Livre numérique: Comprendre l’Empire,Demain la gouvernance globale ou la révolte des nations ,par Alain Soral

 

Comprendre l'empire 001
Comprendre l’empire…

À tous ceux qui m’ont aidé et
qui se reconnaîtront.
Il est évident que la carrière de polémiste est
infiniment moins capitonnée que celle de poète élégiaque ou de romancier mondain.

Le pamphlet conduit rarement à la fortune, encore moins aux
honneurs. Son plus clair bénéfice est une longue suite
de démêlés avec La Justice et l’opinion. De manière
invariable, l’écrivain de combat doit subir les
reniements, les coups de ceux-là qu’il croit défendre, et
qu’en fait iL défend. Quels que soient son temps, son
parti, qu’iL s’appelle Marat, Courier, Carrel, Veuillot,
Vallès, Rochefort, Dumont, Bloy, Tailhade, Zola,
Cassagnac, JouveneL, Daudet, Maurras, son sort est
régLé, pLus ou moins tragiquement, égaLement ingrat.
D’où vient donc que toujours, en dépit de tout et de
tous, il se trouvera des homrnes qui, dédaigneux des
facilités de la vie, se consacreront en connaissance de
cause à La plus redoutable des tâches humaines, qui est
de jeter l’aLarme aux jours de grand périL, et, s’iL le faut,
de crier malheur sur Les contemporains?
C’est que le monde littéraire n’est pas entièrement
composé de littérateurs. Il se trouve des hommes qui ne
se réfugient pas dans leur oeuvre… Ces hommes se

battent. Ils se battent parce que s’ils ne se battaient pas,
nul ne se battrait à leur place. Et pourquoi se battent-ils?
Par devoir civique, assurément, mais encore et
surtout pour l’honneur de leur profession. Seuls et
désarmés, ils vont au coeur de la bataille parce qu’ils
obéissent à leur mission. Ils se mentiraient à eux-mêmes,
s’ils renonçaient au combat.
Henri Béraud
* * *

Alain Soral...
Alain Soral…

Hier, à travers la foule du boulevard, je me sentis
frôlé par un Etre mystérieux que j’avais toujours désiré
connaître, et que je reconnus tout de suite, quoique je
ne l’eusse jamais vu. Ii y avait sans doute chez lui,
relativement à moi, un désir analogue, car il me fit, en
passant, un clignement d’oeil significatif auquel je me
hâtai d’obéir. Je le suivis attentivement, et bientôt je
descendis derrière lui dans une demeure souterraine,
éblouissante, ou éclatait un luxe dont aucune des
habitations supérieures de Paris ne pourrait fournir un
exemple approchant. Il me parut singulier que j’eusse
pu passer si souvent à côté de ce prestigieux repaire sans
en deviner l’entrée. Là régnait une atmosphère exquise,
quoique capiteuse, qui faisait oublier presque
instantanément toutes les fastidieuses horreurs de la
vie; on y respirait une béatitude sombre, analogue à
celle que durent éprouver les mangeurs de lotus quand,
débarquant dans une île enchantée, éclairée des lueurs
d’une éternelle après-midi, ils sentirent naître en eux,
aux sons assoupissants des mélodieuses cascades, le désir
de ne jamais revoir leurs pénates, leurs femmes, leurs

Comprendre-l-Empire_2820399-L
enfants, et de ne jamais remonter sur les hautes lames
de la mer.
Il y avait là des visages étranges d’hommes et de
femmes, marqués d’une beauté fatale, qu’il me semblait
avoir vus déjà à des époques et dans des pays dont il m’était
impossible de me souvenir exactement, et qui m’inspiraient
plutôt une sympathie fraternelle que cette crainte qui naît
ordinairement à l’aspect de l’inconnu. Si je voulais essayer
de définir d’une manière quelconque l’expression singulière
de leurs regards, je dirais que jamais je ne vis d’yeux
brillant plus énergiquement de l’horreur de l’ennui et du
désir immortel de se sentir vivre.
Mon hôte et moi, nous étions déjà, en nous asseyant,
de vieux et parfaits amis. Nous mangeâmes, nous bûmes
outre mesure de toutes sortes de vins extraordinaires, et,
chose non moins extraordinaire, il me semblait, après
plusieurs heures, que je n’étais pas plus ivre que lui.
Cependant le jeu, ce plaisir surhumain, avait coupé à
divers intervalles nos fréquentes libations, et je dois dire
que j’avais joué et perdu mon âme, en partie liée, avec
une insouciance et une légèreté héroïques. L’âme est une
chose si impalpable, si souvent inutile et quelquefois si
gênante, que je n’ éprouvai, quant a cette perte, qu un
peu moins d’émotion que si j’avais égaré, dans une
promenade, ma carte de visite.
Nous fumâmes longuement quelques cigares dont
la saveur et le parfum incomparables donnaient à
l’âme la nostalgie de pays et de bonheurs inconnus, et,
enivré de toutes ces délices, j’osai, dans un accès de
familiarité qui ne parut pas lui déplaire, m’écriet; en
m’emparant d’une coupe pleine j usqu’au bord:
«À votre immortelle santé, vieux Bouc 1»
Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de
sa future destruction; de la grande idée du siècle,

c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de
toutes les formes de l’infatuation humaine. Sur ce
sujet-là, Son Altesse ne tarissait pas en plaisanteries
légères et irréfutables, et elle s’exprimait avec une suavité
de diction et une tranquillité dans la drôlerie que je n’ai
trouvées dans aucun des plus célèbres causeurs de
l’humanité. Elle m’expliqtta l’absurdité des différentes
philosophies qui avaient jusqu’à présent pris possession
du ce1veau humain, et daigna même me faire confidence
de quelques principes fondamentaux dont il ne me
convient pas de partager les bénéfices et la propriété avec
qui que ce soit. Elle ne se plaignit en aucune façon de la
mauvaise réputation dont elle jouit dans toutes les parties
du monde, m’assura qu’elle était, elle-même, la personne
la plus intéressée à la destruction de la superstition, et
m’avoua qu’elle n’avait eu pew; relativement à son
propre pouvoir, qu’une seule fois, c’était le jour où elle
avait entendu tm prédicateur, plus subtil que ses confrères,
s’écrier en chaire: «Mes chers frères, n’oubliez jamais,
quand vous entendrez vanter le progrès des lumières, que
la plus belle des ruses du diable est de vous persuader
qu’il n’existe pas!»
Le souvenir de ce célèbre orateur nous conduisit
naturellement vers le sujet des académies, et mon
étrange convive m’affirma qu’il ne dédaignait pas, en
beaucoup de cas, d’inspirer la plume, la parole et la
conscience des pédagogues, et qu’il assistait presque
toujours en personne, quoique invisible, à toutes les
séances académiques.
Encouragé par tant de bontés, je lui demandai des
nouvelles de Dieu, et s’il L’avait vu récemment. Il me
répondit, avec une insouciance nuancée d’une certaine
tristesse: «Nous nous saluons quand nous nous rencontrons,
mais comme deux vieux gentilshommes, en qui
une politesse innée ne saurait éteindre tout à fait le
souvenir d’anciennes rancunes. »
Il est douteux que Son Altesse ait jamais donné une si
longue audience à un simple mortel, et je craignais
d’abuser: Enfin, comme l’aube frissonnante blanchissait
les vitres, ce célèbre personnage, chanté par tant de poètes
et servi par tant de philosophes qui travaillent à sa gloire
sans le savoir me dit: «Je veux que vous gardiez de moi
un bon souvenir et vous prouver que Moi, dont on dit
tant de mal, je suis quelquefois bon diable, pour me servir
d’une de vos locutions vulgaires. Afin de compenser la
perte irrémédiable que vous avez faite de votre âme, je
vous donne l’enjeu que vous auriez gagné si le sort avait
été pour vous, c’est-à-dire la possibilité de soulager et de
. vaincre, pendant toute votre vie, cette bizarre affection de
l’Ennui~ qui est la source de toutes vos maladies et de tous
vos misérables progrès. jamais un désir ne sera formé par
votiS, que je ne votiS aide à le réaliser; vous régnerez sur
vos vulgaires semblables; vous serez fou mi de flatteries et
même d’adorations; l’argent, l’or, les diamants, les palais
féériques, viendront vous chercher et vous prieront de les
accepter sans que vous ayez fait un effort pour les gagner.
Vous  changerez de patrie et de contrée aussi souvent que
votre fantaisie vous l’ordonnera; vous vous soûlerez de
voluptés, sans lassitude, dans des pays charmants où il fait
toujours chaud et où les femmes sentent aussi bon que les
fleurs, – et caetera, et caetera … », ajouta-t-il en se levant
et en me congédiant avec un bon sourire.
Si ce n’eût été la crainte de m’humilier devant une
aussi grande assemblée, je serais volontiers tombé aux
pieds de ce joueur généreux, pour le remercier de son
inouïe mut1ijicence. Mais peu à peu, après que je l’eus
quitté, l’incurable défiance rentra dans mon sein; je
n’osais plus croire à un si pmdigieux bonheur, et, en me
couchant, faisant encore ma prière par un reste
d’habitude imbécile, je répétais dans un demi-sommeil
«Mon Dieu/ Seigneur, mon Dieu/ faites que le diable
me tienne sa parole/»
Charles Baudelaire
Spleen de Paris, Le joueur généreux
* * *
Tu casses des cailloux, vieillard, sur le chemin;
Ton feutre humble et troué s’ouvre à l’air qui le
mouille;
Sous la pluie et le temps ton crâne nu se rouille;
Le chaud est ton tyran, le froid est ton bourreau;
Ton vieux corps grelottant tremble sous ton san·au;
Ta cahute, au niveau du fossé de la route,
Offre son toit de mousse à la chèvre qui broute;
Tu gagnes dans ton jom-juste assez de pain noir
Pour manger le matin et pour jeûner le soir;
Et, fantôme suspect devant qui l’on recule,
Regardé de tt·avers quand vient le crépuscule,
Pauvre au point d’alarmer les allants et venants,
Frère sombre et pensif des arbres frissonnants,
Tu laisses choir tes ans ainsi qu’eux leur feuillage;
Autrefois, homme alm’S dans la force de l’âge,
Quand tu vis que l’Europe implacable venait,
Et menaçait Paris et notre aube qui naît,
Et, mer d’hommes, roulait vers la France effarée,
Et le Russe et le Hun sur la terre sacrée
Se ruer, et le nord revomir Attila,
Tu te levas, tu pris ta fourche; en ces temps-là,
Tu fus, devant les t·ois qui tenaient la campagne,
JO
Un des grands paysans de la grande Champagne.
C’est bien. Mais, vois, là-bas, le long du vert sillon,
Une calèche an·ive, et, comme un tourbillon,
Dans la poudre du soÙ’ qu’à ton front tu secoues,
Mêle l’éclaù· du fouet au tonnerre des roues.
Un homme y dort. Vieillard, chapeau bas 1 Ce passant
Fit sa fortune à l’heure où tu versais ton sang;
Il jouait à la baisse, et montait à mesut·e
Que notre chute était plus profonde et plus sûre;
Il fallait un vautour à nos morts; ille fut;
Il fit, travailleur âpre et toujours à l’affût,
Suer à nos malheurs des châteaux et des rentes;
Moscou remplit ses prés de meules odorantes;
Pour lui, Leipsick payait des chiens et des valets,
. Et la Bérésina charriait ton  palais;
Pour luz~ pour que cet homme ait des fleurs,
des chatmilles,
Des parcs dans Paris même ouvrant leurs la1ges grilles,
Des jardins où l’on voit le cygne errer sur l’eau,
Un million joyeux sortit de Waterloo;
Si bien que du désastre il a fait sa victoire,
Et que, pour la mange1; et la tordre, et la boire,
Ce Shaylock, avec le sabre de Bluche1;
A coupé sur  la France une livre de chaù:
01; de vous deux, c’est toi qu’on hait, lui qu’on vénère;
Vieillard, tu n’es qu’un gueux, et ce millionnaire,
C’est l’honnête homme. Allons, debout, et chapeau
bas!
Victor Hugo
Le travailleur et le joueur en Bourse

