La Victoire extraordinaire de Donald Trump et l’écho d’une révolte américaine

Le Brexit en était le coup de semonce, l’élection américaine la confirmation. Nous venons d’entrer dans un nouveau cycle de notre histoire contemporaine. Les électeurs américains viennent d’exprimer dans les urnes, comme les Anglais en juin dernier, un sentiment de révolte. Contre un modèle économique, une classe politique et une échelle de valeurs généralement partagée par les principaux acteurs de l’information.

La victoire de Donald Trump annonce avec éclat l'Ère Nouvelle dont nous avons commencé à vivre depuis presque 4 ans.
La victoire de Donald Trump annonce avec éclat l’Ère Nouvelle dont nous avons commencé à vivre depuis presque 4 ans.

Cette révolte fonctionne au prix de gros. Renverser la table étant le but premier. Au risque de l’impréparation, comme on l’a vu à Londres. Au risque de ne pas savoir comment la remettre sur pied. Ce qui est une source incroyable d’incertitude, s’agissant de la première puissance économique et militaire du monde.

Le séisme Trump nous oblige à une double réflexion. Sur le fonctionnement de nos démocraties et les raisons de la colère, et sur les conséquences internationales d’une telle rupture à Washington.

Le premier point exige autant de modestie que de vigilance. La modestie pour surmonter le sentiment de dégoût et de peur que l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche suscite légitimement. Quoi qu’en disent ses supporters. Cet homme, et c’est un fait, s’est déclaré pour la torture, la prolifération nucléaire, la déportation des immigrés, la discrimination religieuse. La modestie oblige d’admettre que la colère a des raisons que la raison a trop longtemps ignorées.

Sans classe moyenne, il n’y a pas de démocratie. Les pauvres sont souvent coupés du choix politique, les riches s’en accommodent. Or, la crise économique vient de frapper justement la classe moyenne depuis huit ans. Elle a provoqué une crise politique et même culturelle qui met en péril les fondements de nos démocraties.

Là, c’est l’inconnu

Le vote Trump n’est pas la cause de cette crise, il en est l’expression. Plus on la regarde avec mépris, et plus on renforce la mise en péril de l’État de droit que ce type de vote porte en soi. Et parfois même revendique. C’est précisément là que doit s’exercer la vigilance de chacun et de tous.

Les fondements de la démocratie américaine ont été menacés verbalement par la campagne de Trump. C’est à présent aux mécanismes réels de contrôle et d’équilibre de cette même démocratie de s’exercer pleinement. Les médias seraient bien inspirés de se désintoxiquer des sondages pour se reconcentrer sur leur mission face à la société et au pouvoir. Fuir les autocrates, réels ou potentiels, devient difficile en ce monde. L’engagement politique, d’une certaine manière, reprend sens.

L’autre réflexion porte sur la nouvelle politique étrangère à attendre de l’Amérique de Trump. Nous n’avons que ses paroles, souvent au vent, comme repère. Elles nous disent que la défense de l’Europe ne sera plus financée par Washington ; qu’en homme d’affaires, Trump est prêt à discuter avec tout le monde, ce que Moscou apprécie déjà ; que la Corée du Sud et le Japon peuvent bien devenir des puissances nucléaires ; qu’un nouveau protectionnisme est à prévoir.

Entre promesses électorales et pratique gouvernementale, l’écart est souvent sensible. Là, c’est l’inconnu. Comme l’est l’inévitable rencontre (autre secousse annoncée) de Trump avec l’establishment de Washington et les intérêts vitaux pour l’Amérique qu’il est censé défendre. 2016 restera l’année où le monde anglo-saxon, inspirateur de l’actuelle mondialisation, a tiré un grand coup de pied dans ses symboles et ses représentants. L’Europe continentale est prévenue.


L’ANALYSE GLOBALE DE LA SITUATION

Moins de cinq mois après le référendum britannique sur la sortie de l’Union européenne, la démocratie américaine envoie un signal de rupture aux répercussions internationales considérables. Cette rupture, elle est venue d’un outsider, Donald Trump.

