Un ado devient millionnaire grâce au bitcoin. Mais au fait, c’est quoi le bitcoin ?

Numéro un des monnaies virtuelles qui a atteint 8 000 dollars en novembre, son usage est pourtant controversé à travers le monde. Explications sur ce qu’est le bitcoin.

 

Apparue en 2009 à la suite de la crise financière, le bitcoin est une monnaie numérique. Son origine, néanmoins, reste mystérieuse. Des anonymes se faisant appeler « Satoshi Nakamoto » l’auraient créé.

Numéro un parmi la centaine de crypto-monnaies qui existe aujourd’hui, le bitcoin permet de réaliser via Internet des paiements sécurisés sous pseudonyme. Il est toutefois limité par son programme à 21 millions d’unités. Il n’est régi par aucune banque centrale, ni aucun État souverain.

Un usage controversé

Au début, le bitcoin était utilisé majoritairement comme moyen d’échange par des réseaux criminels pour des jeux d’argent ou l’achat de substances illicites. Mais en quelques années, son usage s’est largement démocratisé. Désormais, cette crypto-monnaie est autorisée comme moyen de paiement par Microsoft et acceptée comme don par la Croix Rouge.

Pourtant, son usage reste contesté dans le monde. La Bolivie, l’Équateur ou encore le Maroc par exemple l’ont interdit sur leur territoire. Le Japon ou les Pays-Bas facilitent au contraire son utilisation en instaurant un cadre réglementaire souple.

Une monnaie très volatile

Cette monnaie virtuelle a permis à l’adolescent Erik Finman de devenir millionnaire. A l’époque, en 2011, le bitcoin ne vaut que 12$. Puis son cours explose. Cette monnaie finit par lui rapporter 100 000 $, ce qui lui permet de lancer sa start-up et de faire fortune. Aujourd’hui, il est PDG de Botangle.

Ceci témoigne bien de la volatilité particulière du bitcoin. Il valait 3 000 dollars en juin dernier, puis a subitement chuté de 40% mi-septembre. En novembre cependant, il a atteint pour la première fois les 8 000 dollars.

 


Comment la valeur du bitcoin a atteint plus de 10 000 dollars

L’évolution du bitcoin.

 

La célèbre monnaie virtuelle a franchi, mercredi,29 novembre 2017, pour la première fois, le seuil de 10 000 dollars après avoir vu sa valeur multipliée par dix en moins d’un an. Ce montant suscite un intérêt des investisseurs mais aussi un risque de bulle croissant.

 

Le bitcoin continue sa folle ascension. La monnaie virtuelle a atteint, mercredi 29 novembre, la valeur de 10 000 dollars (environ 8 400 euros), un seuil jamais atteint depuis sa création en 2009. En moins d’un an, la valeur du bitcoin a été multipliée par dix. En janvier, la monnaie s’échangeait autour de 1 000 dollars avant d’atteindre 5 000 dollars mi-octobre et dépasser la barre symbolique de 10 000 dollars.

Sans existence physique, le bitcoin s’appuie sur un système de paiement de pair à pair basé sur la technologie dite « blockchain » ou « chaîne de blocs ». Il s’échange sur des plateformes spécifiques sur internet et n’a pas de cours légal. Il n’est pas régi par une banque centrale ou un gouvernement mais par une vaste communauté d’internautes. Il est accepté dans un nombre grandissant de transactions (restaurants, immobilier, etc.).

Si cette monnaie cryptographique provoque de nombreuses critiques, notamment d’institutions financières telles les banques ou de gouvernements qui ne peuvent la contrôler, ses défenseurs assurent qu’elle offre une alternative sécurisée aux devises traditionnelles, euro ou dollar. Comment comprendre cet engouement ? Éléments de réponse.

La demande est plus grande que l’offre

Contrairement aux devises traditionnelles, la technologie du bitcoin ne permet pas la création infinie de monnaie. Une fraction de bitcoin est créée lorsqu’une transaction est validée. « En gros, à chaque transaction, ‘la banque des bitcoins’ doit rajouter cette transaction à la ‘blockchain’, créer un nouveau bloc, mais cette opération est complexe et difficile », explique Victoria Castro, journaliste pour Numérama, spécialiste des crypto-monnaies à franceinfo. Les personnes qui enregistrent ces transactions sont appelées des « mineurs » et se payent en bitcoins crées ex nihilo. Grâce à ce système, de nouveaux bitcoins sont émis de façon régulière mais leur nombre est limité.

Lors de sa création en 2009, le bitcoin a été programmé pour qu’il n’y ait jamais plus de 21 millions de bitcoins en circulation. Ce seuil devrait être atteint théoriquement en 2141.

Victoria Castro

Pour le moment, « 12 millions de bitcoins sont circulation » et nul ne peut dire quelle valeur atteindra le bitcoin lorsque cette limite sera atteinte, précise la BBC (en anglais). « Le bitcoin valait un dollar à sa création, lorsqu’il a atteint 100 dollars, on s’était déjà dit que ça serait le maximum. Puis il est passé à 500 dollars, 4 000 dollars et aujourd’hui 10 000, sans que personne n’ait pu le prévoir », témoigne la journaliste

 

Par le mécanisme classique de l’offre et de la demande, le bitcoin a suscité par sa rareté, et sa valeur montante, une forte demande. « Le bitcoin a été médiatisé et a suscité les curiosités comme une marque, il fallait l’avoir de peur de passer à côté de quelque chose« , ajoute Victoria Castro.

Selon un référendum du site Bitcoin.fr, cité par Les Echos, 46,8% des sondés – 618 personnes – estiment que le principal intérêt de cette monnaie est la nouveauté et seul un quart y voit un intérêt financier. En moyenne, les sondés ont investi 4 530 euros. Selon les données du site coinmarketcap.com, la capitalisation totale de la crypto-monnaie s’élève à 186 milliards de dollars mercredi 29 novembre. A titre indicatif, le groupe Coca-Cola est valorisé à 195 milliards de dollars, note l’AFP.

Des investisseurs s’y intéressent

Le bitcoin est passée en moins de dix ans de monnaie secrète à monnaie « classique », utilisée dans le secteur traditionnel de l’économie. « Le bitcoin a émergé dans des domaines fermés, plutôt anarchistes. Si l’on veut caricaturer, celui des hackers, décrit Victoria Castro. Ces personnes voulaient tester un ‘monde parallèle’ se défaire de la monnaie physique, c’était vu comme un engagement. »

Puis, les utilisateurs ont progressivement vu que la structure du bitcoin permettait de faire des montages financiers et certains l’ont utilisé pour effectuer des transactions peu légales. « L’anonymat des devises a attiré des personnes qui souhaitaient acheter de la drogues, des armes, tout ce qu’on trouve dans le ‘Dark Net’… C’était marginal, mais ça a joué dans la médiatisation de la monnaie », rappelle la journaliste.

Un nombre restreint mais croissant d’entreprises se sont ensuite emparées du bitcoin pour des transactions classiques. Des multinationales comme Microsoft ou Expedia et des petites entreprises ont commencé à l’utiliser. En avril, entre trois et six millions de personnes dans le monde utilisaient le bitcoin. « Aujourd’hui, ils sont probablement entre 10 et 20 millions, c’est une base d’utilisateurs qui se développe très rapidement », informe Garrick Hileman, professeur d’économie à l’université de Cambridge, cité par la BBC. Soit autant que la population des Pays-Bas ou du Chili.

Le cours du bitcoin a également grimpé en octobre, après que l’Américain CME (Chicago Mercantile Exchange) Group, l’un des plus importants opérateurs boursiers mondiaux, a annoncé le lancement prochain de contrats à terme dans cette monnaie. Beaucoup de ces nouveaux propriétaires de bitcoin ne l’utilisent pas pour acheter des choses. « La grande majorité des utilisateurs – je dirai entre 80% ou 90% – l’utilisent pour des raisons d’investissement », explique Garrick Hileman. D’où l’usage de plus en plus répandu de « crypto-asset » (actif crypté) plutôt que « crypto-monnaie ».

C’est la plus connue des monnaies virtuelles

Depuis 2009, « plus d’un millier de crypto-monnaies » ont été créées, explique Victoria Castro. « Chaque monnaie possède ses propres intérêts technologiques, mais le bitcoin reste toujours la devise la plus connue. » En 2015, la création de la monnaie Ethereum a suscité un véritable engouement. « Elle permet entre autres de gérer complètement ses transactions. Par exemple, si je veux commander un VTC via Uber, je peux m’assurer que seul le conducteur récolte la commission et non la plateforme. »

La multiplication de ces monnaies virtuelles a ravivé l’intérêt du bitcoin. « Début 2017, le bitcoin représentait 80% du marché des crypto-monnaies, il est tombé à moins de 50% lorsque Ethereum a été médiatisé puis il est remonté », détaille Victoria Castro. Plus connu des investisseurs et du grand public, le bitcoin est remonté en flèche et représente aujourd’hui 60% du marché.

Cet engouement peut-il conduire à une bulle spéculative telle que la bulle Internet en 2000 ou plus loin, la bulle des jeux vidéos en 1983 ? « Ce n’est pas faux de parler bulle financière mais puisqu’il s’agit de monnaie virtuelle, ça me paraît peu crédible de la comparer à une bulle financière mondiale comme en 2007 », assure Victoria Castro. Dans ces conditions, qui pourrait arrêter le bitcoin ? « Le vol par subtilisation de mots de passe » pourrait être fatal, envisage Eric Pichet, professeur d’économie sur le site The Conversation.

