Jean-Fabien, auteur sans succès
Profitez-en maintenant car c’est demain que l’on meurt.
Prenez vos enfants par les mains, décrochez les tablettes, souriez aux embruns.
Car à partir de maintenant, c’est d’acidité dont ils seront emprunts.
Des larmes de sang remplaceront le goût iodé de nos pleurs.
Les terres infertiles n’engendreront plus que la faim d’un ailleurs.
Partez loin, là où le vent est d’odeur inconnue
Ici et maintenant, la terre expire un passé révolu.
Allez au bout d’un monde et ramenez-en quelques molécules.
Bien plus que ce qu’il restera de vos aspirations ridicules.
Prenez en photos les arbres verts, touchez d’un doigt engourdi
la grâce de l’insouciance, bientôt remisée au placard des souvenirs étourdis.
Et toi, maintiens-moi quelques instants de plus dans ton regard azuré,
que j’oublie durant de précieuses secondes notre futur sacrifié.
Quand le bleu de tes yeux
fera place aux ciels orageux
garde ce bras qui te soutient un peu plus…
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