Pompeo appelle à la « guerre sainte » afin de conquérir la Russie et la Chine

Le 24 juin, au groupe de réflexion de l’Institut Hudson, l’ancien chef de la CIA et secrétaire d’État du président Trump, Mike Pompeo, a prononcé un discours de plus de 5000 mots, déclarant que l’Amérique a une mission assignée par Dieu pour contrôler le monde, afin de préserver la liberté et la démocratie pour tous, et que la victoire contre la Russie et la Chine est donc obligatoire pour les États-Unis et leurs alliés, non seulement pour servir Dieu mais aussi pour servir le Peuple de Dieu, car « le bien-être économique des familles américaines est essentiel pour les  États-Unis. » L’Amérique mène le combat  partout dans le monde, tant comme puissance militaire que comme puissance économique » ; et, ainsi, « Nous devons agir de concert avec nos alliés pour apporter une clarté stratégique, indubitable à la fois pour Vladimir Poutine et Xi Jinping. Il faut empêcher la formation d’un colosse paneurasien incorporant la Russie, mais dirigé par la Chine. Pour ce faire, nous devons renforcer l’OTAN. En outre, « l’Union AUKUS [l’alliance militaire asiatique récemment créée par les États-Unis et le Royaume-Uni] devrait être intégrée à cette alliance de sécurité élargie », et que l’OTAN devienne une alliance mondiale contre la Russie et la Chine, afin de préserver le leadership mondial de l’Amérique. Son argument de base est que c’est soit nous, soit eux, et ils doivent être conquis, parce que Dieu le veut, et nous servons Dieu.

Mike Pompeo est à gauche sur cette photo.

Pompeo n’a pas pensé que la troisième guerre mondiale entraînerait des sacrifices pour l’un des peuples de Dieu, mais plutôt que gagner cette guerre sera nécessaire pour la sécurité et la prospérité futures des peuples d’Amérique, et de tous les pays qu’elle dirigera.

L’actuel secrétaire d’État américain, Antony Binken, ou même le président Biden lui-même, auraient pu prononcer ce même discours par eux-mêmes, avec remarquablement peu de modifications, car les croyances qu’il exprime sont courantes – et pas SEULEMENT aux États-Unis, mais aussi au Royaume-Uni, et même dans la majeure partie de l’Europe (à l’exception de la Russie et de la Biélorussie).

Le parcours personnel de Pompeo est celui d’un chrétien fondamentaliste dont toute la vie a été passée dans le complexe militaro-industriel, les industries pétrolières et la politique. Il a été premier de sa classe à West Point, rédacteur en chef de la Harvard Law Review et cofondateur de Thayer Aerospace, avant d’entrer en politique en 2011.

Voici les points saillants de son discours (y compris, sans commentaire, ses nombreux mensonges historiques, car c’est sa façon ordinaire d’écrire (et de parler de manière improvisée). Ces extraits sont tirés du texte qu’il a lui-même écrit, avant qu’il ne prononce le discours complet, depuis son pupitre, dans cette institution du complexe militaro-industriel, le 24 juin.

