Astronomie:Le plus gros astéroïde de 2021 arrive ce mois-ci

Même si cet objet céleste ne représente pas une grande menace pour la Terre pendant ce survol ou dans un avenir prévisible, la NASA le désigne déjà comme le plus gros, mais aussi le plus rapide astéroïde qui se déplacera dans notre ciel cette année.

 

Un astéroïde dix fois plus haut que le Stade olympique de Montréal

Un énorme astéroïde, nommé 2001 FO32 par la NASA, survolera la Terre ce mois-ci. En orbite autour du Soleil tous les 810 jours environ, il se déplace de l’intérieur de l’orbite de Mercure et traverse l’orbite terrestre. Quand c’est le cas, notre planète se trouve souvent de l’autre côté du Soleil. Mais parfois, nous en sommes plus proches. Ainsi, sur la base des enregistrements de la NASA, nous assisterons le 21 mars 2021 à la rencontre la plus proche jamais vue avec l’astéroïde 2001 FO32. Son dernier rapprochement remonte au début des années 1900. Et il ne se rapprochera plus de la Terre dans un avenir proche, du moins pas avant l’année 2200.

Ce corps céleste d’un kilomètre de large est connu depuis près de 20 ans et près d’une centaine d’autres d’astéroïdes répertoriés par la NASA devraient aussi survoler la Terre d’ici la fin de l’année 2021. D’une largeur estimée à 1,1 km, 2001 FO32 se démarque pourtant comme étant le plus gros astéroïde connu à nous avoir survolés cette année. Il pourrait même mesurer jusqu’à 1,7 km de large, d’après les enregistrements astronomiques des deux dernières décennies. À titre de comparaison, cela signifie qu’il est environ deux fois plus haut que la tour CN de Toronto ou dix fois plus haut que le Stade olympique de Montréal. Et sur les quelque 25 000 astéroïdes géocroiseurs que nous connaissons, seulement trois et demi pour cent d’entre eux mesurent plus d’un kilomètre. Cela place 2001 FO32 comme un spécimen exceptionnel.

D’autant plus qu’il est également celui qui se déplacera le plus rapidement cette année. Alors que la plupart des astéroïdes se contentent de nous « accompagner » en voyageant à moins de 10 km/s, 2001 FO32 nous dépassera à une vitesse de 34,4 km par seconde, soit près de 124 000 kilomètres par heure.

 

 

 

 

 

 

 

Crédit: NASA CNEOS

Peu de chances de collision avec la Terre

Même si certains l’ont qualifié de « potentiellement dangereux », 2001 FO32 ne représente pas une grande menace pour la Terre. En effet, lorsque l’astéroïde nous croisera le 21 mars 2021, son approche la plus près se fera à plus de deux millions de kilomètres. C’est plus de cinq fois la distance de la Terre à la Lune. Le moment exact de sa position la plus proche est indiqué sur le graphique ci-dessous. Il se trouvera à plus de deux millions de kilomètres de nous et aura déjà dépassé l’orbite terrestre.

 

 

 

 

 

 

 

 

Crédit: NASA CNEOS

Au cours des 20 dernières années, les astronomes ont observé cet astéroïde à de nombreuses reprises. Ils connaissent si bien son orbite que le taux d’incertitude dans son approche la plus près, deux millions de kilomètres, est infime, puisqu’il ne s’agit que de 330 kilomètres. À titre de comparaison, si la Terre avait la taille d’un ballon de basket-ball, l’astéroïde aurait celle d’un petit grain de sable et en serait plus éloigné que la longueur d’un terrain de football (environ 120 mètres).

Étant donné que la Terre a déjà fait le tour du Soleil environ quatre milliards et demi de fois, elle a amplement prouvé sa capacité à se tenir éloignée des astéroïdes dangereux. Selon la NASA, il n’y aurait donc pas de collisions avec des astéroïdes connus pour au moins les 100 prochaines années.

