Pourquoi les chiens de traineaux sont menacés au Groenland

Entre les maisons en bois pastel et les collines dominant Kulusuk, un village insulaire du Groenland, les chiens de Moses Bajare guettent la formation des glaces pour s’élancer sur la banquise et traquer l’ours ou le phoque. Robuste et endurant, le chien du Groenland, assez semblable au husky, est depuis des siècles l’animal de trait idéal pour le chasseur inuit qui écume sur son traîneau l’immense désert blanc pendant les longs mois d’hiver où le mercure peut afficher -35°C.

Un chasseur et son chien.

Mais le réchauffement de l’atmosphère et des océans accélère la fonte des glaces, deux fois plus rapide dans l’Arctique, et retarde leur formation à la fin de l’été.

Pour Moses, c’est tout un mode de vie, plus qu’un simple gagne-pain, qui est menacé au Groenland, recouvert à 85% de glace. « Quand j’ai un problème, avec la famille, dans ma vie, je me réfugie dans la nature avec mes chiens. Et après un ou deux jours, quand je reviens, c’est réglé », raconte cet homme de 59 ans, unique policier du village de 250 âmes.

Des chiens extraordinaires

Cet été, des climatologues guidés par des chasseurs ont publié des photos saisissantes de chiens progressant péniblement dans un fjord dont la banquise était recouverte de glace fondue. Sous un ciel désespérément bleu, face aux montagnes déneigées, l’attelage semble marcher sur l’eau.

A Kulusuk, les chiens de Moses s’ébattent sous le soleil estival, nettoyant leur épais pelage et agitant au vent leur queue touffue comme des panaches blanc et noir dans le ciel boréal.

Dans l’est du Groenland, la chasse au phoque, à la baleine ou au narval, petit cétacé apparenté à une licorne des mers, se fait en bateau, et non à bord de motoneiges.

Et pendant l’hiver, Moses continue de sortir sa meute de 12 chiens jusqu’aux rives de l’océan comme il le fait depuis 35 ans, pour mettre son kayak à l’eau et suivre les colonies de phoques, carabine à la main.

La glace change

Et ce, même si la glace n’est pas aussi épaisse qu’avant, dès le mois de février, et fond précocement, dès le mois de mai désormais au lieu de juin ou juillet. « La glace est en train de changer », déplore Moses, qui comme la plupart des 250 habitants de Kulusuk est Inuit – un peuple indigène qui représente 90% de la population du Groenland.

A Kulusuk, 79% des habitants estiment que la glace est devenue plus dangereuse ces dernières années, et 67% pensent que le réchauffement menace le traîneau à chiens, selon une étude menée par les universités de Copenhague et du Groenland, territoire autonome danois.

« Avant, on pouvait sortir à traîneau pendant quatre ou cinq mois pendant l’hiver », se souvient Kunuk Abelsen, un jeune chasseur, mais « maintenant, c’est seulement pendant trois mois ».

Lui possède 22 chiens et chiots. Une partie de la meute vit sur une île rocailleuse, de l’autre côté du fjord pendant l’été. A l’approche de son bateau en ce jour d’août, les chiens, excités, s’ébrouent, aboient.

Le chef de meute, Han Solo, est tenu à l’écart du groupe et de son rival, un jeune mâle agressif répondant au nom de Cristiano.

Ses chiens sont pour Kunuk une partie de son identité. « Nous n’avons pas de terrain de foot, pas de piscine, et vous pouvez aller loin dans la nature », dit-il. « Si on arrêtait d’utiliser (les chiens), nous perdrions une part importante de notre culture ».

Des chiots mignons comme tout!

Et des revenus que les propriétaires de traîneaux tirent de leur activité de guide auprès des touristes étrangers. Un tour avec des chiens de traîneau est facturé jusqu’à 1.000 couronnes danoises, une petite fortune au vu des prix affichés au petit supermarché local.

« Le dérèglement climatique, c’est vraiment pas bon »

D’autres éleveurs ont réduit leur meute ou s’en sont débarrassés. Et Kunuk Abelsen commence à se demander si cela vaut encore la peine de garder ses chiens. « Le dérèglement climatique, c’est vraiment pas bon pour les chiens de traîneau », dit le jeune Groenlandais.

En 2016, le nombre de chiens au Groenland était estimé à 15.000, contre 25.000 en 2002, selon les statistiques du territoire.

Mais la fonte des glaces libère les eaux, ce qui « nous permet de pêcher, principalement, et de chasser en bateau toute l’année. De plus en plus de gens font ça », relève Kunuk Abelsen, en soulignant la faculté d’adaptation des Inuits.

Un constat partagé par Andrea Fiocca, un chercheur et guide italien, auteur d’un Master sur le changement climatique et les chiens de traîneau, qui a passé quatre mois à Kulusuk.

« L’adaptation et la résilience sont typiques du peuple Inuit », dit-il.

Mais « je suis sûr que jusqu’à ce que la glace disparaisse complètement de cette région, les meneurs de traîneau continueront à utiliser » les chiens, avance-t-il.

Sur le port où les pêcheurs déchargent leurs prises, le père de Kunuk se remémore le temps béni où il arpentait son territoire pour poser des filets à phoques ou pistait les ours polaires.

« C’est dans mon sang, et mon fils Kunuk, c’est aussi dans son sang. Alors s’il n’y a plus de glace, que ferons-nous ? ».

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Alerte écologique mondiale: l »inquiétude » s’internationalise autour de l’Amazonie en flammes

Le dictateur néolibéral  brésilien Jair Bolsonaro, qui a dénoncé jeudi une « psychose environnementale », a été vivement interpellé par l’ONU et la France sur les feux de forêt en Amazonie tandis que ses voisins s’inquiétaient d’une possible propagation.

Il est clair que connaissant les réformes mises de l’avant  par l’ami de Donald Trump et l’ennemi de tous ceux et celles proches de la nature,de l’environnement et du destin de l’humanité ,ce fou à lier a certainement et surement donné l’ordre à ses supporteurs de mettre le feu dans les habitats des peuples et tribus d’Amazonie!Le but de cet exercice étant de  déboiser,éliminer les Premières Nations d’Amazonie  et  les remplacer par des colons assoiffés de profits capitalistes.

 

Au moment ou cette crise s’internationalisait, il a par ailleurs lancé une nouvelle charge contre les ONG, « soupçonnées » d’être responsables des départs de feux.

Image de la Nasa réalisée par le satellite Aqua diffusée le 21 août 2019 montre plusieurs feux qui font rage dans les Etats brésiliens de Rondonia, d’Amazonas, de Para et de Mata Grosso le 13 août 2019

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est dit sur Twitter « profondément préoccupé » par les incendies dans la plus vaste forêt tropicale du monde.

« En pleine crise climatique mondiale, nous ne pouvons accepter davantage de dégâts sur une source majeure d’oxygène et de biodiversité », a écrit Antonio Guterres, en réclamant que l’Amazonie soit « protégée ».

 

Peu après c’est le président français Emmanuel Macron qui exprimait son inquiétude, sur Twitter également.

« Notre maison brûle. Littéralement. L’Amazonie, le poumon de notre planète qui produit 20% de notre oxygène, est en feu. C’est une crise internationale. Membres du G7, rendez-vous dans deux jours pour parler de cette urgence ».

Carte localisant les feux des dernières 24 heures en Amazonie

 

Son chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian avait auparavant indiqué dans un communiqué que « la France est très préoccupée par les nombreux incendies, d’une ampleur inédite, qui touchent la forêt amazonienne depuis plusieurs semaines (…) avec de graves conséquences pour les populations locales et pour la biodiversité ».

Le Pérou, où des fumées, mais non des feux, étaient visibles, a annoncé jeudi être « en état d’alerte ».

« Plus de 200 gardes forestiers (…) surveillent minute par minute l’état de l’incendie dans les forêts amazoniennes du Brésil et de Bolivie, pour la prévention », a déclaré sur Twitter le Service national des aires protégées (Sernanp).

La Bolivie et le Paraguay voisins étaient eux aussi confrontés à des feux de forêt ayant causé des dégâts irréversibles à la faune et la flore, mais distincts de ceux d’Amazonie.

Si la situation dans la plus vaste forêt tropicale de la planète était très difficile à évaluer, l’Institut national de recherche spatiale (INPE) a fait état de près de 2.500 nouveaux départs de feu en l’espace de seulement 48 heures dans l’ensemble du Brésil.

– « forts soupçons » –

D’après l’INPE, 75.336 feux de forêt ont été enregistrés dans le pays de janvier jusqu’au 21 août, soit 84% de plus que sur la même période de l’an dernier. Selon un collectif d’ONG, 54% de ces feux concernent l’Amazonie.

Tandis que la presse brésilienne commençait à rapporter des problèmes sanitaires, notamment respiratoires, dans certaines villes, les feux affectant « le poumon de la planète » restaient jeudi au Brésil la première tendance sur Twitter, avec en illustration son lot de photos ou vidéos n’ayant aucun rapport avec l’Amazonie.

 

Sous les mots-clés #Nasa et #AmazoniasSemONGs (Amazonie sans ONG), des internautes assuraient que des photos-satellite de l’agence américaine provenaient en fait de Bolivie ou soutenaient la charge anti-ONG du président.

Au coeur de la tempête après ses déclarations polémiques de la veille, Jair Bolsonaro a accusé la presse d’avoir déformé ses propos sur une responsabilité des ONG dans les feux en Amazonie, tout en réaffirmant que « les plus forts soupçons viennent » de celles-ci.

« A aucun moment je n’ai accusé les ONG des feux en Amazonie. C’est incroyable ce qui s’écrit dans les journaux! » a-t-il lancé à des journalistes à Brasilia.

L’irresponsable président néolibéral  a expliqué qu’il pourrait tout aussi bien accuser de ces « incendies criminels (…) les indigènes, les Martiens ou les grands propriétaires terriens ».

« Tout le monde peut être suspect. Mais les plus forts soupçons pèsent sur les ONG », a-t-il dit, enfonçant le clou.

Mercredi Jair Bolsonaro avait déjà montré du doigt les ONG de défense de l’environnement. « Il pourrait s’agir, oui, il pourrait, mais je ne l’affirme pas, d’actions criminelles de ces +ONGéistes+ pour attirer l’attention contre ma personne, contre le gouvernement brésilien. C’est la guerre à laquelle nous sommes confrontés » avait-il lancé.

« Les ONG perdent de l’argent, qui venait de la Norvège et de l’Allemagne. Elles n’ont plus d’emplois, elles essaient de me renverser », a-t-il assuré jeudi, en référence à la suspension par ces deux pays de leurs subventions au Fonds Amazonie affecté à la préservation de l’immense forêt tropicale.

– « Cramer l’image du Brésil » –

La résistance des amazoniens va s’organiser contre les néolibéraux du Brésil.

Il a exprimé toutefois sa préoccupation pour les retombées économiques.

« Si le monde entier commence à dresser des barrières commerciales (contre le Brésil) notre agro-négoce va chuter, l’économie va reculer (…) et votre vie à vous éditeurs, propriétaires de télévision va être compliquée », a-t-il menacé.

« Cette psychose environnementale nous empêche d’agir », a-t-il dit.

Dans une tribune, 118 ONG se sont élevées contre « l’irresponsabilité » présidentielle.

« Bolsonaro n’a pas besoin des ONG pour cramer l’image du Brésil dans le monde entier », lit-on dans ce texte, qui dénonce un président « qui manipule l’opinion publique contre le travail réalisé par la société civile, avec des allégations irresponsables et inconséquentes ».


Nous sommes confrontés à une urgence mondiale en Amazonie. Voici ce que nous pouvons faire

 

Appelée « les poumons de la Terre », la forêt amazonienne et ses arbres luxuriants produisent environ 20% de l’oxygène sur Terre. Pourtant, en ce moment, le ciel de Sao Paolo, au Brésil, est noir et la fumée peut être vue de l’espace.