Mike Pompeo avec Justin Trudeau

L’Amérique et les nations du monde ne peuvent pas continuer à prétendre que la guerre en Ukraine peut se terminer par une paix négociée, ce qui apaise la Russie. Car une telle paix ne se négocie pas avec Vladimir Poutine. L’Ukraine doit gagner cette guerre. Elle doit gagner cette guerre de manière décisive si elle veut réaliser la paix, l’indépendance et la liberté. Idem pour l’Europe. …
Cette guerre, la guerre de Poutine, vise à éliminer l’Ukraine en tant que nation souveraine et en tant que peuple. L’Ukraine doit être intégrée au nouvel Empire russe qui cherche à devenir une autre Union soviétique. Neuf, comptez-les, neuf présidents américains de chacun de nos partis politiques. Neuf présidents américains ont démembré l’Empire soviétique à d’énormes coûts humains, pour lui permettre même de commencer à être une reconstitution impensable.
L’assaut de guerre illégal de Poutine représente un génocide planifié, qui est l’anéantissement délibéré d’un peuple, tel que défini par les Nations Unies de 1948. Bien que chaque génocide soit différent et unique, comme celui qui se déroule au Xinjiang. Ce génocide auquel nous assistons aujourd’hui est comme l’Holodomor conçu par Staline qui a tué des millions d’Ukrainiens et il doit être nommé pour être combattu. …
Poutine peut être malade ou non, mais ce qui est certain, ce qui est certain, c’est qu’il ne peut pas contenir sa fureur meurtrière. Le fait qu’il dirige toujours un pays illustre le déclin de la Russie dans l’abîme de la folie. …
À la fois meurtrier de masse et tueur en série. Poutine c’est ça. Je prie pour que la Russie récupère son âme, l’âme de son pays. Mais elle ne peut pas le faire tant qu’elle est dirigé par un homme qui ne manifeste aucune inquiétude pour l’horrible carnage qu’il a commis, ni aucune inquiétude pour son propre peuple.
Poutine a ce rêve, rétablir un empire perdu. Si l’Amérique se comporte correctement, cela ne se produira pas. Et nous le savons, nous savons que les rêves des dictateurs deviennent vite des cauchemars. …
Je suis convaincu que l’Amérique et l’Occident doivent reconnaître la centralité de l’énergie des hydrocarbures dans la géopolitique mondiale et, en fait, dans la capacité de l’homme, la capacité de l’humanité à s’adapter à une pierre angulaire de la vie. …
Si l’administration actuelle avait maintenu la domination énergétique américaine plutôt que de se prosterner devant les radicaux, l’Amérique aurait pu montrer la voie en assurant les besoins mondiaux en hydrocarbures pendant cette guerre. Mais parce que l’Amérique a renoncé à ce rôle vital, la guerre en Ukraine aggrave la situation que les consommateurs ressentent aujourd’hui pour rafraîchir leur logement et conduire leur véhicule. …
Ces nations ont été libérées de leurs chaînes en 1991 suite à l’effondrement de l’Union soviétique. Et nous ne laisserons aucun d’entre eux être repris par la Russie. …
Je crois que l’Ukraine a trouvé son [George] Washington dans l’incarnation d’un seul homme. Il s’appelle Volodymyr Zelensky. …
L’Amérique et les nations du monde ne peuvent pas continuer à prétendre que la guerre en Ukraine peut se terminer par une paix négociée, ce qui apaise la Russie. Car une telle paix ne se négocie pas avec Vladimir Poutine. L’Ukraine doit gagner cette guerre. Elle doit gagner cette guerre de manière décisive si elle veut réaliser la paix, l’indépendance et la liberté. Idem pour l’Europe. …

Mike Pompeo ou le Rêve de l’hégémonie américaine sur le monde!


Cette guerre peut être gagnée si l’Amérique et nos alliés fournissent à Kyev une gamme de nos armes conventionnelles les plus performantes. L’intrépidité est nécessaire pour mettre fin à la guerre en Ukraine, le sérieux de l’objectif. La solidarité de l’Otan est essentielle L’Allemagne et la France ne doivent céder à aucune des volontés du Kremlin. L’Amérique et la Grande-Bretagne ont fourni plusieurs systèmes de lancement de fusées. …
Nous ne devons pas donner crédit à la fausse affirmation de la Russie selon laquelle elle pense que ses frontières sont menacées. C’est de la bêtise. …
Je crois profondément que la faiblesse qui s’est exprimée dans le retrait indiscipliné des États-Unis d’Afghanistan a été interprétée par Vladimir Poutine comme un feu vert. …
En tant que secrétaire d’État, je me suis appuyé sur mon travail de directeur de la CIA pour aider le président Trump à formuler des conditions concrètes qui auraient permis des réductions de forces et un retrait d’Afghanistan, mais sans la débâcle. …
Nous connaissons l’intention de la Chine. Elle a l’intention de dominer le développement des infrastructures mondiales grâce à son initiative « la Ceinture et la Route ». Mais c’est un subterfuge. C’est un leurre. L’initiative chinoise « la Ceinture et la Route » est une forme d’impérialisme. C’est la manifestation d’une intention corrompue de piéger les pays moins développés avec des promesses de prêts et d’améliorations des infrastructures. …
Tous les présidents depuis Truman ont cru que l’existence de Taiwan était cruciale pour la défense de l’Amérique. J’y crois de tout mon cœur. La loi de 1970 sur les relations avec Taiwan exige que nous maintenions les capacités défensives de Taiwan pour contrecarrer une attaque, mais nous risquons maintenant de devenir complaisants. La prise de Taïwan accorderait les objectifs suivants à Pékin : elle réduirait sévèrement l’influence américaine dans l’Indo-Pacifique. …
Notre relation avec Taïwan doit être renforcée à chaque instant. Taïwan est devenue un brillant exemple de démocratie pour les peuples asiatiques et un espoir pour toute l’Asie. …
Au cœur du bien-être économique des familles américaines se trouvent des États-Unis qui mènent la danse. Ils la mènent partout dans le monde, tant en puissance militaire qu’en puissance économique. …
J’espère que mes paroles d’aujourd’hui galvaniseront le soutien américain à l’Ukraine et à l’Europe, car une telle aide est essentielle si nous voulons appliquer les politiques de sécurité nationale qui accordent une importance primordiale à l’intérêt public américain. …
Nous devons agir de concert avec nos alliés pour parvenir à une clarté stratégique, indubitable à la fois pour Vladimir Poutine et Xi Jinping. Il faut empêcher la formation d’un colosse paneurasien incorporant la Russie, mais dirigé par la Chine. Pour ce faire, nous devons renforcer l’OTAN. …
Au-delà de notre orientation géostratégique actuelle, les États-Unis doivent aider à la construction des trois phares de la liberté. Ces balises devraient être centrées sur les nations qui ont de grands conflits : l’Ukraine, Israël et Taïwan. Ils peuvent être les plaques tournantes d’une nouvelle architecture de sécurité qui relie les alliances de nations libres à l’échelle mondiale, renforçant les forces de chaque État membre, dans le temps, reliant ces trois bastions à l’OTAN, ainsi que le nouveau cadre de sécurité élargi pour l’Indo-Pacifique et former une alliance mondiale pour la liberté. Cela profitera à l’Amérique.
« Le besoin de ce réseau d’alliances est évident et ne peut pas venir trop tôt. Le monde est devenu trop petit pour que les pays libres ne fassent pas partie de quelque chose de plus grand, qui préviendra les conflits armés plutôt que d’y réagir. …
Le peuple américain s’est engagé à voir l’Ukraine émerger de cette guerre comme une nation indivise qui sera un phare pour tous, pour montrer au monde la primauté de la liberté, de la détermination et de l’amour. Merci et que Dieu vous bénisse. …

