Le supervolcan semble se réveiller et les animaux fuient.
Le plus grand hold-up de scientifiques dans le monde de tous les temps ?
Guérison du cancer, insecticides, informatique, technologie, contrôle des masses, nucléaire… La totale !
Avant tout, relisez cet article sur un brevet déposé 2 jours après la perte du Boeing de la Malaysia Airlines. Il y avait 5 titulaires, 4 étaient chinois et se trouvaient à bord, le dernier, une société américaine qui s’empare « grâce » à la disparition de l’avion et du brevet et de l’ensemble des parts des 4 autres. Ce brevet parle d’une technologie permettant à un avion de disparaître des radars et de prendre contrôle de l’appareil à distance.
Mais il y a pire, et l’on comprend mieux pourquoi le boeing devait prendre l’eau, parmi les passagers, dans ce même vol, pas moins de 20 sont des homonymes ayant déposé des brevets !
Si ce n’est pas étrange, le hasard est incroyable, et il est aisément imaginable que gagner au loto est simpliste.
Pour démontrer qu’il n’y a là aucun hasard, sachez que tous les brevets ci-dessous ont un rapport de près ou de loin avec la transmission de puissance et le contrôle des technologies. De plus, si les noms chinois se ressemblent, on trouve dans cette liste un français, un néo-zélandais, et un australien.
Une convention dans ce domaine de recherche était prévu à au Jinan International Convention center le 20 mars. Un hasard de plus ?
A WikiStrike, nous pensons que les savants ont été enlevés et que le Boeing a ensuite été jeté en mer.
PDF de la liste de l’ensemble des passagers du vol MH370.
Voici la liste de ces passagers ayant déposé des brevets:
68 LI/YANLIN Chinese 29
http://www.cccme.org.cn/shop/cccme10643/product.aspx
10 CAO/RUI Chinese 32
http://tjyitongxinghua.en.china.cn/selling-leads/detail,1072011220,PRS1-Surge-Protective-Device.html
13 CHEN/JIAN Chinese 58
26 DING/YING Chinese 28
32 FENG/DONG Chinese 21
http://www.borgwarner.com/en/default.aspx
35 GAN/TAO Chinese 44
http://www.hisense-usa.com/about/companyStructure.asp
41 HAN/JING Chinese 53*
50 JIA/PING Chinese 32
53 JIANG/YING Chinese 27
http://fr.wikipedia.org/wiki/Schering-Plough_Corporate
58 KANG/XU Chinese 34
65 LAWTON/ROBERTMR Australian 58
http://www.idexx.fr/corporate/home.html
85 LIN/MINGFENG Chinese 34
87 LIU/JINPENG Chinese 33
88 LIU/QIANG Chinese 40
China petroleum
96 LUO/WEI Chinese 29
Gen Elec/https://www.broadcom.com/
119 SHI/XIANWEN Chinese 26
ZTE CORP
125 SONG/KUN Chinese 25
136 TANG/XUDONG Chinese 31
HINA UNIONPAY CO LTD
149 WANG/CHUNHUA Chinese 34
SAMSUNG ELECTRONICS CO LTD
150 WANG/CHUNYONG Chinese 43
HUAWEI TECH CO LTD
151 WANG/DAN Chinese 54
BEIJING BOE DISPLAY TECH CO, BOE TECHNOLOGY GROUP CO LTD
152 WANG/HAITAO Chinese 26
BEIJING FOUNDER APABI TECH LTD []; UNIV PEKING FOUNDER GROUP CO
156 WANG/YONGGANG Chinese 27
157 WANG/YONGHUI Chinese 33
China mobile
158 WANG/YONGQIANG Chinese 30
161 WANG/RUI Chinese 35
HUAWEI TECH CO LTD
166 WEEKS/PAULMR New Zealander 39
185 YANG/MEIHUA Chinese 65
TROY TECHNOLOGY CORP INC [US]
187 YANG/XIAOMINGMS Chinese 59
TRIQUINT SEMICONDUCTOR INC / http://www.triquint.com/
193 YUAN/JIN Chinese 63
INTEL
199 ZHANG/LIQIN Chinese 43
MA JIANYI []; ZHANG LIQIN []; ZHEJIANG FORESTRY COLLEGE [] +
201 ZHANG/YAN Chinese 45
HEWLETT PACKARD DEVELOPMENT CO
203 ZHANG/LIJUANMS Chinese 61
HELIX BIOMEDIX INC
214 ZHANG/YANHUI Chinese 44
ZTE
216 ZHANG/SHAOHUA Chinese 32
SHANGHAI SYNACAST MEDIA TECH C []; ZHANG SHAOHUA []
221 ZHAO/YAN French 18
ALCATEL LUCENT []
224 ZHOU/FENG Chinese 56
FREESCALE SEMICONDUCTOR INC

(Montréal,le 25 mars 2014) L’UPAC a rencontré le directeur général du Parti québécois et son directeur des finances en février dernier, confirme la formation de Pauline Marois.
Selon un communiqué de presse diffusé mardi soir, «le Parti Québécois n’a été soumis à aucune perquisition, n’a pas eu d’autre rencontre avec les enquêteurs et aucun document n’a été demandé».
Le PQ affirme qu’il s’agissait de «rencontres informelles» qui devaient demeurer confidentielles. Mais «puisque l’existence de cette rencontre a été révélée à un média, le Parti Québécois tient à rendre publique toute l’information à ce sujet, afin de ne pas entretenir de confusion entre la situation du Parti libéral, qui a été perquisitionné, et celle du Parti Québécois, à qui on a demandé d’expliquer sa structure et ses méthodes de financement», peut-on lire dans le communiqué.
En février, le DG du PQ, Sylvain Tanguay et le directeur des finances, Pierre Séguin, ont rencontré «de façon informelle» deux sergents enquêteurs de l’escouade Marteau, qui fait partie de l’UPAC. «Les enquêteurs ont affirmé vouloir obtenir, de tous les partis politiques, des renseignements quant au financement du parti, à sa structure et à ses méthodes de financement», selon le communiqué.
Cette nouvelle tombe alors que Pauline Marois enfonce le clou de l’intégrité depuis quelques jours. Elle a déjà affirmé que le PQ n’a rien à se reprocher en matière de financement. «Le Parti québécois a toujours fait respecter la loi sur le financement des partis politiques, et lorsqu’une personne a commis un acte répréhensible, nous avons immédiatement agi», disait-elle lundi.
Hypocrisie, juge Couillard
«Assez pour le Parti québécois de se draper dans la vertu! La vérité apparaît depuis le rapport Moisan (en 2006). Elle apparaît encore», a réagi le chef libéral Philippe Couillard en soirée après un rassemblement à Asbestos.
Il juge ironique que cette nouvelle soit dévoilée le jour où le PQ a déposé une plainte contre son parti. «C’est franchement inacceptable», a-t-il ajouté.
Le quartier général du PLQ a déjà fait l’objet d’une perquisition. Y a-t-il une différence entre une perquisition et une rencontre d’information? «Oui, il y a une différence», a répondu M. Couillard. «Mais je remarque le contraste entre le discours des derniers mois – je dirais même des dernières années, souvenez-vous du foulard blanc à l’Assemblée – et les événements réels», a-t-il poursuivi.
Il accuse les péquistes d’hypocrisie et de pratiquer un double standard. «Je suis content que les gens voient que derrière les discours et la fausse vertu, il y la réalité.»
M. Couillard dit qu’il «veut bien croire» le PQ qui affirme qu’il s’agissait d’une simple rencontre d’information. «On ne présume de rien, pas plus qu’on ne présume des gens qui chez nous peuvent être amenés à rencontrer la commission. (…) Mais quand nous on a dit ça, est-ce qu’ils nous ont crus? Est-ce qu’ils n’ont pas plutôt renforcé les attaques mesquines?»
Réaction de la CAQ
En réaction à ce qu’elle appelle des « aveux » du Parti québécois, la Coalition avenir Québec a formellement nié qu’un enquêteur de l’UPAC soit venu frapper à sa porte. Elle assure aussi ne pas avoir été questionnée sur les pratiques de financement de la défunte Action démocratique du Québec, avec laquelle elle a fusionné.
« La direction de la Coalition Avenir Québec tient à préciser que jamais une telle demande ne lui a été faite de la part de l’UPAC jusqu’ici, et qu’en conséquence, une telle rencontre n’a jamais eu lieu, contrairement à ce que laisse entendre le communiqué péquiste », a affirmé la formation politique dans un communiqué.

Détournements de fonds:
MONTRÉAL,le 25 mars 2014 – Le Parti québécois (PQ) a déposé une plainte auprès du Directeur général des élections (DGEQ) en lien avec une activité de financement du Parti libéral du Québec (PLQ).
L’activité aurait permis d’amasser 428 000 $ et ne se trouverait pas dans les états financiers du PLQ, indique le candidat péquiste Pierre Duchesne. Le PQ dit avoir fait des recherches pour les y trouver.
Quant aux informations sur l’activité, elles sont tirées des documents de perquisition de l’UPAC et ont été révélées par les médias il y a plusieurs semaines déjà.
M. Duschesne croit que le Québec serait plongé dans un véritable «cauchemar» advenant une victoire libérale aux élections. Il demande aux Québécois s’ils sont prêts à revivre une succession d’allégations à l’encontre des libéraux «toutes les semaines».
M. Duchesne s’est défendu d’avoir attendu tard en campagne pour annoncer cette nouvelle alors que toutes les informations étaient connues.
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Dossier intégrité

Philippe Couillard a invité, mardi, les autres chefs de parti à dévoiler leur rapport d’impôt et un bilan chiffré de leurs actifs ainsi que ceux de leurs conjoints(es). Un défi que Pauline Marois et François Legault ne relèveront pas.
Couillard soutient qu’il n’a rien à cacher. Il s’est engagé à dévoiler, d’ici le prochain débat, sa plus récente déclaration d’impôts (2012) alors qu’il était toujours dans le privé et un bilan détaillé de tous ses actifs et ceux de son épouse. Les informations seront diffusées sur le site web du Parti libéral.
«Vous allez voir que ce n’est pas très compliqué, j’ai une maison et des REER», a-t-il évoqué. Il a ensuite invité ses adversaires à suivre son exemple. «J’ai bien réussi dans la vie, je ne dis pas que je suis pauvre, vous allez voir tout ce que j’ai et on pourra comparer», a mentionné le neurochirurgien de formation.
À l’écouter parler,ce n’est pas payant être médecin,de travailler comme espion et de servir de domestique aux potentats d’Arabie Saoudite.Nous,le peuple,sommes une bande d’imbéciles heureux.
La chef péquiste Pauline Marois a décliné l’invitation de M. Couillard qui va trop loin selon elle. Sa déclaration d’intérêts suffit. Pas question de dévoiler l’ensemble de ses actifs chiffrés ni ceux de son conjoint. Elle associe la manœuvre à une diversion et a rappelé qu’elle a déjà déposé tous les documents requis au Commissaire à l’éthique.
«Il y a un code d’éthique que je respecte strictement, a-t-elle dit. Je crois qu’en demandant cela, il remet en question l’intégrité du commissaire à l’éthique qui est garant que nous respectons le code.»
Après avoir manifesté son ouverture, le chef caquiste François Legault a changé son fusil d’épaule, n’ayant visiblement pas compris, dans un premier temps, la nature de la demande de M. Couillard. Il juge que le dévoilement de son rapport d’impôt suffit et a accusé à son tour le chef libéral de vouloir créer une «diversion».
Lors de la dernière campagne électorale, en 2012, Mme Marois et M. Legault avaient accepté de dévoiler leurs déclarations de revenus au provincial. Ironiquement, le prédécesseur de M. Couillard, Jean Charest, avait refusé de le faire.
On peut se poser la question : c’est quoi le problème d’inverser les rôles?Est-ce qu’on a changé de comptable…y aurait-il double standard?
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Philippe Couillard et le pouvoir occulte des mass médias capitalistes et « canadian »

