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Alerte réchauffement climatique:Groenland, les deux tiers d’un lac, soit près de 5 millions de litres, ont disparu de la surface, engloutis dans le sol

Deux photos aériennes avant/après prises par le drone des glaciologues du Scott Polar Research Institute, au glacier Store, dans l’ouest du Groenland, en juillet 2018.

 

Des chercheurs ont observé en temps réel un lac à la surface de l’épaisse glace du Groenland se vider dans de profondes crevasses en quelques heures, un phénomène appelé à devenir plus fréquent avec le réchauffement climatique.

La couche de glace au Groenland peut faire un kilomètre d’épaisseur, et pendant l’été, il est habituel qu’une partie de la surface fonde et crée des lacs. Ces lacs peuvent ensuite trouver une faille dans la glace… Et, sous la pression, agrandir la faille et ouvrir un immense trou descendant jusqu’à la base de la calotte glaciaire, un kilomètre plus bas.

Ce phénomène connu est difficile à observer directement, mais les glaciologues du Scott Polar Research Institute, de l’université britannique de Cambridge, ont eu de la chance quand ils sont arrivés au glacier Store, dans l’ouest du Groenland, en juillet 2018.

L’évolution du relief de la glace reconstruite en 3D

Quelques jours après leur arrivée, en cinq heures, deux tiers du lac, soit près de 5 millions de litres, ont disparu de la surface, engloutis dans le sol. Des photos aériennes avant/après prises par le petit drone de l’équipe scientifique montrent un grand ovale bleu foncé se rétrécir en un plus petit cercle bleu clair, moins profond.

« L’intérêt du drone est de nous permettre de faire des relevés de haute qualité dans des zones qui ne sont pas sûres d’accès pour les scientifiques », explique à l’AFP Tom Chudley, doctorant et pilote du drone. Le drone, en prenant des photos géolocalisées par GPS, a permis de reconstruire en trois dimensions l’évolution du relief de la glace.

« Autoroutes » de glace

Un glacier est un fleuve de glace qui avance vers l’océan. Quand la glace atteint l’eau, cela crée des icebergs, qui représentent environ 40 % de la contribution du Groenland à la montée des eaux (le reste est la fonte des glaces). Le glacier Store avance de 600 mètres par an. Ce que les scientifiques ont pu voir est que le soudain écoulement du lac a temporairement accéléré la vitesse de 2 à environ 5 mètres par jour. L’eau passée sous la glace a lubrifié le glacier.

Plus surprenant, l’eau a soulevé de 55 centimètres la gigantesque couche de glace pendant quelques heures, estiment les chercheurs. « Un kilomètre de glace soulevé d’un demi-mètre, je vous laisse imaginer le niveau de pression que cela implique », dit Tom Chudley.

L’intérêt de l’étude, publiée lundi dans la revue PNAS, est de décrire plus finement la formation de ces immenses failles, qui deviennent ensuite des « autoroutes » pour faire couler l’eau de la surface vers le lit de la calotte, ce qui peut accélérer le mouvement des glaciers. « Avec le changement climatique au Groenland, on voit plus de lacs, plus grands, et plus hauts dans les parties plus froides de la calotte. Et on voit que certains de ces lacs commencent à se vider », dit Tom Chudley. « Le volume de lacs se drainant va potentiellement augmenter dans des endroits nouveaux que nous ne connaissions pas auparavant », prévient-il.

 

 

 

 

 

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Réchauffement climatique:Et si toute la glace du monde fondait en une nuit?

Évidemment, avec une fonte aussi rapide de cette quantité astronomique de glace, le niveau de la mer augmenterait instantanément de 66 mètres. Un véritable raz-de-marée ! À l’échelle du Québec, cela veut dire que les villes le long du fleuve Saint-Laurent seraient sous l’eau, incluant Québec, Trois-Rivières et la Grand-Montréal (s’il fallait n’en citer que trois).

Conséquence d’une augmentation de l’eau de 66 mètres au Québec.

 

À l’échelle des États-Unis, la Floride ne serait plus qu’un lointain souvenir. Tout comme de très nombreuses villes de la côte est, mais également du golfe du Mexique. Le New-Jersey, la moitié est des Carolines, le Delaware, les secteurs au long du Mississipi… Cela représente des dizaines de millions de personnes aux prises avec des inondations monstrueuses, et qui auraient probablement peu de chances de s’en sortir.

Conséquence d’une augmentation de l’eau de 66 mètres aux États-Unis.

 

Du côté de l’Europe, la géographie française, britannique, et irlandaise en prendrait un sacré coup. Mais pas autant que la Belgique, les Pays-Bas, le nord de l’Allemagne, le Danemark, la Lituanie, l’Estonie, etc. Encore une fois, la vie de plusieurs dizaines de millions de personnes serait en péril.

Conséquence d’une augmentation de l’eau de 66 mètres en Europe

 

Un climat apocalyptique

Si 99 % de la glace d’eau douce mondiale fondait, cela voudrait dire qu’une gigantesque quantité d’eau douce se transformerait instantanément en eau salée lors de son mélange avec les océans.

Les courants océaniques, régulateurs du climat terrestre, en seraient bouleversés. Si l’on prend comme exemple le Gulf Stream, courant océanique en Atlantique, il pourrait être considérablement affaibli ou même carrément arrêté. La conséquence pour le nord de l’Europe ? Une mini ère glaciaire.

Des tueurs dormeurs

Avec le dérèglement mondial du climat, les dernières glaces viendraient à fondre. La matière organique contenue dans celles-ci serait alors un festin pour les micro-organismes qui, une fois qu’ils auront tout digéré, produiraient une quantité astronomique de dioxyde de carbone et de méthane, deux puissants gaz à effet de serre. Conséquence immédiate : une augmentation de 3,5 °C du climat, déjà grandement chamboulé.

Le dernier 1 % de glace d’eau douce se trouve dans le pergélisol de l’Arctique ou dans l’Himalaya. Dans les glaciers du toit du monde (par exemple), se trouvent des produits chimiques très toxiques : le dichlorodiphényltrichloroéthane (le DDT). À mesure que ces glaciers disparaitront, ces produits seraient libérés et empoissonneraient les rivières, les lacs, les réserves d’eaux souterraines.

Dans le pergélisol de l’Arctique se cache près de l’équivalent de la quantité mondiale actuelle de mercure, tapie dans l’ombre. Tous ces produits ne seraient pas simplement un risque pour le climat, mais pour notre santé à tous.

Bon courage aux survivants

Vous l’avez compris, pour les personnes ayant survécu à la montée subite des eaux, le reste s’annoncerait difficile. Les produits chimiques et l’eau salée auraient empoisonné la majeure partie des ressources d’eau potable actuelles. De plus, les migrations de masse vers les secteurs épargnés par la montée des eaux engendreraient des conséquences économiques étourdissantes (en plus de toutes les précédentes).

Et si cela n’était pas suffisant… Avec un dérèglement climatique aussi violent, les catastrophes climatiques comme les ouragans, les sécheresses et même les épidémies seraient encore plus nombreuses.

Inutile de préciser qu’il s’agit d’un scénario catastrophe, aux probabilités de réalisation extrêmement proches de zéro.

SOURCE :Business Insider ; Ocean-climate.org

 

 

 

 

 

 

15 ans d’émissions de gaz à effet de serre, 20 cm de montée des eaux (étude)

Comme un paquebot lancé à toute vitesse ne peut s’arrêter d’un coup, le niveau des océans va monter dramatiquement même si l’on réduisait à zéro les émissions de gaz à effet de serre en 2030, avertissent des chercheurs dans une étude publiée lundi.