Une effraction dans le système de ‘blockchain’ entraînerait une inondation de faux bitcoins et donc un effondrement des cours.

Eric Pichet

sur le site The Conversation

Si certains analystes s’attendent à un retournement du cours de cette crypto-monnaie, ses partisans disent faire un pari sur le long terme et considèrent le lancement de contrats à terme en bitcoins par le Chicago Mercantile Exchange comme le prochain grand test.


EN CONCLUSION

 

Bitcoin et bulle sont devenus pratiquement synonymes dans l’esprit de beaucoup de sceptiques au cours du rallye à couper le souffle de cette année. Alors que la devise numérique a défié les prophéties de la fin du monde, il y a un certain nombre de façons que cette partie pourrait mal finir pour les rangs gonflés des taureaux. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Corée du Nord s’intéresse au Bitcoin et ce n’est pas rassurant pour le reste du monde

Au cours de l’année passée, des rumeurs ont circulé, selon lesquelles la Corée du Nord volerait des bitcoins, les thésauriserait, mais aussi qu’elle serait capable d’en miner. Le site Vice news rapporte maintenant que des étudiants de l’Université de Pyongyang ont suivi un cours accéléré sur les cryptomonnaies, ce qui ne s’était jamais produit auparavant. L’intérêt de la Corée du Nord pour le bitcoin suscite les plus grandes inquiétudes.

Federico Tenga, un Italien qui a fondé Chainside, une start-up qui évolue dans le domaine du bitcoin, devait initialement participer à une conférence en Corée du Nord. Celle-ci était organisée par l’Université de Sciences et de Technologie de Pyongyang, la seule école nord-coréenne financée par l’étranger. Mais à la suite des sanctions, cette conférence a été annulée. L’Université a alors recontacté Tenga pour lui demander de donner un cours sur le bitcoin a une quarantaine d’étudiants.

Selon Tenga, les étudiants, qui parlaient parfaitement l’anglais, n’avaient aucune connaissance du fonctionnement du bitcoin, et de la manière dont il pouvait être miné. Il doute que la pratique du minage des cryptomonnaies soit monnaie courante (si on peut dire) en Corée du Nord. En effet, elle suppose la mise en œuvre de nombreux ordinateurs sophistiqués et spécialisés. Il pense plutôt que le trafic détecté provenant de Corée du Nord entourant les bitcoins pourrait provenir de tests.

Des pirates qui minent et dérobent des bitcoins

Récemment, la Corée du Nord a été accusée d’utiliser des hackers afin de dérober des milliers de bictoins pour contrer les sanctions économiques de l’ONU. Un rapport de Recorded Future, une société de sécurité de l’information, a affirmé qu’il était fort probable que le régime de Kim Jong-un employait des logiciels malveillants afin de miner des bictoins sur les ordinateurs de tiers.

Dans le courant de cette année, la firme américaine de cybersécurité FireEye a aussi accusé la Corée du Nord d’attaquer des transactions de Corée du Sud et de tenter de profiter de l’anonymat conféré par le bitcoin pour contourner les sanctions financières imposées par les Nations-Unies.

Les sanctions économiques

Selon les experts de FireEye, les dernières salves de sanctions économiques, qui ont quasiment supprimé toutes les exportations de textes du pays, ont durement affecté la capacité de la Corée du Nord à se constituer des réserves en devises. Les banques chinoises ont également cessé d’encaisser de l’argent provenant du régime de Pyongyang. Ces contraintes pourraient largement inciter le pays à se tourner vers les cryptomonnaies, affirme Luke McNamara, chercheur chez FireEye. « La Corée du Nord le considère probablement [le bitcoin] comme une solution peu coûteuse pour faire rentrer des liquidités », a-t-il expliqué à Bloomberg.

Pour beaucoup de critiques, les enseignements de l’Université de Sciences et de Technologie de Pyongyang ne sont donc pas anodins. Ils affirment qu’ils visent à rien de moins qu’à donner aux étudiants les compétences nécessaires pour devenir des hackers.

Deux Prix Nobel d’économie alertent sur les dangers du bitcoin

Alors que la devise numérique, après avoir atteint un pic à 11 000 dollars mercredi, accusait une baisse de 14,98% jeudi après-midi sous les 9 500 dollars, le français Jean Tirole et l’américain Joseph Stiglitz jugent la crypto-monnaie socialement inutile et nuisible.

Eric Piermont

À 24 heures d’écart, deux Prix Nobel d’économie mettent en garde contre le bitcoin et la folle hausse du cours de ces derniers jours. En milieu d’après-midi, la devise numérique en nette baisse valait 9 438,41 dollars (7 926 euros), en recul de 14,98% sur les dernières 24 heures après avoir dépassé pendant deux heures les 11 000 dollars mercredi en début de soirée.

Dans une tribune publiée jeudi par le Financial Times de Londres, le français Jean Tirole, économiste à l’École d’économie de Toulouse et Prix Nobel 2014, juge ainsi que le bitcoin est «un actif sans valeur intrinsèque»«sans réalité économique». Alors que la plupart des analystes s’accordent sur la nature totalement irrationnelle du mouvement actuel, Jean Tirole estime que «son prix pourrait carrément tomber à zéro si la confiance dans le système venait à disparaître».

L’économiste rappelle que l’histoire est jalonnée de bulles : celle des bulbes de tulipes aux Pays-Bas au XVIIsiècle, la bulle des mers du Sud un siècle plus tard qui explosa en Grande-Bretagne en 1720, les bulles immobilières, etc. Il estime ironiquement que le bitcoin pourrait devenir «le nouvel or», une matière première à laquelle la communauté qui gravite autour de la crypto-monnaie le compare souvent en y ajoutant le terme «numérique» mais pour ajouter qu’il ne mettra pas pour autant ses «économies» dedans et qu’il ne souhaite pas que les «banques régulées parient sur sa valeur».

Une allusion possible à l’information du Wall Street Journal selon laquelle la banque d’affaires new-yorkaise Goldman Sachs aurait décidé de lui consacrer une petite cellule afin de servir ses clients insititutionnels qui souhaiteraient en acheter. L’information n’a jamais été confirmée par la banque d’affaires, et son PDG, Lloyd Blankfein, a déclaré sur Bloomberg ce jeudi que «le bitcoin, ce n’est pas pour lui».

 

Pour Tirole, économiste d’obédience libérale, le bitcoin est peut-être «un rêve libertarien mais c’est un vraie migraine pour quiconque voit la politique publique comme un nécessaire complément à l’économie de marché». Jean Tirole note que le bitcoin est encore trop souvent utilisé pour l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent plutôt que pour des achats classiques. Il pose la question qui fâche justement les libertariens attachés à une forme de «neutralité» technique de la monnaie : comment les banques centrales pourront-elles mettre en place des politiques contracyliques dans un monde de crypto-monnaies privées ? Autrement dit, quid de l’avenir des politiques monétaires ?

La blockchain bienvenue, pas les crypto-monnaies

Jean Tirole précise que son «scepticisme» ne concerne pas la blockchain ou «chaîne de blocs», la technologie réputée infalsifiable sur laquelle repose le réseau pair-à-pair totalement décentralisé qu’est le bitcoin. Ce type de bases de données décentralisées est une «innovation bienvenue» dit-il, avec «des applications utiles» incluant des exécutions rapides de «contrats intelligents»comme le permet par exemple l’ether, une autre crypto-monnaie basée sur la blockchain Etherum. Mais les crypto-monnaies ne contribuent pas au «bien commun» dit-il, à l’image de la «folie» des ICO, ces levées de fonds en bitcoin et ether qui battent actuellement tous les records.

Ce mode de financement présenté comme le graal de la désintermédiation des acteurs traditionnels du secteur aurait atteint les trois milliards de dollars sur les dix premiers mois de 2017. Selon Jean Tirole, les ICO négligent les «fondamentaux» de la finance à savoir «l’utilisation d’intermédiaires fiables et bien capitalisés pour suivre les projets». L’économiste conclut que les avancées technologiques ne doivent servir à se déconnecter des fondamentaux économiques et que les gouvernements qui accordent leurs sympathies au bitcoin et aux ICO seraient bien inspirés de «protéger leurs citoyens et leurs institutions financières contre un phénomène risqué et socialement nuisible».

Le Japon vient par exemple de reconnaître les monnaies virtuelles comme des moyens de paiement légaux. Et Gibraltar annonce à partir de janvier l’installation sur son sol surtout virtuel on imagine «le premier marché de levées de fonds ICO régulé».

Stiglitz favorable à une interdiction

Autre Prix Nobel à mettre en garde contre la fièvre autour du bitcoin, l’américain Joseph Stiglitz estime lui que le bitcoin devrait être interdit. Sur l’antenne de la chaîne financière new yorkaise de Bloomberg, le Prix Nobel 2001 d’économie a estimé que «le bitcoin ne sert aucune fonction socialement utile» et ne réussit «qu’en raison de son potentiel de contournement, du déficit de surveillance».

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Et de prédire que «c’est une bulle qui va donner à beaucoup de monde beaucoup de moments très excitants tant qu’elle monte puis elle va redescendre. Il me semble que le bitcoin devrait être interdit», a-t-il conclu.