 


INTRODUCTION :
COMPRENDRE L’EMPIRE
Déjà comprendre le titre.
Composé, comme Sociologie du dragueur, de
textes courts s’enchaînant logiquement pour
raconter ce combat d’idées qu’est l’Histoire, sans
omettre de resituer ces idées dans l’Histoire qui les
a vu naître, Comprendre l’Empire aurait tout aussi
bien pu s’intituler : Sociologie de la domination ou
Sociologie du mensonge, tant Empire et domination
par le mensonge sont liés.
Peu universitaire dans sa forme, par respect pour
le lecteur, mais fruit de cinq uante années d’expériences
combinant lectures et engagement sans
lequel il n’est point de compréhension véritable, cet
essai pédagogique récapitule le parcours complet allant
de la Tradition au marxisme et du marxisme
à la Tradition – qui seul permet la mise à jour du
processus de domination oligarchique engagé
depuis plus de deux siècles en Occident.

Quant à la motivation de l’auteur, le pourquoi
d’une telle prise de risques pour si peu d’adhésion –
domination impériale oblige – peut-être une e nvie
d’entrer dans la légende plus forte que celle d’entrer
dans la carrière ? I..:ivresse de la vérité qui finit par
s’imposer comme une religion ? Cet ennui mortel
aussi qu’on ressent à force de ne côtoyer dans
l’Olympe que des salauds, des soumis et des cons.
En résumé, une tournure d’esprit qui me dépasse,
mais qui fait q ue je ne parviens pas, malgré les
leçons de la vie et les déceptio ns, à me résoudre
comme tant d ‘autres laissés sur le bord de la route,
à ce cynisme d’élite qui conduit au mépris du
peuple et du bien commun.
1.
DIEU ET LA RAISON
La République française est invincible comme la
Raison, elle est immortelle comme la vérité. Quand la
liberté a fait une conquête telle que la France, nulle
puissance humaine
ne peut l’en chasser.
Maximilien de Robespierre
Partout où la bourgeoisie est parvenue à dominer,
elle a détntit toutes les conditions féodales, patriarcales,
idylliques. Impitoyable, elle a déchiré les liens
multicolores de la féodalité qui attachaient l’homme à
son supén.eur naturel, pour ne laisser subsister d ‘autre
lien entre l’homme et l’homme que l’intérêt tout nu,
l’inexorable « paiement comptant ». Fnssons sacrés et
pieuses ferveurs, enthousiasme chevaleresque,
mélancolie béotienne, elle a noyé tout cela dans l’eau
glaciale du calcul égoïste.
Karl Marx

Robespierre 002 bbb
LA RÉVOLUTION FRANÇAJSE
Il faut bien commencer par un commencement,
or l’Histoire n’a ni début ni fin. C’est d’ailleurs
l’espoir, le seul, en période d’accumulation des
défaites: liquidation du ga ullisme, d isparition du
PCF, victoire du «oui » à Maastricht, élection de
N icolas le perir, montée en puissance du CRIF …
O n peut être mené 15 à 0, personne jamais ne siffie
la fin du match ct l’écrasant gagnant du moment
peut devenir le perdant de demain; un jour élu,
l’autre martyr …
C’est sans doute ce q ue Nietzsche, raillant les
tenants naïfs et brutaux d ‘un «sens de l’Histoire»
jalonné de Raison (bouche ries napoléoniennes), de
Lumières (hécatombe industrielle de Verdun) et de
Progrès (atomisation tech nicienne d’Hiroshima)
appelait «l’éternel retour» . .. .Léternel retour qui
‘ . . . .
n est pas un concept ma1s une mtultlon, un
constat.
Mais si l’Histoire ne finit jamais, comme la
succession des buts dans un match sans fin, il y a
des «moments», des bornes, des sauts qu alitatifs
(Soljenitsyne parle de «noeuds»), des temps où,
si tour ne change pas, contrairement à ce que
16
p
claironnent les vainqueurs du moment, tout se
poursuit d’une a utre façon.
Er comme nous sommes en France ct français,
cette histoire ne commence pas par l’ Italie des Borgia,
l’Angleterre de Cromwell, même si quelque chose de
notre modernité se joue déjà ici et là, mais par cet
autre grand moment qu’est la Révolution frança ise.
Pas la mythologie révolutionnaire, ce début du
roman national qui, nécessairement, comme chaque
fois qu’il s’agir d’ instiller dans l’esprit du peuple sa
soumission à un ordre nouveau, en fair une lutte du
bien, lumineux, progressiste contre le mal, obscurantiste,
absolutiste; soit la Révolution française
dans le «sens de l’histoi re» vue par Jules Michelet,
mais pour le dire encore plus simplement : quand
Dieu fut politiquement vaincu par la Raison.
CATHOLICISME, IDEOLOGIE DE LA NOBLESSE ET
RAISON, RELIGION DE LA BOURGEOISIE
Par Raison, il ne faut pas entendre le rationalisme
qui prévautdans lessciencesexactes (mathématiques,
physique) ce qui reviendrait à dire que, par la
Révolution française, le vieux monde des vieilles
croyances religieuses fur logiquement va incu,
dépassé par Je monde nouveau de la vérité des
sciences. Une vision q ui renvoie au positivisme
d’Auguste Comte et à laquelle la boucherie de la
Première G uerre mondiale mit un terme par le
désenchantement existentialiste.
L’Histoire nous démontrant que derrière la préte
ntion à la scientificité des sciences humai nes,
sociologie, économie … se cache toujours l’idéologie