L’article qui suit a été écrit par Jacques Lanctot
Qu’est-ce qu’ils attendent, les journalistes, pour poser les vraies questions à Philippe Couillard, celui qui aspire à être premier ministre du Québec.
Comme ils sont mignons et candides, ces journalistes, ceux de Radio-Canada tout particulièrement, lorsqu’ils rapportent les propos agressifs de Philippe Couillard. M. Couillard dit parler avec «ses tripes, ses viscères» et moi je lui dis qu’il y a un endroit pour le faire et c’est aux toilettes.
Cet homme veut détruire le Québec et sa culture en voulant faire du Québec une province comme les autres, mais les journalistes radio-canadiens ne trouvent rien à redire à ce beau programme libéral, car leur mission première, comme le soulignait Gilles Duceppe, est de défendre d’abord et avant tout les valeurs sociales, culturelles et politiques du Canada. Pour l’objectivité, on repassera.
Comme ils sont mignons et candides lorsqu’ils parlent de Québec solidaire et interviewent sa chef, Françoise David, qui se comporte en gérant d’estrade ou en mouche du coche. QS est devenu l’allié du Parti libéral du Québec malgré son discours soi-disant de gauche. Les stratèges qui s’activent en coulisse, ceux qui ont pour mission de défendre bec et ongles l’unité canadienne, journalistes, politiciens et agents de la sécurité fédérale, savent qu’accorder plus de visibilité à QS, malgré ses 7 ou 8 %, ne peut que gruger l’électorat du Parti québécois dans ces comtés fragiles où chaque vote va être déterminant pour un gouvernement majoritaire péquiste. Ça, QS ne peut pas ne pas le savoir, mais il persiste et signe au nom d’un purisme qui fait fuir même ses alliés naturels.
Puis on ressort Chantal Hébert et Liza Frulla pour commenter l’actualité politique québécoise, deux personnes reconnues pour leur grande impartialité, mais on met le journaliste d’enquête Alain Gravel au repos. Pourtant, Radio-Canada n’a pas à suivre les consignes que s’est données la commission Charbonneau pendant la campagne électorale. Il y a deux semaines à peine, l’UPAC rendait publics des documents saisis en novembre dernier au siège du PLQ et dans des entreprises appartenant à Marc Bibeau, le grand argentier du parti de Philippe Couillard. On y apprend que plus de 700 000 $ (de l’argent sale, on s’entend) ont été remis à ce même parti. Mais comme on dit dans le langage judicaire, les noms ont été caviardés. Un beau défi pour des journalistes qui pourraient enquêter «sur le rôle occulte qu’aurait joué Marc Bibeau dans le financement illicite du PLQ et les stratagèmes de collusion» (Le Devoir, 4 mars 2014).
Mais non, c’est plus facile de gloser sur le manque d’éthique de Pierre Karl Péladeau et de Pauline Marois que de se questionner sur le fait que ce même M. Bibeau, ami de Jean Charest et stratège du PLQ, siège au conseil de la Société financière Power, propriétaire du quotidien La Presse, aux côtés de Paul Desmarais Jr. M. Bibeau, ce n’est sûrement pas un deux de pique.
Pourquoi ne pas demander à ce journaliste spécialiste des faits divers et reconnu pour sa pensée profonde, Patrick Lagacé, d’enquêter sur les liens incestueux entre ses patrons et le PLQ? Vaste programme, trop vaste même. On comprendrait sans doute mieux comment il se fait que La Pressea changé subitement la question qu’elle posait en ligne, mardi dernier: «Selon le candidat-vedette du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, « l’indépendance du Québec doit se faire. Un peuple, une nation, est légitimement en droit d’avoir un pays. » Êtes-vous d’accord avec M. Péladeau à ce sujet?» Vers 14 h, 64% des répondants étaient d’accord avec cette affirmation. C’en était trop, on a fait disparaître ce sondage maison pour le remplacer par un autre. Un détail. On appelle cela le contrôle de l’information. Aurons-nous droit à une caricature de Chapleau? Sacré Chapleau! Apolitique, mais du bon bord.
Comme disait quelqu’un sur Facebook, si PKP utilisait vraiment tous les médias qu’il possède pour favoriser l’idée d’indépendance, nous aurions droit à un véritable équilibre. Mais nous n’en sommes pas là. Par contre, Radio-Canada et La Presse ne se gênent pas pour détruire allégrement le projet d’un Québec souverain, avec la complicité de QS, un repère de la soi-disant gauche pure et dure mais qui ne fait pas peur à l’establishment. D’ailleurs, le DGE devrait, à mon avis, comptabiliser les articles de La Presse comme dépense électorale du PLQ.
Source:Canoe
En conclusion:
La roue continue et le tournage en rond combiné au jeu de la chaise musicale entre le PQ et le PLQ se poursuit.Tout se passe comme si nous n’étions pas assez éveillé pour comprendre leur petit jeu …de faire semblant.Nous assistons ,nous …le peuple québécois écrasé par les taxes et la mauvaise gestion qui est en fait un complot pour nous déposséder,à une mauvaise représentation d’un numéro de cirque en faillite.Le petit monde de la « classe politicienne » forme une petite famille dont les membres se soutiennent entre eux,car vous l’aurez remarqué,ils vieillissent mal et seront rapidement mis à la retraite dorée …que vous allez leur payer ,le reste de votre vie,sans vraiment profiter de votre propre retraite.
La politique québécoise est devenue un piège à cons…et ça marche depuis longtemps…trop longtemps!Ceux et celles qui pensent faire l’indépendance du Québec en votant pour le PQ vont sortir de leur rêve très vite…car ces partis marchent main dans la main et aucun n’a intérêt à changer quoi que ce soit en profondeur:ils vivent grâce au système colonial.
À PARTAGER LARGEMENT
Pour qui travaillent les politiciens escrocs qui sollicitent notre vote ?
Dans quelques jours, nous aurons l’occasion de leur signifier notre désapprobation. Il ne faudrait pas s’en priver.
PORT-MEUNIER, ANTICOSTI-Il n’y a pas de délinquance à Anticosti. Les gens laissent leurs portes de maisons déverrouillées et les clefs de leur voiture dans le démarreur des véhicules. Il n’y a d’ailleurs pas de policier non plus. On n’en a pas besoin. De loin en loin deux policiers de la Sûreté du Québec débarquent dans l’île pour une fin de semaine, parfois ils viennent ramasser quelqu’un mais c’est bien rare. Et personne ne porte sa ceinture de sécurité; on ne roule pas assez vite pour ça, il n’y a pas d’accident ici. Anticosti c’est un autre monde.
« Il faut faire quelque chose pour l’économie de l’île; je ne suis ni pour ni contre les projets d’exploitation pétrolière, mais je trouve qu’on manque d’informations. » Celui qui parle, c’est monsieur Gilles Dumaresq, directeur-général ici de la Société des établissements de plein-air du Québec (la SEPAQ), le premier responsable de la bonne marche des affaires dans l’île. Comme bien du monde, monsieur Dumaresq trouve que les pétrolières s’entourent de silence. Il veut savoir. Il ne sait pas que cet été elles feront de l’exploration pétrolière et non plus seulement des prélèvements de carottes dans le sous-sol de l’île. On n’a pas cru bon l’informer.
Monsieur Dumaresq voit l’économie de l’île péricliter, Port-Menier perdre des habitants, et ça le chagrine. Le village ne compte plus que deux cents personnes; au moins est-il à visage humain, comme tous ces petits villages de la Basse-Côte-Nord que sont Longue-Pointe-de-Minguan, Baie-Johan-Betz, Natashquan, et les autres. Monsieur Dumaresq souhaite la relance de l’économie de l’île; il administre la SEPAQ ici depuis trente-et-un ans, il adore l’île, ça se voit, il ne souhaite bien entendu pas la destruction de l’île mais si le projet des pétrolières fait du sens, et bien il est prêt à le considérer. Pas moi. Nous avons discuté cordialement de toute cette question. Moi, j’ai éprouvé un coup de foudre pour Anticosti. Je ne veux pas qu’on dénature l’endroit. Le principal obstacle au développement ici du tourisme en est un d’accessibilité. Le gouvernement du Québec a versé quinze millions en subventions aux pétrolières l’an dernier pour qu’elles poursuivent leurs travaux. Si ce quinze millions avait, mettons, été investi dans le transport aérien des touristes de Québec et de Montréal à raison de deux cents dollars le billet, c’est soixante-quinze mille billets d’avion qui auraient ainsi été subventionnés… Anticosti aurait été à la portée de tous. Et voilà que Québec investit 115 millions supplémentaires dans l’exploration pétrolière dans l’île.
On pourrait construire un hôtel dans l’île. Il y a déjà de nombreux campings, on pourrait en rajouter d’autres. La SEPAQ dispose de toute une flotte de véhicules adaptés aux conditions routières, on pourrait rajouter des véhicules parce que ne pensez pas traverser avec votre berline ici et vous enfoncer dans l’île, vous allez faire crevaisons sur crevaisons . Il y a si peu de publicité sur Anticosti qu’on dirait qu’on garde l’endroit secret. Et pourtant, c’est sans doute le plus bel endroit au Québec, avec les plus beaux paysages, la plus belle faune, la plus belle flore, les plus belles rivières et les plus belles chutes, et la population la plus sympathique. La population de Port-Menier pourrait facilement doubler si on mettait véritablement en valeur le potentiel touristique de l’île. Environnement-Québec devrait travailler l’option tourisme pour faire la promotion de l’île en France, en Allemagne, les Européens seraient fous d’un endroit pareil. Du monde entier on verrait des gens arriver ici. C’est évident. Et bâtissons aussi une auberge de Jeunesse.
Anticosti restera une île, avec ses imprévus. Parfois, la météo empêche les avions de circuler, mais ce n’est pas bien grave, ce sont les choses de la vie, c’est comme ça la vie d’insulaire. Le territoire est tellement vaste, on pourrait construire davantage de camps de chasse et de pêche, le tout en respectant la beauté sauvage de l’île.
Le développement d’Anticosti est à bâtir, effectivement, mais il ne doit pas passer par l’exploitation pétrolière, une industrie du vingtième siècle en pleine décadence qui fabrique un produit gluant, salissant, polluant dont on n’a plus besoin avec les nouvelles technologies mises au point voilà déjà plusieurs années. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Radio-Canada. Allez sur google, tapez « découverte voiture électrique », vous tomberez sur un épisode de l’émission Découverte datant de 1997 où on explique comment Hydro-Québec avait mis au point une voiture électrique dès 1997, dont les batteries se rechargeaient lorsque le conducteur freinait le véhicule, et qui n’avait besoin que d’un litre et quelque d’essence pour alimenter une génératrice et faire le trajet Montréal-Québec. La voiture était prête, performante, elle disposait de beaucoup moins de pièces d’automobiles que les voitures habituelles, des pièces devenues obsolètes, elle aurait donc été beaucoup moins dispendieuse à l’achat, à l’entretien et à l’usage que les automobiles conventionnelles. Hydro-Québec a tué le projet, comme vous le verrez à l’écoute de l’émission, et vendu les brevets pour un plat de lentilles. Les ingénieurs qui ont travaillé sur ce projet se sont révoltés, une pétition a été signée. Il y avait alors comme maintenant des gens sur le Conseil d’administration d’Hydro qui représentent des gens dont les fortunes sont assises sur l’exploitation pétrolière. Nous n’avons plus besoin de pétrole au moment où on est en plein dans la révolution de l’hydrogène. Ford a aussi construit sa propre voiture électrique, tapez « who killed the electric car », vous verrez, vous verrez. Je le répète pour les malentendants : nous n’avons plus besoin de pétrole, ou si peu. Le véritable prix de ce produit dégueulasse devrait tourner autour de un à deux cents le litre.
Le pétrole est une balloune qui va se dégonfler incessamment. Le jour où ce sera fait, ou on aura cessé de nous voler, nous assisterons à une importante déflation des prix des marchandises, les familles disposeront chacune d’un revenu supplémentaire de plusieurs centaines de dollars par mois car les prix du transport des marchandises aura chuté. Nous aurons tous beaucoup plus d’argent dans nos poches. Tous? Non, ceux dont la fortune repose sur le pétrole verront la leur se réduire comme une peau de chagrin. Et c’est pourquoi ils nous cachent la vérité et s’enferment dans des châteaux surveillés par des armées privées.
Anticosti, les Îles-de-la-Madeleine, la vallée du Saint-Laurent, le Bas-du-Fleuve, la ville de Gaspé, l’inversion du flux à l’intérieur du pipe-line Enbridge numéro 9 sont au cœur de cette question pour le Québec. Tous les projets d’exploitation gazière et pétrolières doivent être mis sur la glace, abandonnés. Anticosti est au cœur de cette bataille, parce que c’est le plus beau coin du Québec, qu’on ne laissera pas violer cette île vaste comme plusieurs pays.
La bataille d’Anticosti commence. Anticosti, à la limite, c’est un casus belli. Vous irez voir dans les pages roses de vos dictionnaires ce que ça veut dire. Nous ne céderons pas d’un pas sur Anticosti. Que le gouvernement du Québec subventionne l’industrie touristique sur Anticosti, et qu’il cesse de subventionner les pétrolières. Ou alors ce n’est pas le gouvernement des Québécois, c’est celui des pétrolières, et nous allons le renverser.
Sources: François Harvey,Hermil Lebel

« Ils ne savent plus que faire pour créer du mystère et vous appâter pour ce spectacle de mauvaise qualité. Ils ne savent plus que faire pour se commettre en faveur de leur poulain lors de cette élection bidon. Voici que les chefs des partis bourgeois tentent de se sortir du débat constitutionnel dans lequel les «journaleux» les ont empêtrés. Ces bonzes politiques savent trop bien que les votants éventuels n’aient rien à faire dans ce quiproquo souverainiste fédéraliste – ce foutoir pour hystérique chauviniste –, mais les «journaleux», totalement déconnectés des problèmes des salariés, et surtout, indifférents aux malheurs des pauvres et des ouvriers, persistent et s’obstinent à harceler – à tourmenter les politiciens véreux sur ce sujet pernicieux, puis, hypocritement, le coolie obstiné déclame que la question constitutionnelle poursuit les chefs… c’est-à-dire que lui, le «journaleux», poursuit les politiciens de ses obsessions pour faire de la nouvelle avec rien – que dalle – du vent.
Mais direz-vous, voir ces malandrins, pantins de partis vauriens, se quereller au milieu du poulailler pour plaire aux riches et faire ramage afin d’obtenir l’appui de leur entourage par des promesses volages, vous indiffère. Voir et entendre ces larbins se contredire à propos des affaires constitutionnelles pour lesquelles ils ne peuvent rien (la grande bourgeoisie monopoliste a tranché, c’est non à la souveraineté) c’est perte de temps direz-vous…et vous avez raison.
Ce n’est pas de constitution et de pseudo-souveraineté qu’il sera question après l’élection – quel que soit le parti au pouvoir à l’Assemblée d’opérette. Il sera question de régimes de retraite des employés de l’État (municipaux, provinciaux, parapublic, etc.). De grands assauts se préparent de ce côté comme l’ont rappelé les maires des cités – au nom de la bourgeoise d’affaires qui s’impatiente de livrer combat contre leurs employés et se demande à quel chef politique confier ce «contrat» contre les salariés.
Observez la performance des chefs et vous saurez lequel entend se présenter comme le matamore inexpugnable dans ce combat contre le prolétariat… Pour le reste, cette élection bidon n’est que billevesée pour journalistes excités… Attendez patiemment la facture qui ne saurait tarder. Ils ne contrôlent rien, ils ne peuvent régler la crise économique systémique, tous juste savent-ils vous imposer de nouvelles taxes, de nouveaux impôts, des hausses de tarifs sans vous garantir aucun emploi.
Pour qui voter, vous demandez ? Pour personne – ils sont tous pareils. »
http://www.les7duquebec.com/non-classe/les-journalistes-a-la-solde-sagitent/

La rage, le ras-le-bol, l’indignation, mais, aussi, la solidarité, le soutien mutuel et la dignité sont le combustible des « Marches de la Dignité » qui, depuis la fin mars et le début de février, parcourent tout l’Etat espagnol pour arriver demain à Madrid. Face à la spoliation de nos droits et à la soumission politique aux diktats de la « sainte » Troïka, les Marches exigent des emplois et des logements dignes, l’arrêt des coupes et qu’on cesse payer une dette illégitime. Il y a bien assez de motifs pour marcher.
Selon les chiffres du dernier rapport de l’Observatoire de la Réalité Sociale de Caritas, il y a aujourd’hui dans l’Etat espagnol trois millions de personnes qui vivent avec moins de 307 euros par mois, soit deux fois plus qu’en 2007, juste avant le début de la crise. La pauvreté devient sévère et chronique : deux millions de femmes et d’hommes sont au chômage depuis plus de deux ans et 3,5 millions le sont depuis plus d’un an. Selon cet organisme caritatif, sur le total des personnes aidées, une sur trois l’est depuis plus plus de trois ans. Des chiffres effrayants.
Ils nous disent que les mesures actuelles de sortie de crise génèrent de l’emploi. Néanmoins, les données contredisent ces affirmations. Selon les chiffres de l’OCDE, chaque semaine dans l’Etat espagnol entre 2007-2013, 13.000 personnes ont perdu leur emploi ; le taux de destruction d’emploi le plus élevé de toute l’Europe. Un triste record qui s’ajoute à la chute des revenus des ménages : 2.600 euros en moins par personne entre 2008 et 2012, l’une des plus fortes chutes du continent.
Le « tsunami » de la pauvreté, qui ravage nos vies et notre futur, n’a rien de naturel. C’est ce qu’indiquent les chiffres. L’appauvrissement n’est pas le patrimoine d’un pays ou de certains peuples, elle frappe, selon la doctrine sacrée du capital, une classe sociale déterminée. Dans l’Etat espagnol, les 10% les plus pauvres ont vu leurs revenus se réduire de 14% par an entre 2007 et 2010. La moyenne d’appauvrissement de ce secteur en Europe se situe à hauteur de 2% par an. Pendant ce temps, selon l’OCDE, les revenus des 10% les plus riches ont augmenté de 1%. L’Etat espagnol est devenu un pays où la brèche entre les pauvres et les riches est devenue encore plus importante et elle le situe en tête des inégalités en Europe après la Lettonie.
Face à tant d’injustice, les rues devraient être en ébullition. Néanmoins, on nous inocule la peur, le scepticisme, l’apathie. Le nombre de suicides, qu’on veut souvent passer sous silence, augmente. Selon l’Institut de Statistiques, en 2012, les décès pour cause de lésions auto-infligées ont augmenté de 11,3% par rapport à l’année antérieure, dépassant ainsi le chiffre le plus élevé de morts par suicides de 2004 et constituant désormais la première cause externe de mortalité.
C’est pour tout cela que la récupération de la dignité, le « oui, nous pouvons » pour lequel luttent ces gens si indispensables des Marches de la Dignité et tant d’autres, est tellement importante. Révolte ou résignation ; mort ou vie : telle est la question.
Les marcheurs qui arrivent à Madrid de tout l’Etat espagnol et, aussi, de l’étranger, sont le meilleur exemple du fait que face à tant de barbarie il ne reste pas d’autre choix que de se serrer les coudes et de lutter. Ce n’est qu’ainsi que nous aurons la possibilité de gagner.
Esther VIVAS
Source :http://blogs.publico.es/esther-vivas/2014/03/21/la-dignidad-imprescindible/
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Nous lançons un appel pour la dignité et contre le mépris de l’Etat espagnol, dans la capitale, Madrid, le 22 mars :
En 2014, nous sommes confrontés à une situation extrêmement difficile, une situation extrême, une urgence sociale qui exige que nous donnions une réponse collective pour la classe ouvrière, pour les citoyens et citoyennes ainsi que pour le peuple.
Des millions de travailleurs et travailleuses sont au chômage. Disposer des capacités manuelles et intellectuelles et ne pas trouver un emploi décent est humiliant. C’est un gaspillage des talents collectifs de la société, une hypothèque permanente sur leur avenir. Les travailleurs ne méritent pas cette atteinte à leur dignité collective.
Des centaines de milliers de familles ont perdu leurs maisons. Il n’y a rien de plus inhumain que d’expulser une famille de son logement, pour la seule raison de répondre la voracité insatiable de quelques banquiers sans scrupule. Banquiers que les Etats soumis à la Troïka ont alimentés en appauvrissant encore plus les classes laborieuses et les personnes les plus précaires.
Pendant ce temps, le patronat, utilisant le drame du chômage massif, accentue la pression à la baisse des salaires et des conditions de travail des personnes qui disposent encore d’un emploi.
Les travailleurs et travailleuses, en raison de cette situation difficile, ne peuvent même pas s’opposer à leur statut de simples exploité•e•s par le capital. Le système essaie de nous forcer à nous montrer redevables vis-à-vis des employeurs qui sont transformés en bienfaiteurs de la société. Il est temps de répartir le travail et la richesse pour que les travailleuses et les travailleurs puissent se sentir maîtres de leur avenir.
Notre jeunesse ne peut pas se projeter dans l’avenir en raison des politiques actuelles et elle n’a pas d’autre choix que d’aller chercher du travail à l’étranger comme l’ont fait précédemment nos parents et nos grands-parents.
Nous disons NON à un système patriarcal qui nous repousse vers le passé, nous enlevant le droit de disposer de nos corps, nous déniant la capacité de décider si nous voulons ou non être mères, nous poussant à un retour au foyer afin de nous dédier aux soins des enfants.
Nous souffrons des politiques mises en œuvre par le gouvernement du PP [Parti populaire de Mariano Rajoy] sous les diktats de la Troïka, qui aboutissent à l’extorsion des droits et à la paupérisation généralisée de la majorité sociale. Ces politiques sont fondées sur le paiement d’une dette illégitime, qui n’a pas été contractée par les citoyens et citoyennes et qui est le produit de la spéculation bancaire et des excès des différents gouvernements.
Ils privatisent les secteurs rentables, alors qu’ils coupent dans les budgets de la santé, de l’éducation, des aides aux invalides, des transports publics, de l’eau, de l’énergie, des communications, des services sociaux, etc. Tout cela affecte négativement nos droits de citoyens et citoyennes. Les gouvernants et les dominants se moquent de nos aîné•e•s qui subissent une énorme diminution de leur pouvoir d’achat alors qu’ils voient comment leurs épargnes de toute une vie sont extorquées par des arnaques des banques d’affaires et par la diffusion de produits financiers frauduleux.
Le gouvernement du PSOE, avec le soutien du PP, a modifié l’article 135 de la Constitution pour que soit donnée la priorité au paiement de la dette face aux droits et aux besoins des personnes. Ils l’ont justifié en disant que nous avons « vécu au-dessus de nos moyens » et qu’il fallait être plus économes car il était impératif de réduire le déficit. Pourtant, il n’y a eu aucune austérité à l’heure d’injecter des dizaines de milliards d’euros pour « sauver » les banques et les spéculateurs.
Ils profitent de la crise pour réduire nos droits. Ces politiques d’austérité provoquent la souffrance, la pauvreté, la faim et y compris des morts. Et tout cela afin que les banques et les pouvoirs économiques puissent continuer d’obtenir d’importants profits au détriment de nos vies.
Ils nous ont volé la liberté. Le capitalisme est le possesseur des libertés et des droits de la majorité sociale. C’est un système qui cherche exclusivement le bénéfice privé de quelques-uns et nous conduit inexorablement à une catastrophe environnementale et sociale d’une ampleur incalculable.
Pour la grande majorité, cette crise-escropquerie implique un gigantesque drame humain. Mais pour une minorité insignifiante, elle offre la possibilité d’opérer de fructueuses affaires. Quand nous protestons, nous faisons face sans cesse à la même réponse : la répression et la criminalisation du syndicalisme et des mouvements sociaux. Pour combattre cette répression, nous devons continuer à nous défendre et à descendre dans la rue. C’est un système qui a besoin de la répression pour se maintenir en place et qui doit être dépassé par la lutte directe, dans la rue.
La décomposition du régime issu de la Constitution de 1978 [Constitution assurant la transition, avec des éléments de continuité, de la dictature franquiste à ladite démocratie] devient évidente à cause des éléments qui ont présidé à sa naissance – laquelle se fit contre le peuple. Ce régime est rongé par la corruption et n’a aucune légitimité. Les droits et les libertés nous ont été volés pour favoriser les intérêts d’une minorité et pour assurer ses profits. Ces intérêts nous ont conduits à cet état d’exception sociale fondé sur le démantèlement de l’éducation et du système de santé publique, sur la réduction drastique des retraites de nos aînés, sur l’expropriation de nos logements et la fermeture des entreprises accompagnée du licenciement de milliers de travailleuses et travailleurs.
Les différents gouvernements se sont placés hors de la légalité ; ils ont transformé en négoce les droits dont la conquête nous a tant coûté et ils sont partie prenante de la corruption. C’est un fait généralisé mais qui n’est pas indépendant du système économique. Il fait partie de la structure même de cette société et est indispensable à son développement. Aussi bien les corrupteurs qui ceux qui se laissent corrompre font partie de ce système injuste de production et distribution de la richesse.
Nous appelons les peuples à exercer leur souveraineté, en faisant entendre, à partir d’en bas, leur voix. Démocratiquement, afin de construire un processus constituant qui garantisse réellement les libertés démocratiques, le droit de décider et les droits fondamentaux de la personne.
Du point de vue de la Marche de la dignité du 22M, il est important d’organiser une mobilisation unitaire, massive et vigoureuse contre les politiques qui portent atteinte aux droits humains et à la justice sociale.
Une mobilisation contre le paiement de la dette, pour un emploi digne, pour un revenu de base assuré, pour les droits sociaux, pour les libertés démocratiques, contre les coupures budgétaires, contre la répression et la corruption, pour une société d’hommes et de femmes libres. Une mobilisation contre un système, un régime et des gouvernements qui nous agressent et qui ne nous représentent pas.
Dès lors, nous exigeons qu’ils s’en aillent. Que s’en aille gouvernement du PP et aussi tous les gouvernements qui portent atteinte aux droits sociaux fondamentaux, tous les gouvernements qui collaborent avec les politiques de la Troïka.
Dans ce but, nous lançons cet appel, afin de remplir de dignité et de rébellion la capitale de l’Etat espagnol, Madrid, le 22 mars. Ce jour-là arriveront à Madrid des marches en provenance de toutes les régions de la Péninsule et nous demandons aux habitant•e•s de Madrid de descendre dans la rue et de s’insérer dans cette grande mobilisation de la majorité sociale.
Traduction et édition par A l’Encontre.
Source : http://alencontre.org/laune/espagne-manifeste-des-marches-pour-la-dign…


