C’était hier:10 octobre 1944 et le Projet de partage des Balkans

Winston Churchill,le président Roosevelt (au centre) et Staline .

Le 9 octobre 1944, Churchill arrivait à Moscou afin d’avoir avec Staline l’entrevue qu’il réclamait depuis la fin septembre, le projet de conférence à trois avec Roosevelt ayant été provisoirement repoussé par ce dernier en raison de la proximité de l’élection présidentielle américaine. On connaît la version donnée par Churchill dans ses Mémoires du premier entretien que les deux dirigeants eurent le jour même, dont le résultat est connu sous le nom d’ « accord des pourcentages ». Ils auraient, d’un trait de plume, réglé en quelques minutes le sort des pays balkaniques, Churchill s’adjugeant la Grèce à 90 % et concédant à la « Russie » la Bulgarie à 75 % et la Roumanie à 90 % – tout en prévoyant un partage 50-50 en Yougoslavie et en Hongrie.

Des discussions complexes
Outre que cette formulation en pourcentages apparaît pour le moins curieuse, il est peu probable que les choses se soient ainsi passées à l’emporte-pièce. L’historien américain Lloyd C. Gardner (dans Spheres of Influence. The Great Powers Partition from Munich to Yalta) donne de cette soirée du 9 octobre un aperçu beaucoup plus complexe : la première question traitée a été celle des frontières futures de la Pologne et les deux dirigeants sont revenus à plusieurs reprises sur la question des Balkans sans aboutir en fait à un accord formel. Pas plus de résultat d’ailleurs le lendemain malgré les tentatives de marchandage entre Anthony Eden, également présent à Moscou, et Viatcheslav Molotov, très perplexes devant ces bases de discussion assez énigmatiques. Il est clair que Churchill a donné à ces entretiens une importance qu’ils ne méritent pas, vu entre autres l’absence de Roosevelt qui ne considérait cette rencontre que comme un préliminaire à la conférence à trois prévue ultérieurement, et au refus de Staline de s’engager formellement pour cette raison.

« On donne une importance démesurée – pour ne pas dire presque une coresponsabilité – à Staline dans le massacre des résistants grecs, tout en en exonérant un Roosevelt qui ne s’y est pas plus opposé et a même aidé à sa réalisation.»

Or, c’est cet accord qui est très souvent mis en avant pour expliquer l’abstention de Staline lors du massacre des résistants grecs perpétré par Churchill à Athènes en décembre 1944. On suggère ainsi un partage de ses responsabilités avec le dirigeant soviétique, imputant à ce dernier le même cynisme et laissant au contraire dans l’ombre le rôle non négligeable de Roosevelt dans ces événements : c’est sur des bateaux américains qu’ont été acheminées du front italien les troupes britanniques qui ont écrasé la Résistance grecque.
En réalité ces discussions de Moscou ne font, concernant les Balkans, que prendre acte d’une situation déjà établie. « Concéder » le 9 octobre la Roumanie et la Bulgarie à l’URSS n’a guère de sens : l’Armée rouge est présente dans ces deux pays depuis déjà un mois. La Bulgarie est dorénavant alliée de l’URSS et cette dernière domine la commission de contrôle alliée qui administre provisoirement la Roumanie. Les Anglo-Saxons ont protesté contre cette situation, mais les Soviétiques leur ont rappelé le précédent italien : la Commission de contrôle « alliée » y a été dès les débarquements de l’été 1943 entièrement contrôlée par les officiers américains et britanniques et ce sont les États-Unis et la Grande-Bretagne qui ont pris toutes les décisions politiques concernant l’Italie, y laissant d’ailleurs en place la plupart des cadres du régime fasciste.
De même, il est clair que Staline a déjà accepté tacitement la mainmise de Churchill sur la Grèce. À la mi-septembre l’Armée rouge, arrivée de Bulgarie à la frontière grecque, s’en est détournée et a poursuivi sa route vers la Yougoslavie où elle a fait sa jonction avec les partisans de Tito. À la grande déception d’ailleurs de nombreux résistants grecs, qui attendaient l’aide soviétique pour venir à bout des Allemands encore présents sur leur territoire. C’est au même moment qu’arrivent les premiers détachements britanniques dans le Péloponnèse, sans justification militaire : les Anglais n’ont aucunement cherché à gêner le retrait des Allemands et le but de ces premiers débarquements est clairement d’occuper le terrain pour ne pas laisser le champ libre aux partisans. Et cela sans réaction aucune des Soviétiques.
Staline n’avait évidemment pas attendu octobre 1944 pour se rendre compte de la véritable obsession de Churchill concernant la Grèce, point stratégique et zone d’influence de première importance pour l’Empire britannique depuis le XIXe siècle. Le Premier ministre britannique a pendant toute la guerre, on le sait, insisté pour des débarquements en Méditerranée et plus particulièrement dans les Balkans. Devant l’échec définitif de ses plans, il a entamé dès mai 1944 de grandes manœuvres diplomatiques afin d’obtenir de ses alliés qu’ils lui laissent « les mains libres » en Grèce – plus précisément qu’il puisse y débarquer un contingent lors du retrait des Allemands, comme il en avait esquissé le plan dès septembre 1943. Ce qui a donné lieu à un chassé-croisé de lettres entre les trois Grands pendant plus de deux mois, dont ne sort pas plus d’accord formel qu’il n’en sortira en octobre à Moscou, mais que Churchill interprète à juste titre comme une acceptation tacite.

La position fragile de Staline
Staline, en effet, a bien compris que Churchill ne renoncera pas à la Grèce. Or, en cet automne 1944, la guerre est loin d’être terminée, malgré l’avance rapide de l’Armée rouge et le débarquement de Normandie, et Staline a besoin pour y mettre fin de maintenir coûte que coûte la « grande alliance » avec la Grande-Bretagne et les États-Unis. Or cette alliance commence à être remise en question dans certains cercles anglo-saxons, où l’on envisage de signer avec l’Allemagne ou ses satellites une paix séparée qui leur laisserait toute latitude pour en finir avec une Union soviétique dont les succès inquiètent certains bien plus qu’ils ne les encouragent… Une entrée dans la « chasse gardée » des Britanniques serait évidemment de nature à précipiter la réalisation de ces plans et Staline n’avait guère de choix.
De plus, il attendait certainement de ses alliés la même « compréhension » pour ses projets concernant un pays qui présentait pour lui la même importance que la Grèce pour Churchill, pour des raisons différentes tenant à la sécurité de l’URSS : la Pologne. Et c’est bien ce qui peut se lire dans le compte rendu complet de la rencontre d’octobre 1944 : on le dit peu – ou pas du tout – lorsqu’on met cette dernière en avant pour expliquer l’abstention de Staline dans l’affaire grecque, mais en fait il a été ces jours-là surtout question de la Pologne. Churchill a convoqué d’urgence à Moscou le Premier ministre polonais, Mikolajczyk, en exil à Londres, et l’a copieusement insulté devant son refus obstiné d’accepter la révision des frontières de son pays au profit de l’URSS (et au détriment de l’Allemagne) – question sur laquelle Churchill comme Roosevelt étaient prêts à faire des concessions à Staline (G.Kolko, The Politics of War. The World and United States Foreign Policy. 1943-1945). Mais là encore la conférence n’a été suivie d’aucun résultat et c’est à Yalta que cette question sera tranchée.
La rencontre de Moscou n’a donc qu’une importance très relative, malgré les allégations de Churchill. Les jeux sont déjà faits, en octobre 1944, concernant la Grèce et c’est dès 1943 que Churchill s’est montré prêt à utiliser tous les moyens pour conserver la Grèce dans sa sphère d’influence et donc empêcher la Résistance de participer à la vie politique du pays à la Libération. Pourquoi alors cette référence systématique à la conférence de Moscou pour « expliquer » la cynique et meurtrière expédition britannique de décembre 1944 à Athènes ? On donne ainsi une importance démesurée – pour ne pas dire presque une coresponsabilité – à Staline dans le massacre des résistants grecs, tout en en exonérant un Roosevelt qui ne s’y est pas plus opposé et a même aidé à sa réalisation. Et cela n’éclaire guère la question des raisons de la défaite de la Résistance grecque.