Depuis le début de l’année 2021, ce sont plus de 500 nouveaux astéroïdes géocroiseurs qui ont été repérés. Bien que certains d’entre eux mesurent seulement une centaine de mètres de large, ils ont pour la plupart été détectés bien au-delà de la Lune. Quant aux plus proches, ils mesurent généralement dix mètres de moins en largeur. Bien qu’ils puissent se rapprocher de très près, voire intercepter notre planète, ceux-ci sont trop petits pour présenter un danger et exploseraient de toute façon assez loin dans l’atmosphère. Si l’année dernière était prolifique en matière de découverte d’astéroïdes – près de 3000 ont été trouvés en 2020 – l’année actuelle le sera encore plus avec quelques milliers d’autres qui seront probablement trouvés avant de quitter 2021.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alerte dans l’espace:Un satellite américain risque d’exploser et de créer des milliers de débris

 

Un opérateur de télévision a demandé aux autorités américaines l’autorisation d’éloigner l’un de ses satellites en raison d’un problème de batterie faisant courir un risque d’explosion.

Dessin représentant Spaceway I dans l’espace.

 

Un service de télévision par satellite américain, DirecTV, s’inquiète du risque d’explosion d’un de ses appareils à cause d’un problème de batterie. Le satellite Spaceway 1 a été lancé en avril 2005 et pèse environ 3700 kilogrammes en fin de vie, selon une ancienne fiche de Boeing, le constructeur. Avec ses panneaux solaires déployés, il mesure 41 mètres de longueur et 7 mètres de largeur.

Un risque « important » que les batteries explosent

DirecTV a informé la Commission fédérale des communications (FCC) le 19 janvier qu’une « anomalie majeure » avait causé « des dommages thermiques importants et irréversibles » aux batteries de Spaceway 1.

« Il existe un risque important que ces batteries explosent », écrit DirecTV dans un courrier.

A partir du 25 février, le satellite sera dans l’ombre de la Terre et les batteries abîmées tenteront inévitablement de se recharger, ce qui pourrait provoquer l’explosion. L’opérateur veut donc évacuer son satellite au plus vite vers l’orbite cimetière, 300 km plus loin que l’orbite géostationnaire où se trouvent des centaines de précieux satellites de télécommunications. 

Risque d’endommagement d’autres satellites

Pour réduire le risque d’une explosion accidentelle, DirecTV va vidanger dans l’espace une partie des 73 kg de carburant (bipropergol) encore à bord, mais l’opérateur a prévenu que le temps manquait pour tout vider. Il a demandé une exemption d’urgence car la réglementation exige en temps ordinaire que le carburant soit entièrement vidangé d’un satellite avant sa désorbitation.

L’explosion d’un satellite aussi grand pourrait créer des milliers de débris et endommager d’autres satellites.


EN COMPLÉMENT

LA POLLUTION DES DÉBRIS DE LA CONQUÊTE SPATIALE

 

 

L’espèce humaine pollue la Terre, mais aussi l’espace immédiat environnant notre planète. La Royal Society of London a mis au point une animation qui retrace les étapes de cette dégradation depuis Spoutnik 1 en 1957.

 

SpaceX, avenir des lanceurs réutilisables?

Pour limiter la pollution due aux débris spatiaux, une solution pourrait être d’employer des lanceurs réutilisables. La société SpaceX du milliardaire américain Elon Musk a réussi lundi pour la première fois à faire décoller une fusée Falcon 9 et à récupérer ensuite le premier étage de son lanceur, revenu atterrir en douceur sur Terre après 11 minutes de vol.

Pour Jean-Yves Le Gall, président du Centre national d’études spatiales (Cnes) interrogé par l’AFP, SpaceX a bien accompli un « exploit technologique ». Pour autant, tout n’est pas résolu. Il rappelle que les lanceurs réutilisables ne sont pas nouveaux. Citant l’exemple de la navette spatiale américaine, il souligne que lorsqu’elle devait être remise en vol, les coûts étaient très importants ». Les ambitions du fondateur de Tesla se briseront-elles sur l’argument économique? Le directeur du Cnes croit ce scénario plausible. Tout dépendra du nombre de réutilisations possibles et d’écart de temps entre deux lancements. « Entre un monde parfait où on réutilise en l’état un lanceur un très grand nombre de fois, et un monde réel où il faut remettre les choses d’aplomb, et finalement ça ne fonctionne qu’une ou deux fois, l’écart est très très grand », souligne-t-il.

Le PDG d’Arianespace, Stéphane Israël, se pose les mêmes questions et s’en est ouvert à BFM Business, mercredi. En réponse à SpaceX, il planifie de réduire les coûts du lanceur européen par six d’ci quelques années.