 

 

 

 

 

 

https://www.bloomberg.com/news/videos/2017-11-30/goldman-ceo-if-bitcoin-works-we-ll-get-to-it-video

YouTube supprime des milliers de vidéos

YouTube a effacé des milliers de vidéos d’enfants de sa plateforme. Des commentaires pédophiles les accompagnaient.

You tube :la chaîne sioniste…propriété ,entre autres,de George Sorros,a le rhume.

Le site américain YouTube a effacé des milliers de vidéos d’enfants, qui s’accompagnaient de commentaires très déplacés, voire pédophiles, a indiqué jeudi la plate-forme appartenant à Google. Elle tente de rassurer ses annonceurs publicitaires.

Tout est parti d’un article paru vendredi dernier dans le quotidien britannique The Times affirmant que des publicités pour de grandes marques (Adidas, Amazon ou Mars notamment) apparaissaient sur YouTube à côté de vidéos d’enfants ou d’adolescents, le plus souvent innocemment publiées par les intéressés, mais suscitant des commentaires d’usagers à caractère pédophile.

Selon d’autres médias, plusieurs annonceurs ont décidé de ne plus placer de réclames sur YouTube pour cette raison. Le groupe informatique américain HP a confirmé «avoir immédiatement demandé à Google de suspendre toute publicité sur YouTube».

Pub interdite

YouTube a dit avoir «supprimé plusieurs centaines de comptes et plus de 150’000 vidéos» qui posaient problème. La plate-forme, dont la publicité numérique représente l’essentiel des revenus, a aussi interdit la publicité sur «plus 2 millions de vidéos et 50’000 chaînes qui s’apparentaient à des contenus familiaux, mais qui ne l’étaient pas». L’entreprise a aussi bloqué «les commentaires pour 625’000 vidéos».

«Nous avons des politiques claires contre les vidéos et les commentaires sur YouTube qui sexualisent ou exploitent les enfants et nous les appliquons de manière drastique à chaque fois que nous sommes alertés sur un tel contenu», a assuré un porte-parole de YouTube.

C’est la deuxième fois cette année que YouTube fait face à ce type de polémique. Au printemps, après, déjà, un article du Times affirmant que des publicités étaient placées près de contenus antisémites, incitant à la haine ou faisant l’apologie du terrorisme, Google avait promis qu’il s’assurerait que les publicités de ses annonceurs ne sont pas placées près de contenus polémiques.

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La filiale britannique d’Havas, la banque HSBC ou la BBC et même le gouvernement britannique, entre autres, rejoints ensuite aux Etats-Unis par AT&T ou Verizon avaient décidé de suspendre leurs publicités sur plusieurs plates-formes de Google, dont YouTube.

EN CONCLUSION

La chaîne  qui est allergique,comme Facebook,aux bouts de seins et aux discours anti-sionistes,se fait de plus en plus contrôler par le pouvoir de l’argent-roi,Maître Tout-Puissant de notre beau système néolibéral pourri!

Passagers en avion… L’horrible Vérité

Passagers en avion. L’horrible Vérité :


 » Nous sommes formés pour dire aux gens de baisser la tête en tenant leur cou pendant un accident. Au cours d’une procédure d’assurance, mon supérieur m’a avoué l’horrible et sinistre vérité sur la raison pour laquelle on nous enseigne cette procédure ! Placer la tête vers le bas et les mains sur la tête va percuter leurs têtes dans le dos du siège de devant… briser les cous des passagers en les tuant instantanément ! De cette façon, les assurances ne seront pas aussi élevées en raison de ceux qui sont paralysés ou blessés de façon permanente et la compagnie aérienne peut payer une liquidation rapide de la mort. »
Tu l’as bien entendu !! La compagnie préfère que tu meurs pendant un crash que de vivre pour raconter l’histoire et collecter $$$ pour toujours !! Combien c’est triste quand les bénéfices sont plus importants que sauver des vies !!!?? la façon correcte d’éviter la mort Pendant un accident, préparez-vous à vous asseoir à la verticale ! J’ai dû partager ça parce que ça peut sauver ta vie ou quelqu’un que tu aimes !
ATTENTION PLANE TRAVELERS! Very disturbing information has come to my attention from an ex flight attendant!!! Below is word for word what the flight attendant told me!

« We are trained to tell people to put their heads down while holding their neck during a crash. During an insurance settlement hearing my supervisor admitted to me off record the horrible and sinister truth about why we are taught… Afficher la suite
Attention les voyageurs d’avion ! Des informations très inquiétantes m’ont été données par un ex-employé de vol !!! Ci-dessous, c’est mot pour mot ce que m’a dit l’agent de bord !

 » Nous sommes formés pour dire aux gens de baisser la tête en tenant leur cou pendant un accident. Au cours d’une procédure d’assurance, mon supérieur m’a avoué l’horrible et sinistre vérité sur la raison pour laquelle on nous enseigne cette procédure ! Placer la tête vers le bas et les mains sur la tête va leurs têtes dans le dos du siège devant… briser les cous des passagers en les tuant instantanément ! De cette façon, les assurances ne seront pas aussi élevées en raison de ceux qui sont paralysés ou blessés de façon permanente et la compagnie aérienne peut payer une liquidation rapide de la mort. »

Tu l’as bien entendu !! La compagnie préfère que tu meurs pendant un crash que de vivre pour raconter l’histoire et collecter $$$ pour toujours !! Combien c’est triste quand les bénéfices sont plus importants que sauver des vies !!!?? la façon correcte d’éviter la mort Pendant un accident, préparez-vous à vous asseoir à la verticale ! J’ai dû partager ça parce que ça peut sauver ta vie ou quelqu’un que tu aimes !

Lers armes du Nouvel Ordre Mondial:Une nouvelle vidéo montre un robot ressemblant à un être humain faisant un backflip

Le nouveau développement du robot militaire Atlas.

 

 

Une nouvelle vidéo montre un robot exécutant des prouesses acrobatiques étonnantes, des backflips aux sauts de demi-tour.

Le robot bizarrement humanoïde, appelé Atlas, mesurait 4,9 pieds (1,5 mètre) de haut et pèse 165 livres (75 kilogrammes), et utilise le lidar et la stéréovision pour naviguer dans son environnement, selon Boston Dynamics, qui fabrique le robot. Atlas est conçu pour pouvoir faire face à des situations d’urgence où la vie humaine serait normalement menacée, comme entrer dans des bâtiments qui se sont effondrés après un tremblement de terre, ou traiter des patients qui ont des maladies mortelles hautement contagieuses,  selon la Défense avancée. Agence de projets de recherche (DARPA ).

Dans la vidéo, la nouvelle version de l’humanoïde fait une sorte de saut deformation appelé plyométrie , sautant entre des plates-formes surélevées, faisant un virage à 180 degrés dans les airs sur des plateformes surélevées et effectuant un backflip sur une plateforme. Bien qu’il ne puisse pas donner une course pour son argent à la gymnaste américaine Simone Biles en ce moment, le robot parvient à tenir l’atterrissage. [ Rêves mécaniques: 22 androïdes humains de la science-fiction

 

D’autres vidéos montrent le robot empilant des boîtes sur une étagère, marchant sur une promenade dans la neige avec un «ami» humain et poursuivant et ramassant une boîte qui a délibérément été déplacée hors de sa portée. Selon le site Web de Boston Dynamics, Atlas peut transporter des charges utiles allant jusqu’à 24 lb. (11 kg).

Atlas a d’autres capacités semblables à celles de l’humain, comme un sens de l’équilibre, de sorte qu’il résiste à la chute lorsqu’il est poussé, et peut se relever après une poussée féroce.

La version actuelle d’Atlas n’est pas encore aussi agile que l’humain moyen; quand il marche, il utilise une démarche maladroite ressemblant à une personne qui doit vraiment, vraiment, se rendre à une salle de bain.Et bien qu’il puisse voyager sur un terrain accidenté, la vidéo semble montrer qu’il trébuche là où un humain pourrait bien aller.   

Pourtant, la version actuelle d’Atlas est une amélioration spectaculaire par rapport à ses ancêtres: en 2013, quand il a fait ses débuts au DARPA Robotics Challenge, Atlas pesait 330 livres. (150 kg) et nécessitait un cordon d’alimentation, a rapporté Technology Review à l’époque .

Le but ultime de ce type de robot est de remplacer les humains sur les champs de bataille du futur et aussi dans les fusées d’exploration spatiale.

 

 

 

 

 

Affaire Weinstein: Le producteur aurait employé une «armée d’espions» pour étouffer les accusations d’abus sexuels

D’ex-agents secrets enquêtant sous de fausses identités et des journalistes de la presse à scandale auraient été utilisés pour empêcher, en vain, la publication d’accusations…

 

C’est peut-être le « scandale dans le scandale » de l’affaire Harvey Weinstein. Le producteur aurait employé des moyens colossaux pour tenter d’étouffer les révélations sur ses abus sexuels présumés, utilisant par l’intermédiaire de ses avocats les services d’ex-agents secrets enquêtant sous de fausses identités ou des journalistes de la presse à scandale, affirme le New Yorker lundi.

Selon l’article, le producteur en disgrâce a déployé cette « armée d’espions » depuis au moins l’automne 2016. Le New Yorker cite des dizaines de documents et sept personnes directement impliquées dans les efforts du producteur déchu pour empêcher en vain la publication d’accusations à son encontre.

