «RCP4.5» prévoit des augmentations importantes (jusqu’à 50% à 200% en termes relatifs) de la fréquence des futures sécheresses modérées et graves dans la plupart des Amériques, en Europe, Afrique australe et Australie »

Une autre étude  note que  les  simulations de modèles climatiques «suggèrent des sécheresses graves et généralisées au cours des 30 à 90 prochaines années sur de nombreuses zones terrestres, résultant d’une diminution des précipitations et / ou d’une augmentation de l’évaporation».

Cependant, il convient de noter que toutes les terres arides ne devraient pas devenir plus arides avec le changement climatique. La carte ci-dessous, par exemple, montre l’évolution prévue pour une mesure de l’aridité (définie comme le rapport pluie /  évapotranspiration potentielle , TEP) d’ici 2100 dans le cadre de simulations de modèles climatiques pour RCP8.5. Les zones ombrées en rouge indiquent que les zones deviendront plus sèches (car le PET augmentera plus que les précipitations), tandis que celles en vert deviendront plus humides. Ce dernier comprend une grande partie du Sahel et de l’Afrique de l’Est, ainsi que l’Inde et des parties du nord et de l’ouest de la Chine.

Changements projetés de l'indice d'aridité (le ratio précipitations / PET), simulés sur terre par 27 modèles climatiques CMIP5 d'ici 2100 dans le scénario RCP8.5. Source: Sherwood et Fu (2014). Reproduit avec la permission de Steven Sherwood.

Changements projetés de l’indice d’aridité (le ratio précipitations / PET), simulés sur terre par 27   modèles climatiques CMIP5 d’ ici 2100 dans le scénario RCP8.5. Source: Sherwood et Fu ( 2014 ). Reproduit avec la permission de Steven Sherwood.

Les simulations de modèles climatiques suggèrent également que les précipitations, lorsqu’elles se produiront, seront plus intenses  dans la quasi-totalité du monde , augmentant potentiellement les risques d’érosion des sols. Les projections indiquent que la majeure partie du monde verra une  augmentation de 16-24%  de l’intensité des fortes précipitations d’ici 2100.

Solutions

Limiter le réchauffement climatique est donc l’un des principaux moyens d’  aider à mettre un terme à la désertification  à l’avenir, mais quelles autres solutions existent-elles?

L’ONU a  désigné  la décennie de janvier 2010 à décembre 2020 comme «décennie des Nations Unies pour le désert et la lutte contre la désertification». La décennie devait être «une opportunité d’apporter des changements cruciaux pour garantir la capacité à long terme des terres arides à apporter une valeur au bien-être de l’humanité».

Ce qui est très clair, c’est que mieux vaut prévenir que guérir, et beaucoup moins cher. «Une fois que la désertification s’est produite, il est très difficile d’inverser la tendance», a déclaré Michaelides. En effet, une fois que «la cascade de processus de dégradation a commencé, il est difficile de l’interrompre ou de s’arrêter».

Pour mettre un terme à la désertification avant qu’elle ne commence, il faut prendre des mesures pour «protéger contre l’érosion des sols, prévenir la perte de végétation, prévenir le surpâturage ou la mauvaise gestion des terres», explique-t-elle:

«Toutes ces choses nécessitent des efforts concertés et des politiques de la part des communautés et des gouvernements pour gérer les ressources en terres et en eau à grande échelle. Même une mauvaise gestion des terres à petite échelle peut entraîner une dégradation à plus grande échelle. Le problème est donc assez complexe et difficile à gérer. ”

Lors de la  Conférence des Nations Unies sur le développement durable tenue  à Rio de Janeiro en 2012, les parties ont convenu de «s’efforcer de parvenir à un monde neutre pour la dégradation des sols dans le contexte du développement durable». Ce concept de « neutralité de la dégradation des sols » (LDN) a ensuite  été repris par la Convention  et également  officiellement adopté en  tant que  cible 15.3  des  objectifs de développement durable  par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2015.

