Au cours de leur entraînement, leurs supérieurs les ont prévenus: ils seront confrontés à un environnement qu'ils ne connaissent pas et à de fortes températures.

Au cours de leur entraînement, leurs supérieurs les ont prévenus: ils seront confrontés à un environnement qu’ils ne connaissent pas et à de fortes températures.

Ces militaires, qui ont appris leur destination finale la veille de leur départ, risquent selon leur avocat jusqu’à 20 ans de prison pour ne pas avoir suivi les ordres de leurs supérieurs.

 

Ils n’ont appris qu’à la dernière minute l’objet de leur mission. Ces soldats russes ont refusé d’être déployés sur le front syrien, rapporte le site Gazeta.ru. Ils faisaient partis d’un détachement d’une vingtaine d’hommes, tous jugés prometteurs par leurs supérieurs. Fin août, ils sont envoyés à Novorossisk, sur le bord de la mer Noire. Eux pensaient aller combattre dans l’Est de l’Ukraine, où d’autres militaires russes opèrent en toute clandestinité. Seulement, mercredi dernier, un supérieur leur apprend la destination finale: le port syrien de Lattaquié. L’embarquement est programmé pour le lendemain. La durée de la mission, elle, n’est pas précisée. La majorité du détachement s’y oppose. Quatre soldats ont même tenté de faire valoir leurs droits auprès d’un procureur militaire. En vain.

«Nous ne voulons pas aller en Syrie, nous ne voulons pas mourir là-bas, témoigne l’un des concernés, Aleksei N., interrogé par le site d’information russe. Depuis le début de cette mission, il y avait beaucoup de bizarreries et de sous-entendus.» En effet, quand il faut habituellement plusieurs semaines pour se procurer des armes, les soldats auraient dès leur arrivée reçu leur équipement, expliquent les militaires. Au cours de leur entraînement, leurs supérieurs les ont prévenus: ils seront confrontés à un environnement qu’ils ne connaissent pas et à de fortes températures. Ils n’auront pas le droit de mettre un seul pied en dehors de leur base. Ils apprennent aussi la marche à suivre et les réponses à donner en cas de capture par l’ennemi.

Aujourd’hui, ces réfractaires sont l’objet de pressions. D’après leur avocat Ivan Pavlov, cité par Radio Free Europe, ils risquent jusqu’à vingt ans de prison pour trahison. «Ils sont tenus de suivre les ordres, bien sûr, mais ces derniers doivent être clairs et légaux afin qu’ils puissent s’assurer que ce combat est bien le leur, précise l’avocat. Si des hommes sont envoyés quelque part sans connaître leur destination finale et, au dernier moment, ils apprennent qu’ils sont envoyés hors de Russie, il s’agit sans aucun doute d’une violation de leur contrat et de la loi.» En l’absence d’ordre de mission écrit, ajoute Ivan Pavlov, si un militaire venait à être tué, ses proches ne percevraient aucun dédommagement. Devant le tollé provoqué par ce témoignage, l’armée chercherait à renvoyer les soldats concernés dans leurs unités.

Selon le porte-parole du Kremlin, aucune plainte de militaires craignant d’être envoyés en Syrie n’a été reçue par le Conseil des droits de l’Homme du Kremlin, qui avait également été saisi par les militaires et leur famille. Et, pour cause, Moscou ne reconnaît pas la présence de soldats russes auprès des troupes du président syrien , Bachar el-Assad. Mais, dans un contexte de tension croissante avec les Occidentaux, plusieurs citoyens russes ont été inculpés de haute trahison, espionnage ou divulgation de secrets d’État ces derniers mois. Un autre client d’Ivan Pavlov, un ancien ingénieur des services secrets militaires russes, a été condamné à 14 ans de prison pour haute trahison. À croire le FSB, il avait divulgué «des informations sur les activités russes de renseignement dans l’espace» dans une lettre de candidature envoyé en 2010 à une branche du ministère suédois de la Défense.

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