Le milliardaire américain s’est soudain fait le porte-parole des petites gens et du réflexe identitaire de l’Amérique blanche.
Le milliardaire américain s’est soudain fait le porte-parole des petites gens et du réflexe identitaire de l’Amérique blanche.

Un homme qui, il y a un an, était donné perdant aux primaires du parti républicain. Il l’a emporté. Il était également donné perdant pour l’élection, et il l’a remportée. Le signal est trop puissant pour ne pas être entendu et analysé. En Amérique comme en Europe.

La rupture consommée tient à la nature de l’homme Trump et de sa campagne. Cet homme d’affaires né riche et ayant longtemps financé la classe politique américaine, cet homme de médias parfaitement rompu aux techniques de communication, s’est soudain fait le porte-parole des petites gens et du réflexe identitaire de l’Amérique blanche. Contre Wall Street. Contre Washington et l’establishment. Contre la mondialisation et le bon ton. Contre la presse et les médias, qui étaient massivement orientés contre sa candidature.

 

« L’esprit de faction »

James Madison, quatrième président des États-Unis et père fondateur, considérait « l’esprit de faction » comme le fléau des gouvernements qui avaient précédé la naissance de la fédération. Donald Trump, son successeur, en est la parfaite incarnation.

Même si l’histoire américaine a été  marquée par mille épreuves et sa démocratie abîmée à plus d’une reprise, il  y a des lignes rouges dans le fonctionnement de la politique américaine qui ont toujours été proclamées. Le respect de la séparation des pouvoirs, de la liberté de la presse, des chances de réussir indépendamment de la race, du sexe, de la religion et des opinions.

Sur tous ces registres, les propos de Donald Trump, avant son accession à la Maison Blanche, ont été en contradiction radicale avec ces principes. Par ses insultes, ses violences verbales, ses attaques sans frein contre des personnes et des catégories de personnes. Beaucoup d’Américains redoutent qu’il ne persévère une fois au pouvoir.

Répercussions internationales

L’inquiétude d’une bonne moitié du pays dépasse largement les frontières américaines. Les répercussions internationales de l’élection de Donald Trump, compte tenu de l’impréparation de son propre staff et des propos décousus qu’il a pu tenir en campagne électorale, sont difficiles à prévoir. On connaît les tendances probables de sa politique. Son rejet des accords de libre-échange, sa propension au repli protectionniste, sa sympathie pour les leaders forts notamment Poutine, son attente des Européens qu’ils prennent en main leur propre sécurité, et la financent.

La répercussion sera aussi d’ordre politique. Un même fil unit le Brexit et la victoire de Trump, et Marine Le Pen espère bien s’inscrire dans sa continuité. Comme d’autres, en Europe, l’ont déjà anticipé, en Hongrie ou en Pologne. Dans un climat de crispation nationale et antilibérale.

Ce qui vient de se produire aux États-Unis est une rébellion. Presque une révolution. Et comme toujours dans les révolutions, c’est ce qui suit la colère qu’il faut surveiller. L’arrivée de Trump à Washington, les méthodes qui seront les siennes pour prendre le pouvoir en charge, nous diront si la révolution n’était que médiatique, ou plus profonde. À partir d’aujourd’hui, chaque geste sera scruté à la loupe. C’est là la meilleure réponse que la presse et les médias, s’ils veulent rester fidèles à leur devoir déontologique et à leur fonction démocratique, peuvent apporter aux Américains. Et au monde. 

 


Les défis qui attendent Donald Trump face à l’héritage empoisonné de 2 mandats de Barack Obama

 

 

Il est difficile de vivre le rêve américain lorsque tout semble être contre vous.

