Tout est dit:ils ne s'en  cachent même plus.

Tout est dit:ils ne s’en cachent même plus.

Anticosti : le PLQ respectera la parole du PQ Un gouvernement Couillard laisserait toutefois au secteur privé le soin de mener les autres projets d’exploration pétrolière et gazière, dit le candidat Jacques Daoust

27 mars 2014 | Alexandre Shields | Actualités sur l’environnement Partisan avoué de l’exploitation des énergies fossiles, le Parti libéral du Québec affirme toutefois que le gouvernement ne doit pas poursuivre sa politique d’investissements dans l’exploration pétrolière. Il doute d’ailleurs fortement du potentiel en or noir du sous-sol de la province. « C’est le secteur privé qui fait [ces investissements en exploration] partout ailleurs dans le monde », a affirmé mercredi Jacques Daoust, candidat libéral dans Verdun, dans le cadre d’un débat sur les ressources naturelles organisé mercredi par la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ). Il a d’ailleurs dénoncé la décision du Parti québécois d’investir 115 millions de dollars de fonds publics dans des travaux d’exploration qui seront menés sur l’île d’Anticosti en 2014 et 2015, en partenariat avec les entreprises Pétrolia et Junex. C’est toutefois Québec qui prend l’essentiel du risque financier. Selon M. Daoust, cet engagement revient à jouer à une « loterie des hydrocarbures » avec de l’argent « emprunté ». « On met 115 millions de dollars pour avoir 4 % de chances de succès, a ajouté le candidat vedette libéral. Et si ça fonctionne, il faudra mettre 3, 4 ou 5 milliards de dollars. Est-ce que c’est ça qu’on veut faire ? Est-ce qu’on a les moyens de mettre autant d’argent dans le pétrole actuellement ? » Il estime ainsi que le gouvernement ne devrait pas s’engager dans des investissements lorsque viendra le temps de mener des forages exploratoires sous-marins dans le secteur d’Old Harry, situé en plein coeur du golfe du Saint-Laurent. Aucun forage n’a jusqu’à présent démontré que la zone pourrait receler un potentiel en hydrocarbures. Tout ce qu’on sait, c’est qu’une évaluation environnementale stratégique a démontré que les risques environnementaux sont importants. Le porte-parole libéral a par ailleurs souligné que les ententes déjà conclues par le gouvernement Marois pour l’île d’Anticosti seront respectées si les libéraux forment le prochain gouvernement. « Mais ça ne veut pas dire qu’on va continuer dans cette direction », a précisé M. Daoust, ancien président et chef de la direction d’Investissement Québec. Cette société d’État a acquis des participations dans plusieurs entreprises actives dans l’exploration pétrolière et gazière au Québec au cours des dernières années. Doutes À l’instar de plusieurs observateurs, M. Daoust a dit douter qu’il y ait réellement un potentiel pétrolier au Québec. « Comment se fait-il, si nous avons un si bon potentiel, que les grandes pétrolières qui sont prêtes à faire des plateformes au milieu des océans ne s’intéressent pas à nous ? Au contraire, elles se sont sauvées. Je pense qu’il y a un risque important que nous soyons déçus. » Le Parti libéral — en tête dans les sondages en vue du scrutin du 7 avril — souhaite néanmoins développer la « culture » des Québécois dans le secteur pétrolier. Selon M. Daoust, les travaux sur l’île d’Anticosti pourraient y contribuer. Questionné sur les suites à donner au controversé dossier du gaz de schiste au cours d’un point de presse, Jacques Daoust n’a tout simplement pas répondu à la question. Contrairement aux libéraux, les caquistes ont salué l’injection d’argent de l’État dans la recherche d’hydrocarbures. Le porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière de ressources naturelles, François Bonnardel, a d’ailleurs critiqué la position défendue par Jacques Daoust à la tribune de la FCCQ. « M. Daoust est en train de se transformer en candidat du Parti vert. Quand on dit que les libéraux sont le parti de l’économie, ce n’est vraiment pas la ligne de M. Couillard aujourd’hui. » La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, cible de plusieurs attaques au cours du débat de mercredi, a fait valoir que les investissements publics avaient surtout servi à « reprendre le contrôle » sur l’exploration pétrolière au Québec. Elle a aussi indiqué que deux lois sur les hydrocarbures seraient adoptées si le Parti québécois est reporté au pouvoir. Une législation serait conçue pour le milieu terrestre. Une autre serait destinée à encadrer l’exploration et l’exploitation en milieu marin. Mme Ouellet par ailleurs exprimé de sérieux doutes par rapport au projet de l’entreprise TransCanada, qui souhaite construire un pipeline qui passerait par le Québec afin d’exporter du pétrole albertain. « Nous devons faire davantage d’évaluations parce que nous avons plusieurs questions », a fait valoir la ministre. Selon elle, il serait important d’étudier les possibles risques environnementaux liés au passage, chaque jour, de plus d’un million de barils de pétrole brut en sol québécois. Mme Ouellet estime qu’il est impératif que ce projet de compétence fédérale soit soumis au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement.

Sources: Le Devoir

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