des vainqueurs. Et que plus cette idéologie se pare
de scientificité – le «socialisme scientifique» rayonnant
sous Staline en fut le plus bel exemple – plus
cette raison scientifique ct son «Sens de l’Histoire»
génèrent de fo lies dans les actes : du génocide vendéen
à la Révolution culturelle chinoise.
Par victoire politique de la Raison politique
entendons : quand une idéologie de domination, la
Raison bourgeoise commerça nte et rationaliste, soit
la nouvelle rel igion toute neuve et fervente de la
classe montante, vainquit le catholicisme, cette
idéologie de la roya uté usée par mille ans de pouvoir,
à laquelle la noblesse elle-même ne croyait plus
.
vra1ment.
Personne, à par le postillonnant Mélenchon
peut-être, n’a urait l’arrogance aujourd’hui, avec le
recul, de prétendre qu’il s’agissa it de la lumière face
aux ténèbres, mais c’est pourtant ce qu’il fa llait
croire à l’époque pour tenter cette grande aventure
et entreprendre ce grand bouleversement. Puiser
dans cene croya nce la conviction, et la violence
nécessaire, pour mettre à bas, dans le meurtre et le
sang, le monde ancien, usé et finalement si faible du
roi catholique …
LE MYTHE DE I’ABSOLUTISME ROYAL
A’ ceux qui croient encore à !’«absolutisme royal »,
nous rappelons l’existence des «corps intermédiaires».
Comme nous le elit I’Enl.)rclopédie Universalis :
~ L’ancienne France était, depuis le Moyen Age, composée
de groupes d’individus appelés corps : collèges,
communautés, associations de gens ayant même métier

ou même fonction dans La nation, et réunis à la fois
pour la préservation de leurs intérêts particuliers et
celle du bien commun. Ces corps existaient avec la
permission du souverain et lui étaient subordonnés,
bien que leur existence fût souvent antérieure à
l’instauration de son pouvoir; c’étaient les parlements,
cours et conseils souverains, corps de médecins ou
d’avocats, corporations et métiers, compagnies de
commerce ou d’industn·e. Ils possédaient leurs propres
lois et statuts, ce qui ne les dispensait pas d’obéir aux
lois générales, et des Libertés et pn.vilèges qui les
garantissaient contre tarbitraire et le despotisme. En
tant que personne morale, un c01ps pouvait posséder
des biens ou intenter un procès pour faire respecter ses
coutumes; il avait un rang dans la société, auquel
étaient attachés honneurs et dignités …

LE MYfHE DE l:UNAl\lJMITÉ DU PEUPLE
RÉVOLUTIONNAIRE
A ceux qui croient encore au discrédit et à la
réprobation populaire unanime, nous rappelons les
«Chouans».
Soit tous ces paysans de Bretagne, du Maine, de
Normandie, de l’Anjou, de l’Aveyron, de la Lozère,
de Vendée et du Poitou qui, pour s’opposer au
nouvel ordre révolutionnaire et républicain,
rejoignirent l’armée catholique et royale parce que
de l’ancien ordre, bien que du petit peuple, ils se
trouvaient fort bien …

MYfHE DE I’ÉGALITÉ FRATERNELLE
Enfin, à ceux qui verraient encore dans la
Révolution et  la naissance de l’égalité et de la fraternité
réelles, no us rappelons la « loi Le Chapelier ».
Soit l’avènement aussi, dans le dos des «droits de
l’homme» mais sur le dos du petit peuple du travail,
du plus brutal libéralisme économique l La loi
Le Chapelier, promulguée en France deux ans
seulement a près la prise de la Bastille, proscrivant
les organisatio ns ouvrières et les rassemblements de
paysans. Interdisant, de fait, les grèves et la
constitution des syndicats, ainsi que les entreprises
non lucratives comme les mutuelles. Ne visant ni
les clubs patronaux, ni les trusts, ni les ententes
monopolistiques qui ne furent jamais inquiétés, elle
provoque, dès 1800 chez les ouvriers charpentiers,
la formation de ligues privées de défense et de grèves
sauvages, qu’elle permet de réprimer jusqu’à
Napoléon III.. 
LE CATHOLICISME D’ÉTAT OU NOS ANCIENS
DROITS DE L’HOMME: TRÈVE DE DIEU, DÉFENSE
DE LA VEUVE ET DE I’ORPHELI N, GUERRE JUSTE
De plus, contrairement à ce qu’i l est aussi
d’usage de croire dans nos milieux du conformisme
libre penseur, la religion catholique, certes idéologie
du pouvoir royal, ne fut pas seulement mensonge,
tartuferie ct pure trahison du Christ dans sa collusion
avec l’autorité .
.LÉglisc était aussi atténuation de la violence
consubstantielle au pouvoir, comme aujourd’hui

nos «droits de l’homme»- religion de la bourgeoisie
– s’efforcent d’atténuer les violences du libéralisme
bourgeois sa ns jamais, non plus, le remettre .
en questton.
Cet e ffort d’ado ucissemen,t de la viole nce
intrinsèque au pouvoir par l’Eglise, au côté du
pouvoir roya l, ce fut, par exemple, à partir du
xe siècle, « la paix et la trêve de Dieu ». Un
mouvement spirituel et moral qui s’effo rçait de
limiter dans le temps et dans ses conséquences, les
activités guerrières. Son but étant de mettre un
terme aux guerres privées entre seigneurs dont les
pauvres – ainsi sont désig nés ceux qui ne peuvent
pas se défendre – étaient les premiè res victimes. Un
. mouvement de paci fication initié par l’E’ glise qui
reçoit fin a lement l’appui du po uvoir royal et de la
haute noblesse pour devenir, dans to ute la chevalerie,
la fameuse morale chrétienne de la «défense de la
veuve et de l’orphelin ».
Dans un même esprit, mais à un niveau social
supérieur, la volonté des papes fut également de
limiter les affrontements e ntre princes chrétie ns,
s’efforçant d’orienter leur fe rveur gue rrière à
l’extérieur de l’espace euro péen, notamment vers le
soutien à l’Empire romain d’Orient par les
croisades.
Un autre exemple encore du , rôle authentiquement
pacificateur et chrétien de l’Eglise est la théorie
de la «guerre juste» élaborée par Saint Thomas
d’Aquin. En, gros une guerre était considé rée comme
juste par l’Eglise, si et seulement si :
– tous les moyens pour l’éviter ont été entrepris;
– si le résultat qu’on peut en attendre sur le plan
du bien est meilleur que la situation initiale;

-si son but est donc le bien commun et non pas
un quelconque but caché;
– et e nfin , et surtout, si cette guerre reste
limitée.
En effet, et comme nous le rappellera plus tard
Carl Schmitt, pas de «guerre totale» sous l’Ancien
régime des rois t rès catholiques.
Souvenons-nous d’ailleurs, plus près de no us, d u
rôle joué encore par l’Eglise dans ses tentatives de
médiation pour éviter la Premiè re Guerre mondiale.
Tentative notamment de paix séparée avec l’Autriche
qui fut rejetée par les alliés, Cléme nceau en tête, qui
voulaiem tous la destruction complète des E mpires
centraux .. .
FIN DE I’OMNIPOTENCE CATHOLIQUE ET
GUERRES DE RELIGIONS
Un double mouvement de pacification, des nobles
envers les pauvres et des nobles e ntre eux, sans
lequel on peut estimer que l’Occident du Moyen
Age, rongé par la multitude des guerres minuscules
et imestines, n’aurait pas connu l’essor qui fut le
sien. C’est d ‘ailleurs la Guerre de Cent ans,
et surtout les gu erres de religions -soit la fin de
l’omnipotence catholique- q ui mettra un terme
à cette période de p, aix dont le modèle de
gouvernement, selon l’Eglise, fut le règne de Saint
Louis.

LA RIVALITÉ CROISSANTE DU ROI
ET DE LA  NOBLESSE
En fa it, il ressort de mille ans de règne et de
collaboration du po uvoir royal et de l’Ég lise, un rôle
global de pacification et d·administration de la
France. Un partage des pouvoirs où le roi ct l’Église
fu rent souvent les deux recours des pauvres face aux
abus de la noblesse. Les rois de France ayant
d’a illeurs progressivemem affirmés et renforcés leur
pouvoir, auprès de le urs sujets, en prenant la défense
des petits contre les grands. Ce qui explique
notamment la précocité de l’abolition du servage en
FraHce, le roi ayant tout intérêt, face à la noblesse
terrienne ct ses serfs, à être le suzerain du plus
grand nombre d’hommes libres.
Une histoire inté ri eure de la mo na rchie fra nça ise
qui, contrairement à la mythologie révolutionna ire
et républica ine, se résuma souvent à un affrontement
du pouvoi r royal contre la noblesse qui tentait elle
‘ ‘ soit de restaurer, soit d’augmenter ses privilèges. Et
l’on peut même dire que c’est cene incapacité de la
monarchie à éliminer cette noblesse parasitaire,
plus le choix, à partir du règne de Louis XIV, de
s·appuyer sur la bourgeoisie pour atteindre ce but
(de Colbe rt à Turgot) plutôt que de la réformer à
l’anglaise, qui abou tira à la Révolution.
JAMAIS LE  CHANGEMENT  NE FUT VOULU
PAR LE PEUPLE
Pour continuer de détricoter le roman national,
ajoutons que jamais changement ne fur désiré par Je

