Isis serait-elle d’origine africaine?…ou l’héritage d’une autre civilisation?

déesse africaine
 
Statuettes? Fétiches? Idolâtrie? (Cette statue me rappelle  ISIS et son fils Horus)
 
« Je crois en une vie après la mort, tout simplement parce que l’énergie ne peut pas mourir. Elle circule, se transforme et ne s’arrête jamais » Albert Einstein.

La spiritualité africaine a longtemps été piétinée par les colons étrangers pour leurs propres intérêts Les colons européens et arabes, afin d’imposer leur vision religieuse, ont dû salir nos us et coutumes. C’est ainsi qu’est née cette idée, largement reprise par les Noirs eux-mêmes aujourd’hui, que la spiritualité africaine c’est du fétichisme et l’adoration de statuettes. Ce n’est pas le cas et c’est uniquement sur le terrain de l’ignorance que ces idées se popularisent. 

L’Afrique noire croit en un Dieu unique. Ce Dieu est l’énergie à l’origine de la création du monde, et qu’on retrouve sous forme de vibrations cosmiques dans tous les éléments de la nature, y compris chez les hommes, d’où le fait que nous rendions hommage aux ancêtres comme expliqué précédemment .

Pendant les rites religieux, cette énergie vient habiter son support matériel qui est une statue. Seul l’africain initié à la tradition spirituelle, qui a fait réellement l’expérience du contact avec l’énergie divine et qui a les connaissances scientifiques nécessaires pour entrer en contact avec elle peut réaliser cette unification entre l’énergie et son support matériel. Les statues sont donc des personnifications de l’Ancêtre primordial (Dieu), de ses principes (ou divinités) et des ancêtres morts. On peut par exemple fabriquer une statue pour un parent décédé et lors du rite, on l’appelle et son énergie vient habiter la statue en question. C’est en partie à travers ces supports matériels qu’on adresse des prières à l’Ancêtre primordial, aux divinités et aux ancêtres, et qu’on leur fait des offrandes. 

Ainsi tous les temples des « dieux » en Egypte sont en réalités des temples aux principes de l’Ancêtre primordial. C’est là qu’on se rendait pour entrer en contact avec l’énergie d’Ousiré, Aissata, Hathoro (Osiris, Isis, Hathor) etc… Les temples des pharaons sont des temples pour les ancêtres. Le temple de l’Ancêtre primordial lui-même à Karnak, est le plus grand temple de l’histoire de l’Egypte.

On peut aussi se demander pourquoi les chrétiens salissent la spiritualité africaine en disant qu’il s’agit d’adoration de statuettes alors qu’ils se prosternent devant des statues de Marie et de Jésus, qui pour le coup sont véritablement de l’adoration de statuts de toute évidence.

 

Razana pour les Malgaches, Muzimos pour les Shona, ils rejoignent le Budtenga (pays des ancêtres) pour les Mossi. Les ancêtres sont véritablement au centre de la spiritualité en Afrique noire, et comme on le verra pour tout ce qui touche à la spiritualité traditionnelle, ce rite incontournable a une explication purement scientifique. La cosmogonie d’Iounou en Egypte va nous servir de référence pour cet exposé.

 

Selon les anciens égyptiens, le corps humain est composé de neuf parties, trois seront étudiées pour cet exposé. Ce sont :
– Le Khat : le corps ou la matière, provenant des eaux primordiales (Noun) qui existaient de tout temps.
– Le Ba : l’âme individuelle, permettant la pensée et les émotions. Il siège dans le coeur. Dieu en prenant conscience de lui-même dans le Noun s’est forgé son Ba. En tant que premier et plus ancien des ancêtres, il l’a transmis plus tard aux hommes. Chaque homme en naissant hérite du Ba d’un ancêtre ayant accompli sa vie selon les valeurs divines.
– Le Ka : L’énergie qui permet la vie. L’Ancêtre primordial (Dieu) en sortant du Noun s’est assis sur son trône et par son énergie ordonnatrice (verbe créateur), a animé les eaux primordiales, leur permettant ainsi de prendre vie. Dieu totalise toutes les énergies. Le Ka anime donc le Khat pour que la vie humaine se manifeste. 

Le Khat est tout ce qui est palpable et visible, donc matériel. Le Ka et le Ba pour leurs parts sont invisibles, donc immatériels. Par conséquent, deux des constituants immatériels de l’être sont le Ka et le Ba. Le Ka étant assimilé à l’Ancêtre primordial car c’est sa manifestation, sa contribution à la création. 

Lorsqu’on meurt, le Khat se décompose. Le Ba (âme) selon les égyptiens doit être jugé dans le tribunal des morts et s’il n’est pas lourd de péchés, il sera transmis à un nouveau-né (réincarnation), dans le cas contraire il est détruit. L’énergie quand à elle par principe ne meurt jamais. Elle se transforme mais elle ne disparaît pas. C’est une loi physique qui fait l’unanimité. 

Partant de cette conclusion, le Ka est donc éternel et c’est de ce constat qu’est né le principe de la vie éternelle de l’être humain chez les noirs africains. C’est pourquoi la mort, sous entendu la disparition pure et simple, n’existe pas. On parle de transition, de passage au Ka ou de passage à l’état divin. Le mort devient donc divin car il n’est plus que Ka. 

Le pharaon Awoutibra Saré Horo, 13e dynastie. Il porte sur la tête l'écriture hiéroglyphique du Ka. Il s'agit de 2 bras levés vers le ciel en signe d'éternité

Le pharaon Awoutibra Saré Horo, 13e dynastie. Il porte sur la tête l’écriture hiéroglyphique du Ka. Il s’agit de 2 bras levés vers le ciel en signe d’éternité

Où va donc l’homme à travers son Ka après la mort ? Le mort rejoint l’Ancêtre primordial et sert par conséquent d’intermédiaire entre Dieu et les vivants. C’est aux ancêtres morts qu’on adresse des messages et c’est eux qui le transmettent à Dieu. Sus sont considérés comme faisant partie de leurs familles. Ainsi, selon la spécialiste afro-caribéenne en études africaines Ama Mazama, lorsqu’on verse de l’eau sale dans une cour au Togo, on demande aux ancêtres de reculer en leur disant « Agoo ». Un ancêtre n’est généralement oublié qu’au bout de cinq générations.

Je vais terminer en parlant du Vodoun qui est la spiritualité la mieux organisée en Afrique noire et de ses similitudes avec l’Egypte. Le Ka n’est autre que le Selido dans le Vodoun ouest-africain et le Ti-bon ange dans le Vodoun haïtien. Le Ba quand à lui est le Semedo ouest-africain et le Gros-bon ange en Haïti. ivant ce principe de l’immortalité à travers l’énergie, au Togo, les ancêtres mort

Quand on adore l’ancêtre donc, on adore en réalité l’énergie divine donnée au commencement, qui lui a permis de voir le jour et qui lui survit après la mort. Adoré, l’ancêtre mort est un intermédiaire entre l’Ancêtre primordial et les vivants. 

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