La découverte d’un crabe préhistorique confond les chercheurs

Calli chimera : «la belle chimère», c’est le nom qui a été donné avec poésie à une espèce de crabe vieille de plus de 90 millions d’années, découverte par un paléontologue de l’Université de l’Alberta.

Calli chimera : «la belle chimère», c’est le nom qui a été donné avec poésie à une espèce de crabe vieille de plus de 90 millions d’années, découverte par un paléontologue de l’Université de l’Alberta.

Javier Luque a déterré ces fossiles presque par hasard, lors d’une excursion sur le terrain d’un mois en Colombie. Après une longue journée de marche, il a décidé de prendre une pause sur un amas rocheux.

« J’ai donné un dernier coup de marteau, pour voir ce que je pourrais trouver. C’est incroyable, parce que dès que j’ai frappé la roche, elle s’est fendue. Elle était complètement couverte de fossiles, s’exclame le chercheur. Il y en avait des milliers, c’était très excitant! »

Le scientifique n’en croyait pas ses yeux lorsqu’il a vu ces fossiles, car ils sont l’antithèse du crabe classique, qui a un corps plus rond et plat et des yeux renforcés.

Les fossiles étaient à peine plus gros qu’une pièce de monnaie et, coup de chance pour le chercheur, étaient extrêmement bien préservés, ce qui a permis à Javier Luque de les examiner jusque dans leurs moindres détails.

« En paléontologie, souvent, la réalité surpasse la fiction et ces fossiles en sont un bon exemple. On n’aurait jamais pu se douter qu’une belle chimère comme ça aurait pu exister si on n’avait pas vu son fossile. »

Javier Luque, paléontologue de l’Université de l’Alberta

L’espèce découverte par Javier Luque ressemble à un amalgame de plusieurs espèces différentes : elle a les yeux globuleux d’une larve, la bouche d’une crevette, les griffes d’un crabe et la carapace d’un homard.

« Ses yeux étaient énormes, décrit-il. Ses pattes du devant, au lieu d’être formées pour marcher, étaient énormes et plates, comme des pagaies qu’elle aurait utilisées pour nager. Toutes ces caractéristiques nous ont vraiment rendus perplexes. »

le fossile.

Cette découverte a eu lieu en 2005. S’en est suivi plus d’une décennie de recherche, pour déterminer la place de ce fossile inusité dans la chaîne de l’évolution des crabes, avant que cette révélation soit enfin rendue publique.

« On savait que c’était un crabe, mais on ne savait pas du tout de quelle espèce il s’agissait. Le travail de détective […] a pris beaucoup de temps », indique Javier Luque.

Il estime que cette espèce date du mi-crétacé et qu’elle aurait habité dans les régions côtières il y a entre 90 et 95 millions d’années.

La zone des tropiques, l’eldorado des fossiles?

Christopher Cameron, professeur agrégé au Département de sciences biologiques à l’Université de Montréal, pense que ces fossiles marquent un jalon important, et pas seulement parce qu’il s’agit d’une nouvelle espèce.

« Je crois qu’une des répercussions les plus importantes de cette découverte, c’est qu’elle indique que les régions équatoriales seront l’endroit où il y aura le plus de fossiles déterrés au cours du prochain siècle. »

 

Si la plupart des fossiles ont jusqu’à présent été découverts en Europe ou en Amérique du Nord, ce ne sera plus le cas à l’avenir, croit Christopher Cameron. Il s’attend à ce que les régions équatoriales deviennent le terrain de jeu de prédilection des chercheurs de fossile.

Quant à Javier Luque, il espère que cette découverte permettra de donner un nouvel élan à la paléontologie sous les tropiques.

« C’est vraiment un bon moment pour être un paléontologue, au XXIe siècle, s’enthousiasme-t-il. Il y a tellement de choses à découvrir, alors il nous reste beaucoup de travail à faire. »

 

 

 

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La Conspiration nazi:La CIA a enquêté sur la question de savoir si Adolf Hitler a vécu en Colombie pendant les années 1950

Des documents déclassifiés indiquent que, bien que les agents n’aient pas pris la demande au sérieux, ils ont reçu une photo de l’homme qui ressemblait de manière frappante au Führer.

Un ancien soldat SS, Phillip Citroen, s’est approché des agents de la CIA en 1954 et a déclaré qu’un homme qui se battait pour être Hitler vivait dans la ville de Tunja.

Le document dit: « Citroën a prétendu avoir rencontré cette personne à un endroit appelé » Résidences Coloniales « qui, selon la source, est trop peuplé d’anciens nationaux-socialistes allemands.

« Selon Citroën, les Allemands résidant à Tunja suivent ce prétendu Adolf Hitler avec une idolâtrie du passé nazi, s’adressant à lui comme frère Fuhrer et lui offrant le salut nazi et l’adulation des troupes d’assaut. »

Photo provenant d’archives de la CIA…étrange,non?

 

Bien que les revendications aient été écrites dans un mémo informel, la CIA l’a rejeté comme une rumeur.

Des milliers de nationaux-socialistes auraient fui vers l’Amérique du Sud après la Seconde Guerre mondiale, y compris de nombreux hauts gradés du cercle intime d’Hitler. La conspiration entourant la mort de Hitler est évidente.

 

Colombie: hausse de la violence sexuelle contre les femmes en 2016 —

La Colombie a enregistré une hausse de 7,5% de la violence sexuelle contre les femmes durant les dix premiers mois de 2016, par rapport à la même période l’année précédente, avec plus de 15.000 cas déclarés, a annoncé lundi l’Institut de médecine légale.

via Colombie: hausse de la violence sexuelle contre les femmes en 2016 —

Vidéo sur l’histoire:L’assassinat de Jorge Eliécer Gaitán et les débuts la guerre civile colombienne en 1948

Photo du meurtre de Jorge Eliécer  Gaitan.
Photo du meurtre de Jorge Eliécer Gaitan.

 

 

 

 

 

L’assassinat de Jorge Eliécer Gaitán et les débuts la guerre civile colombienne en 1948

Le 9 avril 1948, le candidat présidentiel du parti libéral colombien Jorge Eliecer Gaitán est abattu en plein jour dans une rue de Bogota. L’assassinat déclenche une révolte populaire d’une extrême violence. Ce que l’on appellera le « Bogotazo » aboutit presque au renversement du gouvernement conservateur, fait trois mille morts et détruit le centre ville de la capitale. C’est le début de « la Violencia », la guerre civile colombienne.

L’United Fruit Company et la mise en esclavage des peuples sud-américains par l’oligarchie

*Cet article est la partie 3 des articles suivants:

 

Partie 1: Un hommage aux 250,000 victimes de l’impérialisme en Colombie:le cycle de Gabriel Garcia Marquez

 

Partie 2:Le massacre des Bananeraies et l’assassinat d’un grand leader

 

 

Ancienne affiche de la United Fruit Company.
Ancienne affiche de la United Fruit Company.

Tout commence avec la création en 1899, de la United Fruit Company. Cette puissante entreprise de négoce de fruits ne tarda pas à s’implanter dans certains pays d’Amérique du Sud afin d’y faire pousser des bananes, notamment au Costa Rica, à Cuba, en Colombie, au Guatemala, en Jamaïque et au Nicaragua.

Pour le transport des bananes jusqu’aux Etats-Unis, l’entreprise disposait d’un réseau de communications très important à travers l’Amérique du Sud : plus de 180 kilomètres de chemins de fer, une trentaine de navires et une dizaine de bateau à vapeur.

Son pouvoir d’influence était tel, qu’en 1904, le dictateur du Guatemala Manuel Cabrera confia à la United Fruit Company le contrôle de tous les chemins de fer de son pays, en prenant bien soin de leur accorder l’exonération d’impôts sur les sociétés.

L’entreprise dictait aux Etats leur politique en matière salariale. Je vous laisse donc imaginer les dégâts sociaux que cela peut causer. C’est ce qui s’est malheureusement produit en Colombie en 1928, où plus de 25 000 salariés, affectés à la plantation de bananes et à la construction de lignes de chemins de fer, se sont mis en grève. Pourquoi ? Ils ne toléraient plus d’être payés avec de misérables bons d’achats qui n’étaient utilisables que dans les magasins de la United Fuit Company.

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A la demande de la compagnie bananière, le gouvernement colombiens de l’époque fit passer des lois limitant les libertés syndicales. L’entreprise alla même jusqu’à interdire les revendications salariales. Quelques jours plus tard, la manière forte fut utilisée pour stopper les manifestations, ce fut un succès. Plus de 75 personnes furent assassinées et, comme si leur destin n’était pas assez tragique, les salariés furent contraints d’accepter une forte réduction de leurs salaires. On connaît aujourd’hui cet épisode sous le nom de « massacre des bananeraies« .

Vous saisissez alors l’importance et l’influence que peut avoir une telle société dans des pays en développement, comme les pays d’Amérique centrale à l’époque. United Fruit Company était à proprement parlé un Etat dans l’Etat.

Mais son règne ne dura pas si longtemps.

En 1944, au Guatémala, le peuple renversa le dictateur. Les premières élections démocratiques de l’histoire du pays ont eu lieu : le gouvernement sera, dès lors, moins facile à corrompre.

En 1954 au Honduras, plus de 15 % de la main d’oeuvre du pays fit grève. La société se retrouva obligée d’augmenter les salaires.

A Cuba en 1959, Fidel Castro redistribua les plantations de la United Fruit Company : ce sera une des raisons du débarquement américains dans la baie des cochons en avril 1961.

Bref, au fil du temps l’entreprise perdit de plus en plus de pouvoir et les gouvernements fantoches s’évaporèrent peu à peu.

Mais la United Fruit Company n’a pas disparu pour autant. Elle a changé de nom en 1989 pour Chiquita Brands International Inc. comme pour faire oublier un passé dérangeant.

Mais ce ne fut apparemment pas assez.