Source : U.S.-Led Holy War to Conquer Russia and China Declared by Pompeo

 SouthFront


 

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Nouvel Ordre Mondial: l’horreur de l’assassinat de Jamal Khashoggi…en détails!

 

« Faites ça dehors, vous allez m’attirer des problèmes », aurait lancé le consul lors de l’assassinat, selon l’enregistrement.

Jamal Khashoggi entre dans le Consulat de l'Arabie saoudite à Istanbul, le 2 octobre 2018.
Jamal Khashoggi entre dans le Consulat de l’Arabie saoudite à Istanbul, le 2 octobre 2018.

 

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été torturé avant d’être « décapité » dans le consulat de son pays à Istanbul, a affirmé ce mercredi 17 octobre le quotidien turc « Yeni Safak » qui dit avoir eu accès à un enregistrement sonore des faits.

L’éditorialiste critique de Ryad s’est rendu au consulat le 2 octobre pour des démarches administratives en vue de son mariage. Il n’a pas été vu depuis.

Affirmant avoir eu accès à des enregistrements sonores de ce qui s’est déroulé ensuite, Yeni Safak explique que Jamal Khashoggi a été torturé au cours d’un interrogatoire et que ses doigts ont été coupés par des agents saoudiens.

Il a ensuite été « décapité », selon le quotidien progouvernemental, qui ne précise pas comment il a eu accès à ces enregistrements.

Des responsables turcs ont accusé Ryad d’avoir fait assassiner le journaliste par une équipe spécialement envoyée sur place, mais les autorités saoudiennes ont démenti.

« Faites ça dehors, vous allez m’attirer des problèmes »

Certains médias, dont le « Washington Post » pour lequel écrivait Jamal Khashoggi, avaient auparavant rapporté l’existence d’enregistrements audio et vidéo prouvant que le journaliste avait été « interrogé, torturé puis tué » à l’intérieur du consulat, avant que son corps ne soit démembré.

Mais c’est la première fois qu’un média turc dit avoir eu accès à de tels enregistrements.

Selon « Yeni Safak », le consul saoudien Mohammad Al-Otaibi est entendu sur l’un des enregistrements. Il lance alors : « Faites ça dehors, vous allez m’attirer des problèmes. »

Ce à quoi un individu non identifié lui répond : « Si tu veux vivre quand tu reviens en Arabie saoudite, tais toi. » Mohammad Al-Otaibi a quitté Istanbul mardi.

Découpé vivant, en musique

Le site d’informations en ligne Middle East Eye raconte, citant une source qui a eu accès à l’enregistrement sonore des derniers moments du journaliste, que Jamal Khashoggi a été emmené dans le bureau du consul.