APRÈS-COUP:LES NOTES DE CHURCHILL PARLENT

Le 10 octobre 1944, à Moscou, Churchill et Staline scellent en tête-à-tête le sort des pays balkaniques après la chute du IIIe Reich allemand.

Leurs ministres des affaires étrangères Anthony Eden et Viatcheslav Molotov avaient déjà dû en parler lors de la signature du traité anglo-soviétique de Londres, le 26 mai 1942…

L’« accord des pourcentages »

Mal inspiré et sans doute usé par l’âge et les déceptions, le Premier ministre britannique croit possible de s’accorder avec le dictateur sur un partage d’influence dans cette région sensible d’Europe centrale.

Churchill tient surtout à maintenir la Grèce dans la sphère occidentale, en dépit de l’influence qu’y joue le parti communiste.

Aussi griffonne-t-il sur un papier :
1) Roumanie : Russie 90%, les autres 10%,
2) Grèce : Grande-Bretagne (en accord avec les États-Unis) 90%, Russie 10%,
3) Yougoslavie : 50/50%,
4) Hongrie : 50/50%,
6) Bulgarie : Russie 75%, les autres 25%
.

Signifiant son accord d’un trait de crayon bleu, Staline paraphe le document.

Le lendemain, Eden et Molotov, ministres des affaires étrangères britannique et soviétique, affinent les pourcentages… Mais l’évolution des rapports de force sur le terrain va rendre caduc l’« accord des pourcentages ».

Un plan caduc

Le 3 décembre 1944, le Parti communiste grec (EAM-ELAS) tente de s’emparer d’Athènes. Un corps expéditionnaire britannique intervient. C’est le début d’une atroce guerre civile (tortures et meurtres de civils, femmes et enfants en grand nombre). Cessez-le-feu le 14 janvier 1945. Lâchés par l’URSS, les communistes sont écrasés. La victoire reste aux partis pro-occidentaux.

En Yougoslavie, par contre, c’est au chef des communistes, Josip Broz Tito, que va revenir la totalité du pouvoir, Churchill ayant commis l’erreur de le soutenir plutôt que les résistants royalistes ou démocratiques, au moins aussi efficaces contre les Allemands.

La Hongrie et la Roumanie vont tomber tout entières sous la coupe des communistes locaux, inféodés aux « libérateurs » soviétiques.

Lorsque s’ouvrira la conférence de Yalta, le 4 février 1945, peu avant l’effondrement du IIIe Reich, Staline aura déjà l’Europe centrale à sa botte.


Josip Broz  « Tito »

Sous le surnom de Tito, Josip Broz milite dans le parti communiste clandestin en Croatie, à partir de 1923. Secrétaire général du parti communiste yougoslave en 1937, il participe à la guerre contre l’occupant nazi après que Hitler ait envahi l’URSS (22 juin 1941). Cela lui vaut d’être proclamé Maréchal ! À la Libération, il renverse la monarchie et établit un régime communiste, sans que les Soviétiques aient eu à occuper le pays comme en Europe centrale.

Le 29 juin 1948, au terme d’une longue période de tension, le chef charismatique de la République populaire fédérale de Yougoslavie, est exclu du Kominform, le mouvement communiste international, à l’instigation de Staline, qui voit en lui un rival encombrant. La Yougoslavie va dès lors faire bande à part et Tito s’ériger en promoteur du mouvement des non-alignés (ni l’Est pro-soviétique, ni l’Ouest pro-américain).


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Réécrire l’histoire:Les secrets du programme soviétique de guerre contre les maladies

 

Parmi les nombreuses réalisations et inventions remarquables de l’humanité, peu sont aussi mauvaises et aussi horribles que la guerre biologique: le massacre délibéré et ordonné par le gouvernement de personnes atteintes de maladies mortelles.

Staline fut cet initiateur de crimes contre-nature!

 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’armée japonaise a maintenu un programme secret de tests de guerre biologique, comme l’ont fait les États-Unis dans les années 1950 et 1960. En 1969, le président Nixon a renoncé à l’utilisation de telles armes et les États-Unis ont démantelé leur vaste opération de guerre biologique, limitant par la suite la recherche à des mesures défensives telles que la vaccination.

Mais comme un nouveau livre remarquable le décrit dans les moindres détails, aucun régime n’a fait de « progrès » plus importants dans la guerre biologique que l’Union soviétique. Du point de vue d’un initié unique, un ancien scientifique de haut niveau du programme de guerre biologique soviétique raconte l’histoire dans  Biohazard: The Chilling Story of the Largest Covert Biological Weapons Program in the World  (Random House, 1999). Ken Alibek (né Kanatjan Alibekov) a rejoint le programme soviétique « Biopreparat » en 1975, et a été son premier chef adjoint de 1988 à 1992, quand il a fait défection aux États-Unis.

 

Au cours de la terrible guerre civile russe de 1917-1921, au cours de laquelle le régime soviétique naissant a vaincu les forces anticommunistes « blanches » dispersées et divisées, jusqu’à dix millions de personnes ont perdu la vie. La plupart de ces décès ne sont pas survenus au combat, mais ont été causés par la famine et la maladie – en particulier le typhus.

Au cours de la guerre civile qui oppose les bolcheviks et leurs adversaires de toutes tendances, une terrible famine survient. Elle touche notamment la région de la Volga dont fait partie la petite localité de Buzuluck. À son apogée, durant l’été 1922, près de 30 millions de personnes sont sous-alimentées. La situation se dégrade d’autant plus que le Commissariat du peuple à l’Agriculture et celui à l’Approvisionnement ont ordonné des réquisitions de grains qui entament les semences destinées aux prochaines semailles. La disette se transforme alors en famine. Devant l’ampleur de la catastrophe et l’impéritie de l’État soviétique, Lénine, dérogeant à sa politique d’isolationnisme, décide de faire appel à l’aide internationale et de laisser des organisations étrangères intervenir sur le territoire russe.