En 2007, l’entreprise fut jugée coupable d’avoir aidé financièrement des groupes d’extrême-droite colombiens eux mêmes responsables de massacres perpétrés entre 1997 et 2002. La Chiquita Brands s’occupait de l’armement de ces groupes et a ainsi stocké plus de 3 500 Kalachnikovs avec le soutien de Banadex, une autre entreprise de négoce de bananes.

Qui aurait pensé que la banane pouvait être aussi dangereuse ?Aussi remontons dans le temps ,afin de revoir l’affaire,mais plus en détail.

 

Les travailleurs dans les bananeraies contrôlées par les  compagnies capitalistes américaines étaient en état de survie.
Les travailleurs dans les bananeraies contrôlées par les compagnies capitalistes américaines étaient en état de survie.

En 1916, un diplomate usaméricain accrédité au Honduras qualifia une entreprise, qui par la suite s’unit à l’United Fruit, « d’État dans l’État ». Et bien qu’elle changea plusieurs fois de nom, elle fut toujours un pouvoir derrière le trône. Elle suborna des politiciens, finança des invasions, favorisa des coups d’État, supprima et plaça des présidents, mit un terme à des grèves par les armes et appuya des escadrons de la mort.

En 1970, la United Fruit fusionna avec une autre firme et s’appela alors United Brands. En 1990 elle changea à nouveau de nom : à présent c’est la Chiquita Brands. Avec 15.000 hectares en Amérique latine et près de 14.000 travailleurs, elle continue d’être un géant du négoce.

Actuellement, la banane est la seconde culture du monde après l’orange. Dans les pays pauvres elle est le quatrième aliment le plus accessible après le riz, le blé et le maïs. Dans certains pays africains, comme le Rwanda et l’Ouganda, la consommation de bananes par personne atteint parfois les 250 kilos par an.

« Le roi sans couronne d’Amérique centrale »

Avant 1870 les Usaméricains n’avaient jamais vu une banane. Mais cette année-là l’ingénieur ferroviaire Minor Cooper Keith, né à Brooklyn et âgé de seulement 23 ans, exporta du Costa Rica les premières bananes au port de la Nouvelle-Orléans. Trois décennies plus tard, les USA consomment approximativement 16 millions de régimes par an.

Minor Cooper Keith en compagnie de sa femme.
Minor Cooper Keith en compagnie de sa femme.

Minor C.Keith, né en 1848, l’année de la publication du Capital de Karl Marx*, ne fut pas stoppé par les difficultés de l’époque. Pour la construction des routes qui vont de Puerto Limon à San José, il avait recruté une première cargaison de 700 voleurs et criminels des prisons de Louisiane; seulement 25 survécurent aux dures conditions de la jungle et des marais. L’homme d’affaires ne se découragea pas et fit venir 2000 Italiens. A voir les conditions de travail, la plupart préférèrent fuir dans la forêt. L’entrepreneur attira alors des Chinois et des Noirs, en apparence plus résistants aux maladies tropicales. Dans l’installation des premiers 40 kilomètres de rails, 5000 travailleurs moururent.

L’entreprenant Keith épousa la fille de l’ex-président José Maria Castro Madriz. Il se fit des relations dans la provinciale haute société costaricaine, soudoya des politiciens, acheta des autorités et obtint la concession du chemin de fer flambant neuf pour 99 ans. Il put alors se consacrer à plein au négoce de la banane.

Minor Cooper Keith est < gauche
Minor Cooper Keith est à gauche

En 1899 il chercha des associés et fonda à Boston ,l’United Fruit Company, la compagnie bananière la plus grande du monde, avec des plantations en Colombie, au Costa Rica, à Cuba, au Honduras, en Jamaïque, au Nicaragua, au Panamá et à Sain- Domingue. En peu de temps il devint propriétaire de 10% du territoire costaricain et se fit connaître comme « le roi sans couronne d’Amérique centrale ».

En plus des trains du Costa Rica et de la production bananière d’Amérique centrale et des Caraïbes, Keith et ses associés contrôlaient les marchés municipaux, les tramways, l’électricité et l’eau, possédant 180 kilomètres de voie ferrée qui unit les plantations avec les ports et en peu de temps il vont être propriétaires d’une ligne maritime qui transporte la banane jusqu’aux quais des USA et d’Europe. Cet empire naval, créé en 1907 avec 4 navires et une centaine en 1930, existe toujours et se nomme la Grande Flotte Blanche.

Bananas 003

 

Minor Keith fonda en 1911 l’International Railroads of Central America, dont les lignes ferroviaires unissent le Mexique et le Salvador. Il mourut à 81 ans, en 1929, quand se produisit le fameux « mardi noir » de Wall Street qui fut à l’origine de ce qu’on a appelé la Grande Dépression. L’homme qui était arrivé au Costa Rica les mains vides avait une fortune de 30 millions de dollars dont on n’a jamais su ce qu’elle était devenue.

 

« L’homme banane »

Samuel Smuri

Samuel Smuri, fils d’un paysan juif de Bessarabie (Russie) arriva aux USA en 1892, à 15 ans. A 18 ans il change son nom pour Zemurray et commence à acheter à bas prix des bananes sur le point de se décomposer sur les quais de la Nouvelle-Orléans, qu’ensuite il vend rapidement à des villages voisins. A 21 ans il possède 100.000 dollars sur son compte en banque.

Sam Zemurray n’a pas fait d’études et ne parle même pas bien l’anglais, mais le voilà prêt pour les grandes affaires. Il épouse la fille de Jacob Weinberger, le vendeur de bananes le plus important de la Nouvelle-Orléans, achète une entreprise maritime en faillite et en 1905 débarque à Puerto Cortès (Honduras). Il acquiert là une autre compagnie au bord de la faillite, la Cumayel Fruit Company.

En 1910 il est propriétaire de 6000 hectares, mais il est endetté avec diverses banques usaméricaines. Il décide alors de s’emparer de tout le pays au moindre coût. Il y parvient l’année suivante.

Zemurray retourne à la Nouvelle-Orléans et cherche Manuel Bonilla, ex-président du Honduras en exil, qu’il convainc de faire un coup d’État pour récupérer le pouvoir. Bonilla est un ancien charpentier, violoniste et clarinettiste qui pendant les guerres civiles est devenu général. Zemurray enthousiasme aussi pour participer à l’aventure centre-américaine le « général » Lee Christmas, un soldat de fortune et son protégé Guy  « Mitrailleuse » Molony, un tueur professionnel.

En janvier 1911, les quatre embarquent à bord d’une flotte de corsaires en direction du Honduras. Armés seulement d’une mitrailleuse lourde, d’une caisse de fusils à répétition, de 1500 kilos de munitions et de bouteilles de bourbon, durant une année les mercenaires dévastent tout sur leur passage et arrivent à Tegucigalpa le 1er février 1912 où ils installent Bonilla au pouvoir.

En 1912, le président reconnaissant attribue à Zemurray une concession libre d’impôts de dix mille hectares pour cultiver la banane durant 25 ans. « Le territoire contrôlé par la Cumayel est un état en soi », informe le consul usaméricain à Puerto Cortès en 1916. « Il héberge ses employés, cultive des plantations, opère avec des chemins de fer, des lignes de vapeurs, des systèmes d’eau, des usines électriques, des commissariats, des clubs ».

En 1929, en pleine grande crise mondiale, le commerçant russe vend la Cumayel à l’United Fruit en échange de 300.000 actions évaluées à 31 millions de dollars, ce qui lui permet de rester le principal actionnaire individuel. Le spéculateur est alors connu comme «  l’homme banane ».

Sam Zemurray va occuper de hauts postes à l’United Fruit Company jusqu’en 1957, y inclus la présidence. En 1961, à 84 ans il meurt victime de la maladie de Parkinson. Il est l’auteur d’une phrase qui est passée dans l’histoire de l’Amérique centrale : « Au Honduras il est meilleur marché d’acheter un député qu’une mule ».

Le massacre de Santa Marta

En 1928 la United Fruit Company était depuis trois décennies en Colombie et bénéficiait de l’absence de législation du travail. Le 6 décembre de cette année-là, après près d’un mois de grève, trois mille travailleurs de l’entreprise se réunirent près de la station de train de Ciénaga, dans le département de Magdalena, dans le nord du pays. La rumeur avait couru que le gouverneur allait venir pour écouter leurs réclamations. Le fonctionnaire ne vint jamais et ils furent criblés de balles. A la demande de la compagnie bananière l’armée avait encerclé le lieu. Le général commandant donna cinq minutes à la multitude pour se disperser. Passé ce délai, il ordonna à la troupe de tirer. Selon le gouvernement, « neuf révoltés communistes » moururent. Cependant, le 29 décembre 1928, le consul usaméricain à Santa Marta envoya un télégramme à Washington dans lequel il indiquait qu’il y avait entre 500 et 600 victimes. En janvier de l’année suivante, le diplomate informa que le nombre de morts était supérieur à mille et mentionnait comme source le représentant de la United Fruit à Bogotá.

L’entreprise de chemin de fer de la région est propriété de la firme britannique Santa Marta Railway Company, mais la majorité de ses actions appartient à l’United Fruit.

« Ma République bananière »

Le Newyorkais Minor Cooper Keith débarqua aussi au Guatemala. En 1901 le dictateur Manuel Estrada Cabrera attribua à la United Fruit l’exclusivité pour transporter le courrier aux USA. Ensuite il autorisa la création de la compagnie de chemins de fer comme une filiale de l’entreprise bananière. Puis il lui concéda le contrôle de tous les moyens de transport et de communication. Et comme si cela ne suffisait pas, la firme fut exemptée de payer tout impôt au gouvernement durant 99 années.

Estrada Cabrera -personnage central du roman Monsieur le Président, de Miguel Angel Asturias- se maintint au pouvoir 22 ans, jusqu’à ce qu’en 1920 le Congrès le déclara « malade mentalement », mais la United Fruit continua de tirer les fils de la politique. La propriété de la terre cultivable est détenue à 75% par 2% de la population, et dans ce scandaleux pourcentage, la United Fruit possède la majorité. Il y avait longtemps déjà que Keith considérait le Guatemala comme sa « République bananière ». Les habitants d’Amérique centrale et des Caraïbes doivent lui être reconnaissants pour la dénomination.

