Le port de Tianjin au moment de l'explosion.

Le port de Tianjin au moment de l’explosion.

 

Des centaines de personnes ont été blessées et au moins 88 ont été tués après une série d’ explosions massives ont eu lieu dans la ville portuaire chinoise de Tianjin au nord-est mercredi soir ,le 12 août 2015. Environ 75 miles au sud-est de Pékin, la ville est un centre majeur pour le raffinage du pétrole et de la pétrochimie.

Les explosions dramatiques survenus à un terminal maritime dans le quartier de Binhai de la ville, après des matériaux explosifs mis à feu dans un conteneur, le Quotidien du Peuple-Etat de fonctionner rapporté . La première explosion a eu lieu vers 23h30 heure locale, suivie par un plus gros environ 30 secondes plus tard. Plusieurs autres explosions se sont produites pendant les efforts de sauvetage.

 Les explosions enregistrées sur les équipements de tremblement de terre suivi. La première explosion a eu une magnitude de 2,3, l’équivalent de trois tonnes de TNT, selon le Centre du réseau sismique de Chine (lien en chinois). Le deuxième siège à 2,9, équivalent à 21 tonnes de l’explosif.
Plusieurs heures après l'explosion,la fumée et le feu continuaient toujours .

Plusieurs heures après l’explosion,la fumée et le feu continuaient toujours .

 

Des milliers de voitures détruites.

Des milliers de voitures détruites.

 Douze  pompiers furent tués en plus des 520 blessés civils.On continue de parler de plus de 100 morts…sans parler des personnes disparues.

 Le Conseil d’Etat a ordonné la suspension des efforts de lutte contre l’incendie en raison d’un manque de clarté sur les «marchandises dangereuses» dans l’entrepôt concerné. Une équipe de spécialistes chimiques (lien en chinois) sera déployée à la place.

La superficie  brûlée par les explosions mesures environ 20.000 mètres carrés, selon CCTV radiodiffuseur national (lien en chinois). Le gouvernement n’a pas fait de commentaires sur ce qui a causé l’explosion. Les reporters ont été déplacés à environ 10 kilomètres (6,2 miles) de la zone de l’explosion, parce que les bâtiments environnants sont  en train de s’effondrer. Les reporters disent que  l’air sent âcre  et les pompiers ont noté que l’eau sur le terrain est colorée (lien en chinois).

Les explosions ont eu lieu dans un entrepôt de Ruihai International  Logistic au port de Dongjiang, qui représentait 70% (lien en chinois) des «marchandises dangereuses» de livraisons à Tianjin l’année dernière. Un site de l’entreprise , ne fonctionne plus, a déclaré l’entreprise a été créée en 2011 et est autorisé à transporter des marchandises dangereuses. Il dispose de 70 employés, les postes des revenus annuels de plus de 30 millions de yuans (4,7 millions de dollars), et peut traiter environ 1 million de tonnes de fret par an.

Face à une montagne de conteneurs soufflés par l'explosion,un homme portantun masque marche tranquillement.

Face à une montagne de conteneurs soufflés par l’explosion,un homme portantun masque marche tranquillement.

 

Une publication numérique financée par l’état chinois  a fait une liste (lien en chinois) des catégories de «marchandises dangereuses» stockées à Ruihai Logistic International, basée sur le site de la société:

  • Argon et gaz naturel comprimé
  • Liquides inflammables tels que de la butanone
  • Solides inflammables et auto-combustibles marchandises
  • Comburants et  agents
  • Produits toxiques, dont du cyanure de sodium
  • Produits corrosifs, y compris l’acide formique

 

En mars 2014, le gouvernement de Tianjin a organisé un exercice d’urgence (lien en chinois) sur les produits chimiques hautement toxiques et dangereuses chez Ruihai International Logistics. Une inspection gouvernementale entre novembre et décembre 2013 a signalé que cinq des plus de 4 300 conteneurs sur le site étaient mal fermés (lien en chinois).

Un représentant de la société est détenu par la police, selon un quotidien national chinois.


LES IMPACTS ÉCONOMIQUES

 

1-Tianjin: corruption, mousse inquiétante? La censure des autorités nourrit la suspicion 

Un habitant de Tianjin quitte sa maison le 15 août 2015, après que les autorités aient ordonné l'évacuation des quartiers voisins des entrepôts où se sont produites les explosions du 13 août, par crainte de propagation de substances toxiques

Un habitant de Tianjin quitte sa maison le 15 août 2015, après que les autorités aient ordonné l’évacuation des quartiers voisins des entrepôts où se sont produites les explosions du 13 août, par crainte de propagation de substances toxiques

