Astronomie:La photo la plus lointaine jamais prise dans l’espace

Aucune image n’avait, jusqu’à aujourd’hui, été prise d’aussi loin de la Terre. En décembre dernier, la sonde New Horizons de la NASA a capté une image au moment où elle se trouvait à 6,12 milliards de kilomètres de la Terre, soit à plus de 40 fois la distance Terre-Soleil. Un record.

L'objet 2012 HE85.

L’objet 2012 HE85.

 

Cette image – dont la précision n’est pas de la plus grande qualité – montre un point jaune entouré d’une couronne vert et bleu sur fond violet.

Elle a été prise à l’aide de l’instrument LORRI embarqué dans la sonde New Horizons, qui a été lancée en 2006 à la conquête de Pluton et des confins du système solaire.

Cette image montre une région de l’amas d’étoiles 2012 HZ84 situé dans la ceinture de Kuiper, qui se trouve bien au-delà de l’orbite de Neptune. New Horizons avait capté une autre image de l’objet appelé 2012 HE85 quelques heures plus tôt.

La sonde parcourt pas moins de 1,1 million de kilomètres quotidiennement.

La Terre vue de la sonde Voyager 1.©  La Terre vue de la sonde Voyager 1.

La sonde se trouve actuellement plus éloignée de notre planète que la sonde Voyager 1 lorsqu’elle a renvoyé la célèbre photo « Un point bleu pâle (Pale Blue Dot en anglais) » en février 1990. Elle avait d’ailleurs inspiré le titre d’un livre écrit en 1994 par l’astronome Carl Sagan. À l’époque, Voyager se trouvait à 6,06 milliards de kilomètres de la Terre. Il a fallu plus de 27 ans pour battre ce record.

Le prochain objectif de la sonde est un autre objet de la ceinture de Kuiper appelé 2014 MU69.

Son diamètre ne dépasse pas 50 kilomètres. Le vaisseau s’en approchera à une distance de 3500 kilomètres en janvier 2019.

L'objet 2012 HZ84 tel que capté par la sonde New Horizons.

 L’objet 2012 HZ84 tel que capté par la sonde New Horizons.

Le saviez-vous?

  • La ceinture de Kuiper a été découverte dans les années 1990, mais le premier objet dans ses limites, Pluton, avait été identifié dès 1930.
  • Il existe une autre ceinture d’astéroïdes dans notre système solaire, beaucoup moins lointaine, située entre Mars et Jupiter.
  • La ceinture de Kuiper est beaucoup plus vaste et plus massive que la première.
  • Quelques planètes naines se trouvent à l’intérieur de ses limites, telles Pluton, Makemake et Haumea.

Si la ceinture de Kuiper ferme notre système solaire, il existerait une dernière structure l’entourant : le nuage d’Oort. Composé de milliards de rochers recouverts de glace, celui-ci se trouve à la limite gravitationnelle de notre système : plus loin, un objet céleste, comme une comète, serait plus fortement attiré par une autre étoile.

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Astronomie:après l’étrange astéroïde venu d’un autre système stellaire, un autre corps céleste passera tout près de la Terre

L’astéroïde 3200 Phaéton s’approche de la Terre qu’il va frôler juste avant Noël. Ce corps céleste baptisé en référence au fils d’Hélios, le dieu grec du soleil, fait 5 kilomètres de diamètre. Il passera à environ 10 millions de kilomètres de notre planète, une distance très étroite à l’échelle de l’espace. Les caractéristiques de l’astéroïde le mettent d’ailleurs dans la catégorie de ceux jugés potentiellement dangereux par la NASA.

 

Après l’étrange astéroïde venu d’un autre système stellaire, un autre corps céleste passera tout près de la Terre le 17 décembre prochain, à environ une semaine de Noël. 3200 Phaéton n’est pas inconnu des astronomes. Il a été observé pour la première fois en 1983 et est considéré comme le corps parent des météores Géminides dont la prochaine pluie est attendue comme chaque année à la mi-décembre.

