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Sailing for Change : mettre les voiles vers le changement ! — La société solidaire et durable

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Chers lecteurs, Quatre bretons se sont lancés le défi de réaliser un tour du monde zéro déchet à bord d’un voilier. Le constat de la fondation Ellen Macarthur est clair : « si rien n’est fait d’ici à 2050, nous aurons plus de plastiques que de poissons dans les océans ». C’est face à ce […]

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La Sexualité Sacrée:L’art érotique des cartes postales des années folles

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J’ai toujours aimé les cartes postales, et depuis peu je m’intéresse particulièrement à ces images que l’on a pu trouver au début du 20ème siècle. En effet, après l’invention de la carte postale en Autriche en 1873, ce mode de communication était devenu omniprésent au début des années 1910. En 1914, les français ont envoyés près de 800 millions de cartes. Ces correspondances aidaient les soldats partis au front, ainsi que leurs épouses restées en France à en quelque sorte s’évader, à oublier les horreurs de la guerre. Après la censure imposée pendant la Grande guerre, c’est dans les années 1920 que la libération des mœurs prend de l’importance. Parmi ces cartes postales, j’ai une petite préférence pour les cartes « érotiques » où l’on voit de jolies demoiselles s’afficher dans un décor souvent exquis. J’adore contempler le mobilier des années folles, les jolies petites commodes, les coiffeuses avec leurs flacons à parfums, vaporisateurs, boîtes à poudre… J’ai également un faible pour les photographies qui ont été coloriées à la main, où l’exagération des couleurs traduit une sensualité et un romantisme qui est aujourd’hui désuet.

Voici quelques cartes que j’aime beaucoup:

 

Cette carte est apparue vers 1914.

Cette carte est apparue vers 1914.

 

 

Un beau calin.

Un beau câlin.

 

Photo suggestive de 1907.

Photo suggestive de 1907.

 

Une grande passion des années '20.

Une grande passion des années ’20.

 

Une carte postale colorisée des années '20.

Une carte postale colorisée des années ’20.

 

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Une scène faisant intervenir un peu d'horreur.

Une scène faisant intervenir un peu d’horreur.

 

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Cette carte postale est datée de 1905. Cette belle grassette nue sous ses drappés et parmis les fleurs, vous souhaite une bonne année ...

Cette carte postale est datée de 1905. Cette belle grassette nue sous ses drappés et parmis les fleurs, vous souhaite une bonne année …

Nos grands parents osaient envoyer par courrier postal des cartes postales de voeux érotiques. Probablement pour souhaiter une bonne année virile. Il faut cependant noter que peu de ces cartes portaient un timbre, ce qui montre qu'elle étaient placées dans une enveloppe. La carte postale qui a eu sa période dorée au début du XXeme siècle couvrait tous les genres, y compris la carte postale érotique. Dans ce domaine, il n'y avait pas de journaux, pas de cinéma, ou de livres illustrés pour montrer ces jolies femmes. La carte pastale fut donc l'un des principaux supports. Comme la période des fêtes est en hivers, il est normal que la dame de cette carte de voeux présentée ci-dessous porte un manteau de fourrure. Mais la pauvre doit avoir bien froid par ce temps neigeux. Heureusement qu'elle porte des bas pour se réchauffer un peu.

Nos grands parents osaient envoyer par courrier postal des cartes postales de voeux érotiques. Probablement pour souhaiter une bonne année virile. Il faut cependant noter que peu de ces cartes portaient un timbre, ce qui montre qu’elle étaient placées dans une enveloppe.
La carte postale qui a eu sa période dorée au début du XXeme siècle couvrait tous les genres, y compris la carte postale érotique. Dans ce domaine, il n’y avait pas de journaux, pas de cinéma, ou de livres illustrés pour montrer ces jolies femmes. La carte pastale fut donc l’un des principaux supports.
Comme la période des fêtes est en hivers, il est normal que la dame de cette carte de voeux présentée ci-dessous porte un manteau de fourrure. Mais la pauvre doit avoir bien froid par ce temps neigeux. Heureusement qu’elle porte des bas pour se réchauffer un peu.

 

Un petit trio de photos très rares.

Un petit trio de photos très rares.

 

 

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Carte de voeux avec la photograpie de l'actice Regina Badet. Cette actrice du cinéma muet est née en 1876, et elle est décédée en 1949. carte de voeux censuelle dans laquelle l'actrice laisse apparaitre un sein de sa peau de tigre.

Carte de voeux avec la photographie de l’actrice Regina Badet. Cette actrice du cinéma muet est née en 1876, et elle est décédée en 1949. carte de voeux sensuelle dans laquelle l’actrice laisse apparaître un sein de sa peau de tigre.

 

 

 

 

 

En Californie, le mouvement pour la sécession du reste des Etats-Unis se poursuit

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Alors que les Américains se réunissent pour célébrer leurs 240 ans d’indépendance, un journaliste russe a parlé aux dirigeants des mouvements indépendantistes texan et californien pour évoquer la possibilité d’une désunion future pour la création de pays souverains.

Le référendum sur le Brexit au Royaume-Uni aurait poussé certains Etats américains à relancer leurs propres tentatives de se détacher de Washington.

 

Le Mouvement nationaliste du Texas qui prétend être soutenu par quelque 250 000 personnes, a déjà appelé le gouverneur de l’Etat à soutenir un référendum pour les Texans.

Outre le #Texit, il y a aussi un mouvement similaire en Californie, qui est non seulement l’Etat américain le plus peuplé, mais qui dispose d’une économie de la taille de celle de la France. Beaucoup de Californiens et de Texans, cependant, en ont assez de voir leurs impôts partir à Washington.

Journaliste : Pensez-vous que ce serait positif pour chaque Etat de quitter les Etats-Unis ?

 

Ancienne carte des territoires du Texas et de la Californie.

Ancienne carte des territoires du Texas et de la Californie.

 

Louis J. Marinelli, Président du «Yes California Independance Campaign» (L. J. M.) : je ne dirais pas forcément que tous les Etats seraient gagnants en devenant indépendants. Notre campagne est axée sur l’avenir de la Californie en tant que pays indépendant. Et nous croyons certainement que la Californie, et peut-être le Texas, peuvent devenir des pays indépendants pour le bien de leur population.