peuple, et que rie n n’est plus mensonger que la
scène finale du film de Tavernier, Que La fête
commence, où l’on veut nous fai re croi re, en
faisant passer des paysans devant un carrosse en
flammes, à une haine du petit peuple paysan pour
le pouvoir royal. Car dans une France agricole à
plus de 80% (elle le restera jusqu’au milieu du
xxe siècle), le peuple c’est la paysannerie et la
paysannerie est tout sau f révolutionnaire. Plutôt
e ncline à respecter l’autorité sacrée, donc le
catholicisme et le roi, le peuple paysa n, au gré des
plus ou moins mauvaises récoltes, a tout au plus
des colères, des jacq ucries sporadiques souvent
tou rnées vers le parasitisme local, mais sa ns projet
révolutionnaire pensé et théorisé. Face aux abus
de la noblesse, sa phrase n’est pas : «Mort au
tyran », mais au contraire: «Si le bon roi savait».
Da ns les faits, comme avec Tavernier – typique
de cette bourgeoisie de gauche de culture trotskiste
qui travestit chaque fois la voix du peuple sa ns en
être – tout sc joue dans les villes, dans les salons,
dans les clubs, à Paris …
LE PEUPLE C’EST LE TIERS-ÉTAT
MAIS LE TIERS-ETAT C’EST LA BOURGEOISIE
A’ Paris où les théoriciens de la révolution
peuvent dire, en to ute Raison, q ue le peuple c’est
le Tiers-E’ tat, c’est-à-dire ni la noblesse ni le clergé,
effectivement deux classes non productives, donc
parastta tres.
Seulement, si du Tiers-État on retranche la
paysannerie fidèle au roi, soumise à Dieu et en

rien révolutionnaire, alors de ce peuple ne reste, par
ce tour de passe-passe, que la bourgeoisie. Soit cene
fraction de classe minuscule, pas plus nombreuse
que la noblesse qui pèse, comme tout po uvoir, un
pour cent de la population globale, mais qui parle
au nom du peuple: juges, avocats, clercs, riches
non- terriens dans la coulisse. Une fraction de classe
qui n ‘est plus du peuple depuis longtemps, mais qui
possède toute les ca rtes et une partie des clefs, dé jà,
pour exercer les pleins pouvoirs …

COMMENT I’ARISTOCRATIE
S’EST TUÉE ELLE-MÊME

Mais si la bourgeoisie révolutionnaire pu tuer
Dieu, la noblesse et le roi si faci lement, c’est que ce
trava il de destruction ava it été fait de l’intérieur et
que l’aristocratie s’était déjà tuée e lle-même.
D’abord par l’E’ dit de la Pa ulette, qui fa it entrer
le ver bourgeois, sous le nom de noblesse de robe,
dans le fruit aristocratique par la vénalité des
charges. Décision qui marque le début de la prise
du pouvoir de l’argent et des ser vices sur celui de la
grande propriété foncière et de la fonction militaire;
soit le début de la remise en cause du pouvoir de
l’aristocratie.
Ensuite sous Lo uis XIV, par la logique et la
stratégie politique de Versailles, où le pouvoir royal,
marqué par la Fronde des princes et pour juguler
l’opposition de la noblesse, choisit, plutôt que de
tenter de la réformer, de la po usser dans sa fo nction
parasita ire, au risque de s’en remettre exclusivement
désormais à la bourgeoisie d’affaires (de Colbert à

Necker), tout en délégitimant auprès du peuple
l’ordre aristocratiq ue.
Un double suicide pratique auquel il faut ajouter
le suicide idéologique qu’est l’adhésion, par toute la
h aute noblesse cultivée, roi y compris, aux idées de
l’Encyclopédie. Autant d’ idées nouvelles qui transforment
en profondeur la vieille noblesse française
en une intelligentsia très bien décrite par Georges
Sorel dans Les Illusions du Progrès. Une aristocratie
de salon de plus en plus détachée de la mécanique
concrète d’un pouvoir depuis trop longtemps héréditaire,
et qui ne comprend plus – comme plus tard
l’intelligentsia russe pré-révolution naire, elle aussi
souvent issue de la noblesse – q u’en préférant le
charme de la dialectique pour esprits fin à l’obscure
scolastiq ue, elle ne fait pas qu ‘un choix intellectuel
et esthétiq ue, elle scie aussi la branche sur laquelle
elle est assise.
Car, quand le catholicisme n’est plus compris
par la noblesse comme idéologie de domination et
ordre du monde, mais comme sujet de débat
philosophique (débat certes passionnant, mais ô
combien dangereux, amené tout en douceur par le
génie de nos philosophes chrétiens du xvnc et du
XVIIIe siècle, de Pascal à Rousseau en passant par
Voltaire, génies de plus en plus philosophes mais de
moins en moins catholiq ues); quand une idéologie
d’ordre et de domination tombe dans le piège de la
question de la vérité, au fi nal, c’est la classe
dominante q u ‘elle soutend et qu’elle légitime,
qu’elle remet toute entière en ca use pour la laisser
nue, face aux forces productives, dans la frivolité de
son parastttsme …
26
LES TROIS MORTS DE !.:ÉGLISE CATHOLIQUE
Ainsi la bourgeoisie révolutionnaire tue Dieu et
avec elle une aristocratie qui, sans en prendre
conscience, a déjà renoncé à elle-même.
A’ ce stade, on aurait pu penser que l’E’ glise,
libérée du pouvoir royal puisse redevenir la religion
des pauvres et des premiers chrétiens. Mais pour
sauver ses privilèges terrestres, et parce que la
bourgeoisie, après la radicalité robespierriste de

«l’Etre suprême», se rend compte aussi qu’ il valait
mieux, pour un temps, compter encore avec elle, le
clergé entra dans un lent processus de soumission et
de collaboration avec l’ordre bourgeois.
Progressive soumission et collaboration qui
tueront le catholicisme une deuxième foi s, de
l’intérieur cette fois, pour fai re de lui – et malg ré
une opposition inte rne exprimée par la très
respectable «doctrine sociale de 1 ‘église» – un
moralisme bourgeois de d roite, finalement
complémentaire, dans la mascarade démocratique
bipartite, du moralisme bourgeois de gauche incarné,
lui, par la pensée maçonnique.
C’est ce catholicisme de la bigoterie de province,
devenu idéologie de droite de la Troisième
République qui faisait, à juste titre, hurler de colère
et crier à la trahison ce grand catholique du Moyen
A » ge et des catacombes qu’était Léon Bloy.
Abandonné par le pouvoir, détruit de l’ intérieur,
la troisième mort du catholicisme, surviendra enfin
lors du concile Vati can Il. Une soumission cene fois
non plus seulement pratique et politique mais
théologique (dans l’Histoire la théorie suit toujours
la pratique) au moralisme syncrétiste de gauche,
dans le droit fil de la Déclaration uni verselle des
droits de l’Homme portée par l’ONU .
Nouvelle Église de la soumission et du
reno ncement dont la revue Golias, des prélats du
calibre du cardinal Lustiger ou monseigneur Gaillot
sont la conséque nce et l’ illustration .. .
VATICAN II OU LAPPEL A’
LA FRATERNITE’ UNIVERSELLE
Initié par le Pape Jean XXIII et se voulant une
ouverture au monde moderne, de fait de plus en
plus antire ligieux, on peut comparer Vatican Il –
2 pour faire moderne, comme à la même époque
Parly 2 ou Vélizy 2 -à la Perestroïka de Gorbatchev.
Une profonde remise en question de soi-même et
. . , ,
une concessiOn aux autres, Inte rpretees non pas
comme génére use o uverture, mais comme un aveu
de faiblesse qui prélude à l’effondrement.
Domination du mondialisme capitaliste
américano-protestant, culpabilité envers les jui fs
pe rsécutés par le régime National-socialiste
allemand, Vatican II, au delà de l’alibi pastoral et
doctrinal, doit se comprend;e très littéralement
comme la soumissio n de l’Eglise catholiq ue au
nouveau rapport de force issu de la Deuxième
G uerre mondiale, à l’intérieur du camp occidenta l.
Au-delà d’une main tendue aux bouddhistes et
aux hindous sans conséquence, puisque que hors
de la sphère monothéiste méditerranéenne ; à côté
d’une déclaration fraternelle, déjà plus politique,
adressée aux musulma ns en pleine décolonisation
(ceci expliquant en partie cela) pour leur croyance
28
au même Dieu abrahamiq ue et pour leur dévotion
mariale, ct ce malgré leur non reconnaissance de
la d ivinité du C hrist ; le g ros morceau de
Vatican II est sans conteste la déclaration selon
laquelle «avec ceux qui, baptisés, s’honorent du nom
de chrétiens, mais ne professent pas intégralement la foi
ou ne conservent pas l’unité de la communion avec le
successeur de Pierre, L’E’ glise se sait unie par de multiples
rapports». Décla ration qui revient explicitement
à renoncer, sur le plan théologique, à s’opposer à la
Réforme protestante.
P ire encore, dans cet esprit de cohabitation
frate rnelle masq ua nt, en réalité, une pure reddition
théologique, est la déclaration selon laquelle, au
nom des pe rsécutions subies par les jui fs à travers
l’Histoire, l’E’ glise renonce par son actio n à opposer
la Nouvelle Alliance à l’Ancienne. Une Nouvelle
Alliance accomplie pourtant explicitement par la
Passion du C hrist po ur la dépasser et l’abolir.
Un renoncement doctrinal pour raisons politiques
qui revient en fait, par une théologie de contrebande,
à admettre leur coexistence. Et comme les juifs, dans
le même temps, ne reconnaissent pas, eux, la
Nouvelle Alliance qui no us ferait tous juifs, cette
déclaration de <<fraternité universelle» aux relents
maçonnique revie nt, en bonne logique, à fa ire
purement et simplement du catholicisme, un sousproduit
du judaïsme en plus non reconnu par lui !
Ainsi, par Vatican II, les catholiques sont- ils tenus
de reconnaître les juifs comme leurs «frères ainés»
dans l’Eglise, tandis que les juifs, eux, continuent de
considérer le Christ, au mieux comme un rabbi
apostat ayant abjuré sur la Croix («Eli, EIL~ Lama
sabachthani » : «Dieu , Dieu, pourquoi m’a s-tu