Les plus grands blocs de pierre jamais découvert sont des ruines mégalithiques En Russie
Une incroyable découverte qui a été récemment faite en Russie, menace de briser les théories classiques sur l’histoire de la planète . Sur le mont Shoria dans le sud de la Sibérie , les chercheurs ont constaté une paroi absolument massive de pierres de granit . Certaines de ces pierres de granit gigantesques sont estimés à peser plus de 3.000 tonnes , beaucoup d’entre elles ont été coupées »avec des surfaces planes ,des angles droits , et les angles aigus » .
Rien de cette ampleur n’a jamais été découvert avant cela. La plus grande pierre trouvée dans les ruines mégalithiques de Baalbek , au Liban est inférieure à 1.500 tonnes . Alors, comment dans le monde et à cette époque ancienne quelqu’un aurait pu couper des pierres en granit de plus de 3,000 tonnes avec une extrême précision , les transporter sur le côté d’une montagne et les empiler sur 40 mètres de haut ?
Selon la version communément admise de l’histoire , il serait impossible pour les humains antiques avec la technologie très limité qu’ils avaient , de pouvoir accomplir une telle chose .
Serait-il possible qu’il y ait beaucoup plus à apprendre de l’histoire de cette planète que nous en avons appris ?
Les boussoles des géologues se sont comportées très étrangement , pour une raison inconnue leurs flèches s’écartaient des mégalithes .
Qu’est-ce que cela pourrait signifier ? Tout ce qui est clair , c’est qu’ils sont tombés sur un phénomène inexplicable du champ géomagnétique négatif . Serait-ce un vestige des technologies anciennes de l’ antigravité ?
Ceux qui les ont construits auraient eu accès technologies que nous ne connaissons pas d’aujourd’hui .
Il reste difficile de comprendre pourquoi les murs ont été érigés et comment leurs constructeurs ont réussi à soulever les blocs à une hauteur de plus de 1000 mètres.










À suivre mes amis.
Sources:de nombreux journaux en ligne russes dont http://investmentwatchblog.com/

Oui, je sais, c’est énervant, ça concorde avec tout… Une chose me choque quand même, c’est le parallèle entre les révélations faites aux petites bergères à Fatima par Marie (voir Notre-Dame de l’Apocalypse de P. Jovanovic), qui se plaignait de la montée de la révolution en Russie et de la destruction de toutes constructions ou objets se référerant à la religion catholique en URSS, et le discours du … Général… Et ses plans machiavéliques, chacun en tirera ses conclusions…
Général considéré comme l’un des plus grands francs-maçons, Pike a écrit quelques-uns des rituels et réécrit les autres de la franc-maçonnerie. Et cela du 4e au 33e degré. Pike a occupé le poste, tant envié, de Pontife of Universal freemasonery (tête mondiale de la franc-maçonnerie), et a été à la tête des Illuminatis durant les années 1870. Cet homme, fut grand prêtre de l’église satanique et l’un des fondateurs du KU KLUX KLAN. (Albert Pike fonda en 1867 à Nashville l’ORDRE DES CHEVALIERS DU KU KLUX KLAN”, il fut le “grand dragon” et, par conséquent, le chef du Ku Klux Klan. Le KKK utilise aussi la croix de Malte comme emblème, on trouve à sa tête d’éminents francs-maçons). Il fut choisi par Mazzini pour prendre la tête des opérations illuminatiques en Amérique.
Durant la période allant de 1859 à 1871, il mit sur papier les détails d’un plan fantastique qui devait lui permettre d’établir ” unNouvel Ordre Mondial “. Dans son ouvrage ” Morals and Dogma ” (véritable Bible dans les plus hautes sphères franc-maçonniques) destiné aux adeptes de la secte initiés au plus haut niveau, il explique ses buts et façons d’y arriver.
La force, dit-il, doit être : blindée, dirigée contre la population qui elle doit être ” managée “. Pour cela il faut employer la force économique, gérer l’intellect des masses, attaquer les institutions en place, travailler contre les religions en place…(…) ! ” La force doit avoir un cerveau et une loi : les Illuminatis ! ” Pike aimait à dire que : ” Lucifer est Dieu et que Jésus est contre Dieu ” ! Il expliqua dans son ouvrage que pour mettre en place un tel système de contrôle, il fallait trois guerres mondiale. Lors de la troisième guerre, beaucoup plus discrète et plus mentale, il n’y aurait plus qu’à lâcher les nihilistes et les athées en créant un formidable cataclysme social, en créant des désillusions dans la chrétienté, et en mettant le monde dans un état permanent d’anxiété et de peur…
Voici un extrait du discours de PIKE du 4 juillet 1889, destiné aux membres du 32e degré du “Rite écossais” :
“Nous vénérons un Dieu qui est, en fait, un Dieu qu’on prie sans superstition. Nous tous, initiés de haut grade, devons continuer à vivre notre religion dans la pureté de l’enseignement de Lucifer. Si Lucifer n’était pas Dieu, serait-il calomnié par Adonaï (le Christ) dont les actes témoignent de cruauté, de haine envers son prochain (…) et de rejet de la science ? Oui, Lucifer est Dieu et Adonaï est aussi, hélas, Dieu.
La loi éternelle dit qu’il n’y a pas de lumière sans ombre, de beauté sans laideur, de blancheur sans noirceur, car l’absolu ne peut exister que dans deux Dieux. (…) C’est pour cela que l’enseignement du satanisme est de l’hérésie. La vraie religion philosophique, c’est la foi en Lucifer, le Dieu de la lumière mis au même rang qu’Adonaï. Mais Lucifer, Dieu de la lumière et du bien, se bat pour les hommes contre Adonaï, Dieu de l’obscurité et du mal”. ( Gary Allen : “Die Insider”, p. 222)
On peut lire, d’ailleurs, cette citation, en anglais et en français, dans le dossier de Pike qui se trouve à la bibliothèque du Rite écossais à Washington D.C.
Remarque sur Bill Clinton :
Concernant le président BILL CLINTON (ex-gouverneur d’Arkansas) : Le journal “Neue Solidarität” nous informe dans son article sur le Ku Klux Klan que “le prêtre W.0. VAUGHT était un franc-maçon du 32e degré du Rite écossais (c.-à-d. “maître du secret royal”)”. Il fut le maître spirituel et le père adoptif de BILL CLINTON et coopéra avec lui. En tant que gouverneur d’Arkansas, un Etat où est fortement enracinée la tradition spirituelle d’Albert Pike, Clinton soutint la peine de mort et la fit appliquer plusieurs fois : Dans la pratique, cela signifie l’exécution de Noirs et de pauvres. Ainsi que le fils de Vaught le déclarait récemment, Clinton et Vaught ont la même conception religieuse qui permet de tuer des prisonniers et des foetus (spécialement d’enfants noirs). Clinton est aussi membre du “Council On Foreign Relations”, de la “Commission trilatérale”, des “Bilderberger” (dont le rôle est expliqué plus loin) et membre à vie de l’ordre des francs-maçons de “De Molay”. [Discours prononcé par Lyndon LaRouche au Schiller-Institut :
dans “Neue Solidarität” du 16 septembre 1992
“Neue Solidarität” : “Clinton : Ein neuer Carter” (11 novembre 1992)
“Neue Solidarität” : Sonderbericht über den Ku Klux Klan (Ausgabe 1992) ]
C’est après la mort de Mazzini, que Pike choisit un autre Illuminati nommé Lemmi Adrien qui fût ensuite suivi, entre autres, par : Lénine et Trotsky… Tous ces hommes furent financés par des banques internationales chapeautées par le billet vert américains.
Source : Nouvel ordre mondial sur over blog, maha
Information complémentaire :
En réponse une précision de la part de Marcus sur la Lettre D’albert Pike sur Silence des Loups notifié par Chalouette:
Albert Pike et le plan luciférien de gouvernement mondial
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“ Cette lettre du 15.08.1871 fut révélée par le Commodore William (1895-1959) dans son livre « Pawns in the Game » (« Des Pions sur l’Échiquier », Éd. Canadienne éditée en 1954 par la « National Federation of Christian Laymen »). Cet officier de marine canadien faisait partie de l’équipe formée par l’amiral britannique Sir Barry Domville, ancien chef de la « Naval Intelligence », retraité en 1936 et plus tard incarcéré par W. Churchill comme antibelliciste. […]
“ … mais des deux défaites subies par la France, la militaire et sociale, profiteront à la fois les financiers cosmopolites et les disciples de Karl Marx, tandis que les promoteurs du « World Revolutionary » mouvement, Giuseppe Mazzini et son homologue nord-américain, le général Albert Pike [1809-1891], dans leur lettre du 15.08.1871, traitent du schéma « Crise, Guerre, Révolution » des 3 guerres mondiales suivies des 3 grandes révolutions qui doivent marquer le XXe siècle. A. Pike, 33e degré, grand commandeur du Rite écossais du Sud, fonda sa propre obédience luciférienne : le « New Reformed Palladian Rite » destiné à appuyer le Mouvement Révolutionnaire Mondial (cf. Jean Lombard, « La face cachée de l’Histoire moderne », pp. 552-554, 1984, et les pages 555-556 du tome 2 de l’éd. espagnole). ”
“ La Première Guerre Mondiale devait permettre aux Illuminati de renverser le pouvoir des Tsars en Russie et de transformer ce pays par la mainmise du Communisme athée. Les divergences « naturelles », attisées par les Agents des Illuminati entre les Empires Britannique et Allemand devaient servir à fomenter cette guerre. Le conflit terminé, le Communisme devait se constituer et être utilisé pour détruire les autres gouvernements et affaiblir les religions.
“La Deuxième Guerre Mondiale devait être fomentée en jouant sur les divergences entre Fascistes et Sionistes Politiques. Cette guerre devait permettre la destruction du Nazisme et accroître la puissance du Sionisme Politique de façon à ce que l’Etat souverain d’Israël put s’établir en Palestine. Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, la puissance du Communisme International devait arriver au niveau de celle de la Chrétienté tout entière. Arrivé à ce point, il devait être contenu et mis en réserve jusqu’à son utilisation pour le dernier cataclysme social.
“ Quelle personne informée pourrait nier que Roosevelt et Churchill ont réalisé cette politique ?
“ La Troisième Guerre mondiale doit être fomentée en utilisant les divergences que les agents des Illuminati attiseront entre les Sionistes Politiques et les dirigeants du monde musulman. La guerre doit être menée de telle manière que l’Islam (le monde Arabe y compris la religion de Mahomet) et le Sionisme Politique (y compris l’Etat d’Israël) se détruisent mutuellement. Dans le même temps, les autres nations une fois de plus divisées entre elles à ce propos, seront forcées de se combattre jusqu’à un état d’épuisement complet, physique, moral, spirituel et économique.
“ Quelle personne impartiale et raisonnable pourrait nier que les intrigues en cours au Proche, au Moyen Orient et à l’Extrême Orient ne préparent pas la réalisation de ce dessein infernal ?
“ Le 15 août 1871, Pike disait à Mazzini qu’après la Troisième Guerre Mondiale, ceux qui aspirent à dominer le monde sans conteste provoqueront le plus grand cataclysme social que le monde ait jamais connu. Nous citons ses propres termes empruntés à la lettre cataloguée au British Museum Library à Londres : ”
« Nous lâcherons les Nihilistes et les Athées et nous provoqueront un formidable cataclysme social qui, dans toute son horreur, montrera clairement aux nations les effets d’un athéisme absolu, origine de la sauvagerie et du plus sanglant chambardement. Puis tous les citoyens, obligés de se défendre eux-mêmes contre la minorité révolutionnaire mondiale, extermineront les démolisseurs de la civilisation, et les masses déçues par la chrétienté dont les esprit déistes seront à partir de ce moment sans boussole, à la recherche d’un idéal, sans savoir vers quoi tourner son adoration, recevront la vraie lumière grâce à la manifestation universelle de la pure doctrine de Lucifer, enfin révélée aux yeux de tous, manifestation qui suivra la destruction de la chrétienté et de l’athéisme, simultanément soumis et exterminés en même temps. »
Dominus vobiscum
Plus de 65 ans après le procès de Nuremberg, force est de constater que les « alliés » n’ont fait que reprendre le flambeau des nazis concernant la volonté de domination mondiale. Ils en sont devenus de dangereux héritiers.Alors que la logique et le bon sens aurait voulu que toute forme de volonté de domination mondiale soit considéré comme un crime contre l’humanité, surtout après l’expérience des forces de l’Axe, aujourd’hui malheureusement, des personnages comme George Bush père,George W. Bush , Attali , Sarkozy,stephen Harper,Jean J. Charest ,Paul Desmarais…sa succession et bien d’autres encore, cherchent à nous imposer un nouvel ordre mondial.On le voit de plus en plus au quotidien : le pouvoir politique est l’esclave du pouvoir financier. La Haute finance en a besoin pour tricher, voler, taxer, racketter le citoyen, afin de réduire les rentrées fiscales et contraindre la NATION à courber l’échine devant la Haute finance pour quémander plus de prêts qui servent à payer les intérêts des dettes dont les taux sont fixés par M. LE MARCHE.
Le pouvoir d’achat des citoyens baisse, la consommation baisse, les notes des entreprises sont dégradées et elles doivent investir à un coût plus élevé (du moins pour certaines)… Tandis que les nations sont poussées vers la banqueroute, les grosses sociétés sont condamnées à s’UNIR et beaucoup vont DISPARAITRE. C’est la loi de M. LE MARCHE qui prépare le monde UNIFIE de demain.
Regardez les Etats-Unis : 50% des Américains se partagent 2% du patrimoine des Etats-Unis. Y a t-il des mouvements sociaux ? Non, pas à notre connaissance. Les plus éclairés ne manifestent pas mais se préparent au jour de la rupture du Système car, heureusement, les marionnettistes ne contrôlent pas tout, surtout les cieux.
Chez nous, les communistes toujours grassement financés par le capital, comme le fut Karl Marx, sont silencieux. Les syndicalistes ? Ils ne disent rien. D’aucuns pensent à la retraite… Peur du lendemain ? Ce n’est pas le cas de tout le monde : à l’UMP on se bat pour être le prochain poulain du premier cercle financier du parti. Sont-ils aveugles ? C’est probable. Pourtant François Fillon n’avait-il pas dit, en devenant Premier ministre, que la France était ruinée ? Tant que le scénario évolue trop lentement vers le Nouvel Ordre Mondial, les financiers auront besoin des politiciens. Il n’y aura donc pas de révolution « spontanée » pour le moment en Occident. La classe moyenne est encore bien trop grasse.
Là aussi, la Haute finance a besoin des technocrates pour préparer le programme qui suivra la banqueroute organisée des nations. Ces technocrates sont fort bien payés pour ne par réfléchir à ce qu’ils font. Comme les politiciens, ils sont le bras actif de ce pouvoir qui agit dans l’ombre et ne veut pas apparaître au grand jour.
Le pouvoir d’achat baisse, les entreprises ferment, les multinationales délocalisent et la puissance financière distribue sans compter du crédit pour ces projets. La plupart des gros groupes ont des comptes à l’abri des mesures fiscales des politiciens. On arrose les campagnes présidentielles et le jeu continue. Personne ne regarde du côté des paradis fiscaux. Personne n’accuse Wall Street et la City.
Le Libor, l’Euribor ? C’est déjà oublié et c’est pourtant l’un des plus gros scandales venu du passé… Le secrétaire au Trésor US qui fut un élément déterminant pour étouffer l’arnaque a-t-il été ennuyé ? Nullement. Beaucoup de petites gens travaillant au noir pour s’en sortir et pris la main dans le sac, ne bénéficient pas des largesses des ‘contrôleurs’. Il est vrai qu’ils ne sortent par des Kissinger Associated…
Ces centres financiers où l’argent va dans tous les sens, dans tous les coins du monde à partir d’un clic d’ordinateur, sont eux-même arrosés par les banques centrales. Et qui décide au sein des banques centrales ? Des politiciens américains ont accusé un cartel bancaire d’être aux manettes de la Fed. Des émissions de télévision l’ont démontré comme d’excellents ouvrages.
Ces banques centrales décident des politiques de destruction de la monnaie et donc de renchérissement des actifs tangibles : énergie et alimentaire essentiellement. Qui paie et qui récolte ? Ces banques centrales organisent, depuis des décennies, la désintégration des économies occidentales pour introduire une société COLLECTIVISTE où une mafia doit dominer l’ensemble. Une sorte de nomenklatura qui rappelle ce qu’Alexandre Soljenitsyne décrivait si bien.
Puis viendra le moment où les politiciens devront remettre leur pouvoir ainsi qu’un grand nombre de banquiers à des institutions plus opaques : ces institutions supranationales qui préparent le futur. Le grand équilibre monétaire international sur la ruine des nations. L’institution de la Banque des Règlements Internationaux est encore inconnue de la plupart de nos contemporains. Elle a un bel avenir… Quand les gens intègreront ces trois lettres : « BRI », dans leur vocabulaire, le monde devrait être bien différent de ce qu’il est aujourd’hui.
L’argent est au cœur de notre système et qu’il n’y a donc pas de sujet plus capital, c’est le cas de le dire. En fait, il n’y a pas aujourd’hui de plus grand tabou. Même s’il n’est pas bien vu d’aborder certains sujets dans certains milieux, on peut parler de tout… de tout sauf de l’argent.
Notre monde tourne autour de lui, son influence sur la marche des choses est incontestable, et pourtant personne ne s’intéresse à lui, à sa nature, comme si le sujet n’avait aucun intérêt. Imaginez que l’on parle de véhicules sans jamais s’intéresser à la question du carburant ! Nous en sommes là concernant l’argent. Pourquoi ?
D’abord, parce que tout le monde croit le connaître et que, du coup, personne ne s’interroge et ne sait ce qu’il est réellement. Ensuite, parce que chacun sait d’instinct la place centrale qu’il occupe dans notre système et le rôle funeste qu’il joue, que chacun perçoit sa puissance et pressent l’ampleur des bouleversements que sa chute provoquerait, que chacun a conscience qu’ouvrir le débat suppose ou conduit à une remise en cause, de sorte que tout le monde a peur pour de multiples raisons de s’attaquer à lui et donne le change sur sa lâcheté en prétendant, contre toute évidence, qu’il est insignifiant, que ce n’est qu’un moyen, que le problème est ailleurs, qu’il ne faut pas ouvrir la boite de Pandore, etc. Ainsi l’argent est-il validé avant même d’avoir été considéré. Hé bien, je vous le dis, ces temps d’aveuglement et de lâcheté sont révolus : l’heure est à la vérité et à la révolution.
JE VAIS VOUS MONTRER LE VRAI POUVOIR DE L’ARGENT
Je vais vous montrez l’argent comme vous ne l’avez jamais vu. Je vais vous dire des évidences qui ne sont encore évidentes pour personne.
Je me présente. Je m’appelle Michel Duchaine. Je ne suis pas économiste, quoique j’ai fait un peu d’économie dans mes études et que je n’ai jamais arrêté de me renseigner sur le sujet.Ainsi, je me suis vite aperçu que les études servaient moins à rendre libre qu’à nous transformer moralement et physiquement en rouage du système. De toute façon, malgré les apparences, mon sujet est surtout affaire d’honnêteté, de logique, d’imagination et de courage.
Il y a plusieurs années,j ‘ai eu définitivement l’intention de remettre le patriotisme au goût du jour.Non seulement le patriotisme québécois,mais aussi celui de tous les Humains de la Terre. Il s’est vite avéré que cela relevait de l’utopie, d’une part parce que le patriotisme n’étouffe pas les journaux ayant pignon sur rue. Mais, entre-temps je m’étais mis à lire et, pour je ne sais quelle raison, mon intérêt s’était porté sur la Révolution française et en particulier sur Robespierre. Ce fut le choc de ma vie. Je ne peux pas dire que c’est Robespierre qui m’a éveillé à la politique,ce serait plutôt Louis-Joseph Papineau et… René Lévesque que j’ai déjà rencontré . C’est Robespierre qui m’a amené à réfléchir, tout en me fournissant une méthode, celle qui consiste à poser le principe et à en tirer l’une après l’autre toutes les conséquences. C’est lui qui, indirectement, m’a amené à avoir les idées que je vais développer maintenant. De manière générale, la Révolution Française et les nombreux débats qui l’ont agité m’ont donné envie de coucher sur le papier mes réflexions sur divers sujets de société, sur des thèmes de philosophie politique. Au bout de quelques mois mon attention s’est portée naturellement sur la monnaie, dont j’ignorais alors tout.Il m’est venu, je ne sais comment, une idée impensable : un principe m’est apparu clairement et j’ai su ipso facto par quoi remplacer la monnaie, comment anéantir ce que je n’appelais pas encore l’argent.Ceci se passait à la fin des années ’70.