Selon cette source, « il n’y a pas eu de tentative d’interrogatoire. Ils étaient venus le tuer » et le consul lui-même a été sorti de la pièce.

Un médecin légiste, identifié comme Salah al-Tubaigy et qui faisait partie de la quinzaine de Saoudiens dépêchés par Ryad à Istanbul ce jour-là selon plusieurs médias, a ensuite commencé à découper le corps de Jamal Khashoggi encore vivant, d’après la source de Middle East Eye. « Yeni Safak » précise que les doigts du journaliste ont été coupés avant qu’il soit décapité.

Pendant qu’il faisait cela, Salah al-Tubaigy a commencé à écouter de la musique à l’aide d’écouteurs.

« Quand je fais ce travail, j’écoute de la musique. Vous devriez (le) faire aussi », l’entend-on dire sur l’enregistrement, selon la même source.

L’assassinat a duré sept minutes, affirme en outre Middle East Eye.

Des médias américains ont affirmé que l’Arabie saoudite, dont l’image a terriblement souffert de cette affaire, envisageait de reconnaître la mort du journaliste lors d’un interrogatoire qui aurait mal tourné au consulat.


Khashoggi : son dernier édito portait sur la liberté de la presse

 

Le « Washington Post » publie un éditorial présenté comme la dernière contribution de Jamal Khashoggi, journaliste saoudien disparu.

Selon le « Washington Post », il s’agit de la dernière contribution de Jamal Khashoggi. Dans un éditorial publié mercredi 17 octobre par le quotidien américain, le journaliste saoudien, résident permanent aux Etats-Unis et porté disparu depuis qu’il est entré au consulat saoudien d’Istanbul le 2 octobre, écrivait sur la nécessaire liberté de la presse dans le monde arabe.

« Hélas, cette situation ne changera probablement pas », déplore-t-il dans cet éditorial transmis par son traducteur au « Washington Post » au lendemain de sa disparition. Il poursuit :

« Il y avait un temps où les journalistes ont cru qu’Internet allait libérer l’information de la censure et du contrôle associé à la presse écrite. Mais ces gouvernements, dont l’existence même s’appuie sur le contrôle de l’information, ont bloqué de manière agressive Internet. »

Pour lui, « le monde arabe fait face à sa propre version du rideau de fer, imposé non pas par des acteurs externes mais à cause des forces nationales se disputant le pouvoir ».

Et le journaliste, critique du pouvoir de Ryad, de citer le Qatar, grand rival de l’Arabie saoudite au Moyen-Orient :

« Le gouvernement du Qatar continue à soutenir la couverture des informations internationales, contrairement aux efforts de ses voisins visant à maintenir le contrôle de l’information afin d’appuyer ‘l’ancien ordre arabe’. »

« Ce sera sa dernière contribution »

Alors que les soupçons d’un assassinat de Jamal Khashoggi par des tueurs envoyés par Ryad se font de plus en plus tenaces, le quotidien américain a décidé finalement de publier cette tribune.

« Le ‘Post’ a retardé la publication parce que nous espérions que Jamal allait revenir vers nous afin que nous l’éditions avec lui », écrit dans un texte accompagnant son texte l’éditorialiste Karen Attiah. Elle ajoute :

« Maintenant, je dois l’accepter : ça ne va pas arriver. Ce sera sa dernière contribution. »

« Cet éditorial saisit parfaitement son engagement et sa passion pour la liberté dans le monde arabe. Une liberté pour laquelle il a apparemment donné sa vie. »

La presse turque a publié mercredi de nouvelles informations accablantes pour les Saoudiens, selon lesquelles Jamal Khashoggi aurait été torturé et assassiné dans le consulat dès le jour de sa disparition. Selon des informations du « New York Times », l’un des hommes identifiés par les autorités turques comme faisant partie du commando de 15 agents dépêchés par Ryad et suspectés de l’avoir tué fait partie de l’entourage du prince hériter saoudien Mohammed Ben Salmane, dit « MBS ».


Ce journaliste critique du pouvoir saoudien, n’a plus donné de signe de vie depuis son entrée au consulat saoudien à Istanbul le 2 octobre.

 

Jamal Khashoggi, un journaliste critique du pouvoir saoudien, qui écrivait notamment pour le « Washington Post », n’a plus donné signe de vie depuis son entrée le 2 octobre au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul. Que sait-on pour l’instant ? Où en est l’enquête ? 

Que sait-on ?

Le consulat d’Arabie Saoudite ou le meurtre a été commis.