 

« Nous, en Californie, subventionnons les autres Etats de cette union, et de fait, perdons des dizaines et parfois des centaines de milliards de dollars chaque année! »

 

Pourquoi pensez-vous qu’il est préférable pour la Californie de devenir un pays indépendant ?

L. J. M. : Nous, en Californie, subventionnons les autres Etats de cette union, et de fait, perdons des dizaines et parfois des centaines de milliards de dollars chaque année, en transférant l’argent de nos contribuables à des Etats comme l’Alabama, le Mississippi ou d’autres. Par conséquent, nous ne pouvons pas bénéficier de l’argent dont nous avons besoin en Californie pour construire des routes ou financer des soins de santé universels ou encore l’éducation. Donc, notre indépendance nous permettra de garder cet argent ici en Californie et de l’investir dans ces priorités.

Journaliste : Comment voyez-vous l’éventuelle organisation de cette sortie ?

L. J. M. : Ici, en Californie, c’est un système unique. Nous avons un système de vote initial qui permet aux citoyens de proposer une initiative au vote après avoir recueilli quelques centaines de milliers de signatures. Nous avons l’intention de nous y mettre l’année prochaine pour recueillir les quelques centaines de milliers de signatures nécessaires et obtenir un référendum sur l’indépendance pour les élections de 2020. Nous avons fait un sondage informel en demandant à 9 000 Californiens : La Californie, devrait-elle devenir un pays indépendant ? A cette époque 41% ont répondu «oui». Ce n’est donc pas encore une majorité, mais nous sommes à quatre ans d’un référendum sur l’indépendance et nous avons donc le temps de faire changer les esprits de ces 9 ou 10% de la population…

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Un aspect important : les Etats-Unis font partie des Nations unies et la Charte des Nations Unies garantit aux peuples le droit à l’autodétermination. Comme la Constitution américaine dit que les traités ratifiés par le Congrès sont la loi suprême du pays, la Charte des Nations unies est aussi la loi suprême du pays et donc nous avons l’intention d’invoquer cette charte et d’exercer notre droit à l’autodétermination…

 

Cette méthode que nous avons l’intention d’employer est tout à fait pacifique, juridique et constitutionnelle et c’est la raison pour laquelle nous prenons avec un tel encouragement le résultat du vote sur le Brexit… Nous disons : «Que le peuple vote» pour trancher cette question.

Journaliste : Pourquoi pensez-vous que le Texas devrait devenir un pays indépendant ?

« Un référendum est une déclaration de volonté politique et le point culminant de ce que nous avons vu dans pratiquement tous les mouvements d’indépendance dans le monde. »

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Daniel Miller, président du Mouvement Nationaliste du Texas (D. M.) : A la fin de la Seconde Guerre mondiale, il y avait 54 pays reconnus dans le monde entier et à la fin du XXe siècle, il y en avait 192. Au niveau de pratiquement tous les paramètres employées pour classer une nation parmi les Etats indépendants, le Texas est proche du sommet. Nous avons la neuvième ou la dixième plus grande économie du monde ; actuellement nous injectons environ 400 milliards de dollars chaque année dans les caisses du gouvernement fédéral. Je pense que la question que les gens devraient se poser, c’est : «Si le Texas ne pouvait pas exister en tant que nation indépendante, alors qui le pourrait exactement ?»

Drapeau du Texas.

Drapeau du Texas.

Soyons honnêtes, un référendum n’est pas seulement une déclaration ou une protestation. Un référendum est une déclaration de volonté politique et le point culminant de ce que nous avons vu dans pratiquement tous les mouvements d’indépendance dans le monde. Laisser les gens décider de la façon dont ils veulent être gouvernés… Nous cherchons des gens qui sont prêts à voir le Texas comme une nation indépendante parce que nous sommes prêts à soumettre ça au vote. Notre objectif déclaré est, depuis notre création, d’obtenir et de gagner un référendum contraignant sur l’indépendance du Texas et c’est exactement ce que nous avons l’intention de faire.

 

« Le sentiment qui est de plus en plus fort au Texas, c’est que les meilleures personnes pour gouverner le Texas sont les Texans! »

 

Journaliste : Le vote sur le Brexit pourrait-il devenir une source d’inspiration pour le programme de votre mouvement ?

D. M. : Beaucoup d’Etats des Etats-Unis d’Amérique sont des Etats-donateurs, il n’y a pas de doute là-dessus. Ce qu’on trouve intéressant, c’est de savoir comment ces sentiments ont également été présentés ou exprimés lors du vote sur le Brexit : le peuple du Royaume-Uni sentait qu’il payait plus à l’UE qu’il ne recevait en contrepartie. Et c’est tout-à-fait pareil ici, au Texas. Le Texas transfère près de 400 milliards de dollars par an dans les caisses du gouvernement fédéral. Nous ne récupérons qu’une fraction de cela et ce que nous recevons concrètement ne sert pas à résoudre les problèmes et les défis auxquels nous sommes confrontés ici. Il y a un mécontentement croissant. Ce qui nous agace, c’est le fait que nous devons vivre sous 180 000 pages de lois, règles et règlements fédéraux qui sont administrés par 440 agences et commissions distinctes avec 1,5 millions de fonctionnaires fédéraux, dont 90 000 gagnent plus que le gouverneur du Texas. Ainsi, alors que nous avons ces problèmes ici au Texas – que ce soit l’immigration et la frontière, l’éducation ou l’infrastructure, peu importe ce que c’est – c’est plus difficile de justifier le fait que nous transférons cet argent à Washington. Le sentiment qui est de plus en plus fort au Texas, c’est que les meilleures personnes pour gouverner le Texas sont les Texans.

 

EN CONCLUSION

 

Quelque chose me chuchote à l’oreille que le Québec aurait tout intérêt  à s’inspirer de ces grands nationalistes californiens et texans.

La Seconde Révolution Américaine va démarrer avant que le Québec ne soit réveillé du rêve néolibéral dans lequel on  nous a enfermé!

 

 

 

 

 

 

En mémoire de la conspiration des Poudres (5 novembre 1605)

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Il y aura 410 ans,le 5 novembre 2015  qu’est survenu la Conspiration des Poudres et l’exécution de Guy Fawkes,l’un des plus célèbres combattants de la Liberté.