Conscient de cela, le gouvernement soviétique révolutionnaire a très tôt accordé une grande priorité aux maladies comme méthode de guerre. En 1928, il a publié un décret secret ordonnant le développement du typhus comme arme de champ de bataille. Au cours des décennies qui ont suivi, l’URSS a construit et maintenu un vaste programme de guerre biologique. Par exemple, rapporte Alibek, des scientifiques soviétiques ont développé une capacité sophistiquée de lutte contre la peste, et un arsenal à Kirov (aujourd’hui Vyatka) a stocké 20 tonnes d’armes aérosol contre la peste (p. 166).

Utilisation en temps de guerre contre les Allemands

 

Ken Alibek alors à l’emploi du gouvernement soviétique.

Alors qu’il était étudiant diplômé à l’Institut médical de Tomsk (1973-75), Alibek a étudié les dossiers médicaux soviétiques en temps de guerre qui suggéraient fortement que l’Armée rouge avait utilisé la tularémie comme arme contre les troupes allemandes à l’extérieur de Stalingrad en 1942 (pages 29-31). La tularémie est une maladie hautement infectieuse qui provoque des maux de tête débilitants, des nausées et de fortes fièvres. S’il n’est pas traité, il peut être mortel. Il est également difficile à éteindre, ce qui le rend attrayant pour quiconque essaie de produire des armes biologiques.

Alibek a découvert que « les premières victimes de la tularémie étaient les soldats panzer allemands, qui sont tombés malades en si grand nombre à la fin de l’été 1942 que la campagne nazie dans le sud de la Russie s’est interrompue temporairement ». En outre, raconte-t-il, des milliers de soldats et de civils russes vivant dans la région de la Volga sont tombés avec la maladie dans la semaine suivant l’épidémie initiale en Allemagne. Jamais auparavant il n’y avait eu une épidémie aussi répandue de la maladie en Russie.

Ken Alibek…photo récente

Pourquoi tant d’hommes étaient-ils tombés malades de la tularémie du côté allemand seulement? De plus, 70% des Allemands infectés sont atteints d’une forme pneumonique de la maladie qui, selon Alibek, « ne pouvait être causée que par une dissémination volontaire ».

Infection provoquée par la tularémie.

Alors qu’il y avait dix mille cas de tularémie signalés en Union soviétique en 1941, en 1942 – lorsque la bataille de Stalingrad était à son apogée – le nombre de cas a grimpé à plus de cent mille. Puis, en 1943, l’incidence de la maladie est revenue à dix mille. La bataille de Stalingrad a fait rage de septembre 1942 au 2 février 1943, lorsque Friedrich von Paulus, commandant de la sixième armée allemande, s’est rendu avec 91 000 officiers et hommes (dont seulement 6 000 ont survécu à la captivité soviétique).

Le field Marshall Friedrich von Paulus se rendant avec ses officiers.

Alibek est devenu convaincu que « les troupes soviétiques devaient avoir pulvérisé la tularémie sur les Allemands. Un changement soudain de direction du vent, ou des rongeurs contaminés passant par les lignes, avaient infecté nos soldats et la maladie s’était ensuite propagée dans la région ».

A son professeur, un colonel soviétique nommé Aksyonenko, il a expliqué que les preuves qu’il avait trouvées « suggèrent que cette épidémie a été provoquée intentionnellement ». Aksyonenko a répondu avec un avertissement sévère: « S’il vous plaît. Je veux que vous me rendiez service et oubliez que vous ayez jamais dit ce que vous venez de dire. Je l’oublierai aussi … Ne mentionnez jamais à personne ce que vous venez de me dire. »

Quelques années plus tard, un lieutenant-colonel soviétique âgé qui avait travaillé pendant la guerre dans l’installation d’armes bactériologiques secrètes de Kirov a déclaré à Alibek qu’une arme contre la tularémie y avait été développée en 1941. Il l’a également laissé « sans aucun doute que l’arme avait été utilisée .  » Ce même officier a en outre suggéré qu’une «flambée de fièvre Q parmi les troupes allemandes en congé en Crimée en 1943 était le résultat d’un autre des agents de guerre biologique [soviétiques]» (p. 36).


EN COMPLÉMENTAIRE

Ouverture du système soviétique d’armes biologiques, 1990

Inside the anthrax factory at Stepnogorsk, Kazakhstan. The tanks are labeled Sulfuric Acid./
À l’intérieur de l’usine d’armes biologiques de Stepnogorsk, au Kazakhstan, où l’Union soviétique était prête à fabriquer des tonnes d’anthrax si les commandes venaient de Moscou.Les réservoirs sont identifiés comme contenant de l’acide sulfurique.

Des documents internes révèlent qu’au cours des dernières années de la guerre froide, les plus hauts dirigeants de l’Union soviétique ont débattu de la dissimulation de leur programme d’armes biologiques illicites face aux protestations des États-Unis et de la Grande-Bretagne. Grande-Bretagne.

Les documents, dévoilés pour la première fois dans un nouveau livre de David E. Hoffman, The Dead Hand: The Untold Story of the Cold War Arms Race and Its Dangerous Legacy, sont publiés aujourd’hui en traduction anglaise par les archives de la sécurité nationale.

Les enregistrements, ainsi que d’autres preuves rapportées dans le livre, montrent comment le Kremlin a repoussé les protestations de l’Occident au cours de l’effort massif de guerre contre les germes. Même après qu’un scientifique soviétique de haut niveau ait fait défection en Grande-Bretagne en 1989 et commencé à révéler les détails du programme, les responsables soviétiques ont décidé de poursuivre la dissimulation. Le programme soviétique était une violation de la Convention de 1972 sur les armes biologiques et à toxines, que Moscou avait signée.

Les documents montrent qu’Eduard Shevardnadze, le ministre des Affaires étrangères, Dmitri Yazov, le ministre de la Défense, et Lev Zaikov, le membre du Politburo supervisant le complexe militaro-industriel, entre autres, étaient conscients de la dissimulation et activement impliqués dans la discussion dans les années où Le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev faisait avancer ses réformes sans éclat et tentait de ralentir la course aux armements nucléaires.

Zaikov a fait rapport à Gorbatchev sur les armes biologiques dans une note clé du 15 mai 1990. Une traduction de la note est incluse dans les documents publiés aujourd’hui.

Le livre, The Dead Hand: The Untold Story of the Cold War Arms Race and Its Dangerous Legacy , examine les dernières années de la compétition des superpuissances et explore ce qui est arrivé aux armes et aux scientifiques des armes après l’effondrement soviétique. Le livre a reçu le prix Pulitzer 2010 pour la non-fiction générale .

Le livre est basé en partie sur des milliers de pages de documents obtenus par Hoffman détaillant les principales décisions concernant le complexe militaro-industriel soviétique et le contrôle des armements dans les années 1980. Les documents ont été collectés par Vitaly Katayev, un membre du personnel professionnel du Comité central, et sont maintenant déposés à la Hoover Institution de l’Université de Stanford. Le livre est également basé sur une vaste documentation des dernières années de la guerre froide dans la collection des archives de la sécurité nationale.

