À Kinshasa, « des enfants des rues se font violer par de vieux messieurs »

Livrés à eux-mêmes, les enfants des rues de Kinshasa sont souvent à la merci de nombreux criminels, notamment des violeurs. Une situation que veut aujourd’hui dénoncer Rachel Mwanza, la jeune actrice congolaise du film « Rebelle », qui a elle-même été « abusée » à l’époque où elle tentait de survivre dans la capitale congolaise.

Vivre dans la rue, c’est le quotidien de plus de 20 000 enfants à Kinshasa. Hier encore,Rachel Mwanza, la jeune actrice congolaise révélée dans le film Rebelle, était parmi eux. Elle avait à peine 11 ans lorsque sa grand-mère la chassa de la maison, l’accusant d’être une « sorcière ». Ours d’argent de la meilleure actrice en 2012, elle n’a jamais oublié cet épisode de sa vie. Un « enfer », écrit-elle aujourd’hui dans un livre-témoignage cosigné avec Mbépongo Dédy Bilamba : Survivre pour voir ce jour.

 » À travers ma propre histoire, j’ai décidé de raconter dans un livre la vie des enfants des rues de Kinshasa. Parce que, trop souvent, les gens ne savent pas ce que c’est ‘vivre dans la rue' », explique-t-elle à Jeune Afrique. Des milliers de « shegués » [enfants des rues, dans le jargon kinois, NDRL] en errance dans la capitale congolaise sont souvent exposés à des « choses pas cool », notamment les violences sexuelles. « Des enfants de six ans, voire trois ans, se font violer par de vieux messieurs, de vieux voyous », dénonce Rachel Mwanza.

Rachel Mwanza ,une grande actrice en devenir.
Rachel Mwanza ,une grande actrice en devenir.

Au royaume des « prédateurs »

Avec sa jeune sœur, Rachel Mwanza elle aussi a été abusée lorsqu’elle vivait dehors. « Un soir de pluie, alors que nous sommes adossées contre un mur en train de grelotter, un homme nous propose de nous héberger, raconte-t-elle. Il a l’âge de mon grand-père, et nous avons si faim et froid que nous le suivons ». Une fois arrivées chez leur « hôte », celui-ci les viole…

À la nuit tombée, les enfants des rues deviennent ainsi les « proies » des divers « prédateurs » qui rôdent dans les rues de Kinshasa. Il peut s’agir de « phaseurs » (personnes sans domicile fixe, en argot), de kulunas (délinquants armés), voire de certains policiers véreux. Dans ce monde nocturne sans foi ni loi, certaines amies de Rachel Mwanza, âgées entre 12 et 15 ans, n’ont pas eu d’autre choix que de se livrer à la prostitution dans les allées désertes des petits marchés de la ville. Souvent, c’est Rachel qui jouait au guetteur. Sa mission : « Surveiller les alentours pendant que [son amie] est avec un homme et l’avertir si la police arrive. »

Sources:Jeune Afrique 

Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.