 

3200 Phaéton passera tout près de la Terre le 17 décembre

3200 Phaéton a un diamètre de 5 km, soit une taille environ deux fois moindre que celle de Chicxulub, l’astéroïde qui aurait exterminé les dinosaures. Son orbite, très inhabituelle, le faire passer plus près du soleil que n’importe quel autre astéroïde. D’après des astronomes de l’université fédérale russe Immanuel Kant Baltic, 3200 Phaéton était autrefois un objet beaucoup plus grand. Ses nombreuses approches du soleil l’ont progressivement mis en morceaux. Ces derniers seraient à l’origine de la pluie des Géminides observable dans le ciel chaque mois de décembre.

La NASA se dit impressionnée par cet astéroïde, qui est capable de produire le genre de pluie de météores normalement associée aux comètes. C’est en effet la seule pluie de météorites produite par un astéroïde, ce qui demeure un mystère selon l’agence spatiale. 3200 Phaéton est classé dans la catégorie des astéroïdes potentiellement dangereux. Il passera à un peu plus de 10 millions de Kilomètres de la Terre. Dans la même période, ne manquez pas l’essaim des Géminides dont le pic est attendu pour le 13 décembre.


EN COMPLÉMENT

L’astéroïde venu d’un autre système stellaire a une forme allongée « hallucinante »

 

Des astronomes ont détecté il y a quelques semaines un astéroïde d’une forme étrange. Sa provenance d’un autre système stellaire vient d’être confirmée. C’est la première fois qu’un astéroïde venu d’ailleurs est repéré par un télescope, ce qui constitue un événement exceptionnel pour la communauté scientifique.

Un très étrange objet céleste baptisé Oumuamua.

 

Le mystérieux astéroïde avait été détecté le 19 octobre dernier par le télescope Pan-STARRS1 situé à Hawaï. Les astronomes n’ont pas tardé à émettre l’hypothèse qu’il pourrait s’agir d’un objet céleste provenant d’un autre système stellaire. Aperçu sous la forme d’un petit point lumineux, il se déplaçait à très grande vitesse et s’éloignait du Soleil en direction de l’espace interstellaire. Il fallait réagir avec promptitude.

Le Très Grand Télescope de l’Observatoire européen austral a immédiatement été mis à contribution pour une analyse plus poussée des caractéristiques de l’astre, qu’il serait autrement impossible de réaliser avec un petit télescope. Les astronautes sont désormais formels. L’astéroïde qui a depuis été baptisé Oumuamua est bien le premier en provenance de l’espace interstellaire à être observé par un télescope.

Cet étrange astéroïde venu d’ailleurs accroche les astronautes

D’après les observations, l’astéroïde est de couleur très sombre, absorbant 96 % de la lumière projetée sur sa surface. Il est inerte, aucun gaz ou poussière n’ayant été détecté dans son environnement proche. La longueur de l’astéroïde est estimée à plus de 400 mètres et sa largeur à environ 40 mètres. Sa forme, qui ressemble à celle d’une cigarette ou d’un stylo est « hallucinante », selon Patrick Michel, spécialiste des astéroïdes à l’Observatoire de la Côte d’Azur cité par LeFigaro.

Aucun des plus de 750.000 astéroïdes et comètes observés jusqu’ici dans notre système solaire ne se présente sous cette allure. Les premiers calculs basés sur son orbite permettent d’établir que l’objet est originaire d’une région voisine à l’étoile Vega, dans la constellation de la Lyre. À sa vitesse incroyable de 95 000 kilomètres à l’heure, il faudrait 300 000 ans à l’objet céleste pour atteindre la Terre depuis Vega.  Et vu que cette étoile n’était pas au même endroit il y a 300 000 ans, les scientifiques estiment que Oumuamua traverse probablement a probablement erré dans la Voie lactée pendant des centaines de millions d’années avant de croiser par hasard notre Système solaire.