Nos politiciens sont restés les bras croisés alors que des millions d’emplois bien rémunérés ont été délocalisés à l’étranger, que l’infrastructure économique s’est complètement volatilisée et qu’une multitude de petites entreprises ont été étouffées par des kilomètres de formalités administratives. Maintenant, on en récolte les effets. Aujourd’hui aux Etats-Unis, dans 20 % des familles américaines, plus personne ne travaille, etplus de 102 millions d’américains sont sans emploi. Et à cause de notre transition vers une «économie de services», beaucoup de ceux qui ont encore un travail connaissent de profondes difficultés. Selon les derniers chiffres de l’administration américaine en charge de la sécurité sociale (The Social Security Administration), 51 % de l’ensemble des travailleurs américains gagnent moins de 30.000 dollars par an. Et la Réserve fédérale indique que 47 % des Américains sont incapables de sortir 400 dollars pour couvrir les frais relatifs à une urgence imprévue sans devoir emprunter ou vendre quelque chose. Cela signifie que près de la moitié de la nation américaine est complètement fauchée, et la vie devient chaque jour plus difficile pour les ménages américains.

Bien entendu, le calvaire que vivent les ménages américains n’est pas quelque chose de nouveau. Revenons dans les années 1950 et 1960, les salaires perçus par les travailleurs représentaient environ la moitié du revenu national brut. Mais depuis 1970, le déclin s’est accéléré, et durant l’administration Obama nous avons atteint un plus bas. En d’autres termes, la part du gâteau devant revenir aux ménages américains ne cesse de baisser au fur et à mesure du temps.

Partout aux Etats-Unis et depuis des années, les revenus médians n’ont fait que baisser. Du coup, un énorme stress financier pèse sur le dos des ménages américains, et nous avons vu la pauvreté monter en flèche aux Etats-Unis durant les administrations des deux derniers président américains. Selon une étude, les revenus médians ont baissé dans plus de 80 % des grandes régions métropolitaines américaines depuis l’an 2000

33% des Américains n’arrivent même plus à subvenir à leurs besoins élémentaires

 

La dernière analyse majeure sur les revenus en Amérique a été publiée plus tôt ce mois-ci par le Pew Research Center (centre de recherche américain qui fournit des statistiques et des informations sociales). Cette étude a montré que plus de 80% des 229 régions métropolitaines aux Etats-Unis ont vu les revenus réels (corrigés de l’ inflation) baisser régulièrement depuis l’an 2000. Certaines des plus fortes baisses des revenus médians ont été observées dans les villes impactées par le déclin industriel – par exemple une baisse de 27% a été constatée à Springfield dans l’Ohio et 18% dans l’agglomération comprenant Detroit. Mais, plus inquiétant encore, c’est la rapidité à laquelle ils ont baissé.

Autour de la zone de Denver dans le Colorado, la population a augmenté de 600.000 individus depuis 1999, mais son revenu médian est passé de 83.500 dollars à moins de 76.000 dollars. De même Raleigh en Caroline du Nord qui est une ville en pleine croissance grâce à un groupe d’universités de recherche et d’entreprises de biotechnologie; la population est passée de 800.000 à 1,3 million d’individus depuis l’an 2000. Pourtant, sa classe moyenne a baissé passant de de 55% à 50% de la population, et les revenus médians qui atteignent environ 74.000 dollars, ont chuté de plus de 11 000 dollars.

Il fut un temps où, la classe moyenne représentait la majorité de la société américaine.

Pour preuve, en 1971, 61 % de l’ensemble des ménages américains faisaient partie de la classe moyenne

 

Mais maintenant, cette classe moyenne américaine par rapport à l’ensemble des ménages américains est en train de devenir une minorité et ce pour la première fois

« Après avoir occupé depuis plus de quatre décennies la majorité économique de la nation, dorénavant, la classe moyenne américaine correspond en pourcentage à celle des classes économiques situées au dessus et en dessous d’elle», a déclaré le rapport de Pew research. « Depuis 1971 et tous les 10 ans, la part des adultes vivant dans des ménages à revenu intermédiaire n’a jamais cessé de baisser, et cette baisse a été régulière et constante sur toutes les decennies. »

L’une des principales causes qui a détruit la classe moyenne est la mort de l’esprit d’entrepreneuriat. Pendant des décennies, la création de petites entreprises a été l’un des principaux moteurs qui ont contribué à alimenter la croissance de la classe moyenne, mais ces dernières années, la création de petites entreprises a chuté à des niveaux extrêmement faibles

U.S: l’effondrement du commerce de détail: entre rayonnages vides et fermetures de magasins!