Les explosions survenues le 12 août dans un entrepôt de produits chimiques de la ville de Tianjin, en chine, ont fait 114 victimes, et les risques d’une contamination de grande ampleur ne sont pas écartés. Mais la gestion de cette catastrophe présente la plupart des caractéristiques habituelles de la réaction de Pékin face aux catastrophes: censure, débat étouffé, dissimulation des autorités et médias qui osent parler voués aux gémonies. Résultat, il est très difficile de savoir ce qu’il se passe sur place, alimentant parfois de nombreuses suspicions et la paranoïa. Sur internet par exemple, la moindre critique est rapidement supprimée. Pékin a d’ailleurs puni 50 sites web et 360 comptes sur les réseaux sociaux pour avoir « répandu des rumeurs », ou plutôt pour avoir critiqué les autorités en leur reprochant de ne pas avoir donné de détails sur l’explosion, ni sur la nature des produits présents.

Une inquiétante mousse apparaît sur les routes

Désormais, c’est la pluie qui inquiète les habitants de Tianjin. Car une étrange mousse blanche apparait sur plusieurs routes de la ville après des averses. Certains riverains se seraient même plaints d’irritation au visage à son contact, selon le site Caixin. Et si des photos diffusées sur les réseaux sociaux montrent une écume intrigante, les autorités se bornent à répéter que l’air et l’eau ne présentent pas de danger pour la population.Impossible donc de savoir si cette mousse est bien en liens direct avec les explosions du 12 août, ni si elle est dangereuse, et si oui à quel point.

Corruption endémique et règles de sécurité non appliquées

« La transparence des informations n’a pas été satisfaisante », estime Joseph Cheng, ancien professeur de sciences politiques à l’université de la ville de Hong Kong. « Les catastrophes d’origine humaine comme l’explosion de Tianjin montrent que la société n’est pas bien gérée, parce que les règles de sécurité ne sont pas appliquées et la corruption est endémique »; ajoute-t-il, tranchant avec le discours des autorités centrales qui insistent sur le caractère local de la catastrophe et soulignent les responsabilités individuelles plutôt que la responsabilité du système de gouvernance.

Un étrange délai

La Chine a été régulièrement confrontée à des catastrophes naturelles ces dernières années et l’ancien Premier ministre Wen Jiabao avait initié la tradition de se rendre rapidement sur le terrain pour signifier l’implication du gouvernement.Son successeur, l’actuel Premier ministre Li Keqiang, l’avait imité mais cette fois-ci, il ne s’est rendu sur place que quatre jours après. Un délai « très étrange » pour Willy Lam, professeur de sciences politiques à l’université chinoise de Hong Kong, « qui laisse penser qu’il y a des divisions au sommet quant à celui qui devrait démissionner ».

Répondre ou non de ses actes

Les autorités ont été sévèrement mises en cause pour avoir échoué à respecter la règlementation, en particulier celle qui veut que les entrepôts contenant des produits dangereux soient situés à au moins un kilomètre des quartiers d’habitation.En fait, selon Willy Lam, le rang de la personne qui sera poursuivie sera proportionnel au bilan de la catastrophe. « Si le bilan est inférieur à 200, alors seul le maire adjoint de Tianjin chargé de la sécurité devra démissionner », dit-il. « C’est le bouc émissaire évident ».Le maire actuel de Tianjin est cependant considéré par les analystes comme appartenant à la faction « Zhejiang », proche du président Xi Jinping. D’après Willy Lam, cette proximité pourrait le protéger de tout châtiment, ou en limiter la portée. « La Chine est encore loin d’être un pays développé et bien géré », conclut Joseph Cheng.


 

2-le coût de la catastrophe de Tianjin 

Des parkings entiers de voitures neuves détruits.

Des parkings entiers de voitures neuves détruits.

 

Entre véhicules brûlés et sites fermés, quelles sont les répercussions économiques des explosions sur les sociétés présentes à Tianjin ? On a fait  le point.

Près d’une semaine après les explosions dévastatrices à Tianjin, le bilan humain, mais aussi matériel, s’alourdit. La zone industrielle abrite de nombreux sites de production manufacturière, des raffineries pétrolières, des entreprises de technologies de pointe mais surtout des myriades d’entreprises automobiles. Une douzaine d’entre elles ont été frappées de plein fouet par la catastrophe.

Parmi elles, le groupe Renault, présent sur place, a perdu 1500 véhicules, happés par un incendie. Le constructeur pourrait ainsi voir ses livraisons diminuer en août et en septembre, indique une porte-parole de l’enteprise en Chine. Mais le groupe français maintient ses prévisions de ventes pour 2015 dans le pays.