En 1952, quand le président Jacobo Arbenz tenta de réaliser une prudente réforme agraire au bénéfice de 100.000 familles paysannes, la United Fruit, sachant que cela mettrait fin à ses privilèges, se mit en marche pour l’éviter. La solution était à Washington. Un des actionnaires de la firme est secrétaire d’État du président Dwight Eisenhower : il s’agit de John Foster Dulles, qui était aussi l’avocat de Prescott Bush, le grand-père du président George W. Bush. Son frère cadet, Allen Dulles, fut le premier directeur civil de la CIA.

Sous le prétexte du « danger communiste »  au Guatemala, les frères Dulles font faire le sale boulot à la United Fruit. Le 27 juin 1954, une force militaire dirigée par le général Carlos Castillo Armas -qui part des champs bananiers de l’entreprise au Honduras- envahit le pays. Des pilotes usaméricains bombardent la capitale. Arbenz est renversé et s’exile au Mexique. Douze mille personnes sont arrêtées, plus de 500 syndicats sont dissous et deux mille dirigeants syndicaux quittent le pays.

 

Castillo Armas, formé à Fort Leavenworth (Kansas), est « pas cher, obéissant et abruti », selon l’écrivain Eduardo Galeano. Et il assume la présidence. Il est l’homme qu’il faut à la United Fruit pour qu’elle reste « propriétaire de champs en friche, du chemin de fer, du téléphone, du télégraphe, des ports, des bateaux et de beaucoup de militaires, politiciens et journalistes ».

La Chiquita Brands réalise son dernier scandale en Colombie, où il est prouvé que depuis 1997 elle a payé des paramilitaires pour éliminer des dirigeants paysans et syndicalistes « gênants ». Elle s’est retirée du pays en 2004 et début avril de cette année elle a été condamnée à une amende de 25 millions de dollars par une Cour usaméricaine, après avoir admis avoir payé 1.7 millions de dollars à Autodefensas Unidas de Colombia (AUC) en échange de sécurité.

L’histoire de l’United Fruit-United Brands-Chiquita Brands est quasi interminable. Mais elle peut se résumer en une phrase du Parrain de Mario Puzo : « Une douzaine d’hommes avec des mitrailleuses ne sont rien face à un seul avocat avec un portefeuille plein ». Tout au long ce ces 108 années, l’empire bananier a eu recours au service des uns et des autres.

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J’AI ÉTÉ AUX SOURCES:

 

Votre humble serviteur a été consulté deux personnes très très  proches du profil de cette compagnie (United Fruit Company /Chiquita Brands),soit un courtier à la bourse de Wall Street ,à New York  qui transige des tîtres sur des valeurs en alimentation  (bananes,fruits,légumes,etc) et un travailleur  de la République de Colombie.Voici ce que cela a donné:

 

À la question:y-a-t-il un avenir pour  les bananes comme aliment dans le monde?

Le courtier en valeurs m’a répondu:

« Cette société a comme un mauvais karma qui l’ entoure! ….. Vous ne pouvez violer la terre  d’autrui si longtemps avant qu’on ne vous morde dans le cul, et c’est ce qui se fait pour United Fruit / Chiquita. Traiter les gens comme de la merde n’est pas un modèle d’affaires durable au 21e siècle, et ce n’est certainement  pas une entreprise du 19ème siècle qui va  faire sa loi. Les bananes sont en difficulté ainsi,partout dans le monde. La banane Cavendish est mangé par un champignon dans le monde entier. Le seul endroit qui n’a pas été affligé est  l’Amérique latine et du Sud. Les anaylistes et les spécialistes environnementaux  estiment que ce n’est qu’une question de temps avant un amas de terre transportée de l’Australie ou de l’Afrique définit ce processus  mortel. J’ai entendu le nombre  de 20 ans ou un peu plus pour le temps qui reste à vivre …à  la banane Cavendish. C’est la seule banane ,Chiquita qui se  vend. Le grand problème. Par ailleurs, une banane de remplacement n’a pas été identifié. Franchement parler,tout ce secteur est en profonde mutation  ….. je resterais loin, très loin de cette société. Et si vous avez vraiment besoin d’une collation …. Prenez une pomme.  »  (John P.)

Le travailleur  en Colombie m’a répondu:

« Moi et mes sœurs travaillont  pour eux et tout a été dit sur cette compagnie  diabolique. Rien n’est correctement fait pour les employés.Tout est mauvais partout et l’ambiance y ne cesse d’empirer.Bad Bad Karma  « .(Luis )

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ANNEXE HORS TEXTE

 

MONSANTO ET LA UNITED FRUIT COMPANY/ CHIQUITA BRANDS :MËME COMBAT

 

 Aujourd’hui,en 2014,

Monsanto pourrait apprendre beaucoup des bananes, et les Américains veulent peut-être y faire attention aussi. Un champignon qui se répand et détruit les plantations de bananes d’Asie sera inévitablement touché l’offre américaine de bananes. Lorsque c’est le cas, notre version la plus aimée du fruit peut s’éteindre. Bien que rien de tel champignon ou une maladie est actuellement connus pour être une menace pour les cultures de maïs du monde, la domination d’une culture de maïs unique en Amérique, il est sensible à la destruction pour les mêmes raisons que les bananes sont actuellement vulnérables. Si un seul champignon peut anéantir l’industrie de la banane en raison de sa dépendance à un seul cultivar, une absence de la biodiversité dans l’industrie du maïs devrait soulever des inquiétudes chez les investisseurs et les citoyens. Si l’on peut être en mesure d’imaginer un pays sans les bananes, il peut être plus difficile d’imaginer un monde sans maïs.

La chute des bananes
Les américains aiment les bananes, mais les seuls endroits où les bananes peuvent être cultivées au pays sont la Floride et à Hawaii, où les récoltes sont faibles par rapport à celles qui sont cultivées dans des climats plus tropicaux. Cela rend les États-Unis extrêmement dépendants sur les bananes importées, principalement en  provenance de l’Amérique latine. Les traits nécessaires pour permettre à l’emballage et des temps relativement longs d’expédition avec le désir d’une plus fade dégustation  des produits plus large et attrayant, sont menacé par un champignon résistant à tout ce que Monsanto a inventé et qui a rétréci le marché américain à une seule banane: la Cavendish.

La banane  Cavendish s’est fait connaître il y a plus d’un demi-siècle, quand une souche de Fusarium oxysporum f. sp.cubense (Foc), un champignon responsable de la maladie de Panama, a décimé le cultivar de banane la plus dominante de l’époque (le Gros Michel). Bien que la variété Cavendish a été choisi principalement pour sa résistance à la maladie de Panama, le cépage est sensible à une nouvelle souche de Foc (Foc-TR4) qui pourrait anéantir la Cavendish de la même manière que  le champignon a sorti il y a des décennies  le Gros Michel.

Certains cépages mangé dans d’autres pays ne sont pas sensibles à Foc-TR4. La forte dépendance de l’industrie sur le cépage unique  de Cavendish, cependant, rend la menace d’une seule souche de champignon beaucoup plus imposante et dangereuse. C’est là que réside la plus grande responsabilité pour les leaders de l’industrie de la banane comme Chiquita ( NYSE: CQB   ) et Fresh Del Monte Produce Inc ( NYSE: FDP   ) ainsi que l’industrie du maïs de Monsanto: un manque de biodiversité.

Les différences entre les bananes et le maïs
Bien que les  bananes  Cavendish sont à peu près les seules bananes que les Américains consomment, les populations locales sont fortement tributaires de cette  culture . Des énorme 40 millions de tonnes de bananes Cavendish cultivées chaque année, seulement 40% d’entre elles  sont exportées, ce qui rend les pays les moins nourris encore plus touchées par Foc-TR4.

Cavendish représentent environ 40% de la production totale de la banane dans le monde entier. En comparaison, même si les cultures Roundup Ready  (Monsanto) ont été  développées depuis moins de 20 ans, les OGM (organisme génétiquement modifié) de maïs de Monsanto  comportent  des commandes  pour environ 80% de l’ US marché, et le maïs est la (GM) seule culture génétiquement modifié cultivée commercialement en Europe. Le marché intérieur de la graine de soja est comparable à celle du blé, et Monsanto a notamment développé le soja RR2 Intacta PRO pour un usage commercial au Brésil.

La forte dépendance sur une seule banane qui ne résiste pas à un nouveau champignon a l’industrie de la banane représente  $7 milliards de dollars de panique. Réalisant que l’industrie du maïs génère un énorme $ 69,000,000,000 chiffre d’affaires annuel et que le marché intérieur est plus dominé par une seule usine de l’industrie de la banane ,cela  devrait susciter des préoccupations majeures. Malheureusement, l’attention vers des cultures OGM a tendance à être plus centrée sur les implications de santé non vérifiées que sur la question de la biodiversité plus large qui pourrait changer radicalement selon  la façon ,les choix  et la tendance dont le maïs est consommé pour la nourriture, le carburant et l’alimentation.

Les plats à emporter
L’industrie de la banane peut être en mesure de survivre à Foc-TR4, et l’industrie du maïs peut être en mesure de survivre à une menace comparable (études ont déjà montré que les mauvaises herbes ont développé une résistance aux herbicides à base de glyphosate sur les champs plantés avec des semences Roundup Ready et traités exclusivement avec Roundup). Mais ils ne  le peuvent pas. Quoiqu’il en soit, les investisseurs doivent être conscients des menaces réelles et perçues à des sociétés dans lesquelles ils investissent, et un manque de biodiversité est une responsabilité que les investisseurs capitalistes intéressé par  Monsanto et Chiquita devraient regarder sérieusement.

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Un logo trompeur.
Un logo trompeur.

