Il y a de moins en moins de vie sur Terre. C’est l’enseignement principal du rapport Planète vivante publié ce jeudi par le fond pour l’environnement WWF. Depuis 1970, près de 60% des vertébrés, poissons, oiseaux, mammifères, reptiles ont disparu.

En France, le constat est évident. Il suffit de se promener dans la nature pour observer qu’il y a moins de papillons. moins d’oiseaux dans les champs. Moins de batraciens dans les zones humides.

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Les causes de cette dégradation de la biodiversité: la pollution, la surexploitation mais également la dégradation des habitats.

D’ici 2050, il pourrait ne plus y avoir de forêt tropicale dans le monde, sans compter celles qui sont protégées.

Pour Pascal Canfin directeur du WWF France, c’est le regard culturel qui doit changer. « Il y a toujours une bonne raison de faire une unité touristique en montagne à la place d’une prairie dans les Alpes. Il y a toujours une bonne raison de faire un aéroport à la place d’une zone humide autour de Nantes. La question elle est fondamentale, c’est « est-ce que à un moment donné on pose une limite et on se dit voilà c’est pas une zone vide à aménager, c’est une zone pleine de vie à protéger ». Et une fois que l’on fait cette conversion culturelle, et bien oui on se dit que c’est plus que jamais nécessaire, qu’il y a beaucoup plus de valeur dans cette zone qui paraît vide, que dans l’infrastructure nouvelle qu’on va construire. »

Seule bonne nouvelle du rapport : l’empreinte écologique des habitants des pays les plus riches du monde diminue. Cette empreinte évalue la pression exercée par les hommes sur les écosystèmes. Et cette inversion de la courbe donne un peu d’espoir quant au changement des mentalités.


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Un exemple : l’érosion de la faune marine. Les dégâts déjà causés à la diversité biologique sont multiples, souvent connus et dans beaucoup de cas chiffrés, y compris en termes monétaires, par la perte des ressources, la disparition d’emplois, etc. Ils pourraient se décliner comme une longue litanie. Ainsi, par exemple, la quantité de poissons pêchés chaque année dans l’océan mondial (toutes mers et océans confondus) est de l’ordre de 95 millions de tonnes, ce qui correspond à une « surpêche » qui prélève plus que la production naturelle. Or, ce tonnage est à peu près stable depuis une vingtaine d’années bien que dans cette période, l’effort de pêche ait été multiplié par dix grâce à des bateaux plus puissants, des chaluts qui descendent plus profond et l’exploitation de nouveaux stocks. Cette stabilisation des quantités de poissons débarquées malgré l’amélioration de l’effort de pêche est un signe de l’effondrement de nombreuses populations de poissons, notamment des grands prédateurs comme les espadons, morues, thons ou marlins. La diminution des populations de poissons a de multiples conséquences fâcheuses, non seulement pour l’économie de la pêche, mais aussi pour le fonctionnement des écosystèmes océaniques, notamment en perturbant durablement les réseaux d’interactions entre espèces.

-L’homme et le devenir de la biodiversité. Actuellement, il n’est plus aucun écosystème sur la planète qui ne soit influencé d’une manière ou d’une autre par l’homme. Cette action de l’homme peut participer au développement d’écosystèmes plus variés qu’à l’origine, comme cela a été le cas dans nos pays, en favorisant une alternance de champs cultivés, de prairies, de bois, d’étangs au lieu de la sylve primitive. Elle peut aussi protéger des espèces ou des écosystèmes menacés. Mais, l’augmentation de la population et de la consommation ont,majoritairement, des effets très pénalisants :
 disparition d’écosystèmes par les villes, l’agriculture intensive, les barrages, la déforestation inconsidérée, l’assèchement des zones humides ;
 segmentation et artificialisation des habitats naturels par les voies de communication ;
 surexploitation et pression sur les espèces sauvages par la pêche, la chasse, le surpâturage, le feu ;
 diffusion à l’échelle planétaire d’espèces envahissantes et de vecteurs de maladies ;
 érosion des sols ;
 pollutions, dont certaines produisent le réchauffement climatique, aux effets déjà manifestes mais encore largement imprévisibles sur la biodiversité.
Ces changements et pressions interviennent rarement seuls, mais de façon synergique et à des échelles spatiales et temporelles différentes, avec des effets de seuil et des effets « domino ».

