Mali: Démission du président Keita après la mutinerie militaire

BAMAKO -Le président malien Ibrahim Boubacar Keita a déclaré mardi soir qu’il démissionnait et qu’il dissolvait le parlement, suite à son arrestation plus tôt dans la journée par des soldats mutins, aggravant la crise dans un pays déjà confronté à une insurrection djihadiste et une vague de contestation.

Ibrahim Boubacar Keita

Visiblement fatigué, muni d’un masque de protection chirurgical, Keita a fait cette annonce lors d’une brève allocution télévisée quelques heures après que des soldats l(ont placé en détention, de même que le Premier ministre Boubou Cissé et d’autres hauts représentants.

« Si aujourd’hui, certains éléments de nos forces armées veulent que cela prenne fin via leur intervention, ai-je vraiment le choix ? », a-t-il dit depuis une base militaire à Kati, aux abords de la capitale Bamako, où s’est produite la mutinerie et où il a été détenu.

On ne sait pas précisément dans l’immédiat qui est à la tête de cette révolte, qui va gouverner le pays en l’absence de Keita, ni les motivations des soldats mutins.

Sur des images diffusées plus tôt sur les réseaux sociaux, qui auraient été prises à la base militaire de Kati, on pouvait voir Keita et Cissé entourés de soldats armés. Reuters n’a pas pu vérifier l’authenticité des vidéos.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté depuis juin dans les rues de Bamako pour demander la démission d’Ibrahim Boubacar Keita, lui reprochant ses échecs dans la lutte contre les problèmes sécuritaires croissants et la corruption.

La France et d’autres puissances internationales ont dénoncé la mutinerie, craignant que la chute de Keita déstabilise davantage le Mali et la région du Sahel dans son ensemble.

 

La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a annoncé avoir décidé de fermer les frontières régionales avec le Mali suite à l’arrestation de Keita. Dans un communiqué, elle a indiqué avoir aussi suspendu l’ensemble des échanges financiers entre ses 15 membres et le Mali, et suspendu ce dernier des organes décisionnaires de la communauté.

Remplacement de population:L’ État islamique revendique deux attaques meurtrières au Mali

Souvenons nous de Boko Haram,groupe qui s’est uni au calife de l’État Islamique depuis 2014.
Avant cela,ces terroristes avaient enlevés des centaine de jeunes filles étudiantes dont la plupart sont devenues enceintes plusieurs fois depuis.

 

49 soldats ont été tués dans une « attaque terroriste » contre un camp militaire.

Des soldats du califat ont attaqué une base militaire où sont stationnés des éléments de l’armée malienne apostate dans le village d’Indelimane, dans la région de Ménaka, a indiqué samedi l’État islamique dans un communiqué signé « Province Afrique de l’Ouest » et publié sur ses chaînes Telegram.

Avec la mort de 49 soldats, le bilan de l’attaque, annoncé samedi par l’armée sur sa page Facebook, est l’un des plus importants enregistrés depuis l’invasion djihadiste dans le nord du pays, en 2012, qui s’est progressivement étendue vers le centre et les États voisins.

Les terroristes ont mené une attaque-surprise à l’heure du déjeuner. Des véhicules de l’armée ont été détruits, d’autres emportés, a précisé samedi un officier de l’armée malienne présent à Indelimane. Une vingtaine de rescapés ont été retrouvés après l’assaut, selon les forces maliennes qui ont aussi fait état de trois blessés et de dégâts matériels.

Au lendemain de cette attaque, un soldat français a également trouvé la mort près de la frontière du Niger.

Les soldats du califat ont pris pour cible un convoi de véhicules des forces françaises, près d’Indelimane, dans la région de Ménaka, en déclenchant un engin explosif, a écrit l’EI dans un second communiqué.

L’explosion de l’engin artisanal est survenue à 20 km d’Indelimane pendant une mission de sécurisation prévue de longue date, mais n’aurait « aucun lien » avec l’attaque de vendredi dans cette localité, a affirmé le porte-parole de l’état-major français, le colonel Frederic Barbry.

Les deux communiqués ont été publiés une semaine après l’annonce de  la quatrième mort du chef de l’EI, Abou Bakr al-Baghdadi, supposément tué lors d’un raid américain en Syrie.