Kivalina Alaska

Rien que les gaz à effet de serre rejetés entre la signature de l’accord de Paris, en 2015, et l’année 2030 contribueront à élever le niveau des mers de 8 centimètres d’ici 2100 et 20 cm d’ici 2300, par rapport à la période de référence 1986-2005, rapportent des chercheurs en science du climat basés en Allemagne dans les Comptes-rendus de l’Académie américaine des sciences (la revue PNAS).

Le but de l’étude, explique à l’AFP le coauteur Alexander Nauels, de l’institut Climate Analytics basé à Berlin, est de montrer que les émissions actuelles ont un effet assuré sur la montée des eaux, et que cet effet sera particulièrement ressenti dans les deux prochains siècles.

Au total, la montée des eaux atteindrait au moins un mètre d’ici 2300, dans le scénario très improbable où les émissions tomberaient à zéro en 2030. En tout état de cause, la hausse a de grandes chances de dépasser le mètre. Les scientifiques mandatés par l’ONU ont déjà prédit 26 à 77 cm d’ici la fin de notre siècle.

Mais le quart de cette élévation d’un mètre sera dû aux seules émissions de la Chine, des Etats-Unis, de l’Union européenne, de l’Inde et de la Russie pendant 40 ans, pour la seule période 1991-2030, calculent les chercheurs dans la nouvelle étude.

Par comparaison, les océans ont monté de l’ordre de 20 cm au cours du 20e siècle.

« On se concentre d’habitude sur le 21e siècle, ce qui peut parfois donner la fausse impression qu’après le 21e siècle tout s’arrêtera », dit le chercheur.

Or la montée des eaux est due à plusieurs phénomènes complexes, qui agissent pour certains avec des échelles de plusieurs siècles. On comprend toujours mal le comportement des glaces de l’Antarctique, qui jusqu’à présent ont moins fondu que le Groenland.

« Le problème de la montée des eaux est que c’est un système très lent, avec un temps de réponse très long », dit Alexander Nauels.

Et il ajoute: « un centimètre, peut-être que ça n’a l’air de rien, mais c’est beaucoup ».

Dans un rapport publié l’an dernier, les experts du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) ont écrit que réduire de 10 cm la montée des eaux permettrait d’épargner directement 10 millions de personnes.

Le pire ce serait cela…sans aucun contrôle!

Trois cent millions de personnes menacées par la montée des océans d’ici 2050, selon une étude

D’ici 2050, des zones côtières abritant 300 millions de personnes pourraient être menacées par la montée des océans liée au changement climatique, selon une étude parue mardi.

 

Des zones côtières abritant 300 millions de personnes pourraient être menacées par la montée des océans liée au changement climatique d’ici 2050.

La région la plus exposée est l’Asie, selon cette étude parue dansNature Communications. Plus des deux-tiers des populations concernées se trouveront en Chine, au Bangladesh, en Inde, au Vietnam, en Indonésie et en Thaïlande.

    

Utilisant une forme d’intelligence artificielle, les chercheurs ont corrigé des données existantes concernant l’altitude des terres dans les zones côtières, qui pouvait être erronée, conduisant à largement sous-estimer l’étendue des zones touchées lors des marées hautes ou de fortes tempêtes.

« Les projections de l’élévation du niveau des océans n’ont pas changé », explique Ben Strauss, co-auteur de l’étude et président-directeur de Climate Central, un institut de recherches aux Etats-Unis. « Mais lorsque nous utilisons nos nouvelles données concernant le relief, nous trouvons beaucoup plus de gens vivant dans des régions vulnérables que ce que nous estimions jusqu’à présent », poursuit-il.

Les données gratuites fournies par la NASA, avec son programme SRTM qui a permis de cartographier 95% de la Terre, peuvent comporter une marge d’erreur. Mais il y a environ cinq ans, Ben Strauss et Scott Kulp ont réalisé, en comparant ces éléments à des données plus fines, que le système SRTM surestimait systématiquement l’altitude des bords de mer, confondant des toits et des arbres avec le niveau du sol. « Pour la majorité des zones côtières à travers le globe, nous ne connaissions pas la hauteur du sol sous nos pieds », explique Ben Strauss.

Combinaison de menaces

La population mondiale, estimée à 7,7 milliards d’individus aujourd’hui, pourrait s’accroître de deux milliards d’ici 2050 et d’un milliard supplémentaires d’ici la fin du siècle, dont une grande partie résidant dans des mégalopoles en bord de mer.

Actuellement, environ 100 millions de personnes habitent dans des zones situées sous le niveau de la mer, selon cette étude. Certains sont protégés par des digues, mais la plupart ne bénéficient d’aucune protection.

« Le changement climatique a le potentiel de remodeler des villes, des économies, des rivages et des régions entières du globe », souligne Scott Kulp, auteur principal de l’étude et scientifique chez Climate Central, soulevant la question de savoir « dans quelle mesure et combien de temps les protections côtières peuvent les préserver ».

Plusieurs menaces pèsent sur les populations des littoraux: l’une d’elle est l’élévation du niveau des océans causée par la dilatation de l’eau sous l’effet du réchauffement climatique et la fonte des glaces au Groenland et en Antarctique. 

« Un progrès significatif »

Depuis 2006, les océans montent d’environ quatre millimètres par an, un rythme qui pourrait être multiplié par 100 si les émissions de gaz à effet de serre restent inchangées, a averti le mois dernier le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) dans un rapport sur les océans.

Si le réchauffement climatique est limité sous 2°C, comme prévu par l’Accord de Paris, la hausse des océans devrait atteindre environ 50 centimètres d’ici 2100. Si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent à leur rythme actuel, l’élévation pourrait être presque deux fois plus importante. Une autre menace est constituée par les typhons, cyclones et ouragans violents qui vont devenir plus fréquents.

« Il n’est pas nécessaire d’avoir une augmentation importante du niveau des mer pour causer des problèmes catastrophiques », commente Bruce Glavovic, professeur à l’université Massey en Nouvelle-Zélande, qui n’a pas pris part à l’étude.

Le nouveau système mis au point par les chercheurs, nommé CoastalDEM, et présenté dans des revues scientifiques, constitue « un progrès significatif pour comprendre les risques pour des centaines de millions de personnes, inhérents à l’élévation des océans liée au changement climatique, d’ici la fin du siècle », estime le climatologue belge Jean-Pascal van Ypersele, ancien vice-président du Giec.

 

 

Pourquoi l’armée américaine possède-t-elle autant de fossiles d’animaux préhistoriques?

Il s’avère que les projets de contrôle des inondations massifs sont un excellent moyen de trouver des dinosaures.

 

Une statue de bronze de T. Rex, appartenant à l’armée  surnommée affectueusement «Big Mike», garde le musée des Rocheuses. GREG GOEBEL / CC PAR 2.0

 

EN 1993, LA MER SEMBLAIT retourner à Coralville, Iowa. Pendant 28 jours de pluie, 17 000 pieds cubes d’eau ont coulé sur l’évacuateur de crue du barrage, détruisant les routes et détruisant efficacement les récoltes annuelles de maïs et de soja de l’État. Le barrage de Coralville, construit dans les années 1950 par le US Army Corps of Engineers pour protéger la vallée de l’Iowa au sud contre les inondations, a été nommé en l’honneur de la ville, qui tire son surnom étrangement maritime des anciens récifs fossilisés calcaire. Une fois que les pluies ont cessé, le corps d’armée est retourné sur les lieux pour découvrir que les inondations avaient érodé environ cinq pieds de calcaire du bord de l’évacuateur de crues, scindant la gorge en une succession de couches de fossiles vieilles de 375 millions d’années créatures qui avaient autrefois élu domicile dans la mer qui est devenue l’Iowa. 

