Une ile artificielle chinoise.

Une île artificielle chinoise.

 

 

La semaine prochaine, une cour internationale rendra sa décision sur la possibilité des Philippines et de la Chine d’exploiter les eaux proches des îles Paracels. Mais Pékin est déjà persuadé que la décision de la cour ne sera pas satisfaisante.

Le Global Times, quotidien chinois proche du pouvoir, a publié un article dans lequel les autorités déclarent être prêtes à une «confrontation militaire», notamment avec les Etats-Unis, en mer de Chine méridionale. La semaine prochaine en effet, le 12 juillet très exactement, la Cour permanente internationale d’arbitrage de la Haye devra trancher la question de la propriété de territoires dans le Sud de la mer de Chine opposant Pékin et Manille, qui souhaitent tous deux y mener des manœuvres militaires.

 

Cette dispute territoriale ne date pas d’hier, elle remonte à il y a plus de 20 ans, mais les tensions se sont accrues ces dernières années autour des îles Paracels. Cet archipel n’occupe que cinq kilomètres carrées mais constitue un enjeu politique d’importance pour les Etats qui l’entourent car, historiquement, aucun pays ne l’avait jamais possédé. Le sol de l’archipel est trop montagneux ce qui fait qu’il est presque impossible d’y construire ne serait-ce qu’un aéroport.

missile de Taiwan

La Malaisie, Taïwan, le Vietnam, les Philippines et la Chine se disputent traditionnellement les eaux stratégiques et riches en gisements énergétiques du sud de la mer de Chine. Et s’agissant des îles Paracels, tous, y compris Washington, se trouvent aux côtés des Philippines pour contrer l’influence croissante de Pékin dans la région.

Le 5 juillet, Pékin a entamé des manœuvres dans les eaux situées à proximité de l’archipel, accroissant d’autant le mécontentement de Manille et des Etats-Unis.

«Washington a déployé deux groupes aéronavals en mer de Chine souhaitant envoyer un signal et jouer des muscles : étant le plus grand Etat dans la région, il s’attend à l’obéissance de la Chine», lit-on dans l’article du Global Times. Mais même si la «Chine ne peut rivaliser avec l’armée américaine sur le court terme, elle doit être capable de faire payer aux Etats-Unis un coût impossible à supporter s’ils utilisaient la force dans ce différend en mer de Chine méridionale», conclut le journal.

WASHINGTON DÉFIE LA CHINE COMMUNISTE

Les B-52 américains testent continuellement  les systèmes de sécurité chinois en patrouillant  au-dessus des zones revendiquées par la Chine.

Les B-52 américains testent continuellement les systèmes de sécurité chinois en patrouillant au-dessus des zones revendiquées par la Chine.

En 2015, les Etats-Unis ont démontré leur vocation de véritables protecteurs de la liberté de navigation… en envoyant leurs navires de combat dans les eaux où, selon eux, l’accès risquerait d’être limité par les Etats côtiers.

Selon un rapport annuel du Pentagone publié le 25 avril, les Américains ont mené des opérations visant à protéger la «liberté de navigation» face à 13 pays : la Chine, l’Inde, l’Indonesie, l’Iran, la Libye, la Malaisie, les Maldives, Oman, les Philippines, le Vietnam, Taïwan, le Nicaragua et l’Argentine.

Dans le cadre de ces opérations dont le nombre total n’a pas été révélé, les Etats-Unis ont envoyé navires et avions militaires dans des zones maritimes dont certains pays tentaient de limiter l’accès. Washington explique que son objectif est de montrer que la communauté internationale n’accepte pas de telles actions, rapporte l’agence Reuters.

Commentant ce document, le ministère de la Défense de la Chine a exprimé sa profonde préoccupation. «Au nom de la liberté de navigation et de survol, les Etats-Unis mènent une politique de militarisation en mer de Chine méridionale, menacent la souveraineté des états côtiers et détruisent la paix et stabilité dans ces régions», peut-on lire dans un communiqué publié plus tard le 25 avril sur son site.

En octobre 2015, Washington a en effet envoyé un destroyer en mer de Chine méridionale à proximité des îles Spratley, revendiquées par six pays différents dont la Chine, qui y a vu une menace contre sa souveraineté. Les Etats-Unis, eux, s’inquiètent de la récente construction par Pékin, sur ces îles,  d’infrastructures qui pourraient, selon eux, accueillir des installations militaires et menacer la liberté de navigation.

Le destroyer USS Lassen en mer de Chine.

Le destroyer USS Lassen en mer de Chine.

Au milieu des tensions pour la zone maritime, disputée entre les pays de la région, les manœuvres de bateaux militaires américains sont peu appréciées par la Chine, qui craint que les Etats-Unis ne déclenchent une guerre à coup de provocations.

Jeudi 29 octobre 2015, le Commandant de la Marine chinoise, Wu Shengli, s’est entretenu par vidéoconférence avec son homologue américain, John Richardson. «Si les Etats-Unis continuent avec ce genre d’actes dangereux, provocateurs, il pourrait bien y avoir une situation très sérieuse et urgente entre les forces frontalières des deux côtés, en mer et dans les airs, ou même un incident mineur qui déclenche une guerre», a-t-il mis en garde. Il a ajouté qu’il espérait que «les Etats-Unis chérissent la bonne situation entre les marines chinoises et US qui ne s’est pas faite en un jour» et qu’ils «évitent que ce genre d’incidents arrive à nouveau».

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