 

Une ex-agent israélienne aurait contacté Rose McGowan sous un faux nom

D’après l’hebdomadaire, une ex-agent israélienne, employée de la société Black Cube, dont le contrat prévoyait au moins 200.000 dollars d’honoraires, a notamment contacté l’actrice Rose McGowan, l’une des principales accusatrices de Harvey Weinstein, en prétendant être une militante pour les droits des femmes. Elle a enregistré en secret des heures de conversations avec McGowan, qui s’apprête à publier ses mémoires, The Brave, un livre qui inquiétait Harvey Weinstein.

L’agent de Black Cube qui avait établi des contacts avec Rose McGowan a par ailleurs, sous une différente identité, contacté des journalistes enquêtant sur les agressions sexuelles présumées de Harvey Weinstein, notamment un reporter du New York magazine, Ben Wallace, pour savoir de quelles informations ils disposaient.

Weinstein et son équipe ont aussi enquêté sur les reporters eux-mêmes, y compris leur vie personnelle et sexuelle et leurs précédentes enquêtes et potentiels litiges, pour tenter de les contredire, les discréditer ou les intimider. Son équipe a notamment rassemblé des éléments sur l’ex-femme de Ben Wallace.

Weinstein aurait aussi été informé par des journalistes

Harvey Weinstein, aujourd’hui visé par des enquêtes policières à Londres, New York et Los Angeles, « surveillait personnellement les progrès de ces enquêtes ». Certaines étaient orchestrées par les avocats de Weinstein, y compris David Boies, célèbre notamment pour avoir défendu Al Gore lors du litige sur le scrutin présidentiel de 2000 et pour avoir plaidé en faveur du mariage gay devant la Cour suprême, bien que son cabinet défende par ailleurs le New York Times dans un procès pour diffamation.

Selon le New Yorker, Harvey Weinstein a également obtenu des informations de Dylan Howard, directeur des contenus d’American Media Inc. qui publie le magazine de ragots National Enquirer. L’un des journalistes de National Enquirer a notamment appelé l’ex-femme d’un réalisateur ayant eu une relation amoureuse avec Rose McGowan, Roberto Rodriguez, pour lui faire dire des commentaires négatifs sur la comédienne.

La porte-parole de Harvey Weinstein Sallie Hofmeister et David Boies n’ont pas répondu aux demandes de commentaires de l’Agence France Presse. Sallie Hofmeister a déclaré au New Yorker : « C’est une fiction de suggérer que des personnes aient pu être visées (ou aient fait l’objet d’efforts d’intimidation) », évoquant une « conspiration ».

Des employés pour recenser, contacter et intimider les actrices

Par ailleurs, le cabinet de conseil américain Kroll aurait envoyé à Harvey Weinstein 11 photos où Rose McGowan et lui-même apparaissaient ensemble à différents événements des années après son agression présumée, pour discréditer ses accusations.

La célèbre avocate de célébrités Blair Berk, qui fait partie de l’équipe légale de Harvey Weinstein, a décrit ces méthodes comme ordinaires. « Tout avocat de défense au pénal qui se respecte enquêterait sur des allégations non prouvées pour savoir si elles sont crédibles ».

Ronan Farrow, l’auteur de l’article du New Yorker – le fils de Mia Farrow et Woody Allen – précise que Harvey Weinstein utilisait des détectives pour enquêter sur les journalistes qui écrivaient des articles négatifs sur lui depuis des années.

Le New Yorker écrit également que des ex-employés de Weinstein ont été recrutés sous le faux prétexte de faire des recherches pour un livre sur « les belles années de Miramax », la maison de production co-fondée par Harvey Weinstein et son frère Bob. Au lieu de cela, ils ont été utilisés pour rassembler des listes d’anciens employés et d’actrices, les contacter… et les intimider.


EN COMPLÉMENT:

VOICI  LE TEXTE DE L’ARTICLE DU NEWYORKER:

L’armée des espions de Harvey Weinstein

Le directeur du film a embauché des enquêteurs privés, y compris des agents de l’ex-Mossad, pour suivre les actrices et les journalistes.

 

À l’automne 2016, Harvey Weinstein a entrepris de réprimer les allégations selon lesquelles il aurait harcelé sexuellement ou agressé de nombreuses femmes. Il a commencé à embaucher des agences de sécurité privées pour recueillir des informations sur les femmes et les journalistes qui tentaient d’exposer les allégations. Selon des dizaines de pages de documents et sept personnes directement impliquées dans l’effort, les entreprises que Weinstein a embauchées comprenaient Kroll, l’une des plus grandes sociétés de renseignement d’entreprise au monde, et Black Cube, une entreprise largement dirigée par d’anciens officiers du Mossad et d’autres agences de renseignement israéliennes. Black Cube, qui a des succursales à Tel Aviv, Londres et Paris, offre à ses clients les compétences d’agents «hautement expérimentés et formés dans les unités d’intelligence militaires et gouvernementales d’élite d’Israël», selon sa littérature.

Deux enquêteurs privés de Black Cube, utilisant de fausses identités, ont rencontré l’actrice Rose McGowan, qui a finalement publiquement accusé Weinstein de viol, pour lui extorquer des informations. Un des enquêteurs a prétendu être un défenseur des droits des femmes et a secrètement enregistré au moins quatre réunions avec McGowan. Le même agent, utilisant une fausse identité différente et impliquant qu’elle avait une allégation contre Weinstein, a rencontré deux fois un journaliste pour savoir quelles femmes parlaient à la presse. Dans d’autres cas, des journalistes dirigés par Weinstein ou des enquêteurs privés ont interrogé des femmes et ont rapporté les détails.

L’objectif explicite des enquêtes, énoncées dans un contrat avec Black Cube, signé en Juillet, était d’arrêter la publication des allégations d’abus contre Weinstein qui ont finalement émergé dans le New York  Times  et  le New Yorker . Au cours d’une année, Weinstein a fait «cibler» les agences, ou recueillir des informations sur des douzaines d’individus, et compiler des profils psychologiques qui se sont parfois focalisés sur leurs histoires personnelles ou sexuelles. Weinstein a surveillé personnellement les progrès des enquêtes. Il a également recruté d’anciens employés de ses entreprises cinématographiques pour se joindre à l’effort, recueillir des noms et passer des appels qui, selon certaines sources qui les ont reçus, se sont sentis intimidants.

Dans certains cas, l’enquête a été menée par les avocats de Weinstein, y compris David Boies, un avocat célèbre qui a représenté Al Gore dans le conflit électoral présidentiel de 2000 et a plaidé pour l’égalité du mariage devant la Cour suprême des États-Unis. Boies a personnellement signé le contrat ordonnant à Black Cube de tenter de découvrir des informations qui empêcheraient la publication d’une histoire du Times sur les abus de Weinstein, alors que son cabinet représentait également le Times , y compris dans une affaire de diffamation.

Boies a confirmé que son cabinet avait conclu un contrat avec deux des agences et en avait payé les frais et que les enquêteurs de l’un d’entre eux lui avaient envoyé des rapports, qui ont ensuite été transmis à Weinstein. Il a dit qu’il n’a pas sélectionné les firmes ni dirigé le travail des enquêteurs. Il a également nié que le travail concernant l’ histoire du Times représentait un conflit d’intérêts. Boies a déclaré que l’implication de son cabinet avec les enquêteurs était une erreur. «Nous n’aurions pas dû contracter et payer des enquêteurs que nous n’avons pas sélectionnés et dirigés», m’a-t-il dit. «À l’époque, cela semblait être un accommodement raisonnable pour un client, mais ce n’était pas réfléchi, et c’était mon erreur. C’était une erreur à l’époque. « 

Harvey Weinstein était un allié inconditionnel des juifs sionistes américains et israéliens.
On le voit ici,alors qu’il est re¸u au centre Simon Wiesenthal,le chasseur de Nazi.

Les techniques comme celles utilisées par les agences au nom de Weinstein sont presque toujours gardées secrètes et, parce que ces relations sont souvent menées par des cabinets d’avocats, les enquêtes sont théoriquement protégées par le secret professionnel, ce qui peut empêcher leur divulgation devant les tribunaux. Les documents et les sources révèlent les outils et les tactiques à la disposition des individus puissants pour réprimer les histoires négatives et, dans certains cas, empêcher les enquêtes criminelles.

Dans une déclaration, le porte-parole de Weinstein, Sallie Hofmeister, a déclaré: « C’est une fiction de suggérer que des individus ont été ciblés ou supprimés à tout moment. »

En mai 2017, McGowan a reçu un e-mail d’une agence littéraire qui l’a présentée à une femme qui s’est identifiée comme Diana Filip, responsable adjointe des investissements durables et responsables chez Reuben Capital Partners, une société de gestion de fortune basée à Londres. Filip a dit à McGowan qu’elle lançait une initiative pour combattre la discrimination contre les femmes sur le lieu de travail, et a demandé à McGowan, une avocate des droits des femmes, de prendre la parole lors d’un événement de lancement du gala plus tard dans l’année. Filip a offert à McGowan des honoraires de soixante mille dollars. « Je comprends que nous avons beaucoup en commun », a écrit Filip à McGowan avant leur première rencontre, en mai, à l’hôtel Peninsula de Beverly Hills. Filip avait un numéro de téléphone cellulaire au Royaume-Uni, et elle a parlé de ce que McGowan a pris pour être un accent allemand. Au cours des mois suivants, Les deux femmes se sont rencontrées au moins trois fois dans des bars d’hôtels à Los Angeles et à New York et ailleurs. «Je l’ai emmenée à la promenade de Venise et nous avions de la crème glacée pendant que nous flânions», m’a dit McGowan, ajoutant que Filip était «très gentil». Les deux ont longuement discuté des questions relatives à l’autonomisation des femmes. Filip a également dit à plusieurs reprises à McGowan qu’elle voulait faire un investissement important dans la société de production de McGowan.