Selon la fiancée de Jamal Khashoggi, celui-ci s’est rendu au consulat le 2 octobre pour effectuer des démarches en vue de leur prochain mariage. « Il est allé au consulat avec un rendez-vous, donc ils savaient quand il y serait », a expliqué Yasin Aktay, un proche du journaliste. Il avait appelé le consulat un peu avant d’y aller pour voir si ses documents étaient prêts, ils lui ont dit ‘oui, c’est prêt, vous pouvez venir’.

La police turque, qui a ouvert une enquête, a estimé, dans ses premières conclusions, que le journaliste a été tué au sein du consulat d’Arabie saoudite par une équipe venue spécialement à Istanbul et repartie dans la même journée. Selon elle, un groupe de 15 Saoudiens avait fait le 2 octobre l’aller-retour à Istanbul et se trouvait au consulat en même temps que Jamal Khashoggi. Le « Washington Post » a, lui, avancé qu’Ankara aurait affirmé à Washington détenir des enregistrements audio et vidéo montrant comment Khashoggi a été « interrogé, torturé puis tué » à l’intérieur du consulat, avant que son corps ne soit démembré. D’après le « New York Times », l’équipe d’agents saoudiens avait, à cet effet, apporté une scie à os. « C’est comme dans ‘Pulp Fiction' », a déclaré un haut responsable turc cité par le quotidien.

Les quotidiens « Sözcü » et « Milliyet » ont rapporté ce vendredi 12 octobre que Jamal Khashoggi portait, quand est entré au consulat, une « montre intelligente » connectée à un téléphone qu’il avait laissé entre les mains de sa fiancée, Hatice Cengiz. Les deux journaux affirment que des enregistrements audio ont ainsi été transmis par ce téléphone et sont actuellement examinés par la justice. Toutefois, si « Milliyet » affirme que des cris et une querelle ont été enregistrés, « Sözcü » rapporte que des dialogues, mais pas de cris, peuvent être entendus dans cet enregistrement de « quelques minutes ».

Que répond l’Arabie saoudite ?

Les autorités saoudiennes, qui avaient rapidement jugé « infondées » les accusations sur leur implication dans l’assassinat à Istanbul du journaliste Jamal Khashoggi, et affirmé qu’elles n’avaient « rien à cacher », ont depuis choisi la stratégie du silence. Jusqu’à présent, la seule réponse de Ryad a été d’affirmer que les caméras de la mission diplomatique ne fonctionnaient pas le jour de la disparition du journaliste.

Mardi 9 octobre, l’Arabie saoudite avait donné son feu vert pour une fouille de son consulat à Istanbul, mais celle-ci n’avait toujours pas eu lieu. Selon le quotidien progouvernemental « Sabah », ce retard s’explique par un désaccord sur les conditions de cette recherche : après avoir donné son accord, l’Arabie saoudite a fait savoir qu’elle n’accepterait, selon les informations du quotidien, qu’une fouille « visuelle ». Les autorités turques ont refusé cette condition et d’intenses tractations sont en cours depuis entre le procureur, le ministère turc des Affaires étrangères et des responsables saoudiens pour essayer de trouver un compromis, selon « Sabah ».

On a appris, ce vendredi 12 octobre, qu’une délégation saoudienne est arrivée en Turquie pour des entretiens portant sur l’enquête. Selon l’agence de presse étatique Anadolu, elle devait rencontrer des responsables turcs pendant le week-end. Ibrahim Kalin, le porte-parole de la présidence turque, a annoncé jeudi soir la formation d’un « groupe de travail » turco-saoudien pour tenter d’élucider le mystère de la disparition du journaliste.

Comment réagissent la Turquie et les Etats-Unis ?

President turc Recep Tayyip Erdogan

Le président turc Recep Tayyip Erdogan et le président américain Donald Trump Trump mettent la pression sur Ryad.

« Cet incident s’est déroulé dans notre pays. Nous ne pouvons rester silencieux », a prévenu le premier. Alors que les Saoudiens ont expliqué que les caméras de la mission diplomatique ne fonctionnaient pas le jour de cette disparition, le dirigeant turc n’a pas caché son scepticisme, soulignant que l’Arabie saoudite avait les systèmes de vidéosurveillance « les plus avancés ». « Si un moustique sort, leurs systèmes de caméras vont l’intercepter », a-t-il ironisé.