Un peu involontairement, l’US Army Corps of Engineers possède une énorme collection de fossiles qui feraient pâlir d’envie tout paléontologue. «Le corps de l’armée américaine a des collections qui couvrent tous les registres paléontologiques», explique Nancy Brighton, archéologue en chef du Corps. «Essentiellement, tout ce qui avait trait aux animaux et à la nature avant que les humains ne se manifestent. Les fossiles – des trilobites aux dinosaures, en passant par tout le reste – étaient une sorte de sous-produit loin du but réel et plus logistique du Corps d’armée: le contrôle des inondations (entre autres projets de génie civil de grande envergure).

Le barrage et le réservoir de Coralville, un soupçon de la mer préhistorique qui est devenue l’Iowa. US ARMY CORPS OF ENGINEERS / DOMAINE PUBLIC

 

L’agence a été créée pendant la guerre d’indépendance, selon le site du corps d’armée . Le général George Washington venait d’ordonner à l’un de ses colonels de construire des fortifications à Bunker Hill lorsque le Congrès continental s’est rendu compte que la tâche était impossible, car ils ne faisaient appel à aucun ingénieur formé aux fortifications militaires. Ils ont donc engagé plusieurs anciens officiers français, ayant l’expérience appropriée, pour servir dans l’armée continentale. En 1802, le Corps of Engineers est devenu une branche permanente de l’armée américaine et, depuis lors, a géré de nombreux projets publics de gestion de l’ingénierie et de la construction, qui n’étaient pas si éclatants. Dans leur portefeuille, il y a beaucoup de barrages.

La collecte accidentelle de fossiles par le Corps a commencé sérieusement pendant la Grande Dépression, après que le Président Franklin Delano Roosevelt eut voté le Flood Control Act de 1936. Ce projet de construction de génie civil monumental conduisit à la construction d’innombrables barrages  et digues. L’ampleur des travaux a obligé le corps à effectuer des relevés du terrain désigné pour s’assurer qu’aucune ressource archéologique ou paléontologique ne serait détruite ou perturbée. Le corps d’armée gère environ 8 000 000 acres de terres, ce qui a conduit  à la découverte  de nombreux artefacts et fossiles.

Les gorges fossilifères du Dévonien à Coralville, dans l’Iowa, après une inondation en 2008. ALAN LIGHT / CC PAR 2.0

 

 

«Je dirais que la majorité de nos collections archéologiques [et paléontologiques] proviennent de la construction de projets d’hydroélectricité et de contrôle des inondations dans les années 50, 60 et 70», explique Jen Reardon, archéologue au Corps. Dans les années 70, par exemple, le Corps a explosé à travers la terre et la roche pour construire un déversoir d’urgence pour le barrage de Caesar Creek Lake dans l’Ohio. Le travail a brisé des couches de schiste et de calcaire pour exposer un ancien fond marin âgé d’environ 438 millions d’années, parsemé de brachiopodes, de bryozoaires et de crinoïdes.

Alors que beaucoup de ces fossiles sont laissés in situ, comme à Coralville, le Corps a pris la peine de fouiller certains spécimens, des superstar. En 1988, dans la réserve de Fort Peck, dans le Montana, Kathy Wankel, une chasseuse de fossiles amateure, a vu quelque chose sortir de la pente de la formation Hell Creek, un site fossilique d’une richesse spectaculaire Wankel se souvient de la façon fortuite dont la lumière s’est allumée sur la corniche de pierre, éclairant un motif de moelle osseuse, a-t-elle déclaré au Washington Post . C’était la terre des corps, alors dans les années qui ont suivi, l’armée a balayé la terre pour révéler un  squelette de  Tyrannosaurus  Rex de 30 mètres de long, presque à 90 pour cent intact. Connu scientifiquement sous le nom de MOR555 et avec le surnom de «T. Rex de Wankel», le squelette était une mine d’or paléontologique – le premier tyrannosaure découvert avec un bras minuscule et risible.

Une rive semée de fossiles près du barrage de Caesar Creek Lake, avec des spécimens datant de plus de 400 millions d’années. JAMES ST. JOHN / CC PAR 2.0

 

Le T. Rex de Wankel, également connu sous le nom de «T. Rex de la nation», était exposé dans son État de Montana, au Museum of the Rockies, jusqu’en 2014, date à laquelle il a été expédié dans 16 caisses dans un camion FedEx personnalisé. au Musée national d’histoire naturelle Smithsonian, après que le musée eut consenti un prêt de 50 ans au Corps. Dans le Montana, le T. Rex de Wankel était exposé dans une posture de mort, ses os arrangés pour montrer aux visiteurs ce qui venait réellement de sortir de la terre. Mais au Smithsonian, le tyrannosaure se lèvera pour la première fois, tranchant sur un tricératops fossilisé.

Comme T. Rex de Wankel, la majeure partie de la collection du Corps qui n’est plus dans le sol ne se trouve pas réellement dans un bâtiment militaire. La plupart des pièces résident dans les musées ou les universités locales. Reardon indique qu’une minorité d’objets sont actuellement exposés, tels que la collection de traces de dinosaures fossilisées de l’Université du Colorado à Denver. Le Corps encourage toutes les institutions respectant certaines normes de détention à exposer leurs spécimens, mais il y en a trop pour tout afficher en même temps, ajoute-t-elle. Le Corps travaille actuellement à photographier et à numériser ses collections paléontologiques et archéologiques afin que les personnes qui ne peuvent pas voyager puissent toujours les voir. Mais les spécimens de célébrités tels que T. Rex et «Peck’s Rex» de Wankel – un autre retrouvé à Fort Peck qui prendra la place de Wankel au Museum of the Rockies – n’ont jamais été exposés.

The U.S. Army Corps of Engineers and the Smithsonian National Museum of Natural History welcomed the arrival of a nearly complete T. rex skeleton on April 15, 2014 in Washington, D.C. (U.S. Army Corps of Engineers Photo by Ashley Roberts)/
Une des 16 caisses contenant le T. Rex de Wankel, non emballée au Smithsonian. US ARMY CORPS OF ENGINEERS / DOMAINE PUBLIC

Lorsqu’on lui demande si elle a un spécimen préféré appartenant au Corps, Brighton se marre. Elle dit que la collection est trop vaste pour qu’une seule personne puisse tout comprendre. Reardon a remarqué un tricératops partiel et un hadrosaure, ainsi qu’un ancien homard trouvé dans les schistes de Bear Paw à Fort Peck, sa coquille de crevette encore rouge dans la roche. Parmi toutes les terres contrôlées par le Corps, du moins en ce qui concerne les fossiles, «Fort Peck semble vraiment être la vedette», déclare Brighton.

La construction de barrages à grande échelle par le Corps d’armée est en grande partie révolue, en partie à cause des coûts croissants requis pour les enquêtes de grande envergure requises qui révéleraient sans aucun doute des vestiges historiques et scientifiques significatifs. Aujourd’hui, les principaux projets de l’agence consistent à fournir une assistance en cas de catastrophe, la construction de fortifications militaires et la construction occasionnelle et peu invasive d’une zone de loisirs pour le public. En tant que tels, ils rencontrent moins de fossiles aujourd’hui. À présent, le corps doit également consulter plusieurs archéologues pour des travaux importants, ainsi que pour toutes les tribus et les communautés locales reconnues par le gouvernement fédéral.

Après tout, la collection du Corps ne se limite pas au Jurassique. Une grande partie des archives est en fait archéologique et se rapporte à l’histoire humaine américaine, préhistorique et assez récente. «Il existe une règle empirique très informelle qui spécifie 50 ans, il y a environ une génération», dit Brighton, en référence à l’âge d’un objet pour être considéré comme de nature archéologique. «L’idée, c’est qu’en tant que chercheur, vous êtes suffisamment éloigné de l’événement et de l’objet pour le regarder objectivement. Tribu amérindienne, dont Brighton se souvient comme étant particulièrement moderne. «La personne qui a fabriqué [le couteau] était extrêmement habile», dit-elle. « Comme si vous pouviez sortir et écorcher un cerf avec tout de suite. »

Le tyrannosaure exposé au Museum of the Rockies a été retrouvé à Fort Peck dans le Montana. TIM EVANSON / CC PAR 2.0

Tous les artefacts appartenant à des tribus reconnues par le gouvernement fédéral font l’objet d’un processus de consultation avec les chefs de tribus, mais beaucoup restent dans les collections du Corps pour être préservés. Les objets visés par la loi sur la protection et le rapatriement des sépultures amérindiennes, y compris les biens culturels mis au jour ou découverts sur des terres tribales après 1990, sont restitués. «Cela protège les objets funéraires, les objets sacrés et les restes humains», explique Reardon. « Et nous travaillons avec les tribus pour identifier les éléments de notre collection qui conviennent le mieux pour nous assurer de les restituer. » Les dinosaures, cependant, n’ont pas de telles questions.