Guy Fawkes, le légendaire personnage qui donnera son visage et son costume inspirant V pour Vendetta!

Guy Fawkes, le légendaire personnage qui donnera son visage et son costume qui inspireront le film « V pour Vendetta »!

Le 5 novembre 1605 est découverte à Londres la «Conspiration des Poudres» (en anglais : «Gunpowder Plot»).

D’anciens officiers catholiques, en relation avec les gouvernants espagnols et peut-être les jésuites, envisagaient de faire sauter le Parlement de Westminster le jour même de la séance inaugurale en présence du roi et de ses ministres. Mais l’un des conjurés, Guy Fawkes, est arrêté alors qu’il s’apprête à mettre le feu à 36 barils de poudre.

Ces conjurés reprochaient au roi anglican Jacques Ier Stuart son intolérance à leur égard comme envers les puritains. Ils sont contraints à la fuite ou exécutés sitôt découverte leur conspiration.

En souvenir de cet événement, les enfants anglais ont gardé l’habitude de faire éclater des pétards chaque 5 novembre.

Le roi,Jacques 1er

Fils de Marie Stuart, reine d’Écosse, et héritier d’Elizabeth 1ère, Jacques 1er est devenu roi d’Écosse en 1567, à l’âge d’un an, et roi d’Angleterre en 1603. Il se montre aussitôt désireux d’unir les deux couronnes.

A l’époque, le roi qui gouvernait l’Angleterre était Jacques Ier Stuart, anglican, réputé pour être complètement intolérant vis-à-vis des différentes religions du royaume et notamment de la religion catholique. D’anciens officiers catholiques tentèrent une révolte, en prévoyant de faire sauter le Parlement de Westminster, en présence du roi et des ministres. Les conjurés furent découverts à temps alors qu’ils avaient prévu d’allumer 36 barils de poudre. Ils prirent la fuite ou furent exécutés. Jacques 1er était le fils de Marie Stuart et l’héritier de la grande Elizabeth 1ère. En tant que roi, il était le chef de la religion anglicane et était convaincu d’être de droit divin. Monarque absolu, il commença à persécuter les catholiques… Ces derniers s’enfuirent pour la plupart vers l’Amérique. Ceux qui restèrent voulurent se débarrasser de lui, haïssant de ce roi despote qui n’avait confiance qu’en une personne : son favori George Villiers. Ce dernier en profita outrageusement et devint même Duc de Buckingham. Outrancier, ce personnage fut à l’origine d’un conflit entre l’Angleterre et l’Espagne.

Chargé de négocier le mariage du prince de Galles, le futur Charles 1er, avec une infante espagnole, Buckhingham scandalise la cour de Madrid par son comportement, fait échouer le projet de mariage et, qui plus est, entraîne son pays dans un conflit avec l’Espagne.

Les conspirateurs sont découverts et Guy Fawkes est pris dans les sous-sols du palais de Westminster avec les explosifs.

Les conspirateurs sont découverts et Guy Fawkes est pris dans les sous-sols du palais de Westminster avec les explosifs.

La tentative de rébellion ayant échoué, Jacques 1er continuera son règne jusqu’au 27 mars 1625, date de sa mort. Son fils, Charles 1er prendra la relève mais, gouvernant comme son père, sera chassé de Londres en 1642. Ce sera le début d’une guerre civile qui aboutira à la mort du roi par décapitation. Cromwell établira une dictature… Tout ceci amènera la première monarchie parlementaire. Ne vous étonnez pas si, en week-end à Londres, vous entendez des pétards claquer partout… Depuis ce 5 novembre 1605, il est de tradition que les enfants en fassent éclater.

Partisan convaincu de l’absolutisme de droit divin, il en a lui-même établi la justification dans des ouvrages publiés avant son accession au trône d’Angleterre comme The true Lawe of free monarchies (1599).

À Londres, Jacques 1er veut renforcer son pouvoir en prenant appui sur la religion anglicane, qui fait du roi le chef de l’Église nationale. Il en vient à persécuter les catholiques et les puritains. Ces derniers commencent à émigrer en masse vers le Nouveau Monde.

Par la Conspiration des poudres, les catholiques, quant à eux, tentent mais en vain de se débarrasser du roi.

Dans les dix dernières années de son règne, Jacques 1er accroît les haines contre sa personne en accordant sa confiance à un courtisan, le beau George Villiers.

5 novembre 1605,la conspiration des poudres:ici exécution des conspirateurs un an plus tard!

5 novembre 1605,la conspiration des poudres:ici exécution des conspirateurs un an plus tard!

Chargé de négocier le mariage du prince de Galles, le futur Charles 1er, avec une infante espagnole, Buckhingham scandalise la cour de Madrid par son 

 comportement, fait échouer le projet de mariage et, qui plus est, entraîne son pays dans un conflit avec l’Espagne.

C’est dans ce climat délétère que meurt le roi Jacques 1er, le 27 mars 1625. Les Anglais reportent sur son fils, Charles 1er, l’espoir d’un redressement de la monarchie. Ils vont aller de déception en déception.

Le complot

Le complot put avoir lieu grâce à la prise de conscience par les autorités protestantes anglaises et par les récusants catholiques que l’Espagne avait beaucoup trop de dettes et se battait sur de trop nombreux fronts pour pouvoir aider les catholiques anglais. Tout espoir de reconnaissance du catholicisme s’évanouit avec la conférence de Hampton Court, en 1604, lorsque Jacques Ier s’attaqua aux puritains extrémistes et aux catholiques. Les conspirateurs réalisèrent qu’ils n’obtiendraient pas d’aide de l’extérieur s’ils ne passaient pas à l’action. Fawkes et ses complices purent louer une cave sous la Chambre des Lords, ce qui leur facilita beaucoup la tâche (ils avaient dans un premier temps envisagé de construire une galerie sous le Parlement). Cette entreprise aurait été beaucoup plus compliquée, car il aurait fallu évacuer la terre sans être aperçus. En mars 1605, ils avaient stocké 1 800 livres (670 kilogrammes) de poudre dans la cave, en vue de la faire exploser lorsque le Parlement réuni serait au complet. Les conspirateurs prévoyaient ensuite d’enlever la princesse Elizabeth (plus tard Elizabeth de Bohême, la « Reine d’hiver »). Quelques conspirateurs s’inquiétèrent de la présence de certains catholiques au Parlement : leurs coreligionnaires se trouvaient en danger de mort. Un des conspirateurs écrivit une lettre d’avertissement à William Parker, quatrième Baron Monteagle, qui la reçut le 26 octobre. Les conspirateurs apprirent l’existence de la lettre le lendemain, mais ils décidèrent de ne pas modifier leurs plans après que Fawkes se fut assuré que rien n’avait été touché dans la cave. Lord Monteagle était suspicieux, et il envoya la lettre au secrétaire d’État qui lança une recherche sur les caves se trouvant sous la Chambre des Lords. Fawkes fut découvert et arrêté dans la cave au matin du 5 novembre alors qu’il s’apprêtait à mettre le feu à trente-six barils de poudre.