Les flammes ravagent le bassin amazonien . Bien que le changement climatique ait catalysé de nombreuses incendies dévastatrices au cours des dernières années, ces derniers incendies ont été intentionnellement allumés par des agriculteurs qui, répondant aux appels du président brésilien Jair Bolsonaro de développer la région, voulaient défricher leurs terres afin de les utiliser. agriculture. Comme l’a dit Bolsonaro, « l’Amazonie est ouverte aux entreprises.
Mais il est en feu et, lorsqu’il brûle, l’Amazonie contribue considérablement à la crise climatique – à la fois par le carbone libéré par les incendies de forêt et par la perte de capacité des arbres à absorber le carbone à l’avenir. Une Amazonie en bonne santé est essentielle à la survie non seulement des groupes locaux, mais aussi d’environ 400 groupes indigènes, mais de l’ensemble de notre planète.
Les entreprises et les institutions financières qui soutiennent les entreprises Bolsonaro invitent à diriger cette déforestation et cette destruction, et généreront d’énormes profits à court terme aux dépens de l’Amazonie.
C’est une urgence mondiale déchirante qui nécessite une action immédiate.
Maintenant que le monde prête enfin attention au bassin amazonien, il est important de comprendre également que les gouvernements et les entreprises du monde entier encouragent les politiques toxiques du régime Bolsonaro lorsqu’ils concluent des accords commerciaux avec son gouvernement ou investissent dans des entreprises agroalimentaires opérant en Amazonie. .
Des sociétés telles que BlackRock, la plus grande société d’investissement au monde, qui a annoncé son intention d’ étendre ses activités au Brésil après l’élection de Bolsonaro, constituent un important bailleur de fonds des géants de l’agroalimentaire impliqués dans la déforestation en Amazonie brésilienne, selon l’organisation non lucrative Amazon Watch.
Plus d’argent investi dans ces entreprises signifie plus de défrichements pour l’agriculture industrielle. Des initiatives comme celle-ci témoignent d’un fort soutien de Bolsonaro, qui a plaidé pour l’ ouverture de nouvelles zones de la forêt amazonienne à l’agriculture et à l’industrie, et dont le discours peut alimenter la haine contre les peuples autochtones et d’autres. De nombreuses activités pétrolières, minières et agroalimentaires dans lesquelles BlackRock aurait investi auraient contribué à la violation des droits des peuples autochtones et à l’expansion du développement en Amazonie, selon Amazon Watch, bon Amazonie .
En réponse aux accusations d’Amazon Watch selon lesquelles elle contribue à la destruction de la forêt tropicale, Blackrock a déclaré à la Financial Times : « Il investit pour le compte de nos clients, dont nous devons assumer les décisions en matière de placement. Nous ne possédons pas les actifs. nos clients y investissent. Nos clients choisissent d’investir dans un large éventail d’actifs et nous nous efforçons de leur offrir un large éventail d’options de placement, y compris des investissements durables. « 
Les autochtones d’Amazonie ont attiré l’attention sur les conséquences de ne pas protéger la forêt tropicale depuis des années . Ils ont également résisté à la destruction, payant parfois de leur vie.
Grâce au dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’ évolution du climat (GIEC) , la science occidentale a confirmé ce que les peuples autochtones savaient depuis longtemps: des collectivités locales fortes et organisées constituent un moyen de défense essentiel contre la destruction industrielle. Il est impératif de les soutenir dans leur combat pour la protection de la biodiversité sur leurs terres et le ralentissement immédiat des effets du changement climatique.
Depuis que Bolsonaro a pris le pouvoir, il y a eu une déforestation rapide en Amazonie brésilienne . Sa position anti-environnementale, qui définit à tort la protection des forêts et les droits de l’homme comme des obstacles à la croissance économique du Brésil, alimente les incendies. Défrichement illégal de terres par le feu est une pratique horrible, entreprise par les entreprises, qui se produit partout dans le monde. L’Indonésie, par exemple, a vu brûler environ 2,6 millions d’hectares de forêts en 2015 et la crise de brume qui en a résulté a causé environ 100 000 décès prématurés . Les émissions mondiales quotidiennes de gaz à effet de serre pendant la crise ont dépassé celles de l’ ensemble de l’économie américaine .
Ce n’est pas une hyperbole de dire que le destin d’un avenir viable est en jeu et que nous devons tenir pour responsables. BlackRock doit cesser d’investir dans les industries qui détruisent la forêt amazonienne vitale et les foyers des communautés autochtones qui y vivent; les actionnaires et le public doivent les pousser à agir. Les autres sociétés qui font des affaires ou investissent dans la destruction de l’Amazonie doivent également nettoyer activement leurs chaînes d’approvisionnement ou se désinvestir.
La solidarité mondiale avec les mouvements indigènes et environnementaux du Brésil peut faire la différence en ce moment critique. Le régime de Bolsonaro est sensible à son image à l’étranger et s’appuie de plus en plus sur les entreprises et les acteurs financiers internationaux pour secourir l’économie en difficulté du pays. La communauté internationale a donc une occasion unique et urgente de faire pression sur les entreprises les plus responsables de la crise actuelle. Les acres de forêt qui brûlent sont maintenant malheureusement perdus, mais ces efforts peuvent empêcher le reste de l’Amazonie de partir en fumée. Cet enfer n’est pas un phénomène naturel: la majorité des incendies de forêt ont été délibérément allumés pour défendre les intérêts commerciaux d’un groupe de mauvais acteurs.
L’Amazonie brûle, l’Arctique brûle et la liste des terres brûlées semble s’allonger continuellement: Alaska, Groenland, Sibérie, partout en Europe et encore en Indonésie. Nous devons agir maintenant.
La protection des forêts tropicales  et le respect des droits des peuples autochtones sont parmi les moyens les plus importants d’atténuer les effets de la crise climatique croissante, mais pour y mettre un terme, nous devons obliger les entreprises, les financiers et les gouvernements responsables de cette destruction à rendre des comptes. Notre maison est en feu et les peuples autochtones ont sonné l’alarme —- Sommes-nous prêts à répondre à l’appel?

LE PLAN ILLUMINATI DE DÉPEUPLEMENT EST EN COURS

Donald Trump et Jair Bolsonaro.

 

Les forêts brûlent en Amérique du Sud et c’est très inquiétant. Si l’Amazonie retient beaucoup l’attention ces derniers jours, il y a des incendies presque partout sur la planète. Au Brésil seulement il y a plus de 10 000 foyers d’incendies. Les autorités espèrent que la pluie viendra ralentir l’ardeur du feu.

La forêt amazonienne produit environ 20% de l’oxygène sur la planète. De fait, les arbres absorbent le carbone, ce qui devient un peu comme leur nourriture, pour ensuite produire de l’oxygène, gaz essentiel à la vie animale. Si nos forêts brûlent, cela signifie moins de nourriture atmosphérique pour nous, les animaux.

Ceci ,ceux qui sont à la base du Plan Illuminati de Dépeuplement  Mondial ,le savent très bien et le résultat de cet attentat  contre l’Amazonie devrait être la mort de plus en plus de gens à travers le monde.

Afin de stopper  ce génocide,cet extinction massive d’espèces,il faudrait envoyer un comité d’enquête afin d’évaluer  les implications du gouvernement du dictateur brézilien et réussir à l’inculper dans une cour internationale sous  l’accusation de crime contre l’humanité.

Exterminons ces dangereux criminels  avant qu’ils ne détruisent tout au nom de leurs profits capitalistes sacrés!

La déforestation s’est accélérée depuis la venue de Jair Bolsonalo.

 

 

 

La « désertification » et le rôle du changement climatique

La désertification a été décrite comme « le plus grand défi environnemental de notre époque » et le changement climatique l’aggrave.

Bien que ce terme puisse évoquer les dunes de sable balayées par le vent du Sahara ou les vastes mares salées du Kalahari, il s’agit d’un problème qui dépasse de loin ceux qui vivent dans les déserts du monde et dans les environs, menaçant la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de plus de deux milliards de personnes. personnes.

L’impact combiné du changement climatique, de la mauvaise gestion des terres et de l’utilisation non durable de l’eau douce a entraîné une dégradation croissante des régions du monde où l’eau est rare. Cela laisse leurs sols moins en mesure de supporter les cultures, le bétail et la faune.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’ évolution du climat  (GIEC) publiera cette semaine  son rapport spécial sur le  changement climatique et les terres . Le rapport,  rédigé par des  centaines de scientifiques et de chercheurs du monde entier, consacre l’un de ses sept chapitres uniquement à la question de la désertification.

Avant la publication du rapport, Carbon Brief analyse ce qu’est la désertification, le rôle que joue le changement climatique et son impact dans le monde.

Définir la désertification

En 1994, l’ONU a établi la  Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) en tant que «seul accord international juridiquement contraignant liant environnement et développement à une gestion durable des terres». La Convention elle-même était une réponse à un  appel lancé  lors du Sommet de la Terre des Nations  Unies  à Rio de Janeiro en 1992 afin de mener des négociations en vue d’un accord juridique international sur la désertification.

La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification énonçait une définition de la désertification dans un  traité adopté  par les parties en 1994. La désertification signifiait «dégradation des sols dans les zones arides, semi-arides et subhumides sèches résultant de divers facteurs, notamment les variations climatiques et les activités humaines».

La première partie de l'article 1 de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, adoptée en 1994 et entrée en vigueur en 1996. Source: Collection des traités des Nations Unies
La première partie de l’article 1 de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, adoptée en 1994 et entrée en vigueur en 1996. Source: Collection des traités des Nations Unies

Ainsi, plutôt que la désertification signifiant l’expansion littérale des déserts, il s’agit d’un terme fourre-tout pour la dégradation des terres dans les régions du monde où l’eau est rare. Cette dégradation inclut le déclin temporaire ou permanent de la qualité du sol, de la végétation, des ressources en eau ou de la faune, par exemple. Cela inclut également la détérioration de la productivité économique des terres – telle que la capacité de les exploiter à des fins commerciales ou de subsistance.

Les zones arides, semi-arides et sub-humides sèches sont appelées collectivement «zones arides». Ce sont, sans surprise, des zones qui reçoivent relativement peu de pluie ou de neige chaque année. Techniquement, ils sont définis par la Convention comme «des zones autres que les régions polaires et sub-polaires, dans lesquelles le rapport des précipitations annuelles à l’évapotranspiration potentielle se situe dans la plage de 0,05 à 0,65».

En termes simples, cela signifie que la quantité de pluie reçue par la région représente entre 5 et 65% de sa perte par évaporation et  transpiration  de la surface du sol et de la végétation, respectivement. Toute zone qui reçoit plus que cela est appelée « humide ».

Vous pouvez le voir plus clairement sur la carte ci-dessous, où les zones arides du monde sont identifiées par différentes nuances de couleur orange et rouge. Les zones arides couvrent environ 38% de la superficie terrestre de la planète, couvrant une grande partie de l’Afrique du Nord et du Sud, l’ouest de l’Amérique du Nord, l’Australie, le Moyen-Orient et l’Asie centrale. Environ 2,7 milliards de personnes  vivent dans les zones arides   (pdf), dont  90% vivent dans des pays en développement.

 

La distribution observée des différents niveaux d’aridité, basée sur les données de 1981 à 2010. La couleur ombrée indique les régions définies comme étant froides (gris), humides (vert), sèches, sous-humides (rouge), arides (orange foncé), semi-arides (orange pâle) et hyperarides (jaune pâle). Carte produite par l’ unité commune de recherche de la Commission européenne .

 

Les terres arides sont  particulièrement exposées  à la dégradation des sols en raison de la pluviosité faible et variable ainsi que de la faible fertilité des sols. Mais à quoi ressemble cette dégradation?

Les terres peuvent se dégrader de nombreuses façons. L’un des principaux processus est l’érosion – la décomposition et l’enlèvement progressifs des roches et des sols. Ceci est généralement dû à une certaine force de la nature – comme le vent, la pluie et / ou les vagues – mais peut être exacerbé par des activités telles que le labour, le pâturage ou la déforestation.

La perte de fertilité du sol est une autre forme de dégradation. Cela peut être dû à une perte d’éléments nutritifs, tels que l’azote, le phosphore et le potassium, ou à une diminution de la quantité de matière organique dans le sol. Par exemple, l’érosion des sols par l’eau entraîne des pertes mondiales  pouvant atteindre 42 millions de tonnes d’azote et 26 millions de tonnes de phosphore  chaque année. Sur les terres agricoles, cela doit inévitablement être remplacé par des engrais à un coût élevé. Les sols peuvent également souffrir de la salinisation – une augmentation de la teneur en sel – et de l’acidification due à une utilisation excessive d’engrais.

Ensuite, de  nombreux autres processus  sont classés dans la catégorie dégradation, notamment une perte ou un changement de type et de couverture de végétation, le compactage et le durcissement du sol, une augmentation des incendies de forêt et une nappe phréatique en déclin du fait d’une extraction excessive des eaux souterraines.

Mélange de causes

Selon un  récent rapport  de la  Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques  (IPBES), «la dégradation des sols est presque toujours le résultat de multiples causes en interaction».