abandonné?»), ce qui revient purement et
simplement à nier l’Église et à professer son mé pris.
Ainsi, par Vatican II, Mo nseigneur Lust iger,
converti au catholicisme en 1940 (pé riode de
conversion pour le moins ambiguë) sera porté, pour
son de rnier repos da ns la cathédrale Notre-Dame de
Paris, non plus par la lecture du Notre Père, mais par
celle du Kaddish. La messe est dite . . .
,
LES SOUFFRANCES ET LE DECLIN DE LA
BOURGEOISIE CATHOLIQUE
Comme en témoigne l’oeuvre de Bernanos devenue
parfaitement incompréhensible aux gé nérations
issues du libertarisme post-soixante-huitard ; comme
l’expriment ses romans mettant inlassablement en
scène la collision du catholicisme et de la pensée
bourgeoise dans un tourment moral insoluble, cette
religion passionnée, sacrificielle- non pas du livre et
de la lettre, mais de l’esprit et de l’incarnation – est
incompatible avec l’esprit bourgeois, lui, parfaitement
judéo-protestant.
Par sa foi de l’humilité et du don, le catholique
bourgeois, à moins qu’ il ne se convertisse à la
«modernité», sera toujours un bourgeois mal à
l’aise, luttant contre lui-même et dont la soumission
au monde marchand de l’égoïsme et du calcul ne
peut me ner qu’au renoncement à sa foi, ou à son
inadaptation.
Voilà pourquoi le catholicisme a uthentiq ue,
résiduel, n’est plus a ujourd’hui qu’une pratique
marginale de déclassés nommés «intégristes» par le
nouveau pouvoir, tout simplement parce qu’ ils
30
s’efforcent de rester des catholiques intègres da ns
un mo nde ayant programmé sa désintégratio n.
O n peut bien ûr se perdre en conjectures sur cc
qu’aurait pu devenir ou redevenir l’Église si elle
ava it choisi a près le roi la rupture totale avec un
monde bourgeois si é loigné d’elle.
Ma is, face au poids d u réel, que po uvait fa ire
cette institution forcément usée et compromise par
mille a ns de partage du pouvoir royal, face à
l’ idéologie toute neuve de la Raison et des Lumières
qui, elle, pouvait tout promettre pour ne l’avoir
jamais exercé?
Que pouvait faire, da ns un monde de plus en
plus ma té ri aliste et technicien, une religion qui
n’ava it que le ciel pour promesse et l’humilité pou r
vecteur, quand la no uvelle religion de la fraternité
universelle et de l’élection en douce promettait elle
‘ ‘ au nom de la ra ison même, le pa radis sur terre par
la démocratie de la liberté et de l’égalité?
.. ,
LAICITE = FRA NC-MAÇONNERIE
En bonne logiq ue. le contraire de la rel igion c’est
la laïcité. Mais da ns la réalité historique, politique,
le combat a nticlérical, me né excl usivement contre la
religion catholiq ue, fut le fait d’une autre église:
celle du «grand a rchitecte de l’univers ,, et de la
franc-maçon ncrie.
Apparue en Grande-Bretagne au XVI Ie siècle ct
introduite en Fra nce au siècle de la Révolution la
‘ fra nc-maçonnerie française, a u-delà de la di ve rsité
de ses chapelles (G rand Orient de France, Grande
Loge de France, Grande Loge nationale française,

la Fédération française du Droit Humain … ) aime à
se décrire comme une association essentieLlement
philosophique et philanthropique et comme un
système de morale propagé de façon initiatique et par
• coopta tt on.
Dans les fa, its, elle est une contre-Église,
alternative à l’Eglise catholique. Menace très tôt
identifiée par le pape Clément XII qui, dés 1738, la
condamne pa r la bulle In eminenti apostolatus
specula. Une action sans effet, puisq ue aucune bulle
ne pouvait avoir valeur de loi dans le royaume de
France sans être enregistrée par le Parlement ; ce
que le dit pa rlement, déjà largement maçon à
l’époque, se garda bien de fai re.
Et même si la maçonnerie prérévolutionnaire
put compte,r au dépa rt de nombreux aristocrates
– Philippe Egalité qui vota la mort du roi (et q ui
était fort probablement l’homme des Anglais) fut un
des premiers grand maître du Grand Orient. Même
si la maçonnerie prérévolutionnaire comptait aussi
de nombreux prêtres, son humanisme sociéta l,
inspirateur de notre Déclaration des droits de l’homme
et du citoyen, en attendant la « D éclaration universelle
des droits de l’H omme», était directement en
concurrence avec l’o rdre catholique et la
mona rchie …
MAÇONNERIE D’HIER ET D’AUJOURD’H UI
Quoi que l’on pense de la maçonnerie, il est évident
que si être maçon sous Louis XV, comme
Casanova ou Mozart, était la marque d’un esprit
libre ou idéaliste qui che rchait à s’affranchir du pou-
32
,
voir en place (celui de l’Eglise ct du roi), être maçon
à partir de la République c’est être du pouvoir.
Un pouvoir qui culminera sous la Troisième
Répu,b lique par la loi de, 1905 – loi dite de« séparation
des Eglises et de l’Etat» – mais, en réalité, la
dépossession du dernier bastion spirituel et politique ,
resté aux mains de l’Eglise catholique qu’était
l’éducation des enfants. Une charge de formater les
esprits et les âmes, cruciale pour la domination,
dorénavant confiée aux instituteurs laïquards de
culture ou d’obédience largement maçonnique.
Ajoutons, pour nous faire une idée encore plus
précise de cet humanisme maçonnique f ait
d’occultisme et de cooptation initiatique, que
.l’Inte rnationale communiste inte rdit, dès 1922, la
double appartenance loge et Parti. I.:appartenance à
la franc-maçonnerie étant considérée alors par les
communistes comme une trahison de classe.
Une in terdiction qui vaudra à tous ces maçons,
privés de communisme, de finir socialistes au Grand
Orient de France.
Ajoutons enfin que la maçonne rie européenne
est à l’origine, à la même époque, de la Société des
Nations, comme après guerre de 1’0 TU, elle même
prodrome du futur gouvernement mondial. ..

LA MAÇONNERIE, CLERGÉ
OCCULTE DE LA RÉPUBLIQUE

Comme !e pouvoir royal, militaire et économique,
confiait à l’Eglise les domaines complémentaires du
spirituel et de l’idée, le pouvoir bourgeois a donc
aussi son clergé, chargé d’appliquer lui aussi, avec