 

L’immense astéroïde Florence, de 4,4 km de diamètre, est passé à environ 7 millions de kilomètres de la Terre le 1er septembre 2017, permettant aux scientifiques du monde entier de l’observer, sous réserve de disposer d’un accès à du matériel approprié. Car cette distance, relativement « proche » à l’échelle astronomique, reste gigantesque – près de 18 fois la distance Terre-Lune.

 

 

 

 

Un nouveau trou dans l’atmosphère du Soleil laisse passer un énorme jet de particules

La caractéristique noire inquiétante qui empiète sur le soleil dans cette image ultraviolette est simplement une région de faible densité dans l’atmosphère de l’étoile.

 

 

Un grand « trou » sombre s’est ouvert dans l’atmosphère du soleil, permettant aux vents solaires de se précipiter dans l’espace – un événement ordinaire, mais spectaculaire .Astronomie,

L’observatoire Solar Dynamics de la NASA a  capturé cette image ultraviolette du trou coronal le 8 novembre , avec l’agence spatiale libérant l’image lundi (20 novembre).

Des trous larges peuvent s’ouvrir dans la haute atmosphère du soleil, sous la couronne , en raison du champ magnétique dynamique de l’étoile, selon une déclaration de la NASA qui a accompagné l’image. Tout comme les plis et les coudes du champ magnétique peuvent causer des taches solaires et des éruptions solaires, ils peuvent également ouvrir des trous temporaires dans la couronne. Comme le trou dans la couche d’ozone sur Terre, un trou coronal ne traverse pas réellement l’atmosphère du soleil. C’est simplement une région plus froide et moins dense que le plasma environnant.


[ Le Soleil en HD: Photos étonnantes de l’Observatoire Solar Dynamics ]

Un long filament serpentait à travers la moitié du soleil pendant la semaine du 19 au 23 janvier 2014. Celui-ci, s’il était redressé, aurait une longueur d’environ 800 000 milles (804 000 km). Les filaments sont constitués de nuages ​​allongés de gaz plus froids, attachés au-dessus de la surface solaire par de puissantes forces magnétiques. Ils présentent souvent une instabilité et restent sujets à l’éruption, bien que celle-ci soit restée intacte jusqu’à présent. Les images, prises dans la lumière ultraviolette extrême, montrent effectivement de l’hélium ionisé à environ 108 000 degrés F (60 000 degrés C).

 

Des photos dans tous les spectres de rayonnement.

 

L’observatoire Solar Dynamics de la NASA a capturé cette image du passage de la lune devant sa vue sur le soleil le 30 janvier 2014 à 9h00 HNE.

 

Le soleil a déchaîné une éruption solaire de classe M1.5 (en bas à gauche) le 3 juillet 2013, un feu d’artifice solaire aux vacances traditionnelles du 4 juillet aux États-Unis.

 

Un éclat de matière solaire saute du côté gauche du soleil dans ce qu’on appelle une éruption proéminente. Cette image combine trois images du Solar Dynamics Observatory de la NASA capturées le 3 mai 2013, à 13h45 EDT, juste au moment où une éruption solaire de classe M de la même région s’affaiblissait. Les images incluent la lumière des longueurs d’onde de 131, 171 et 304 angströms.

 

Une éjection de masse coronale (CME) a ​​éclaté juste autour du bord du soleil le 1er mai 2013, dans une vague de roulement gigantesque. Les CME peuvent projeter plus d’un milliard de tonnes de particules dans l’espace à plus d’un million de miles par heure. Cette FMC s’est produite sur le côté opposé du soleil et ne se dirige pas vers la Terre.

 

Cette vue complète du soleil a été capturée par l’Observatoire Solar Dynamics de la NASA le 11 avril 2013, lors de la plus forte éruption solaire jamais vue en 2013.

 

Vue rapprochée d’une boucle spectaculaire de «pluie» de plasma solaire sur le soleil vue par le vaisseau spatial Solar Dynamics Observatory de la NASA le 19 juillet 2012. La NASA a diffusé une vidéo de ce spectacle extraordinaire le 20 février 2013.