 

 

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LES MAÎTRES ESCLAVAGISTES DU MONDE ET  LE DÉVELOPPEMENT DE L’INDUSTRIE DE LA BANANE

 

Bien que Rockefeller est surtout connu pour son argent du pétrole et sa famille politique – son petit-fils était vice-président , il avait des intérêts dans d’autres monopoles…et beaucoup  trop, le cuivre, le tabac et peut-être  le moins connu :les  bananes.

Il détenait l’argent dans la United Fruit Company qui est apparu sur la surface ,avec  une note assez anodine, si l’entreprise ennuyeux pas abrutissante engagé à essayer de persuader les enfants d’Amérique du 50 de la santé donnant des propriétés de lait et les bananes. Pas exactement secouant trucs monde.

Sauf si vous aviez le malheur de vivre en Amérique centrale.

La United Fruit Company avait  des plantations en Colombie, Costa Rica, Cuba, Jamaïque, Nicaragua, Panama, Saint-Dominique et les plus infâmes   venaient du  Guatemala. Un certain nombre de ces pays ont eu des relations problématiques avec les Etats-Unis depuis. À la hauteur de ses pouvoirs La United Fruit Company possédait un énorme 42% de l’ensemble du pays du Guatemala et  ne payait  pas un cent de  taxe sur tout ça.

La société possédait également les chemins de fer, le système de téléphone, les ports et une large flotte de navires construits par certains des plus beaux chantiers navals dans le monde.

Non sans surprise, le peuple du Guatemala était  contre cette domination étrangère, et quand à  offrir la possibilité à une élection en 1951 d’exprimer une opinion – voté dans leur masse pour Jacobo Arbenz. Arbenz avait suggéré l’idée de ne pas trop révolutionnaire d’acheter certains des terres que la Société n’a pas été fait à l’aide de sorte que les gens sans terre peuvent produire de la nourriture pour manger. Il n’était même pas question de  crédit. Arbenz avait  dit qu’il allait leur payer la valeur convenue que  La United Fruit Company avait  déclaré sur leurs propres déclarations et évaluations  sur les terres. Cute! Je veux dire une société américaine n’irait jamais sous-estimer ses propres actifs à des fins fiscales et  la ferait-elle  maintenant?Comme on dit :poser la question,c’est y répondre!

La société a pris ombrage de l’impertinence totale de ce bondit péon et aidé un coup d’officiers de l’armée guatémaltèque mécontents qui ont envahi du Honduras avec l’aide secrète de la CIA dans une opération connue sous le nom PBSUCCESS. Ils avaient persuadé Truman et Eisenhower que Arbenz allait prendre le pays sur le côté sombre et s’allier au pays de l’URSS.

Alors, qui sont ces hommes d’affaires? Eh bien, au moment du coup d’Etat du Guatemala, nous trouvons ce qui suit étroitement liée avec le conseil de la United Fruit.

John Foster Dulles et les bureaux  de Sullivan & Cromwell, avaient été conseillers  juridiques pour l’UFC depuis des décennies et John Foster Dulles était aussi un actionnaire important de l’UFC. Et à l’époque, John Foster Dulles était aussi le secrétaire d’État du président Dwight D Eisenhower. Le grand-père de Dulles avait également été secrétaire de d’Etat du temps du président Ben Harrison.

Allen Dulles W, le frère de John Foster Dulles ,était aussi un actionnaire important de la société et occupait bien  ses heures vides étant le directeur de la CIA.

La lignée des Dulles.
La lignée des Dulles.

 

Le Général Robert Carter, chef du Conseil national de sécurité était un ancien président du conseil de la United Fruit.

Thomas G Corcorran, le « M. Fixit » de tout le monde – un homme épouvantable dont la biographie serait une véritable aventure d’ histoire et qui a souvent été accusé d’actes de corruption à la maison, a travaillé pour la CIA a été consultant rémunéré pour United Fruit.

Le sénateur Henry Cabot Lodge junior était le fils de Henry Cabot Lodge qui avait tant haï la Société des Nations. Sa famille est allée aussi loin que le président Adams.

Ann Whitman l’épouse d’Edmond Whitman, directeur de la publicité de United Fruit Company était le secrétaire personnel du président Eisenhower.

John Moor Cabot de la même famille, ancien membre du groupe de familles Bostonien que les Dulles de Cabot et les Loges-venus, a été secrétaire d’État adjoint aux Affaires inter américaines et était aussi un actionnaire important de la United Fruit. Et son frère Thomas Dudley Cabot était un directeur de la sécurité internationale au Département d’Etat qui avait été ,pendant un temps, un président de la United Fruit.

John McCoy le Président de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement était un ancien membre du conseil d’administration.

Walter Bedell Smith, le directeur de la CIA jusqu’en 1953, et Robert Hill un sous-secrétaire d’État, se sont vu attribuer des sièges au conseil d’administration lors de leur retraite.

 

EN CONCLUSION

Un groupe d’ hommes d’Élite,membre du 1%,dans un contexte – mais tout cela pour une entreprise vendant des bananes?

Eh bien non, bien sûr que non.

L’oligarchie a longtemps considéré que le chemin vers le pouvoir politique est d’avoir un flux régulier d’argent et fait en sorte que ils se tenaient avec les pieds dans les deux camps ou s’avaient fait confiance entre eux  et les membres capables de leur rapporter sur  le côté de l’argent. Les Arènes étrangères où les contrôles de fiducie étaient de  faibles appels pour eux,de fausses vocations. Et si les habitants des pays contrôlés s’étaient  opposés, alors n’importe lequel alibi  pourrait être inventé comme une excuse pour l’oligarchie afin de manier la puissance des Etats-Unis dans le soutien de ces aventures à l’étranger. En 1953, l’oligarchie a réussi à contrôler des pays entiers. Au Guatemala, un  financier américain et des intérêts commerciaux avaient essayé d’avaler un ensemble de pays.

Les bananes dans toute cette affaire ne sont qu’un prétexte pour asseoir la puissance d’une élite financière contrôlée par des sociétés secrètes.Partout ou les peuples légitimes ont été  écrasé et mis en esclavage,au nom de l’impérialisme américain,le crime organisé est venu appuyé ce pouvoir occulte afin de planifier l’organisation du Nouvel Ordre Mondial.

En 2014,de nombreux peuples,des continents entiers  croupissent sous ce nouveau système totalitaire et sans scrupule.À la suite ,de la multitude des citoyens et citoyennes assassinés au nom du capitalisme et du néolibéralisme ,il faudra ajouter dans le futur ,les innombrables  victimes des autres guerres à venir,des enfants nés difformes,des millions de nouveaux cas de cancer et des  événements climatiques extrêmes que nous subirons de plus en plus,car ces entreprises  comme la United Fruit Company ,sont directement responsables de tous ces malheurs passés,présents et à venir.

Ce sont la lignée de Sang d’une race criminelle qui se croit investie d’une mission divine et qui cherche à se perpétuer en écrasant tout autour d’eux.La diversification de leurs avoirs financiers ,leur fait croire qu’ils sont irremplaçables et un bienfait pour l’humanité ,alors que le monde aurait beaucoup mieux fonctionné sans eux.Ce sont des parasites néfastes et dangereux.

Aussi quand vous regardez leurs successeurs actuels,ayez à l’esprit le chiffre 13,c’est le nombre de marches qu’il faut pour ériger une potence dans les règles.

Ne pourrait -on  jamais se débarrasser de cette race de financiers corrompus  un jour?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un hommage aux 250,000 victimes de l’impérialisme en Colombie: le cycle de Gabriel Garcia Marquez

1914 – 1944 – 2014 Ukraine, Russie, « Europe »,
Une relecture « européenne » du cycle de GABRIEL GARCIA MARQUEZ, ou : Du cycle imaginaire de MACONDO, vu comme Parabole du Siècle écoulé, (Mais pas tout à fait… !)

 Gabriel Garcia Marquez 001

 

Alors que la tension monte entre la Russie et les USA, autour du sort de l’Ukraine, le discours commun, vu par les « pacifistes », les « antinucléaires », et autres utopistes, tout comme celui, tout à fait officiel, des souteneurs du coup d’état « Euro-Maïdan », est de pousser des cris d’orfraie, contre un « retour de la guerre froide » !

Comme si le siècle passé, en 2014, n’était pas encore tout à fait mort…

Les frontières entre les siècles semblent donc livrées à l’instabilité des conflits…

L’année 1914 est le plus souvent considérée comme la fin réelle du 19e siècle.

2014 devait être l’année où cette fin apocalyptique du 19e siècle pourrait enfin descendre des monuments pour rentrer dans les livres d’histoires, que les enfants modernes, du reste, ne lisent plus…

Et c’est le moment où Gabriel Garcia Marquez nous quitte, loin de son pays natal, où la paix n’est jamais véritablement revenue…

La guerre civile en Colombie est une prolongation bien réelle et douloureuse du 20e siècle. Les guérilleros colombiens, qui nous apparaissent comme des reliques vivantes d’un autre temps, des desperados échappés d’entre les pages d’un conte marquezien, rescapés improbables de la ruine cyclonique mythique de Macondo, sont pourtant un authentique héritage du combat social planétaire qui sous-tendait précisément la « guerre froide ».

« Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner. » Déclarait le milliardaire américain Warren Buffet, en 2005.

Depuis, en dépit de la violence de la crise économique, la lutte de classe n’a évidemment pas disparue, mais elle se résume à des combats d’arrière-garde, ou de survie précaire, et n’a toujours pas reconstitué d’alternative réelle à l’impérialisme.

Des luttes locales de résistance populaire, comme en Ukraine, se mènent en de nombreux points de la planète, mais elles se mènent sur une base essentiellement nationaliste, et ne constituent pas une perspective globale d’alternative sociale à l’impérialisme.

Bien évidemment, si l’Union Soviétique a disparu, ce n’est ni au faîte de sa gloire ni au sommet de sa puissance. Elle avait sérieusement dégénéré, certes, mais si elle ne brillait plus de tous ses feux et ne constituait plus véritablement un phare du socialisme, elle n’en était pas moins l’héritière d’un siècle de luttes prolétariennes, et demeurait, jusqu’au début des années 80, la principale base arrière et le soutien vital des luttes anti-impérialistes à travers le monde.