Donald Trump, lui, continue de réclamer des explications. « Nous allons étudier cela très, très sérieusement. Je n’aime pas cela du tout. » « C’est un précédent terrible, terrible », a-t-il estimé. Le président des Etats-Unis a également déclaré que des enquêteurs américains travaillaient avec la Turquie et l’Arabie saoudite, mais cette participation a été démentie par des sources diplomatiques turques.

 

Les Etats-Unis, comme l’ensemble des Occidentaux, font toutefois preuve d’une certaine retenue dans leurs commentaires, tant l’Arabie saoudite est un partenaire clé sur tous les plans – stratégique, militaire, commercial. Le président américain a ainsi d’ores et déjà exclu un gel des ventes d’armes américaines en guise de sanctions.

L’affaire Khashoggi fait, en tout cas, des remous dans le monde des affaires. Le milliardaire britannique Richard Branson, fondateur du groupe Virgin, a annoncé sa décision de geler plusieurs projets d’affaires avec le Royaume. De grands noms de l’économie mondiale et des médias, censés participer à la deuxième édition du sommet Future Investment Initiative du 23 au 25 octobre à Ryad, ont commencé à prendre leurs distances. Plusieurs médias partenaires ont également annulé leur venue.

Menaces et contre-menaces

Mardi, Michelle Bachelet, haut-commissaire de l’ONU pour les Droits de l’homme, a réclamé la levée de l’immunité de responsables saoudiens qui pourraient être impliqués dans la disparition de Jamal Khashoggi.

« Compte tenu de la gravité de la situation […], j’estime que l’inviolabilité ou l’immunité des locaux et des fonctionnaires concernés accordée par des traités tels que la Convention de Vienne de 1963 sur les relations consulaires devrait être levée immédiatement », a-t-elle déclaré.

Samedi, le président Trump, un grand allié de Riyad, avait pour la première fois estimé possible une implication de l’Arabie saoudite et l’avait menacée d' »un châtiment sévère ».

L’Arabie saoudite avait promis le lendemain de riposter à d’éventuelles sanctions.


Pompeo et le prince héritier Mohammed bin Salman ont discuté du meurtre présumé d’un journaliste saoudien le 16 octobre. L’Arabie saoudite a rejeté à plusieurs reprises les allégations et « toute tentative visant à le saper dans l’Affaire Khashoggi.

Mike Pompeo et Bin Salman

Le président turc Tayyip Erdogan s’entretiendra avec le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, arrivé le 17 octobre pour une visite de travail à Ankara. Les entretiens américano-turcs devraient porter principalement sur la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, ministre turc des Affaires étrangères.

Mike Pompeo a eu des entretiens avec la ministre turque des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, au sujet de la disparition du journaliste et de Manbij, en Syrie, selon des reportages.

L’agence publique Anadolu a rapporté, citant le ministre de l’Intérieur Suleyman Soylu, que la Turquie attendait un accord conjoint pour perquisitionner la résidence du consul d’Arabie saoudite à Istanbul, en lien avec la disparition de Khashoggi.

Selon le service de presse du président turc, Erdogan rencontrera Pompeo à l’aéroport d’Ankara avant de partir pour la Moldavie.

Mike Pompeo avait déclaré plus tôt que le gouvernement saoudien s’était engagé à aller au fond des choses dans l’affaire du chroniqueur du Washington Post.

 Les Saoudiens affirment que Khashoggi a quitté le bâtiment indemne et nie avec véhémence toutes les allégations de meurtre du chroniqueur.


EN COMPLÉMENT:

Qui est Jamal Khashoggi?

Jamal Khashoggi

 

Jamal Khashoggi, dont la mort a été admise tôt samedi par l’Arabie saoudite évoquant « une bagarre qui a mal tourné » à l’intérieur du consulat du Royaume à Istanbul en Turquie, était un chroniqueur connu pour ses contributions dans les médias, dont le Washington Post.

Le défunt a d’abord été un proche collaborateur de la famille royale et des services de renseignement avant de devenir un critique de la politique autoritaire du prince Mohammed ben Salmane surnommé MBS.

L’homme qui devait avoir 60 ans le 13 octobre n’a plus donné signe de vie depuis qu’il est entré dans la représentation diplomatique saoudienne à Istanbul, le 2 octobre.

Jamal Khashoggi s’est exilé aux États-Unis après une vague d’arrestations en septembre 2017 dans le royaume. Depuis, il n’a cessé de dénoncer les « excès » de MBS. Il a révélé que le Palais lui avait interdit de s’exprimer dans le quotidien panarabe Al-Hayat, propriété du prince saoudien Khaled Ben Sultan al-Saoud, pour avoir défendu la confrérie des Frères musulmans, classée « terroriste » par Riyad.