Le fameux masque de Guy Fawkes.

Le fameux masque de Guy Fawkes.

Par autorisation spéciale du Roi, il fut torturé pendant les jours suivants et révéla le nom de ses complices (qui étaient soit morts, soit connus des autorités). Certains s’étaient enfuis au Warwickshire où ils furent capturés ou tués. Le 31 janvier, Fawkes et ses complices encore vivants furent jugés à Westminster Hall. Jugé pour haute trahison, il fut condamné à être pendu, étripé puis coupé en morceaux (Hanged, drawn and quartered). Toutefois, bien qu’affaibli par les tortures qu’il avait subies sur le chevalet de la tour de Londres, Guy Fawkes s’échappa brièvement des mains de son bourreau, se brisa le cou et mourut le 31 janvier 1606 avant que la pendaison  ait mis fin à ses souffrances.

Guy Fawkes restera à jamais  inscrit dans l’histoire des Humains de la Terre,comme l’un des plus courageux et des plus déterminés « Combattants de la Liberté »!Aussi ,pour faire suite à l’article,je suggère que nous commémorions cet événement et cet homme à chaque année à partir du 5 novembre 2015.

Merci de m’avoir lu et d’encourager la Lutte pour la Liberté des Hommes et des Femmes de cette Planète qui  sont menacé par le Nouvel Ordre Mondial et le néolibéralisme.

https://michelduchaine.com/2015/11/06/videoen-memoire-de-guy-fawkes-et-de-la-conspiration-des-poudres/

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Bienvenue à tous dans notre événement Facebook: En Mémoire de la conspiration des Poudres

Le défi haïtien…souhaité par tous et pour tous

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Faites  partie du défi haïtien actuel:joingnez-vous  à notre groupe d'études su Facebook!

Faites partie du défi haïtien actuel:joingnez-vous à notre groupe d’études su Facebook!

 

L’histoire constitutionnelle et politique de la République d’Haïti depuis 1804 apparaît à l’observateur comme une course éperdue vers la recherche d’une identité étatique. Celle-ci se comprend comme l’effort d’adaptation d’un cadre juridique moderne aux conditions particulières d’une société surgie brutalement de la colonisation où la cohésion nationale s’est heurtée en permanence aux appétits de pouvoir et à une tribalisation du champ politique.

Les jugements et les analyses n’ont pas manqué sur les caractères de la société haïtienne depuis l’indépendance. Haïti reste à bien des égards une énigme pour les juristes et les politologues.

Issue de la Révolution française, sœur révolutionnaire des Etats Unis d’Amérique, mère protectrice des mouvements d’émancipation d’Amérique Centrale et du Sud, Haïti empruntera à chacune de ces sphères politiques des plans entiers de leur architecture politique sans pour autant parvenir à une construction durable.

De la Révolution française et de l’esprit des Lumières, les Haïtiens hériteront un certain goût pour le rationalisme juridique sans prendre en considération les rapports de force sociaux. Les propos suivants du doyen Hauriou sont d’une pénétrante vérité et peuvent sans trop de risque être transposés dans l’ancienne colonie de Saint-Domingue: “ Cette instabilité constitutionnelle de la France qui tranche avec la stabilité de certains autres pays… s’explique par ses remous d’une révolution violente qui ayant renouvelé à la fois toutes les institutions politiques et sociales, n’a pas pu du premier coup trouver l’équilibre véritable des forces nouvelles qu’elle avait déchaînées aux prises avec les forces anciennes inhérentes à toutordre social”.

La comparaison entre la France et Haïti ne manque pas d’intérêt. Les deux sociétés connaissent des transformations radicales de l’ordre économique, sociale et politique au nom des idéaux de liberté, bien que l’une se fasse contre l’autre. Elles subissent la même instabilité au sortir de la Révolution même si en France, en raison de la plus longue fermentation historique et du développement effectif du capitalisme, les excès ont vite été jugulés et les compromis se sont imposés plus rapidement. Il n’empêche que toute cette période d’instabilité est marquée dans un cas comme dans l’autre du mythe constitutionaliste consistant à conférer à un simple acte juridique (la Constitution) des vertus fondatrices alors qu’il ne fait que traduire la réalité des rapports de force. En outre, il importe de préciser que les forces anciennes dont parle Hauriou, n’existent que virtuellement en Haïti, après la déroute de l’armée de Leclerc, ce qui n’est pas le cas en France.

Des Etats-Unis, si proches et si suspects, les constitutionalistes haïtiens adopteront la grande ligne du système présidentiel, rejetant par la même occasion le parlementarisme. La Constitution des Etats Unis, pourtant fondée sur la séparation des pouvoirs et la surveillance de chacun par les autres, confère une prééminence au législatif, mais au moment où la charte entre dans le troisième siècle de son existence, l’exécutif occupe le devant de la scène en profitant des prérogatives que lui délègue le Congrès ou dont celui-ci n’use pas.”

Cette appréciation sur le système politique américain explique à merveille le glissement qui s’opère du régime présidentiel vers le présidentialisme. Celui-ci sévira en Amérique du Sud en général et en Haïti en particulier. Le rôle du pouvoir législatif et la réelle séparation des pouvoirs conditionnent le fonctionnement démocratique à Washington et les limites opposées au locataire de la Maison Blanche, tandis que les importateurs de ce système n’en auront retenu que l’importance et le prestige de la fonction présidentielle. Cette tendance que l’on retrouve sur tout le continent sud américain prendra une forme spécifique en Haïti où les nouvelles élites seront projetées brutalement dans l’arène enivrante du pouvoir sans vision globale de la société nouvelle à édifier. On passa alors très vite à une forme patrimoniale de la détention et de l’exercice du pouvoir qui va faire de la République d’Haïti le champ de bataille des appétits et des revanches.