 


EN CONCLUSION

 

L’ouverture dans le champ magnétique permet aux particules de s’échapper beaucoup plus rapidement que dans le vent solaire normal, selon le Centre de prévision de la météorologie spatiale (SWPC). Ces cours d’eau à haute vitesse peuvent causer des perturbations dans la magnétosphère terrestre quimettent en péril les satellites et les réseaux électriques . Les particules de haute énergie peuvent également surcharger les aurores de la planète, les lumières du nord et du sud. Ce trou était probablement la source d’ aurores vibrantes  qui sont apparues plus tôt ce mois-ci aussi loin au sud que le Nebraska, ont indiqué des responsables de la NASA dans le communiqué.

Les trous coronaux deviendront plus probables lorsque le soleil approchera du minimum de son cycle de 11 ans , qui arrivera en 2019. Des trous plus longs, qui deviendront aussi plus probables, peuvent durer plusieurs rotations du soleil, ce qui prend 27 jours en moyenne, selon SWPC.

L’observatoire de Solar Dynamics a capturé l’éclat, montré ici dans rouge / orange car c’est la couleur typiquement utilisée pour montrer la lumière dans la longueur d’onde de 304 angström. La fusée a commencé à 22h38 HE le 22 janvier 2017, a atteint un sommet à 22h59 et s’est terminée à 23h34.

 

 

Un étrange objet, peut-être interstellaire, traverse le système solaire actuellement

Une petite comète ou astéroïde susceptible d’être étrangère au système solaire a été aperçue le traversant par des scientifiques à la recherche du premier visiteur interstellaire observé depuis la Terre.

Le mystérieux objet, identifié pour le moment sous le nom de A/2017 U1, a été découvert ce mois-ci par un chercheur de l’Université de Hawaï doté d’un système perfectionné de télescopes pour scruter l’univers à la recherche de tels phénomènes.

Depuis des siècles, les astronomes ont observé les allées et venues de centaines de comètes, chacune d’entre elle en provenance d’un point du système solaire. Mais mi-octobre, un corps céleste mystérieux, découvert grâce au télescope Pan-STARRS 1, basé à Hawaï, semble provenir de beaucoup plus loin. 

« Nous attendions ce jour depuis des décennies », a déclaré Paul Chodas, directeur du centre d’études des objets proches de la Terre de la Nasa, à Pasadena, en Californie.

« Des théories conçoivent depuis longtemps l’existence de tels objets — des astéroïdes ou des comètes se déplaçant entre les étoiles et passant à l’occasion par notre système solaire, mais c’est la première détection du type », a-t-il ajouté.

L’amas, d’un diamètre de 400 mètres, a été rapidement repéré par les scientifiques en raison de sa trajectoire inhabituelle.

En provenance de la constellation de la Lyre, au dessus de l’orbite elliptique suivie par les planètes et les astéroïdes gravitant autour du soleil, l’objet est passé le 2 septembre sous ce plan elliptique, juste à côté de l’orbite de Mercure, avant d’opérer un virage serré, happé par la gravité du soleil.

Il s’est approché le 14 octobre à environ 24 millions de kilomètres de la Terre.

« Il se déplace extrêmement rapidement et sur une trajectoire telle, que nous sommes en mesure de dire avec assurance que cet objet est en passe de sortir du système solaire pour ne plus y revenir », a déclaré Davide Farnocchian, membre du même laboratoire de la Nasa à Pasadena.

Les astronomes suivent attentivement la traversée de A/2017 sur leurs télescopes dans l’espoir d’utiliser les données enregistrées pour confirmer son origine interstellaire et tenter d’élucider sa composition.

Si l’objet est formellement identifié comme le premier élément venu d’autres étoiles détecté depuis la Terre, une nouvelle nomenclature devra être convoquée pour le nommer par l’Union astronomique internationale (UAI), soulignaient les scientifiques.

