L’effet de serre possède ce caractère insidieux qui ne permet pas d’appréhender directement toute la mesure des dérèglements climatiques qui ont lieu. Étude après étude, nous nous rendons compte qu’il agit à tous les niveaux, que les changements sont lents, presque impalpables mais néanmoins bien réels. Pendant que les scientifiques étudient la nature de ces changements et leurs impacts, l’environnement lui ne connait pas de répit. Aujourd’hui, nous apprenons que l’un des plus vastes glaciers de l’Est de l’Antarctique s’est mis à fondre par le dessous.

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Un colosse aux pieds d’argiles

Baptisé « Totten », ce géant de glace situé au pôle Sud impressionne par ses dimensions : 120km de long sur 30km de large, ce qui en fait l’un des plus vastes de cette région de l’Antarctique. Oui mais voilà, ce colosse aux pieds d’argile pourrait bien connaître lui aussi une fonte inexorable qui, à en croire les données scientifiques, entrainerait une hausse des mers de plus ou moins 6 mètres.

Les scientifiques savaient pertinemment que « Totten » diminuait d’envergure grâce à des données satellitaires mais ils n’en comprenaient pas les causes exactes. C’est désormais chose faite grâce à une expédition menée par des scientifiques Australien en Antarctique de l’Est pendant l’été Austral. Ceux-ci se sont aperçus, alors qu’ils pensaient initialement cette région épargnée par le réchauffement de l’océan, qu’il n’est en rien et que l’eau alentour est d’1,5 degré plus chaude que prévue. Ce degré et demi de différence pourrait bien à terme sonner le glas de ce titan et entrainer sa fonte par le dessous.

« Le fait que des eaux chaudes puissent atteindre ce glacier témoigne que l’Est Antarctique est potentiellement plus vulnérable à l’impact du réchauffement global qu’on ne le pensait jusqu’alors » a fait valoir Steve Rintoul, chef de l’expédition.

Et maintenant ?

Pour autant, faut-il tirer la sonnette d’alarme et s’inquiéter outre mesure de ces nouvelles informations ? D’après Frank Pattyn, glaciologue à l’ULB, il faut limiter au maximum les émissions de gaz à effet de serre s’il on veut contrecarrer ce phénomène et éviter ainsi un effet « boule de neige » irréversible. Et c’est encore possible. Si l’antarctique de l’Ouest se rapproche du seuil « d’instabilité » (seuil où la fonte de la glace est plus importante que l’apport de glace via la neige) nous sommes encore loin de cet état en Antarctique de l’Est. Néanmoins, une étude parue le mois dernier et portant sur une vingtaine d’années atteste du fait que la fonte des glaciers en Antarctique à purement et simplement triplé au cours de la dernière décennie.

Les cartes du changement sont entre nos mains désormais et nous devons les utiliser à bon escient afin d’endiguer l’aphasie collective qui règne autour des divers bouleversements climatiques. Une passivité citoyenne et étatique qui pourrait nuire à l’humanité toute entière. Comment mesurer de manière précise l’impact qu’aurait la fonte d’un tel glacier (et d’autres) et quelles en seraient les conséquences sur l’homme et sur la nature ? Difficile à dire, et c’est une question à laquelle nous espérons ne jamais trouver de réponses. Il est encore et plus que jamais temps d’agir car aussi petits et insignifiants pensons-nous être, nous avons un impact clair et un rôle à jouer important. Alors faisons de celui-ci une volonté solidaire, unanime et positive pour un avenir serein.

 

Sources

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