Bien qu’ayant précédé le train des indépendances d’Amérique centrale et du sud, Haïti n’en reste pas moins identifiable à cette région sur certains aspects. L’analyse en termes géostratégique révèle, s’il en était besoin, qu’elle fait partie au même titre que le Salvador ou le Honduras de “ l’arrière-cour ” des Etats-Unis, baignant en plein dans “ la Méditerranée américaine ”. Ainsi comprend-on les motifs véritables de l’occupation américaine de 1915 à 1943. Mais par delà cette emprise directe, il est une constante que l’on retrouve dans toute l’Amérique “ sub-étasunienne ”, c’est le militarisme.

Haïti n’y échappera pas et on peut mieux le comprendre à partir de cette approche faite par Alain Destexhe : “ L’histoire mouvementée de l’Amérique centrale a engendré le militarisme. La construction de l’État au Guatemala et au Salvador est inséparable de la création d’armées modernes. Très tôt, l’armée s’est vue confier des fonctions qui ne la prédisposaient pas à la neutralité dans la conduite des affaires: centraliser le pouvoir, contrôler l’ensemble du territoire et intégrer les différentes composantes ethniques et sociales dans l’ensemble national”. Formée à l’école américaine pendant l’occupation, l’armée haïtienne deviendra très vite un régulateur politique et un bras séculier du pouvoir dont le rôle a été décrit par Kern Delince dans son ouvrage Armée et politique en Haïti. Il met notamment en évidence une différence essentielle avec les régimes d’Amérique centrale, l’absence de projet politique autonome. Le militarisme haïtien prend avant tout une forme prétorienne en ce sens que l’armée se veut le garant d’une élite au pouvoir. Kern Delince peut noter à ce propos “ Les ferments d’instabilité inhérents au fonctionnement du système suscitent des crises récurrentes qui risquent d’entraîner une situation anarchique ou chaotique. Pour suppléer à la carence du pouvoir, largement débordé, l’armée intervient presque à son corps défendant et impose son arbitrage aux multiples factions antagonistes. Elle le fait parce qu’elle est consciente de l’efficacité des moyens coercitifs à sa disposition, pénétrée de sa vocation de maintien de l’ordre et résolue à empêcher une évolution qu’elle considère néfaste pour le pays”.

Les trois aspects évoqués ci dessus expliquent en grande partie le mal être de la République haïtienne d’aujourd’hui et le souci des constituants de 1987 de mettre en place les instruments institutionnels permettant de corriger la malformation congénitale de l’Etat haïtien et d’endiguer toutes tendances à la “ macoutisation ” qui pourrait se faire jour. Le système politique haïtien s’est constitué depuis l’indépendance autour d’un mimétisme constitutionnel d’inspiration multiple (France, Etats-Unis), ayant pour vocation de fonder l’Etat sans y parvenir complètement en raison de l’instabilité générée par la “ patrimonialisation ” du pouvoir s’appuyant sur une armée prétorienne. Ce système a existé sous différentes formes depuis 1804 et a façonné l’espace politique haïtien de façon perceptible.

Le “ déchoukaj ” de 1986 a constitué de ce point de vue une révolution en ce sens que les événements qui ont conduit au 7 février 1986 tranche d’avec les habituels processus de changement “ dynastiques ” qui avaient jalonné l’histoire haïtienne.

Par Eddy  Africah Dorsainville

Livre numérique: Comment on écrit l’histoire

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Paul Veyne histoire

Comment écrit-on l’histoire ? Les historiens contemporains,plus que leurs prédécesseurs, ont sur leur travail une attitude réflexive. Ils observent,mettent en question et étudient leurs méthodes et leurs finalités presque autant qu’ils observent, mettent en question et étudient la matière et la forme de  cette histoire qu’ils se donnent pour tâche de connaître et de faire connaître. L’histoire, celle qui est « histoire de… » en effet n’existe pas en elle même ; elle est le produit d’une activité humaine, en l’occurrence d’historiens qu’ils soient des historiens officiels et conscients ou des historiens tels que peuvent l’être les hommes qui dans leur vie sociale pensent et parlent de leur passé et de leur présent.

Dans le monde historique, tout se donne comme histoire et rien ne se donne comme histoire : des choix, des constructions et reconstructions, des points de vue, des questionnements restent toujours à faire pour donner forme à ce qui est en soi chaos informel. Pour autant l’histoire est-elle subjective et arbitraire, foncièrement relativiste ? L’historien Paul Veyne, dans l’extrait suivant, réfléchissant sur son métier, dégage les principaux principes de sa méthode, autour de la « construction d’intrigues ».

Étant donné les proximités et les affinités pour certains, les rivalités et les concurrences pour d’autres, entre histoire et sociologie, le sociologue aura profit à voir en quoi sa propre méthode est en homologie et/ou en divergence avec celle de l’historien; mais, sachant cependant que l’un et l’autre travaillent sur les mêmes objets, les faits sociaux humains, il faudra aussi méditer sur la complémentarité méthodologique entre la sociologie et l’histoire. (Dans ce cadre, on rapprochera notamment ce texte et celui de Jean-Claude Passeron intitulé « Les limites de la généralisation sociologique ou la sociologie entre histoire et expérimentation. »).

Si tout ce qui est arrivé est également digne de l’histoire, celle-ci ne devient-elle pas un chaos ?

Comment un fait y serait-il plus important qu’un autre? Comment tout ne se réduit-il pas à une grisaille d’événements singuliers? La vie d’un paysan nivernais vaudrait celle de Louis XIV; ce bruit de klaxons qui monte en ce moment de l’avenue vaudrait une guerre mondiale… Peut-on échapper à l’interrogation historiste ? Il faut qu’il y ait un choix en histoire, pour échapper à l’éparpillement en singularités et à une indifférence où tout se vaut.