En mars dernier, M. Khashoggi a cosigné un éditorial avec l’historien britannique Robert Lacey dans The Guardian dans lequel le duo reprochait au prince héritier de n’avoir « ni encouragé ni permis le moindre débat en Arabie saoudite ».

Né le 13 octobre 1958 dans la ville sainte de Médine, dans l’ouest de l’Arabie saoudite, Jamal Khashoggi obtient en 1982 un diplôme de gestion à l’Université d’État d’Indiana, aux États-Unis.

C’est pour les quotidiens Saudi Gazette et Asharq al-Awsat qu’il commence sa carrière en couvrant surtout le conflit en Afghanistan.

S’il n’a pas combattu aux côtés des moudjahidines contre les Soviétiques, il épouse rapidement leur cause financée par la CIA américaine et les services secrets saoudiens.

Jamal Khashoggi réalise une entrevue avec Oussama ben Laden, chef de l’organisation islamiste armée Al-Qaïda.

Mais dans les années 1990, il prend ses distances avec Oussama ben Laden.

Plus tard, Khashoggi occupe plusieurs postes de responsabilité dans des journaux saoudiens.

En 2003, il est contraint à la démission de son poste de rédacteur en chef au quotidien Al-Watan après seulement 54 jours.

Il revient au journal en 2007 pour en repartir en 2010 après avoir signé un éditorial jugé offensant pour les salafistes, courant rigoriste de l’islam.

Des relations ambiguës avec le Palais

Jamal Khashoggi n’est pas seulement connu pour sa carrière journalistique. Neveu du célèbre marchand d’armes Adnan Khashoggi, il vient d’une grande famille saoudienne qui a des origines turques. il a longtemps entretenu une relation particulière avec le pouvoir saoudien.

M. Khashoggi est proche conseiller du prince Turki al Fayçal, qui a dirigé les services de renseignement pendant plus de 20 ans.

Le célèbre prince milliardaire Alwalid bin Talal lui confie la responsabilité de lancer en 2015 Al Arab, une chaîne panarabe d’information en continu. Le projet tombe à l’eau lorsque les autorités de Manama, proches de Riyad opposent leur véto.

Deux ans plus tard, le prince Alwalid lui-même, est détenu à l’hôtel Ritz-Carlton de Riyad avec des dizaines de personnalités accusées de « corruption » par une commission présidée par le prince héritier MBS.

En 2017, les critiques de Jamal Khashoggi deviennent virulentes contre les dérives autoritaires de MBS.

Il critique également l’engagement de l’armée saoudienne dans la guerre au Yémen et l’embargo imposé au Qatar voisin, accusé par Riyad de soutenir les Frères musulmans et d’entretenir des liens avec l’Iran.

Le 2 octobre, il entre au consulat saoudien à Istanbul pour des démarches administratives en vue de son mariage avec une Turque, Hatice Cengiz. Il ne sera plus vu vivant.

…aussi

Le prince saoudien Khalid bin Farhan al Saoud, qui vit actuellement en exil en Allemagne, a déclaré que le prince héritier Mohammed bin Salman, qui fait face à une pression croissante pour faire face au meurtre présumé de Khashoggi, est un partenaire particulièrement important pour les États-Unis. « Le gouvernement américain pourrait difficilement se permettre de se passer d’un homme comme Mohammed bin Salman, facile à influencer et à contrôler », a déclaré bin Farhan

 

 


EN CONCLUSION

Mike Pompeo,l’envoyé de Donald Trump reçu par le président tuc Erdogan.

Les trois pays mêlés a cette affaire,les États-Unis,la Turquie et l’Arabie Saoudite semblent discuter d’un montant d’argent (en milliards de $ US) afin de  terminaliser  ce meurtre « a l’amiable » entre eux!

Les Américains viennent de perdre toute  crédibilité en s’assoyant avec ces deux dictatures pour  effacer l’assassinat monstreux d’un homme qui croyait a la liberté de parole et a la démocratie!

Des membres masculins de la famille royale entoure le prince héritier.

 

Troisième Guerre Mondiale en préparation:Menaces apocalyptiques de Trump après des propos guerriers de l’Iran

 

Le président américain Donald Trump a lancé une mise en garde d’une rare virulence contre l’Iran, qu’il a menacé de représailles apocalyptiques après des propos guerriers de son homologue iranien Hassan Rohani.

