Des bactéries sont apparues de nulle part après l’éruption du volcan sous-marin Tagoro, dans l’archipel des Canaries. Ces bactéries, surnommées « les cheveux de Vénus » à cause de leur ressemblance frappante avec des cheveux blancs, sont pour le moins inattendues. En effet, les éruptions volcaniques sous-marines éliminent en général toute forme de vie sur environ neuf kilomètres carrés.

La résistance de ces bactéries à l’environnement hostile que constitue un volcan en éruption a beaucoup étonné les scientifiques qui se sont penchés dessus. L’analyse de leur ADN a mis en lumière des propriétés surprenantes.

Des bactéries étranges se développent suite à l’éruption du volcan sous-marin Tagoro

Le volcan Tagoro est entré en éruption en 2011. Une équipe de chercheurs italiens et espagnols a commencé à effectuer des recherches sous-marines 3 ans après, en 2014. A leur grande surprise, ils ont retrouvé le volcan entièrement recouvert d’étranges bactéries.

Ces bactéries ont été surnommées les cheveux de Vénus, en référence à une peinture de Botticelli. Ces filaments, mesurant 3 centimètres de long sur 50 micromètres de large en moyenne, ont beaucoup interpellé les chercheurs. A titre d’information, un cheveu humain mesure entre 17 et 180 micromètres de largeur. Combien de temps après l’éruption ces bactéries se sont-elles développées ?

Les chercheurs l’ignorent, mais considèrent qu’elles ont commencé à apparaître quand la température est passée en dessous des 100°C. Selon Roberto Danovaro, professeur à l’Université Polytechnique de Marche, en Italie, a déclaré que ces bactéries étaient fascinantes de par leur structure métabolique. En effet, l’analyse de leur ADN a délivré un résultat surprenant : leurs propriétés leur ont permis d’apparaître de nulle part.

Et de survivre dans un environnement aussi hostile. L’éruption d’un volcan est toujours un phénomène incroyable. Il y a presque trois mois, le Piton de la Fournaise était entré en éruption à la Réunion, ce qui nous avait offert des images éblouissantes. Aujourd’hui, les scientifiques se demandent si la vie microbienne peut survivre dans les profondeurs de la Terre. Cette découverte pourrait lever un coin de voile sur cette question.

Pour le reste, des scientifiques japonais espère parvenir à confirmer cette question en creusant un puits énorme de 7 kilomètres dans les entrailles de la planète.


HORS TEXTE

Le puits le plus profond du monde va être bientôt creusé par des scientifiques

 

Des scientifiques japonais veulent creuser un puits, le plus profond du monde, pour atteindre le manteau terrestre d’ici 2030. Avec plusieurs objectifs dont mieux comprendre les séismes mais aussi déterminer si la vie microbienne existe dans les entrailles de la Terre. Pour parvenir à leurs fins, les scientifiques vont creuser en pleine mer, là où le croûte terrestre est la plus fine. 

L’agence japonaise pour les sciences et les technologies marines et de la terre (JAMSTEC) veut creuser d’ici 2030 un puits de 7km qui doit pénétrer jusque dans le manteau terrestre, c’est à dire sous la croûte. S’ils réalisent leur exploit, ce serait une première mondiale. Même le forage profond de Kola en Russie, n’est pas parvenu, malgré ses 12 292 mètres de profondeur à atteindre le Moho, cette frontière entre la croûte terrestre et le manteau supérieur.

Les scientifiques soviétiques avaient à l’époque butté sur de nombreuses difficultés, notamment les températures plus élevées que prévu au fur et à mesure que la profondeur augmentait. Mais aussi les contraires énormes de torsion de l’axe de forage, ou encore la pression feignant à cette profondeur et bien sûr la fin de la guerre froide. Les roches qu’ils ont remonté ont néanmoins permis beaucoup de découvertes.

Un puits immense pour mieux comprendre le manteau terrestre

Notamment leur étonnante saturation en eau, et la présence de beaucoup de dihydrogène. Ce qui a permis de nombreuses révélations sur la plasticité des roches de la croûte terrestre. Pour parvenir à leurs fins, les scientifiques japonais prévoient, eux, de pratiquer leur forage en pleine mer. Sur des sites où la croûte est nettement moins épaisse qu’à Kola (Mourmansk) où elle faisait quand même 35 km.

Une meilleure compréhension de ses interactions avec les autres couches terrestres permettrait, peut-être, de trouver de nouveaux moyens de prédire les tremblements de terre. En prime, puisque l’on sait que les roches, sont en profondeur très saturées en eau, les scientifiques veulent savoir si la vie microbienne survit dans de telles conditions.

 

 

 

 

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