Les causes directes de la désertification peuvent être largement réparties entre celles qui concernent la gestion ou la non gestion des sols et celles qui concernent le climat. La première comprend des facteurs tels que la déforestation, le surpâturage du bétail, la surexploitation des cultures et une irrigation inappropriée; ce dernier comprend les fluctuations naturelles du climat et le réchauffement de la planète résultant des émissions de gaz à effet de serre causées par l’homme.

Terre affectée par le surpâturage par le bétail en Inde. Crédit: Maximilian Buzun / Alamy Banque de Photos. KKFE00
Terre affectée par le surpâturage par le bétail en Inde. Crédit: Maximilian Buzun / Alamy Banque de Photos.

 

Le rapport de l’IPBES note également des causes sous-jacentes, notamment «des facteurs économiques, démographiques, technologiques, institutionnels et culturels».

En ce qui concerne le rôle du climat, un facteur important est que la surface de la terre se réchauffe plus rapidement que la surface de la Terre dans son ensemble. (Cela s’explique par le fait que la « capacité calorifique » du sol est inférieure à celle de l’eau des océans, ce qui signifie qu’elle a besoin de moins de chaleur pour augmenter sa température.) Ainsi, alors que les températures moyennes mondiales sont d’  environ 1,1 ° C  plus chaudes maintenant que dans  les temps préindustriels , la surface du sol s’est réchauffée d’environ 1,7 ° C. Le graphique ci-dessous compare les variations de la température des terres dans quatre enregistrements différents avec la température moyenne mondiale depuis 1970 (ligne bleue).

La température moyenne des terres dans le monde à partir de quatre jeux de données: CRUTEM4 (violet), NASA (rouge), NOAA (jaune) et Berkeley (gris) pour la période allant de 1970 à nos jours, par rapport à un scénario de référence de 1961 à 1990. La température globale de l’enregistrement HadCRUT4 (en bleu) est également indiquée. Graphique parbilan carbone en utilisant  Highcharts .

Bien que cette soutenue, le réchauffement causé par l’ homme peut par lui – même ajouter au stress thermique face à la végétation, elle est également liée à  l’ aggravation des phénomènes météorologiques extrêmes , explique  le professeur Lindsay Stringer , professeur dans l’ environnement et le développement à l’  Université de Leeds  et auteur principal sur le chapitre sur la dégradation des sols du prochain rapport sur les terres du GIEC. Elle dit à Carbon Brief:

«Les changements climatiques ont une incidence sur la fréquence et l’ampleur d’événements extrêmes tels que les sécheresses et les inondations. Dans les zones naturellement sèches, par exemple, une sécheresse peut avoir un impact considérable sur la couverture végétale et la productivité, en particulier si ces terres sont utilisées par un grand nombre de têtes de bétail. Au fur et à mesure que les plantes meurent faute d’eau, le sol devient nu et s’érode plus facilement sous l’effet du vent et de l’eau lorsque les pluies arrivent. ”

(Stringer commente ici son rôle au sein de son institution d’origine et non en tant qu’auteur du GIEC. C’est le cas de tous les scientifiques cités dans cet article.)

La variabilité naturelle du climat et le réchauffement de la planète peuvent également affecter la structure des précipitations dans le monde, ce qui peut contribuer à la désertification. Les précipitations ayant un effet de refroidissement sur la surface du sol, une diminution des précipitations peut permettre aux sols de se dessécher à la chaleur et de devenir plus sujets à l’érosion. D’autre part, les fortes précipitations peuvent éroder le sol et causer l’engorgement et la subsidence.

Par exemple, la sécheresse généralisée – et la  désertification associée  – dans la région africaine du Sahel au cours de la seconde moitié du XXe siècle ont été liées aux fluctuations naturelles dans les  océans Atlantique, Pacifique et Indien , tandis que les recherches suggèrent également qu’une récupération partielle des pluies a été provoquée. en  réchauffant les températures de surface de la mer en Méditerranée .

Mme Katerina Michaelides , chargée de cours principale au  Drylands Research Group de l’  Université de Bristol  et auteur du chapitre sur la désertification du rapport sur les terres du GIEC, a décrit le passage à des conditions plus sèches comme principal impact du réchauffement climatique sur la désertification. Elle dit à Carbon Brief:

«Le principal effet du changement climatique est l’aridification, un changement progressif du climat vers un état plus aride – les précipitations diminuant en fonction de la demande évaporative – car elles affectent directement l’approvisionnement en eau de la végétation et des sols.»

Les changements climatiques sont également un  facteur contributif des incendies de forêt , provoquant des saisons plus chaudes – et parfois plus sèches – qui créent des conditions idéales pour la maîtrise des incendies. Et un climat plus chaud peut accélérer la décomposition du carbone organique dans les sols, les laissant épuisés et  moins en mesure de retenir l’eau et les nutriments .

Outre les impacts physiques sur le paysage, le changement climatique peut avoir un impact sur les hommes «car il réduit les options en matière d’adaptation et de moyens de subsistance et peut amener les populations à surexploiter la terre», note Stringer.

Cette surexploitation fait référence à la façon dont les humains peuvent mal gérer leurs terres et provoquer leur dégradation. Le moyen le plus évident est peut-être la déforestation. Enlever des arbres peut perturber l’équilibre des éléments nutritifs dans le sol et enlever les racines qui aident à lier le sol ensemble, le laissant ainsi risquer d’être érodé et lavé ou emporté par le vent.

 

Déforestation près de Gambela, Ethiopie.

 

Les forêts jouent également un rôle important dans le cycle de l’eau, en particulier sous les tropiques. Par exemple, des  recherches  publiées dans les années 1970 ont montré que la forêt amazonienne génère environ la moitié de ses propres précipitations. Cela signifie que le défrichage des forêts risque d’assécher le climat local, ce qui augmente le risque de désertification.

La production alimentaire est également un facteur majeur de la désertification. La demande croissante de nourriture peut voir les  terres cultivées s’étendre dans les forêts et les prairies , et utiliser des méthodes d’agriculture intensive pour maximiser les rendements. Le surpâturage du bétail peut dépouiller les  parcours  de végétation et de nutriments.

Cette demande peut souvent avoir des facteurs politiques et socio-économiques plus larges, note Stringer:

«Par exemple, la demande de viande en Europe peut entraîner le défrichement des terres forestières en Amérique du Sud. Ainsi, alors que la désertification est vécue dans des endroits particuliers, ses moteurs sont mondiaux et proviennent en grande partie du système politique et économique mondial en vigueur. « 

Impacts locaux et globaux

Bien entendu, aucun de ces conducteurs n’agit de manière isolée. Le changement climatique interagit avec les autres facteurs humains de la dégradation, tels que «la gestion non durable des terres et l’expansion agricole, en provoquant ou en aggravant nombre de ces processus de désertification», a déclaré le  Dr Alisher Mirzabaev , chercheur principal à l’  université de Bonn  et auteur principal coordinateur. sur le chapitre sur la désertification du rapport sur les terres du GIEC. Il dit à Carbon Brief:

«Il en résulte une baisse de la productivité des cultures et de l’élevage, une perte de biodiversité et des risques accrus d’incendies de forêt dans certaines zones. Naturellement, cela aura des impacts négatifs sur la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance, en particulier dans les pays en développement. ”

Selon Stringer, la désertification entraîne souvent «une réduction de la couverture végétale, donc des sols plus nus, un manque d’eau et une salinisation des sols dans les zones irriguées». Cela peut également signifier une perte de biodiversité et des cicatrices visibles du paysage dues à l’érosion et à la formation de ravins à la suite de fortes pluies.

«La désertification a déjà contribué à la perte de biodiversité au niveau mondial», a ajouté  Joyce Kimutai  du Département de météorologie du  Kenya . Kimutai, qui est également l’auteur principal du chapitre sur la désertification du rapport sur les terres du GIEC, a déclaré à Carbon Brief:

«Les espèces sauvages, en particulier les grands mammifères, ont une capacité limitée d’adaptation en temps utile aux effets conjugués du changement climatique et de la désertification.»

Par exemple, une  étude  (pdf) de la région du désert du Cholistan au Pakistan a révélé que «la flore et la faune s’éclaircissaient progressivement avec la sévérité croissante de la désertification». Et une  étude menée en  Mongolie a révélé que «tous les indicateurs de la richesse et de la diversité des espèces ont considérablement diminué» en raison du pâturage et de la hausse des températures au cours des deux dernières décennies.

La dégradation peut également ouvrir la voie à des espèces envahissantes  et à  des espèces moins adaptées au bétail, dit Michaelides:

«Dans de nombreux pays, la désertification entraîne une baisse de la fertilité des sols, une réduction de la couverture végétale – en particulier de la couverture herbeuse – et des espèces d’arbustes plus envahissantes. Concrètement, les conséquences en sont une diminution des terres disponibles pour le pâturage et des sols moins productifs. Les écosystèmes commencent à être différents à mesure que de plus en plus d’arbustes tolérants à la sécheresse envahissent ce qui était auparavant des prairies et que des sols plus nus sont exposés. ”

Cela a «des conséquences dévastatrices pour la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance et la biodiversité», explique-t-elle:

«Lorsque la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance sont intimement liés à la terre, les conséquences de la désertification sont particulièrement immédiates. On peut citer comme exemple de nombreux pays d’Afrique de l’Est – en particulier la Somalie, le Kenya et l’Éthiopie – où plus de la moitié de la population est composée de pasteurs dépendant de pâturages en santé pour leur subsistance. En Somalie seulement, l’élevage contribue pour environ 40% du PIB [produit intérieur brut]. « 

La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la  désertification estime  qu’environ 12 millions d’hectares de terres productives sont perdus chaque année à cause de la désertification et de la sécheresse. Cette zone pourrait produire 20 millions de tonnes de céréales par an.

Cela a un impact financier considérable. Au Niger, par exemple, le coût de la dégradation causée par le changement d’utilisation des terres représente  environ 11% de son PIB . De même en Argentine, «la perte totale de services écosystémiques due au changement d’affectation des terres, à la dégradation des zones humides et à l’utilisation de pratiques de gestion dégradant les terres en pâturage et certaines terres cultivées» équivaut à  environ 16% de son PIB .

La perte de bétail, la diminution des rendements des cultures et la dégradation de la sécurité alimentaire sont des impacts humains très visibles de la désertification, déclare Stringer:

«Les gens font face à ce genre de défis de différentes manières – en sautant des repas pour économiser de la nourriture; acheter ce qu’ils peuvent – ce qui est difficile pour ceux qui vivent dans la pauvreté avec peu d’autres moyens de subsistance – en collectant des aliments sauvages, et dans des conditions extrêmes, souvent associées à d’autres facteurs, les populations quittent les zones touchées pour abandonner leurs terres. « 

Les populations sont particulièrement vulnérables aux conséquences de la désertification lorsqu’elles disposent de «droits de propriété précaires, de peu de soutien économique pour les agriculteurs, de niveaux élevés de pauvreté et d’inégalité et d’une gouvernance faible», ajoute Stringer.

Un autre impact de la désertification est l’augmentation des tempêtes de sable et de poussière. Ces phénomènes naturels –  connus sous les noms de  «sirocco», «haboob», «poussière jaune», «tempêtes blanches» et «harmattan» – se produisent lorsque de forts vents emportent du sable et de la saleté sur des sols nus et secs. Les recherches suggèrent  que les émissions annuelles de poussières dans le monde ont augmenté de 25% entre la fin du XIXe siècle et aujourd’hui, les principaux facteurs étant les changements climatiques et l’utilisation des sols.

 

Une tempête de poussière Haboob survole les montagnes Mohawk près de Tacna, en Arizona, le 9 juillet 2018. Source: John Sirlin / Alamy Stock Photo. T0TRCA
Une tempête de poussière Haboob survole les montagnes Mohawk près de Tacna, en Arizona, le 9 juillet 2018.

Une récente étude  révèle que les tempêtes de poussière au Moyen-Orient «deviennent de plus en plus fréquentes et intenses»  . Cela a été motivé par «la réduction à long terme des précipitations favorisant une humidité du sol et un couvert végétal plus bas». Cependant, Stringer ajoute qu ‘«il est nécessaire de poursuivre les recherches pour établir les liens précis entre changement climatique, désertification et tempêtes de poussière et de sable».

Les tempêtes de poussière peuvent avoir un impact considérable sur la santé humaine, en  contribuant à  des troubles respiratoires tels que l’asthme et la pneumonie, des problèmes cardiovasculaires et des irritations de la peau, ainsi qu’à la pollution des sources d’eau libre. Ils peuvent également  perturber l’ infrastructure en réduisant l’efficacité des  panneaux solaires  et  des éoliennes en les recouvrant de poussière et en perturbant les  routes, les chemins de fer et les aéroports .