Je n’avais pas de talent pour écrire mais j’avais désormais le devoir de répandre cette idée par tous les moyens en mon pouvoir et quoi qu’il m’en coûte. C’est ainsi que je me retrouve devant vous ce soir,à m’inspirer directement sur le net afin d’écrire ce texte.
Comme je vous l’ai dit, je ne suis pas économiste. Je ne vais donc pas analyser les mécanismes du système monétaire ou de la finance internationale, c’est-à-dire les jongleries et les tripotages. D’autres ne font que ça et le font très bien, je pense notamment à Pierre Jovanovic et François Asselineau. Pour ma part, je m’intéresse à la nature même de la monnaie et à ce que j’appelle « L’argent ». Car le système peut être plus ou moins bien géré et prendre différents noms, il reste que tous les systèmes que nous connaissons sont monétaires, que tous utilisent pour ainsi dire les mêmes matériaux, que tous ont des traits communs hideux parce qu’ils sont vicieux et antisociaux à la base, ce que je vais démontrer.
II. INTRODUCTION
Maintenant, cet exposé n’a pas pour objet d’expliquer comment anéantir l’argent, comment organiser une société sans monnaie, mais seulement d’expliquer pourquoi l’argent doit être anéanti et la monnaie abolie. Le « comment » est dans le « pourquoi ». L’erreur commune est de se précipiter sur le « comment » sans maîtriser le « pourquoi », donc sans savoir les mécanismes qu’il faut briser, les principes qu’il faut reconnaître et les préjugés dont il faut se débarrasser.
En réalité, je pourrais expliquer par le menu comment organiser une Société sans monnaie. La théorie — car ce ne peut être aujourd’hui qu’une théorie — est déjà écrite. C’est l’objet de cet ouvrage : Le Civisme ou la théorie de la Cité. On peut lire ce livre d’emblée, le comprendre et y adhérer. Mais, bien que j’y rappelle rapidement les raisons pour lesquelles l’argent doit être anéanti, le lecteur, à moins de les développer par lui-même, ne dispose pas de suffisamment d’arguments pour soutenir son opinion et répandre ces idées autour de lui. Ces arguments étant exposés en long, en large et en travers dans le Réquisitoire contre l’argent ou théorie de l’Egalité, je les laisse de côté pour la plupart. En fait, chacun de ces livres contient tout mais présenté d’une manière différente. Le premier, le Réquisitoire, est théorique, philosophique en quelque sorte, le second, Le Civisme, est accès sur le côté pratique.
Donc, j’ai dis que « l’argent doit être anéanti » et non pas « aboli ». Cette nuance est importante. Elle tient à la nature de l’argent. Ceux qui parlent « d’abolition de l’argent » désignent la monnaie, ignorent ce qu’est véritablement l’argent, ils ignorent même qu’ils l’ignorent, ils se trompent d’ennemi et de tactique et, partant, ne peuvent pas le combattre sérieusement. Or c’est un principe de guerre intemporel : il faut connaître son ennemi comme soi-même pour pouvoir en triompher.
III. L’ARGENT, LA MONNAIE ET LE MOYEN D’ECHANGE
Il faut distinguer trois notions : celle de monnaie, celle de moyen d’échange et Largent. Ceux qui ne font pas cette distinction, ceux qui en omettent ne serait-ce qu’une seule ne feront jamais de révolution. Ils ne peuvent pas penser Largent, ils n’ont aucun recul par rapport au système, ils sont, pour ainsi dire, coincés dans la matrice capitaliste.
Pour faire simple, disons que :
Vous noterez que cette définition n’indique pas sa nature, sa forme, son origine, la façon de se le procurer, ses modalités d’utilisation, son mode de fonctionnement, etc. Ce n’est pas celle de la monnaie bien que ce soit elle, la monnaie, qui inaugure ce concept. Le piège est évidemment de donner du moyen d’échange la définition de la monnaie et, dès lors, de ne pouvoir en concevoir d’autre qu’elle.
Contrairement à ce qu’imagine instantanément un esprit capitaliste, ces concepts ne sont pas indivisibles. Ils sont effectivement liés dans le système monétaire, mais ils ne sont pas confondus par nature.
Que se passe-t-il si l’on ne fait pas ces distinctions, ce qui est lié au fait que l’on maîtrise mal les concepts de monnaie et de moyen d’échange et pas du tout celui de l’argent ?

La Belle Verte – Une planète sans monnaie où une poignée de va-nu-pieds
résolvent tout par l’opération du Saint Esprit tel le bon sauvage de Rousseau.
On voit donc que l’ignorance de ce qu’est l’argent conduit à lier moyen d’échange et monnaie, qu’il s’agisse de conserver le premier ou de supprimer la seconde, et, ce faisant, à perpétuer la nature fondamentale du système en recourant à des solutions qui sont alors contre-nature. Pour être plus clair, le système monétaire s’articule autour de trois concepts : le moyen d’échange, la monnaie et l’argent (à la base). Il y a donc, en théorie, trois angles d’attaque possibles. Mais il n’y en a plus que deux si on néglige l’argent. Dans ces conditions, il n’y a que deux stratégies envisageables, à défaut d’être judicieuses, pour changer le système : 1) conserver le moyen d’échange moyennant une modification de la monnaie — puisqu’il n’est pas question de renoncer à la notion de valeur, 2) supprimer la monnaie et tout moyen d’échange par la même occasion, puisque conserver un moyen d’échange serait la première stratégie, et adopter un mode d’échange direct basé sur la notion de valeur, puisque la notion de valeur n’a pas été identifiée comme la véritable base du système monétaire. Ces deux stratégies, opposées en apparence, ont donc en commun, outre le fait d’être aussi absurdes et inapplicables l’une que l’autre, de lier le sort du moyen d’échange et de la monnaie et, dans la mesure où aucune n’éradique l’argent, de promouvoir des systèmes objectivement ou potentiellement monétaires. Moralité : ne pas s’attaquer à l’argent condamne à l’impuissance ou à l’échec ou, comme dirait le poète, à pisser dans un violon.
Telle est la conséquence de la « croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger » qui par définition, empêche d’envisager un mode ou un moyen d’échange ne reposant pas sur la notion de valeur. En revanche, les conclusions que cette étude oblige à tirer sont, d’une part, que le système monétaire doit être attaqué par l’argent pour atteindre la monnaie et proscrire tout mode d’échange reposant sur la notion de valeur, et éviter ainsi de commettre l’erreur fatale de la première stratégie, à savoir modifier simplement le fonctionnement de la monnaie ; d’autre part, qu’il ne faut pas rejeter le principe de moyen d’échange, qu’il faut au contraire en adopter un fondé sur une autre logique et capable de l’inculquer, sous peine de tomber dans le piège de la deuxième stratégie, à savoir créer un vide dans lequel l’argent serait comme un poisson dans l’eau.
IV. POURQUOI « L’ARGENT »
Je m’arrête un instant sur ce terme insolite de « L’argent ».
On ne peut ni penser ni combattre ce que l’on ne peut nommer, et si une chose n’a pas de nom, c’est qu’on ne la conçoit pas ou, du moins, qu’on la cerne mal. Or il n’existe aujourd’hui aucun mot pour désigner ce que je nomme l’argent. Tous ceux qui l’évoquent se rapportent en fait à la monnaie.
Certes, la notion de valeur n’est pas nouvelle, et tout le monde sait que la monnaie en est l’étalon. La nouveauté, c’est de qualifier de « croyance » le postulat selon lequel « la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger ». Ce postulat sous-entend qu’il n’y a pas d’autre mode d’échange possible que le troc et d’autre moyen d’échange que la monnaie. C’est évidemment ce que l’on est enclin à croire quand on n’en connaît pas d’autres alors que, en raison même de ce postulat tacite, on n’en cherche pas d’autre. Au mieux cherche-t-on, pour ainsi dire, au même endroit. Résultat : on tourne en rond et le système triomphe.
De fait, il est aussi impossible de concevoir l’argent — c’est-à-dire de qualifier de « croyance » et de considérer comme fausse l’idée que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger — sans connaître une alternative crédible au système monétaire, que de découvrir une alternative crédible au système monétaire sans concevoir Largent. C’est le serpent qui se mord la queue. Ceci explique (en