Filip était persistant. Dans un e-mail, elle a suggéré de se rencontrer à Los Angeles et ensuite, quand McGowan a dit qu’elle serait à New York, Filip a dit qu’elle pouvait s’y retrouver aussi facilement. Elle a également commencé à faire pression sur McGowan pour obtenir des informations. Dans une conversation en juillet, McGowan a révélé à Filip qu’elle m’avait parlé dans le cadre de mes reportages sur Weinstein. Une semaine plus tard, j’ai reçu un e-mail de Filip demandant une réunion et suggérant que je rejoins sa campagne pour mettre fin àdiscrimination professionnelle contre les femmes. «Je suis très impressionnée par votre travail en tant que défenseur de l’égalité des sexes et je crois que vous apporteriez une contribution inestimable à nos activités», a-t-elle écrit en utilisant l’adresse électronique de son cabinet de gestion de patrimoine. Je ne savais pas qui elle était, je n’ai pas répondu.

Filip a continué à rencontrer McGowan. Lors d’une réunion en septembre, Filip a été rejoint par un autre agent de Black Cube, qui a utilisé le nom de Paul et affirmé être un collègue chez Reuben Capital Partners. L’objectif, selon deux sources connaissant l’effort, était de faire passer McGowan à un autre agent pour en extraire plus d’informations. Le 10 octobre, le jour où The New Yorker apublié mon histoire sur Weinstein, Filip a tendu la main à McGowan dans un e-mail. « Salut Love », elle a écrit. « Comment allez-vous? . . . Je voulais juste vous dire à quel point je pense que vous êtes courageux. « Elle a signé avec un » xx « . Filip a envoyé un courriel à McGowan aussi récemment que le 23 octobre.

En fait, « Diana Filip » était un pseudonyme pour un ancien officier des forces de défense israéliennes originaire d’Europe de l’Est et travaillant pour Black Cube, selon trois personnes ayant une connaissance de la situation. Quand j’ai envoyé à McGowan des photos de l’agent Black Cube, elle l’a reconnue instantanément. « Oh mon Dieu », elle a répondu. « Reuben Capital. Diana Filip. Pas de putain de chemin. « 

Ben Wallace, journaliste à New Yorkqui poursuivait une histoire sur Weinstein, a dit que la même femme l’a rencontré deux fois l’automne dernier. Elle s’est identifiée seulement comme Anna et a suggéré qu’elle avait une allégation contre Weinstein. Quand j’ai présenté à Wallace les mêmes photographies de l’agent d’infiltration de Black Cube, Wallace l’a rappelé vivement. « C’est elle, » dit-il. Comme McGowan, Wallace a déclaré que la femme avait ce qu’il a supposé être un accent allemand, ainsi qu’un numéro de téléphone cellulaire au Royaume-Uni. Wallace m’a dit qu’Anna l’avait contacté pour la première fois le 28 octobre 2016, alors qu’il travaillait sur l’histoire de Weinstein depuis environ un mois et demi. Anna a refusé de révéler qui lui avait donné l’information de Wallace. Au cours des deux réunions, Wallace est devenu de plus en plus méfiant de ses motifs. Anna semblait le pousser à se renseigner, se souvient-il, « sur le statut et la portée de mon enquête, et à propos de qui je pourrais parler, sans me donner d’aide ou d’information significative. »Lors de leur deuxième rencontre, Anna leur a demandé de s’asseoir près de lui, ce qui a amené Wallace à soupçonner qu’elle pourrait enregistrer l’échange. Quand elle a raconté ses expériences avec Weinstein, Wallace a dit, « cela ressemblait à du soap-opera. » Wallace n’était pas le seul journaliste contacté par la femme. En plus de ses e-mails, Filip a également envoyé un e-mail à Jodi Kantor, duLes temps , selon les sources impliquées dans l’effort.

Les numéros de téléphone cellulaire britanniques que Filip a fournis à Wallace et McGowan ont été déconnectés. Les appels au numéro de Reuben Capital Partners à Londres sont restés sans réponse. Pas plus tard que vendredi, le cabinet disposait d’un site Web simple, avec des photos de stock et des passages de texte génériques sur la gestion des actifs et une initiative intitulée Women in Focus. Le site, qui a maintenant été démonté, a répertorié une adresse près de Piccadilly Circus, exploitée par une entreprise spécialisée dans les espaces de bureaux partagés. Cette société a déclaré n’avoir jamais entendu parler de Reuben Capital Partners. Deux sources ayant connaissance du travail de Weinstein avec Black Cube ont déclaré que l’entreprise crée des sociétés fictives pour couvrir ses activités, et que la firme de Filip était l’une d’entre elles.

Black Cube a refusé de commenter les détails de tout travail qu’il a fait pour Weinstein. L’agence a déclaré dans un communiqué: « C’est la politique de Black Cube de ne jamais discuter de ses clients avec des tiers, et de ne jamais confirmer ni nier toute spéculation sur le travail de l’entreprise. Black Cube soutient le travail de nombreux grands cabinets d’avocats à travers le monde, en particulier aux États-Unis, rassemblant des preuves de processus juridiques complexes, impliquant des différends commerciaux, parmi lesquels la découverte de campagnes négatives. . . . Il convient de souligner que Black Cube applique des normes morales élevées à son travail, et fonctionne en pleine conformité avec la loi de toute juridiction dans laquelle elle opère – en suivant strictement les conseils et avis juridiques fournis par les principaux cabinets d’avocats du monde entier.

À l’automne dernier, Weinstein a commencé à mentionner Black Cube dans ses conversations avec ses associés et avocats. L’agence s’est fait un nom en cherchant de l’information pour des entreprises en Israël, en Europe et aux États-Unis, ce qui a mené à des jugements juridiques couronnés de succès contre des concurrents commerciaux. Mais l’entreprise a également fait face à des questions juridiques sur l’utilisation de fausses identités et d’autres tactiques par ses employés. L’année dernière, deux de ses enquêteurs ont été arrêtés en Roumanie sur des accusations de piratage. En fin de compte, la société a conclu un accord avec les autorités roumaines, en vertu duquel les opérateurs ont reconnu avoir été piratés et ont été libérés. Deux sources familières avec l’agence ont défendu sa décision de travailler pour Weinstein, en disant qu’ils croyaient initialement que la mission se concentrait sur ses rivaux d’affaires.

Le 28 octobre 2016, Boies Schiller Flexner, le cabinet d’avocats de Boies, a câblé à Black Cube les premiers cent mille dollars, vers ce qui serait finalement un six cent mille dollarsfacture d’achat. (Les documents ne précisent pas combien de la facture a été payée.) Le cabinet d’avocats et Black Cube ont signé un contrat ce mois-là et plusieurs autres plus tard. L’une, datée du 11 juillet 2017 et portant la signature de Boies, indique que les «objectifs principaux» du projet sont de «fournir des renseignements qui aideront le client à arrêter complètement la publication d’un nouvel article négatif dans un grand journal de New York» et à « Obtenir le contenu supplémentaire d’un livre qui est en cours d’écriture et comprend des informations négatives nuisibles sur et sur le client », qui est identifié comme Weinstein dans plusieurs documents. (Dans un courriel, un cadre de Black Cube demande aux avocats retenus par l’agence de désigner Weinstein comme «le client final» ou «M. X», notant que le fait de le désigner par son nom le mettra extrêmement en colère.) L’article mentionné dans le contrat était,l’histoire qui a finalement couru dans le Times le 5 octobre. Le livre était «Brave», un mémoire de McGowan, qui devait être publié par HarperCollins en janvier. Les documents montrent que, finalement, l’agence a livré à Weinstein plus de cent pages de transcriptions et de descriptions du livre, basées sur des dizaines d’heures de conversations enregistrées entre McGowan et l’enquêteuse privée.

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Le contrat entre une société de sécurité privée et l’un des avocats de Harvey Weinstein.

Le porte-parole de Weinstein, Hofmeister, a appelé «l’affirmation que M. Weinstein a obtenu n’importe quelle partie d’un livre. . . faux et parmi les nombreuses inexactitudes et théories de conspiration sauvages promues dans cet article. « 

L’entente de juillet comportait plusieurs «frais de réussite» si Black Cube atteignait ses objectifs. L’entreprise recevrait trois cent mille dollars supplémentaires si l’agence «fournit des renseignements qui contribueront directement aux efforts visant à empêcher complètement la publication de l’article, sous quelque forme que ce soit». Black Cube serait également payé cinquante mille dollars si il a assuré « l’autre moitié » du livre de McGowan « dans un livre lisible et un format légalement admissible. »

Les contrats montrent également certaines des techniques employées par Black Cube. L’agence a promis « une équipe dévouée de spécialistes du renseignement qui opèreront aux Etats-Unis et dans tout autre pays nécessaire », dont un chef de projet, des analystes du renseignement, des linguistes et des « opérateurs d’avatars » spécialement recrutés pour créer de fausses identités sur les réseaux sociaux. L’agence a également indiqué qu’elle fournirait «un agent à temps plein du nom de« Anna »(ci-après« l’agent »), qui sera basé à New York et Los Angeles. Angeles selon les instructions du client et qui sera disponible à plein temps pour assister le client et ses avocats pour les quatre prochains mois.