« NE MENACEZ PLUS JAMAIS LES ÉTATS-UNIS OU VOUS ALLEZ SUBIR DES CONSÉQUENCES TELLES QUE PEU AU COURS DE L’HISTOIRE EN ONT CONNUES AUPARAVANT », a écrit dimanche sur Twitter M. Trump dans un message adressé nommément au président Rohani et rédigé entièrement en majuscules.

« NOUS NE SOMMES PLUS UN PAYS QUI SUPPORTE VOS PAROLES DÉMENTES DE VIOLENCE ET DE MORT. FAITES ATTENTION ! », a-t-il poursuivi.

Le président américain Donald Trump, le 17 juillet 2018 à la Maison Blanche, à Washington

Ce message est intervenu après un avertissement de M. Rohani au dirigeant américain, lui conseillant de « ne pas jouer avec la queue du lion » et assurant qu’un conflit avec l’Iran serait la « mère de toutes les guerres ».

Le président iranien Hassan Rohani, le 22 juillet 2018 à Téhéran

 

M. Rohani a en outre de nouveau averti que l’Iran pourrait fermer le détroit stratégique d’Ormuz, qui contrôle le Golfe et par où passe jusqu’à 30% du pétrole mondial transitant par voie maritime.

M. Rohani s’exprimait lui-même quelques heures avant un discours très attendu du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo à la diaspora iranienne.

Les Etats-Unis n’ont « pas peur » de sanctionner « au plus haut niveau » le régime de Téhéran qui est « un cauchemar pour le peuple iranien », a assuré M. Pompeo.

– « Ce n’est pas fini »

Le 8 mai, le président Donald Trump, dont la République islamique est devenue la principale bête noire, décidait de claquer la porte de l’accord censé empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique et de rétablir toutes les sanctions levées dans le cadre de ce texte jugé trop laxiste.

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, le 11 juillet 2018 à Bruxelles

Alors que les alliés européens des Etats-Unis tentent par tous les moyens de sauver cet accord, M. Pompeo a appelé le monde à « cesser de flirter avec un régime révolutionnaire » accusé de « corruption », de « terrorisme », de violations des droits de l’Homme et de persécutions religieuses.

Il a confirmé que Washington souhaitait que tous les pays réduisent leurs importations de pétrole iranien « au plus près de zéro » d’ici la date-butoir du 4 novembre, faute de quoi ils s’exposeront aux sanctions américaines.

« Ce n’est pas fini », a-t-il mis en garde au sujet des sanctions américaines, après avoir rappelé que les Etats-Unis avaient déjà ciblé en janvier l’ayatollah Sadegh Larijani, chef de l’Autorité judiciaire, pour violations des droits de l’Homme.

« Les dirigeants du régime, notamment ceux à la tête des Gardiens de la Révolution », l’armée d’élite iranienne, « et de la Force Qods », chargée des opérations extérieures, « doivent payer chèrement pour leurs mauvaises décisions », a-t-il encore estimé.

Carte de l’Iran et de ses installations nucléaires et caractéristiques de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien

Alors que l’administration Trump est régulièrement soupçonnée de caresser l’espoir d’un changement de régime en Iran, Mike Pompeo a réaffirmé vouloir uniquement « que le régime change de manière significative son comportement, à la fois à l’intérieur de l’Iran et sur la scène mondiale ».

« Les Etats-Unis vous entendent, les Etats-Unis vous soutiennent, les Etats-Unis sont à vos côtés », a-t-il ajouté à l’intention des manifestants, qui selon lui descendent dans la rue comme jamais depuis la révolution islamique de 1979.

Concrètement, il a annoncé le lancement d’une chaîne multimédia (télévision, radio, numérique et réseaux sociaux) 24 heures sur 24 en langue farsi, « afin que les Iraniens ordinaires en Iran et à travers le monde sachent que l’Amérique est à leurs côtés ».

L’idée de l’administration Trump est simple: tenter de profiter des tensions sociales qui semblent se multiplier en Iran, sur fond de difficultés économiques aggravées par l’annonce du retour des sanctions américaines qui fait partir de nombreuses entreprises étrangères.

Elle compte s’appuyer sur une date symbolique, les 40 ans de la République islamique, l’an prochain. « Quarante ans de kleptocratie, 40 ans de richesse détournée pour soutenir le terrorisme, 40 ans d’emprisonnement d’Iraniens ordinaires pour avoir pacifiquement exprimé leurs droits », a martelé Mike Pompeo.

La communauté diplomatique et les experts sont divisés à Washington quant à savoir si la République islamique est vraiment ébranlée par la crise sociale en cours, voire menacée de l’intérieur.