Retour sur le climat

L’ajout de poussière et de sable dans l’atmosphère est également l’un des effets de la désertification sur le climat, a déclaré Kimutai. D’autres incluent «les changements dans la couverture végétale, l’albédo de surface (réflectivité de la surface de la Terre) et les flux de gaz à effet de serre», ajoute-t-elle.

Les particules de poussière dans l’atmosphère peuvent  disperser les rayons  du soleil, ce qui réduit le réchauffement local à la surface mais les augmente dans l’air. Ils peuvent également influer sur la formation et la durée de vie des nuages,  ce qui réduit potentiellement les risques de précipitations  et réduit donc l’humidité dans une zone déjà sèche.

Les sols constituent un stock de carbone très important. Les deux derniers mètres de sol dans les zones arides mondiales, par exemple, stockent environ  646 milliards de tonnes de carbone  , soit environ 32% du carbone contenu dans tous les sols du monde.

Les recherches montrent  que la teneur en humidité du sol est la principale influence sur la capacité des sols des terres arides à «minéraliser» le carbone. C’est le processus, également appelé «respiration du sol», dans lequel les microbes décomposent le carbone organique du sol et le convertissent en CO2. Ce processus rend également les éléments nutritifs du sol disponibles pour que les plantes puissent les utiliser pendant leur croissance.

Erosion des sols au Kenya. 

La respiration du sol indique sa  capacité à soutenir la croissance des plantes . Et généralement, la respiration diminue avec la diminution de l’humidité du sol jusqu’à un point où l’  activité microbienne cesse effectivement . Bien que cela réduise le CO2 libéré par les microbes, il inhibe également la croissance des plantes, ce qui signifie que la végétation absorbe moins de CO2 de l’atmosphère grâce à la photosynthèse. Dans l’ensemble, les sols secs sont plus susceptibles d’être des émetteurs nets de CO2.

Ainsi, à mesure que les sols deviennent plus arides, ils auront tendance à moins pouvoir piéger le carbone de l’atmosphère et contribueront ainsi au changement climatique. D’autres formes de dégradation libèrent également du CO2 dans l’atmosphère, telles que la  déforestation , le surpâturage – en dépouillant la terre de la végétation – et les  incendies de forêt .

Mapping troubles

«La plupart des environnements de zones arides du monde sont touchés par la désertification dans une certaine mesure», a déclaré Michaelides.

Mais proposer une estimation globale robuste de la désertification n’est pas simple, explique Kimutai:

«Les estimations actuelles de l’étendue et de la gravité de la désertification varient considérablement en raison d’informations manquantes et / ou peu fiables. La multiplicité et la complexité des processus de désertification rendent sa quantification encore plus difficile. Les études ont utilisé différentes méthodes basées sur différentes définitions. « 

Et l’identification de la désertification est rendue plus difficile car elle a tendance à émerger relativement lentement, ajoute Michaelides:

«Au début du processus, la désertification peut être difficile à détecter et, comme elle est lente, il faudra peut-être des décennies pour se rendre compte qu’un lieu est en train de changer. Au moment où il est détecté, il peut être difficile d’arrêter ou d’inverser. « 

La désertification sur toute la surface de la Terre a été cartographiée pour la première fois dans une étude publiée dans la revue  Economic Geography  en 1977. Il était indiqué ce qui suit: «Dans la plupart des pays du monde, il existe peu d’informations fiables sur l’ampleur de la désertification dans certains pays». La carte – indiquée ci-dessous – classait les zones de désertification en «légères», «modérées», «graves» ou «très graves» sur la base d’une combinaison «d’informations publiées, d’expériences personnelles et de consultations avec des collègues».

Carte du monde indiquant l'état de la désertification dans les régions arides du monde. Tiré de Dregne, HE (1977) Désertification des terres arides, géographie économique, vol. 53 (4): pages 322 à 331. © Clark University, reproduit avec l'autorisation de Informa UK Limited, exerçant sous le nom de Taylor & Francis Group, www.tandfonline.com pour le compte de Clark University.
Etat de la désertification dans les régions arides du monde. Tiré de Dregne, HE (1977) Désertification des terres arides, géographie économique , vol. 53 (4): pages 322 à 331. © Clark University, reproduit avec l’autorisation de Informa UK Limited, exerçant sous le nom de Taylor & Francis Group, http://www.tandfonline.com pour le compte de Clark University.

 

En 1992, le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a publié son premier « Atlas mondial de la désertification » (WAD). Il a cartographié la dégradation des sols due aux activités humaines dans le monde, en s’inspirant largement de « Évaluation mondiale de la dégradation des sols d’origine anthropique » (GLASOD), financée par le PNUE . Le projet GLASOD était lui-même basé sur un jugement d’experts, avec  plus de 250 scientifiques spécialistes des sols et de l’environnement  contribuant à des évaluations régionales qui ont alimenté sa carte mondiale, publiée en 1991.

La carte GLASOD, présentée ci-dessous, détaille l’ampleur et le degré de dégradation des sols dans le monde. Il a classé la dégradation en produit chimique (ombrage rouge), vent (jaune), physique (violet) ou eau (bleu).

Évaluation globale de la dégradation des sols d'origine anthropique (GLASOD). Les zones ombrées indiquent le type de dégradation: chimique (rouge), vent (jaune), physique (violet) et eau (bleu), les zones plus foncées indiquant des niveaux de dégradation plus élevés. Source: Oldeman, LR, Hakkeling, RTA et Sombroek, WG (1991). Carte mondiale de l'état de la dégradation des sols induite par l'homme: note explicative (éd. Rév.), PNUE et ISRIC, Wageningen.
Évaluation globale de la dégradation des sols d’origine anthropique (GLASOD) . Les zones ombrées indiquent le type de dégradation: chimique (rouge), vent (jaune), physique (violet) et eau (bleu), les zones plus foncées indiquant des niveaux de dégradation plus élevés. Source: Oldeman, LR, Hakkeling, RTA et Sombroek, WG (1991). Carte mondiale de l’état de la dégradation des sols induite par l’homme: note explicative (éd. Rév.), PNUE et ISRIC, Wageningen.

Bien que GLASOD ait également été utilisé pour le  deuxième WAD , publié en 1997, la carte a  été critiquée  pour son manque de cohérence et de reproductibilité. Des ensembles de données ultérieurs, tels que l’ évaluation globale de la dégradation et de l’amélioration des terres (GLADA), ont bénéficié de l’ajout de  données satellitaires .

Néanmoins, au moment où le  troisième WAD  – produit par le Centre commun de recherche de la Commission européenne – est arrivé environ deux décennies plus tard, les auteurs ont « décidé de prendre une voie différente ». Comme le rapport le dit:

«La dégradation des sols ne peut être cartographiée de manière globale par un seul indicateur ou par une combinaison arithmétique ou modélisée de variables. Une seule carte mondiale de la dégradation des sols ne peut satisfaire toutes les vues ou tous les besoins. ”

Au lieu d’une seule métrique, l’atlas considère un ensemble de «14 variables souvent associées à la dégradation des sols», telles que l’aridité, la densité du bétail, la perte d’arbres et la baisse de productivité des terres.

En tant que telle, la carte ci-dessous – extraite de l’Atlas – ne montre pas la dégradation des sols, mais la « convergence des preuves » de la concordance de ces variables. Les parties du monde présentant les problèmes les plus potentiels (comme l’indiquent les zones orange et rouge) – telles que l’Inde, le Pakistan, le Zimbabwe et le Mexique – sont ainsi identifiées comme particulièrement exposées au risque de dégradation.

Carte montrant la «convergence des preuves» de 14 risques de dégradation des sols tirés de la troisième édition de l'Atlas mondial de la désertification. Ombrage indique le nombre de risques coïncidents. Les zones qui en ont le moins sont indiquées en bleu, qui augmentent ensuite en vert, jaune, orange et le plus en rouge. Crédit: Office des publications de l'Union européenne

Carte montrant la «convergence des preuves» de 14 risques de dégradation des sols tirés de la troisième édition de l’Atlas mondial de la désertification. Ombrage indique le nombre de risques coïncidents. Les zones qui en ont le moins sont indiquées en bleu, qui augmentent ensuite en vert, jaune, orange et le plus en rouge. Crédit:  Office des publications de l’Union européenne

L’avenir

Comme la désertification ne peut pas être caractérisée par un seul indicateur, il est également délicat de faire des prévisions sur la manière dont les taux de dégradation pourraient changer à l’avenir.

En outre, de nombreux facteurs socio-économiques contribueront. Par exemple, le nombre de personnes directement touchées par la désertification augmentera probablement uniquement en raison de la croissance démographique. La population vivant dans les zones arides du monde entier  devrait augmenter  de 43%, pour atteindre quatre milliards d’ici 2050.

L’impact du changement climatique sur l’aridité est également compliqué. Un climat plus chaud est généralement  plus apte à évaporer l’humidité de la surface du sol  – ce qui augmente potentiellement la sécheresse en combinaison avec des températures plus chaudes.

Cependant, le changement climatique affectera également les régimes de précipitations et une atmosphère plus chaude peut contenir plus de vapeur d’eau, augmentant potentiellement les précipitations moyennes et fortes dans certaines régions.

Il existe également une  question conceptuelle  de distinction entre les changements à long terme dans la sécheresse d’une région et la nature relativement courte des sécheresses.

En général, la superficie mondiale des terres arides devrait s’accroître à mesure que le climat se réchauffe. Les projections selon les scénarios d’émissions RCP4.5 et RCP8.5 suggèrent que les terres arides  augmenteront respectivement de 11% et 23% par rapport à 1961-90. Cela signifierait que les terres arides pourraient représenter respectivement 50% ou 56% de la surface terrestre de la Terre d’ici à la fin du siècle, contre 38% aujourd’hui.

Cette expansion des régions arides se produira principalement «sur le sud-ouest de l’Amérique du Nord, la frontière nord de l’Afrique, l’Afrique australe et l’Australie»,   indique une autre étude. et Amérique du Nord et du Sud ».

Les recherches montrent également que le changement climatique augmente déjà  la probabilité et la gravité des sécheresses dans le monde . Cette tendance devrait se poursuivre. Par exemple,  une étude utilisant le scénario d’émissions intermédiaires «RCP4.5» prévoit des augmentations importantes (jusqu’à 50% à 200% en termes relatifs) de la fréquence des futures sécheresses modérées et graves dans la plupart des Amériques, en Europe, Afrique australe et Australie »

Une autre étude  note que  les  simulations de modèles climatiques «suggèrent des sécheresses graves et généralisées au cours des 30 à 90 prochaines années sur de nombreuses zones terrestres, résultant d’une diminution des précipitations et / ou d’une augmentation de l’évaporation».

Cependant, il convient de noter que toutes les terres arides ne devraient pas devenir plus arides avec le changement climatique. La carte ci-dessous, par exemple, montre l’évolution prévue pour une mesure de l’aridité (définie comme le rapport pluie /  évapotranspiration potentielle , TEP) d’ici 2100 dans le cadre de simulations de modèles climatiques pour RCP8.5. Les zones ombrées en rouge indiquent que les zones deviendront plus sèches (car le PET augmentera plus que les précipitations), tandis que celles en vert deviendront plus humides. Ce dernier comprend une grande partie du Sahel et de l’Afrique de l’Est, ainsi que l’Inde et des parties du nord et de l’ouest de la Chine.

Changements projetés de l'indice d'aridité (le ratio précipitations / PET), simulés sur terre par 27 modèles climatiques CMIP5 d'ici 2100 dans le scénario RCP8.5. Source: Sherwood et Fu (2014). Reproduit avec la permission de Steven Sherwood.

Changements projetés de l’indice d’aridité (le ratio précipitations / PET), simulés sur terre par 27   modèles climatiques CMIP5 d’ ici 2100 dans le scénario RCP8.5. Source: Sherwood et Fu ( 2014 ). Reproduit avec la permission de Steven Sherwood.

Les simulations de modèles climatiques suggèrent également que les précipitations, lorsqu’elles se produiront, seront plus intenses  dans la quasi-totalité du monde , augmentant potentiellement les risques d’érosion des sols. Les projections indiquent que la majeure partie du monde verra une  augmentation de 16-24%  de l’intensité des fortes précipitations d’ici 2100.

Solutions

Limiter le réchauffement climatique est donc l’un des principaux moyens d’  aider à mettre un terme à la désertification  à l’avenir, mais quelles autres solutions existent-elles?