Avec l’attaque de vendredi, l’armée malienne subit une de ses plus lourdes pertes depuis plusieurs années. (photo d’archives)

Une « mobilisation africaine » contre les djihadistes

La Mission de l’ONU au Mali (Minusma) a condamné très fermement l’attaque terroriste et affirme que des opérations de sécurisation sont en cours dans la région avec l’appui de Casques bleus.

Cette saignée que le Mali vit ne peut plus continuer. Voulez-vous qu’on se résigne à ce calvaire?, a déclaré samedi à Bamako l’imam Mahamoud Dicko, influente figure religieuse malienne.

De son côté, le Sénégalais Alioune Tine, défenseur des droits de l’homme, a appelé samedi à une mobilisation africaine.

«Si l’Afrique ne se mobilise pas pour le Mali et le Burkina, elle ne sera pas épargnée par le feu de brousse qui va vite gagner les pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest, les prochaines cibles de choix des djihadistes.» – Alioune Tine, défenseur des droits de la personne

Le premier ministre burkinabè, Christophe Joseph Marie Dabiré, s’est quant à lui déclaré meurtri à la suite de cette barbarie inqualifiable.

La nébuleuse terroriste dans la région

L’attaque de vendredi à Indelimane suscite également des interrogations sur les capacités d’action de l’armée malienne dans cette région où se trouvent les frontières de plusieurs pays, notamment le Niger et le Burkina Faso, touchés eux aussi par les attaques djihadistes.

Elle fait notamment écho aux attaques meurtrières survenues le 30 septembre à Boulkessy et le 1er octobre à Mondoro, dans le sud du Mali, près du Burkina Faso. Quarante soldats avaient alors été tués dans ces deux attaques, selon un bilan d’un responsable du ministère de la Défense. Plusieurs sources estiment que ce bilan officiel de 40 morts a été sous-évalué.

Voisin du Mali, le Burkina Faso est pris depuis près de cinq ans dans une spirale de violences attribuées à des mouvements djihadistes, certains affiliés à Al-Qaïda et d’autres au groupe État islamique.

Depuis 2016, 204 militaires burkinabè sont « tombés pour la défense de la patrie » lors d’attaques djihadistes, qui ont fait au moins 630 morts civils et militaires, selon un comptage de l’AFP. Depuis début 2015, les attaques, de plus en plus fréquentes et meurtrières, en particulier dans le Nord et l’Est, ont occasionné près de 500 000 déplacés internes et réfugiés, d’aprè l’ONU.

Ces attaques au Sahel sont d’abord parties du nord du Mali, tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupuscules liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes, qui l’ont ensuite évincée.

Les djihadistes en ont été en grande partie chassés ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l’initiative de la France et d’une intervention militaire, qui se poursuit toujours.

Or, les violences ont non seulement persisté, mais elles se sont propagées du nord vers le centre du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires ayant fait des centaines de morts.

 

 

Al Qaïda attaque: 27 morts dans la prise d’otages de l’Hôtel Radisson ,à Bamako

Au Mali, 27 personnes, dont deux assaillants, sont mortes vendredi,20 novembre 2015, lors de l’attaque d’un grand hôtel de Bamako revendiquée par le groupe islamiste Al-Mourabitoune et Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), a annoncé le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta.

L'hystérie collective était palpable lors de la prise d'otages.
L’hystérie collective était palpable lors de la prise d’otages.

Un responsable des Nations unies avait auparavant avancé sous le sceau de l’anonymat un bilan de 27 morts.

L’attaque contre l’hôtel Radisson Blu a également fait sept blessés, a précisé Ibrahim Boubacar Keïta, qui a décrété l’état d’urgence dans l’ensemble du pays pour une durée de dix jours à partir de minuit.

« Ce soir, le bilan est lourd », a déploré le président malien pendant une allocution à la télévision d’État, avant de déclarer trois jours de deuil national.

L’attaque a débuté dans la matinée, se transformant en une longue prise d’otages, avant l’assaut donné par les forces spéciales maliennes pour libérer les 170 personnes retenues, après plus de sept heures de confrontation. Une source proche des services de sécurité a annoncé la fin de la prise d’otages en début de soirée.

Un témoin direct, Modi Coulibaly, qui a assisté au début de l’attaque, a déclaré que les assaillants avaient tué deux gardes de l’hôtel devant ses yeux et blessé une autre personne d’une balle dans le ventre.