 


Le système de guerre germinale – une lutte du Kremlin, 1989-1990

Une épidémie d’anthrax dans la ville de Sverdlovsk en 1979 a fait soupçonner en Occident que l’Union soviétique travaillait sur des armes biologiques offensives, en violation du traité. Juste en amont du quartier touché se trouvait une installation militaire d’armes biologiques. Les responsables soviétiques avaient insisté à plusieurs reprises sur le fait que l’épidémie de Sverdlovsk avait des causes naturelles, telles que la viande contaminée. Les véritables raisons de l’épidémie sont restées cachées.

À partir du milieu des années 1970, l’Union soviétique avait construit une organisation de recherche massive sur les armes biologiques, connue sous le nom de Biopreparat, qui a été cachée par une histoire de couverture que c’était à des fins civiles.

Fin octobre 1989, Vladimir Pasechnik, l’un des principaux directeurs des instituts du système, a fait défection en Grande-Bretagne. Il a commencé à décrire aux Britanniques l’énorme portée et l’ambition du système Biopreparat, qui comprenait le développement de nouveaux agents pathogènes génétiquement modifiés. Ses révélations ont également été discrètement partagées avec les États-Unis.

Le mur de Berlin est tombé le 9 novembre et les 2 et 3 décembre, le président Bush a rencontré Gorbatchev lors du sommet de Malte. Il y avait de nombreux problèmes urgents, y compris l’avenir de l’Allemagne et le pouvoir déclinant de Gorbatchev à la maison. Bush n’a pas discuté avec Gorbatchev des rapports inquiétants sur un programme soviétique d’armes biologiques.

Dans le même temps, les responsables soviétiques ont réalisé que Pasechnik pouvait dévoiler bon nombre de leurs secrets, et ils ont commencé à se forger des questions. Quelques semaines après le sommet de Malte, un conflit a éclaté parmi les responsables soviétiques sur la quantité de choses à dire à l’Occident sur l’épidémie de fièvre charbonneuse de Sverdlovsk.

Document 1 – Une note de référence, ou spravka , sur les raisons de l’épidémie de Sverdlovsk.  Ce projet de mémorandum interne, daté du 19 décembre 1989, note les questions persistantes de l’étranger et du pays concernant Sverdlovsk. Le mémo indique qu’il y a eu une discussion de haut niveau sur la façon de réagir, et la décision a été prise de maintenir l’histoire de couverture selon laquelle l’épidémie de fièvre charbonneuse avait des causes naturelles. Cependant, la note évoque la possibilité que le complexe militaire soit lié à l’épidémie.
[Source: Bibliothèque et archives de la Hoover Institution, collection Katayev]

Le 5 janvier 1990, le ministère soviétique des Affaires étrangères, sous Shevardnadze, a fait un effort très modeste pour apporter un peu plus d’ouverture à la question. Le ministère a diffusé un projet de résolution du Comité central à 15 personnes. Le ministère a proposé de dire à l’Occident que l’accident de Sverdlovsk faisait l’objet d’une enquête et a suggéré d’échanger des informations avec les États-Unis à ce sujet et sur d’autres questions concernant les armes biologiques.

Document 2 – Le ministère de la Défense s’y oppose fermement. Dans cette note du 10 janvier 1990, le ministre de la Défense, Dmitri Yazov, s’oppose aux propositions du ministère des Affaires étrangères pour plus d’ouverture sur Sverdlovsk et les armes biologiques. Yazov dit qu’il n’y a pas eu d’accident au complexe militaire et qu’il ne devrait y avoir aucun échange avec les Américains, car cela contredirait toutes les affirmations soviétiques selon lesquelles il n’a jamais eu d’armes biologiques.
[Source: Bibliothèque et archives de la Hoover Institution, collection Katayev]

Document 3 – Retraites du ministère des Affaires étrangères. Dans cette note de service, datée du 11 janvier 1990, Viktor Karpov, vice-ministre des Affaires étrangères, se retire, déclarant que le libellé de la résolution était «une formulation ambiguë malheureuse». Il est rayé de la résolution.
[Source: Bibliothèque et archives de la Hoover Institution, collection Katayev]

Document 4 – Commentaires des membres du personnel du Comité central.   Un extrait d’une note de service dans laquelle deux membres du Comité central, dont Katayev, déclarent que Karpov n’aurait pas dû diffuser le projet de résolution et prétendent qu’il n’avait «aucun droit de divulguer» des informations sur les armes biologiques.
[Source: Bibliothèque et archives de la Hoover Institution, collection Katayev]

Les États-Unis et la Grande-Bretagne, désormais en possession des révélations de Pasechnik, affrontèrent tranquillement les Soviétiques. Le 14 mai 1990, les ambassadeurs britannique et américain à Moscou, Sir Rodric Braithwaite et Jack F. Matlock Jr., ont prononcé une démarche conjointe, ou protestation officielle. Ils l’ont entre autres apporté à Alexander Bessmertnykh, premier adjoint de Shevardnadze.

Document 5 – Les notes de Bessmertnykh. Ce sont les notes détaillées prises par Bessmertnykh sur la démarche américano-britannique. Les deux ambassadeurs ont déclaré qu’ils disposaient d’informations selon lesquelles l’Union soviétique avait un programme secret à grande échelle dans le domaine des armes biologiques.
[Source: Bibliothèque et archives de la Hoover Institution, collection Katayev]

La démarche a attiré l’attention du Kremlin. Le lendemain, 15 mai 1990, Lev Zaikov, membre du Politburo du complexe militaro-industriel, a envoyé une lettre dactylographiée à Gorbatchev et Shevardnadze. Bien que le rôle de Gorbatchev dans le programme d’armes biologiques ne soit pas clair jusqu’à présent, la lettre de Zaikov montre qu’il a été informé de certains détails à cette date.

Document 6 – La lettre de Zaikov à Gorbatchev. Dans cette importante note, qu’il a écrite à la demande de Gorbatchev, Zaikov donne une tournure très sélective sur l’histoire et les activités du programme soviétique de guerre germinale. Il ressort de la lettre que les responsables soviétiques ont menti non seulement au monde, mais aux autres, y compris au président du pays.
[Source: Bibliothèque et archives de la Hoover Institution, collection Katayev]

Pour une analyse plus approfondie de la lettre, voir The Dead Hand , pp. 346-348 .

Deux jours plus tard, le secrétaire d’État américain James A. Baker III a été invité à rejoindre Shevardnadze lors d’un voyage touristique à Zagorsk, une ville située à quarante-trois miles au nord-est du Kremlin avec un célèbre monastère orthodoxe russe. Baker avait préparé un court document décrivant ce que les États-Unis savaient.

Alors qu’ils se dirigeaient vers Zagorsk dans la limousine ZIL de Shevardnadze, arborant des drapeaux soviétiques et américains sur le front, sans assistants mais deux interprètes dans la voiture, Baker a soulevé la question des armes biologiques et a remis le document à Shevardnadze. Baker a rappelé que Shevardnadze a dit, au présent, « il ne pensait pas que cela pourrait être le cas, mais il vérifierait. »

La question des armes biologiques est revenue sur le tapis lors du sommet de Washington. Le samedi 2 juin 1990, le président Bush et Gorbatchev ont eu une discussion privée à ce sujet à Camp David.

Et en juillet 1990, Baker a remis à Shevardnadze un autre document décrivant les préoccupations américaines concernant les armes biologiques.