L’ONU a  désigné  la décennie de janvier 2010 à décembre 2020 comme «décennie des Nations Unies pour le désert et la lutte contre la désertification». La décennie devait être «une opportunité d’apporter des changements cruciaux pour garantir la capacité à long terme des terres arides à apporter une valeur au bien-être de l’humanité».

Ce qui est très clair, c’est que mieux vaut prévenir que guérir, et beaucoup moins cher. «Une fois que la désertification s’est produite, il est très difficile d’inverser la tendance», a déclaré Michaelides. En effet, une fois que «la cascade de processus de dégradation a commencé, il est difficile de l’interrompre ou de s’arrêter».

Pour mettre un terme à la désertification avant qu’elle ne commence, il faut prendre des mesures pour «protéger contre l’érosion des sols, prévenir la perte de végétation, prévenir le surpâturage ou la mauvaise gestion des terres», explique-t-elle:

«Toutes ces choses nécessitent des efforts concertés et des politiques de la part des communautés et des gouvernements pour gérer les ressources en terres et en eau à grande échelle. Même une mauvaise gestion des terres à petite échelle peut entraîner une dégradation à plus grande échelle. Le problème est donc assez complexe et difficile à gérer. ”

Lors de la  Conférence des Nations Unies sur le développement durable tenue  à Rio de Janeiro en 2012, les parties ont convenu de «s’efforcer de parvenir à un monde neutre pour la dégradation des sols dans le contexte du développement durable». Ce concept de « neutralité de la dégradation des sols » (LDN) a ensuite  été repris par la Convention  et également  officiellement adopté en  tant que  cible 15.3  des  objectifs de développement durable  par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2015.

L’idée de LDN, expliquée en détail dans la vidéo ci-dessous, est une hiérarchie de réponses: premièrement pour éviter la dégradation des terres, deuxièmement pour la minimiser là où cela se produit, et troisièmement pour compenser toute nouvelle dégradation en restaurantant et réhabilitant des terres ailleurs. Le résultat étant que la dégradation globale entre en équilibre – toute nouvelle dégradation étant compensée par le renversement de la dégradation précédente.

 

Pour Mariam Akhtar-Schuster , coprésidente de l’ interface science-politique de la  Convention  et rédactrice en chef du chapitre sur la désertification du rapport sur les terres du GIEC, la «gestion durable des terres» est essentielle pour atteindre l’objectif de la NDT  . Elle dit à Carbon Brief:

«Les pratiques de gestion durable des terres, qui sont basées sur les conditions socio-économiques et écologiques locales d’une région, permettent d’éviter la désertification en premier lieu, mais aussi de réduire les processus de dégradation en cours. »

La GDT signifie essentiellement maximiser les avantages économiques et sociaux de la terre tout en maintenant et en améliorant sa productivité et ses fonctions environnementales. Cela peut englober toute une gamme de techniques, telles que le pâturage en rotation du bétail, améliorer les éléments nutritifs du sol en laissant les résidus de récolte sur le sol après la récolte, piéger les sédiments et les éléments nutritifs qui seraient autrement perdus du fait de l’érosion et planter des arbres à croissance rapide pour constituer un abri du vent.

Test de la santé des sols en mesurant les fuites d'azote dans l'ouest du Kenya. Crédit: CIAT / (CC BY-NC-SA 2.0).

Test de la santé des sols en mesurant les fuites d’azote dans l’ouest du Kenya. Crédit: CIAT / (CC BY-NC-SA 2.0).

Mais ces mesures ne peuvent être appliquées nulle part, note Akhtar-Schuster:

«Etant donné que la GDT doit être adaptée aux conditions locales, il n’existe pas de boîte à outils unique permettant d’éviter ou de réduire la désertification. Cependant, tous ces outils adaptés localement auront les meilleurs effets s’ils sont intégrés à un système national intégré de planification de l’utilisation des sols. »

Stringer convient qu’il n’y a pas de solution miracle pour prévenir et inverser la désertification. Et ce ne sont pas toujours les mêmes personnes qui investissent dans la GDT qui en bénéficient, explique-t-elle:

«Un exemple ici serait celui des utilisateurs des terres en amont d’un bassin versant reboisant une zone et réduisant l’érosion des sols dans les plans d’eau. Pour les personnes vivant en aval, cela réduit les risques d’inondation car il y a moins de sédimentation et pourrait également améliorer la qualité de l’eau. »

Cependant, il y a aussi un problème d’équité si les utilisateurs des terres en amont paient pour les nouveaux arbres et que ceux en aval reçoivent les avantages sans frais, a déclaré Stringer:

«Les solutions doivent donc identifier qui« gagne »et qui« perd »et devraient incorporer des stratégies qui compensent ou minimisent les inégalités.»

«Tout le monde oublie cette dernière partie sur l’équité et la justice», ajoute-t-elle. L’autre aspect qui a également été négligé par le passé est d’obtenir l’adhésion de la communauté aux solutions proposées, dit Stringer.

Les recherches montrent  que l’utilisation des connaissances traditionnelles peut être particulièrement bénéfique pour lutter contre la dégradation des sols. Notamment parce que les communautés vivant dans les zones arides le font avec succès depuis des générations, malgré les conditions environnementales difficiles.

Selon Stringer, cette idée est de plus en plus prise en compte – une réponse aux «interventions descendantes» qui se sont révélées «inefficaces» en raison d’un manque de participation de la communauté.

de la résilience https://www.resilience.org/stories/2019-08-07/desertification-and-the-role-of-climate-change/
via IFTTT

 

 

 

 

La calotte glaciaire du Groenland menacée par la vague de chaleur

La calotte glaciaire du Groenland est sous haute surveillance.

 

 

La vague de chaleur qui a fait tomber de multiples records en Europe cette semaine constitue maintenant une menace pour la calotte glaciaire du Groenland, affirme l’Organisation météorologique mondiale.

D’après les prévisions – et cela est inquiétant –, le flux atmosphérique va maintenant pousser la masse d’air chaud en direction du Groenland, a déclaré vendredi la porte-parole de l’agence onusienne, Clare Nullis.

Cela va faire monter les températures et par conséquent augmenter la fonte de la calotte glaciaire du Groenland, a-t-elle ajouté lors d’un point de presse à Genève en Suisse.

EIS field assistant, Adam LeWinter on NE rim of Birthday Canyon, atop feature called « Moab ». Greenland Ice Sheet, July 2009. Black deposit in bottom of channel is cryoconite. Birthday Canyon is approximately 150 feet deep.

Si le Groenland n’a pas connu une année météorologique particulièrement hors norme jusqu’en juin, la calotte glaciaire fond désormais rapidement depuis quelques semaines, a poursuivi Mme Nullis, citant les données du Portail polaire, un institut climatologique danois.

Pour le seul mois de juillet, la calotte a perdu 160 milliards de tonnes de glace par la fonte en surface. Cela représente l’équivalent de 64 millions de piscines olympiques.

Clare Nullis, de l’Organisation météorologique mondiale

S’étant développée pendant des milliers d’années, la calotte glaciaire recouvre aujourd’hui 80 % du Groenland. Son volume est estimé à 2,9 millions de kilomètres cubes. Si elle fondait entièrement, le niveau des océans grimperait de sept mètres, souligne le Portail polaire.

La vague de chaleur risque aussi de contribuer à réduire la superficie couverte par la banquise de l’Arctique, qui était déjà proche de son niveau le plus faible jamais enregistré à la date du 15 juillet, a ajouté Mme Nullis.

La porte-parole de l’agence onusienne a aussi noté que les températures record enregistrées en Europe cette semaine ont pulvérisé les anciennes marques par des marges de 2, 3 voire 4 °C, ce qui est absolument incroyable.

Elle n’a pas manqué de souligner que l’intensité et la fréquence des vagues de chaleur sont liées au réchauffement climatique, qui s’explique par les activités humaines.

Le mercure redescend quelque peu en Europe

L’Europe respire pour sa part un peu mieux vendredi, le mercure ayant baissé après une série de records qui l’ont porté jeudi bien au-delà des 40°C en France, en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne.

En France, cet épisode a provoqué d’importants incendies dans les champs moissonnés, grillant des milliers d’hectares de culture, notamment en Normandie. Selon les pompiers, près de 2000 hectares de terres agricoles ont été détruits jeudi dans le nord de la France.

L’alerte rouge canicule a été levée vendredi matin dans les derniers départements et la vigilance orange subsiste dans moins de la moitié des départements concernés (31 contre 60).

Malgré le relatif redoux autour d’une trentaine de degrés, la circulation des trains internationaux Thalys entre les Pays-Bas, la Belgique, la France et l’Allemagne demeurait perturbée vendredi matin.

Les problèmes sont dus aux dommages causés aux infrastructures du réseau par l’extrême chaleur, la température sur les voies excédant de 10 à 15°C celle de l’air. Les convois qui circulent progressent à vitesse réduite et plusieurs trains ont été annulés.

La compagnie ferroviaire nationale SNCF a quant à elle promis un retour à la normale cette fin de semaine. Mais tous les trains Thalys et Eurostar vers Londres, arrêtés quelques heures gare du Nord à Paris, ont repris leurs navettes à la mi-journée.

En Angleterre, le thermomètre est aussi redescendu, mais les trains autour de Londres roulent toujours au ralenti, voire annulés dans certains cas, en raison de feux de broussaille le long des voies.

En Scandinavie, le thermomètre reste calé entre 30 et 35°C notamment en Finlande, où les services météo ont maintenu leur mise en garde pour la fin de semaine. Les habitants se désolent de voir les lacs et principaux sites de baignade envahis par les algues bleues, conséquence de la chaleur.


EN COMPLÉMENT

 

Groenland – L’histoire des Vikings est en train de fondre

 

Le changement climatique est déjà en train de dégrader des sites archéologiques dans l’Arctique et les colonies scandinaves de l’Âge Viking sont en première ligne.

Les fjords du Groenland sont bordés de colonies scandinaves de l’époque viking qui ont prospéré pendant moins de 500 ans avant d’être mystérieusement abandonnées. Et maintenant, cette culture perdue connaît une seconde disparition, déclenchée par le changement climatique.

Selon une nouvelle étude publiée le 11 Juillet 2019 dans la revue Scientific Reports, les établissements vikings sont ceux de tous les sites archéologiques du Groenland qui risquent le plus de disparaître à mesure que l’Arctique se réchauffe. L’étude estime que près de 70% de la matière organique dans ces sites pourrait se décomposer d’ici 2100.

Ce qui sera perdu est un registre unique de matériaux remarquablement préservés: poils, textiles, ossements humains et squelettes d’animaux, bois, fourrures, cuirs. Au fur et à mesure que le sol se réchauffe et que le nombre de jours sans gel augmente, les microbes attaquent ces matières organiques fragiles, les faisant pourrir. 

Les changements se produisent déjà près de la capitale du Groenland, Nuuk, explique Jørgen Hollesen, auteur principal de l’étude et chercheur au Musée national du Danemark. « Nous avons ici des sites où nous savons que beaucoup d’artefacts, beaucoup d’ossements ont été trouvés, il y a 40 ans – mais aujourd’hui, il n’en reste plus beaucoup. Il y avait des ossements auparavant, mais maintenant c’est juste cette bouillie en grain fin. »

« Il s’agit clairement d’un énorme problème dans l’ensemble de l’Arctique« , a déclaré Anne Jensen, archéologue à l’Université de l’Alaska, à Fairbanks, qui fouille des sites sur le versant nord de l’Alaska. Anne Jensen a travaillé avec Jørgen Hollesen sur un article de synthèse publié l’année dernière dans la revue Antiquity à propos des dommages imminents causé par le réchauffement, mais n’a pas participé à la présente étude. Elle affirme que les nouvelles recherches et travaux similaires pourraient aider les archéologues à prendre des décisions difficiles concernant les sites qu’il faut se dépêcher de fouiller, et ceux à laisser de côté.

Une perte irrémédiable pour l’Archéologie d’ici 30 ans

À mesure que l’Arctique se réchauffe, les sites archéologiques font face à de multiples menaces. L’érosion côtière et l’élévation du niveau de la mer peuvent submerger les vestiges. La densité croissante de la végétation peut masquer les traces superficielles de sites archéologiques et les racines peuvent pénétrer dans les couches archéologiques et les brouiller. Enfin, dans un sol plus chaud, les microbes peuvent devenir plus actifs, dévorant une matière organique restée longtemps préservée.