Bien qu’il possède toutes les traces de la vie ancienne qui se trouvent sur ses terres, le Corps n’a plus besoin de plus de fossiles. Mais dans certains endroits, les personnes dûment autorisées peuvent aller les chercher. Au Caesar Creek State Park, avec un permis et après avoir écouté un court extrait sur la collecte des règles, vous pouvez vous rendre à l’évacuateur de crue pour jeter un coup d’œil sur le monde antique. Au début du printemps, la saison de chasse aux fossiles est primordiale, juste après que les cycles de gel et de dégel de l’hiver aient brisé les roches et exposé davantage de fossiles. Aucun outil n’est autorisé, mais vous êtes autorisé à rapporter à la maison tout spécimen qui rentre dans un rocher plus petit que votre paume. Surveillez donc la découverte de petits fossiles (ou amenez quelqu’un avec de grosses mains).

 

 

 

 

Les conséquences d’une fonte de l’Antarctique sont alarmantes

C’est en analysant les sédiments géologiques marins de la côte ouest de la Nouvelle-Zélande, ainsi que les particules qui ont voyagé par les courants, que des chercheurs de l’université Victoria, en Australie, en sont venu à une conclusion plutôt alarmante. En effet, si la fonte du Groenland ferait augmenter le niveau de la mer de 5 mètres, celle de l’Antarctique le ferait passer à 25 mètres. Il s’agit donc d’une hausse de 20 mètres seulement à cause de ce continent de glace.

Une histoire qui pourrait se répéter

Ces sédiments analysés ont permis de remonter à un épisode de réchauffement planétaire antérieur, qui s’est déroulé au Pliocène, il y a de cela 3 millions d’années. À ce moment, il y avait pratiquement la même quantité de CO2 dans l’atmosphère qu’on en trouve aujourd’hui, soit environ 400 ppm. Cela dit, la température de notre planète était entre 2 et 3 °C plus élevée qu’à notre époque. Au Pliocène, l’Antarctique avait effectivement fondu et fait grimper le niveau de la mer de 20 mètres, alors que la fonte des glaces du Groenland en avait ajouté cinq, pour un total de 25 mètres. Selon Georgia Grant, chercheure à l’université Victoria, il est important d’atteindre les cibles fixées par l’accord de Paris. Si les températures globales augmentent de plus de 2 °C, la situation vécue au Pliocène pourrait survenir à nouveau.

Les conséquences d’une telle hausse

On se souviendra de la fameuse découverte par la NASA d’un énorme point chaud sous la banquise Antartique qui s’est révélé être un immense lac de lave…suite à une forte éruption volcanique.

Une hausse du niveau de la mer de 25 mètres est énorme et aurait des conséquences mondiales, bien entendu. Selon les prédictions de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique, la NOAA, une telle augmentation inonderait plusieurs villes en importance, dont Copenhague, le Caire, Bangkok et Rio de Janeiro, mais aussi des pays entiers comme les Pays-Bas. Si un tel scénario survenait, ce serait dans plusieurs années, c’est-à-dire au-delà de 2200. Au Canada, les Maritimes seraient les principales victimes de la montée des eaux, surtout l’Île-du-Prince-Édouard. Au Québec, ce sont les villes côtières du fleuve Saint-Laurent qui sont à risque. Le Lac-Saint-Pierre devrait absorber une bonne quantitée d’eau, ce qui engloutirait Trois-Rivières, Sorel-Tracy et les villes voisines. Le sud et l’est de l’île de Montréal ainsi que les Îles-de-la-Madeleine seraient aussi sous les eaux.

 

 

 

New York sera complètement sous l’eau.

 

 

Les derniers moments des mammouths laineux reconstitués

Des conditions météorologiques extrêmes, l’isolement, et l’arrivée d’humains seraient les facteurs responsables de la disparition des derniers mammouths laineux, montre un scénario élaboré par une équipe internationale de scientifiques.

 

Les derniers représentants de ces herbivores préhistoriques ont vécu sur l’île Wrangel, dans l’océan Arctique en Russie, pas moins de 7000 ans après ceux des autres populations continentales. Toutefois, ils se seraient rapidement éteints il y a environ 4000 ans.

De géants à fantômes des plaines

Durant la dernière période glaciaire, il y a environ 100 000 à 15 000 ans, les mammouths étaient très répandus dans l’hémisphère nord.

Puis, en raison du réchauffement climatique, ces bêtes géantes ont peu à peu disparu d’Europe et d’Amérique pour se retrouver uniquement en Sibérie du Nord et en Alaska avant d’y disparaître également, à l’exception d’une population de mammouths de l’île Wrangel qui a vécu isolée du continent en raison de l’élévation du niveau de la mer.

 

Faire parler les os

Dent de mammouth.

Dans les présents travaux, les scientifiques ont examiné la composition isotopique d’ossements de mammouths datant de 4000 à 40 000 ans retrouvés en Sibérie, en Alaska, au Yukon et sur l’île Wrangel.  

Leur objectif était de connaître les changements possibles dans leur régime alimentaire et leur habitat, mais aussi de trouver des preuves d’une perturbation dans leur environnement.

Les résultats ont montré que les teneurs en carbone-13 et d’azote du collagène des mammouths de l’île Wrangel n’avaient pas changé avec le réchauffement climatique survenu il y a 10 000 ans.

Les valeurs sont restées inchangées jusqu’à ce que les mammouths disparaissent, apparemment au milieu de conditions de vie stables et favorables.

Auteurs

Ce résultat contraste avec ceux obtenus sur les mammouths laineux des plaines ukraino-russes, qui ont disparu il y a 15 000 ans, et sur les mammouths de l’île Saint-Paul en Alaska, qui ont disparu depuis 5600 ans.

Dans ces deux cas, les derniers représentants de ces populations ont montré des transformations significatives dans leur composition isotopique, indiquant des changements dans leur environnement peu avant leur extinction locale.

«Nous pensons que cela reflète la tendance des mammouths sibériens à compter sur leurs réserves de graisse pour survivre aux hivers extrêmement rigoureux de l’ère glaciaire, alors que les mammouths de Wrangel, vivant dans des conditions plus douces, n’en avaient tout simplement pas besoin.» – Laura Arppe Université d’Helsinki

Événement catastrophique

Qu’est-ce qui a mené à la disparition de la population de l’île Wrangel qui avait pourtant survécu des milliers d’années après les autres populations continentales?

Les chercheurs soupçonnent que des événements météo à court terme en seraient responsables.

Par exemple, un épisode catastrophique de verglas recouvrant le sol d’une épaisse couche de glace aurait pu empêcher les animaux de trouver suffisamment de nourriture pendant une courte période et ainsi conduire à un déclin dramatique de la population et finalement à son extinction.

«Il est facile d’imaginer que la population, affaiblie par une détérioration génétique et des problèmes d’accès à de l’eau potable de qualité, aurait pu succomber après quelque chose comme un événement climatique extrême.» – Hervé Bocherens, Université de Tübingen

L’arrivée des humains sur l’île aurait également pu jouer un rôle. Les premiers vestiges archéologiques sur l’île Wrangel sont datés à quelques centaines d’années seulement après les plus récents ossements de mammouths mis au jour.