Néo comprenant ce qu’est la Matrice une fois que son esprit est
déconnecté et qu’il l’a sous les yeux.
Pourquoi même les plus grands penseurs politiques, les plus grands révolutionnaires, ont éludé le problème ou s’y sont cassés les dents. On ne peut sortir de la quadrature du cercle que par hasard, pour ne pas dire par miracle. Et ce hasard s’est produit le 4 décembre 1997. C’est ce jour qu’un déclic s’est produit, que j’ai pensé, sans pouvoir expliquer comment, un moyen d’échange reposant sur une logique à des années lumières de la logique monétaire. Cette clé m’a permis d’échafauder en quelques jours une théorie que j’ai d’abord baptisée « SDT » (Société du Travail) et depuis « Civisme » .
Cette théorie offre enfin une alternative et permet d’affirmer que la notion de valeur marchande non seulement n’est plus nécessaire pour échanger mais est même un obstacle aux échanges et un fléau dans tous les domaines. Et pourtant, il m’aura encore fallu plusieurs années avant de forger le terme « l’argent ». C’est après avoir entrepris d’écrire un réquisitoire contre « l’argent », en février 2000, que me vint l’idée, le mois suivant, de personnifier l’accusé et d’éviter ainsi les périphrases. C’est alors seulement que, malgré l’infinité de choses auxquelles il renvoie, j’ai pu saisir la quintessence de l’argent et le définir avec précision.
J’ai déjà donné la définition de l’argent, mais j’ai dit que c’était sa définition au « sens strict ». En effet, tout ce qui découle de la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger — et vous n’imaginez pas l’étendue et la profondeur des conséquences matérielles et morales de cette croyance — est une conséquence de l’argent. Il est donc possible de donner à Largent un sens large, d’invoquer « L’argent » pour toute chose qui se rapporte directement ou indirectement à lui. Cet usage présente plusieurs avantages mais aussi un dangereux inconvénient.
Il n’est pas faux de dire « L’argent » au lieu d’énoncer clairement la conséquence précise à laquelle on fait référence. Dans ces conditions, il est possible d’évoquer l’argent à tout propos — et c’est d’ailleurs ce que je fais. A force de le citer, de le dénoncer, d’attirer l’attention sur lui, les autres finiront bien par être intrigués, par s’interroger, par admettre qu’il y a en effet un problème avec « l’argent » tel qu’ils le conçoivent. Il est en effet peu probable qu’ils connaissent la définition de Largent, et donc certain qu’une partie du discours contre l’argent leur échappera ; mais ils comprendront néanmoins quelque chose qui ne sera pas totalement inexact. C’est tout l’intérêt de ce terme qui semble familier et qui, au sens large, contient bien le sens que la plupart des gens lui prêtent. Mais cet avantage est aussi un inconvénient dans la mesure où ceux qui croient savoir ce qu’est Largent risquent de ne pas se poser de questions et de rester dans l’ignorance, avec pour conséquences de mal maîtriser ce concept de base, d’être incapables de le défendre correctement et, au final, d’être plus nuisibles qu’utiles à la cause malgré leurs bonnes intentions. Ce terme étant aussi trompeur que le concept est nouveau, il ne faut donc pas hésiter à en rappeler la définition, à signaler que L’argent (« L » majuscule) n’est pas « l’argent ».
V. POURQUOI L’EGALITE ? QU’EST-CE QU’UNE SOCIETE ?
J’ai dit plus haut que l’erreur commune est de se précipiter sur le « comment » sans maîtriser le « pourquoi ».
L’argent est un paramètre social, un paramètre central de la « société » (citer la phrase de Pierre Jovanovic). On ne peut donc pas comprendre la nature et l’ensemble des effets antisociaux de l’argent sans connaître les principes d’une Société digne de ce nom. Inversement, on ne peut pas comprendre quel mode d’échange il convient d’adopter, c’est-à-dire « comment échanger dans le respect des principes de l’ordre social », si l’on ne sait pas ou si l’on a des idées fausses sur ce que doit être une Société.
Toute Société, quelle soit humaine ou animale, a pour origine et moteur l’instinct de conservation pour la simple raison qu’hors de l’état social, dans ce que les philosophes ont baptisé l’état de Nature, règne la loi du plus fort. Les individus sont livrés à eux-mêmes, ils n’ont aucun droit et, quelle que soit leur force, ils sont perpétuellement en danger, ils doivent sans cesse être aux aguets. La seule façon d’accroître sa sécurité dans un monde régit par les rapports de force est de s’associer, de s’unir, de constituer un groupe avec d’autres congénères qui, tous, tourneront leurs forces respectives contre les ennemis extérieurs et qui, au lieu de se déchirer, se défendront mutuellement. Il s’ensuit que des Citoyens ont le devoir de défendre leur Cité et chacun de leurs Concitoyens. Ce n’est pas le concept de Société qui garantit par lui-même la sécurité en tant que droit. Ce n’est pas non plus le Citoyen qui génère ce droit pour lui-même. La sécurité de chaque Citoyen est le fait de la protection dont l’entourent ses Concitoyens, ce qu’ils ne font qu’envers ceux qui font la même chose envers eux. Or, en ayant le devoir mutuel de se défendre, de se protéger, de se secourir, les Citoyens génèrent et se garantissent mutuellement le même droit : la sécurité. Ceci est vrai pour tous les droits. L’égalité en devoirs implique l’égalité en droits. L’Egalité — c’est-à-dire l’égalité des Citoyens en devoirs et en droits, ni plus ni moins — est le principe fondamental de l’ordre social. Le concept de droit n’a aucun sens que ce soit hors de la Société ou dans l’inégalité.
Je passe sur les développements qui amènent à cette autre conclusion : un Citoyen a le devoir de participer à la vie de la Cité sous une forme reconnue par la Cité. En retour, il a le droit de profiter de tous les bienfaits de sa Cité. Et ce qui est vrai pour un Citoyen l’est aussi pour tous les Citoyens. Autrement dit, la Citoyenneté s’acquiert en remplissant un ensemble de devoirs (fondamentaux), dont celui de participer à la vie de la Cité, et confère un ensemble de droits (fondamentaux et indirects), dont celui de profiter des bienfaits de la Cité. Ceci implique soit que les Citoyens ont droit à une part égale du produit commun, fruit de la combinaison de leurs efforts, soit qu’ils ont un égal droit d’accéder au marché, ce droit étant donc conféré par la Citoyenneté. Ce sont les conditions de « production » qui déterminent quel est le meilleur voire le seul mode possible de partage ou de redistribution. Problème : l’argent exclut l’un et l’autre.
Largent — la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger — naît du troc.
1) LE TROC : raisons, conséquences
Le troc n’est pas un moyen d’échange, mais un mode d’échange. Il consiste en un échange d’objets entre individus, donc à échanger des objets les uns contre les autres. Ce mode d’échange est le seul praticable pour des hommes qui commencent à fabriquer des objets convoités avec l’intention de les échanger. Alors, le mode de fabrication est artisanal, et les artisans qui ne participent plus aux activités collectives et n’ont donc plus droit à une part du produit commun ne peuvent pas donner leurs produits (ce qui ne satisferaient personne, sauf l’heureux élu), ils doivent les échanger, et ils échangent naturellement avec le plus offrant. Mais ceux qui participent à la vie de la Cité dans le cadre d’activités collectives et qui en retirent une part égale n’ont rien de particulier à échanger et ne peuvent déterminer l’artisan à échanger avec eux. Petit à petit, tous les Citoyens se mettent donc à s’activer pour leur propre compte afin de posséder quelque chose en propre à échanger au besoin. Car le troc implique que les protagonistes de l’échange soient propriétaires de ce qu’ils échangent. On ne peut pas échanger des biens qui ne nous appartiennent pas !
Mais pourquoi la Société reconnaît-elle et garantit-elle aux individus la propriété sur des objets qui n’ont pas été produits pour elle, dans le cadre d’un devoir envers elle, et qui sont échangés sans qu’elle ait son mot à dire ? Elle devrait s’en laver les mains ! Mais c’est précisément parce que les individus eux-mêmes n’ont pas d’autre choix pour échanger que la Cité cautionne une pratique contraire aux principes de l’ordre social, qui la dépouille de sa fonction « économique ». Alors que le troc prouve que les capacités des hommes et de la société se sont étendues, alors que le champ d’application des devoirs et des droits devraient être étendu en proportion, la Cité est paradoxalement réduite à sa fonction « politique », ramenée à sa raison première et au sens primaire : la sécurité. Les individus n’ont plus le devoir de participer à la vie de la Cité, ni les droits qui en découlaient sous sa garantie ; ils n’ont plus du Citoyen que le devoir de défendre la Cité.
Dans ces conditions, il n’est pas difficile de comprendre comment la dichotomie entre le politique et l’économique a permis, avec l’évolution, la marginalisation des femmes et l’institution de l’esclavage. Quand un Citoyen ne peut plus être défini comme un « individu participant à la vie économique et sociale de la Cité », il devient possible de « travailler », d’être utile à la Cité sans être Citoyen, sans même avoir aucun droit. C’est aussi de la réduction du Citoyen à un être politique que viennent la confusion actuelle entre citoyenneté et nationalité et l’insignifiance de ces deux concepts.
Alors que nous n’avons pas encore abordé le cœur du sujet, nous voyons que le troc — l’échange direct entre individus — est un mode d’échange dramatique d’un point de vue social. Avec lui, ce n’est plus « un pour tous, tous pour un » mais « chacun pour soi ». Quoique le cadre restreint dans lequel il se pratique limite les dégâts, il n’en détruit pas moins la Société du point de vue des Principes, les choses ne pouvant aller qu’en s’aggravant. Mais c’est précisément parce qu’il semble inoffensif en plus d’être incontournable pendant très longtemps que le troc est perçu comme un mode d’échange naturel, juste, équitable, presque vertueux, et que les réflexes qu’il induit deviennent des préjugés incurables.
2) L’ARGENT : origine, conséquences
Lorsque les individus échangent entre eux, lorsque, ce faisant, ils mettent des objets en équivalence (j’insiste sur le mot « objets »), ils finissent par concevoir la notion de valeur marchande, la valeur d’un objet étant déterminée par une quantité d’autres objets. Ce mode d’échange est le troc, et nous avons vu que les hommes qui commencent à produire y recourent naturellement, sans réfléchir, sans philosopher, sans entrevoir ses conséquences. On peut donc dire que le troc s’impose à eux. Or c’est la pratique du troc qui leur inculque à son tour la notion de valeur marchande, la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger, en un mot l’argent.
Les hommes n’ont pas inventé l’argent ; il s’est lui aussi imposé à eux. Ils ne peuvent pas concevoir l’argent avant de troquer : c’est parce qu’ils troquent qu’ils finissent par comprendre et par admettre que leur mode d’échange repose sur la notion de valeur (marchande) et que cette notion indissociable du seul mode d’échange qu’ils peuvent alors pratiquer et concevoir leur apparaît nécessaire. Plus exactement, ils raisonnent ainsi sans même en avoir conscience, ce qui est d’autant plus pervers et redoutable. Dans leur esprit, la notion de valeur marchande n’est pas seulement « nécessaire » : elle est naturelle, évidente, incontestable. Ils sont donc à la fois incapables d’envisager la possibilité de la remettre en cause, ce qui serait démentiel et sacrilège à leurs yeux, et d’imaginer un autre mode d’échange. Ils sont mentalement prisonniers de Largent. Ceci est encore vrai aujourd’hui. Autrement dit, les hommes du XXIe siècle sont toujours prisonniers de concepts hérités de la nuit des temps (il y a quelques dizaines de milliers d’années) ; ils les perpétuent machinalement ; ils se laissent entraîner par un mode d’échange qui n’a jamais été pensé. Il n’en faut pourtant pas beaucoup pour s’apercevoir que l’argent est funeste et antisocial. (Combien d’expressions populaires l’attestent sans que personne n’en tire les conséquences ?)
Pour faire ce constat, nul n’est besoin d’étudier le monde de l’argent d’un point de vue pratique : une simple analyse dialectique suffit.
Il n’y a pas de notion de valeur sans différence de valeurs. Par suite, tout système, tout mode d’échange fondé sur la notion de valeur marchande suppose une différence de valeur entre les choses, entre les produits, entre les producteurs, donc entre les « citoyens ». En clair, elle implique des différences de prix, des différences de salaires et, à terme, l’inégalité en droits. Un système régi par la notion de valeur marchande est donc inégalitaire par nature, quoi que pensent les hommes et quoi qu’ils fassent. Largent est synonyme d’inégalité. Or, quand on sait que l’Egalité est le principe fondamental de l’ordre social, il est inutile de se demander plus longtemps pourquoi aucune Société — du moins ce qui en tient lieu — ne connaît l’harmonie sous le règne de l’argent.
Par ailleurs, il saute aux yeux que Largent qui est au cœur de nos « Sociétés » n’a aucune dimension sociale. La croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger résulte d’un mode d’échange ; elle induit une conception de l’échange ; elle est concentrée sur les objets, leur soi-disant valeur et le moyen de la mesurer, non sur les citoyens, leurs droits et le moyen de les garantir ; aucune considération sociale n’entre en ligne de compte. Elle a bien sûr des conséquences sociales, mais cela n’en fait pas une conception sociale. En outre, la notion de valeur résulte d’un mode d’échange individualiste, réduit les Citoyens, en tant que protagonistes des échanges, à de simples individus et développe ainsi l’individualisme au point que nous parlons aujourd’hui, sans être choqués par la contradiction, de « sociétés individualistes ». Des individus ayant pour devise « chacun sa gueule » sont-ils vraiment Citoyens ? constituent-ils vraiment une Cité ?
Enfin, peut-être faudrait-il s’interroger aussi sur la valeur tant vantée de la notion de valeur marchande elle-même ! Que représente-t-elle en effet du point de vue des objets et de celui des hommes ?
La valeur marchande d’un objet est supposée correspondre à la valeur de l’objet lui-même. Or elle varie selon la rareté de l’objet, selon la puissance et la cupidité du propriétaire, selon les besoins du demandeur, selon l’époque, selon le lieu, etc., bref selon des considérations essentiellement extérieures à l’objet. Elle n’a donc aucun sens et n’est donc pas nécessaire du point de vue des objets. Il est possible et même probable que, dans les premiers temps du troc, les protagonistes des échanges aient pris en considération le temps et la difficulté de fabriquer, de se procurer, de déplacer les objets afin d’établir entre eux une équivalence globale. Comme ils se connaissaient et avaient encore le sens de la communauté, ils mêlaient sans doute à ces considérations matérielles des considérations humaines. On voit donc que, dès le départ, la valeur marchande des objets n’avait guère de rapport avec leur valeur intrinsèque — car ils n’en ont aucune en réalité, la seule valeur, la vraie valeur d’un objet étant celle que chaque individu lui accorde selon ses critères personnels —, que c’est donc en soi une notion artificielle et arbitraire. Encore était-ce là la situation idéale. Mais il aura sans doute fallu peu de temps pour que l’intérêt personnel prenne le pas sur toute autre considération, pour que chaque protagoniste des échanges exagère la valeur des objets qu’il était prêt à céder et dénigre celle de ceux qu’ils convoitaient, pour que la valeur marchande des objets soit finalement dictée par le plus puissant ou le moins pressé et devienne plus artificielle et plus arbitraire qu’elle ne l’est déjà par nature.
Remarquons bien que nous n’avons étudié ici que les conséquences directes de l’argent, indépendamment du mode de mesure et du système d’unité que la notion de valeur implique. A ces conséquences directes de Largent au sens strict s’ajoutent donc celles du troc que nous avons vues plus haut et celles de la monnaie qu’il nous reste à voir.
VII. LA MONNAIE
Tout ce que je vais dire maintenant se rapporte à l’argent au sens large et découle de l’argent au sens strict.
1) Origine
Une monnaie, au sens large, est un moyen d’échange. Son principe vient du troc. En effet, bien que le troc soit un échange direct entre individus, deux individus doivent parfois passer par un tiers pour parvenir à un échange satisfaisant les trois parties. Autrement dit, l’un d’eux doit échanger n’importe quoi avec un troisième pour obtenir de lui un bien qui intéresse le deuxième et qu’il pourra échanger avec ce dernier contre l’objet qu’il détient. Le bien ayant servi d’intermédiaire, que le premier n’a acquis que pour l’échanger aussitôt et n’est pas désiré pour lui-même, a servi de moyen d’échange. L’échange triangulaire ou indirect peut aussi être réalisé de manière involontaire : un individu acquiert par échange un objet, puis, après un certain temps, il s’en lasse ou désire acquérir autre chose et l’échange à son tour. Il est d’ailleurs probable que l’idée de pratiquer l’échange indirect et de recourir à des moyens d’échange ait été inspirée par ce genre d’expérience.
Sous le troc tout (excepté les services) est potentiellement un moyen d’échange : il n’y a donc pas de moyen d’échange, c’est-à-dire d’objet ayant exclusivement cette fonction. Pour autant, la pratique de l’échange indirect existe et c’est elle qui, avec l’évolution, entraîne la sélection d’objets de référence de plus en plus pratique du point de vue des échanges (monnaies primitives) puis la création de moyens d’échange standards sur le plan de la forme, de la taille, des matériaux, du poids, etc. (monnaies modernes).
Les premiers moyens d’échange, les monnaies primitives, furent des objets ayant, pour une raison ou une autre, une grande valeur aux yeux des intéressés. Ils pouvaient être désirés aussi bien pour eux-mêmes, pour être utilisés en tant qu’objets, que pour leur capacité à représenter de la valeur et à servir au besoin de moyen d’échange. Servirent de monnaies primitives des animaux (bœufs, vaches, chevaux, moutons, etc.), des objets fabriqués (armes, bijoux, etc.) ou des objets naturels (pierres, coquillages, etc.). Plusieurs monnaies primitives coexistaient. Inutile de dire que la possession en grande quantité de ces biens était déjà un symbole de richesse, de pouvoir, de réussite, de vertu et que, par conséquent, les hommes étaient prêts à toutes les bassesses pour s’en procurer le plus possible. Déjà la monnaie — le fait d’en avoir ou d’en manquer — inspirait tous les vices : l’envie, l’orgueil, le mépris, l’avarice, la servilité, etc.
Par la suite, avec la spécialisation toujours plus poussée des producteurs et l’accroissement de leur complémentarité, la fréquence des échanges augmenta et le besoin de monnaies de plus en plus pratiques se fit sentir. J’insiste sur le fait que c’est uniquement par rapport aux échanges, en tant qu’étalons de la valeur, que les monnaies devinrent pratiques, non d’un point de vue social. Pour qu’elles remplissent toujours mieux leur office, les hommes adoptèrent des standards visant à garantir la valeur de l’unité monétaire. Ils abandonnèrent progressivement les biens périssables, imposants, irréguliers ; ils donnèrent à leurs monnaies une forme (d’abord inspirée par celle de leurs monnaies primitives), donc un poids, de plus en plus uniforme ; ils réduisirent la taille, donc la valeur, de l’unité monétaire pour permettre les petites transactions comme les plus importantes ; ils comprirent assez rapidement que le métal (or, argent, cuivre) répondait le mieux à ces critères et à leur souci de rendre leur monnaie aussi infalsifiable que possible ; ils punirent de la peine capitale les contrefacteurs. Plus tard, la technique permis d’imaginer le papier monnaie dont la valeur fut gagée sur des réserves métalliques et garantie par la puissance de l’Etat. Aujourd’hui, la valeur des unités monétaires virtuelles repose presque exclusivement sur la puissance de l’Etat et la soumission générale.
Remarquons bien que les hommes ont inventé des monnaies, mais pas le principe du moyen d’échange qu’ils avaient hérité du troc et qui ne devait rien à leur imagination. Il serait donc plus juste de dire qu’ils ont façonné des monnaies plus qu’ils ne les ont inventées. Cette nuance est importante car elle réfute l’affirmation aussi courante que fausse selon laquelle « les hommes ont inventé l’argent », sous-entendu « ils avaient de bonnes raisons, ils savaient ce qu’ils faisaient, l’agent est donc une bonne chose ». Nous voyons, au contraire, qu’ils n’ont pensé à rien, qu’ils n’ont fait que suivre le chemin tracé par l’argent, c’est-à-dire la notion de valeur et l’échange individualiste.
Les premières monnaies modernes furent l’œuvre de particuliers puissants pour asseoir et étendre leur puissance. Puis les Etats, afin de payer leurs troupes et prélever des impôts sur leurs sujets, se réservèrent le monopole de la création monétaire. Enfin, les grandes banques dépouillèrent les Etats du contrôle monétaire et même de la création de monnaie pour asservir les nations par la dette. Pourtant, les monnaies sont toujours garanties par les Etats qui sont donc les complices des banques et coupables de trahison envers leurs sujets.
De par leur nature, les monnaies primitives puis standards masquèrent longtemps leur véritable raison d’être, à savoir qu’une monnaie matérielle n’est que le support de la valeur marchande qui, elle, est nécessaire à l’échange individualiste. La notion de valeur marchande est une abstraction ; tout support matériel est donc fondamentalement une illusion. J’en veux pour preuve le fait que la monnaie puisse être intégralement dématérialisée aujourd’hui sans que le système monétaire en souffre (même si cela a finalement ouvert la porte à de nouveaux abus). Dans ces conditions, la monnaie qui n’est qu’une question de confiance se confond avec l’argent qui n’est qu’une croyance. Des chiffres sur un compte bancaire, sans aucune forme de réalité, ne sont de la monnaie que pour celui qui y croit, que pour celui qui a confiance dans le système. Un tel système ne repose sur rien ; il peut s’effondrer du jour au lendemain.
La monnaie sous quelque forme que ce soit est inconcevable sans l’argent. Elle répond à une logique qui est celle de l’argent, héritée du troc. C’est parce que l’argent implique une conception individualiste de l’échange que nous concevons la monnaie comme moyen d’échange et même comme le seul et unique moyen d’échange répondant à cette logique. Or l’échange sur le mode monétaire, forme de troc indirect, perpétue l’argent, la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger. La boucle est bouclée.
2) Nature
Quand on demande aux gens « qu’est-ce que la monnaie ? », ils répondent infailliblement : un moyen d’échange, un étalon de valeur et, pour les plus inspirés, un moyen de pouvoir. La monnaie est tout cela, mais elle est bien davantage.
La monnaie, c’est entendu, est :
Sur ce dernier point, il faut préciser que la monnaie est à la fois un moyen d’échange individualiste et un moyen d’échange qui s’échange, caractéristiques qu’elle tient du troc.
Mais c’est également :
Puisqu’elle permet d’acheter des biens, une somme de monnaie représente potentiellement tous les biens de valeur équivalente. Inversement, tous les biens ont une valeur et représentent potentiellement de la monnaie.
La monnaie qui remplace les objets qui, sous le troc, étaient échangés directement est elle-même un objet, un bien, une propriété. Une propriété éphémère, certes, puisqu’elle est destinée à payer, mais une propriété quand même. En tant que telle, elle peut être accumulée, échangée, donnée, perdue ou volée.
Même virtuelles, sous forme de chiffres sur papier ou sur écran, des unités monétaires ont une existence parce que tout le monde convient qu’elles existent, parce qu’elles ont les mêmes capacités et les mêmes défauts que des unités matérielles, parce que, comme nous l’avons vu, la monnaie est un concept qui, en dernière analyse, n’a pas besoin de support.
Elle est de ce fait :
La monnaie, comme tout moyen d’échange, sert à acheter et transforme les objets payés en propriétés. Mais, dans un système monétaire, tout est question de valeur et, comme tout a une certaine valeur marchande, tout peut-être représenté par de la monnaie, tout peut-être vendu ou acheté. Fut un temps où les hommes eux-mêmes étaient littéralement des marchandises (l’achat couvrant le crime de l’asservissement) et où les dettes transformaient les débiteurs en esclaves.
Avoir de la monnaie ouvre autant la porte de la propriété que ne pas en avoir la ferme. Par ailleurs, comme nous l’avons vu, la monnaie est en soit un objet qui peut être perdu ou volé comme n’importe quel objet, et plus facilement que beaucoup puisqu’elle est faite pour être « pratique ». Or ce qui la rend pratique pour les gens honnêtes la rend tout aussi pratique pour les voleurs qui ne sont pas tous hors la loi.
Il s’ensuit qu’elle est :
Ceci fut vrai de tout temps mais l’est plus encore à l’heure où tous les échanges passent par la monnaie, où les individus ne fabriquent plus rien seuls et où la satisfaction de leur moindre besoin exige qu’ils aient accès au marché, droit que seule la monnaie confère. Cette caractéristique est, du reste, celle de tout moyen d’échange. Seules les modalités particulières pour accéder au marché dépendent de la nature du moyen d’échange en question.
Nous avons dit que la monnaie est un moyen de posséder, c’est-à-dire d’acquérir le droit de propriété sur les biens achetés. Nous avons ajouté qu’elle confère le droit d’accéder au marché. La propriété découle d’ailleurs de l’exercice de ce dernier droit. Mais combien d’autres droits sont-ils eux aussi soumis à la condition d’accéder au marché, de pouvoir acheter ou payer, bref de disposer de monnaie ? Même les droits fondamentaux tels que manger, se loger, se vêtir passent par elle. Celui qui dispose d’un budget inépuisable à tous les droits ; celui qui n’a pas d’argent n’en a aucun.
La monnaie est à la fois un bien et l’incarnation de droits. Elle matérialise donc les droits, en commençant par celui d’accéder au marché. Ils s’ensuit que les droits sont extérieurs aux individus, qu’ils sont pour ainsi dire autonomes. Ce ne sont pas les individus qui ont des droits, ce n’est pas non plus la « société » qui garantit ces droits, c’est la monnaie qui les détient et en confère aux individus qui parviennent à s’en procurer. Un individu n’a aucun droit par lui-même : il n’en a éventuellement qu’en tant que détenteur de monnaie.
Un droit est naturellement borné par les besoins et les envies du citoyen, par l’exercice par ses concitoyens du même droit, par le respect des autres droits d’autrui, par la nature des choses et, au besoin par la loi. En matérialisant le droit d’accéder au marché sous forme d’unités, la monnaie fixe seule et selon ses propres règles les bornes de ce droit et de bien d’autres ; elle n’en limite pas un, elle les limite tous ; elle ne limite pas seulement leur exercice mais leur existence ; elle ne les limite pas ponctuellement mais universellement.
Par ailleurs, l’exercice d’un droit n’en ôte pas la jouissance. Un Citoyen ne perd pas ses droits à mesure qu’il les exerce. Il peut ne plus pouvoir les exercer en raison des bornes « naturelles » que leur exercice rencontre, mais il n’en est pas dépouillé. Or la monnaie impose la logique inverse. Il n’est possible de jouir des droits qu’elle incarne qu’à la condition de la céder lors de leur exercice, c’est-à-dire lors du payement. Quand on paye une chose, la somme nécessaire au paiement passe en d’autres mains et on n’en dispose plus soi-même pour payer autre chose. Quand on utilise toute sa monnaie, on n’a plus aucun droit.
Conséquence des diverses fonctions et caractéristiques de la monnaie : celui qui paye ou qui est en position d’exiger un paiement est le maître de celui qui (se) vend ou doit casquer. Comme tout le monde a un besoin vital de monnaie et que ceux qui en ont peu sont dans la dépendance de ceux qui en ont beaucoup, la monnaie est un moyen pour les puissants — qu’ils tiennent leur puissance d’une position élevée ou de leur richesse — de tout marchander, de tout acheter, de tout écraser, de tout corrompre pour, in fine, dépouiller les faibles de leurs droits (d’abord de ceux dont la jouissance ou l’exercice passe par la monnaie, puis de tous les autres) et asseoir leur domination sous le nom d’exploitation (sens économique) ou d’oppression (sens politique). Ceci est aussi vrai pour les individus, que pour tous les groupes d’individus (collectivités, associations, entreprises, états).
La monnaie, c’est du droit. De toutes ses caractéristiques, celle-là est la plus importante. Parler de droits sans jamais tenir compte du fait que la jouissance de la plupart d’entre eux dépend à l’évidence du moyen d’échange en vigueur, en l’occurrence de la monnaie, revient à brasser du vent ; c’est se condamner à ne rien comprendre aux droits, aux inégalités et à la « société » en général. Présenter la monnaie comme un simple « moyen d’échange », la réduire à un instrument économique passif, sert précisément à évacuer sa dimension (anti)sociale, à nier son rapport avec les droits, et, par la même occasion, à enterrer la question de son abolition. En effet, il n’est pas possible d’analyser sérieusement la monnaie sans se rendre compte rapidement qu’elle est aberrante à tous les niveaux et qu’il est impératif de l’abolir. Minimiser le sujet pour l’occulter complètement est donc le meilleur moyen de cautionner l’ordre des choses présent ou plutôt le désordre. Il faut donc aussi se poser la question : ceux qui détournent leur regard et intiment le silence le font-ils par ignorance, bêtise, lâcheté ou hypocrisie ? Aujourd’hui, en tout cas, cela ne peut plus être seulement de l’ignorance !
VIII. LA MONNAIE : PRINCIPES DE FONCTIONNEMENT & REGLE D’OR
La monnaie est une évolution du troc qui fut le mode d’échange adopté sans réfléchir et faute de mieux par les « hommes des cavernes ». Elle repose sur l’argent qui sous-tend également le troc et n’a pas davantage été pensé. Autant dire que les concepts de base du système monétaire sont d’une extrême simplicité. Sans doute l’économie moderne est-elle complexe sous certains rapports. Il n’en demeure pas moins que ses mécanismes fondamentaux sont à la portée du premier venu. N’échappent au bon sens que les astuces des experts et les folies des escrocs. Mais les experts gèrent-ils mieux les nations qu’un bon père son foyer ? L’expérience nous apprend que non et l’avenir risque fort de nous rappeler cruellement cette vérité. La complexité de l’économie n’est finalement qu’un prétexte pour dépouiller les « citoyens » ordinaires de leur droit de gérer ou du moins de contrôler la gestion du bien commun. Celui-ci est bientôt regardé par les spécialistes comme leur bien propre et ils agissent, comme tout un chacun, en fonction de leurs intérêts particuliers.
Principes de fonctionnement
Nous avons vu que la monnaie, de par sa nature, est une calamité. Elle fonctionne, en outre, selon deux principes qui n’arrangent rien : celui des vases communicants et celui de l’attraction.
L’échange monétaire est un troc représentatif. La monnaie représente, en terme de valeur, les biens qu’elle achète et les services qu’elle paye. Elle change donc de mains au cours de la transaction, comme une vulgaire balle, et est valide entre toutes quels que soient les moyens par lesquels elles s’en sont emparés, d’où l’adage « l’argent n’a pas d’odeur ». Mis à part l’Etat et aujourd’hui les banques, personne ne la crée. Pour en avoir, il faut s’en procurer. Pour qu’il y en ait ici, il faut en prendre là. C’est le principe des vases communicants. Tout est soumis à ce principe. Quand l’Etat annonce une baisse d’impôts alors que ses dépenses augmentent, seuls les contribuables naïfs peuvent croire qu’ils ne vont pas payer autrement et doublement ; ils vont bien sûr être taxés en tant que consommateurs. Quand une entreprise investit d’un côté ou réserve son argent pour une chose, elle fait par ailleurs des économies de bouts de chandelles. Quand un client achètent, il paye avec de l’argent qu’il a lui-même reçu en tant que vendeur (travailleur). Même les produits « gratuits » pour les consommateurs sont toujours payants pour les producteurs et payés par des tiers qui y trouvent profit, lequel se réalise in fine sur les consommateurs.
Ce fonctionnement n’a rien de choquant pour un capitaliste. Pourtant, comment ne pas comprendre qu’un moyen d’échange obligeant chacun à se le procurer auprès ou aux dépens d’autrui dresse fatalement les individus les uns contre les autres ? Un tel moyen d’échange est vecteur de division et d’hostilité ; il plonge les « citoyens » dans une sorte de guerre civile larvée permanente.
La monnaie circule : chacun doit donc s’en procurer avant de la dépenser. Elle repose en outre sur l’argent, sur la notion de valeur marchande : il est donc inévitable qu’elle se répartisse inégalement par le simple jeu des valeurs. Enfin, elle incarne les droits : en avoir est vital ; chacun doit s’en procurer par tous les moyens et autant que possible ; ceux qui parviennent à en avoir beaucoup ont plus de droits que les autres, ils ont du pouvoir sur eux, pouvoir dont ils usent pour s’enrichir davantage et accroître encore leur pouvoir. Autrement dit, de par ses propriétés et son mode de fonctionnement, la monnaie se concentre inévitablement entre certaines mains, elle forme en quelque sorte des caillots dans le corps social, caillots qui, ayant un pouvoir d’attraction de par leur nature, ont plus tendance à grossir qu’à réduire. C’est la réalité et les mécanisme que sous-entendent les phrases suivantes : « On ne prête qu’aux riches », « l’argent va à l’argent », « selon que vous serez puissants ou misérables les jugements de cour vous feront blanc ou noir ».
La règle d’or :
Gagner de l’argent ou ne pas en perdre.
Dans un système monétaire, quelle que soit sa forme, il faut avoir de l’argent, au sens de « monnaie », donc en gagner par n’importe quel moyen aux dépens d’autrui voire à ses propres dépens ou ne pas en perdre, c’est-à-dire payer le moins possible.
Cette règle s’impose à tous (riches et pauvres, Etats et individus, patrons et syndicats), dans tous les domaines et à tous les niveaux (local, national, international). Tous ceux qui prétendent contester l’ordre des choses mais ne dénoncent pas la monnaie sont eux-mêmes des agents du système. Ils raisonnent comme leurs ennemis. Ils sont eux-mêmes les ennemis du changement. Ce sont des rebelles de carnaval, des anti-capitalistes de posture, des contre-révolutionnaires qui s’ignorent. Un employé qui court après les augmentations de salaire n’est guère différent de son patron qui court après le profit : tous les deux veulent de l’argent et cautionnent le système monétaire.
La manière légale de gagner de l’argent, de se procurer de la monnaie, est de vendre soit un bien personnel (acheté ou fabriqué) soit son travail. La loi, c’est la logique du troc. Il est également légal d’en recevoir en guise de don ou de cadeau, le donateur étant libre d’user librement de ses biens, donc de les donner s’il le désire. Inversement, il est illégal et considéré comme un vol de s’emparer de l’argent d’autrui par la force ou sans contrepartie s’il n’est pas consentant. Voilà pour la théorie ! En pratique, la notion artificielle et arbitraire de valeur sur laquelle repose la monnaie crée un flou artistique propice à de nombreux abus. Toute transaction est une escroquerie pour l’une des parties. La loi ne peut donc condamner que les plus flagrantes. De même, il n’y a aucune différence fondamentale, du point de vue de la victime, entre voler un bien de vive force ou spolier des droits par le jeu des valeurs qu’une position dominante permet d’imposer. Il y a loin dans le système monétaire entre ce qui est légal et ce qui est légitime. Tout est tellement absurde que rien n’est légitime et que la loi n’est que sophismes.
Par exemple, on sait que la monnaie vient du troc sous lequel l’échange d’objets entre eux établit leur équivalence en terme de valeur. La valeur est une notion changeante, mais il est admis que la valeur d’un objet est celle sur laquelle les protagonistes de l’échange se sont entendus. Autrement dit, l’échange consacre « la juste valeur » des choses, ce qui, dans le système monétaire, se traduit par « le juste prix ». On paye et on vend donc toujours au juste prix. Ainsi tout salaire accepté est de même le juste prix du travail. C’est oublié un peu vite que celui qui est en position de force peut imposer ses conditions et fixer la valeur de l’objet en question selon ses intérêts, sans aucun rapport avec l’objet lui-même. C’est ce que se gardaient bien d’évoquer les patrons quand ils payaient leurs employés au lance-pierre en prétendant que c’était le juste prix, quand ils les spoliaient légalement et avaient encore le front de se trouver généreux parce qu’ils leur donnaient du travail ! L’exploitation n’est jamais que du vol, un vol subtil, celui de tous les droits (sous forme monétaire) que le patron retient. Comme il ne les a pas ravis, puisqu’il ne les a pas remis à ses employés, il n’y a pas de délit ; et comme il en redistribue quand même quelques-uns, il noie le poisson et la pratique est parfaitement légale. S’il les retenait tous, ce serait manifestement de l’esclavage, lequel n’a pas toujours été interdit. Le problème est que, dans un système monétaire, il est impossible, en dehors des cas extrêmes, de fixer une limite précise entre riches et pauvres, entre normalité et exploitation, entre l’honnêteté et l’escroquerie. Combien faut-il gagner pour être riche ou pour ne pas être exploité ? Combien faut-il vendre un objet pour être honnête ou ne pas être un escroc ? Posée en termes monétaires la question est insoluble.
Nous venons de voir comment l’argent se gagne légalement et comment, inversement, les droits peuvent être spoliés tout aussi légalement au nom de la sacro-sainte valeur marchande. Par ailleurs, nous savons que la monnaie est vitale, suscite l’envie et donne du pouvoir et que, du fait même de reposer sur la notion de valeur, elle se présente sous forme d’unités anonymes et vagabondes. Entre ce qu’elle oblige à faire et ce qu’elle permet de faire, faut-il beaucoup d’imagination pour deviner tout ce que les hommes feront, légalement ou illégalement, de gré ou de force, pour s’en procurer ou ne pas en dépenser ? Certains sont prêts à tout, ils tueraient père et mère, ils sacrifieraient le monde entier, ils vendraient leur âme. Tous, à des degrés différents, sont prêts à s’abaisser pour des miettes et se prostituent d’une certaine manière. Ceux qui ne s’abaissent pas volontairement y sont contraints par la nécessité. C’est ainsi que la monnaie, l’espoir d’en gagner et la crainte d’en perdre, pousse à tous les vices et fait commettre des erreurs, des folies, des délits, des crimes, des accidents, des catastrophes.
IX. CONSEQUENCES DE L’ARGENT ET DE LA MONNAIE CONFONDUS
L’argent n’est pas neutre. Ce n’est pas un instrument, mais une croyance. Par définition, le fait que l’argent soit une croyance, qui plus est une croyance universellement partagée, implique qu’il façonne l’esprit des hommes et commande leurs actions. En les enfermant dans une conception de l’échange, il fixe la règle du jeu, il les oblige à jouer au Monopoly grandeur nature. Ils pensent bien sûr être libres d’agir, mais ils ne peuvent agir que selon ses règles, dans le cadre de ses lois. Ils peuvent d’autant moins s’échapper que les murs de leur prison sont uniquement dans leur esprit et qu’ils croient être maîtres de leurs pensées.