La réponse est double. D’abord l’histoire ne s’intéresse pas à la singularité des événements individuels,mais à leur spécificité (…) ; ensuite les faits,

comme on va voir, n’existent pas comme autant de grains de sable. L’histoire n’est pas un déterminisme atomique: elle se déroule dans notre monde, où effectivement une guerre mondiale a plus d’importance qu’un concert de klaxons; à moins que – tout est possible – ce concert ne déclenche lui-même une guerre mondiale; car les « faits » n’existent pas à l’état isolé: l’historien les trouve tout organisés en ensembles où ils jouent le rôle de causes, fins, occasions,hasards, prétextes, etc. Notre propre existence, après tout, ne nous apparaît pas comme une grisaille d’incidents atomiques; elle a d’emblée un sens, nous la comprenons ; pourquoi la situation de l’historien serait-elle plus kafkaïenne ? L’histoire est faite de la même substance que la vie de chacun de nous.

L'Archiduc François-Ferdinand d'Autriche-Hongrie est ici re¸u par  le premier-ministre Bismark ,en Allemagne...un peu avant son voyage < Sarajevo  ,en Serbie. L'assassinat de l'archiduc par la société secrète de la Main Noire va provoquer  l'étincelle de la Première Guerre Mondiale.

L’Archiduc François-Ferdinand d’Autriche-Hongrie est ici re¸u par le premier-ministre Bismark ,en Allemagne…un peu avant son voyage < Sarajevo ,en Serbie.
L’assassinat de l’archiduc par la société secrète de la Main Noire va provoquer l’étincelle de la Première Guerre Mondiale.

Les faits ont donc une organisation naturelle, que l’historien trouve toute faite, une fois qu’il a choisi son sujet, et qui est inchangeable : l’effort du travail historique consiste justement à retrouver cette organisation: causes de la guerre de 1914, buts de guerre des belligérants, incident de Sarajevo; les limites de l’objectivité des explications historiques se ramènent en partie au fait que chaque historien parvient à pousser plus ou moins loin l’explication. À l’intérieur du sujet choisi, cette organisation des faits leur confère une importance relative: dans une histoire militaire de la guerre de 1914, un coup de main aux avant-postes importe moins qu’une offensive qui occupa à juste raison les grands titres des journaux; dans la même histoire militaire, Verdun compte davantage que la grippe espagnole. Bien entendu, dans une histoire démographique, ce sera l’inverse. Les difficultés ne commenceraient que si l’on s’avisait de demander lequel, de Verdun et de la grippe, compte le plus absolument, du point de vue de l’Histoire. Ainsi donc: les faits n’existent pas isolément,mais ont des liaisons objectives; le choix d’un sujet d’histoire est libre, mais, à l’intérieur du sujet choisi, les faits et leurs liaisons sont ce qu’ils sont et nul n’y pourra rien changer; la vérité historique n’est ni relative, ni inaccessible comme unineffable au-delà de tous les points de vue, comme un « géométral ».

La notion d’intrigue

Les faits n’existent pas isolément, en ce sens que le tissu de l’histoire est ce que nous appellerons une intrigue, un mélange très humain et très peu « scientifique» de causes matérielles, de fins et de hasards; une tranche de vie, en un mot, que l’historien découpe à son gré et où les faits ont leurs liaisons objectives et leur importance relative: la genèse de la société féodale, la politique méditerranéenne de Philippe II ou un épisode seulement de cette politique, la révolution galiléenne.

Le mot d’intrigue a l’avantage de rappeler que ce qu’étudie l’historien est aussi humain qu’un drame ou un roman, Guerre et Paix ou Antoine et Cléopâtre. Cette intrigue ne s’ordonne pas nécessairement selon une suite chronologique: comme un drame intérieur, elle peut se dérouler d’un plan à l’autre; l’intrigue de la révolution galiléenne mettra Galilée aux prises avec les cadres de pensée de la physique au début du XVIIe siècle, avec les aspirations qu’il sentait vaguement en lui-même, avec les problèmes et références à la mode, platonisme et aristotélisme, etc. L’intrigue peut donc être coupe transversale des différents rythmes temporels, analyse spectrale: elle sera toujours intrigue parce qu’elle sera humaine, sublunaire, parce qu’elle ne sera pas un morceau de déterminisme.

Une intrigue n’est pas un déterminisme où des atomes appelés armée prussienne culbuteraient des atomes appelés armée autrichienne; les détails y prennent donc l’importance relative qu’exige la bonne marche de l’intrigue. Si les intrigues étaient de petits déterminismes, alors, quand Bismarck expédie la dépêche d’Ems, le fonctionnement du télégraphe serait détaillé avec la même objectivité que la décision du chancelier et l’historien aurait commencé par nous expliquer quels processus biologiques avaient amené la venue au monde du même Bismarck. Si les détails ne prenaient pas une importance relative, alors, quand Napoléon donne un ordre à ses troupes, l’historien expliquerait chaque fois pourquoi les soldats lui obéissaient (on se souvient

que Tolstoï pose le problème de l’histoire à peu près en ces termes dans Guerre et Paix).

Il est vrai que, si une fois les soldats avaient désobéi, cet événement aurait été pertinent, car le cours du drame aurait été changé. Quels sont donc les faits qui sont dignes de susciter l’intérêt de l’historien?

Tout dépend de l’intrigue choisie; en lui-même, un fait n’est ni intéressant, ni le contraire. Est-il intéressant pour un archéologue d’aller compter le nombre de plumes qu’il y a sur les ailes de la Victoire de Samothrace? Fera-t-il preuve, ce faisant, d’une louable rigueur ou d’une superfétatoire acribie ? Impossible de répondre, car le fait n’est rien sans son intrigue; il devient quelque chose si l’on en fait le héros ou le figurant d’un drame d’histoire de l’art où l’on fera se succéder la tendance classique à ne pas mettre trop de plumes et à ne pas fignoler le rendu,la tendance baroque à surcharger et à fouiller le détail et le goût qu’ont les arts barbares de remplir le champ avec des éléments décoratifs.

L'empereur Napoléon Bonaparte pardonnant aux rebelles du Caire. Ce dessin exprime bien la magnanimité d'un grand homme d'état. Dans quel livre d'histoire retrouverez vous ce détail du respect  de la vie humaine dans les coutumes de l'empereur après une victoire? ...Dans  aucun écrit par les vainqueurs de Waterloo!