Harvey Weinstein et Jennifer Lawrence.

Black Cube a également accepté d’embaucher «un journaliste d’enquête, selon la demande du client», qui serait tenu de mener dix entretiens par mois pendant quatre mois et d’être payé quarante mille dollars. Black Cube a accepté de « rapporter rapidement au Client les résultats de ces interviews du Journaliste ».

En janvier 2017, un journaliste indépendant a appelé McGowan et a eu une longue conversation avec elle qu’il a enregistrée sans le lui dire; il a ensuite communiqué avec Black Cube au sujet des entrevues, bien qu’il ait nié qu’il leur rendait compte officiellement. Il a contacté au moins deux autres femmes avec des allégations contre Weinstein, y compris l’actrice Annabella Sciorra, qui plus tard est devenue publique dans The New Yorker avec une allégation de viol contre Weinstein. Sciorra, qu’il a appelé en août, a dit qu’elle a trouvé la conversation suspecte et a décroché le téléphone aussi vite que possible. « Cela m’a frappé comme BS », m’a-t-elle dit. « Et ça m’a fait peur qu’Harvey fasse des tests pour voir si je pourrais parler. » Le pigiste a également passé des appels à Wallace, le journaliste de New York , et à moi.

Deux sources proches de l’effort et plusieurs documents montrent que le même pigiste a reçu des informations de contact des actrices, des journalistes et des rivaux de Weinstein de Black Cube, et que l’agence a finalement transmis des résumés de ces entretiens aux avocats de Weinstein. Lorsqu’il a été contacté à propos de son rôle, le pigiste, qui a parlé sous condition d’anonymat, a déclaré qu’il avait travaillé sur sa propre histoire à propos de Weinstein, en utilisant les informations de contact qui lui ont été fournies par Black Cube. Le pigiste a dit qu’il a tendu la main à d’autres journalistes, dont l’un a utilisé le matériel de ses entretiens, dans l’espoir d’aider à exposer Weinstein. Il a nié avoir été payé par Black Cube ou Weinstein.

Weinstein a également enrôlé d’autres journalistes pour découvrir des informations qu’il pourrait utiliser pour saper les femmes avec des allégations. En décembre 2016, un échange de courriels entre Weinstein et Dylan Howard, le responsable du contenu d’American Media Inc., qui publie le National Enquirer , montre que Howard a partagé avec Weinstein des documents obtenus par un de ses journalistes, dans le cadre d’un effort. pour aider Weinstein à réfuter l’allégation de viol de McGowan. Dans un e-mail, Howard a envoyé à Weinstein une liste de contacts. « Discutons des prochaines étapes pour chacun », a-t-il écrit. Après que Weinstein l’a remercié, Howard a décrit un appel qu’un de ses journalistes a fait à Elizabeth Avellan, l’ex-épouse du directeur Robert Rodriguez, que Rodriguez est parti pour avoir une relation avec McGowan.

Avellan m’a dit qu’elle se souvenait de l’interview. La journaliste de Howard « a continué à appeler, à appeler et à appeler », a-t-elle dit, et a également contacté d’autres personnes proches d’elle. Avellan enfin appeléEn arrière, parce que «j’avais peur que les gens puissent commencer à appeler mes enfants.» Dans un long appel téléphonique, le journaliste l’a pressée pour des déclarations peu flatteuses au sujet de McGowan. Elle a insisté pour que l’appel soit retiré du dossier, et le journaliste a accepté. Le journaliste a enregistré l’appel et a ensuite transmis l’audio à Howard.

Dans les courriels subséquents à Weinstein, Howard a déclaré: «J’ai quelque chose d’incroyable. . . elle finit par s’installer dans Rose. « Weinstein répondit: » C’est le tueur. Surtout si mes empreintes digitales ne sont pas là. « Howard rassura alors Weinstein, » Ils ne le sont pas. Et la conversation. . . Le jour suivant, Howard a ajouté, dans un autre courriel, «Fichier audio à suivre». (Howard a nié avoir envoyé l’audio à Weinstein.) Avellan m’a dit qu’elle n’aurait pas accepté de collaborer aux efforts pour discréditer McGowan. . « Je ne veux pas faire honte aux gens », a-t-elle dit. « Je n’étais pas intéressé. Les femmes devraient être solidaires. « 

Weinstein avec l’une de ses filles.

Dans une déclaration, Howard a déclaré que, en plus de son rôle en tant que responsable du contenu principal chez American Media Inc., le National Enquirer’séditeur, il a supervisé un accord de production télévisuelle avec Weinstein, qui a depuis été résilié. Il a déclaré que, au moment des courriels, «en l’absence d’une décision de l’entreprise de résilier l’entente avec The Weinstein Company, j’avais l’obligation de protéger les intérêts d’AMI en recherchant – sans publier – des informations véridiques Weinstein a insisté faisait de fausses réclamations contre lui. Dans la mesure où j’ai fourni des renseignements «officieux» à M. Weinstein au sujet de l’un de ses accusateurs – à un moment où M. Weinstein refusait le harcèlement de toute femme -, je n’aurais jamais permis à AMI de publier Internet ou dans ses magazines. « Bien qu’au moins un des journalistes de Howard ait fait des appels liés aux enquêtes de Weinstein, Howard a insisté sur le fait qu’il a strictement divisé son travail avec Weinstein de son travail de journaliste. « J’ai toujours séparé ces deux rôles avec soin et complètement et j’ai résisté aux efforts répétés de M. Weinstein pour que les titres AMI publient des histoires favorables sur lui ou des articles négatifs sur ses accusateurs », a déclaré Howard. Un représentant de l’AMI a noté qu’à l’époque, Weinstein avait insisté sur le fait que la rencontre était consensuelle et que les allégations étaient fausses.

Hofmeister, le porte-parole de Weinstein, a ajouté: « En ce qui concerne M. Howard, il a servi de point de contact pour les relations d’affaires de longue date d’American Media avec The Weinstein Company. Plus tôt cette année, M. Weinstein a donné à M. Howard une information dont M. Howard a convenu qu’elle pourrait faire une bonne histoire. M. Howard a suivi le conseil et a suivi M. Weinstein par courtoisie, mais a refusé de publier une histoire.

 relation de Weinstein avec Kroll, l’une des autres agences avec lesquelles il a contracté, remonte à plusieurs années. Après Ambra Battilana Gutierrez, un modèle italien, accusé Weinstein de l’agresser sexuellement, en 2015, elle a conclu un accord avec Weinstein qui l’obligeait à livrer tous ses appareils personnels à Kroll, afin qu’ils puissent être effacés de la preuve d’une conversation dans laquelle Weinstein admis à la tâtonner. Un enregistrement de cet échange , capturé lors d’une opération policière, a été publié par le New Yorker le mois dernier.

Au cours de l’effort plus récent pour fermer les histoires émergentes, Kroll a de nouveau joué un rôle central. Des courriels montrent que Dan Karson, le président de la pratique des enquêtes et des différends de Kroll Americas, a contacté Weinstein à son adresse électronique personnelle avec des informations sur des femmes avec des allégations. En octobre 2016, par courriel, Karson a envoyé à Weinstein onze photographies de McGowan et de Weinstein lors de différents événements au cours des années après qu’il l’aurait agressée. Trois heures plus tard, Weinstein transmettait le courriel de Karson à Blair Berk, l’avocat de la défense de Boies et Weinstein, et leur disait de «faire défiler les messages supplémentaires». Le lendemain matin, Berk a répondu à cette photo montrant McGowan Weinstein, « est l’argent tiré. »

Berk a défendu ses actions. « Tout avocat de la défense criminelle digne de ce nom enquêterait sur des allégations non prouvées afin de déterminer si elles sont crédibles », a-t-elle dit. « Et ce serait un manquement au devoir de ne pas procéder à une recherche dans les archives publiques des photographies de l’accusateur qui embrasse l’accusé, prises après le moment de l’agression alléguée. »

Une autre entreprise, le psops basé à Los Angeles, et son enquêteur privé principal, Jack Palladino, ainsi qu’un autre de ses enquêteurs, Sara Ness, ont produit des profils détaillés de divers individus dans la saga, parfois de nature personnelle, qui comprenaient des informations qui pourraient être utilisées pour miner leur crédibilité. Un rapport sur McGowan que Ness a envoyé à Weinstein en décembre dernier a duré plus d’une centaine de pages et comportait l’adresse de McGowan et d’autres informations personnelles, ainsi que des sections intitulées « Mensonges / Exagérations / Contradictions », « Hypocrisie » et « Potentiel Négatif ». « Une abréviation apparente de » témoins. « Un sous-titre lire » Past Lovers. « La section comprenait des détails de ruptures acrimonieuses, en mentionnant Avellan, et discuté des messages Facebook exprimant des sentiments négatifs sur McGowan. (Palladino et Ness n’ont pas répondu à plusieurs demandes de commentaires.)