Shevardnadze devait rencontrer Baker en août au lac Baïkal. Le 27 juillet et de nouveau le 30 juillet 1990, un groupe de fonctionnaires s’est réuni au bureau de Zaikov à Moscou pour rédiger les points de discussion que Shevardnadze utiliserait pour répondre à Baker.

Document 7 et Document 8 : Points de discussion de Shevardnadze pour Baker le 1er août 1990.   Shevardnadze continue essentiellement la dissimulation. Il dit: « Nous n’avons pas d’armes biologiques. » Le document 7 est un brouillon et le document 8 se compose des véritables points de discussion de Shevardnadze. Dans ses mémoires, Shevardnadze a fait allusion à ce moment: «Si quoi que ce soit, Jim aurait pu avoir des doutes sur mon honnêteté, à propos d’une histoire désagréable que je n’ai pas l’intention de raconter ici.» Il a ajouté: « Mentir est toujours improductif. »
[Source: Bibliothèque et archives de la Hoover Institution, collection Katayev]

La réponse de Shevardnadze a été suivie d’une longue négociation qui a débouché sur les premières visites du Royaume-Uni et des États-Unis dans le complexe d’armes biologiques soviétiques en janvier 1991. Mais les experts occidentaux qui se sont rendus sur place sont repartis avec des soupçons encore plus profonds qu’un programme de guerre germinale massif existait.

Le mur de pierre continuerait même après la disparition de l’Union soviétique en décembre 1991.

Bombe bactériologique soviétique version des années 50

 

 

 

Divulgation de documents:Opération impensable: le plan secret de Winston Churchill pour envahir la Russie en 1945

Au printemps 1945, Winston Churchill demanda à ses chefs militaires de préparer un plan secret. Ce n’était pas nouveau. Churchill, hyper énergique, proposait toujours des plans, certains intelligents et certains fous. Mais ce plan dépassait tout cela.

 

Au début de 1945, les États-Unis se concentraient sur l’Allemagne pour se débarrasser du Japon. Mais le regard de Churchill voyait une obscurité descendre sur l’Europe. Que se passerait-il avec une armée rouge occupant son cœur? Staline avait déjà renié les accords antérieurs selon lesquels la Pologne – la raison pour laquelle la Grande-Bretagne était entrée en guerre en 1939 – serait libre. Au lieu de cela, le gouvernement polonais était rempli de partisans soviétiques alors que les résistants polonais se sont retrouvés dans les prisons du NKVD. La Roumanie, la Hongrie et la Tchécoslovaquie étaient sous contrôle soviétique et la Grèce et la Turquie étaient menacées. Après la capitulation inévitable de l’Allemagne, l’énorme force américaine en Europe déménagerait dans le Pacifique.

Ainsi, les planificateurs britanniques ont imaginé «opération impensable», un nom approprié pour ce qui aurait été la troisième guerre mondiale. Quelle pourrait être une tâche plus inimaginable que d’essayer de trouver un moyen pour la Grande-Bretagne – brisée et épuisée après deux guerres mondiales – de lancer une guerre préventive pour vaincre le colosse soviétique?

Pourtant, même si la Grande-Bretagne perdait le «grand» en 1945, les ordres étaient des ordres, et les planificateurs militaires étaient habitués à concevoir des réponses aux imprévus les plus improbables. Ils se sont donc mis au travail et, en 1945, ils avaient élaboré un plan. L’attaque commencerait le 1er juillet 1945 pour permettre les opérations avant l’arrivée de l’hiver. Ils supposaient que les services de renseignement soviétiques détecteraient les préparations alliées et rendraient donc impossible une offensive surprise de type Opération Barbarossa. Ainsi, les Alliés se battraient dès le début.

L’opération Impensable a envisagé une offensive des armées anglo-américaines, plus un contingent polonais libre (les Canadiens ont également été informés du plan). Ces forces briseraient les défenses soviétiques avancées en Allemagne. On s’attendait alors à ce que les Soviétiques massent leur armure le long des fleuves Oder et Neisse, que les Soviétiques avaient transformés en nouvelle frontière entre l’Allemagne et la Pologne. Une bataille blindée gigantesque de type Koursk se déroulerait autour de Stettin. Si les Alliés le gagnaient, ils avanceraient sur une ligne longue de 250 milles entre Dantzig et Breslau, où ils s’arrêteraient pour éviter d’exposer leur flanc à une attaque sudiste lancée par les forces soviétiques en Tchécoslovaquie.

Ironiquement, le plan ressemblait beaucoup à l’opération Barbarossa d’Hitler, qui comptait également sur la défaite des forces soviétiques près de la frontière russe pour éviter une campagne prolongée au plus profond de cette vaste nation. « Les planificateurs pensaient que s’ils pouvaient sécuriser cette ligne de Dantzig à Breslau à l’automne 1945, il suffirait peut-être d’amener Staline », écrit l’auteur Jonathan Walker dans son livre Churchill’s Third World War. 1945. «Mais si les Alliés atteignaient cette limite à l’automne (sans tenir compte de l’énorme avantage que possédaient les Soviétiques en matière de main-d’œuvre) et Staline n’avait pas changé d’idée quant au contrôle de l’Europe de l’Est? Avec les forces à leur disposition, Les commandants occidentaux ne pouvaient pas tenir leur position pendant l’hiver 1945-1946 et ils seraient obligés de se retirer ou de pousser dans l’est de la Pologne et l’Union soviétique. Poursuivre serait sans doute une «guerre totale». »

La guerre totale contre la Russie – des mois avant que la première bombe atomique ne soit lancée sur le Japon – était une issue que personne ne voulait. Les forces alliées avaient près de 4 millions d’hommes en Europe lorsque l’Allemagne se rendit, la majorité d’entre eux étant des Américains qui seraient bientôt transférés dans le Pacifique. L’Armée rouge comptait près de 11 millions d’hommes et peut-être 20 000 chars et canons automoteurs. Certes, les Alliés comptaient sur les mêmes avantages qui leur permettaient de vaincre l’Allemagne nazie. Ils avaient une grande supériorité en mer, ce qui signifiait que leurs flottes pouvaient fournir un soutien amphibie en mer Baltique. Les forces aériennes tactiques soviétiques dépasseraient de deux à un les forces aériennes tactiques alliées, mais les Alliés pouvaient compter sur des pilotes mieux entraînés et sur le fait que les Soviétiques dépendaient des États-Unis pour le carburant aviation à indice d’octane élevé. Cependant, le vrai as dans l’air serait le 2, 500 bombardiers lourds alliés en Europe, qui comprendraient probablement des B-29. La Luftwaffe n’avait pas été en mesure de les arrêter et la Force aérienne rouge n’avait aucune expérience pour les arrêter.

Néanmoins, les planificateurs alliés se sont retrouvés dans le même piège qui a détruit Napoléon et Hitler. Comment faire en sorte que la Russie se rende si elle ne le veut pas? Si vaincre l’Armée rouge sur le sol allemand n’était pas suffisant, la seule alternative était d’avancer vers l’est en Pologne puis en Russie. «Les planificateurs peinent maintenant à penser aux énormes distances que les Alliés devront franchir pour assurer la victoire», note Walker.