L’empereur Napoléon Bonaparte pardonnant aux rebelles du Caire.
Ce dessin exprime bien la magnanimité d’un grand homme d’état.
Dans quel livre d’histoire retrouverez vous ce détail du respect de la vie humaine dans les coutumes de l’empereur après une victoire? …Dans aucun écrit par les vainqueurs de Waterloo!

Remarquons que, si notre intrigue de tout à l’heure n’avait pas été la politique internationale de Napoléon, mais la Grande Armée, son moral et ses

attitudes, l’ordinaire obéissance des grognards aurait été événement pertinent et nous aurions eu à en dire le pourquoi. Seulement il est difficile d’additionner les intrigues et de totaliser: ou bien Néron est notre héros et il lui suffira de dire «Gardes, qu’on m’obéisse », ou bien les gardes sont nos héros et nous écrirons une autre tragédie; en histoire comme au théâtre, tout montrer est impossible, non pas parce qu’il faudrait trop de pages, mais parce qu’il n’existe pas de fait historique élémentaire, d’atome événementiel. Si on cesse de voir les événements dans leurs intrigues, on est aspiré par le gouffre de l’infinitésimal. Les archéologues le savent bien: vous découvrez un bas-relief un peu fruste qui représente une scène dont la signification vous échappe; comme la meilleure photographie ne peut pas remplacer une bonne description, vous entreprenez de le décrire. Mais quels détails faut-il mentionner,quels autres passer sous silence? Vous ne pouvez le dire, puisque vous ne comprenez pas ce que font les figures de la scène. Et pourtant vous prévoyez que tel détail, insignifiant à vos yeux, fournira la clé de la scène à un confrère plus ingénieux que vous: cette légère inflexion à l’extrémité d’une sorte de cylindre que vous prenez pour un bâton le fera penser à un serpent; c’est bien un serpent que tient la figure, laquelle est donc un génie…Alors, dans l’intérêt de la science, tout décrire? Essayez (…)

Structure du champ événementiel

Les historiens racontent des intrigues, qui sont comme autant d’itinéraires qu’ils tracent à leur guise à travers le très objectif champ événementiel (lequel est divisible à l’infini et n’est pas composé d’atomes événementiels) ; aucun historien ne décrit la totalité de ce champ, car un itinéraire doit choisir et ne peut passer partout; aucun de ces itinéraires n’est le vrai, n’est l’Histoire. Enfin, le champ événementiel ne comprend pas des sites qu’on irait visiter et qui s’appelleraient événements: un événement n’est pas un être, mais un croisement d’itinéraires possibles.

Considérons l’événement appelé guerre de 1914, ou plutôt situons-nous avec plus de précision: les opérations militaires et l’activité diplomatique; c’est un itinéraire qui en vaut bien un autre. Nous pouvons aussi voir plus largement et déborder sur les zones avoisinantes: les nécessités militaires ont entraîné une intervention de l’État dans la vie économique, suscité des problèmes politiques et constitutionnels, modifié les moeurs, multiplié le nombre des infirmières et des ouvrières et bouleversé la condition de la femme… Nous voilà sur l’itinéraire du féminisme, que nous pouvons suivre plus ou moins loin. Certains itinéraires tournent court (la guerre a eu peu d’influence sur l’évolution de la peinture, sauf erreur) ; le même « fait », qui est cause profonde sur un itinéraire donné, sera incident ou détail sur un autre. Toutes ces liaisons dans le champ événementiel sont parfaitement objectives. Alors, quel sera l’événement appelé guerre de 1914 ? Il sera ce que vous en ferez par l’étendue que vous donnerez librement au concept de guerre: les opérations diplomatiques ou militaires, ou une partie plus ou moins grande des itinéraires qui recoupent celui-ci. Si vous voyez assez grand, votre guerre sera même un « fait social total ».

Les événements ne sont pas des choses, des objets consistants, des substances; ils sont un découpage que nous opérons librement dans la réalité, un

agrégat de processus où agissent et pâtissent des substances en interaction, hommes et choses. Les événements n’ont pas d’unité naturelle; on ne peut, comme le bon cuisinier du Phèdre, les découper selon leurs articulations véritables, car ils n’en ont pas.

Toute simple qu’elle soit, cette vérité n’est cependant pas devenue familière avant la fin du siècle dernier et sa découverte a produit un certain choc;

on a parlé de subjectivisme, de décomposition de l’objet historique. Ce qui ne peut guère s’expliquer que par le caractère très événementiel de l’historiographie jusqu’au XIX » siècle et par l’étroitesse de sa vision; il y avait une grande histoire, surtout politique, qui était consacrée, il y avait des événements « reçus ». L’histoire non-événementielle a été une sorte de télescope qui, en faisant apercevoir dans le ciel des millions d’étoiles autres que celles que connaissaient les astronomes antiques, nous ferait comprendre que notre découpage du ciel étoilé en constellations était subjectif.

Les événements n’existent donc pas avec la consistance d’une guitare ou d’une soupière. Il faut alors ajouter que, quoi qu’on dise, ils n’existent pas non plus à la manière d’un « géométral » ; on aime à affirmer qu’ils existent en eux-mêmes à la manière d’un cube ou d’une pyramide: nous ne voyons jamais un cube sous toutes ses faces en même temps, nous n’avons jamais de lui qu’un point de vue partiel; en revanche, nous pouvons multiplier ces

points de vue. Il en serait de même des événements: leur inaccessible vérité intégrerait les innombrables points de vue que nous prendrions sur eux et qui auraient tous leur vérité partielle. Il n’en est rien; l’assimilation d’un événement à un géométral est trompeuse et plus dangereuse que commode (…)

Définition de la connaissance historique

 Nous parvenons ainsi à une définition de l’histoire. De tout temps, les historiens ont senti que l’histoire se rapportait à l’homme en groupe plutôt qu’à l’individu, qu’elle était histoire des sociétés, des nations, des civilisations, voire de l’humanité, de ce qui est collectif, au sens le plus vague du mot; qu’elle ne s’occupait pas de l’individu comme tel ; que, si la vie de Louis XIV était de l’histoire, celle d’un paysan nivernais sous son règne n’en était pas ou n’était que du matériau pour l’histoire. Mais le difficile est d’arriver à une définition précise; l’histoire est-elle la science des faits collectifs, qui ne se ramèneraient pas à une poussière de faits individuels? La science des sociétés humaines? De l’homme en société?