 

Moins de nouvelles entreprises ont été créées au cours des cinq dernières années aux États-Unis qu’à n’importe quel autre moment depuis les 1980, selon la dernière analyse (pdf) réalisée par l’economic innovation group (EIG), une association bipartite fondée par Sean Parker, un entrepreneur de la Silicon Valley et d’autres. Les entreprises qui ont été créées sont plus localisées que jamais: seuls 20 comtés ont représenté la moitié du nombre total des nouvelles créations d’entreprises aux Etats-Unis. Elles se situaient toutes dans les grandes régions métropolitaines.

« Il est difficile de comparer les fermetures aux créations d’entreprises. Mais nous n’avons jamais vu autant de fermetures et aussi rapidement », a déclaré John Lettieri, co-auteur du rapport et co-fondateur de EIG, dans une interview. « Cela va se répercuter sur l’économie. Vous ne sentirez l’impact que dans cinq, 10 et 15 ans « .

Bien entendu, à peu près tous les autres indicateurs économiques montrent le dramatique déclin de la classe moyenne américaine. Comme vous pouvez le constater ci-dessous au travers des 9 graphiques partagés par le site Zero Hedge, le revenu médian familial, le taux de participation à la population active et le taux d’accession à la propriété ont tous dégringolé durant de la dernière décennie. Et sur ce même laps de temps, la dette publique américaine, le nombre d’Américains qui dépendent des bons alimentaires et les coûts de soins de santé sont n’ont fait que grimper. Trouvez vous que cela ressemble à une économie en pleine santé ?

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Malheureusement, ceci n’est pas bon et tout ce qui se profile est du même acabit. Un nouveau ralentissement économique majeur est déjà en cours, et les annonces de suppressions d’emplois au sein des grandes entreprises sont en hausse de 24 % par rapport à la même période de l’année 2015.

L’Amérique où la plupart d’entre nous avons grandi se meurt, et ce que nous avons vu jusqu’à présent n’est que la pointe de l’iceberg. Si vous suivez mon travail de près, alors vous savez déjà que la situation va s’aggraver. Mais nos dirigeants continuent à faire comme si de rien n’était. Ils appliquent toujours les mêmes méthodes qui ne fonctionnent pas, tout en conservant l’espoir d’obtenir des résultats différents.

Tout ce qu’ils font et ont fait pour tenter de résoudre les problèmes ne marche pas, et cela devrait sauter aux yeux de tout le monde maintenant.

Nous devrions plutôt accorder de l’importance à la classe ouvrière, et cela signifie favoriser la création des petites entreprises et ainsi cela favorisera la création d’emplois pour la classe moyenne.

Malheureusement, nous sommes déjà entrés dans les premières phases de la prochaine grande crise économique, et par conséquent, les choses vont s’aggraver pour la classe moyenne avant qu’il n’y ait la moindre chance de voir la situation s’améliorer pour eux.


USA: 19.400 milliards de dollars de dette publique. Cette année, OBAMA vient d’en rajouter pour 1.100 milliards.

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En 2006, la voix du sénateur américain « Barack Obama » tonnait dans l’enceinte du Sénat américain lorsqu’il avait déclaré énergiquement: « l’augmentation de la dette publique américaine nous fragilise aussi bien au niveau national qu’au niveau international. Aujourd’hui, Washington est en train de transférer un fardeau de mauvaises décisions sur le dos de nos enfants et petits-enfants. »

Cette déclaration n’avait jamais été aussi vraie, mais à peine deux années plus tard, alors qu’il remportait l’élection de 2008, il tournait le dos à ses principes. Alors que je rédige cet article, la dette publique américaine se situe à plus de 19.402 milliards de dollars. Mais lorsque Barack Obama était arrivé à la Maison Blanche, la dette publique américaine était de 10.600 milliards de dollars. Cela signifie que la dette a augmenté de 1100 milliards de dollars chaque année durant les 2 mandats d’Obama. Barack Obama laissera les Etats-Unis avec une dette de 20.000 milliards de dollars.

Voir la vidéo sur ce lien:

 

http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/chroniques/olivier-delamarche/

 

 

 

 

Source: endoftheamericandream

 

 

 

 

 

 

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