plus ou moins de bonheur, le cautère humaniste sur
la botte de l’oppression économique dont chacun
sa it qu’elle est plus de fer que de bois.
Une maçonnerie , élevée sur les cendres de l’ancien
pouvoir de l’Eglise devenue, de fa it, la nouvelle
religion du pouvoir, le clergé de la République
bourgeoise et, au plan international, le nouvel ord re
des jésuites de la République mondiale.
Un ordre occulte passé peu à peu, du xvme au
xxe siècle, de la maçonnerie symboliste et grandiose
d’un Rudyard Kipling (exprimée dans son poème
Si … , s’achevant par le fameux vers Tu seras un
homme mon fils/) à celle bien peu philosophique et
encore moins laïque d’un AJain Ba uer, ancien grand
maître du Grand Orient, aujourd’hui en charge des
questions de sécurité au côté de Nicolas Sarko, zy.
Mais à la différence du pouvoir de l’Eglise,
officielle au côté du roi, ce pouvoir maçonnique
dans la Républiqu e a toujours été nié, caché,
honteux. On doit se demander pourquoi.
Sans doute parce que la démocratie d’Agora,
la Ré publiq ue d’égalité citoyenne est, à l’évidence,
aux antipodes d’une philosophie philanthropique
occulte propagée de façon initiatique et par cooptation,
qui plus est à travers les frontières et par dessus les
classes.
Et ce n’est peut-être pas un hasard si le symbole
de ces farouches bâtisseu rs de démocratie laïque et
républicaine n’est pas, comme on serait en droit de
s’y attendre, le panthéon des Grecs, mais plus
étrangement, le temple de Salomon …
34
MAÇONNERIE D’HIER ET D’AUJOURD’HUI :
,
CFR, TRILATERALE, BILDERBERG …
Aujourd’hui, à l’heure du mondialisme, la maçonnerie
française traditionnelle, à l’affairisme provincial
et moyen-bourgeois, est sans doute en déclin, non pas
quant aux nombres de ses initiés, mais quant à son
influence sur la marche de la République.
Et c’est sans doute parce que, désormais, les
décisions qui concernent notre Nation se décident
au niveau mondial dans ces nouvelles maçonneries
pour l’hyperclasse que sont les think tanks style
Bilderberg, CFR et Trilatérale, que la plupart de nos
grands médias respectables- et plus seulement le
Crapouillot -sortent de plus en plus souvent des
dossiers sur le scandale que constitue effectivement
le pouvoir occulte de la franc-maçonnerie régnant
en douce sur la démocratie française.
Courageux médias osant enfin s’attaquer au pouvoir
qui les paie maintenant qu’il est ailleurs …
, ,
DIEU OU UNE SOCIETE DE CLASSES
SANS LUITE DES CLASSES
Avec la mort de Dieu, pour la bourgeoisie de
l’égalitarisme abstrait et formel, vint le début des
problèmes. Car dans ce monde sans paradis et sans
ciel de l’immanence absolue surgit inéluctablement
ce que Charles Péguy appelait le « lu ttisme de
classe». Soit la fin de la croyance populaire en un
ordre divin ; la fin de l’équilibre aussi des corps
intermédiaires et de la solidarité verticale des
 corporatismes.
La stratégie du pouvoir bourgeois étant alors,
appuyée à la fois sur le me nsonge progressiste et la
stupidité réactionnaire, de nous présenter un monde
fait de deux camps: à gauche, le bien, le Progrès; à
droite le mal, la Réactio n, ancêtre de tous les
fascismes. Le
s esprits libres pa rvenant, au mieux, à
saisir que, le pouvoir produisant mythification du
vainqueur et diabolisation du vaincu, le plus méchant
des deux n’est pas forcément celui qu’on croit.
Mais qu’on choisisse de se soumettre à l’ordre
nouveau ou qu’on lui oppose une virile critique à la
Louis de Bonald ou Joseph de Maistre, l’essentiel
pour la domination bourgeoise est que tous
continuent de pense r, comme en sport, qu’il n’y a
que deux camps, deux équipes : ga uche et droite,
progressistes du côté des pauvres, des petits;
réact ionnaires du côté des riches et des gros.
Soit, comme le dit Arlette qui a bien mérité du
Système du haut de son utile naïveté : «des patrons et
des travailleurs>), Même si, à y regarder de plus près
avec les lunette de Marx, ces patro ns sont parfois des
travailleurs et ces travailleurs des petits rentiers …
RÉACTIONNAJRES, CONSERVATEURS,
PROGRESSISTES ET LOEÉRAUX
Une mythologie du combat progressistes 1 réactionnaires
– pitch de tout le roman national – qui
cache la complexité des luttes et à qui e lle profite.
Car, chez les progressistes, il existe en réalité
deux camps opposés :
– les progressistes de gauche, populaires et
sociaux, inspirés par Ro usseau;
36
– les progressistes de droite, bourgeois ct libéraux,
inspirés par Voltaire.
Progressistes qui croient et espèrent en la modernité,
mais pour des raisons diamétralement opposées:
– les premiers en attendant l’égalité et la fraternité
citoyennes effectives par le plus juste partage du travail
et des richesses;
– les seconds, l’égalité en droit et la liberté
d’entreprendre; soit le droit d’exploiter sa ns entraves,
libérés des interdits moraux de l’Ancien régime portant
sur l’argent. ~..:égoïsme des uns, selon le credo libé ral
rarement démontré, fai sant la prospérité des a utres.
De même, chez les réactionnaires deux camps
égaleme nt :
– ceux qui veulent conserver leurs privilèges
d’arrogance et de parasitisme au nom du droit divin ;
-ceux qui, face à la déferlante libé rale et à sa violence
sociale (inaugurée dès le lendema in de la Révolution
par la loi Le Chapelier) veulent conserver ce
qu’il y avait de bo n, de mesuré et d’humain dans la
tradition.
Conservatisme de gauche qui donnera la révolte
des Luddites en Angleterre, celle des Canuts en
Fra nce et qui fut la cause, pour partie, de l’insurrection
vendéenne.
Une droite anri-libérale rejoignant la gauche radica
le da ns sa critique d’un certain progrès, et qu’on
retro uvera un demi siècle plus tard dans le syndicalisme
révolutionnaire, les pensées de Pierre-Joseph
Proudhon et de Georges Sorel. Et e ncore moi ns d ‘un
siècle plus tard en Allemagne dans la Révolution
conservatrice d’un Ernst Niekisch, trop souvent
confondue avec le National-socialisme . ..

 

Comprendre-l-Empire 003
LA MÉCANIQUE RÉVOLUTIONNAIRE

Derrière la mythologie révolutionnaire du bien
triomphant du mal, se déploie la mécanique beaucoup
moins binaire mais récurrente de la Révolution.
Mécanique très bien décrite par le Soljenitsyne de
la deuxième période (celle du retour d’exil et de Deux
Siècles ensemble) à propos de la Révolution russe. Une
mécanique faite de manipulation, de liquidation et
de récupération que nous reverrons encore à l’oeuvre
en Afrique au moment de la décolonisation.
Soit, pour revenir à la matricielle Révolution
française, non plus telle que la présente le roman
national, mais vue de la coulisse :
Faire faire le sale boulot par les progressistes de
gauche (Robespierre et Saint Just) afin de liquider les
réactionnaires de droite: la noblesse terrienne puis le
pouvoir royal accrochés à leurs privilèges héréditaires.
Afin que les progressistes de droite – en réalité la
bourgeoisie d’argent déjà aux affaires-, une fois
débarrassé des progressistes de gauche (liquidation
de Robespierre et Saint Just) puissent enfin niquer
tout le monde: spolier la noblesse et mettre les
anciens serfs, futurs prolétaires, au boulot!
Les premiers, idéal istes montagnards, qui
croyaient aux idées, découvrant un peu tard, en
montant à l’échafaud, que leurs compagnons de
route, Girondins et autres affairistes tapis dans
l’ombre, ne croyaient qu’au pognon.
Ou, dit plus simplement encore : découvrant,
mais un peu tard, derrière la mythologie bipartite
du bien de gauche luttant contre le mal de droite, la
sournoise victoire de la Banque …
2.
DIEU, LA RAISON ET LA BANQUE
1/ est appréciable que le peuple de cette nation ne
comprenne rien au système bancaire et monétaire, car
si tel était le cas, je pense que nous serions confrontés à
une révolution avant demain matin.
Henry Ford
Je ne suis qu’un banquier faisant le travail de Dieu.
Lloyd Blankfein
PDG de la banque Goldman Sachs