La conséquence immédiate de l’argent, c’est-à-dire de la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour changer, est un mode d’échange individualiste et inégalitaire. L’individualisme et l’inégalité ont à leur tour des conséquences sur les conceptions et les actes des hommes.
Avec l’évolution sociale et technique, ce mode d’échange engendre un moyen d’échange fondé sur la notion de valeur : la monnaie. Aux conséquences intrinsèques de l’argent s’ajoutent alors celles de la monnaie. Toutes ces conséquences sont directement ou indirectement celles de l’argent, c’est à lui qu’en revient la paternité, de sorte qu’il est correct, quoique parfois troublant, de dire l’argent à propos de chacune d’elles.
En dehors de la manière même dont est organisé le monde sous l’argent, ces conséquences sont de trois ordres : philosophiques, psychologiques et concrètes.
Les premières conséquences portent sur la façon dont les hommes conçoivent les paramètres sociaux.
La conséquence générale de ces conceptions philosophiques en matière politique et économique est l’incapacité des hommes à comprendre ce qui ne tourne pas rond dans leur système et à le reproduire en tout ou partie chaque fois qu’ils essayent d’en sortir. Comme chaque partie est liée au tout, à l’argent, les modifications partielles sont illusoires, condamnées d’avance ou avec le temps. Ayant pour ainsi dire foi en l’argent, acceptant sans réserve ses commandements, ils cherchent généralement ailleurs que dans leur mode d’échange la cause du malheur commun, réflexe moins pertinent et tout aussi inefficace.
Le fait de concevoir ainsi le monde, les droits, les échanges et les rapports sociaux a à son tour des conséquences psychologiques sur la mentalité des individus, lesquelles déterminent leur comportement et leurs actes. L’ensemble des comportements et des actes, imposés par l’argent ou permis par la monnaie, façonne un contexte particulier qui marque lui aussi le caractère individuel des hommes et enfonce le clou.
REDACTION EN COURS…
L’argent
=> individualisme et inégalité
=> conséquences sur la perception du monde
=> conséquences sur les conceptions et les actes des hommes
Monnaie
=> conséquences “philosophiques”
– L’argent à la place de l’Homme.
– Ignorance des Principes.
– Matérialisation, extériorisation et circulation des droits.
– Limitation artificielle des droits.
– Incompréhension de l’inégalité / Ignorance de l’Egalité.
=> conséquences “morales”
– Individualisme
– Mesquinerie
– Avarice
– vénalité
– Arrogance
– Jalousie
– Colère
– Stress
=> conséquences « concrètes »
– Pauvreté
– Privations
– Richesse
– gaspillage
– Exploitation (travailleurs, contribuables, automobilistes, fumeurs)
– Oppression (pas de démocratie)
– Magouilles
– Escroquerie
– Vol
– Chantage
– Rapt
– Meurtres
– Crises chroniques
– Chômage
– Divorces
– Pollution
– Oligarchie
– TOUT TOUT TOUT, du moins tout ce qui est négatif
IX. L’ARGENT EST UN TYRAN
L’argent est une croyance. Il est dans la tête des hommes. Les hommes ne peuvent pas en faire abstraction. Ils ne peuvent qu’accepter ses conséquences et se soumettre à lui. Or il commande leur conception de l’échange, la façon dont ils sont reliés entre eux ; il est au cœur des rapports sociaux et donc au centre de la Société. L’en déloger, pour mettre l’Homme à sa place, est une vue de l’esprit, d’autant plus que les hommes ne savent pas ce qu’il est. Ils ne savent d’ailleurs même pas ce qu’est la monnaie qui focalise leur attention. En effet, leur désir de recentrer la « société » sur l’Homme est une réaction aux contraintes financières qui font accorder la priorité aux considérations financières, autrement dit à la monnaie qu’ils réduisent à des unités neutres ou du moins susceptibles d’être domptées. Cette idée est la preuve qu’ils ignorent ce qu’est la monnaie, sa nature et en particulier ses principes de fonctionnement qu’il est impossible de contrarier et qui, à eux seuls, rendent vain de prétendre faire passer les considérations humaines avant les considérations financières dans un système monétaire. Mais cette idée souvent exprimée est aussi la preuve que les hommes suivent, par nature, une autre logique que celle de l’argent.
Les hommes sont des êtres sociables. Ils aspirent à vivre en Société, dans la paix, la justice et l’harmonie. Ils sentent d’instinct que l’Egalité en est la condition, ils l’invoquent depuis longtemps, ils lui courent après, ils essayent en vain de l’instaurer. De manière générale, l’Humanité tend vers l’Egalité. Je ne veux pas dire par-là que l’Egalité doit être universelle mais qu’elle doit régner parmi les hommes constitués en Société. Comme tous appartiennent à un groupe à caractère social, l’Egalité n’est étrangère à aucun. Elle est la boussole de tout citoyen et de tout individu censé l’être. Malheureusement, l’argent n’a, lui, aucune dimension sociale.
Ainsi, deux logiques, deux forces opposées se partagent l’Empire et les esprits : celle de l’argent, individualiste et inégalitaire, et celle de l’Egalité, de la Société, de l’Humanité, bref des êtres sociables que sont les hommes. La première est négative et destructrice ; la deuxième est positive et constructive. Les hommes sont donc condamnés à accomplir leur destinée avec des instruments inadéquats et des préjugés dramatiques. En Occident, ils ont malgré tout réussi à faire, sur le plan social, tout ce qui était en leur pouvoir, tout ce qui ne dépendait pas expressément de l’argent. Aujourd’hui, tout nouveau progrès doit se faire aux dépens d’une conséquence naturelle de l’argent. Il ne leur est donc possible d’avancer qu’en s’attaquant à l’argent lui-même. Toute hésitation permet à ce dernier de reprendre du terrain, ce qui se traduit, du point de vue des hommes, par une régression sociale. Cette reculade permet éventuellement de refaire un pas en avant et de masquer une lâcheté par une illusion. Les choses en resteront là tant que les hommes n’auront pas conscience de l’obstacle qui désormais se dresse nu devant eux. Cet obstacle n’est pas insurmontable par nature, mais il l’est dans le système monétaire. Dans ce système, c’est lui le roi.
L’argent ne peut exister sans régner. Il règne à la lumière ou dans l’ombre quel que soit le régime politique et le système économique. Il ne laisse aux hommes d’autre alternative que le capitalo-libéralisme ou le capitalisme d’Etat, c’est-à-dire une soumission totale ou une insubordination de façade sinon passagère. Dans tous les cas, les hommes trinquent. Quand l’argent règne sans entrave, l’aristocratie des riches, la pire, est toute puissante ; quand un pouvoir politique fort le gène aux entournures, la masse subit à la fois la dictature et la misère qui résulte des dérèglements économiques. Autrement dit, que les lois de l’argent soient respectées ou faussées, les hommes, dans leur ensemble, sont toujours perdants. Le drame est qu’ils ignorent aussi toujours la cause de leur malheur qu’ils imputent, par facilité, à leurs semblables et au régime. Quand ils sont sous une botte, ils veulent de la liberté ; quand ils ont la « liberté » et s’aperçoivent qu’elle ne profite qu’aux riches, ils veulent de l’Egalité et de l’Etat dont ils déchanteront tout autant. Ils sont ainsi pris dans un jeu de bascule : dictature ou « démocrature ».
La démocrature, c’est la dictature sous l’apparence d’une démocratie. Les riches ont bien compris qu’ils n’ont pas besoin de la force physique pour dominer. Celle-ci leur attire l’attention, suscite la haine contre eux et provoque des réactions violentes légitimes parfois incontrôlables. La Liberté est bien plus désarmante. Elle a meilleure presse, elle en impose aux naïfs, elle favorise la prospérité générale et assure leur domination. Sous le règne absolu de l’argent, les riches sont en effet assurés d’avoir tous les pouvoirs car elle (la monnaie) leur permet d’acheter et de posséder aussi bien les choses que les hommes. Ils ont par nature le pouvoir économique quels que soient les hommes aux manettes du pouvoir politique et ont en outre la possibilité soit de se faire élire, soit de faire élire qui ils veulent, soit de corrompre les élus, soit d’éliminer physiquement ou moralement leurs opposants.
Les riches ont, par définition, plus de droits, qu’ils emploient pour conserver leur suprématie en faisant simplement respecter à la lettre les lois de l’argent — dont ils sont les seuls à profiter pleinement, mais dont tout le monde espère profiter un jour. Dans ces conditions, la démocratie, le gouvernement du peuple, pour le peuple, par le peuple, est une foutaise. La démocratie est une vue de l’esprit dans l’inégalité qui est le terreau de la tyrannie. L’idée selon laquelle la démocratie apportera l’Egalité grâce à l’adoption de lois « plus justes » est un non-sens puisqu’elle prouve par elle-même que l’inégalité est et que la démocratie n’est pas. L’Egalité apportera fatalement la démocratie, mais l’inverse est un sophisme. La « Liberté » a toujours accouché de la démocratie représentative qui est une négation de la démocratie, faite par les riches, pour les riches. Et derrière les riches : l’argent.
L’argent est au-dessus des peuples, des lois humaines, des gouvernements, des riches, des banques. Ses lois s’imposent à tous car tous le vénèrent, tous l’épargnent, tous l’ignorent, tous le servent. Il règne parce qu’il est incontesté. Il tyrannise l’Humanité parce que les hommes ne l’ont pas encore reconnu comme le tyran à abattre. Aucun régime ne peut échapper à son emprise à moins de lui passer sur le corps. Aucune révolution ne peut aboutir à moins de frapper l’ancien régime à la tête.
X. LES DISCIDENTS CONTRE-REVOLUTIONNAIRES
Ce qui ne tue pas le système le rend plus fort. Or le système est tout entier dans l’argent, dans la croyance que la notion de valeur marchande est nécessaire pour échanger. C’est cette croyance qu’il faut anéantir grâce à un moyen d’échange autre que la monnaie, reposant sur les principes de l’ordre social et imposant de fait une autre conception de l’échange. Toute autre mesure en vue de changer les choses est illusoire et vaine. L’argent induit un ordre des choses inégalitaire, et l’inégalité est le terreau de la tyrannie. Tout désordre social, toute forme de tyrannie est le fruit de l’argent. Les hommes qui concourent aux désordres et agissent en tyrans ne sont que les symptômes de l’inégalité, ils ne sont que les instruments, les valets, les esclaves de l’argent. Du reste, ceux qui pâtissent de cet ordre des choses ne sont pas plus innocents que ceux qui en profitent. Les bougres au bas de l’échelle sociale sont eux aussi des adeptes de l’argent et cautionnent le système qui engendre les monstres qui les oppriment. Ils déplorent des effets dont ils chérissent la cause. Quiconque ne se dresse pas intelligemment contre l’argent est objectivement complice de tous ses forfaits. Quiconque désire malgré tout s’opposer au désordre des choses en est réduit à courir après des leurres.
Si tout tourne autour de l’argent, tout est adapté à lui, tout est fonction de lui. L’argent ne peut pas être le cœur du système sans apposer sa marque sur toutes les composantes du système, sans provoquer des dérèglements dans tous les domaines. Il est donc fatal que des problèmes apparaissent de tous côtés et que certains problèmes soient d’ailleurs purement monétaires. C’est donc à l’argent lui-même qu’il faut s’attaquer pour tout changer… ou rien ne change. Tout sujet autre que l’argent est secondaire et devient un leurre dès lors qu’il est présenté comme une priorité et que son traitement isolé (et illusoire) est considéré comme une finalité.
Voici la liste des leurres les plus courants :
– L’Etat
– Les gouvernants
– Les institutions
– Les fonctionnaires
– Les francs-maçons
– Les Bilderberg et Cie
– Les sionistes
– Les patrons
– Les syndicats
– Les riches
– Les médias (les journalistes)
– Les spéculateurs
– Les banquiers
– Les commerçants
– Les variations de prix
– La monnaie ou certaines de ses caractéristiques (thésaurisation, ciculation)
– La propriété
– La délinquance
– L’éducation
– L’école
– La religion
– La corruption
– La pollution
Ces leurres donnent lieu à des propositions voire à des courants politiques qui, à leur tour, deviennent des leurres aux yeux de leurs adversaires. Or, ceux qui font d’un de ces thèmes l’objet exclusif de leur lutte divergent et s’affrontent entre eux, mais ne diffèrent en réalité, les uns des autres, que par leurs sensibilités qui les portent vers l’un de ces thèmes plutôt que vers un autre et par leurs caractères qui les poussent vers une solution plutôt qu’une autre. Ils ont tous en commun de se tromper de cible, de se débattre en vain et d’être voués à l’échec. L’argent les condamne en quelque sorte au supplice de Sisyphe — qui devait rouler un rocher au sommet d’une montagne et devait sans cesse recommencer.