Pendant ce temps, les Alliés devaient compter sur l’expansion de la guerre alors que les Soviétiques attaquaient la Norvège, la Grèce et la Turquie (de manière inquiétante, les planificateurs britanniques s’attendaient à ce que les Soviétiques s’allient au Japon). Quant à la bombe atomique, les États-Unis n’en avaient que deux à l’été 1945 et ils étaient destinés au Japon. En 1946, l’Amérique n’avait que neuf bombes. Aussi puissantes soient-elles, elles ne pouvaient infliger qu’une fraction de la peine que l’Union soviétique avait subie aux mains des nazis et continuaient à se battre.

Ce qui est fascinant, ce n’est pas seulement l’hybris – ou chutzpah – de l’invasion de la Russie par la Grande-Bretagne, chose qu’elle n’avait pas fait depuis la guerre de Crimée. Ce sont les hypothèses qui sous-tendent le plan, motivées par des voeux pieux ou par le désespoir.

Alors même que les camps de travail étaient détruits, la Grande-Bretagne envisageait de reconstruire une armée allemande pour combattre les Russes. « L’une des questions les plus controversées dans le plan impensable était l’utilisation des forces allemandes dans le camp allié », écrit Walker. «On prévoyait que dix divisions allemandes pourraient être utilisées pour des opérations offensives, mais comme il leur faudrait du temps pour être rééquipées à partir de sources alliées, les unités ne seraient pas prêtes pour le 1er juillet et ne seraient disponibles qu’à l’automne; qu’ils devraient être utilisés était probablement très controversé. »

Mais le réarmement des ex-nazis devenait insuffisant par rapport à une base absolue de l’opération Unthinkable, à savoir que les États-Unis rejoindraient la Grande-Bretagne dans l’attaque contre l’Union soviétique. Roosevelt, et initialement Truman jusqu’à ce qu’il en sache mieux, étaient convaincus qu’il était possible de trouver un arrangement avec Staline après la guerre. Ils avaient tort, mais ils ne le savaient pas au printemps 1945. Et il y avait encore la victoire à gagner au Japon, pour laquelle l’aide soviétique était considérée comme essentielle. En d’autres termes, l’Amérique venait de terminer une croisade en Europe contre le nazisme. Il ne s’agissait pas encore de se lancer dans une croisade contre le communisme.

Les militaires adorent discuter de la manière dont une guerre entre les Alliés occidentaux et les Soviétiques se serait déroulée (bien que l’on suppose généralement que les Soviétiques auraient attaqué en premier). Les enthousiastes adorent argumenter les mérites des chars  Sherman contre les chars T-34, ou les chasseurs P-51 contre les  Yak soviétiques. C’est très intéressant et presque totalement inutile.

Le fait le plus grave d’une guerre qui aurait entraîné le monde dans la Troisième Guerre mondiale est le suivant: l’opération Impensable a appelé les nations démocratiques du Royaume-Uni et des États-Unis à lancer une guerre contre l’Union soviétique. La justification aurait été la nécessité de faire reculer l’empire soviétique de ses conquêtes allemande et orientale.

En contrepartie, les populations de Grande-Bretagne et d’Amérique devraient endurer un conflit prolongé sans moyen certain de contraindre l’ennemi à se rendre. Plutôt que la guerre aérienne et navale relativement exsangue que les Anglo-Américains préféraient et préféraient encore, ils auraient été piégés dans une guerre terrestre avec la plus grande puissance terrestre du monde, dans les vastes plaines froides et les marécages d’Europe de l’Est.

L’opération impensable était vraiment impensable.

Déja lors de la rencontre de Téhéran,Churchill réfléchissait a une Troisième Guerre Mondiale!

 

 

 

 

Voici 40 photos historiques rares …certaines très peu connues

Albert Einstein et Charlie Chaplin...aux États-Unis pendant la Guerre.
Albert Einstein et Charlie Chaplin…aux États-Unis pendant la Guerre.

 

Albert Einstein et ses souliers à fourrure.
Albert Einstein et ses souliers à fourrure.

 

 

 

Jimmy Hendrix et Mick Jagger en 1969.
Jimmy Hendrix et Mick Jagger en 1969.

 

Arnold Schwarzenegger regardant New York pour la première fois en 1968.
Arnold Schwarzenegger regardant New York pour la première fois en 1968.

 

Le jeune Bruce Lee sur une piste de dance.
Le jeune Bruce Lee sur une piste de dance.

 

Diane Keaton et Al Pacino durant le tournage du film  "Le Parrain" ,en 1972.
Diane Keaton et Al Pacino durant le tournage du film « Le Parrain » ,en 1972.

 

Durant la République de Weimar,en Allemagne ,en 1922:ces enfants s'amusent avec des billets de banque durant la crise inflationnaire .
Durant la République de Weimar,en Allemagne ,en 1922:ces enfants s’amusent avec des billets de banque durant la crise inflationnaire .
Femme juive assise sur un banc en Autriche,en 1933.Il est écrit :réservé aux juifs.
Femme juive assise sur un banc en Autriche,en 1933.Il est écrit :réservé aux juifs.

 

 

En 1937,ces soldats japonais font partie des forces navales spéciales d'intervention lors de l'invasion de Shanghai,en Chine.Ils n'ont rien èa envier a nos SWAT modernes.
En 1937,ces soldats japonais font partie des forces navales spéciales d’intervention lors de l’invasion de Shanghai,en Chine.Ils n’ont rien èa envier a nos SWAT modernes.
Joseph Staline,le dictateur communiste de l'Union Soviétique et son double,Felix Dadaev.
Joseph Staline,le dictateur communiste de l’Union Soviétique et son double,Felix Dadaev.

 

Photo de Bill Gates lors de son arrestation en 1977,pour conduite sans permis d'une voiture.Il vivait avec des finances serrées à cette époque.
Photo de Bill Gates lors de son arrestation en 1977,pour conduite sans permis d’une voiture.Il vivait avec des finances serrées à cette époque.

 

En 1938,le groupe des gardes du corps attachés personnellement au Führer Adolph Hitler,se rassemble près de la Chancellerie du Reich à Berlin.
En 1938,le groupe des gardes du corps attachés personnellement au Führer Adolph Hitler,se rassemblent près de la Chancellerie du Reich à Berlin.
William Harley et Arthur Davidson,les célèbres constructeurs de la fameuse motocyclette.
William Harley et Arthur Davidson,les célèbres constructeurs de la fameuse motocyclette.

 

La dernière photo prise du Titanic  s,'éloignant vers son destin,en 1912.
La dernière photo prise du Titanic s’éloignant vers son destin,en 1912.

 

En 1936,des troupes SS se prélassent près des installations des jeux Olympiques .
En 1936,des troupes SS se prélassent près des installations des jeux Olympiques .