S’il n’existe toujours pas de preuves que les humains chassaient le mammouth de l’île Wrangel, une contribution humaine à l’extinction ne peut être exclue.

 Le détail de ces travaux est publié dans les Quaternary Science Reviews(en anglais).


Voici où vivaient les mammouths laineux… avant de disparaître pour toujours

Les mammouths laineux se sont éteints il y a 4.000 ans sur une période remarquablement courte. Une nouvelle analyse de leurs dents et de leurs os nous a permis de mieux comprendre leur rapide disparition.

Il y a 4.000 ans, le mammouth laineux disparaissait

Tout commence il y a 11.700 ans. La Terre connaît alors la fin de sa période glaciaire, marquant également le début de la fin pour le mammouth laineux. Le climat se réchauffe et l’Homme chasse de plus en plus, ce qui provoque une disparition progressive du mammouth de son vaste habitat continental en Eurasie et en Amérique du Nord. Ce, 10.000 ans avant notre ère.

Passé cette période, le mammouth nous a laissé quelques traces de son existence découvertes en 2004 sur l’île St Paul dans les eaux d’Alaska. Ces dernières découvertes nous laissaient entrevoir que l’animal aurait subsisté dans ces régions il y a 5.700 ans. Mais une autre étude nous révèle que les mammouths se seraient réellement éteint sur l’île Wrangel, nettement plus au nord.

Ile Wrangel

 

Comment sait-on que les mammouths se sont éteints là-bas ?

Une équipe de chercheurs a entrepris d’analyser les isotopes d’un grand nombre de dents et d’os de mammouth laineux du monde entier pour en apprendre davantage sur les changements environnementaux que ces animaux ont pu subir.

Les paysages de l’île Wrangle furent les derniers paysages  contemplés par les yeux d’un mammouth

 

En effet de manière générale, les isotopes présents dans le sol peuvent être absorbés par les plantes, qui sont à leur tour consommées par l’Homme et les animaux. Les isotopes remplacent ensuite une partie du calcium contenu dans les dents et les os. C’est en les analysant que l’on peut dater et mettre en correspondance les isotopes avec des emplacements géographiques et divers changements climatiques.

En outre ce type d’observation permet de glaner énormément d’informations sur le régime du mammouth et ses différents modes de vie jusqu’à son extinction.

Le mammouth laineux a muté avant de disparaître

Lors d’analyses ADN réalisées en 2017, les scientifiques avaient constaté chez les mammouths de l’île Wrangel des mutations génétiques, provoquant des troubles cognitifs, modifiant leurs poils et surtout affectant la façon dont leur corps gérait les graisses.

En étudiant les isotopes du carbone, de l’azote, du soufre et du strontium, les chercheurs, ont également pu constater un changement radical dans l’environnement et le régime alimentaire de ces mammouths. Ces deux découvertes mènent à la même conclusion comme l’explique Laura Arppe, géochimiste du Musée d’histoire naturelle finlandais dirigeant l’étude :

Nos découvertes démontrent que les mammouths sibériens comptaient sur leurs réserves de graisse pour survivre pendant les hivers de la période glaciaire, alors que les mammouths Wrangel vivant dans des conditions climatiques plus clémentes, n’avaient plus besoin de cette faculté 

Cote de l’ile Wrangel

 

Une extinction inévitable

Une dent de mammouth laineux

Si le climat était plus doux, et s’ils se trouvaient sur des îles, comment les mammouths ont-ils alors bien pu disparaître, et qui plus est si soudainement ?Plusieurs théories sont avancées par les chercheurs, comme par exemple une activité humaine intense qui aurait décimé les dernières populations, ou un évènement météorologique ponctuel comme des pluies hivernales, qui auraient gelé le sol et rendu la nourriture inaccessible.

Une observation approfondie des isotopes du substrat rocheux de l’île de Wrangel suggérait également un déclin de la qualité de l’eau potable sur l’île créant possiblement des maladies voir des morts multiples liées à la déshydratation des animaux comme l’explique Hervé Bocherens, géoscientifique de l’université de Tübingen :

« Il est facile d’imaginer que la population, peut-être déjà affaiblie par des problèmes de détérioration génétique et de qualité de l’eau potable, aurait succombé après un événement météorologique extrême. »

 

Un jeune mammouth laineux préservé dans la glace…on peux le faire renaître grâce à son ADN.

 

 

 

 

L’humanité en danger:Le déclin de la nature mettra en péril cinq milliards d’êtres humains d’ici 30 ans

D’ici 30 ans, cinq milliards d’humains, particulièrement en Afrique et en Asie du Sud, pourraient être confrontés à une pénurie d’eau potable et de nourriture.

 

 

D’ici 30 ans, cinq milliards d’humains, particulièrement en Afrique et en Asie du Sud, pourraient être confrontés à une pénurie d’eau potable et de nourriture. Des centaines de millions d’autres vivant dans des régions côtières pourraient être frappés par des inondations catastrophiques. C’est ce que révèle une modélisation des services que la nature sera encore en mesure d’offrir aux populations humaines à l’échelle du globe en 2050 compte tenu du déclin rapide de la biodiversité et dont les résultats sont publiés dans la revue Science.

Sécheresse en Afrique de l’est

Le plus récent rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) nous informait qu’un million d’espèces étaient menacées d’extinction et que les bénéfices que les humains retirent de la nature diminueraient en conséquence. La nature contribue au bien-être des populations humaines de diverses façons. Ce peut être sous forme de ressources alimentaires par le biais de la pêche et de l’agriculture, ou plus indirectement en contribuant à l’épuration de l’eau, à la pollinisation des cultures et à la protection des côtes contre les effets dévastateurs des tempêtes, par exemple.

 

Une équipe internationale dirigée par Becky Chaplin-Kramer, de l’Université Stanford, a voulu savoir où, dans le monde, les contributions de la nature sont les plus nécessaires pour assurer le bien-être des habitants et quelles populations en particulier écoperont le plus de la dégradation de la nature, afin de prévoir des actions plus ciblées qui permettraient de prévenir les dégâts.

Pour ce faire, les chercheurs ont cartographié les besoins, voire la dépendance des différentes populations du monde à trois services particuliers que la nature leur fournit. Le service offert par les plantes et les algues des milieux humides qui filtrent les polluants, tels que les nitrates en excès provenant des fertilisants répandus pour accroître les récoltes, et qui assurent ainsi l’accès à de l’eau potable. Le service accordé par les récifs coralliens, les mangroves, les herbiers marins et les marais salants qui atténuent l’érosion des côtes et, de ce fait, diminuent l’impact des inondations entraînées par le vent, la houle et l’élévation du niveau de la mer. Et le service fourni par les pollinisateurs naturels, tels que les abeilles, qui assurent des cultures fécondes.

Ils ont également cartographié les contributions actuelles de la nature en matière de rétention de nitrates, de protection des côtes et de pollinisation des cultures à travers le monde. Et ils ont repéré, avec une précision de 300 mètres sur 300 mètres, les endroits où ces contributions ne suffisent pas à combler les besoins des populations, en raison vraisemblablement de la dégradation de la nature, qui entraîne notamment la présence de polluants dans l’eau, des risques accrus d’inondation en régions côtières et des pertes de récoltes, résultat d’une pollinisation insuffisante.

 

À l’aide d’une plateforme de modélisation, les chercheurs ont ensuite pu prédire les impacts de divers scénarios du futur sur l’aptitude de la nature à répondre aux besoins des populations humaines. Ils ont ainsi calculé que, peu importe le scénario, près de cinq milliards d’humains pourraient ne plus avoir un accès assuré à l’eau potable et à la nourriture nécessaires à leur survie en 2050. Et des centaines de millions de personnes vivant dans des régions côtières ne seront plus protégées des intempéries.