Fermeture de site pour Toyota

Toyota est quant à lui contraint d’interrompre la production sur son site de Tianjin pendant trois jours cette semaine. Grâce aux vacances estivales, la production était en standby lorsque sont intervenues les déflagrations. Toutefois, «du fait des recommandations d’évacuation en cours, elles ne seront pas opérationnelles» avant jeudi, explique le groupe. Les répercussions de ces explosions sont importantes. L’une des trois lignes de production, pourtant située à 70km du lieu de l’accident, reste fermée car les pièces assemblées sont produites à Tianjin, métropole industrielle majeure de l’est de la Chine.

Toyota refuse pour l’instant de communiquer sur son niveau d’affection de sa production. «Tout dépendra de l’état des installations» et d’autres périmètres inconnus à ce stade, précise un porte-parole du constructeur automobile. Même réponse pour l’impact sur les importations et exportations au port de Tianjin «en cours d’évaluation».

Quelque 440.000 véhicules sont fabriqués chaque année sur le site de Toyota à Tianjin, à 140 km de Pékin. C’est la moitié de la production du groupe japonais en Chine qui compte 12.000 travailleurs sur place. Le fabricant Mitsubishi a pour sa part indiqué qu’«environ 600 véhicules» étaient entreposés dans la zone au moment des explosions. L’étendue des dégradations reste pour l’heure inconnue

Des problèmes de logistique

Parmi les autres firmes japonaises présentes dans la zone, le géant de l’électronique Panasonic a rapporté des dommages minimes. Les opérations étaient à l’arrêt ce lundi pour procéder à des vérifications.

De nombreux véhicules de l’allemand Volkswagen auraient également été perdus dans les flammes selon certaines sources. Le groupe n’a pas encore souhaité communiquer de chiffre exact. Mais des photos de véhicules parqués en attendant d’être inspectés par les douanes circulent sur les réseaux sociaux.

Le port de Tianjin est l’un des ports les plus exploités du monde. Dans l’attente d’un retour à la normale, les constructeurs utilisent d’autres ports pour «ajuster les livraisons aux concessionnaires des voitures importées et ainsi minimiser l’impact pour les clients». Ainsi, le port de Shanghaï est pris d’assaut par les opérateurs avec une augmentation du transit habituel de plus de 20%.

Veolia a la rescousse

Le groupe français Veolia conclut de nouveaux marchés pour traiter une centaine de tonnes d’eaux usées à Tianjin. Les autorités chinoises craignent une contamination chimique après les puissantes explosions de mercredi soir dans l’entrepôt où étaient stockées 700 tonnes de cyanure de sodium. Le leader mondial du secteur est très présent dans cette métropole portuaire du nord de la Chine, où il fournit par ailleurs plusieurs millions d’habitants en eau potable.

La note devrait être particulièrement salée pour les assureurs. Le coût des préjudices causés par les deux énormes explosions pourrait s’élever à 1,5 milliard de dollars, soit près de 1,3 milliard d’euros. C’est en tout cas ce qu’estiment les analystes de Crédit Suisse sur base des premières estimations fournies par les médias chinois.

Sous pression, les autorités chinoises exhortent les institutions financières de participer aux efforts après les explosions qui se sont produites à Tianjin la semaine dernière. Il est aussi demandé aux compagnies d’assurance de mettre en place un service spécial pour accueillir les réclamations des sociétés touchées de près ou de loin par la catastrophe. L’organisme de réglementation de l’État, la China Securities Regulatory Commission, demande notamment à la Banque pour le développement de la Chine de subvenir aux besoins des entreprises avec des prêts d’urgence.

 

 


PHOTOS AÉRIENNES DU DÉSASTRE

Photos prises d'un drone.

Photos prises d’un drone.

 

Photo 2

Photo 2

 

Photo 3

Photo 3

 

Photo 4

Photo 4

 


L’INFLUENCE SUR LES MARCHÉS FINANCIERS

Une monnaie en chute libre qui annonce une crise majeure

Une monnaie en chute libre qui annonce une crise majeure

 

1-Une triple dévaluation de la monnaie chinoise

La triple dévaluation du yuan la semaine dernière est un mauvais signal pour les secteurs du luxe et du tourisme en France, déjà affectés par la politique anticorruption de Pékin, estiment des analystes interrogés par l’AFP.

2-Prudence et méfiance des investisseurs

Les investisseurs mondiaux restent prudents comme en témoigne la proportion de cash toujours conséquente au sein de leur portefeuille. Selon la dernière enquête « BofA Merrill Lynch Fund Manager Survey » du mois d’août, cette part est néanmoins descendue à 5,2% après avoir atteint son plus haut niveau depuis décembre 2008 le mois précédent (5,5%). Seuls 53% des gérants interrogés anticipent un renforcement de la croissance mondiale sur les 12 prochains moins alors que la récession chinoise est désormais vue comme le risque principal pesant sur l’économie.

 

 

 

 

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