 

En 1923,un mach de boxe était organisé au Yankee Stadium,à New York.
En 1923,un mach de boxe était organisé au Yankee Stadium,à New York.
En 1900,trois enfants posent dans leurs costumes d'Halloween.
En 1900,trois enfants posent dans leurs costumes d’Halloween.
Steve Jobs et Bill Gates .
Steve Jobs et Bill Gates .
Durant l'invasion allemande de la Russie,en 1941,un soldat allemand partage sa nourriture avec une femme russe et son enfant.
Durant l’invasion allemande de la Russie,en 1941,un soldat allemand partage sa nourriture avec une femme russe et son enfant.

 

En 1941,le fils de Staline,Yakov Djougachvili,37 ans,était capturé par l'armée allemande.Il sera assassiné par un autre prisonnier russe quelques mois plus tard.
En 1941,le fils de Staline,Yakov Djougachvili,37 ans,était capturé par l’armée allemande.Il sera assassiné par un autre prisonnier russe quelques mois plus tard.
En 1925,le stade Camp Nou près de Barcelone.
En 1925,le stade Camp Nou près de Barcelone.

 

Les Beatles et Muhammad Ali en 1964.
Les Beatles et Muhammad Ali en 1964.

 

Un Eintsatgruppen (escadron de la mort) allemand exécute des résistants ukrainiens en 1942.Ils ne faisaient pas de prisonniers.
Un Eintsatgruppen (escadron de la mort) allemand exécute des résistants ukrainiens en 1942.Ils ne faisaient pas de prisonniers.

 

 

 

Durant la parade victorieuse des troupes allemandes à Paris,en 1940,un  citoyen français verse des larmes.
Durant la parade victorieuse des troupes allemandes à Paris,en 1940,un citoyen français verse des larmes.
Hachikō, né le 10 novembre 1923 et mort le 8 mars 1935, est un chien de race Akita. Ce chien est célèbre au Japon pour avoir, pendant près de dix ans, attendu quotidiennement son maître à la gare de Shibuya, après la mort de ce dernier.Il est l'exemple parfait de la fidélité  et de l'amour.
Hachikō, né le 10 novembre 1923 et mort le 8 mars 1935, est un chien de race Akita. Ce chien est célèbre au Japon pour avoir, pendant près de dix ans, attendu quotidiennement son maître à la gare de Shibuya, après la mort de ce dernier.Il est l’exemple parfait de la fidélité et de l’amour.Nous voyons ici des gens en prière sur son cadavre.

 

En 1966,on tournait ce célèbre épisode du film Batman et Robin.
En 1966,on tournait ce célèbre épisode du film Batman et Robin.

 

Un espion russe sourit juste avant d'être exécuté par un soldat finlandais,en 1940.
Un espion russe sourit juste avant d’être exécuté par un soldat finlandais,en 1940.

 

 

Martin Luther King et Marlon Brando.
Martin Luther King et Marlon Brando.

 

Muhammad Ali et Michael Jordan en 1992.
Muhammad Ali et Michael Jordan en 1992.

 

 

Dans une série de la coupe Stanley,dans les années "50,Maurice Richard marque un but solide contre  le gardien de but des Bruins  de Boston.Richard qui joua toute sa carrière pour les Canadiens de Montréal ,au hockey eut une influence qui  dépassat le sport lui-même.
Dans une série de la coupe Stanley,dans les années « 50,Maurice Richard marque un but solide contre le gardien de but des Bruins de Boston.Richard qui joua toute sa carrière pour les Canadiens de Montréal ,au hockey eut une influence qui dépassat le sport lui-même.

 

En 1934,à Buckeberg,une célébration du parti nazi,en Allemagne.
En 1934,à Buckeberg,une célébration du parti nazi,en Allemagne.

 

 

En 1980,Robin Williams prend place dans un groupe de cheerleaders.
En 1980,Robin Williams prend place dans un groupe de cheerleaders.

 

En 1938,le Führer Adolph Hitler est acclamé à tout rompre par un parlement en liesse .Il venait de réussir à rapatrier l'Autriche.
En 1938,le Führer Adolph Hitler est acclamé à tout rompre par un parlement en liesse .Il venait de réussir à rapatrier l’Autriche.

 

 

Oussama bin Laden  lors d'un entrainement de judo.
Oussama bin Laden lors d’un entrainement de judo.

 

En 1912,une photo de l'équipe de hockey des bulldogs de Québec,dans la Ligue Nationale de Hockey.
En 1912,une photo de l’équipe de hockey des bulldogs de Québec,dans la Ligue Nationale de Hockey.

 

L'éléphante Queenie fit un tour de ski nautique en 1950.
L’éléphante Queenie fit un tour de ski nautique en 1950.

 

 

 

 

 

 

 

Les Beatles juste avant la photo classique d'Abbey Road.
Les Beatles juste avant la photo classique d’Abbey Road.

 

 

 

 

 

 

 

 

Un enfant avec des jambes artificielles en 1893.
Un enfant avec des jambes artificielles en 1893.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Eduard Bloch était le très secret médecin juif d'Hitler. Bloch a été longtemps protégé par la police secrète allemande et a fui le pays aux États-Unis avant le début de la guerre.
Eduard Bloch était le très secret médecin juif d’Hitler. Bloch a été longtemps protégé par la police secrète allemande et a fui le pays aux États-Unis avant le début de la guerre.

Comment le communisme a fabriqué de pieux esclaves :1935 : la naissance du stakhanovisme

 

 

 

 

Alexis Stakhanov
Alexis Stakhanov

LE VIDÉO:

 

1935 : la naissance du stakhanovisme

 

 

Le 31 août 1935, le mineur Alexeï Stakhanov, extrait plus d’une centaine de tonnes de charbon d’une mine du bassin de Donbass en Ukraine, 14 fois la norme habituelle. Cette performance devient l’objet d’une campagne de propagande du régime stalinien qui cherche à relever le niveau très bas de la productivité en Union Soviétique.

Véritable « héros du travail », le mineur Alexis Stakhanov est montré par le régime soviétique comme un exemple à suivre afin que tous les travailleurs se mobilisent en faveur de l’essor industriel. L’une des principales limites du premier plan quinquennal en URSS (1928-1933) concerne l’insuffisante qualification de la main-d’oeuvre industrielle, constituant un obstacle important à la hausse des rendements et de la productivité. Dans le cadre du second plan (1933-1937), un effort important est appliqué dans ce domaine avec la création de nombreuses écoles techniques pour assurer la formation et le perfectionnement des ingénieurs et ouvriers qualifiés. Il est également décidé d’élever au rang d’exemple national des « héros du travail », qui augmentent la productivité par leurs initiatives personnelles.

Le plus célèbre de ces ouvriers novateurs est le mineur Alexis Stakhanov : dans la nuit du 30 au 31 août 1935, pendant six heures, Stakhanov abat dans une mine du Donets, à Irmino, 102 tonnes de charbon, soit 14 fois la norme. Il a eu l’idée de faire accomplir séparément et simultanément le forage pneumatique et le boisage de soutènement. Cette réussite spectaculaire connaît un écho considérable et est montrée par le régime comme un exemple à suivre. Des décorations sont décernées aux ouvriers les plus méritants, entraînant une débauche d’initiatives dans tous les secteurs. A l’image de Stakhanov pour la mine, l’industrie de la chaussure a également son « héros du travail » avec Smétanine, celle de l’automobile avec Boussyguine, le textile avec les soeurs Vinogradova.