-Le cas de l’agroécologie. L’exemple de l’agroécologie montre qu’un ensemble de techniques, comme l’agriculture biologique, l’agroforesterie, la gestion appropriée des espaces, peut fortement atténuer l’effet négatif de l’agriculture intensive sur la biodiversité et l’environnement. Mais comme l’agriculture intensive résulte aussi de pressions extérieures d’ordre socio-économique, un dialogue entre toutes les parties prenantes est indispensable. Il passe par la mise en place de lieux de « gouvernance agroenvironnementale », allant du global au local.


LES MILIEUX HUMIDES

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Milieux humides : Ils regroupent les sites dont le sol est saturé d’eau durant toute l’année ou pendant une période suffisamment étendue pour que la végétation et le sol en soient influencés. Milieux riverains : Ils correspondent à la bande de terrain qui assure la transition entre le milieu aquatique et le milieu terrestre. Les milieux riverains intègrent autant la berge que la plaine d’inondation et abritent des écosystèmes précieux tels que des milieux humides. Pourquoi la perte et la dégradation des milieux humides et riverains constituentelles des problèmes prioritaires? Les services écologiques offerts par les milieux humides et riverains diminuent l’ampleur d’autres problèmes liés à l’eau repérés sur le territoire : érosion, contamination de l’eau par les matières en suspension et les pesticides, dégradation des écosystèmes aquatiques. Principaux services écologiques : • Protection contre l’érosion • Filtration de l’eau • Recharge de la nappe phréatique • Régulation du débit des cours d’eau (inondations et étiages moins sévères) • Offre de nourriture et d’habitats à la faune et maintien de la biodiversité.

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Quelles lois protègent les milieux humides et les milieux riverains? Milieux humides En vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement (LQE; L.R.Q., c. Q-2), le gouvernement se garde un droit de regard sur toutes les interventions réalisées dans les milieux humides. • Les projets touchant un étang, un marais, un marécage ou une tourbière, peu importe la superficie du milieu visé et ses caractéristiques, doivent avoir été autorisés par le Ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP) du Québec (alinéa 2 de l’article 22). • Dans l’éventualité où un projet est autorisé, le gouvernement a le droit d’exiger des mesures de minimisation d’impact et de compensation pour la perte de milieux humides. Écosystèmes riverains La Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables (PPRLPI) énonce des mesures minimales de protection pour les bandes riveraines. Celles-ci sont effectives dès leur intégration dans les schémas d’aménagement des municipalités régionales de comté (MRC) ainsi que dans les règlements d’urbanisme des municipalités. Au sens de la PPRLPI, l’expression « bande riveraine » définit une zone minimale de protection mesurée à partir de la ligne des hautes eaux1 le long des cours d’eau. La bande riveraine a un minimum de 10 mètres : • lorsque la pente est inférieure à 30 % ou; • lorsque la pente est supérieure à 30 % et présente un talus de moins de 5 mètres de hauteur. La bande riveraine a un minimum de 15 mètres : • lorsque la pente est continue et supérieure à 30 % ou; • Lorsque la pente est supérieure à 30 % et présente un talus de plus de 5 mètres de hauteur. En zone agricole, la bande riveraine a un minimum de 3 mètres et doit inclure au moins un mètre sur le replat du talus. Situation actuelle Milieux naturels La perte de milieux naturels dans un territoire donné constitue un bon indice de la disparition de milieux humides et riverains. À cet effet, les travaux effectués par Papasodoro (2010) et Langlois (2011) ont permis de quantifier, à l’aide de photographies aériennes, la perte de milieux naturels dans les bassesterres de Lanaudière et des Laurentides. Selon ces études, le territoire du COBAMIL a perdu environ 12 % de ses milieux naturels au cours d’une décennie. Ils n’occupaient plus que 29 %, soit 30 500 ha, du territoire du COBAMIL à la fin des années 2000 (voir figure 2). Les pertes les plus significatives ont été enregistrées dans les MRC Les Moulins et Thérèse-De Blainville. Soulignons que pour assurer le maintien de la biodiversité, Environnement Canada estime qu’au moins 30 % de la superficie d’un bassin hydrographique doit être occupée par des milieux naturels.