L’idée de LDN, expliquée en détail dans la vidéo ci-dessous, est une hiérarchie de réponses: premièrement pour éviter la dégradation des terres, deuxièmement pour la minimiser là où cela se produit, et troisièmement pour compenser toute nouvelle dégradation en restaurantant et réhabilitant des terres ailleurs. Le résultat étant que la dégradation globale entre en équilibre – toute nouvelle dégradation étant compensée par le renversement de la dégradation précédente.

 

Pour Mariam Akhtar-Schuster , coprésidente de l’ interface science-politique de la  Convention  et rédactrice en chef du chapitre sur la désertification du rapport sur les terres du GIEC, la «gestion durable des terres» est essentielle pour atteindre l’objectif de la NDT  . Elle dit à Carbon Brief:

«Les pratiques de gestion durable des terres, qui sont basées sur les conditions socio-économiques et écologiques locales d’une région, permettent d’éviter la désertification en premier lieu, mais aussi de réduire les processus de dégradation en cours. »

La GDT signifie essentiellement maximiser les avantages économiques et sociaux de la terre tout en maintenant et en améliorant sa productivité et ses fonctions environnementales. Cela peut englober toute une gamme de techniques, telles que le pâturage en rotation du bétail, améliorer les éléments nutritifs du sol en laissant les résidus de récolte sur le sol après la récolte, piéger les sédiments et les éléments nutritifs qui seraient autrement perdus du fait de l’érosion et planter des arbres à croissance rapide pour constituer un abri du vent.

Test de la santé des sols en mesurant les fuites d'azote dans l'ouest du Kenya. Crédit: CIAT / (CC BY-NC-SA 2.0).

Test de la santé des sols en mesurant les fuites d’azote dans l’ouest du Kenya. Crédit: CIAT / (CC BY-NC-SA 2.0).

Mais ces mesures ne peuvent être appliquées nulle part, note Akhtar-Schuster:

«Etant donné que la GDT doit être adaptée aux conditions locales, il n’existe pas de boîte à outils unique permettant d’éviter ou de réduire la désertification. Cependant, tous ces outils adaptés localement auront les meilleurs effets s’ils sont intégrés à un système national intégré de planification de l’utilisation des sols. »

Stringer convient qu’il n’y a pas de solution miracle pour prévenir et inverser la désertification. Et ce ne sont pas toujours les mêmes personnes qui investissent dans la GDT qui en bénéficient, explique-t-elle:

«Un exemple ici serait celui des utilisateurs des terres en amont d’un bassin versant reboisant une zone et réduisant l’érosion des sols dans les plans d’eau. Pour les personnes vivant en aval, cela réduit les risques d’inondation car il y a moins de sédimentation et pourrait également améliorer la qualité de l’eau. »

Cependant, il y a aussi un problème d’équité si les utilisateurs des terres en amont paient pour les nouveaux arbres et que ceux en aval reçoivent les avantages sans frais, a déclaré Stringer:

«Les solutions doivent donc identifier qui« gagne »et qui« perd »et devraient incorporer des stratégies qui compensent ou minimisent les inégalités.»

«Tout le monde oublie cette dernière partie sur l’équité et la justice», ajoute-t-elle. L’autre aspect qui a également été négligé par le passé est d’obtenir l’adhésion de la communauté aux solutions proposées, dit Stringer.

Les recherches montrent  que l’utilisation des connaissances traditionnelles peut être particulièrement bénéfique pour lutter contre la dégradation des sols. Notamment parce que les communautés vivant dans les zones arides le font avec succès depuis des générations, malgré les conditions environnementales difficiles.

Selon Stringer, cette idée est de plus en plus prise en compte – une réponse aux «interventions descendantes» qui se sont révélées «inefficaces» en raison d’un manque de participation de la communauté.

de la résilience https://www.resilience.org/stories/2019-08-07/desertification-and-the-role-of-climate-change/
via IFTTT