Pour cette raison, l’abattre à tout prix demeurait l’enjeu essentiel pour l’impérialisme US. C’est pourquoi faire une analogie entre le comportement de la Russie d’aujourd’hui et celui de l’URSS d’hier est une analogie simpliste et qui ne correspond qu’à une vision grossière de la réalité.

En pratique, c’est du journalisme de « Café du commerce », autour d’un ballon de Côte du Rhône, ou de Beaujolais, selon le goût de l’impétrant !

En réalité, parler de retour à la guerre froide est un raisonnement de type analogique primaire, et par conséquent, erroné dans son principe, sa méthode, et donc, finalement dans ses conclusions, sans même parler de ses prémisses ubuesques.

Si la Russie actuelle manifeste un tempérament un tant soit peu « belliqueux », elle n’a, en réalité, pas le choix d’une autre attitude, à part ramper jusqu’à sa ruine totale, ce qu’apparemment, l’impérialisme US continue d’espérer…

Pourquoi ? Voilà une question essentielle qu’il est juste de se poser, simplement d’un point de vue géopolitique, et même en dehors de toute considération idéologique.

L’un des premiers objectifs du démantèlement de l’URSS était déjà, pour l’impérialisme US, de reprendre pied sur les marchés de l’Europe de l’Est, objectif déjà largement atteint, avec une faible résistance résiduelle en Biélorussie, en Serbie et en Ukraine…

S’en prendre à l’Ukraine, avec le coup d’état pseudo-« démocratique » de la Place Maïdan, c’était tout simplement négliger le fait que l’Ukraine, indépendamment du problème de la Crimée, est d’abord le berceau historique de la Russie…

Si l’on veut une analogie valable, en voici une : traquer l’ours jusqu’au fond de sa tanière, c’est l’obliger à contre-attaquer… !

Mais outre cette considération nationaliste, qui cimente néanmoins l’effort de résistance russe, il faut comprendre que l’option militaire est, de toute façon, dans le contexte économique de la crise mondiale, la seule issue possible pour la Russie, si on veut absolument lui retirer tous ses débouchés sur l’Europe de l’Est, ce qui semble bien être l’objectif actuel, tant des USA que de ses vassaux « européens », dont la France.

Cette situation n’est pas un prolongement de la « guerre froide », en tant que telle, mais plutôt une conséquence lointaine de ses dernières phases et en réalité, de son issue…

Durant la « guerre froide », le moment où les USA étaient au plus mal, en termes de rapport de forces géostratégiques, c’était au début des années 70, quand la guerre du Viêt-Nam s’éternisait et faisait jaillir des espoirs de libérations multiples dans le tiers monde…

De plus, le coût de la guerre, de par cette impasse, commençait à l’emporter largement sur les bénéfices, et hypothéquait la domination financière US…

D’où la liquidation des accords de Bretton Woods…

Et d’où, surtout, le choix stratégique d’une ouverture à la Chine, comme champ d’expansion de secours pour la circulation des capitaux, et la réduction du poids relatif de la réserve monétaire soviétique, amenant progressivement l’URSS à l’étouffement et à la ruine…
Ce constat historique évident, mais que personne, semble-t-il, ne veut voir, et pour cause, nous oblige à revenir à la base, à ce qui fonde vraiment, depuis le début du 20e siècle, la domination impérialiste, à savoir, la domination du capital financier !

Depuis cet accord, élaboré dès les années 70, l’interdépendance financière des USA et de la Chine reste, en dépit de leurs rivalités superficielles, le tandem qui domine la circulation mondiale des capitaux, et auquel l’ « Europe » est également inféodée, comme pièce secondaire du dispositif.

La Russie, essentiellement ruinée dans ce processus, n’a pu y arrimer son développement économique. Il lui aurait fallu, pour ce faire, accepter d’être au mieux la cinquième roue du carrosse US… Ce qui eut été possible avec Gorbatchev, Eltsine, ou un autre légume de cette sorte, mais apparemment pas avec Poutine !

A vrai dire, la nature ayant horreur du vide, même, et surtout, en Russie…, il est probable, si Poutine n’avait pas succédé à ces liquidateurs, qu’un autre mouvement nationaliste russe aurait pris le relais, de toute façon… De sorte que Poutine n’est pas un effet du hasard, mais en réalité, un produit des circonstances que « l’Occident », et surtout les USA, ont délibérément créé…

S’il y a une analogie à faire, en matière de nationalisme, elle serait plutôt à chercher du côté de Versailles (Versailles-Chantier… si l’on veut une allusion au gag de Fernand Reynaud, dans le rapport à la Chine, évidemment…), c’est à dire du côté de ce chantier de mort que fut le traité de Versailles en 1919, comme rampe de lancement du néonationalisme allemand et finalement, du nazisme !

L’analogie, toutefois, là aussi, ne peut être qu’un rappel historique des conséquences de l’humiliation d’un peuple, mais nullement une méthode d’analyse.

En effet, le développement exponentiel du nazisme, largement toléré, sinon hypocritement mais efficacement encouragé par le reste de l’ « Occident », avait une fonction précise : être le rempart et le fer de lance du même « Occident » contre l’influence grandissante de l’URSS…

Ce n’est que l’échec final de cette « mission » qui a poussé l’impérialisme US à intervenir en Europe, et finalement, se saisir de l’occasion pour y établir sa domination, sous laquelle nous « vivons » encore, depuis 1944, et qui s’étend toujours plus vers l’Est, en passant aujourd’hui par la Russie…

Mais la Russie a toujours pour elle l’immensité de son territoire, et pas mal de ressources naturelles, qui lui évitent une ruine totale, et pour espérer un peu de développement économique, elle est donc finalement acculée à résister, y compris militairement, partout où elle le peut, comme en Syrie, en Ukraine, et ailleurs, demain, si faire se peut, ce qu’on ne saurait lui reprocher, surtout nous, français, dont l’intérêt serait plutôt, au moins tactiquement, et si nous avions l’ambition de survivre comme peuple indépendant, de nous y allier… sauf à ramper jusqu’à notre ruine finale, aux pieds de l’impérialisme US, comme le font tous nos gouvernants, de droite comme « de gauche », ces dernières années.

Toutefois, il s’agit bien là, dans un cas comme dans l’autre, d’une logique de guerre, qui parait devenir inévitable comme « solution » impérialiste à la crise, qui est bien la crise de la « mondialisation », comme résultat de la circulation effrénée des capitaux spéculatifs à l’échelle mondiale.

Voilà pourquoi l’impérialisme US pousse la Russie dans ses retranchements, et cherche à achever ce qui reste de sa puissance économique : elle est à la fois le seul pôle de résistance potentiellement autonome économiquement et le seul champ d’expansion encore suffisamment vaste pour un nouveau sursaut du capitalisme financier en crise, une nouvelle aire de circulation pour les fonds spéculatifs jamais rassasiés de surprofits…

Le point de départ de ce cycle particulier, hypocritement baptisé « mondialisation » est, on l’a vu, à chercher au moment du véritable basculement de la « guerre froide », c’est-à-dire avec l’alliance Chine-USA élaborée au cours des années 70, et pérennisée depuis, en dépit des apparences, qui ne sont que des rapports de forces entre complices obligés…

Si la domination du capital financier a pris une tournure particulièrement spectaculaire dans cette phase, on le doit évidemment aux moyens de communications modernes qui lui donnent des possibilités de développement exponentielles et d’autant plus délétères, mais elle n’a pas surgit comme un champignon après la pluie, au refroidissement, si l’on peut dire, paradoxalement, de la « guerre froide »…

Ce que le début de notre 21e siècle veut absolument et précisément oublier, surtout en 2014, c’est que la domination du capital financier, comme fondement de l’impérialisme moderne, était déjà la cause profonde de la première conflagration mondiale, en 1914… !

Un siècle d’oubli,

ou bien un siècle d’amnésie volontaire… ?

Un siècle d’oubli qui a fait des millions de morts en deux guerres mondiales, uniquement séparées par un très court rebond et par la crise financière et économique à la fois la plus symptomatique et la plus symbolique, dans l’inconscient collectif…

Amnésie toute relative, donc, et hypocrisie condescendante, en réalité, durant toute la période des « trente glorieuses », où le capital financier retrouve de nouveaux débouchés, sur ses bases anciennes, à reconstruire et à redévelopper les forces productives détruites durant l’essentiel de la première moitié du siècle, en dépit, et/ou grâce à l’essor scientifique et technologique prodigieux…

Mais cela n’avait guère ralenti, pour autant, la circulation des capitaux spéculatifs dans le reste du monde, où l’impérialisme continuait d’exercer ses ravages le plus cyniquement du monde, en se souciant peu de communication, les médias d’époque leur étant déjà tout à fait inféodés…

Gabriel Garcia Marquez était un grand ami du "Lider Maximo
Gabriel Garcia Marquez était un grand ami du « Lider Maximo

1927 : Année de la naissance de Gabriel Garcia Marquez…

1965 : Année de création de « Cent ans de solitude »…

Dans les dernières années du siècle mythique et romanesque de Macondo, s’implante au village une « compagnie bananière » nord-américaine, dirigée par un très symbolique « Mr. Brown »…

C’est au cours de cette période que « José Arcadio Segundo », devenu leader syndicaliste, se retrouve assommé et embarqué pour mort dans un « mystérieux » train de nuit où les cadavres des grévistes ont remplacé les bananes et seront jetés à la mer…

Cet épisode, expressif à la fois de la violence impérialiste et du non-dit qui la recouvre encore, n’est pas sorti uniquement comme un tour de magie morbide du réalisme marquezien :

C’est la transcription quasi-historique, dans le cadre imaginaire de Macondo, d’un évènement réel, essentiel dans l’histoire de la Colombie, et connu comme « le massacre des bananeraies », ou « massacre de la Cienaga », commis par l’état colombien pour le compte de la « United Fruit Company », dont les avatars US actuels continuent d’opérer sur le terrain.