D’autres entreprises ont également participé à l’élaboration de ces profils, y compris ceux qui se concentraient sur des facteurs qui, en théorie, pourraient faire en sorte que les femmes se prononcent contre les abus sexuels. Rosanna Arquette, une actrice qui, plus tard, dans The New Yorker , a accusé Weinstein de harcèlement sexuel. Le dossier mentionne l’amitié d’Arquette avec McGowan, les publications de médias sociaux sur les abus sexuels, et le fait qu’un membre de la famille soit devenu public avec une allégation selon laquelle elle aurait été molestée dans son enfance.

Toutes les entreprises de sécurité que Weinstein a embauchées ont également été impliquées dans la tentative de dénichersources des journalistes et sonder leurs origines. Wallace, le journaliste de New York , a dit qu’il était méfiant quand il a reçu l’appel de l’agent du Black Cube en utilisant le pseudonyme Anna, parce que Weinstein avait déjà demandé une rencontre avec Wallace; Adam Moss, le rédacteur en chef de New York ; David Boies; et un représentant de Kroll. L’intention, supposait Wallace, était de « venir avec des dossiers qui traînaient diverses femmes et moi ». Moss déclina la réunion.

Dans une série d’e-mails envoyés dans les semaines qui ont précédé Wallace a reçu l’appel d’Anna, Dan Karson, de Kroll, a envoyé à Weinstein des informations préliminaires sur Wallace et Moss. « Pas d’informations défavorables sur Adam Moss jusqu’à présent (pas de procès en diffamation, pas de dossiers judiciaires ou de jugements / privilèges / UCC, etc.) », a écrit Karson dans un e-mail. Deux mois plus tard, Palladino, le psopsinvestigator, a envoyé à Weinstein un profil détaillé de Moss. Il a déclaré: « Notre recherche n’a pas donné de pistes prometteuses pour la destitution personnelle de Moss. »

Harvey weinstein avec sa femme Georgina Chapman.

Des échanges de courriels similaires ont eu lieu à propos de Wallace. Kroll a envoyé à Weinstein une liste de critiques publiques sur les rapports antérieurs de Wallace et une description détaillée d’un procès en diffamation intenté par le Royaume-Uni en réponse à un livre qu’il avait écrit, en 2008, sur le marché des vins rares. psops a également décrit l’ex-épouse de Wallace, notant qu’elle «pourrait s’avérer pertinente aux considérations de notre stratégie de réponse quand l’article de Wallace sur notre client est finalement publié.

En janvier 2017, Wallace, Moss et d’autres éditeurs de New York ont décidé de mettre l’histoire à l’écart. Wallace avait dressé une liste détaillée de femmes avec des allégations, mais il manquait des déclarations officielles de victimes. Wallace a déclaré que la décision de ne pas diffuser une histoire avait été prise pour des raisons journalistiques légitimes. Néanmoins, il a dit: « Il y avait beaucoup plus de statique et de distraction que ce que j’ai rencontré sur n’importe quelle autre histoire. »

D’autres journalistes ont également fait l’objet d’une enquête. En avril 2017, Ness, de psops , a envoyé à Weinstein une évaluation de mes propres interactions avec des «personnes d’intérêt» – une liste composée en grande partie de femmes avec des allégations, ou de celles qui leur sont liées. Plus tard, le psops a soumis un rapport détaillé axé sur moi et Jodi Kantor, du Times . Certaines des observations contenues dans le rapport sont banales. « Kantor ne suit pas Ronan Farrow », note-t-il, se référant aux relations sur Twitter. À d’autres moments, le rapport reflète un effort détaillé pour découvrir des sources. Une personne que j’ai interrogée, et une autre à qui Kantor a parlé dans son entreprise distincte, ont été répertoriées comme ayant rapporté les détails des conversations à Weinstein.

WEST HOLLYWOOD, CA – JANUARY 27: Harvey Weinstein (L) and actress Meryl Streep attend the Australian Academy Of Cinema And Television Arts International Awards Ceremony at Soho House on January 27, 2012 in West Hollywood, California.

Pendant des années, Weinstein avait utilisé des agences de sécurité privées pour enquêter sur les journalistes. Dans les débuts, alors que le journaliste David Carr, décédé en 2015, travaillait sur un reportage sur Weinstein pour New York , Weinstein chargeait Kroll de recueillir des informations peu flatteuses à son sujet, selon une source proche du sujet. La veuve de Carr, Jill Rooney Carr, m’a dit que son mari croyait qu’il était surveillé, bien qu’il ne sache pas par qui. « Il pensait qu’il était suivi », se souvient-elle. Dans un document, les enquêteurs de Weinstein ont écrit que Carr avait appris l’allégation de McGowan au cours de ses reportages. Carr « a écrit un certain nombre d’articles critiques / peu flatteurs sur HW au cours des années », dit le document, « aucun d’entre eux n’a abordé le sujet des femmes (en raison de la peur des représailles de HW, selon HW). »

Les relations de Weinstein avec les enquêteurs privés étaient souvent acheminées par les cabinets d’avocats qui le représentaient. Ceci est conçu pour placer des documents d’investigation sous l’égide du privilège avocat-client, ce qui peut empêcher la divulgation de communications, même au tribunal.

David Boies, qui était impliqué dans les relations avec Black Cube et psops , était d’abord réticent à parler avec The New Yorker , craignant d’être «mal interprété soit en essayant de nier ou de minimiser les erreurs qui ont été commises, soit en accord avec les critiques que je ne suis pas d’accord sont valables. « 

Mais Boies a senti le besoin de répondre à ce qu’il considérait comme «juste et important» des questions sur son embauche d’enquêteurs. Il a dit qu’il ne considérait pas que les dispositions contractuelles enjoignant Black Cube d’empêcher la publication de l’ article du Times  de constituer un conflit d’intérêts, car son cabinet représentait également le journal dans une poursuite en diffamation. Dès le début, il a conseillé à Weinstein «que l’histoire ne pouvait être stoppée par des menaces ou une influence et que la seule façon de stopper l’histoire était de convaincre le Times qu’il n’y avait pas de viol.» Boies m’a dit qu’il n’avait jamais fait pression n’importe quel point de vente. « Si des preuves pouvaient être découvertes pour convaincre le Timesles accusations ne devraient pas être publiées, je ne croyais pas, et je ne crois pas, que cela serait contraire à l’ intérêt du Times . « 

Il a toutefois admis que tout effort visant à dresser un portrait et à saper les journalistes, au Times et ailleurs, était problématique. « En général, je ne pense pas qu’il soit approprié d’essayer de faire pression sur les journalistes », a-t-il dit. « Si cela s’est passé ici, cela n’aurait pas été approprié. »

Bien que les agences payées par son cabinet se soient concentrées sur de nombreuses femmes avec des allégations, Boies a dit qu’il était seulement au courant de leur travail en rapport avec McGowan, dont les allégations ont été réfutées par Weinstein. « Compte tenu de ce qui était connu à l’époque, j’ai pensé qu’il était tout à fait approprié d’enquêter précisément sur ce qu’il était accusé de faire, et d’enquêter sur les faits qui réfuteraient ces accusations », a-t-il dit.

De sa représentation de Weinstein en général, il a déclaré: «Je ne crois pas que les anciens avocats devraient critiquer les anciens clients.» Mais il a exprimé des regrets. « Bien qu’il vigoureusementnie utiliser la force physique, M. Weinstein a lui-même reconnu que son contact avec les femmes était indéfendable et incroyablement blessant », m’a dit Boies. « En rétrospective, j’en ai su assez en 2015 que je crois que j’aurais dû être au courant d’un problème et en avoir fait quelque chose. Je ne sais pas ce qui s’est passé après 2015, mais dans la mesure où c’est le cas, je pense avoir une certaine responsabilité. Je pense aussi que si les gens avaient agi plus tôt, cela aurait été mieux pour M. Weinstein. « 

Weinstein a également rédigé des individus autour de lui dans ses efforts – volontairement et non. En décembre 2016, Weinstein a demandé à l’actrice Asia Argento, qui a finalement rendu public dans The New Yorker son allégation de viol contre Weinstein, de rencontrer en Italie ses enquêteurs privés pour témoigner en son nom. Argento, qui se sentait obligée de dire oui, a décliné après que son partenaire, le chef et personnalité de la télévision Anthony Bourdain, lui ait conseillé d’éviter la réunion. Une autre actrice, qui a refusé d’être nommée dans cette histoire, a déclaré que Weinstein lui a demandé de rencontrer des journalistes pour extraire des informations sur d’autres sources.

Weinstein a également enrôlé deux anciens employés, Denise Doyle Chambers et Pamela Lubell, dans ce qui s’est avéré être un effort pour identifier et appeler des gens qui pourraient parler à la presse au sujet de leurs propres allégations ou d’autres allégations. Weinstein partageait secrètement les listes qu’ils compilaient avec Black Cube.

Ici,en compagnie d’Emma Thompson.