Cette propagande en faveur du travail industriel, encourageant l’effort humain, induit indéniablement des résultats positifs au cours du second plan : la productivité du travail augmente de 82 % , soit deux fois plus qu’au cours du premier plan. Mais cette augmentation n’est pas le fait de la simple mobilisation des masses derrière les objectifs du régime et la volonté de copier les initiatives de Stakhanov et de tous les « héros du travail ». Les contraintes sur les ouvriers se renforcent en effet de manière considérable dans les entreprises : augmentation des normes et sanctions si celles-ci ne sont pas atteintes, lutte contre l’absentéisme et les retards, augmentation de la journée de travail et des horaires, emprisonnement de tout ouvrier récalcitrant, suppression de salaires pour les ouvriers inefficaces, rétablissement du livret ouvrier.

 

 

EXTRAITS DU DISCOURS HISTORIQUE DE STALINE ,EN 1935

 

Début du discours:

 

1. LA PORTEE DU MOUVEMENT STAKHANOVISTE

Camarades, on a tant et si bien parlé des stakhanovistes, ici, à cette conférence, qu’il ne me reste en somme que peu de choses à dire. Mais du moment qu’on m’a appelé à la tribune, il me faudra tout de même dire quelques mots.

On ne saurait considérer le mouvement stakhanoviste comme un mouvement ordinaire des ouvriers et des ouvrières. Le mouvement stakhanoviste, c’est un mouvement des ouvriers et des ouvrières qui inscrira dans l’histoire de notre édification socialiste une de ses pages les plus glorieuses.

Quelle est la portée du mouvement stakhanoviste ? C’est d’abord qu’il exprime un nouvel essor de l’émulation socialiste, une étape nouvelle, supérieure, de l’émulation socialiste. Pourquoi nouvelle, pourquoi supérieure ?

Parce que le mouvement stakhanoviste, lui, se distingueavantageusement, comme expression de l’émulation socialiste, de l’ancienne (étape de cette émulation. Précédemment, il y a quelque trois ans, pendant la première étape de l’émulation socialiste, celleci n’était pas nécessairement liée à la technique nouvelle. D’ailleurs, à ce moment, nous n’avions presque pas, à proprement parler, de technique nouvelle.

Tandis que l’étape actuelle de l’émulation socialiste, le mouvement stakhanoviste est, au contraire, nécessairement lié à la technique moderne. Le mouvement stakhanoviste ne serait pas concevable sans la technique nouvelle, supérieure.

Voici devant vous des gens tels que les camarades Stakhanov, Boussyguine, Smétanine, Krivonos, Pronine, les Vinogradova et beaucoup d’autres, des gens nouveaux, ouvriers et ouvrières, qui se sont rendus entièrement maîtres de la technique de leur métier, qui l’ont domptée et poussée en avant. Ces genslà, nous n’en avions pas ou presque pas, il y a quelque trois ans. Ce sont des hommesnouveaux d’une espèce particulière. Ensuite. Le mouvement stakhanoviste est un mouvement des ouvriers et des ouvrières qui s’assigne pour but de dépasser les normes techniques actuelles, de dépasser les capacités de rendement prévues, de dépasser les plans de production et balances existants. Dépasser — parce que ces normeslà sont, elles, déjà vieillies pour notre temps, pour nos hommes nouveaux.

Ce mouvement renverse l’ancienne façon de concevoir la technique, il renverse les anciennes normes techniques, les anciennes capacités de rendement prévues, les anciens plans de production, et il réclame des normes techniques, des capacités de rendement, des plans de production nouveaux, plus élevés. Il est appelé à faire une révolution dans notre industrie. C’est bien pour cela que le mouvement stakhanoviste est profondément révolutionnaire en son essence.On a déjà dit ici que le mouvement stakhanoviste, comme expression de normes techniques nouvelles, plus élevées, était un exemple de la haute productivité du travail que seul peut donner le socialisme et que ne saurait donner le capitalisme.

Cela est parfaitement exact. Pourquoi le capitalisme atil battu et vaincu le féodalisme ?

Parce qu’il a créé des normes de productivité du travail plus élevées, parce qu’il a donné à la société la possibilité de recevoir infiniment plus de produits qu’elle n’en recevait en régime féodal. Parce qu’il a fait la société plus riche. Pourquoi le socialisme peutil, doitil vaincre et vaincratil nécessairement le système d’économie capitaliste ?

Parce qu’il peut fournir des exemples de travail supérieurs, un rendement plus élevé que le système d’économie capitaliste. Parce qu’il peut donner à la société plus de produits et rendre la société plus riche que ne le peut faire le système capitaliste d’économie. D’aucuns pensent que l’on peut consolider le socialisme par une certaine égalisation matérielle des hommes, sur la base d’une vie médiocre. C’est faux.

C’est une conception petitebourgeoise du socialisme. En réalité, le socialisme ne peut vaincre que sur la base d’une haute productivité du travail, plus élevée que sous le capitalisme, sur la base d’une abondance de produits et d’objets de consommation de toute sorte,sur la base d’une vie aisée et cultivée pour tous les membres de la société.

Mais pour que le socialisme puisse atteindre ce but et faire de notre société soviétique la société la plus aisée, il faut que le pays ait une productivité du travail supérieure à celle des pays capitalistes avancés. Sinon, inutile de songer à l’abondance de produits etd’objets de consommation de toute sorte.

La portée du mouvement stakhanoviste, c’est qu’il renverse les anciennes normes techniques comme étant insuffisantes, dépasse en maintes occasions la productivité du travail des pays capitalistes avancés, et ouvre ainsi la possibilité pratique d’un renforcement sans cesse poursuivi du socialisme dans notre pays, la possibilité de faire de notre pays le pays le plus aisé.

Mais là ne se borne pas la portée du mouvement stakhanoviste. Sa portée, c’est encore qu’il prépare les conditions nécessaires pour passer du socialisme au communisme.

Le principe du socialisme est que dans la société socialiste chacun travaille selon ses capacités et reçoit les objets de consommation, non pas selon ses besoins, mais selon le travail qu’il a fourni à la société.

Cela veut dire que le niveau technique et culturel de la classe ouvrière reste peu élevé, que l’opposition entre le travail intellectuel et le travail manuel subsiste, que la productivité du travail n’est pas encore assez élevée pour assurer l’abondance des objets de consommation — ce qui fait que la société est obligée de les répartir non pas suivant les besoins des membres de la société, mais suivant le travail qu’ils ont fourni à la société.

Le communisme est un degré de développement supérieur. Le principe du communisme est que dans la société communiste chacun travaille selon ses capacités et reçoit les objets de consommation, non pas selon le travail qu’il a fourni, mais selon ses besoins d’homme cultivé.

………………………………………………………………………………………….

En conclusion

C’est une vision très proche du néolibéralisme actuel,mais avec un sens propagandiste mesuré.Devant cet vision,l’être humain ne devient qu’un outil,un instrument qui permet à l’état d’accomplir son plan.

 

Joseph Staline,celui qu'on appelait "Le Petit Père des Peuples".
Joseph Staline,celui qu’on appelait « Le Petit Père des Peuples ».