Massacre des bananeraies peinture

Le nombre réel des victimes est aujourd’hui estimé entre 1000 et 1500 morts, hommes, femmes et enfants, rassemblés pacifiquement, sur la Place de la Gare, à Ciénaga.

C’est arrivé dans la nuit du 5 au 6 Décembre 1928.

Gabriel Garcia Marquez est né le 6 Mars 1927.

Des enquêtes récentes tendent à montrer que l’action aujourd’hui plus « discrète » des groupes paramilitaires, pour la « protection » des intérêts US en Colombie, auraient fait, ces dernières décennies, plus de 250 000 morts.

 

Actuellement, en France, certains tribunaux débattent doctement de la responsabilité de tel ou tel lampiste dans les massacres du génocide rwandais.

Pourtant, l’étude de cette tragique histoire ne laisse guère planer de doute sur la responsabilité de notre pays… Autre non-dit de l’impérialisme, le nôtre, et qui met à son tableau de chasse africaine un « petit » million de morts…

Auquel il faudrait ajouter, plus récemment, autour de 50 000 morts pour notre intervention « humanitaire » en Libye, sans oublier quelques milliers de morts probables pour le conflit ivoirien, dont le bilan est encore plus opaque, si possible…

Depuis, Mali, Centrafrique, l’histoire de la « Françafrique » continue de s’écrire, quelle que soit la « couleur » du gouvernement impérialiste français…

Si nous avons échappés de peu à un éventuel engagement direct en Syrie, c’est précisément et uniquement grâce à l’habileté diplomatique de Poutine…

Mais ces temps-ci, en Mer Noire, la France est déjà sur place, avec ses navires, dans le cadre de manœuvres bien coordonnées.

Il n’est pas inutile de rappeler, à cette occasion, que la France fit déjà partie des puissances intervenant en Mer Noire, en 1919, contre la toute jeune République Soviétique…

L’« Europe » se serait-elle enfermée dans un temps cyclique, comme celui du village de Macondo ?

D’une certaine façon, c’est ce que nous suggère l’analogie primaire qui voit dans la situation actuelle de l’ « Europe » un retour de la « guerre froide »…

Une sorte d’évolution régressive…

Mais la « guerre froide » portait encore en elle-même les germes latents d’une alternative, ce qui n’est pas le cas de la situation actuelle, qui combine une sorte de « balkanisation » de l’Europe de l’Est avec une mainmise grandissante de l’impérialisme US.

Une phase de « balkanisation », effective depuis le démantèlement de l’URSS, et surtout, de la Yougoslavie, nous ramène donc finalement, en pratique, à une inféodation globale de l’« Europe », qui est plus que jamais une fiction comme entité autonome, et plus que jamais un cartel d’intérêts soumis à l’impérialisme US.

C’est à l’issue du premier conflit mondial, que l’impérialisme US a véritablement pris sa dimension planétaire, même s’il a attendu l’opportunité du second pour la parachever. La première « balkanisation » de l’Europe du Sud-Est, était déjà, en quelque sorte, à partir de 1918, une hypothèque prise par les USA, sur un « avenir » incertain, mais qu’ils continuent habilement à transformer, aujourd’hui !

Force est donc de constater que si nous vivons bien une phase régressive de l’Europe, elle nous ramène plutôt à la situation qui prévalait à l’époque de la première guerre mondiale, en ce qui concerne la nature profonde des tensions internes, à cette très grosse différence près que les USA sont aujourd’hui totalement maîtres du jeu, en face de la Russie, et que le conflit, s’il se développe, se fait essentiellement pour leur compte, et que les nations qui jouent ce jeu dangereux, dont la France, ne sont plus que leurs pions…

Dans le temps cyclique du village de Macondo, c’est l’épisode tragique de la grève à la bananeraie qui est le début de la décadence, non pas tant, précisément, par l’expression ouverte de la violence, mais au contraire par le non-dit et la perte d’identité qu’il recouvre.

Et plus le cycle de Macondo se referme, et plus il devient le royaume du non-dit…

Et pourtant, paradoxalement, c’est un royaume dont l’histoire est écrite d’avance, dès les premières pages, par les prophéties du gitan-alchimiste Melquiadès, puis définitivement scellée dans ses grimoires indéchiffrables, qui sont, en quelque sorte, la mémoire anticipée du village.

Dans un premier temps, la venue de Melquiadès représente à la fois l’arrivée du progrès et des illusions de richesses et de pouvoir qu’il engendre et déclenche.

Mais Melquiadès lui-même est relativement lucide, et s’il semble en jouer, il n’en lance pas moins quelques avertissements justes quant à son utilisation possible, que personne n’écoute… Pour finir, à l’état spectral, il devient en quelque sorte la conscience collective enfouie du village, mais qui ne peut l’arracher à son destin…

Lorsqu’il revient au village pour le guérir de la peste de l’insomnie et de l’oubli, il revient lui-même d’entre les morts et s’il reste à Macondo, c’est déjà essentiellement parce qu’il est accepté grâce à ce statut de conscience spectrale…

Dans une structuration cyclique du temps, le cycle temporel le plus absolument défini dans sa durée est celui imparti à chaque individu, dans la vie réelle, mais aussi à chaque personnage, donc, dans le roman. Le cycle immédiatement plus vaste qui les relie entre eux, de manière non moins absolue, dans le roman, est la malédiction d’une descendance consanguine.

Dans une Europe cosmopolite, dans une société occidentale brassée par la « mondialisation », nous avons tendance à oublier que c’est un trait récurrent de toutes les sociétés rurales primitives, à travers la planète, et encore valide, en France, au début du siècle écoulé…

Le gitan Melquiadès est pratiquement le seul personnage fondamental du roman qui n’est pas relié à ce cycle.

Par son rôle spectral, relié à la mémoire collective, il a son cycle temporel propre, qui dépasse largement son cycle individuel au sens biologique du terme.

L’autre personnage dont le cycle temporel, par son historicité, dépasse son cycle biologique, est le Colonel Aureliano Buendia. Il représente un autre cycle temporel récurrent, celui de la guerre civile.

 

Il est remarquable que sa nombreuse descendance, 17 fils engendrés lors de ses campagnes militaires lointaines, la seule à pouvoir échapper au cycle de la consanguinité, est par contre marquée par le poids de cette historicité, et même littéralement, par la croix de cendre sur le front.

Elle représente la renaissance potentielle de la radicalité originelle du Colonel, mais qui ne trouve pas d’issue dans ce cycle fermé, et se trouve symboliquement physiquement liquidée avant même de pouvoir y apporter, là aussi, littéralement, un sang neuf…

Il est remarquable que cette métaphore transcendante résume encore, un demi-siècle après sa rédaction, le destin en cours de la Colombie…

En Europe, si la date de 1914 semble aussi bien marquer la fin réelle du 19e siècle, c’est précisément qu’elle marque une transition de cycles.

La fin du 19e siècle, en Europe occidentale et aux USA, avec la révolution industrielle, c’est l’aboutissement du capitalisme triomphant comme moyen de développement exponentiel des forces productives.

C’est aussi l’aboutissement d’un premier cycle de crises, lié à ce surdéveloppement, qui ne peut plus trouver ni créer de débouchés sur ses propres bases.

C’est ce cycle que Marx a décrit avec le concept de crise de surproduction. Il est lié à l’apparition du prolétariat en tant que classe sociale capable de dépasser ce cycle, en l’ouvrant sur un autre avenir, et c’est pourquoi il est aussi lié à l’émergence du Marxisme comme idéologie d’avant-garde de la classe ouvrière.

Si le 19e siècle semble s’achever, en 1914, sur l’échec de cette perspective, c’est bien parce que le capitalisme lui-même a déjà ouvert un autre cycle indispensable à sa survie : la guerre est en réalité la première crise de ce nouveau cycle.

Ce nouveau cycle, c’est la première phase de circulation mondialisée des capitaux, rendue indispensable par l’exiguïté des marchés nationaux. Mais cette nouvelle explosion du capitalisme, ce n’est déjà plus celle du capitalisme créatif des débuts de l’ère industrielle…

Dans cette nouvelle phase, au tournant 19e-20e siècle, il ne s’agit plus, déjà, que de l’expansion des capitaux spéculatifs liés précisément à la domination du capitalisme financier sur le capitalisme industriel. Ce n’est déjà plus le développement des forces productives qui est l’enjeu principal, mais leur répartition la plus rentable possible sur le globe.

Comprendre la transition de phases, c’est comprendre que l’une ne chasse pas purement et simplement l’autre comme un cycle refermé sur lui-même et jeté à la poubelle de l’histoire, pour n’y être plus fouillée que par des historiens charognards et curieux malsains.

Une phase nouvelle continue d’englober l’autre comme une de ses conditions d’existence. Elle peut aussi y revenir, de manière régressive, comme une de ses conditions de survie provisoire ou locale.

Pour le capitalisme financier, en tant que forme spéculative, parasitaire du capitalisme industriel, la destruction des forces productives est, de manière chronique, mais surtout en cas de crise aigüe, un moyen essentiel de régénération.

C’est pourquoi 1914 marque à la fois la fin du cycle des crises primitives de surproduction et la première tentative de repartage mondial de l’impérialisme moderne.

A partir de 1914 c’est un cycle de destructions et de tentatives de nouvelles répartitions des forces productives qui s’amorce, pour la survie du capitalisme pourrissant.

Plus les destructions sont massives et plus la marge de régénération et de survie du capitalisme est extensive.

Non seulement la poursuite du progrès technique n’est pas incompatible avec ce processus, mais elle lui est intrinsèquement liée, à travers les lobbys militaro-industriels, notamment.

Dans ce processus, des phénomènes relativement locaux et provisoires de développement, voire de surdéveloppement, des forces productives, présentent encore certains traits, mais certains traits seulement, du capitalisme industriel primitif, et ne viennent pas contredire la domination du capitalisme financier. Ils en sont un de ses corollaires d’origine.