La nouvelle étude se concentre sur ce dernier danger. Jørgen Hollesen et ses collègues ont installé des stations météorologiques automatisées sur cinq sites archéologiques de la région de Nuuk, qui ont recueilli des données pendant deux ans. Ils ont également prélevé des dizaines d’échantillons de sol et de matières organiques dans la terre de sept sites répartis sur une ligne de 120 km allant de la mer à l’est jusqu’à la calotte glaciaire intérieure. Ces prélèvements ne se sont pas limités aux colonies scandinaves, qui existaient entre 985 et 1350 environ; d’autres sites de la culture Saqqaq (de 2500 à 800 avant notre ère), de la culture Dorset (de 300 avant notre ère à 600 de notre ère) et de la culture Thulé (de 1300 de notre ère jusqu’à nos jours) sont également concernés.

Les chercheurs ont soumis ces échantillons à diverses analyses, allant de la porosité à la capacité de conduire la chaleur. Ils ont également testé la rapidité avec laquelle la matière organique des sols se décomposait sous différentes conditions d’humidité et de température. Ils ont ensuite intégré ces informations dans un modèle informatique utilisé normalement pour prédire les changements dans le sol provoqués par la fonte du pergélisol.

Les résultats ont montré que si les températures augmentaient de 2,5°C ou de 5°C, ces sites risquaient de perdre entre 30% et 70% de leurs matières organiques. Et les sites de l’Âge Viking se situaient au sommet de l’échelle car ils sont situés à l’intérieur des terres, où les sols sont secs. Un sol plus sec donne aux microbes un accès à une plus grande quantité d’oxygène, ce qui les rend plus actifs. Les chercheurs estiment que 35% des matières organiques présentes sur les sites vikings pourraient disparaître en seulement 30 ans.

 

Hiérarchiser les priorités

Cette perte sera un coup dur pour la recherche sur les Vikings, a confié Douglas Bolender, un archéologue de l’Université du Massachusetts à Boston, qui a étudié la colonisation de l’Atlantique Nord à l’Âge Viking mais qui n’a pas participé à cette nouvelle étude. Douglas Bolender explique que le Groenland est unique dans le monde viking en qui concerne la conservation des cheveux, des textiles, des os d’animaux et autres matériaux fragiles. Certains de ces matériaux ouvrent des fenêtres sur des aspects de la société qui seraient autrement invisibles, selon lui. Les textiles, par exemple, sont l’un des rares artéfacts durables du travail des femmes.

« Lorsque nous perdons certains types de matériaux, en particulier les produits organiques, nous effaçons en réalité le vécu de certains types de personnes« , a ajouté Douglas Bolender. Des techniques de pointe telles que l’analyse de l’ADN peuvent également révéler une énorme quantité d’informations sur la façon dont les gens se sont déplacés et mélangés. Il s’agit maintenant d’une course contre la montre pour pouvoir appliquer ces moyens aux matières organiques du Groenland.

Cependant, il serait impossible de fouiller les quelques 180 000 sites archéologiques connus du Groenland avant que les dégâts ne soient causés, relève Jørgen Hollesen. Les sites russes, canadiens et alaskiens subissent tous les mêmes pertes, a-t-il précisé. Même si les archéologues pouvaient tout sauver, il n’y aurait pas assez d’espace dans les musées du monde pour tout conserver.

Jørgen Hollesen et son équipe travaillent actuellement à combiner leurs nouvelles informations sur les sols avec des données sur l’érosion côtière et les dommages causés à la végétation afin de produire une évaluation complète des risques pour le Groenland, de sorte que les archéologues puissent commencer à hiérarchiser leurs priorités. Mais parmi les archéologues de l’Arctique, il existe déjà un sentiment de deuil. « C’est le patrimoine culturel des gens, et ils le perdent« ,  a commenté Anne Jensen.


La masse de la calotte glaciaire du Groenland a rapidement diminué au cours des dernières années en raison de la fonte en surface et du vêlage d’iceberg. Une étude basée sur les observations des satellites jumeaux GRACE (NASA / German Aerospace Center), indique qu’entre 2002 et 2016, le Groenland a perdu environ 280 gigatons de glace par an, ce qui a entraîné une élévation du niveau de la mer de 0,03 pouce (0,8 millimètre) ) par an. Ces images, créées à partir de données GRACE, montrent l’évolution de la masse de glace au Groenland depuis 2002. Les nuances orange et rouge indiquent les zones où la masse de glace a perdu, tandis que les nuances bleu clair indiquent les zones qui ont gagné de la masse de glace. Le blanc indique les zones où la masse de glace a peu ou pas changé depuis 2002. En général, les zones de haute altitude situées près du centre du Groenland ont peu ou pas changé. alors que les zones côtières et les zones de basse altitude ont subi une perte de masse de glace allant jusqu’à 13,1 pieds (4 mètres) (exprimée en équivalent de hauteur d’eau; rouge foncé) sur une période de 14 ans. La diminution de masse la plus importante, atteignant 30 centimètres (équivalent d’eau) par an, s’est produite le long de la côte ouest du Groenland. Les lignes de flux moyennes (en gris; créées par l’interférométrie radar satellite) de la glace du Groenland convergent vers les sortie des glaciers, et coïncide avec les zones de forte perte de masse. créées par interférométrie radar satellite) de la glace du Groenland convergent vers les emplacements des grands glaciers de sortie et coïncident avec les zones de forte perte de masse. Télécharger la vidéo: créées par interférométrie radar satellite) de la glace du Groenland convergent vers les emplacements des grands glaciers de sortie et coïncident avec les zones de forte perte de masse. Télécharger la vidéo:https://svs.gsfc.nasa.gov/30879


 

D’après les données des stations GPS et les satellites du programme Grace (Gravity Recovery and Climate Experiment) de la Nasa et de l’agence spatiale allemande (DLR), le Groenland a perdu 280 milliards de tonnes de glace par an entre 2002 et 2016, occasionnant une hausse annuelle de 0,8 millimètre du niveau des océans.


AUTRE COMPLÉMENT

Canicule 2019 : la masse d’air chaud se dirige désormais vers le Groenland et inquiète les experts

 

Des icebergs de la région d’Angmassalik, sur la côté Est du Groenland, en avril 2019

 

Après l’Europe, le grand nord. La masse d’air brûlant qui a enveloppé l’Europe de l’Ouest cette semaine semble désormais se diriger vers le Groenland, a fait savoir l’Organisation mondiale météorologique (OMM), vendredi 26 juillet. Un phénomène qui pourrait entraîner une fonte des glaces importante.

L’agence des Nations unies a précisé que cette masse d’air chaud venue d’Afrique du Nord, qui est à l’origine de la canicule en Europe, avait occasionné des températures jamais enregistrées, certaines régions battant les précédents records de 2 voire 4° C. Soit une marge « absolument incroyable ».

160 milliards de tonnes de glace en moins en juillet

Les experts du climat s’inquiètent donc de la remontée de cet air chaud vers les régions polaires. « Cela va faire monter les températures et par conséquent augmenter la fonte de la calotte glaciaire du Groenland », a expliqué la porte-parole. « Nous ignorons si le record de 2012 sera battu, mais cela se jouera à peu de chose ». Même si le Groenland n’a pas connu une année météorologique hors-norme, la glace font rapidement ces dernières semaines.

Pour le seul mois de juillet, la calotte a perdu 160 milliards de tonnes de glace par la fonte de surface. Cela représente l’équivalent de 64 millions de piscines olympiques. Pour le seul mois de juillet », a déclaré la représentante de l’OMM. En Arctique, la banquise est à son niveau le plus faible jamais enregistré à la date du 15 juillet. 

 

 

 

 

Météo extrême : des conséquences à travers le monde

Dans cette étude publiée le 24 juillet dernier dans la revue Nature, les chercheurs ont analysé les derniers 2000 ans du climat de notre planète. Ils ont utilisé des indicateurs comme les anneaux d’arbres, les carottes de glace, les sédiments des coraux ainsi que des technologies modernes.

Le premier constat présente plusieurs variations climatiques mais qui n’ont ni touché toute la planète en même temps, ni uniformément. L’étude a mis en évidence le petit âge glaciaire (1300 à 1850) qui a d’abord affecté la région Pacifique au XVe siècle, avant de se tourner vers l’Europe et les États-Unis quelques centaines d’années plus tard.

*Source : University of Bern *

La grande différence, c’est que les changements climatiques qu’on observe présentement sont globaaux. Depuis la Révolution industrielle, 98% du globe s’est réchauffé, indique Raphael Neukom, chercheur à l’Université de Bern en Suisse.

Il s’agit également du réchauffement le plus rapide en 2000 ans. Ce réchauffement est difficilement explicable par facteurs naturels et ses conséquences sont marquées à travers le globe.

 

Il est important de faire la distinction entre climat et météo. Cette dernière définit les conditions de l’atmosphère sur une courte période contrairement au climat qui s’étend sur une longue période. Lorsque nous parlons de changements climatiques, nous parlons de changements dans les moyennes météorologiques à long terme.

Les eaux se réchauffent, les glaciers fondent

D’après l’Organisation mondiale de la météorologie (OMM), la partie nordique de la planète est celle qui se réchauffe le plus rapidement. En Arctique, l’écart entre les températures hivernales et la moyenne de saison est de plus en plus marqué, ce qui permet aux glaciers de se détacher et de fondre. La température des océans aux pôles a aussi un rôle à jouer : une nouvelle étude publiée dans la revue Science constate qu’en plus de fondre en raison des températures atmosphériques élevées, les glaciers fondent sous la surface à cause des eaux plus chaudes.

 

Tout ceci aura comme effet de faire monter le niveau des eaux, inondant de nombreuses villes côtières. Cela contribue également à l’acidification des océans et menace des populations animales (dont l’ours polaire).

Les glaces éternelles des montagnes ont aussi perdu de leur caractère perpétuel. En effet, la canicule qui a touché l’Europe en 2003 a réduit le couvert de glace qui retient des pans de roches dans les Alpes. Ainsi, deux ans plus tard, le pallier Bonatti, d’une grosseur de 292 000 mètres carré, s’est effondré, changeant le décor à jamais.

Des températures à l’extrême

Les températures records enregistrées ces dernières décennies sont liées aux changements climatiques. Les canicules, comme celle que vient de vivre l’Europe, seront beaucoup plus fréquentes, sévères et longues d’ici la fin du siècle d’après le dernier rapport du GIEC, dévoilé à la fin de l’année 2018.

Des conséquences de ces épisodes chauds sont déjà observables. Dans la première région piscicole d’étang de France, le niveaux des eaux des 1100 étangs est à son plus bas (moins d’un mètre), limitant la quantité de poissons pêchés. Cet asséchement est aussi dû à des précipitations en-dessous des normales.

Au Canada, ce manque de pluie a déjà affecté les Prairies : en 2018, cette région a seulement reçu de 40 à 60 % de la pluie qui devrait tomber normalement en avril et en mai. Les récoltes ont été très difficiles et le manque de pâturage a affecté le bétail.

Mais attention ! Les vagues de froid et les changements climatiques ne sont pas incompatibles. D’après un article paru en 2017 dans la revue Nature Géoscience, malgré la tendance au réchauffement de la Terre, l’Amérique du Nord a connu des épisodes de froid plus intenses pendant les hivers et les printemps.

Ces évènements sont liés au réchauffement anormal de l’Arctique depuis 1990, permettant à l’air froid du nord de redescendre dans les régions méridionales.

Des précipitations extrêmes

Les évènements pluvieux extrêmes continueront de faire partie de la vie de plus en plus courante dans de nombreuses régions. D’après la NASA, la hausse des températures intensifiera le cycle de l’eau et augmentera l’évaporation. Cette hausse entraînerait davantage de tempêtes, mais contribuerait également à l’assèchement de certaines terres.

 

Là aussi, des conséquences considérables pour les agriculteurs sont à mentionner, eux qui devront s’adapter à ces nouvelles conditions climatiques. Par exemple, les orages violents avec épisodes de grêle pourraient survenir plus souvent. Ces boules de glace peuvent détruire des plantations entières, comme en 2016, alors que d’immenses grêlons de la taille de balles de baseball ont décimé des champs de maïs au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Cet été-là, des agriculteurs du Saguenay, du Bas-Saint-Laurent, de Chaudière-Appalaches et de la Montérégie ont dû recevoir l’aide du gouvernement pour compenser les pertes liées aux phénomènes météo violents.

 

 

 

 

 

 

 

Alerte Désastre Écologique en cours:Le gigantesque écosystème des insectes est en train de s’effondrer à cause des humains

Les insectes ont triomphé pendant des centaines de millions d’années dans tous les habitats sauf l’océan. Leur succès est sans précédent, ce qui rend leur disparition d’autant plus alarmant.