 

L’astéroïde découvert il y a quelques jours fonce à travers le système solaire sur une orbite hyperbolique, c’est à dire ouverte : il pourrait provenir de l’étoile Véga de la Lyre.

 

Si cette découverte se confirme, ce serait une première dans l’histoire de l’astronomie et une bouleversante observation… Les spécialistes du Minor Planet Center soupçonnent que l’astéroïde A/2017 U1, découvert le 18 octobre dernier à l’observatoire de Haleakala, dans l’île hawaïenne de Maui, avec le télescope Pan-Starrs, vient… d’une autre étoile !

Depuis des années, les astronomes supposent que, de loin en loin, une comète ou un astéroïde formé dans un autre système planétaire que le notre pourrait traverser le système solaire, voire s’y installer, happé par la formidable attraction de notre étoile et de ses planètes géantes. Seulement voilà, personne n’a jamais vu un tel astre « interstellaire » chez nous, et A/2017 U1 serait donc le tout premier objet « extrasolaire » jamais vu par l’humanité d’aussi près.

D’après les observations et le calcul de l’orbite supposée du petit corps mesurant moins de 200 mètres de diamètre, l’astéroïde est passé au plus près du Soleil le 9 septembre, à une distance de 38 millions de kilomètres, et il fonce actuellement à travers le système solaire à 25 kilomètres par seconde sur une orbite de libération, qui devrait l’éloigner à jamais de notre étoile…

A ce rythme, le petit astéroïde interstellaire devrait croiser l’orbite de Jupiter dans moins d’un an, celle de Saturne dans deux ans, rattraper les sondes Voyager dans une dizaine d’années, et échapper définitivement à l’attraction du Soleil dans dix mille ans…

Les spécialistes de mécanique céleste du Minor Planet Center demandent des observations urgentes de l’astéroïde A/2017 U1, pour affiner son orbite et confirmer qu’il s’agit bel et bien d’un objet extrasolaire. Des observations d’autant plus pressées que l’astre, minuscule, sera bientôt hors de portée des plus grands télescopes… Le Very Large Telescope européen a déjà permis d’estimer la taille de l’objet – moins de 200 mètres, probablement – et son statut d’astéroïde plutôt que de comète.

Mais s’il se confirme, comme cela semble être le cas, que l’astéroïde A/2017 U1 vient bien « d’ailleurs », d’où vient-il ? Apparemment, de la constellation de la Lyre, où brille la belle Véga, une étoile justement entourée d’un disque de poussières où existent probablement en grand nombre comètes et astéroïdes. Si le petit corps rocheux qui file actuellement dans le système solaire provient bien de Véga, alors son voyage dans la Galaxie aura duré près de trois cent mille ans…

Connaîtrons nous un jour avec certitude l’origine du mystérieux petit corps ? Pas sûr, le temps presse pour l’étudier, à chaque jour qui passe il s’éloigne de nous de plus de deux millions de kilomètres.

Bientôt, le vagabond interstellaire va plonger dans l’océan obscur et sans mémoire de l’espace, avant d’être éclairé de nouveau, dans quelques centaines de milliers d’années, par une autre étoile croisée en chemin…

 

 

 

 

 

 

Astronomie:Des comètes seraient composées de matière plus ancienne que notre système solaire

La matière organique découverte dans le noyau de la comète Tchouri lors de la mission de la sonde Rosetta ne se serait pas formée lors de la naissance du système solaire, mais auparavant, dans l’espace interstellaire.

Cette théorie émise par les Français Jean-Loup Bertaux et Rosine Lallement, respectivement de l’Université de Versailles Saint-Quentin et de l’Observatoire de Paris, remet en question la théorie largement avancée en astronomie selon laquelle les astéroïdes et les comètes datent de la formation du système solaire.

Si comme le pense le duo français, la matière organique des comètes a bel et bien été créée dans le milieu interstellaire, alors elle a également pu atteindre d’autres planètes de notre galaxie et y permettre l’apparition de la vie.