 

Les chercheurs ont également remarqué que c’est sur les populations d’Afrique et d’Asie du Sud que pèsent les plus grandes menaces de famine, de pénurie d’eau potable et d’inondations découlant de la dégradation de la nature, soit plus particulièrement sur celles du bassin du Gange, de la Chine orientale et de l’Afrique subsaharienne, des populations qui, en plus, dépendent beaucoup de la nature pour assurer leur survie.

 

Cette étude permet d’orienter les actions qui doivent être prises pour atténuer les dégâts, font valoir les chercheurs. Selon Elena Bennett, du Département des sciences des ressources naturelles de l’Université McGill, « pour résoudre les problèmes que vivent les populations d’Asie du Sud, on ne peut pas simplement leur dire de faire une meilleure gestion [de leurs ressources] ».

Sans commentaire!

« Nous devons aussi considérer le rôle que nous, habitants de l’Amérique du Nord, jouons dans leurs problèmes en achetant divers produits d’Asie du Sud, que ce soit des denrées alimentaires, des vacances dans leurs stations touristiques ou même l’exploitation d’industries canadiennes. Nous générons ainsi de la pollution là-bas plutôt qu’ici », affirme Mme Bennett, qui est l’une des auteurs de l’étude.

 

Au Sénégal, les femmes vont chercher l’eau sur des kilomètres.

 

 

 

 

 

Vidéo et article:L’Homme, destructeur de la Terre

De la révolution industrielle à aujourd’hui, un décryptage minutieux de la course au développement qui a marqué le point de départ de l’ère de l’anthropocène (ou l’ère de l’Homme) et de la déterioration continue de la planète. Quelque 1 400 milliards de tonnes de CO2 sont aujourd’hui prisonnières de la basse atmosphère. Réchauffement climatique, déforestation, inondations, épuisement des ressources, pollutions, déchets radioactifs… : en deux siècles, la course au progrès et à la croissance a durablement altéré la planète, la crise environnementale se doublant d’une rupture géologique, avec l’avènement de l’ère anthropocène. Portée par l’exploitation des énergies fossiles – du charbon de la révolution industrielle en Angleterre au tout-pétrole de la domination économique des États-Unis –, l’industrialisation et ses corollaires, taylorisme et colonialisme, entraînent une exponentielle production de masse. Un processus qu’accélère la Première Guerre mondiale, les firmes chimiques mobilisées pour tuer l’ennemi se reconvertissant dans la destruction du vivant avec les herbicides, insecticides et fertilisants de l’agriculture intensive. Alors que l’urbanisation s’étend, la voiture, qui sonne le glas du tramway, se généralise, et l’Amérique s’inspire du modèle autoroutier nazi. La Seconde Guerre mondiale engendre une nouvelle organisation du travail, laquelle devient la norme, et annonce l’ère nucléaire de la guerre froide. Dans sa démesure, l’homme rêve déjà d’usages civils de l’atome (y compris pour l’abattement de montagnes et la dissolution des calottes glaciaires !). Le plastique et le béton deviennent les piliers de la consommation de masse, dévoreuse de matières premières et antidote à la contestation sociale, jusqu’à la révolution numérique.

 

L’homme ne serait pas issu de la planète Terre…!

 

Tout un faisceau d’indices, plus pertinents et convaiquant, les uns que les autres, semblent en effet, démontrer, sinon prouver, que l’homme, en tant qu’espèce, n’est pas issue de cette planète.

 

Plusieurs sujets et articles vont en ce sens, commençons par le commencement..

La nature est représentée par des processus géologiques, physiques, chimiques, biologiques et écologiques qui ont lieu sur la planète, qui régulent son fonctionnement et assurent la vie et l’Évolution. La matière vivante et la matière abiotique suivent des cycles de vie en circuit fermé puisque, sur la planète de même qu’en chimie, « rien ne se crée, rien ne se perd, tout ce transforme ».

 

 

Mais ce qui caractérise la nature, c’est que les éléments qui la composent sont, par définition, adaptés à leur milieu, biodégradables et/ou intégrés aux différents processus terrestres. La nature, en fait, s’adapte à ses propres changements, à sa propre évolution. Et si on considère l’histoire de la planète dans sa globalité, la vie s’y épanouit et se diversifie avec le temps.

 

 

Or, si la civilisation actuelle obéit évidemment aux principes de la chimie et de la physique, elle suit par contre des lois écologiques différentes : elle épuise progressivement les ressources, pollue et détruit les habitats. Cette différence est due à un impact de grande ampleur et rapide, qui bouleverse « l’équilibre » de la planète, allant jusqu’à réduire la richesse biologique terrestre.

 

Or, l’être humain est le fruit de l’Évolution et à ce titre il fait de facto partie de la nature. Alors, cet impact écologique majeur, inextinguible, celui dû à une espèce qui est issue de la nature, peut-il être considéré comme « normal », comme naturel ?

 

 

Devant l’ambivalence qui existe entre, d’une part la confrontation être humain/nature, son « insoutenabilité », et d’autre part le fait qu’Homo sapiens est une espèce vivante de la planète Terre au même titre que toutes les autres, il apparaît légitime de se demander si, finalement, l’être humain « est naturel ».

 

Certains indices, s’ils ne répondent pas tout à fait à la question, montrent tout au moins que l’être humain lui-même ne se considère pas tout à fait comme faisant partie de la nature : le fait de confronter la nature, ce sentiment de supériorité du genre humain qui règne au sein de notre civilisation, le fait d’utiliser des termes comme matériaux « synthétiques », d’intelligence « artificielle », tous ces indices laissent supposer que ni notre technologie ni l’être humain lui-même ne sont considérés comme faisant partie de la nature.

 

Source : http://planeteviable.org/etre-humain-naturel/

 

Les arguments et explications ci-dessus sont plutôt pertinent, et l’on peut adhérer à ces écrits, sans pour autant croire aux extraterrestres, ou à Dieu, ou même à la théorie de l’évolution.

 

D’autres, n’hésitent pas à tenter d’aller encore plus loin (en étant moins convainquant pour certains) pour démontrer que nous ne sommes pas originaire de la Terre…

Source du sujet ci-dessous : http://www.7sur7.be/7s7/fr/

 

« La preuve que les humains ne viennent pas de la Terre »

Un écologiste américain affirme que les humains ne proviennent pas de la terre. Selon lui, plusieurs éléments prouvent que l’Homme n’est pas adapté à sa planète et qu’il aurait donc été amené par des aliens, il y a des millénaires.

 

Dans son ouvrage intitulé « L’Homme n’est pas issu de la Terre: évaluation scientifique de la preuve », le Dr Ellis Silver aborde un certain nombre de caractéristiques humaines, qui selon lui prouvent que contrairement aux autres espèces terriennes, l’homme n’est absolument pas adapté à son environnement.

Iceberg à la dérive. Selon un explorateur britanique, les températures printanières et estivales dans l’Arctique sont montées d’une façon incroyable au cours des trois dernières années et de vastes zones maritimes qui étaient naguère couvertes par la banquise en été sont désormais en eau libre. /Photo d’archives/REUTERS/Fabian Marelli/La Nacion

Douleurs dorsales

Selon lui, si l’Homme souffre de problèmes de dos ce n’est pas innocent. « C’est parce que nous avons évolué dans un monde avec une gravité inférieure », explique-t-il à Yahoo en affirmant que si la Terre rencontre la plupart de nos besoins, il y a de trop nombreuses lacunes.

 

Peau inadaptée

Pour Silver, la peau de l’Homme prouve également que nous ne sommes pas faits pour vivre ici. « Les humains ne sont pas conçus pour être aussi exposés au soleil », dit-il.  « Contrairement aux lézards, nous ne pouvons pas être exposés au soleil tous les jours sans problème ». « Alors pourquoi sommes-nous sur Terre? », s’interroge-t-il.