L’établissement visé accueille de nombreux étrangers.

Un ressortissant belge, employé au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, figure parmi les morts, a fait savoir son employeur. Un ressortissant américain a également été tué, selon le département d’État.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a déclaré en début de soirée sur TF1 qu’aucun Français ne figurait parmi les victimes.

« Une vingtaine de Français qui étaient dans l’hôtel sont en sécurité à l’ambassade de France », a-t-il encore indiqué.

Des forces spéciales françaises en soutien

Jean-Yves Le Drian a précisé que des forces spéciales françaises stationnées dans la région étaient arrivées sur place vers 15 h et qu’elles étaient intervenues « en soutien des forces de sécurité maliennes » lors de l’assaut donné à

l’établissement.

Un otage évacué de l'hôtel Radisson Blu par les forces de sécurité maliennes, à Bamako, le 20 novembre 2015.
Un otage évacué de l’hôtel Radisson Blu par les forces de sécurité maliennes, à Bamako, le 20 novembre 2015.

Les forces maliennes se sont heurtées aux assaillants au troisième étage de l’établissement et ont donné l’assaut vers 16 h 30 avec l’appui des militaires français. Elles ont ensuite progressé pièce par pièce et étage par étage pour débusquer les preneurs d’otages, a déclaré le ministère français de la Défense.

« Au cours de la progression, deux terroristes sont tués et les otages libérés », a ajouté le ministère, précisant que deux militaires français avaient été légèrement blessés.

La France a également dépêché sur place des hommes du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) qui sont arrivés en début de soirée au Mali, pays où résident 7200 ressortissants français, selon le Quai d’Orsay, dont 6200 à Bamako, ceci afin de « parer à toute éventualité », a encore déclaré Jean-Yves Le Drian.

La prise d’otages, une semaine jour pour jour après les attentats de Paris revendiqués par l’organisation terroriste État islamique (EI), vise un pays en première ligne dans les violences à caractère islamiste, où la France est intervenue en 2013.

Al-Mourabitoune

Le fondateur du groupe terroriste Al-Mourabitoune,allié à Al-Qaïda est le djihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar et liée à Al Qaïda, qui a déjà joué un rôle dans plusieurs attaques contre des intérêts occidentaux dans la région du Sahel.
Le fondateur du groupe terroriste Al-Mourabitoune est le djihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar et liée à Al Qaïda, qui a déjà joué un rôle dans plusieurs attaques contre des intérêts occidentaux dans la région du Sahel.

Le groupe armé qui revendiqué la prise d’otages est une branche d’Al-Qaïda au Sahel particulièrement active et violente.

Al-Mourabitoune, [en arabe « Les Almoravides », en référence à une dynastie berbère du Moyen-âge], est un groupe armé affilié à AQMI (Al-Qaïda au Maghreb Islamique) qui sème la terreur depuis 2013 dans le Sahel. Le Mali, en raison de son instabilité depuis 2012, est l’une de ses cibles privilégiées. Son chef Mokhtar Belmokhtar est réputé pour être l’un des djihadistes les plus sanguinaires de la région.

Récemment, le groupe a démenti son allégeance à l’État Islamique en rappelant sa loyauté envers Al-Qaïda et « l’imam » Oussama ben Laden.

Al-Mourabitoune n’en est pas à son premier attentat : en 2015 seulement, le groupe armé a mené au moins trois attaques terroristes au Mali, visant la plupart du temps des Occidentaux, des militaires français et des Casques bleus.

Réciter des versets du coran pour avoir la vie sauve

Voici à quoi ressemblent les djihadistes d'Al-Mourabitoune dans le désert  au nord du Mali.
Voici à quoi ressemblent les djihadistes d’Al-Mourabitoune dans le désert au nord du Mali.

Cette attaque a été revendiquée sur Twitter par le groupe djihadiste Al-Mourabitoune de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, allié à Al-Qaïda au Maghreb islamique et notamment connu pour la sanglante prise d’otages d’un complexe gazier dans le Sud algérien en janvier 2013. La revendication a été jugée très plausible par la France et les États-Unis.

