Les autorités nord-coréennes ont annoncé mardi que leur complexe nucléaire de Yongbyon était pleinement opérationnel.

Kim Jung-un

Le leader nord-coréen Kim Jong-un dans un poste d’observation militaire, en 2013.

 

 

Déterminée à faire cavalier seul dans l’ancien «axe du mal», depuis que l’Iran semble être rentré dans le rang, la Corée du Nord se dit prête à utiliser des armes nucléaires contre les Etats-Unis et d’autres ennemis. Cette nouvelle provocation du régime ermite intervient alors que Pyongyang s’apprêterait à tirer un nouveau satellite en orbite, un lancement largement considéré par les expert comme un essai déguisé de missile balistique.

Cité par l’agence officielle de presse KCNA, le directeur de l’Institut national de l’énergie atomique précise que «si les Etats-Unis et d’autres forces hostiles persistent dans leur politique hostile à l’égard de la RPDC, la République populaire démocratique de Corée est totalement prête à leur faire face à tout moment avec des armes nucléaires». Les autorités nord-coréennes ont annoncé mardi que leur complexe nucléaire de Yongbyon était pleinement opérationnel et que la filière nucléaire travaillait pour améliorer «en qualité et en quantité» les armes atomiques de la république populaire.

Une provocation

La veille, L’agence KCNA avait fait état de préparatifs en cours en vue du lancement d’une fusée spatiale. «Le monde observera bientôt une série de satellites monter en flèche vers le ciel aux dates et aux lieux choisis par le comité central du Parti des travailleurs», affirme KCNA. Cette déclaration a immédiatement fait sursauter la Corée du Sud, où l’on redoute les ambitions du régime de Pyongyang en matière de missiles balistiques. Séoul et Washington ont réagi en soulignant que toute activité liée à la technologie des missiles balistiques serait «une provocation grave» considérée comme une violation des sanctions imposées par le Conseil de sécurité des Nations unies, qui interdit de tels essais.

Les Etats-Unis et leurs alliés considèrent les lancements de satellites nord-coréens comme des essais de missiles balistiques déguisés. De son côté, la Corée du Nord considère l’exploration spatiale comme un droit souverain qu’elle entend utiliser «quelle que soit l’opinion des autres sur le sujet». Le lancement de la fusée Unha-3 il y a trois ans avait entraîné l’application de nouvelles sanctions au pays et aggravé les tensions militaires, qui avaient culminé trois mois plus tard lorsque Pyongyang avait effectué son troisième essai nucléaire.

Le Japon a appelé pour sa part le régime nord-coréen à s’abstenir. La Chine, dernière alliée de la Corée du Nord, est en froid avec le régime de Kim Jong-Un. Pékin a dit espérer que les «diverses parties» en feront d’avantage pour assurer la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne et a appelé à l’application des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, un rappel à l’ordre poli.

 

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