Terry Erwin, chercheur et entomologiste au Smithsonian, imbibe un arbre avec un insecticide pour collecter des insectes dans un couvert forestier des basses terres au Pérou.
 Terry Erwin, chercheur et entomologiste au Smithsonian, imbibe un arbre avec un insecticide pour collecter des insectes dans un couvert forestier des basses terres au Pérou. Une photographie: Mark Moffett / Minden Pictures / Alamy


 

IL Y A trente-cinq ans, le biologiste américain Terry Erwin a mené une expérience visant à dénombrer les espèces d’insectes. En utilisant un insecticide «brouillard», il a réussi à extraire tous les petits êtres vivants dans les canopées de 19 individus d’une espèce d’arbre tropical, Luehea seemannii , dans la forêt tropicale de Panama. Il a répertorié environ 1 200 espèces différentes, presque toutes des coléoptères et beaucoup de novices en science; et il a estimé que 163 d’entre elles ne seraient trouvées que surLuehea seemannii .

Il a calculé que comme il y avait environ 50 000 espèces d’arbres tropicaux, si ce chiffre de 163 était typique de tous les autres arbres, il y aurait plus de huit millions d’espèces, rien que des coléoptères, dans la canopée de la forêt tropicale humide; et comme les coléoptères représentent environ 40% de tous les arthropodes, le groupe qui comprend les insectes et les autres espèces effrayantes des araignées au mille-pattes peut représenter au total 20 millions d’espèces; et comme il estimait que la faune de la canopée était distincte et deux fois plus riche que le sol de la forêt, le nombre d’espèces pourrait être de 30 millions.

Oui, 30 millions C’était un de ces calculs extraordinaires, comme celui d’ Edwin Hubble sur la véritable taille de l’univers, qui nous bloque parfois.

Erwin a déclaré qu’il avait été choqué par ses conclusions et que des entomologistes les avaient discutées depuis. Mais concernant les insectes, ses découvertes mettent en évidence deux choses incontestablement. La première est qu’il ya beaucoup plus de types que le million d’environ décrits jusqu’à présent par la science, et probablement beaucoup plus que les espèces de 10 mètres parfois considérées comme une figure suprême; et le second est qu’il s’agit de loin du groupe de créatures le plus performant que la Terre ait jamais vu.

La collection de coléoptères de Terry Erwin, tirée de canopées de la forêt tropicale amazonienne, exposée à Washington, DC.

Ils sont innombrables presque au-delà de notre imagination. Ils prospèrent dans le sol, l’eau et l’air; ils ont triomphé pendant des centaines de millions d’années sur tous les continents, à l’exception de l’Antarctique, dans tous les habitats autres que l’océan. Et c’est leur succès – stupéfiant, sans précédent et apparemment sans fin – qui rend encore plus alarmante la grande vérité qui nous frappe: les insectes en tant que groupe ont des problèmes terribles et l’entreprise humaine en expansion impitoyable est devenue trop, même pour eux.

L’ étonnant rapport publié dans le Guardian , selon lequel la biomasse d’insectes volants en Allemagne a diminué de trois quarts depuis 1989, menaçant d’un «Armageddon écologique», est l’alerte la plus sévère à ce jour; mais ce n’est que la dernière d’une série d’études qui, au cours des cinq dernières années, ont finalement attiré l’attention du public sur l’ampleur réelle du problème.

Est-ce que ça importe? Même si les insectes vous font frémir? Oh oui. Les insectes sont des pollinisateurs de plantes essentiels et bien que la plupart de nos cultures céréalières soient pollinisées par le vent, la plupart de nos cultures fruitières sont pollinisées par des insectes, de même que la grande majorité de nos plantes sauvages, des pâquerettes à notre plus magnifique et orchidée pantoufle de belle dame.

En outre, les insectes constituent la base de milliers de chaînes alimentaires et leur disparition est l’une des principales raisons pour lesquelles le nombre d’oiseaux des terres agricoles britanniques a été réduit de plus de moitié depuis 1970. Certains déclins ont été catastrophiques: la perdrix grise, dont les poussins se sont nourris d’insectes Autrefois abondant dans les champs de maïs, le charmant moucherolle à taches, prédateur spécialisé des insectes aériens, a diminué de plus de 95%, tandis que la pie grièche à dos roux, qui se nourrit de gros coléoptères, a disparu en Grande-Bretagne dans les années 1990.

Écologiquement, la catastrophe est le mot.

Il nous a fallu beaucoup de temps pour comprendre cela pour deux raisons: une culturelle et une scientifique. Premièrement, nous ne nous soucions généralement pas des insectes (abeilles et papillons exceptés). Même les amoureux de la faune sont attirés par les vertébrés, les créatures en fourrure et en plumes, et plus particulièrement la «mégafaune charismatique», et dans la population en général, il y a encore moins de sympathie pour le sort des petites choses squelettées de chitine qui rampent et rampent; notre réaction par défaut est un frisson. Moins de bugs dans le monde? Beaucoup l’acclameraient.

Deuxièmement, pour l’écrasante majorité des espèces d’insectes, il n’y a pas de suivi ou de mesure du nombre. C’est une impossibilité pratique: rien qu’au Royaume-Uni, il y a environ 24 500 espèces d’insectes – environ 1 800 espèces d’insectes, 4 000 espèces de coléoptères, 7 000 espèces de mouches et 7 000 autres espèces d’abeilles, de guêpes et de fourmis – et la plupart sont inconnues de tous. quelques spécialistes. Ainsi, leur vaste et catastrophique déclin, enfin perceptible, s’est glissé sur nous; et quand nous avons commencé à le percevoir, ce n’était pas à travers des statistiques, mais à travers une anecdote.

La première impression anecdotique de déclin a été provoquée par ce que l’on appelle parfois le phénomène du pare – brise (ou pare-brise si vous habitez aux États-Unis): à l’époque, surtout en été, un long trajet en voiture provoquait des éclaboussures d’insecticides . Mais alors, pas tellement. Il y a deux ans, j’ai écrit un livre sur cet événement curieux, mais je lui ai donné un nom différent: j’ai appelé cela la tempête de neige, faisant référence aux papillons qui, durant les nuits d’été, pouvaient se grouper en une quantité telle qu’ils phare de voiture rayonne comme des flocons de neige dans un blizzard.

Le méganeuropsis fut l’insecte le plus gros a avoir existé sur Terre.

Mais l’important à propos de la tempête de neige du papillon de nuit était le suivant. J’ai personnellement réalisé qu’elle avait disparu et j’ai commencé à écrire à ce sujet en tant que journaliste en l’an 2000; mais il est devenu évident, après avoir parlé à des personnes qui l’avaient également remarquée, que sa disparition remontait plus loin, probablement vers les années 1970 et 1980. Et le fait que tout un phénomène à grande échelle comme celui-ci ait tout simplement cessé d’exister mène inévitablement à une conclusion sinistre: bien que le monde entier ne l’ait pas remarqué, tout un écosystème géant s’effondrait. Le monde des insectes était en train de s’effondrer.

Les papillons sont en forte baisse.

Aujourd’hui, nous savons sans aucun doute, et avec des statistiques scientifiques plutôt que de simples anecdotes, que c’est vrai et la question se pose immédiatement: quelle en est la cause?

Cela semble indiscutable: c’est nous. Il s’agit d’une activité humaine – plus précisément de trois générations d’agriculture industrielle avec une vaste marée de poisons qui s’épanchent année après année, depuis la fin de la seconde guerre mondiale. C’est le prix réel de l’agriculture basée sur les pesticides, que la société accepte depuis si longtemps.

Alors, quel avenir pour les insectes du XXIe siècle? La situation sera pire encore, alors que nous luttons pour nourrir les neuf milliards de personnes qui devraient vivre dans le monde d’ici 2050, et les 12 milliards possibles d’ici 2100, et que l’agriculture s’intensifie encore plus pour nous permettre de le faire. Vous pensez qu’il y aura moins d’insecticides pulvérisés sur les terres agricoles du monde entier dans les années à venir? Pensez encore. C’est la plus inconfortable des vérités, mais une qui nous oppose: que même les organismes les plus performants qui aient jamais existé sur terre soient maintenant submergés par l’ampleur titanesque de l’entreprise humaine, de même que tout le monde naturel .

Les coquerelles étaient géantes à l’époque des dinosaures.
Les insectes contrôlaient un vaste écosystème,il y a plusieurs millions d’années.

 

 

Histoire de la Terre:Des continents seraient apparus plus tôt qu’estimé à ce jour

 

 

 

Un nouveau modèle remet en question certaines théories de la formation de la croûte continentale de la Terre.

Cette hypothèse est celle de géologues australiens de l’Université d’Adélaïde, dont le modèle de la radioactivité des roches anciennes de la Terre remet en question certaines de nos théories actuelles de la formation de la croûte continentale.

 

 

 

Danse continentale

Les deux études publiées par le géoscientifique Derrick Hasterok et ses collègues révèlent que la croûte continentale de la Terre a gagné en épaisseur beaucoup plus tôt que les modèles actuels ne le laissent penser, si bien que des continents se sont peut-être formés plus tôt.

Nous utilisons ce modèle afin de comprendre l’évolution des processus en présence depuis les débuts de la Terre jusqu’à aujourd’hui, et nous pensons que la survie d’une croûte terrestre primitive dépendait à ce moment de la quantité de radioactivité qu’elle contenait, et qu’elle n’était pas le fruit du hasard.

Derrick Hasterok, Centre Mawson de géoscience de l’Université d’Adélaïde

« Si notre modèle s’avère exact, nous devrons revoir de nombreux aspects de notre compréhension de l’évolution chimique et physique de la Terre, notamment en ce qui a trait à l’évolution des continents et peut-être même au commencement de la tectonique des plaques », explique le chercheur.

Pour en arriver à cette hypothèse, l’équipe australienne a analysé pas moins de 75 800 échantillons géochimiques de roches ignées (roches magmatiques), dont l’âge de formation a été estimé sur tous les continents. Ils ont ainsi calculé la radioactivité dans ces roches afin de construire un modèle représentant la radioactivité moyenne, au cours des dernières 4 milliards d’années.

Toutes les roches contiennent une radioactivité naturelle qui produit de la chaleur et augmente la température dans la croûte lorsqu’elle se désintègre. Ainsi, plus une roche est radioactive, plus elle produit de la chaleur.

Derrick Hasterok, Centre Mawson de géoscience de l’Université d’Adélaïde

Il faudra expliquer un jour,comment s’est formé le gigantesque océon sous la terre!

 

Une anomalie géologique

Toutefois, les chercheurs ont remarqué que le niveau de radioactivité des roches de plus de 2 milliards d’années est moins élevé que ce à quoi ils s’attendaient.

Or, lorsqu’ils ont ajusté leurs données pour tenir compte d’une hausse de chaleur causée par une radioactivité plus élevée, cette différence s’estompe.

Les scientifiques pensent donc que des croûtes auraient fondu ou auraient été emportées par le mouvement tectonique. Pour cette raison, toutes les croûtes continentales n’apparaissent pas dans les données géologiques récoltées.

Nos modèles laissent à penser que des continents sont sortis des océans à mesure que la croûte s’épaississait. Des croûtes continentale qui, quoique très instables, sont apparus plus tôt, mais qui ont rapidement disparues par la suite.

Derrick Hasterok, Centre Mawson de géoscience de l’Université d’Adélaïde

Un modèle pour le futur

Les auteurs de ces travaux publiés dans les journaux Precambrian Research et Lithos (en anglais) estiment que leur nouveau modèle pourrait avoir d’importantes répercussions sur la surveillance des effets du réchauffement de la planète.

Ce que ce nouveau modèle nous permet de faire, c’est de prédire la radioactivité des roches là où nous avons peu ou pas d’échantillons, comme en Antarctique, où nous n’avons pas accès à des échantillons.

Martin Hand, Centre Mawson de géoscience de l’Université d’Adélaïde

« Cela pourrait nous aider à évaluer la stabilité des calottes glaciaires et le seuil des changements de température nécessaires au réchauffement planétaire pour influencer la fonte glaciaire », conclut Martin Hand.

 

 

 

 

Des îles du fleuve Saint-Laurent rapetissent ou disparaissent

 

 

Entre Montréal et le lac Saint-Pierre, certaines îles sont mal en point tellement elles ont été grugées par les vagues que font les navires qui passent dans la Voie maritime du Saint-Laurent. Or, ces îles servent de refuges à des animaux dont certains sont menacés de disparition.