Un noyau qui livre ses secrets

La mission Rosetta de l’Agence spatiale européenne s’est terminée en septembre 2016. La sonde s’est alors écrasée sur la comète Tchouri, mettant un terme à une mission spatiale historique de plus de 12 ans.

Les données recueillies ont permis d’établir que la matière organique représente près de 40 % de la masse du noyau de la comète Tchouri (67P Churyumov-Gerasimenko).

Cette masse est composée de molécules à base de carbone, d’hydrogène, d’azote et d’oxygène, certains de ces éléments étant nécessaires à l’apparition de la vie telle que nous la connaissons sur Terre.

Mystérieuse lumière céleste

Selon les scientifiques français, cette information est sous les yeux des astronomes depuis 70 ans.

En effet, l’analyse de la lumière émise par les étoiles montre partout dans le milieu interstellaire des absorptions inconnues, à des longueurs d’onde bien précises. Elles sont connues sous le nom de bandes interstellaires diffuses (BID).

Selon l’astrophysicien américain Theodore Snow, ces bandes sont attribuées à des molécules organiques complexes, qui constitueraient « le plus grand réservoir connu de matière organique dans l’Univers ».

Cette matière organique interstellaire est généralement proportionnelle à la matière interstellaire dans son ensemble, sauf dans le cas d’un nuage très dense, comme une nébuleuse protosolaire. Dans le cœur de ces nébuleuses, où la matière est encore plus dense, les BID plafonnent, voire diminuent.

Cette réalité est une indication que les molécules organiques qui provoquent les BID disparaissent, par agglutination les unes aux autres. Une fois collées ensemble, elles ne peuvent plus absorber autant que lorsqu’elles flottent librement dans l’espace.

C’est ce type de nébuleuse primitive qui finit par former les systèmes solaires comme le nôtre, composé de planètes et de comètes.

Des comètes créées à partir de matière interstellaire

La mission Rosetta a aussi permis d’établir que les noyaux de comètes se sont formés par accrétion : les petits grains se collent les uns aux autres pour former des grains plus gros, lesquels se rassemblent à leur tour jusqu’à atteindre la taille d’un noyau de comète, de quelques kilomètres.

Selon les scientifiques français, les molécules organiques provoquant les BID, et préexistantes dans les nébuleuses primitives, n’ont donc probablement pas été détruites, mais ont pu faire partie des grains constituant les noyaux cométaires, où elles se trouvent toujours, 4,6 milliards d’années plus tard.

Vers une future mission

Une mission spatiale rapportant sur la Terre des échantillons de matière organique d’une comète pourrait, selon eux, permettre son analyse en laboratoire et révéler la nature exacte de cette mystérieuse matière interstellaire.

 

Les détails des présents travaux sont publiés dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society.

Astronomie:Il y a des millions d’années, notre Soleil avait un frère jumeau, Némésis

Un nouveau modèle développé par des scientifiques semble confirmer que la plupart des étoiles semblables à notre Soleil seraient nées sous forme de paire. Une théorie qui suggère que notre astre lui aussi aurait eu il y a des millions d’années un frère jumeau.

 

 

Et si notre Soleil avait un frère jumeau ? Un second astre qui se trouverait quelque part dans la Voie lactée ? C’est ce que suggère une nouvelle analyse menée par un physicien de l’Université de Californie, Berkeley et un astronome de l’Université de Harvard. D’après ces travaux, le Soleil ne serait d’ailleurs pas le seul. Quasiment toutes les étoiles similaires seraient dans le même cas. 

En réalité, cette idée n’est pas nouvelle. Notre galaxie compte de nombreux systèmes binaires et triples, autrement dit des systèmes comprenant deux voire trois étoiles. Or, depuis des décennies, ces formations intriguent les astronomes : s’agit-il d’étoiles créées les unes à côté des autres ou d’étoiles qui se sont rapprochées après leur formation ?