Ils ne sont aucunement, en eux même et directement, la cause réelle de la crise de l’impérialisme, qui reste à rechercher dans les mécanismes profonds de la circulation mondialisée des capitaux. De sorte que si des phénomènes s’apparentant aux crises de surproduction peuvent apparaitre ici ou là, ils ne sont qu’un « raté » provisoire et local dans l’évolution mondiale de la répartition des forces de production, et même, le plus souvent, un simple décalage ou retard nécessaire à leur destruction et la facilitant.

Ce type de phénomène, parfaitement illustré depuis plus d’un siècle, déjà, par les aléas délétères du marché mondial de la banane, qui reste l’aliment de base pour au moins 400 millions d’êtres humains sur terre, avec ses conséquences tragiques sur l’histoire de pays comme la Colombie, et d’autres également, se retrouve désormais dans la dernière phase de mondialisation, sur les marchés de produits industriels d’usage courant, comme sur les marchés de produits technologiques à forte valeur ajoutée.

C’est ce qu’illustre le cycle des « délocalisations », précisément inauguré au milieu des années 70.

C’est ce que Lénine avait parfaitement compris et exprimé, dès 1916, en anticipant notamment le rôle « futur », et donc désormais cruellement actuel, de la Chine dans ce processus.

C’est le sens fondamental de son analyse, plus que jamais d’actualité, génialement et quasi-prophétiquement résumée dans « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme ». Mais il avait aussi, évidemment, parfaitement compris le paradoxe du capitalisme russe, déjà intégré au marché financier mondial par le système des participations croisées (mécanisme fondamental et toujours à l’œuvre dans le processus impérialiste moderne), et pourtant encore gravement sous-développé en termes de forces productives.

Echapper à la « bananisation » de l’économie russe s’écroulant sous le poids de la guerre était donc une nécessité qui rendait autant caduque la république bourgeoise de Kerenski que le régime moribond des tsars… Cette métaphore ne signifie nullement, pour ceux qui ont du mal à suivre, que les bolchéviques aient eu à lutter contre une invasion de planteurs de bananes, mais que leur nécessaire victoire sur les armées blanche ne constituait pas une base suffisante pour l’éclosion du socialisme.

C’est pourquoi l’orientation donnée par Lénine, en faveur d’un développement économique rapide et autonome de la Russie, était une des conditions de survie et de résistance de la Russie Soviétique contre l’encerclement impérialiste.

C’est pourquoi cette orientation est restée la boussole de l’URSS comme base de la lutte anti-impérialiste mondiale, malgré de fortes distorsions révisionnistes et finalement une relative stagnation dans les dernières décennies précédent sa chute.

Les éléments concrets de cette politique ont été au mieux défini dans un célèbre discours de Lénine, en 1920, que nos intellectuels « de gauche », en France, y compris « communistes révolutionnaires », gauchisants et trotskystes et même la plupart de nos « marxistes-léninistes », sans oublier d’inénarrables « marxistes-léninistes-maoïstes », ont traditionnellement pris l’habitude de tourner en dérision.

Ils en ont extirpé une célèbre formule qu’ils attribuent telle quelle à Lénine : « Le socialisme, c’est les soviets plus l’électricité » (et reprise à l’envie par les ennemis du socialisme et de l’Union Soviétique), prouvant par-là que :

1_ils n’ont pas vraiment lu Lénine.

2_ils n’ont rien compris à l’essence du léninisme, quand bien même l’auraient-ils lu !

On y trouve notamment le point suivant :

« De la guerre impérialiste, les États bourgeois ont réussi à sortir bourgeois. Ils ont réussi à remettre et à reculer la crise qui les menaçait immédiatement, mais ils ont ruiné leur situation dans sa racine à un tel point que, malgré leurs forces armées gigantesques, ils ont dû reconnaître, après trois ans, leur impuissance à étrangler la Russie soviétiste, presque dénuée de forces militaires. Ainsi s’est trouvée confirmée dans sa base notre politique avec nos prévisions, et nous avons eu pour alliés réels les masses opprimées de tous les États capitalistes, puisque ces masses ont fait échouer la guerre. Sans obtenir la victoire universelle, la seule solide pour nous, nous avons conquis une situation dans laquelle nous pouvons exister côte à côte avec les puissances impérialistes, obligées aujourd’hui d’entrer en relations commerciales avec nous. Au cours de cette lutte, nous avons conquis le droit à l’existence indépendante. »

Dans ce texte, Lénine fait le point, avec une lucidité extrême, et sans rien abandonner des fondamentaux du mouvement bolchévique, sur la situation internationale à l’issue de la guerre, mondiale, polonaise et civile.

C’est là qu’il pose les bases de la lutte pour le développement économique, pour le progrès technique indispensable, contre l’analphabétisme et l’obscurantisme, de la Russie soviétique comme nation indépendante et base de résistance et de lutte contre l’impérialisme.

Un siècle après, c’est ce que nos idéalistes petits-bourgeois et gauchistes de tous poils n’ont toujours pas compris !

Avec Lénine, les bolchéviques ont sorti la Russie à la fois du temps cyclique du féodalisme et de l’impérialisme, au moment où elle commençait seulement à s’engager sérieusement dans celui du capitalisme industriel, avec un retard tel qu’elle ne pouvait que s’en trouver inféodée aux puissances impérialistes déjà dominantes, ou sur le point de devenir dominantes, comme l’Allemagne et les USA.

Avec Lénine et le bolchévisme, la Russie Soviétique a ouvert un temps cyclique nouveau, en rouvrant à la fois celui de la révolution socialiste, déjà entrouvert par la Commune de Paris, et en ouvrant le temps cyclique, devenu nécessaire, des luttes anti-impérialistes modernes.

Ce que le temps cyclique du capitalisme industriel primitif et celui de l’impérialisme ont en commun, c’est l’impasse dans laquelle ils mettent le développement des forces productives. Ce qui les différencie, c’est la nature de cette impasse.

Si la circulation mondialisée du capital tend à amortir les crises primitives de surproduction, ce n’est pas du tout en harmonisant le développement entre les nations, comme le prétendent les idéologues bourgeois, et encore plus, les idéalistes petits-bourgeois, arrivistes zélés et impatients, mais au contraire en creusant les inégalités par la répartition constamment changeante des forces productives, qui permet aux capitaux de circuler en sauvegardant leurs surprofits.

C’est cette répartition qui accentue les phénomènes de sous-développement et de « surdéveloppement » relatif, entrainant les migrations de populations contraintes et forcées, en réalité, par la misère.

C’est cette répartition qui entraine la constitution de sociétés fondées sur la division, le communautarisme et la haine, et non pas sur un réel « multiculturalisme », qui ne saurait être imposé par la misère et qui pour l’instant n’existe que dans la tête de nos idéalistes petit-bourgeois, se faisant, souvent sincèrement et involontairement, les relais « humanistes » de la propagande impérialiste.

Les sociétés fondées sur le communautarisme ne fonctionnent avec un certain équilibre qu’autour des phénomènes de développements locaux et provisoires où l’impérialisme permet un relatif partage des plus gosses miettes qu’il peut leur laisser sans réduire ses superprofits.

Leur éclatement en conflits intercommunautaires, dans le temps cyclique des crises de l’impérialisme, est la solution préprogrammée par celui-ci pour désamorcer toute forme de lutte de classe aboutissant à une conscientisation anti-impérialiste.

Rentrer dans le temps cyclique d’une conscience anti-impérialiste exige donc une réflexion redéfinissant aussi bien le concept de développement économique autonome que le concept de solidarité internationale.

C’est une double réflexion, dont les deux termes doivent rester constamment en interpolation pour conserver sa dynamique dialectique.

C’est cette dialectique qui est puissamment à l’œuvre, en 1947, dans le Rapport sur la situation internationale d’Andreï Jdanov, à condition de le comprendre dans sa version originale intégrale, avec sa critique radicale de l’opportunisme des partis français et italiens, et même avec son ébauche de la critique du titoïsme yougoslave, officiellement non exprimée avant 1948.

C’est un exemple typique de la démarche marxiste-léniniste où le droit des nations à disposer d’elles-mêmes s’inscrit dans une démarche anti-impérialiste globale, et où ce droit n’implique nullement un retour au cycle du « capitalisme national » déjà caduque à la fin du 19e siècle !

Une telle démarche doit au contraire impliquer un type de développement à la fois autonome et socialement progressiste, avec les formes adaptées à chaque situation locale, mais ne peut avoir de sens durable que si le prolétariat lui-même y joue le rôle décisif avec son organisation de classe autonome.

Dans les pays aux structures économiques relativement arriérées, il se peut que certaines formes du capitalisme primitif continuent de jouer provisoirement un rôle, comme ce fut le cas avec la NEP instituée par Lénine, mais donc sans constituer aucunement une concession à l’autonomie économique et financière, et sans entraver la marche au socialisme.

Mais dans les métropoles impérialistes comme la nôtre, en France, le droit à l’indépendance nationale, essentiellement vis-à-vis de la domination US, est directement lié à l’accession rapide au socialisme. C’était l’essentiel de la ligne définie par le Kominform, dès 1947, sous l’influence d’Andreï Jdanov.

Ce que Lénine, dès 1916, nous expliquait déjà, avec ce nouveau cycle du capitalisme, celui du capitalisme « pourrissant » , caractérisé par la domination du capital financier, c’est le lien dialectique mortifère qui l’unit indéfectiblement, y compris par sa fonction parasitaire même, au capitalisme industriel désormais incapable de se développer sur ses bases « nationales ».

C’est pourquoi il consacre de nombreux passages de son livre à dénoncer l’illusion que constitue la prétention à vouloir détacher l’un de l’autre. De nos jours, encore bien davantage, il n’est pratiquement plus de petite entreprise qui ne dépende de cette intrication, non seulement pour ses besoins de financement, mais aussi, le plus souvent, pour un marché vital « à l’international ».

