C’est le plus célèbre naufrage de l’histoire. Un immense paquebot percute un iceberg et finit par couler, tuant près de 1500 passagers. Mais quels facteurs ont favorisé ce naufrage ? Un journaliste vient de faire des révélations inédites.

Le Titanic, rêve d’un bateau de croisière sûr et insubmersible, a coulé après avoir violemment percuté un iceberg le 14 avril à 23 heures 40. On pensait l’affaire entendue, et pourtant, un expert pointe du doigt une fragilité dans le métal de la coque à l’endroit de l’impact fatal avec l’iceberg. Cette fragilité aurait été causée par un incendie bien avant le départ. Et sans celle-ci, selon eux, la coque aurait très bien pu résister à l’impact. 

Le géant des mers peu avant son départ.

Le géant des mers peu avant son départ.

On a tous vu et revu le film Titanic qui a contribué à graver ce drame de l’histoire dans l’inconscient collectif. Le scénario est attachant, plein d’intrigue et relate l’essentiel de l’histoire : le Titanic, réputé «insubmersible» sombrait au large de l’Atlantique Nord en 1912 avec 2 500 passagers à bord, dont 1491 ont péri.

Le souvenir du paquebot est indissociable de l’immense bloc de glace dont la percussion aurait entraîné sa perte. Si cet incident reste le facteur déclencheur, il n’est pas le seul à expliquer pourquoi le bateau a entamé une lente descente vers le fond de l’océan. Un journaliste d’investigation britannique prétend qu’un incendie survenu plusieurs jours avant l’accident serait à l’origine de la catastrophe.

Se basant sur des photographies ignorées à l’époque par les enquêteurs, Senan Moloney explique dans un documentaire diffusé sur Channel 4 le 31 décembre dernier que le naufrage ne se serait sans doute jamais produit si le bateau n’avait pas connu un incendie à bord, plusieurs jours avant le début de son voyage.

«Cet incendie était connu de l’équipage, qui a décidé de l’ignorer. Le Titanic n’aurait jamais dû être mis à l’eau.»

Les photographies d’époque sur lesquelles se base le journaliste mettraient en évidence de larges marques noires d’environ dix mètres sur la coque du navire. Celles-ci sont situées à l’avant et à droite, soit à proximité de la zone où s’est produit le choc entre le paquebot et l’iceberg.

Le journaliste a par ailleurs interrogé plusieurs experts qui enquêtent sur l’accident depuis une trentaine d’années. Ceux-ci confirment que les marques seraient bien la preuve de l’existence d’un incendie survenu dans l’un des réservoirs à carburant situés dans la soute du bateau, et ce, avant même que celui-ci n’ait été mis à l’eau.

L’incendie aurait donc fragilisé le métal de la coque, ce qui expliquerait sans doute la rapidité avec laquelle le Titanic a coulé après avoir heurté l’iceberg.

Dans son documentaire intitulé The New Evidence, Senan Moloney explique que : «Ce naufrage n’est pas seulement l’histoire d’une collision entre un iceberg et un paquebot. C’est la combinaison de facteurs extraordinaires ayant permis la catastrophe : le feu, la glace et une négligence criminelle».

La dernière photo du Titanic en route vers sa mort!

La dernière photo du Titanic en route vers sa mort!

La coque aurait perdu jusqu’à 75% de résistance dans la zone de l’incendie

Senan Molony, journaliste, a en effet mené une passionnante enquête sur ce sujet. Enquête à laquelle il a consacré trente ans de sa vie. Il explique dans les colonnes de The Independant avoir retrouvé des photos peu connues d’un incendie survenu à bord du Titanic, prises lors de sa construction à Belfast :

 

« On a affaire à exactement la même zone que celle où l’iceberg a frappé, on a vraisemblablement une faiblesse voire un dommage de la coque à cet endroit précis, bien avant que le bateau ne quitte Belfast [où il était construit, ndlr] […] ce n’est donc pas une simple histoire d’une collision avec un iceberg conduisant à envoyer le bateau par le fond. Mais un perfect exemple de cercle vicieux causé par des facteurs extraordinaires qui s’empirent les uns les autres : le feu, la glace et une négligence criminelle »

L’incendie dont le journaliste parle a eu lieu sur le chantier naval. Il était d’une extrême violence et a mis plusieurs jours à être totalement maîtrisé, soumettant le métal de la coque à des températures comprises entre 500 et 1000°C. En fait, le feu est parti d’une cuve de 10 mètres de haut remplie de carburant, dans la salle de combustion numéro 6. Un incident attribué simplement à de la « combustion spontanée » et reste donc largement inexpliqué.

 

Avant même le voyage inaugural, l’armateur devait savoir que le Titanic ne pouvait pas prendre la mer

12 ouvriers ont réussi à rapidement garder l’incendie sous contrôle, mais il n’a pu être totalement éteint que des jours plus tard, à cause des stocks de carburant. La coque était à une température suffisante pour devenir rouge, et serait restée dans cet étant pendant une période trop prolongée pour que le métal chauffé garde toute sa résistance originelle. Des experts en métallurgie sont venus d’ailleurs appuyer les propos du journaliste.

Selon eux, de telles conditions auraient réduit la résistance de la coque à cet endroit jusqu’à 75%. Pour Senan Molony, le bateau « n’aurait donc jamais dû prendre la mer ». Mais l’incendie, connu, et aujourd’hui documenté aurait alors été minimisé. La British Titanic Society qui rassemble des experts autour de plusieurs naufrages de l’époque soutient également la thèse du journaliste.

 

Et relève que le voyage inaugural a été décalé de quelques jours, probablement en raison de cet incident. Cette plongée passionnante dans les coulisses de cette saga apporte en tout cas un éclairage nouveau à un accident autour duquel, un siècle plus tard de nombreuses questions subsistent.

Le navire géant a été victime de plusieurs facteurs.

Le navire géant a été victime de plusieurs facteurs.

 

 

 

 

 

 

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