Mais quel historien, ou quel sociologue, est capable de séparer ce qui est individuel de ce qui est collectif, ou même d’attacher un sens à ces mots? La distinction de ce qui est historique et de ce qui ne l’est pas ne s’en fait pas moins immédiatement et comme d’instinct. Pour voir combien sont approximatifs ces essais de définition de l’histoire qu’on multiplie et rature successivement, sans avoir jamais l’impression qu’on est « tombé juste », il suffit de chercher à les préciser. Science de quel genre de sociétés? La nation tout entière, voire l’humanité? Un village?Au moins toute une province? Un groupe de bridgeurs? Étude de ce qui est collectif : l’héroïsme l’est-il?

Le fait de se tailler les ongles? L’argument du sorite trouve ici son véritable emploi, qui est de dénoncer comme mal posé tout problème où il peut

être employé. En fait, la question ne se pose jamais ainsi; quand nous sommes en présence d’une singularité venue du passé et que tout à coup nous la

comprenons, il se produit dans notre esprit un déclic qui est d’ordre logique (ou plutôt ontologique) et non sociologique: nous n’avons pas trouvé du collectif ou du social, mais bien du spécifique, de l’individualité compréhensible. L’histoire est la description de ce qui est spécifique, c’est-à-dire compréhensible, dans les événements humains.

Dès qu’elle n’est plus valorisée, la singularité s’efface, parce qu’elle est incompréhensible. Parmi les quatre-vingt-dix mille épitaphes d’illustres inconnus que contient le corpus des inscriptions latines, voici celle d’un nommé Publicius Eros, qui naquit, mourut et épousa entre-temps une de ses affranchies; paix à ses cendres et qu’il retombe au néant de l’oubli: nous ne sommes pas des romanciers et notre métier n’est pas de nous pencher sur Dupont pour l’amour de Dupont et pour attacher le lecteur à Dupont.

Seulement il se trouve que nous pouvons sans trop de peine comprendre pourquoi Publicius avait épousé une de ses affranchies; ancien esclave public

lui-même (nous dirions employé municipal), comme le révèle son nom, il s’est marié dans son milieu; son affranchie devait être depuis longtemps

sa concubine et il ne l’a affranchie que pour avoir une compagne digne de lui. II a pu aussi avoir les mobiles les plus personnels de le faire: elle était

peut-être la femme de sa vie ou la beauté locale la plus renommée… Aucun de ces mobiles ne serait singulier, tous s’inscrivent dans l’histoire sociale, sexuelle et conjugale de Rome: le seul fait indifférent

pour nous – mais capital pour son entourage – est que Publicius était lui-même et pas un autre; au lieu d’être centré sur l’attachante personnalité de ce Dupont romain, notre roman vrai éclate en une série d’intrigues anonymes: esclavage, concubinat, intermariages, motivations sexuelles dans le choix d’une épouse; tout Publicius s’y retrouvera, mais mis en pièces: il n’y aura perdu que sa singularité, dont il n’y a justement rien à dire. Aussi les événements historiques ne se confondent-ils jamais avec le cogito d’un individu et c’est pourquoi l’histoire est connaissance par traces (…). II faut seulement ajouter que, dépeçant Publicius en intrigues, nous écarterons les vérités universelles (l’homme est sexué, le ciel est bleu), car l’événement est différence. Est historique ce qui n’est pas universel et ce qui n’est pas singulier. Pour que ce ne soit pas universel, il faut qu’il y ait différence ; pour que ce ne soit pas singulier, il faut que ce soit spécifique, que ce soit compris, que cela renvoie à une intrigue. L’historien est le naturaliste des événements; il veut connaître pour connaître, or il n’y a pas de science de la singularité.

Savoir qu’il a existé un être singulier dénommé Georges Pompidou n’est pas de l’histoire, tant qu’on ne peut pas dire, selon les mots d’Aristote, «

ce qu’il a fait et ce qui lui est arrivé », et, si on peut le dire, on s’élève par là même à la spécificité (…)

Nelson Mandela est un franc maçon bien connu...et illuminati.

Nelson Mandela est un franc maçon bien connu…et illuminati.Quel livre d’histoire d’Afrique du Sud va oser publier cette vérité?

L’histoire n’est pas individualisante

L’histoire n’est pas rapport aux valeurs; par ailleurs, elle s’intéresse à la spécificité des événements individuels plutôt qu’à leur singularité. Si donc elle est idiographique, si elle raconte les événements dans leur individualité, la guerre de 1914 ou celle du Péloponnèse, et non le phénomène-guerre, ce n’est pas par goût esthétique de l’individualité ou par fidélité au souvenir: c’est faute de pouvoir faire mieux; elle ne demanderait qu’à devenir nomographique, si la diversité des événements ne rendait impossible cette mutation. Nous avons vu au premier chapitre que la singularité n’est pas un privilège que les faits historiques auraient sur les faits physiques: ces derniers ne sont pas moins singuliers. Or la dialectique de la connaissance est sous-tendue par une mystérieuse loi d’économie de l’effort. En vertu de cette loi, si les révolutions des peuples étaient aussi entièrement

réductibles à des explications générales que les phénomènes physiques, nous ne nous intéresserions plus guère à leur histoire: seules nous importeraient les lois qui régissent le devenir humain; satisfaits de savoir par elles ce qu’est l’homme, nous laisserions tomber les anecdotes historiques; ou bien nous ne nous intéresserions à elles que pour des raisons sentimentales, comparables à celles qui nous font cultiver,à côté de la grande histoire, celle de notre village ou des rues de notre ville. Malheureusement, les événements historiques ne sont pas comprimables en généralités; ils ne se ramènent que très partiellement à des types et leur succession n’est pas davantage orientée vers quelque fin ou dirigée par

des lois de nous connues; tout est différence et il faut tout dire. L’historien ne peut imiter le naturaliste, qui ne s’occupe que du type et ne se soucie pas de décrire singulièrement les représentants d’une même espèce animale. L’histoire est une science idiographique, non de notre fait et pour le goût que nous aurions pour le détail des événements humains, mais du fait de ces événements eux-mêmes,qui persistent à garder leur individualité.

 

 

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31 juillet 2010-31 juillet 2014,la lutte pour la Vérité et la Liberté continue.

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