banquiers
PETITE GÉNÉALOGIE DE LA BANQUE:
AU DÉBUT ÉTAIT LE DON

D’abord tout commence par la société du don.
Du don et du contre-don, de l’échange, où la notion
de prêt intéressé – à l’opposé du prêt pour le prestige
: «je donne donc je suis» -est inconcevable.
Ce sont les sociétés dites « primitives», avec leur
fo nctionnement découvert par Robert H arry Lowie
(le potlatch, l’échange symboliq ue non utilita ire)
étudiées par Marcel Mauss, et qui re nd to ute
logiq ue libéra le impensable.
Des sociétés qui o n t fo nctionné partout,
pendant des millénaires, dont Pie rre C lastres nous
fait l’éloge à travers son observation des indiens
d’Amériq ue, «ces perdants magnifiques» qui
viva ient encore su r ce principe il y un siècle et
demi. Sociétés dont Jea n-Claude Michéa fa it
remarquer q u’elles sont les seules durables, quand
la société dite <d ibérale », fondée sur le principe
inverse – le prêtà intérêtdel’ individ uégoïste- n ‘existe,
au mie ux, que depuis deux siècles et a généré, fort
logiqueme nt, plus de viole nce et d ‘in stabilité
qu’aucune autre organisation sociale avant elle .. .
40
DE LA SOCIÉTÉ DU DON
‘ , ,
A LA SOCIETE DE I’ARGEN T
Il faut ensuite comprendre comment les sociétés
humaines ont pu passer du don pour le prestige au
prêt pour l’ inté rêt. De l’éléga nce à la laideur, de la
noblesse à l’usure.
Sans doute le développement inéluctable des
forces producti ves, dû à l’homo sapie ns e t à l’homo
faber – au génie inven t if et technicien de
l’homme- a- t- il pe rmis à l’huma nité de passer
progress ivement d’ une société de la stricte
survie- o n ma nge tout ce qu’on produit – à la
société de producti o n d’excédents. Excéden ts
d’a rte facts: agriculture (et non plus cueillette)
objets manufacturés (outils, pote ries . . . ) q ue l’on
peut dès lo rs écha nger sur un marché, pour ra isons
utilita ires, soit le début du comme rce.
Des écha nges qui s’amplifient et se généralisent
et qui, après la phase première du troc, amè nent
nécessairement l’ idée pratique d’un moyen abstra it
et polyva lent d’échange géné ralisé: la monna ie.
Et q ui dit monna ie dit argent : idée d’accumulation
de richesses pour la richesse. Une accumulation
qui pe ut, dès lors, sur un champ social
lui-même modifié et déspiritualisé par cc processus,
venir concurrencer le prestige du don et finir, fata lement,
par le remplacer.
Une prise de pouvoir par l’argent contre le
prestige de l’autorité fort bien mo ntrée, par exemple,
dans le très beau film sur la fin d’une certaine
aristocratie indienne- d’ Inde cette fois: Le Salon
du musique de Satyajit Ray.
DE L’ARGEN’T À LIDÉE DU PRÊT
I.:argent accumulé, né de l’échange marchand,
amène nécessairement à son tour l’idée du prêt.
Et dans une société marchande d’accumulation,
plus du prêt gratuit pour le prestige et le plaisir de
l’écha nge, o ù la domination symboliq ue provient de
l’élégance et de la magnanimité du prêteur (mécanisme
toujours vivace dans la sphè re intime et privé,
q uand deux mâles s’affrontent pou r le prestige de
payer l’addition a u restaurant), mais du prêt pour la
dominatio n matérielle par l’a rgent ; soit le pouvoir
vil au-dessus du prestige …
LE PRÊT À INTÉRÊT INTERDIT
, ‘ MAIS AUTORISE A LA MARGE
Encore un pied dans les sociétés traditionnelles
de la noblesse et du don, les sociétés à la fois
marchandes, mais toujo urs religieuses- soit, par
exemple, nos monarchies chrétiennes du Moyen
Âge- ont encore la conscience que le prestige social,
pour que la société demeure à l’image de Dieu, doit
venir de la noblesse d’attitude et d’âme.
Ainsi inte rdisent-elles, pour raison religieuse,
c’est-à-dire spirituelle et mora le, le prêt à intérêt …
Mais comme le développement du commerce et
des écha nges à cette même période – disons à partir
du xme siècle – rend aussi le prêt nécessaire à son
développement, et qu’ il ne peut plus y avoir, dans
une société de commerce et d’argent, de prêt sans
intérêt – le prêt d ‘argent sa ns ,i ntérêt n’ayant
littéralement «aucun intérêt » – l’Eglise, à la fois
comprendre-lempire-empire-state-building
spirituelle et pratique, c’est à dire sociale, autorise ce
prêt, mais à la marge.
E lle confie donc cette pratique à la fois ignoble ct
nécessaire – tout à la fo is sociale matériellement et
antisociale spirituellement – à une caste maudite,
ma intenue hors de la société de Dieu, par qui
circulera l’argent, mais à qui ont se gardera bien,
pour qu’elle ne vienne pas menacer, avec son
accumulation de profit, l’ordre social fondé sur le
prestige et la dépe nse, de lui octroyer aucun droit
politique.
Ainsi existera-t-il, pendant quelques siècles, une
société double, l’une officielle, prestigieuse et somptuaire,
ayant le pouvoir par la noblesse et la te rre,
mais s’appuyant en douce sur une caste cachée, offi cieuse
et maudite, accumulant progressivement
dans l’humiliation la richesse de l’usure; é norme
moyen par ailleurs de corruption et de domination.
Et c’est par cet acide maté riel de la tentatio n,
rongeant de plus en plus la société spirituelle,
qu’arrivera fa talement le moment de la destruction
du Prince, pa r l’abolitio n des privil,è ges héréditaires
de la noblesse et l’égalité citoyenne. Egalité citoyenne
ratifiant dans les faits le pouvoir exclusif de l’argent,
et par laque lle la Banque, peu à peu, pre ndra les
pleins pouvoirs.
Ce moment étant précisément celui de la
Révolution française où Robespierre tue le roi, puis
la Banque tue Robespierre. Soit une révolution,
au -delà de l’ habillage formel égalitaire, aux
motivations cachées parfaitement a ntisociales et
antipopulaires …


,
LE PRÊT AUTORISÉ CHEZ LES CHRETIENS

Mais les choses ne sont évidemment pas si
linéaires.
Parallèlement à ce système d’ interdit autorisé à la
marge par les sociétés très chrétiennes, se développent
d’autres métastases et d’autres logiques de la
Banque.
Ce sera par exemple la Renaissance italienne
avec ses papes banquiers, oxymore théologiquement
hérétique qui, notamment avec les Borgia, portera
durablement atteinte à la respectabilité de la catholicité
et entraîne ra, en partie, la Réforme.
Soit le protestantisme sous sa forme spiritualiste
et populaire de retour à la pureté origin elle
chrétienne. Jésus étant par excellence l’inca rnation
occidentale du don et de l’ordre social par l’écha nge
désintéressé.
Ce sera, a utre réponse mais inverse, la
modification théologique de la Réforme, comprise
cette fois comme adaptation des valeurs chrétiennes
à la société du comme rce et de l’inté rêt.
Soit le protestantisme, non pas comme refus du
papisme décadent et ostentatoire – ce qu’ il fut
aussi – mais le protestantisme tel que le définit Max
Webe r, comme éthique du capitalisme naissant où
le bourgeois, encore religie ux, accumule la richesse
ct ne s’enrichit pas e ncore pour lui-même, mais
pour la plus grande gloire de Dieu.
44
LA LOGIQUE VICTOIRE DE LA RÉFORME
PROTESTANTE SUR LA TRA SGRESSION
CATH OLIQUE, OU DE VENISE A’ LA CITY
La solution protestante, adaptant la théologie à
la pratique plutôt que de la bafouer outrageusement
comme les papes banquiers catholiques, triomphera
logiquement dans le temps.
Ainsi, la banque chrétienne, initialement catholique
ct italienne, sombre ra dans le crime familial
et l’épopée tragique, tandis que l’industrieuse prati que
protestante ct bourgeoise triomphera pour
devenir monde, d’abord dans le monde ré formé
a llemand, puis dans le monde occidental tout e ntier,
. via le puritanisme anglo-saxon.
Nous en sommes d ‘ailleu rs to ujo u rs là
aujourd’ hui, où deux principes bancaires coexistent
en Occide nt, l’un protestant et de forme plutôt ascétique
et entrepreneurial ; l’autre plus difficilement
nommable et plus spéculatif. Principes tantôt alliés,
A tantot concurre nts …
JONCTION DE LA BA QUE ET DE LA COURONNE
D’ANGLETERRE: .:-.IAJSSA CE DE CEMPIRE
Deux principes contraires qui, alliés, produisent
d’évidence un é norme saut qualitatif.
Cc sera l’alliance de la noblesse et de la banque
historiquement effectu ée, cette fois, par la couronne
d’Angleterre. Alliance et saut qualitatif que nous
pouvons poser, au sens où nous l’entendons, comme
acte de naissance de l’Empire.
Alliance de la Couronne et de la Banque qui pro-
duira un pouvoir de domination sur le monde sans
commune mesure avec les expériences précédentes,
italiennes ou germaniques. La force de modification
sur la marche du monde de la Compagnie des Indes
orientales allant très au-delà de la théologie réformée
et de l’épopée familiale des Borgia …
Un pouvoir impérial qui s’amplifiera encore, nous
le verrons, en passant de la Couronne et de la City, à
Wall Street et aux E’ tats-Unis d’Amérique comme
l’évoque souvent, de façon obscure et contradictoire,
le populiste américain Lyndon LaRouche …
BANQUE ET POUVOIR POLITIQUE, LA
PROGRESSIVE INVERSON DU RAPPORT DE FORCE
Dans le système monarchique catholique, la
banque se trouve donc à côté du pouvoir, tenue en
respect. Brutalement remise à sa place pa rfois,
comme sous le règne de Saint Louis, mais le
déstabilisant parfois aussi, comme à la fin du règne
de Louis XVI.
Avec le système monarchique puritain a nglais,
au contraire, la banque partage le pouvoir, donnant
à cette alliance a priori contre nature, une stabilité et
une puissance inégalées.
Un pouvoir décuplé pour le Prince, mais aussi
un risque de voir s’inverser le rapport de force.
Un rapport de force établit par le pouvoir régalien
– d’abord aux mains du Prince – de battre monnaie.
Le contrôle de la monnaie étant, dans un monde de
moins en moins terrien et de plus en plus capitaliste,
la clef de la domination économique et politique à
travers la politique des banques centrales.
46
Dès lors le travail de la Banque, à l’intérieur de
ce po uvoir partagé et non visible au commun des
mortels, sera d’ inverser le rapport de force,
notamment en s’efforçant de prendre le contrôle de
la monnaie. Une prise de pouvoir historiquement
ratifiée par la privatisatio n des banques centrales.
Une prise de pouvoir nommée par les médias
complices «indépendance», pour signifier qu’elles
sont parvenues à échapper, en fin de course, au
pouvoir régalien du Prince; soit à tout pouvoir et à
tout contrôle politique …
ABSTRACTION ET LOGIQUE
ASOCIALE DE LA BANQUE
La Banque s’éma ncipant progressivement de
tout pouvoir politique pour devenir, en réalité, le
po uvoir politique caché s’exerçant à travers la
politique des banques centrales (masse monétaire,
taux d’inté rêt … ), la Banque se libère aussi
logiquement de tout frein social.
La responsabilité de tenir compte des effets sociaux
et humains des politiques bancaires (spéculation,
désindustrialisatio n, délocalisation, chômage … )
incombant toujours, officiellement et médiatiquement,
au Prince et aux représenta nts politiques.
Un processus de domination des banques, de
leur vision abstra ite et asociale du monde de
l’échange qui explique, à lui seul, la violence sociale
et l’inégalité sociale aggravée qui accompagne
paradoxalement l’accroissement des richesses, ainsi
que l’impuissance croissante des politiques, en
réalité sans pouvoir, à résoudre la Crise.
Les politiques, dans cette logique, devenant de
plus en plus le personnel communiquant payé par
le pouvoir occulte banca ire (soit Ben Bernanke
de rrière et au-dessus de Barack Obama) pour
prendre les coups à sa place et mentir au peuple en
ne parlant jamais des causes réelles et bancaires de
la Crise.
Une remarque valable en France aussi bien pour
I’UMP que pour le NPA.
La Banque, intrinsèquement fondée sur
l’abstraction du chiffre au détriment de l’humain
(spéculation), libérée de tout frein politique et social
(indépendance des banques centrales) et protégée
de surcroît par son invisibilité politique et médiatique
(domination de l’a rgent sur le politique et les
médias) devenant progressivement – compte tenu
de sa logique même – pure prédation et pure
violence.
Une violence assumée et encore accrue par
l’ idéologie de ses dirigeants et cadres, majoritairement
formés à l’inégalitarisme méprisant de l’An-