Hofmeister, s’exprimant au nom de Weinstein, a déclaré: «Toutes les« listes »qui ont été préparées comprenaient les noms d’anciens employés et d’autres qui étaient pertinents pour la recherche et la préparation d’un livre sur Miramax. Les anciens employés interviewés pour le livre ont rapporté avoir reçu des contacts non désirés des médias. « 

Doyle Chambers a refusé une demande d’entrevue. Mais Lubell, une productrice qui a travaillé pour Weinstein à Miramax il y a des décennies, m’a dit qu’elle avait été manipulée pour participer. En juillet 2017, Lubell a visité les bureaux de Weinstein pour le présenter sur une application qu’elle développait. Au milieu de la réunion, Weinstein a demandé à Lubell s’ils pouvaient avoir une conversation privée dans son bureau. Lubell m’a dit qu’un avocat travaillant avec Weinstein était déjà là, avec Doyle Chambers. Weinstein a demandé si Lubell et Doyle Chambers pouvaient écrire un « livre amusant sur les temps anciens, l’apogée, de Miramax. » « Pam », elle a rappelé lui disant, « écrivez tous les employés que vous connaissez, et pouvez-vous entrer en contact avec eux? »

Quelques semaines plus tard, en août, après qu’ils eurent fait la liste, Weinstein « nous a rappelés dans le bureau », a rappelé Lubell. « Et il a dit: » Vous savez quoi, nous allons mettre un terme au livre.  » « Il a demandé à Doyle Chambers et Lubell » d’appeler certains de vos amis sur la liste et de voir s’ils recevaient des appels de la presse. « Début septembre, Weinstein a convoqué Lubell et Doyle Chambers à son bureau pour leur demander de téléphoner aux gens connecté à plusieurs actrices. « Ça a été plutôt intense », se souvient Lubell. «Nous ne connaissions pas ces personnes, et tout à coup, c’était quelque chose de très différent de ce à quoi nous nous étions engagés.» Plusieurs des femmes ciblées ont dit avoir ressenti les appels qu’elles avaient reçus de Lubell et Doyle Chambers et de Weinstein lui-même , étaient effrayants.

Harvey Weinstein en com,pagnie de Lindsay Lohan

Lubell m’a dit que des heures avant la première histoire de Times , le 5 octobre, Weinstein l’a convoquée, Doyle Chambers, et d’autres membres de son équipe, y compris l’avocat Lisa Bloom, qui a depuis démissionné, à son bureau. « Il était dans la panique », a rappelé Lubell. « Il commence à crier, » Obtenez untel au téléphone.  » « Après la publication de l’histoire, l’équipe s’est démenée pour y répondre. Bloom et d’autres se sont penchés sur des photos qui, comme celles présentées dans les e-mails de Kroll, ont montré un contact continu entre Weinstein et les femmes qui ont fait des allégations. « Il nous criait: » Envoyez-les aux membres du conseil «  », se souvient Lubell. Elle a envoyé les photos au conseil d’administration avant la réunion de crise au cours de laquelle la position de Weinstein dans sa société a commencé à s’effilocher.

Depuis que les allégations contre Weinstein sont devenues publiques, Lubell n’a pas bien dormi. Elle m’a dit que, même si elle savait que Weinstein «était un tyran et un tricheur», elle «n’a jamais pensé qu’il était un prédateur». Lubell s’est demandé si elle aurait dû en savoir plus, plus tôt.

Après une année d’efforts concertés, la campagne de Weinstein pour suivre et faire taire ses accusateurs s’est effondrée. Plusieurs des femmes ciblées, cependant, ont déclaré que l’utilisation par Weinstein d’agences de sécurité privées a accentué le défi de s’exprimer. « Ça m’a fait peur, » dit Sciorra, « parce que je savais ce que cela signifiait d’être menacé par Harvey. J’avais peur qu’il me trouve. »McGowan a déclaré que les agences et les cabinets d’avocats ont permis le comportement de Weinstein. Comme elle était ciblée, elle ressentait un sentiment croissant de paranoïa. « C’était comme le film ‘Gaslight' », m’a-t-elle dit. «Tout le monde m’a menti tout le temps.» Au cours de la dernière année, elle a dit: «J’ai vécu dans une maison sympa.

 

 

 

Des fortunes de grands argentiers du PLC à l’abri de l’impôt à l’étranger

Justin Trudeau discute avec Stephen Bronfman à l’occasion d’une fête organisée par ce dernier à St. Peters Bay à l’Île-du-Prince-Édouard en août 2013.

 

 

Une nouvelle fuite massive de documents lie aux paradis fiscaux d’influents argentiers du Parti libéral du Canada proches de la famille Trudeau, mais aussi les anciens premiers ministres Paul Martin, Jean Chrétien et Brian Mulroney.

Qualifiée de plus importante encore que les Panama Papers, la fuite des Paradise Papers impliquerait également plusieurs dizaines d’autres personnes riches, dont le secrétaire au Commerce de Donald Trump, les stars de la musique Bono et Madonna et même la reine Elizabeth II.

La célèbre famille montréalaise Bronfman et l’influent sénateur libéral Leo Kolber ont longtemps eu aux îles Caïmans une fiducie de plus de 60 millions de dollars américains dont la principale fonction, selon les experts consultés, semble avoir été d’éviter de payer de l’impôt au Canada, a révélé dimanche le Consortium international des journalistes d’enquêtes (CIJE).

Ce consortium s’est penché pendant plusieurs mois sur plus de 13 millions de documents qui ont fuité de cabinets d’avocats spécialisés dans les paradis fiscaux.

Or, l’un des héritiers de la famille Bronfman, Stephen, a été au coeur de la campagne à la chefferie et de financement du premier ministre, Justin Trudeau, alors que Leo Kolber a été l’un des grands argentiers de son père et ex-premier ministre, Pierre Elliot Trudeau, ont observé les médias canadiens membres du Consortium : Radio-Canada et le quotidien Toronto Star.

L’avocat représentant les familles Bronfman et Kolber a nié, auprès de ces médias, que la moindre loi ou la moindre règle éthique ait été violée.

Ironiquement, rappellent les deux médias canadiens, le sénateur Leo Kolber avait été amené, à l’époque du premier ministre Martin, à se pencher sur un projet de loi visant justement à éviter que les fiducies servent à contourner le fisc alors qu’il présidait l’important comité sénatorial des banques et du commerce.

Le projet de loi était mort au feuilleton au Sénat. Il faudra attendre 14 ans et l’élection du gouvernement conservateur de Stephen Harper pour qu’une version moins contraignante de la loi soit adoptée. La fiducie Bronfman-Kolber a finalement été liquidée en 2016.

Mulroney, Martin et Madonna

Ces révélations, qui seront suivies par d’autres dans les prochains jours, promet-on, viennent de disques durs obtenus par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung et dont le contenu a été partagé avec le CIEJ et son réseau de 382 journalistes dans 67 pays.

Les données proviendraient notamment des cabinets d’avocats réputés Appleby, aux Bermudes, et Asiachi Trust, de Singapour, actifs entre autres dans plus d’une quinzaine de paradis fiscaux.

Les documents montreraient, entre autres, que Brian Mulroney a siégé à partir de 2004 au conseil d’administration d’une compagnie incorporée aux Bermudes et appartenant à un milliardaire syrien mêlé à une affaire de corruption dans un contrat de vente d’armes.

On y verrait aussi que le rôle de consultant qu’a joué Jean Chrétien auprès d’une compagnie pétrolière incorporée aux Bermudes après qu’il eut quitté la vie publique lui aurait valu 100 000 options d’achat d’actions.

On relève également que Paul Martin a longtemps eu une compagnie maritime (Canada Steamchip Lines) qui comptait une quinzaine de filiales souvent enregistrées aux Bermudes avant qu’il n’en cède le contrôle à ses fils en 2003. Les trois hommes ont nié avoir fait quoi que ce soit de répréhensible.

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, ne s’est pas excusé d’avoir gardé, grâce à des entités offshore, 31 % du contrôle d’une société de transport maritime faisant affaire avec un proche du président russe, Vladimir Poutine.

La reine d’Angleterre a dit que c’est à son insu qu’une partie de ses millions a transité par les îles Caïmans et les Bermudes. Quant à Madonna et Bono, comme Apple, Nike, Uber et Tesla, ils ont affirmé respecter strictement la loi.

Optimiste malgré tout

« Je ne crois pas que ces nouvelles révélations soient tellement une surprise pour les gens », a remarqué en entretien téléphonique au Devoir la fiscaliste Brigitte Alepin, qui publiait déjà il y a 15 ans un ouvrage intitulé Ces riches qui ne paient pas d’impôt« On peut quand même s’étonner qu’avec tout ce qui s’est dit sur les paradis fiscaux, nos élus ne soient pas devenus plus prudents dans le choix de leurs relations. »

La professeure de l’UQAM et organisatrice depuis trois ans d’une conférence internationale annuelle sur la concurrence fiscale se montre relativement optimiste malgré tout. « Ce que je ne réalisais pas il y a 15 ans, c’est combien la solution pratique à ce problème est complexe », explique-t-elle.

Il ne suffit pas qu’un gouvernement décide à serrer la vis à ses contribuables pour les empêcher de tirer profit des règles plus laxistes d’un autre pays. Il faut convaincre suffisamment de gouvernements qu’au moins un minimum de règles communes est nécessaire, ne serait-ce que pour conserver un certain pouvoir sur leur fiscalité.

C’est ce qu’a notamment entrepris de faire l’Organisation de coopération et développement économiques (OCDE) en s’attaquant au secret bancaire et en exigeant plus de transparence de la part des entreprises sur l’endroit où ils exercent leurs activités, réalisent des profits et payent leurs impôts.

 
Stephane Dion et John kerry:la fraternisation avec Skull and Bones.

« Les choses progressent mieux que je l’aurais cru, mais il reste encore à convaincre plusieurs pays pour atteindre une masse critique suffisante, observe Brigitte Alepin. Espérons qu’on y parvienne avant que les contribuables n’aient complètement perdu confiance dans nos systèmes fiscaux. »