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Milieux humides On estime que la grande région de Montréal comptait cinq fois plus de milieux humides qu’actuellement au temps de la colonisation. Malheureusement, aucune étude ne permet de quantifier et de localiser ces pertes. Canards Illimités a toutefois réalisé, à partir d’images aériennes de 2007, une carte identifiant les milieux humides de plus de 0,3 ha sur l’ensemble du territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). Selon cette étude, les milieux humides couvraient 5 514 ha dans le territoire du COBAMIL à la fin des années 2000, soit 5,4 % de sa superficie (voir figure 3). Environnement Canada estime que les écosystèmes humides doivent occuper au moins 10 % de la superficie d’un bassin hydrographique pour assurer le maintien de la biodiversité. Dans son étude, Canards Illimités souligne également que les diverses activités se déroulant dans la région métropolitaine fragilisent les milieux humides restants. En effet, sur le territoire de la CMM, 80 % des milieux humides sont affectés par des perturbations anthropiques. Dans la couronne nord de Montréal, ces pressions proviennent essentiellement de l’agriculture, des activités commerciales et industrielles, des secteurs résidentiels et du transport routier. De plus, dans la région métropolitaine, 71 % des milieux humides occupent une superficie inférieure à 1 ha. Une telle fragmentation des habitats humides peut porter atteinte à la diversité faunique et floristique de la région. Malgré cette fragmentation, le territoire du COBAMIL comprend cinq grands complexes de milieux humides, c’est-à-dire des regroupements de milieux humides séparés par une distance de moins de 30 m. Ces complexes jouent un rôle primordial dans la préservation d’une diversité écologique .

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• Popularité des abords des cours d’eau comme milieu de vie et de villégiature Les abords des cours d’eau représentent, historiquement comme actuellement, des milieux de vie privilégiés. Afin de contrer les risques d’inondation ou pour optimiser l’usage de leur propriété, certains riverains ont remblayé leurs terrains, ont aménagé des digues et des murs de soutènement ou ont coupé la végétation dans la bande riveraine. De telles interventions ont pu être réalisées avant qu’elles ne soient encadrées par la loi ou malgré le cadre législatif en vigueur. • Le non-respect du cadre législatif existant Un cadre législatif permet aujourd’hui d’assurer la protection des milieux humides et riverains. Or, plusieurs raisons, notamment la compétition pour l’utilisation du sol ainsi que le manque de ressources assurant l’observation des lois, peuvent mener au non-respect du cadre législatif en vigueur. • Mauvaises perceptions des milieux humides et riverains et méconnaissance de leurs services écologiques Le manque de reconnaissance des services essentiels rendus par les milieux humides et riverains constitue un frein à leur protection. • Introduction et propagation d’espèces exotiques ou envahissantes La présence d’espèces exotiques ou envahissantes peut porter atteinte à la qualité des écosystèmes humides et riverains. • Mauvaise qualité de l’eau de surface Les problèmes liés à la qualité de l’eau de surface peuvent avoir des conséquences sur des écosystèmes connectés au réseau hydrographique. Ils peuvent être à l’origine de l’envasement, de l’ensablement, d’un apport excessif de nutriments et d’une accumulation de contaminants dans les milieux humides et riverains.

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