 

« L’humain est soi-disant l’espèce la plus développée de la planète, mais il est étonnamment inadapté et mal équipé pour l’environnement de la Terre », dit-il. « Il est lésé par la lumière du soleil, a une forte aversion pour les aliments d’origine naturelle et a des  taux ridiculement élevés de maladies chroniques ».

 

Anatomie inappropriée des bébés

L’écologiste poursuit son argumentaire en prenant l’exemple de nos bébés. Selon lui, les nouveaux-nés ont une tête beaucoup trop grosse. « Il est difficile pour les femmes de donner naissance », explique-t-il. « Cela peut entraîner le décès de la mère et de l’enfant. Aucune autre espèce sur Terre n’a ce problème ».

 

Pour le Dr Ellis Silver, il n’y a pas de doute: « Nous ne sommes pas d’ici ». « Cela suggère que l’humanité peut avoir évolué sur une autre planète », dit-il en expliquant que des extraterrestres auraient pu nous amener ici comme une espèce hautement développée.

 

Et l’écologiste va plus loin. « La Terre pourrait être une planète-prison », avance-t-il. « Puisqu’il semble que nous soyons une espèce naturellement violente, nous sommes probablement ici  jusqu’à ce que nous apprenions à mieux nous comporter ».

J’avoue que sur l’idée et la théorie de la planète « prison » je suis plutôt preneur, et en accord, mais j’y reviendrai plus tard, dans un autre sujet.

 

Pour un autre scientifique, l’homme viendrait et serait originaire de la planète Mars !

 

L’Homme pourrait venir de Mars, selon un chercheur américain. Ainsi, le molybdène, un métal présent actuellement sur Terre serait originaire de la planète rouge. Pour le chercheur de l’Institut Westheimer, une météorite aurait fait le lien entre les deux astres.

 

Life from Mars. Et si la vie sur Terre était venue de Mars par météorite? C’est la théorie d’un chercheur de l’Institut Westheimer pour la science et la technologie de Gainesville, aux Etats-Unis. A l’origine de révélation: une forme oxydée de molybdène, un métal utilisé de nos jours dans des alliages pour les outils de bricolage ou les couronnes dentaires.

A l’époque reculée où la vie est apparue sur Terre, ce molybdène oxydé a servi à empêcher les molécules de carbone (briques élémentaires de toute forme de vie) de se dégrader et de finir en goudron, estime Steven Brenner, enseignant à l’Institut Westheimer.

 

« C’est seulement lorsque le molybdène est très fortement oxydé qu’il devient capable d’influencer la formation d’une vie primitive », précise l’enseignant chercheur, qui a présenté sa théorie lors d’une conférence internationale consacrée à la géochimie à Florence, en Italie.

 

La Terre bombardée par des comètes et astéroïdes…

 

« Cette forme de molybdène ne pouvait pas être présente sur Terre à l’époque où les premiers éléments de la vie sont apparus, parce qu’il y a trois milliards d’années, la surface de la Terre ne contenait que très peu d’oxygène, contrairement à Mars », explique Steven Brenner.

 

A l’époque, le système solaire était particulièrement agité et la Terre était sans cesse bombardée par des comètes et astéroïdes. Notre voisine Mars également, ce qui explique comment des débris martiens ont pu se retrouver projetés dans l’espace pour finir leur course sur notre planète, piégés par son champ de gravité.

 

Des analyses récemment effectuées sur une météorite martienne y ont montré la présence de molybdène ainsi que de bore, un métalloïde qui aurait contribué à protéger l’ARN, un précurseur primitif de l’ADN, de la corrosion.

 

Sommes-nous tous des Martiens ?

 

« Il semble qu’on accumule les preuves selon lesquelles nous sommes en réalité tous des Martiens et que la vie a débuté sur Mars avant de venir sur Terre à bord d’un rocher », résume l’enseignant-chercheur américain.

 

« C’est un coup de chance, car la Terre est de loin la meilleure des deux planètes pour héberger de la vie. Si nos hypothétiques ancêtres martiens étaient restés sur Mars, on ne serait peut-être pas là pour en parler », conclut Steven Brenner.

 

D’autres théories expliquent l’apparition de la vie sur Terre par de l’eau apportée sur la planète bleue par des comètes, composées de glace et de poussières cosmiques héritées de la formation du système solaire.

 

Une autre hypothèse, baptisée « panspermie », suggère que des bactéries embarquées comme passagers clandestins sur des astéroïdes aient fini par s’écraser sur Terre pour y proliférer dans ses océans chauds et accueillants.

 

Cette théorie, comme quoi l’Homme vient de Mars pourra être confirmé ou infirmé par le robot qui succèdera à Curiosity. La Nasa prévoit de l’envoyer dès 2020 avec pour objectif de découvrir la vie sur Mars. Mais si les hommes viennent de Mars, les femmes viennent-elles vraiment de Vénus ?

 

Source : http://www.bfmtv.com/planete/vie-humaine-venait-mars-591444.html

 

 

Terminons ce petit tour d’horizon, avec un autre excellent article du site cité en référence au départ de ce sujet : http://planeteviable.org/fracture-etre-humain-nature/

Il suffit de regarder le monde autour de nous pour constater qu’il existe une fracture entre d’une part la nature, la façon dont elle fonctionne et dont elle est constituée, et d’autre part la sphère humaine. La fracture est d’abord physique et matérielle : nous ne vivons plus au sein de la nature même si nous en dépendons fortement, et nous avons de moins en moins de contact avec elle dans notre vie quotidienne.

 

 

Notre environnement est davantage humanisé, synthétique. Cette situation a pour origine une civilisation fortement industrialisée, marquée par la prédominance de la technologie, et une société également très urbanisée, suivant un mode de vie qui fait que les individus sont constamment pressés par le temps. Autant de caractéristiques qui nous éloignent, qui nous extirpent de la nature, de son rythme et de ses effets bénéfiques, et qui nous désensibilisent face aux prérogatives nécessaires à sa protection.

 

 

La fracture est également culturelle. Du haut de sa froide rationalité et de ses impressionnantes réalisations techniques, l’être humain contemporain, entretient un rapport de domination vis-à-vis de la nature.

 

Notre civilisation considère la nature comme un marché gratuit et abondant, sur lequel nous avons droits et pouvoirs pour assouvir nos besoins, nos envies et assurer notre confort, et dans lequel on peut puiser des ressources à l’envi. Dans la civilisation actuelle, on considère que la nature se doit d’être à notre entière disposition et à celle de l’économie, alors que nous devrions la considérer comme une alliée qui peut subvenir à nos besoins dans la mesure où nous sachons nous adapter et composer avec elle.

 

 

La vision actuelle du monde et de la nature de la civilisation occidentale remonte à l’origine au siècle des lumières, une période au cours de laquelle le développement des connaissances laissait d’aucuns penser que nous aurions la maîtrise de la nature et de notre destinée en tant que société. Cette vision s’est progressivement renforcée, et ce surtout depuis le dernier siècle.

 

Les Occidentaux ont cru alors détenir un pouvoir sans limite grâce à ses « exploits » technoscientifiques les plus modernes comme l’exploration de l’espace, la « conquête » de la Lune, l’exploration du monde interstellaire, l’exploitation de l’énergie contenue dans la matière (l’énergie nucléaire), et une compréhension fine de l’infiniment petit (la nature intime de la matière) et de l’infiniment grand (la structure, le fonctionnement et l’origine de l’univers).

 

Et c’est sans parler des progrès de la médecine, du recul de certaines maladies autrefois meurtrières, conjugués à l’allongement de l’espérance de vie.