Attention ! je ne dis pas que certains de ces leurres ne sont pas de réels problèmes et qu’il ne faut rien faire dans les domaines en question, mais que se concentrer sur eux enferme dans une réponse partielle qui ne résout pas le problème global, qui, au contraire, aggrave la situation et crée d’autres leurres, bref que vouloir agir dans ces domaines, sans s’attaquer en premier lieu à l’argent ou du moins sans avoir l’intention de s’en prendre à lui in fine, ne sert non seulement à rien mais est souvent un remède pire que le mal. Il faudra bien sûr intervenir dans certains domaines, car la Révolution trouvera en eux des obstacles et des ennemis, mais ces interventions ne sont pas l’objectif en soi. Il faut comprendre et garder à l’esprit que l’ennemi, c’est l’argent, que, s’il est indispensable d’écraser ses satellites, le but est de renverser le tyran.
Choisissez un de ces leurres. Sachant que l’Egalité est possible même si vous ne savez pas encore comment, imaginez un monde sans monnaie, une société réellement égalitaire et démocratique. Réfléchissez. Le problème posé aujourd’hui existe-t-il encore ? En est-il toujours un ? S’il ne disparaît pas de facto, les conditions ne sont-elles pas idéales pour le résoudre ? Enfin, après avoir triomphé des profiteurs et pour les empêcher à coup sûr de renaître, ne faut-il pas abolir la monnaie et éradiquer l’argent ? Conclusion : Concentrez-vous sur un de ces problèmes : vous ne le résoudrez jamais. Renversez l’argent : vous les aurez tous résolus.
Ceux qui mettent ces leurres en avant, ceux qui les agitent protègent l’argent. Ils se trompent d’ennemi et égarent les autres. Ils ne feront jamais de révolution. Ce sont, au mieux, des contre-révolutionnaires qui s’ignorent, au pire, des agents du système. Ils dénoncent des effets, ils poursuivent des lubies, mais ils ne visent pas le cœur du système. Ils peuvent tout au plus l’ébranler un temps, mais pas le renverser puisqu’ils sont eux-mêmes imprégnés des préjugés qui le soutiennent et font une mauvaise analyse du problème. Quoi qu’ils fassent dans ces conditions, même abolir la monnaie, l’argent demeure, continue de sévir et remonte bientôt sur le trône par la force des choses. Chassez le naturel, il revient au galop.

