Mondial de foot: Gaz lacrymogène contre indiens et sans abris

La police brésilienne a dispersé avec des gaz lacrymogènes mardi une manifestation d’Indiens et de mouvements sociaux dont des travailleurs sans-toit contre la Coupe du monde, aux abords du stade de Brasilia, a constaté l’AFP.

La répression dans  toute son ampleur.
La répression dans toute son ampleur.

 

A seize jours du Mondial de football au Brésil, des policiers du bataillon de choc ont chargé plus d’un millier de manifestants dont des enfants et des vieillards pour les empêcher de s’approcher du stade Mané Garrincha qui accueillera plusieurs matches de la compétition (12 juin-13 juillet). Certains manifestants ont répondu en lançant des pierres contre les 700 policiers qui protégeaient l’arène où se trouve le trophée du Mondial, exposé au public.
Peu avant, quelque 500 chefs indiens dont le célèbre cacique Raoni, défenseur de l’Amazonie, étaient montés sur le toit du parlement pour réclamer des politiques pour leurs peuples.
« Monter sur le toit du parlement a été un acte de courage et montre que nous sommes des guerriers et que nous défendons nos droits », a déclaré à l’AFP Tamalui Kuikuru, de la région du Xingu (centre-ouest).
Faisait partie des manifestants le cacique Raoni Metuktire, 84 ans, figure légendaire de la résistance des peuples indigènes du Brésil, avec son disque labial.
En peintures de guerre et armés d’arcs et de flèches, les Indiens sont descendus pacifiquement du toit du Congrès avant de parcourir la grande avenue bordée par les ministères et ont rejoint quelques centaines de manifestants de mouvements sociaux anti-Mondial qui marchaient vers le stade.
 Le trophée du Mondial est arrivé mardi dans le stade Mané Garrincha de Brasilia, l’une des étapes de sa tournée dans 27 villes, dont les 12 du Mondial.
« La Coupe est pour qui? Elle n’est pas pour nous! », clamait dans un haut-parleur un manifestant avant les heurts. « La Coupe, je n’en veux pas, je veux de l’argent pour l’Education et la Santé! », criait-il.
Cette manifestation se déroule dans le contexte d’une vague de protestations et de grèves dans plusieurs secteurs (chauffeurs de bus, professeurs, policiers). Les grévistes profitent de la visibilité donnée par le Mondial au pays pour réclamer de meilleurs salaires.
Mardi, une grève de chauffeurs de bus a paralysé Salvador de Bahia (nord-est), l’une des villes qui accueillera le Mondial. A Rio (sud-est), les conducteurs de bus ont fixé une nouvelle grève de 24h mercredi. Ils obéiront cependant à la justice qui les oblige à mettre un minimum de 30% de la flotte en circulation, contrairement à leur mouvement d’il y a 15 jours.
              
A Brasilia, les indigènes avaient d’abord, dans la matinée, chanté et prié sur la Place des trois pouvoirs où se trouvent le palais présidentiel, le Parlement et la Cour suprême. Certains des plus âgés agitaient de la fumée « pour éloigner l’esprit du Mal », ont-ils expliqué à l’AFP.
« Avant de faire la Coupe du monde, le Brésil devrait penser à améliorer l’éducation, la santé, le logement. Nous voyons des manifestations de la population: il ne faut pas dépenser autant d’argent pour un événement qui n’apporte pas de bénéfices », a critiqué Neguinho Truká, de l’ethnie Truká du Pernambouc (nord-est), paré d’une coiffe de plumes de perroquet bleu et rouge.
Les indigènes du Brésil – qui représentent aujourd’hui 0,3% de la population – ont multiplié leurs manifestations dans la capitale fédérale sous le gouvernement de la présidente Dilma Rousseff, qu’ils accusent de freiner la délimitation de leurs terres au bénéfice des grands agriculteurs.
Il y a un an, le Brésil a été secoué par une fronde sociale historique en pleine Coupe des Confédérations. Les manifestants critiquaient les sommes colossales investies dans la construction des stades et réclamaient l’amélioration des services publics.
Ces manifestations spontanées, convoquées sur les réseaux sociaux, sans bannière politique, ont continué mais se sont radicalisées et ont perdu en intensité. Dernièrement, elles ont été reprises en main par les mouvements sociaux organisés, comme les syndicats et partis d’extrême gauche.

SOURCE AFP

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Mouvement Mondial de Désobéissance Civile:des milliers de femmes africaines manifestent en Israël

 

Elles sont des dizaines de milliers à manifester.
Elles sont des dizaines de milliers à manifester.

Des milliers de femmes africaines accompagnées d’enfants ont manifesté mercredi à Tel-Aviv contre le refus des autorités israéliennes de leur accorder le statut de réfugié.

« Nous sommes des réfugiées », ont scandé les manifestantes, dont une partie portaient des enfants dans leurs bras ou dans des poussettes.

Brandissant des banderoles sur lesquelles était écrit: « Nous voulons la liberté » et « Stop au racisme », elles ont défilé devant le siège du Haut commissariat de l?ONU pour les réfugiés (HCR) puis l’ambassade des Etats-Unis.

« Nous ne sommes pas des criminels », a déclaré à l’AFP Zabib, une Érythréenne qui a refusé de donner son nom de famille.

« Nos enfants n’ont aucun papier d’identité et n’ont donc aucun droit. Nous ne disposons d’aucun soutien pour nous et nos enfants, nous sommes en situation de survie », a-t-elle ajouté.

La semaine dernière, des dizaines de milliers d’immigrés africains entrés illégalement en Israël ont manifesté à Tel-Aviv, puis à Jérusalem devant le Parlement israélien.

Ils dénoncent le refus des autorités d’examiner leurs demandes d’asile, ainsi que le placement en rétention de centaines d’entre eux.

Ils se sont heurtés à une fin de non-recevoir du Premier ministre Benjamin Netanyahu qui a prévenu que leurs manifestations ne « serviraient à rien ».

Selon une loi votée le 10 décembre, les immigrés clandestins peuvent être placés jusqu’à un an en centre de rétention sans procès.

Après le vote de la loi, un centre de détention a été ouvert dans le sud d’Israël. Il est ouvert durant la journée, mais ses occupants doivent pointer à trois reprises, et sont obligés d’y passer la nuit.

Les autorités israéliennes, qui estiment à quelque 52. 000 le nombre actuel de migrants clandestins, ont lancé en 2012 une campagne ayant abouti au départ ou à l’expulsion de 3. 920 d’entre eux.

La clôture électronique construite par Israël le long des 230 km de frontière avec l’Egypte a réduit pratiquement à néant le nombre d’entrées illégales à partir de la péninsule du Sinaï.

Source: Jeune Afrique