 

D’autres réalisations technologiques semblent montrer que notre civilisation maîtrise la nature et est capable de se soustraire aux contraintes qu’elle nous impose. Les technologies nous servent à mettre la nature « à notre main ». Nous avons ainsi érigé de gigantesques barrages hydroélectriques permettant de maîtriser le flux des cours d’eau et de produire de l’énergie.

 

La maîtrise de l’atome nous permet également de produire des quantités d’énergie inégalées. Les méthodes de l’agriculture industrielle (monocultures, fertilisation et épandage de pesticides abondants) et l’irrigation ont permis de décupler les rendements des cultures par rapport à ce qu’offre le sol naturellement et de cultiver à des endroits peu propices aux plantations.

 

C’est jusqu’à la neige artificielle qui nous permet de compenser partiellement le manque de neige sur les pentes de ski tandis que les terrains de nos maisons sont dénaturés pour ressembler à des greens de golf. Dans le domaine de la biologie, des naissances autrefois impossibles peuvent dorénavant être envisagées grâce à la procréation assistée, assurant ainsi le bonheur de couples infertiles.

 

Les biotechnologies permettent par ailleurs de donner l’existence à des organismes, animaux et plantes (organismes génétiquement modifiés (OGM)) ayant des propriétés spécifiques et auxquels la nature n’avait jamais prêté vie.

 

Ces exemples montrent que non content d’être déconnectés et de soumettre la nature à nos désirs et à notre volonté, nous la modifions, nous la confrontons même. Il est paradoxal que ces modifications soient tout à fait conscientes mais que les crises écologiques majeures qui en résultent soient involontaires (du moins, elles l’étaient jusqu’à récemment).

 

 

Cette maîtrise apparente sur la nature sous tous ses aspects, qui dans les faits s’oppose aux règles naturelles, se déploie conjointement avec l’utilisation d’un ensemble de technologies sophistiquées et qu’elles nous font paraître la nature remplaçable, tout au moins pour certains d’entre nous et notamment pour les partisans d’une économie orthodoxe.

 

Pourtant, ce pseudo-contrôle de la nature se réalise au dépend de profondes transformations des écosystèmes et de l’écosphère, des mutations qui aujourd’hui menacent les sociétés.

 

Depuis peu, ce faux sentiment de contrôle de la nature nous incite même à envisager la géoingénierie pour contrer cette menace écologique qui frappe à nos portes.

 

Au fond, cette vaste et continuelle détérioration de notre environnement et dont nous sommes les seuls responsables apparaît comme la démonstration ultime de la fracture entre l’être humain et la nature.

 

Nous ne pouvons que nous incliner, et admettre cette réalité…

Comme toujours, c’est à vous de juger…

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi les chiens de traineaux sont menacés au Groenland

Entre les maisons en bois pastel et les collines dominant Kulusuk, un village insulaire du Groenland, les chiens de Moses Bajare guettent la formation des glaces pour s’élancer sur la banquise et traquer l’ours ou le phoque. Robuste et endurant, le chien du Groenland, assez semblable au husky, est depuis des siècles l’animal de trait idéal pour le chasseur inuit qui écume sur son traîneau l’immense désert blanc pendant les longs mois d’hiver où le mercure peut afficher -35°C.

Un chasseur et son chien.

Mais le réchauffement de l’atmosphère et des océans accélère la fonte des glaces, deux fois plus rapide dans l’Arctique, et retarde leur formation à la fin de l’été.

Pour Moses, c’est tout un mode de vie, plus qu’un simple gagne-pain, qui est menacé au Groenland, recouvert à 85% de glace. « Quand j’ai un problème, avec la famille, dans ma vie, je me réfugie dans la nature avec mes chiens. Et après un ou deux jours, quand je reviens, c’est réglé », raconte cet homme de 59 ans, unique policier du village de 250 âmes.

Des chiens extraordinaires

Cet été, des climatologues guidés par des chasseurs ont publié des photos saisissantes de chiens progressant péniblement dans un fjord dont la banquise était recouverte de glace fondue. Sous un ciel désespérément bleu, face aux montagnes déneigées, l’attelage semble marcher sur l’eau.

A Kulusuk, les chiens de Moses s’ébattent sous le soleil estival, nettoyant leur épais pelage et agitant au vent leur queue touffue comme des panaches blanc et noir dans le ciel boréal.

Dans l’est du Groenland, la chasse au phoque, à la baleine ou au narval, petit cétacé apparenté à une licorne des mers, se fait en bateau, et non à bord de motoneiges.

Et pendant l’hiver, Moses continue de sortir sa meute de 12 chiens jusqu’aux rives de l’océan comme il le fait depuis 35 ans, pour mettre son kayak à l’eau et suivre les colonies de phoques, carabine à la main.

La glace change

Et ce, même si la glace n’est pas aussi épaisse qu’avant, dès le mois de février, et fond précocement, dès le mois de mai désormais au lieu de juin ou juillet. « La glace est en train de changer », déplore Moses, qui comme la plupart des 250 habitants de Kulusuk est Inuit – un peuple indigène qui représente 90% de la population du Groenland.

A Kulusuk, 79% des habitants estiment que la glace est devenue plus dangereuse ces dernières années, et 67% pensent que le réchauffement menace le traîneau à chiens, selon une étude menée par les universités de Copenhague et du Groenland, territoire autonome danois.

« Avant, on pouvait sortir à traîneau pendant quatre ou cinq mois pendant l’hiver », se souvient Kunuk Abelsen, un jeune chasseur, mais « maintenant, c’est seulement pendant trois mois ».

Lui possède 22 chiens et chiots. Une partie de la meute vit sur une île rocailleuse, de l’autre côté du fjord pendant l’été. A l’approche de son bateau en ce jour d’août, les chiens, excités, s’ébrouent, aboient.

Le chef de meute, Han Solo, est tenu à l’écart du groupe et de son rival, un jeune mâle agressif répondant au nom de Cristiano.

Ses chiens sont pour Kunuk une partie de son identité. « Nous n’avons pas de terrain de foot, pas de piscine, et vous pouvez aller loin dans la nature », dit-il. « Si on arrêtait d’utiliser (les chiens), nous perdrions une part importante de notre culture ».

Des chiots mignons comme tout!

Et des revenus que les propriétaires de traîneaux tirent de leur activité de guide auprès des touristes étrangers. Un tour avec des chiens de traîneau est facturé jusqu’à 1.000 couronnes danoises, une petite fortune au vu des prix affichés au petit supermarché local.

« Le dérèglement climatique, c’est vraiment pas bon »

D’autres éleveurs ont réduit leur meute ou s’en sont débarrassés. Et Kunuk Abelsen commence à se demander si cela vaut encore la peine de garder ses chiens. « Le dérèglement climatique, c’est vraiment pas bon pour les chiens de traîneau », dit le jeune Groenlandais.

En 2016, le nombre de chiens au Groenland était estimé à 15.000, contre 25.000 en 2002, selon les statistiques du territoire.

Mais la fonte des glaces libère les eaux, ce qui « nous permet de pêcher, principalement, et de chasser en bateau toute l’année. De plus en plus de gens font ça », relève Kunuk Abelsen, en soulignant la faculté d’adaptation des Inuits.

Un constat partagé par Andrea Fiocca, un chercheur et guide italien, auteur d’un Master sur le changement climatique et les chiens de traîneau, qui a passé quatre mois à Kulusuk.

« L’adaptation et la résilience sont typiques du peuple Inuit », dit-il.

Mais « je suis sûr que jusqu’à ce que la glace disparaisse complètement de cette région, les meneurs de traîneau continueront à utiliser » les chiens, avance-t-il.

Sur le port où les pêcheurs déchargent leurs prises, le père de Kunuk se remémore le temps béni où il arpentait son territoire pour poser des filets à phoques ou pistait les ours polaires.

« C’est dans mon sang, et mon fils Kunuk, c’est aussi dans son sang. Alors s’il n’y a plus de glace, que ferons-nous ? ».

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