Fight Club – La destruction des serveurs bancaires vue comme l’audace absolue.
XI. UNE TRANSITION EN COURS
Heureusement, la Révolution ne dépend pas entièrement de la volonté des hommes. Ils devront un jour se lever, mais c’est le système présent, poussé par l’argent, qui, sans le savoir, leur prépare le terrain et creuse sa propre tombe. Les révolutionnaires auront moins à créer les conditions de la Révolution qu’à saisir l’occasion qui ne manquera pas de se présenter. Ils auront moins à renverser l’argent qu’à lui donner le coup de grâce.
Si vous connaissez l’histoire des « révolutions » passées, vous savez qu’un système peut s’effondrer en quelques jours voire en quelques heures. A un moment donné, l’ordre en place est miné de l’intérieur, les rapports de force s’inversent et, avec un peu d’audace et de courage, tout bascule. C’est le fait qu’il n’y ait jamais eu réellement de Révolution, puisque jamais l’Egalité n’a été instaurée, qui a permis à de nouvelles puissances de se constituer ou aux anciennes de relever la tête. La Révolution qui apportera l’Egalité sera, elle, invincible et irréversible.
Or, comme je l’ai expliqué, la Révolution implique une révolution au niveau de la conception de l’échange, donc l’anéantissement de l’argent et, par suite, l’abolition de la monnaie. Si j’ai raison, une évolution doit être perceptible à ce niveau dès aujourd’hui. Est-ce le cas ?
On ne peut pas nier que l’informatique a amené de grands changements dans ce domaine, qu’elle a même bouleversé le monde de la finance. Elle a permis d’effectuer sans effort des calculs jusqu’alors impossibles, de doter tous les individus d’un compte bancaire, de tout financiariser et d’accélérer les transactions jusqu’à effectuer des opérations démentes. Elle a dopé le système monétaire ; elle a rendu l’argent tout puissant. Mais la roche tarpéienne est plus proche du Capitole qu’on ne croit. Le système devenu fou et complètement virtuel est au bord de l’effondrement. L’argent croyait triompher : il ne vivait que son apothéose et s’apprête à pousser le chant du cygne. Or, quand on sait que le moyen d’échange de la Cité est inconcevable sans l’informatique, quand on sait que l’informatique est une des conditions de la Révolution selon le Civisme, il devient clair que, malgré les apparences, l’informatique est mortelle pour l’argent et la monnaie. Il est dans l’ordre des choses que le capitalisme ouvre la voie à la Révolution en favorisant une innovation qui scie la branche sur laquelle il est assis.
Plus concrètement, l’informatique permet la dématérialisation de la monnaie et sa manipulation via des cartes de crédits. La monnaie reste le moyen d’échange du système mais n’a plus de consistance, elle est purement virtuelle, ce n’est plus qu’une croyance : elle se confond désormais avec l’argent. A ce stade, la monnaie ne peut plus évoluer ; elle est au bout de son évolution. Mais le temps ne va pas s’arrêter pour autant. Dès lors, deux hypothèse : soit la monnaie n’évolue plus, ce qui contrarie la loi universelle, soit toute nouvelle évolution lui sera fatale, puisque le néant est le seul avenir du virtuel. Dans ce second cas, qui est la seule hypothèse probable, resteraient donc des cartes sans objet. Coïncidence : le Civisme prévoit des Cartes comme moyen d’échange. Ce ne sera plus des cartes de crédits servant à manipuler la monnaie mais des Cartes civiques permettant d’attester la Citoyenneté. Que seront les Cartes civiques sinon une évolution révolutionnaire des cartes de crédits, une évolution fatale à la monnaie ? Autrement dit, l’informatique qui fait la puissance de l’argent fait aussi la faiblesse de la monnaie. La dématérialisation de la monnaie, rendue possible par l’informatique, entraîne l’émergence d’un nouveau moyen d’échange et d’une nouvelle conception de l’échange qui seront fatales à argent et à la monnaie. L’informatique est à la fois un problème aujourd’hui et la solution pour demain.
Un autre indice de la transition en cours est la réalité de notre mode d’échange. En théorie, nous faisons toujours du troc via le système de représentation de la valeur marchande qu’est la monnaie. En théorie, un salaire est fonction de la valeur du travail qu’il rémunère. Sans revenir sur l’absurdité de la soi-disant équivalence entre la valeur marchande et le travail ou tout autre chose, tel était en effet le schéma appliqué du temps où les hommes étaient payés à la pièce ou à la journée. On pourrait croire qu’il en est de même lorsqu’ils sont payés, comme aujourd’hui, au mois. Mais qu’en est-il réellement lorsque des millions de travailleurs, aux activités fort différentes, sont payés au salaire minimum légal ? Dans ces conditions, ils ne sont plus payés en fonction de leur travail, mais selon un statut. Leur paiement n’est plus un troc mais la reconnaissance d’un droit, celui d’accéder au marché en proportion dudit salaire. Autrement dit, leur droit d’accéder au marché est lié d’abord à leur statut puis au nombre d’unités monétaires dont ils disposent. Ce mode d’échange est une étape entre deux modes d’échange ; il dénature le mode d’échange monétaire et annonce l’échange social selon lequel les individus auront le droit d’accéder au marché en raison de leur statut, du seul statut reconnu, celui de Citoyen.
Enfin, l’apparition de l’informatique est une conséquence de la maîtrise de l’électricité qui, elle, favorise l’industrialisation de la production. Ces progrès nous ont fait entrer dans l’ère de la production de masse. Or l’informatique et la production de masse sont les conditions nécessaires pour concevoir et mettre en œuvre un moyen d’échange utilisant la technologie de l’informatique et conférant aux Citoyens un pouvoir d’achat indéfini donc élevé. Un tel pouvoir d’achat n’a pas de raison d’être hors du contexte de production de masse, et concevoir un pouvoir d’achat obligatoirement limité, donc limité artificiellement, empêche d’adopter le principe selon lequel le droit d’accéder au marché doit être attaché à la Citoyenneté. L’absence de production industrielle oblige à recourir à la monnaie et enferme dans le système monétaire. Quoi de plus logique si l’on se souvient que la monnaie repose sur la notion de valeur qui naît du troc, c’est-à-dire d’un mode d’échange incontournable dans un contexte de production artisanale ? Il est également logique 1) que l’argent et la monnaie survivent un temps à la disparition de la production artisanale, les idées évoluant moins vite que les choses, 2) que le Civisme soit théorisé peu après l’apparition de l’informatique, puisque cela devient possible, 3) que la Cité voit le jour peu après sa théorisation, puisque, alors, toutes les conditions sont réunies et que l’argent n’a plus de raison d’être.
L’effondrement de la construction européenne est, elle aussi, l’indice d’une transition. On remarque, d’ailleurs, que l’effondrement de l’Union Européenne a pour cause ce qui semblait être la base de sa solidité : l’Euro. Unir des nations par une monnaie alors que la monnaie, par nature, divise les hommes était un non-sens. L’entreprise était vouée à l’échec. L’expérience le prouve, la vérité s’impose, même à ceux qui ne veulent pas l’admettre. Mais, surtout, l’Union Européenne était une construction contre-révolutionnaire. La Révolution qui doit avoir pour objet l’anéantissement de l’argent et l’abolition de la monnaie n’aurait jamais pu se faire dans le carcan capitaliste européen. Une Révolution ne peut avoir lieu qu’à l’échelle des nations existantes qui seules ont l’unité requise pour une telle aventure. On pouvait craindre que les peuples soient à jamais enchaînés ; la force des choses a déjoué les tyrans et rallumé l’espoir.
Dans le même ordre d’idées, qui ne s’est jamais fait cette réflexion : « Ce n’est pas possible de voir ça à notre époque ! » Cette réflexion sous-entend qu’il y a manifestement une différence énorme entre le potentiel technique de la « société » et les conditions de vie réelles et les droits de la plupart des « citoyens ». Or il est vrai que l’écart n’a jamais était aussi grand. Pour s’en convaincre, il suffit de tracer sur un même graphique les courbes de l’évolution technique et de l’évolution politique. La première croît lentement jusqu’au XVIIIe siècle, s’accélère au XIXe et devient exponentielle au XXe. La courbe de l’évolution politique, du niveau général des droits, si l’on préfère, a la même allure que la précédente jusqu’à la fin du XIXe. Autrement dit, la fulgurante évolution technique de la fin du XXe n’a pas eu d’équivalent dans le domaine politique, et l’écart entre les deux courbes ne cesse de s’agrandir. Pire ! il semble que l’évolution des droits soit en panne, et même qu’il y ait régression. Cette régression n’est qu’un aléa de l’histoire. Une courbe progresse toujours en dents de scie. Par ailleurs, l’évolution des siècles passés indique que le progrès technique a, avec le temps, des effets dans le domaine politique. Logiquement, la modification des structures de production, pour s’adapter à l’évolution des produits, entraîne des changements de mentalité, suscite des revendications et provoque une évolution sociale. L’évolution technique fulgurante de la fin du XXe va infailliblement entraîner d’ici peu une évolution de la même ampleur dans le domaine politique. Sous cet angle, nous sommes là encore dans une période intermédiaire, entre une révolution accomplie et une autre en attente. Or une révolution dans le domaine politique qui portera les droits à un niveau inconnu, qui apportera la Démocratie et l’Egalité authentiques, ne se fera pas dans un contexte monétaire. Cette Révolution impliquera l’anéantissement de l’argent et l’abolition de la monnaie (quoi de plus révolutionnaire ?) qui, précisément, font que nous piétinons aujourd’hui.
XII. INTERET DE CES IDEES POUR LES PATRIOTES
Les hommes de bonne volonté sont nombreux mais dispersés. Ils aspirent tous à la même chose mais par des moyen différents voire opposés, faute d’avoir identifié correctement l’ennemi. Chacun adapte sa stratégie au leurre qu’il poursuit. Le Civisme est la théorie qui peut tous les rallier dans le présent et à l’avenir. Quand ils auront compris qu’ils se focalisent sur des effets qui plongent leur racines à la même source, le but et les moyens de la lutte s’imposeront d’eux-mêmes.
Ainsi, qui ne sent pas le lien direct entre L’argent et la monnaie, entre la monnaie et le capitalisme, entre le capitalisme et l’européisme, entre l’européisme et le mondialisme, entre le mondialisme et l’immigrationnisme, donc entre L’argent et le capitalisme, L’argent et l’européisme, L’argent et le mondialisme, ‘Largent et l’immigrationnisme ?
De même, qui ne sent pas le lien direct entre L’argent et la monnaie, entre la monnaie et l’inégalité, entre l’inégalité et l’individualisme, entre l’individualisme et l’universalisme, entre l’universalisme et le droits-de-l’hommisme, entre le droits-de-l’hommisme et l’anti-France, donc entre L’argent et l’inégalité, Largent et l’individualisme, L’argent et l’universalisme, L’argent et le droits-de-l’hommisme, Largent et l’anti-France ?
Un patriote est nécessairement l’ennemi de l’anti-France, de l’immigrationnisme, du droits-de-l’hommisme, du mondialisme, de l’européisme, du capitalisme, de l’individualisme et de l’inégalité. Mais comment les combattre victorieusement sans renverser Largent qui les alimente directement ou indirectement ?
Il a été question d’inégalité. L’inégalité et l’Egalité sont des notions floues à ce jour. Chacun est pour ou contre selon l’idée fausse qu’il se fait de l’une et de l’autre. Il est cependant évident qu’un patriote digne de ce nom ne considère pas ses compatriotes comme des marchepieds ou de la chair à canon mais comme des frères, comme des égaux. Le patriotisme bien compris est intrinsèquement égalitaire. Les patriotes doivent donc savoir en quoi l’Egalité consiste, pourquoi elle n’est pas, comment l’instaurer, et comprendre que Largent est son obstacle majeur, leur véritable ennemi — les riches, les puissants, les pauvres mêmes n’étant que ses instruments. Ils doivent également comprendre que, de la même manière qu’ils combattent L’argent et toutes ses conséquences, ils doivent défendre l’Egalité et toutes ses conséquences.
L’Egalité, qui est une réduction de l’expression « égalité des Citoyens en Devoirs et en Droits », va de pair avec les notions de Devoirs, de Droits, de Citoyenneté, de Contrat Social, de Société, de Nation, de Peuple, de territoire, de pays, de frontières, d’indépendance nationale, de souveraineté populaire et de démocratie. Il y a loin entre ce qu’implique l’Egalité bien pensée, cohérente de bout en bout, et celle que les gauchistes invoquent pour couvrir leur démagogie. Toutes ces conséquences sont liées ; qui en accepte une doit toutes les accepter ; qui en nie une est un ennemi de l’Egalité et de la patrie.
Le Civisme est une doctrine d’une logique implacable et d’un patriotisme absolu. Il est l’aboutissement de la quête de l’humanité sur le plan social. Il n’est combattu que par la mauvaise foi et les préjugés monétaires. Il est autant la voie de la Révolution que de la Résistance. Il sera incontournable demain, mais il est utile dès aujourd’hui, d’où la nécessité de le répandre sans attendre.
Cependant, l’urgence est ailleurs. Aujourd’hui, nous devons sauver la France d’un péril qui ne menace pas seulement sa liberté, comme en 1792 ou 1940, mais son existence. Elle est menacée par l’euro-modialisme qui veut la dissoudre en tant que nation, et par l’immigrationnisme débridé qui tend à l’effacer en tant que peuple. Or pour établir demain l’Egalité en France, pour accomplir la destinée du peuple français, encore faut-il qu’il y ait encore une France et un peuple français. Bien que L’argent ne soit pas étranger à ces dangers qui sont les deux faces d’une même pièce, qu’il en soit même la cause première, ce n’est pas de lui que vient la menace immédiate. Nous devons d’abord parer le coup mortel, donc repousser nos ennemis rapprochés, avant de pouvoir rendre à César ce qui est à César.
J’ai dit dans la partie précédente que l’euro-mondialisme est contre-révolutionnaire dans la mesure où la Révolution ne peut se faire que dans le cadre d’une nation. Les multiples conditions nécessaires pour qu’éclate une Révolution sont si rarement réunies qu’il est vain d’attendre qu’elles se rencontrent dans toutes les nations du monde en même temps. D’ailleurs, quand les choses sont mûres, la Révolution éclate et il est impossible de la différer. L’idée insensée que la Révolution doit être mondiale vient du fait qu’elle concernera la monnaie et qu’il semble impossible de l’abolir sans se couper du monde alors que les échanges internationaux sont manifestement nécessaires. Mais le Civisme qui explique comment organiser la Cité sans monnaie explique aussi comment l’intégrer dans un monde toujours monétaire, autrement dit comment procéder aux échanges internationaux. La crainte d’être coupé du monde n’a pas lieu d’être. Remarquons au passage que cette crainte qui pousse à prôner une révolution mondiale désarme la lutte contre le mondialisme, ce qui est de fait contre-révolutionnaire. Au contraire, le Civisme réussit la synthèse entre l’anti-capitalisme et l’anti-mondialisme.
Sur l’immigrationnisme, tous les patriotes savent déjà que l’immigration est organisée par le patronat pour des raisons économiques, pour geler ou tirer à la baisse les salaires des Français grâce au chantage que les immigrés, importés pour être exploités, permettent d’exercer sur eux en matière de rémunération, d’emploi, de condition de travail, etc. Les immigrés sont pour ainsi dire des « jaunes », des briseurs de grève. Mais l’immigration à outrance a une autre fonction aux yeux des « élites » : elle démoralise le peuple, détourne son attention de la chose publique et permet de le rouler dans la farine. L’immigrationnisme s’appuie sur un renversement des valeurs et la proscription du bon sens. Les intérêts des étrangers deviennent la priorité nationale. Quiconque s’insurge est traité de xénophobe, de fasciste. Quiconque constate les frictions inévitables entre autochtones et immigrés est traité de raciste, de nazi. Quiconque dénonce l’absence de réelle démocratie est traité de souverainiste, de populiste. Bref, grâce aux sophismes qu’ils permettent d’imaginer et de soutenir, les immigrés sont un instrument contre le peuple et la démocratie. Mais, plus encore : les immigrés sont, par définition, originaires de pays et de cultures différentes ; leurs traditions, leurs préoccupations, leurs conceptions politiques et leur vision du monde ne sont pas celles des autochtones. Ils vivent à une autre heure et marchent dans une autre direction. Aussi, quand un peuple est prêt techniquement et moralement pour une révolution, une immigration massive, en plus d’être un problème en soi, constitue une force d’inertie, donc un frein à la révolution. Nul doute que les puissants ont conscience du caractère contre-révolutionnaire de l’immigration massive. Si elle favorisait la révolution et menaçait leur suprématie, ils s’y opposeraient. Or ils en sont les promoteurs et font tous leurs efforts pour la rendre problématique. Les plus astucieux vont même jusqu’à proposer le droit de vote pour les étrangers ! C’est donc en tant que phénomène contre-révolutionnaire que le Civisme condamne l’immigration massive et prône l’arrêt de toute immigration après quarante ans de n’importe quoi, rejoignant en cela la position des patriotes mais apportant un argument de poids capable d’en imposer aux dupes de la gaucherie.
Ainsi, l’heure n’est pas à la Révolution mais à l’insoumission, à la réaction, à l’insurrection. Les idées véritablement révolutionnaires ne sont d’ailleurs pas assez répandues pour qu’une Révolution, c’est-à-dire un véritable changement de système, un changement radical, soit possible. Le fruit n’est pas encore mûr. Ce serait donc une grave erreur de la part des rares révolutionnaires de croire qu’ils peuvent précipiter les choses. Leur rôle, aujourd’hui, est de préparer la Révolution, d’éclairer leurs compatriotes et, à défaut de pouvoir pousser le système à commettre des faux pas, de ne pas le contrarier quand il en commet. Il est bien sûr, aussi, de s’engager à fond dans le combat patriotique, car le salut de la patrie est en permanence à l’ordre du jour. Or, de ce point de vue, ces idées sur Largent et l’Egalité arment le patriotisme de principes solides, d’un idéal limpide, d’une cohérence doctrinaire qui seuls peuvent rallier tous les patriotes authentiques, les unir plus étroitement que jamais et les guider en toutes circonstances. Le Civisme, car c’est finalement de cela qu’il s’agit, est le summum du patriotisme. Il ne fait aucune concession. En fixant le but à atteindre, en traçant la route qui y conduit, il révèle tous les obstacles, il indique tous les pièges, il démasque tous les ennemis. L’argent, ses amis, leurs complices et leurs jouets sont, aujourd’hui comme demain, les ennemis de l’Egalité, de l’Humanité, de la Société, des toutes les nations en général et de la notre en particulier.
En quoi toutes ces idées sont-elles utiles aux patriotes ? Autant se demander s’il est un temps pour le courage et le bon sens ! Au fort de la tempête, il n’est certes pas nécessaire de savoir où est le port. Mais celui qui le sait est assurément meilleur capitaine que celui qui l’ignore.
XIV. LE MOT DE LA FIN
En vérité, je vous le dis, la Révolution est en marche. Elle a commencé le 4 décembre 1997. Aujourd’hui, aussi modeste soit-il, elle a fait un pas de plus. Rien ne pourra l’arrêter.
Au Québec,en ce 20 mars 2014,nous avons vu 4 chefs de partis politiques à genoux devant la croissance économique!
Le Québec un jour abolira le pouvoir de l’argent et deviendra une nation libre!
Souvenons-nous de cette phrase de Pauline Marois,la millionnaire:«Il n’y aura pas de référendum tant que les Québécois ne seront pas prêts, a affirmé Mme Marois. On ne fera pas ça en cachette, la nuit. Calmons-nous un peu.»
… »Calmons-nous un peu. »
L’ARGENT EST UN TYRAN !
L’EGALITE OU LA MORT !
VIVE LA REVOLUTION !