Le commando islamiste a fait irruption à 07 h dans l’hôtel en criant « Allahou Akbar » (« Dieu est grand ») et a progressé étage après étage dans l’établissement, prenant en otage 170 personnes – 130 clients et 40 employés, selon le groupe hôtelier Rezidor, qui gère l’établissement.

Au sein des services de sécurité, on indique que le commando comprenait au maximum dix hommes, mais, selon le groupe Rezidor, ils n’auraient été que deux.

Certains otages ont réussi à s’échapper dans les premières heures de l’attaque. D’autres, en nombre indéterminé, ont été relâchés après avoir montré aux membres du commando qu’ils étaient capables de réciter des versets du Coran, a-t-on appris de source proche des services de sécurité.

Douze salariés d’Air France, deux pilotes et dix membres d’équipage, ont été exfiltrés et conduits en lieu sûr, a annoncé la compagnie française, qui a annoncé la suspension sine die de ses vols entre Paris et Bamako.

Cinq des sept employés de la compagnie aérienne turque Turkish Airlines présents dans l’hôtel ont été libérés, ont fait savoir les autorités turques.

Le Pentagone a annoncé que 22 militaires et employés civils travaillant pour le département américain de la Défense avaient été récupérés.


EN BREF SUR CETTE NOUVELLE

« La prise d’otages à l’hôtel Radisson de Bamako est terminée », indique une source militaire auprès de l’AFP, vendredi 20 novembre.sur TF1, le ministre dela Défense Jean-Yves Le Drian a annoncé qu’à sa connaissance, il n’y avait pas de victime françaises. 

• Le président Malien annonce que l’attaque a fait 21 morts, selon Reuters. D’autres sources évoquaient le chiffre d’au moins 27 morts, dont trois assaillant . Le gouvernement malien a annoncé avoir décrété un deuil national de trois jours et l’état d’urgence pour 10 jours à compter de vendredi minuit.

• Un Belge et un Américain figurent parmi les victimes. Un ressortissant belge, employé au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, figure parmi les morts, a fait savoir son employeur. Un ressortissant américain a également été tué, selon le département d’Etat.

• Pas de Français parmi les victimes à ce stade. La compagnie Air France a confirmé que ses 12 membres d’équipage à Bamako avaient été exfiltrés et se trouvaient en sécurité. Aucun Français ne figure à ce stade au nombre des victimes identifiées, a déclaré le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian. 

• L’attentat revendiqué par le groupe jihadiste Al-Mourabitoune. Al Mourabitoune est né en 2013 de la fusion du Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) et des Signataires par le sang, groupe dirigé par l’Algérien Mokhtar Belmokhtar.


 

MOKHTAR BELMOKHTAR EST_IL  VRAIMENT MORT?

Des hommes de Mokhtar Belmokhtar derrière leur sombre drapeau.
Des hommes de Mokhtar Belmokhtar derrière leur sombre drapeau.

 

Vidéo:

 Mokhtar Belmokhtar est-il vraiment mort?

Il était l’une des cibles principales des Occidentaux. Le terroriste Mokhtar Belmokhtar, lié à Al-Qaida, aurait été tué, dimanche 14 juin 2015, par une frappe américaine. Si la nouvelle a été annoncée par la Libye, Washington reste prudente et n’a pas encore confirmé sa mort. « Il n’y a pas de présence occidentale officielle en Libye donc il va falloir, soit procéder à des prélèvements ADN, soit par des sources intermédiaires confirmer que ce chef est mort »? note Jean-Christophe Notin, auteur de « La guerre de la France au Mali ».
La frappe a eu lieu à Ajdabiya, à 160 km à l’ouest de Benghazi (Libye), dans une ferme où le jihadiste tenait une réunion avec d’autres chefs terroristes.

Attentat d’In Amenas

Si l’information est bel et bien avérée, elle marquera la fin d’une longue traque. Mokhtar Belmokhtar, ancien chef d’Aqmi, avait revendiqué plusieurs attentats et de nombreuses prises d’otages ces dernières années.
Connu aussi sous le nom de « Monsieur Marlboro », cet Algérien de 43 ans avait créé, fin 2012, son propre groupe : les « Signataires par le sang ». C’est d’ailleurs en leur nom qu’il avait revendiqué l’attaque meurtrière sur le complexe gazier d’In Amenas, en janvier 2013.