La théorie de la formation proche est considérée par beaucoup comme la plus convaincante. Des simulations menées ces dernières décennies ont d’ailleurs semblé y apporter davantage de crédit. Toutefois, celles-ci se sont avérées relativement limitées. C’est ici que la nouvelle étude tire son épingle du jeu. 

Une pouponnière d’étoiles

Pour ces travaux, les chercheurs se sont intéressés à une région très particulière de l’espace appelée « nuage moléculaire de Persée ». Situé à 600 années-lumière de la Terre dans la constellation de Persée, ce gigantesque nuage est une pouponnière d’étoiles rempli d’astres récemment formés qui s’étendent sur quelque 50 années-lumière de long.

L’an passé, des scientifiques ont utilisé le Very Large Array, un radiotélescope composé de 27 antennes, pour réaliser la plus vaste étude jamais menée sur les jeunes étoiles du nuage. Ce sont ces données combinées à d’autres que les chercheurs ont utilisées dans la nouvelle étude et auxquelles ils ont appliqué différents modèles. Au total, l’analyse comprenait 45 systèmes avec une étoile seule, 24 systèmes binaires et cinq de plus de deux étoiles.

« Nous avons testé une série de modèles statistiques pour voir si nous pouvions expliquer les populations de jeunes étoiles seules et binaires dans le nuage molécule de Persée et le seul modèle qui pouvait reproduire les données a été celui où toutes les étoiles se forment initialement sous forme de binaires éloignées« , explique Steven Stahler, co-auteur de l’étude.

Des étoiles qui se forment éloignées

Par « binaires éloignées », les chercheurs entendent deux étoiles qui se forment à une distance de plus de 500 unités astronomiques, soit plus de 75 milliards de kilomètres l’une de l’autre. Ces systèmes pourraient ensuite soit se rapprocher, soit se séparer davantage en quelques millions d’années. Les astres aujourd’hui seuls seraient donc en fait d’anciens astres binaires.

Et notre Soleil alors ? D’après les chercheurs, il aurait « opté » pour la seconde option. En se basant sur leur modèle, ils suggèrent que le Soleil serait né avec un frère jumeau, surnommé Némésis, qui se serait ensuite échappé et mélangé avec toutes les étoiles de notre région de la Voie lactée pour disparaitre très loin du Soleil.

« Nous affirmons que oui, il y a probablement eu un Némésis, il y a longtemps« , a confirmé dans un communiqué Steven Stahler dont l’étude doit prochainement paraitre dans la revue Monthly Notices of the Royal Astronomical Society. Mais les hypothèses ne s’arrêtent pas là concernant le jumeau du Soleil nommé plus scientifiquement Sol B.

Un jumeau « maléfique » ?

La première théorie concernant Némésis a été émise en 1984 par l’astronome Richard Muller. Celle-ci suggère que l’étoile serait très différente du Soleil : il s’agirait d’un astre très peu lumineux voire d’une naine brune. Plus étonnant, elle pourrait avoir un lien avec le cycle de grandes extinctions de 27 millions d’années observé sur Terre, y compris celle qui a vu disparaitre les dinosaures.     

D’après la théorie de Richard Muller, Némésis se trouverait en effet sur une orbite très excentrique qui la conduirait à passer dans les limites glacées externes de notre Système solaire et notamment dans le nuage cométaire d’Oort. Or, en traversant ce nuage, l’étoile causerait des perturbations gravitationnelles qui arracheraient les comètes et autres corps de l’ensemble, les faisant plonger vers le Système solaire interne et pourquoi pas en direction de la Terre.

Cet afflux de comètes augmenterait alors de façon périodique le risque de collision avec la Terre. Mais cette hypothèse d’un lien entre Némésis et les extinctions terrestres est loin de convaincre tout le monde. Si la nouvelle étude semble confirmer l’existence d’un jumeau du Soleil, reste donc maintenant à le localiser pour parvenir à en savoir plus.