C’est le cas de l’île Deslauriers, située à quelques minutes en bateau de Varennes.

On y retrouve la plus grande colonie de goélands à bec cerclé d’Amérique du Nord, soit environ 32 000 couples. Des hérons bihoreau et des canards y nichent aussi.

Depuis 10 ans, l’île a perdu le tiers de sa superficie. Les oiseaux qui y nichent pourraient donc devoir trouver refuge ailleurs. Mais où?, se demande le biologiste Francis St-Pierre.

«Les îles du Saint-Laurent sont les derniers habitats naturels qu’il leur reste. Avec le développement domiciliaire sur les rives, tant sud que nord, les habitats naturels sont en voie de disparition là.»

-Francis St-Pierre, biologiste et technicien de la faune à l’Université du Québec à Montréal

Il ajoute que quand l’île Deslauriers disparaîtra – et elle disparaîtra, insiste-t-il, car elle perd plusieurs mètres de rivage chaque année –, « les gens se retrouveront avec des problèmes parce que les oiseaux pourraient nicher sur les toits plats en ville, comme c’est déjà le cas dans le coin de Dorval. Quand ils sont ici sur cette île, les goélands à bec cerclé ne dérangent personne ».

Faire le tour de l’île en bateau permet de constater que c’est la berge qui fait face à la voie maritime qui disparaît. On y observe un mur de terre de 2deux mètres de hauteur tellement l’île a déjà été grugée par les vague. Sur la rive de l’île qui n’est pas exposée à la voie maritime, le rivage est une petite pente naturelle qui descend doucement vers l’eau.

 

À l’intérieur d’une même saison, dit Francis St-Pierre, des talus de terre se détachent et tombent dans le fleuve avec les nids des oiseaux.

Certaines îles, plus petite comme l’île Bellegarde un peu plus au nord, ont de leur côté déjà disparu.

Sur l’île Sainte-Thérèse, une très grande île située devant la municipalité de Varennes, des nids d’hirondelles de rivage sont aussi menacés. Les nids sont creusés à même la falaise de terre, et cette année, au moins trois mètres de rivage ont été emportés.

Le grand marais situé sur l’île aux Fermiers est aussi menacé. Francis St-Pierre craint que d’ici quelques années, le marais se déverse dans le Saint-Laurent en raison de l’érosion des berges. Les petits blongios, les fuligules à tête rouge et les goglus des prés qui y vivent perdront donc leur habitat.

Plusieurs de ces espèces d’oiseaux sont censées être protégées en vertu de la Loi sur la convention concernant les oiseaux migrateurs, ainsi que par la Loi canadienne sur les espèces en péril.

Pas que les oiseaux

Du côté de la Société pour la nature et les parcs, le directeur général de la section Québec de l’organisme, Alain Branchaud, s’inquiète aussi de l’impact de l’érosion des berges sur une espèce de poisson classé en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en péril du Canada.

«Un exemple de ça : les herbiers qu’on retrouve dans le tronçon entre Montréal et le lac Saint-Pierre sont importants pour la survie du chevalier cuivré, qui est une espèce unique au Québec. Le batillage, donc l’effet des vagues du passage des bateaux, détruit ces habitats-là et fait en sorte que l’espèce n’a plus de garde-manger, n’a plus d’endroit pour se nourrir. Alors c’est un problème majeur pour la survie de notre poisson national.»

-Alain Branchaud, directeur général de la section Québec de la Société pour la nature et les parcs

Alain Branchaud dénonce l’inaction d’Ottawa dans ce dossier. La Loi sur les espèces en péril oblige le gouvernement, dit-il, à décréter une série de mesures pour protéger l’habitat essentiel des animaux menacés. Or, dans le cas du chevalier cuivré, le gouvernement avait jusqu’à la fin 2012 pour le faire et rien n’a encore été annoncé. « Ça frôle le ridicule! », s’indigne-t-il.

La Société pour la nature et les parcs envisage donc de s’adresser aux tribunaux pour forcer le gouvernement à respecter sa propre loi. « On aimerait que le gouvernement fédéral prenne ses responsabilité. Mais je pense qu’on est rendu à l’étape où il va falloir regarder de ce côté-là et on n’exclut pas cette possibilité-là ».

Questionné sur les mesures qui peuvent être prises pour freiner l’érosion des berges le long de la Voie maritime, Transports Canada répond par courriel que « l’érosion est en grande partie un phénomène naturel », mais dit avoir demandé aux navires de réduire volontairement leur vitesse. La mesure, même si elle n’est pas obligatoire, serait respectée par 99 % des navires, écrit-on.

Environnement et Changement climatique Canada dit de son côté travailler de concert avec le gouvernement du Québec « pour que cet écosystème précieux soit en santé et profitable pour les générations actuelles et futures », mais a refusé de se prononcer sur le respect de la Convention concernant les oiseaux migrateurs et de la Loi sur les espèces en péril.

 

 

 

 

Le réchauffement climatique devenu risque systémique

Même au pays du président enraciné dans le déni de l’anthropocène, les régulateurs des marchés financiers le concrétisent : les changements climatiques constituent un risque systémique. Il aura fallu plus de 30 ans après la création du GIEC, quelque 25 ans après la COP 1 de Berlin en 1995.

En 2018,les incendies en Grèce ont fait d’énormes ravages en forêt.

La reconnaissance est venue mercredi de l’agence américaine chargée de la surveillance des marchés de produits financiers dérivés (CFTC, en anglais). À l’ouverture d’une conférence sur le sujet à Washington, son commissaire s’alarmait du risque réel pour le système financier de l’impact des catastrophes naturelles liées aux changements climatiques. Dans un sens plus large, le régulateur américain soulignait, selon un texte de l’Agence France-Presse, que « les impacts du changement climatique affectent tous les aspects de l’économie américaine, depuis la production agricole jusqu’à l’activité manufacturière, et le financement de toutes ces activités à chaque étape […] Non seulement les assureurs, les gestionnaires de portefeuilles, les fonds de pension, les banques commerciales et de détail doivent prendre en compte ce nouvel environnement », mais encore, « les plus touchés sont finalement souvent les agriculteurs, les investisseurs, les clients, les consommateurs et les propriétaires immobiliers », peut-on lire. La Commodity Futures Trading Commission n’est pas la Réserve fédérale, mais enfin.

Depuis quelques années,les glacier de Patagonie,en Argentine,fondent de plus en plus vite.

Cette lecture s’ajoute à l’évaluation commandée par le Congrès américain rendu public en novembre 2018. Les quelque 300 scientifiques signataires concluaient à des dommages évalués dans les centaines de milliards de dollars causés par les émissions de GES. Des dégâts attendus qualifiés de « considérables pour l’économie américaine », débordant de la chute des rendements agricoles et de la multiplication des incendies de forêt destructeurs, avec des impacts parfois irréversibles pour des milliers d’années, parfois permanents. Un rapport gouvernemental qui avait reçu pour réponse du président américain un « je n’y crois pas ». Donald Trump venait de militer en faveur de l’adoption d’une politique environnementale visant à relancer une industrie du charbon moribonde sur le thème du « charbon propre ».

Les iles Marshall dans le Pacifique vont toutes disparaître ,grâce à la montée des eaux.

Après toutes ces années de rapports plus concluants les uns que les autres, mais après toutes ces Conférences sur le climat aboutissant à des interventions de façade sous un leadership politique circonstanciel, banques centrales et régulateurs adoptent désormais le scénario voulant que les effets et conséquences négatives aillent supplanter les retombées économiques de la transition et de l’adaptation. Le mois dernier, la Banque du Canada insérait les changements climatiques dans sa liste de sources de risques pour l’économie et le système financier au rang des points faibles. Peu avant, en avril, l’institution fédérale était de la trentaine de banques centrales qui, sous le leadership des banques d’Angleterre et de France, reprenaient le thème du verdissement de la finance internationale, exhortant les décideurs politiques et réglementaires à positionner leur système financier face aux changements climatiques. Au risque physique, qui interpelle particulièrement les assureurs et les banques, s’ajoute celui de responsabilité civile auquel s’exposent de manière plus sensible les gouvernements et les entreprises, pouvait-on lire dans Le Devoir. S’y greffe la relation risque-rendement associée à la transition vers une économie à faible émission en carbone. En appui, un rapport déposé par le Réseau des banques centrales et des superviseurs pour le verdissement du système financier (NGFS, en anglais) reconnaissait que les risques liés aux changements climatiques ne sont pas entièrement reflétés dans l’évaluation des éléments d’actif.

Aux îles Spitzberg,la Côte Nord-Ouest jadis recouverte de glaciers,se découvre.

Le gros fonds souverain de la Norvège, dont l’actif de 1000 milliards est largement alimenté en pétrodollars, poursuit justement son délestage, sous les recommandations d’une Banque de Norvège suggérant d’en atténuer la vulnérabilité aux énergies fossiles. « Il s’agit de réduire et de disséminer les risques » encourus face à un recul permanent du prix du pétrole, expliquait en mars la ministre des Finances. Le gouvernement a donné le feu vert, mercredi, à une sortie plus remarquée des énergies fossiles, au profit d’un investissement accru dans le renouvelable. Selon Greenpeace, 5 milliards $US sortiraient, ainsi, de la composante charbon et 8 milliards du secteur pétrole et gaz.

Des avancées par petits pas, disait-on.

Une chaleur mortelle frappe de plus en plus l’Asie.

La ville de Los Angeles poursuit en justice Bayer pour une contamination vieille de plusieurs décennies par les produits chimiques Monsanto

 

Los Angeles, en Californie, s’est jointe au cortège de plaignants poursuivant Bayer, tenant l’entreprise allemande responsable d’une contamination environnementale importante causée par des produits chimiques toxiques vendus par sa filiale américaine Monsanto il y a plusieurs décennies.

 

Prétendant que Monsanto a caché qu’il savait que les polychlorobiphényles (PCB) qu’il a fabriqués pendant 42 ans étaient nocifs, le comté de Los Angeles exige que la société paie pour les dommages que ces produits ont causés à l’environnement. La municipalité a dépensé une fortune pour l’assainissement, y compris la modernisation des réseaux d’eaux pluviales, dans le but de prévenir d’autres dommages.

La contamination par les PCB est «un gros problème dans notre comté. C’est un coût global important pour nettoyer tout cela», a déclaré Scott Kuhn, un avocat travaillant pour le comté, ajoutant que les dommages compensatoires et punitifs pourraient se chiffrer en centaines de millions de dollars.

Monsanto a cessé de fabriquer des PCB en 1977, officiellement parce qu’ils n’étaient pas «facilement biodégradables». Ces substances ont été interdites par les États-Unis en 1979 et ont été causalement liées au cancer, aux dommages au système reproductif et immunitaire et à d’autres problèmes de santé. Ils étaient autrefois utilisés dans l’isolation électrique et l’ignifugation, ainsi que dans la finition des planchers, la peinture et d’autres matériaux de construction.

Les communications internes, cependant, suggèrent que Monsanto était au courant des dangers des PCB pendant des années avant qu’ils ne cessent de les fabriquer et de les vendre. L’entreprise discutait à l’interne de sa responsabilité légale potentielle et mettait en garde contre le fait que des «poursuites directes étaient possibles» même si elle déclarait publiquement que les BPC n’étaient pas «hautement toxiques» dans ses communications avec les organismes de réglementation américains.

Après avoir acheté Monsanto l’an dernier pour 63 milliards de dollars, la société allemande Bayer s’est retrouvée à payer le prix fort pour les méfaits passés de l’entreprise à la suite de trois victoires en cour de victimes du cancer qui affirment que leur lymphome non hodgkinien a été causé par une exposition d’herbicide Roundup.

Plus tôt ce mois-ci, un jury a accordé à un couple californien des dommages-intérêts punitifs de 2,1 milliards de dollars pour avoir omis d’avertir les clients des risques posés par le glyphosate, l’ingrédient principal de l’herbicide, le plus important règlement à ce jour contre la société. Quelque 13 400 autres poursuites sont actuellement en cours.

Bayer a nié le bien-fondé des revendications de Los Angeles et s’est vanté dans son récent rapport annuel d’avoir des «défenses justifiées» contre les revendications liées aux PCB. Louis, au Missouri, a obtenu un jugement de 46,5 millions de dollars en 2016 et West Anniston, en Alabama, a conclu un règlement de 700 millions de dollars avec la société au sujet de la contamination aux BPC en 2003. Les États de Washington et de l’Ohio ont intenté des poursuites similaires.

Source : https://www.rt.com/news/460687-los-angeles-sues-monsanto-pcbs/