Séparer le capitalisme industriel du capitalisme financier, c’est pourtant exactement cette même illusion « critique » que nos idéalistes petit-bourgeois contemporains prétendent encore opposer au système financier moderne, un siècle après !

On la retrouve partout, de l’extrême-droite à l’ « extrême-gauche », sur tout l’arc-en-ciel des « couleurs politiques » françaises, au point, du reste, que certains social-chauvins n’hésitent pas à militer pour un « front républicain » qui unirait toutes ces formes d’opportunisme et de démagogie !

Mais dans la réalité cet arc-en-ciel est une nébuleuse d’intérêts contradictoires, d’où il ne ressort pas la moindre perspective politique, sauf l’enfermement dans un cycle pseudo-« nationaliste », particulièrement régressif et qui ne déboucherait que sur une inféodation mieux déguisée…

L’autre aspect de cet opportunisme, qui prétend au contraire voir des vertus « unificatrices » dans la domination internationale du capitalisme financier, et qui nie précisément, en pratique, le creusement des inégalités, voudrait nous voir attendre, et plutôt passivement, en réalité, le tout à fait imaginaire « murissement » des conditions d’une non moins chimérique « révolution mondiale » ! Cela ne l’empêche pas, au contraire, de combiner cette utopie idéaliste avec le réformisme archi-usé d’une pseudo-« réglementation » du capitalisme financier !

Si nous prenons la peine d’y réfléchir sérieusement, et la tension guerrière croissante en Ukraine devrait, hélas, nous y inciter, le grand redéploiement tous azimuts de toutes ces panoplies d’illusionnistes, que Lénine avait pourtant déjà complètement démasquées voici un siècle, nous montre à quel point nous nous sommes enfermés dans ce cycle impérialiste.

Ce déploiement s’est effectué sur plusieurs décennies, en dépit de plusieurs vagues de luttes sociales importantes.

Ce n’est donc pas la combattivité du prolétariat français qui est en cause. Il s’agit bien d’une victoire idéologique du capitalisme, essentiellement due à la capitulation et au zèle opportuniste des idéalistes petit-bourgeois qui se présentaient comme « idéologues » et « penseurs » du mouvement ouvrier.

Ils n’ont eu de cesse, pratiquement dès l’origine, de reprendre avec un point de vue présenté comme « critique de gauche », les assertions les plus simplistes de la bourgeoisie réactionnaire contre l’Union Soviétique et l’édification du socialisme.

Lorsque l’ébauche d’une critique « marxiste-léniniste » s’est développée au cours des années 60, ce fut sous l’influence du PC chinois et en reprenant, pour l’essentiel, la même argumentation idéaliste.

Lorsque le PC chinois a achevé sa mutation collaborationniste, sous l’influence combinée de Mao Zedong et Deng Xiaoping, la Chine s’est trouvée pleinement intégrée, dès le tournant des années 70-80, au processus impérialiste.

Alors que la « bananisation » de l’URSS était encore, pour l’essentiel, en échec, en dépit de ses travers révisionnistes, la « bananisation » de la Chine devenait un franc succès, avec l’approbation et le soutien enthousiaste de nos pseudo-« marxistes-léninistes » !

Dès le début de ce processus, en 1971-72, il était clair que « Mr. Brown » avait un nom en Chine : Dr. Kissinger !

Parmi nos « marxistes-léninistes », alors que certains s’étaient déjà mués en « marxistes-léninistes-maoïstes », ce qu’aucun n’a su voir, c’est l’évolution du monde qui se produisait sous leurs yeux, et dont ils se voulaient les acteurs… Triste cinéma !

Alors que la fracture ainsi amorcée au sein du camp anti-impérialiste ne pouvait qu’aboutir à l’écroulement total de l’ensemble, quels que soient les discours idéologiques des uns ou des autres, c’est toute l’œuvre de Lénine et du mouvement bolchévique qui était ainsi remise en cause dans ses fondements.

Avec l’intégration de la Chine au processus impérialiste le monde a très rapidement pris la forme, dans la structure de ses rapports de forces économiques, dans le principe de circulation des capitaux, que Lénine, dès 1916, lui voyait prendre en cas d’échec du mouvement ouvrier russe.

C’est une évolution du monde qui était déjà en gestation en 1914, au moment de la vaste trahison de la 2e internationale et de ses « sociaux-démocrates » qui s’apprêtaient à livrer le prolétariat mondial à la grande boucherie impérialiste.

Ce n’est évidemment pas tout à fait exactement le monde tel qu’il aurait été sans l’expérience des luttes de résistance prolétarienne, ni sans la tentative d’édifier le socialisme pour un tiers de l’humanité !

L’expérience de l’Union Soviétique, malgré tous les défauts que l’on peut lui trouver, a au moins eut le mérite immense de prouver deux choses essentielles et uniques :

1_il est possible de maitriser le développement des forces productives en fonction des objectifs sociaux.

2_il est possible de résister à l’impérialisme, même sous sa forme la plus barbare, le nazisme.

Le bilan critique marxiste-léniniste de cet héritage historique gigantesque reste à établir, mais force est de constater que les héritiers politiques de la social-démocratie d’avant 1914, en Europe occidentale, véritables social-impérialistes et pourvoyeurs de guerres, réoccupent maintenant la scène politique en jouant délibérément le jeu, cette fois-ci, du libéralisme économique et de la finance US.

Ils sont les agents zélés d’une domination impérialiste jamais rassasiée de superprofits et n’hésiteront pas à entrainer l’Europe et le reste du monde dans un nouveau cataclysme guerrier pour tenter de solutionner leur crise et d’éviter l’impasse où, inexorablement, ils emmènent le monde !

Voici 90 ans que Lénine gît enchâssé dans son mausolée sur la Place Rouge. Voici donc bientôt siècle qu’il nous a laissé en héritage ses analyses réalistes et décapantes, sa vision prospective lucide sur l’évolution du monde et les possibilités réelles de l’Union Soviétique.

Un siècle où sa pensée a tenté de façonner le monde, à travers l’interprétation qu’en ont fait des dizaines de partis politiques d’importances très inégales.

Dans la logique du Réalisme Magique propre à Gabriel Garcia Marquez, on serait tenté de s’interroger : qu’en aurait-il pensé ? qu’aurait-il pensé de notre monde d’aujourd’hui ?

Mais Lénine n’est pas « Melquiadès », et sa pensée n’est ni un dogme, ni enfermée dans un grimoire indéchiffrable où le destin du monde serait scellé une fois pour toute !

S’il a incontestablement contribué à écrire l’histoire du siècle passé, il a d’abord voulu nous expliquer les mécanismes profonds du monde moderne naissant, pour que le mouvement ouvrier puisse s’y développer en toute connaissance de cause.

De sorte qu’il est plus juste de dire qu’il n’a pas écrit UNE histoire du monde, mais potentiellement plusieurs, en fonction des options stratégiques à choisir…

Dans la veine du Réalisme Magique on pourrait imaginer qu’une petite étincelle mémorielle coincée dans l’ADN de la dépouille de Lénine se connecte à un Smartphone perdu là par quelque touriste en visite au mausolée, et qu’il essaye de comprendre notre pauvre monde…

Il serait certainement plutôt déçu de constater que le scénario réalisé n’est pas, et de loin, son favori…

Il serait peut-être par contre lui-même étonné de voir à quel point l’intégration de la Chine au processus impérialiste se conforme à son modèle prospectif de 1916… !

En voyant à quel point nous nous sommes laissé entrainer dans cette spirale régressive, il nous livrerait peut-être quelques réflexions philosophiques sur le temps cyclique…

En examinant l’état actuel du mouvement ouvrier et surtout des mouvements qui se réclament de sa pensée, il serait certainement d’autant plus consterné…

Mais du moins, désireux de ne pas se résigner à une fatalité apparente, peut-être tenterait-il de lancer quel qu’anonyme message d’alerte, tel un Edward Snowden d’outre-tombe, avant de retourner à son éternité historique…

Pourtant ses œuvres ont été traduites dans toutes les langues et sont, pour l’essentiel, gratuitement accessibles sur le net !

Elles ne sont pas, comme les grimoires de « Melquiadès », écrites dans un code « chiffré les vers pairs à l’aide du code personnel de l’empereur Auguste et les impairs avec les codes militaires lacédémoniens » ! Le problème n’est donc pas qu’on ne peut plus les comprendre, mais bien plutôt qu’on ne VEUT plus les comprendre !

(à suivre: tître de la suite: Le massacre des bananeraies et l’assassinat d’un grand leader )

 

 

Les lieux mystérieux de la Terre: l’hôtel « fantôme » Del Salto en Colombie

Digne d'un film d'horreur.
Digne d’un film d’horreur.

 

C’est en Colombie et plus précisément dans le département de Cundinamarca non loin de la capitale Bogota. Là-bas se trouve un hôtel fantôme nommé Del Salto…

Dans ce département de Cundinamarca se trouve la cascade El Salto de Tequendama, elle mesure 132 mètres de hauteur. D’après la légende, cette chute d’eau serait née pendant l’ère des Chibchas, une communauté précolombienne vivant dans la région de la Colombie aux alentours du 15ème siècle. Ce lieu a attiré de nombreux touristes dans les années 1920 et certains ont vu une opportunité pour y construire un superbe hôtel, c’est ainsi que l’hôtel Del Salto a vu jour. Mais voilà, au fil des décennies, la pollution des eaux de la rivière Bogota bordant l’hôtel a augmenté le rendant de moins en moins attractif jusqu’à sa fermeture dans les années 90. Depuis, la nature a repris ses droits comme en témoigne ces images.

Sinistre et isolé.
Sinistre et isolé.

 

 

Devant la chute du même nom.
Devant la chute du même nom.

 

Des montagnes majestueuses comme décors!
Des montagnes majestueuses comme décors!

 

L'endroit serait hanté...tout porte à le croire.
L’endroit serait hanté…tout porte à le croire.