cien testament. ..
PETITE GÉNÉALOGIE DE LA BANQUE, SUITE:
DU PRÊT PRODUCTIF AU RACKET PUR ET SIMPLE
La Banque comme force et principe impérial
n ‘a donc ri en à voir, au final, avec la banque de
dépôt et de prêt du coin de la rue, son ancêtre et
son orig ine dévoyée.
Un dévoiement dont on peut marquer les
étapes successives comme au tant de sauts …

D’ABORD PRÊTER DE LARGEN T QU’ON A

L’argen t prêté aux uns par la banque
d ‘investissement et de dépôt correspond à de l’argent
déposé par d’autres, et le taux d’intérêt remboursé
en plus du capital – soit de la masse monétaire créée
en plus que celle déjà en circulation – correspond
également à la création de richesse réelle d’une
entreprise aidée par cet investissement productif. ..
ENSUITE PRÊTER DE LAGEN T QU’O A .. .
EN PARTIE
I..:argent réellement présent en banque ne risquant
pas d’être retiré en même temps par tous les déposants,
la tentation devient rapidement grande de prêter plus
que les sommes effectivement en dépôt.
Naît alors le« multiplicateur », soit une fabrication
d ‘argent scriptural mais toujo urs dévolu à
l’investissement productif. Argent temporairement
ficti f, mais devenant réel au final par la création de
richesses (valeur ajoutée) due à l’investissement
productif.
Un méca nisme de fu ite en avant peu dangereux
à deux conditions.
Un. Que l’économie se trouve dans une phase de
développement et de croissance illimitées, comme
c’était le cas au moment de l’invention de cette
pratique à la Renaissance.
Deux. Qu’une autorité politique au-dessus de la
Banque régule et limite cette pratiq ue au regard de
la croissance et du développement économique réel,
et pas seulement scriptural et spéculatif …

PRÊTER DE LARGENT
QU’ON A DE MOINS EN MOINS

Un contrôle et une modération de la fuite en
avant de prêts bancaires, sans commune mesure
avec les dépôts, appelés « réserve fractionnaire».
Une réserve fractionnaire imposée aux banques
par le politique, mais q ui , par la force des choses et
compte tenu de l’évolution du rapport de force e ntre
le politique et l’argent, aura tenda nce au cours du
temps à tendre progressivement vers zéro …
PRÊTER DE I.:ARGENT QUI N’EXISTE PAS,
‘ . MAIS TOUJOURS CO TRE T TERET
Suite à ce lent processus de dégéné rescence et de
prise de pouvoir – l’un étant permis par l’autre – la
Ba nq ue devient donc progressivement une pure
e ntre prise de racket et de dépossession.
En effet, la masse mo nétaire mise en circulation
par les banques étant toujours su périeure à la
croissa nce possible (création de va leur ajoutée) et le
ta ux d’inté rêt, lui, méca niquement impossible à
rembourser. Ce prêt d’argent, ficti f, mais que seules
les banques ont le pouvoir de prêter, équivaut donc,
à t ravers la gara ntie hypothécaire sur l’outil de
travail ct les biens, à une lente captation de to utes
les richesses privées par la Banque.
La Banque devenant a insi progressivement
propriétaire de to ut, sa ns jamais rien produire, et avec
de la fa usse monnaie pour seule mise de fonds!
Nous toucho ns là à ce que nous pouvo ns appeler
à la fois le génie et le vrai secret bancaire …

PRÊTER DE LARGENT QUI N’EXISTE PAS,
MAlS TOUJOURS CONTRE INTÉRÊT ET QU’ON EST
LE SEUL À POUVOIR PRÊTER, Y COMPRIS AUX ÉTATS

Ce processus d’endettement voulu, fatal et
généralisé, d’abord appliqué au monde de l’entreprise
privée, connaîtra encore un saut qualitatif avec la
privatisation des banques centrales dans tout
l’Occident.
Privatisation des banques centrales correspondant
à l’ultime dépossession du Prince et du politique
d ‘un po uvoir régalien fondamental. Un pouvoir qui
était celui de fa ire ,é mettre par la banque nation ale,
sous contrôle de l’Etat, une masse d’argent pour les
. grands investissements publics (Plan, développement
de s infrastructures, politiques sociales … ) prêtée à
l’Etat à taux zéro.
Cette masse ,d ‘argent créée de toutes pièces, mais
garantie par l’Etat en bons du Trésor devenant,
comme à la période vertueuse de la banque de dépôt
et d’investissement, richesse réelle à terme, absorbant
cette masse monétaire supplémentaire, par la
production de richesses effectivement permises et
produites par ces investissements publics; soit du
développement, et non de l’inflation.
Pure inflation en effet si le pouvoir politique1 par
démagogie é lectorale, se met à abuser de la planche
à billets. Raison invoquée pour privatiser le système
sa ns rien y changer, sinon réserver ce droit d’abuser
aux seules banques privées …

DE I.A BANQUE ACCÉLÉRATEUR DE
DÉVELOPPEMENT À lA BANQUE PARASITE:
FIN DES POLITIQUES SOCIALES,
INTÉRÊT DE lA DEITE, RACKET DES BANQUES
ET TRAHISON DES POLITIQUES

Or, avec la privatisation des banques centrales,
imposée à l’insu des peuples maintenus dans
l’ ignorance complète des processus bancaires, les
E’ tats se voient tous désormais dans l’obligation
d’emprunter l’argent nécessaire à leur développement
sur le marché privé, avec intérêt.
Pour la France ce sera: ,
La fin du droit de prêt à l’Etat à taux zéro par la
Banque de France. Décision prise le 3 janvier 1973
sous la présidence de Georges Pompidou {ancien
directeur de la banque Rothschild). Une décision et
une dépossession du pouvoir régalien de l’État qui
ava ient nécessité, au préalable, l’éviction du
Général de Gaulle.
Pour l’Europe:
La création de la Banque centrale européenne
(volet bancaire de I’UE), imposant en douce – par
l’article 104 des accords de Maastrich, rebaptisé
article 123 dans le Traité de Lisbonne- cette même
interd iction à toutes les anciennes banques nationales
des membres de l’Union européenne. Et ce au nom,
bien sûr, de la rigueur économique et de la fraternité
des peuples.
Un taux d ‘intérêt, payé désormais pour les investissements
publics nécessaires au développement,
qui est le vrai nom de la dette et de la politique de
la dette.
Un racket privé imposé aux Etats sur le dos des
peuples avec la complicité silencieuse des politiques;
y compris du bouillonnant Besa ncenot qui sa it fort
bien qu’il ne doit jamais aborder ce sujet s’il veut
continuer à passer chez Drucker.
Un racket bancaire à l’échelle des E’ tats, et sur le
dos des peuples, qui est la première raison de la fin ,
de l’Etat providence au tournant des années 1970.
La raison majeu re de la fin de toutes les politiques
sociales de développement qu’on appelle la Crise.
Le paiement de l’intérêt de la dette – en réalité pur
racket de la Banque absorbant désormais tout
l’a rgent normalement dévolu au développement et
au social – étant exactement égal, en France, à la
totalité de l’impôt sur le revenu du travail.
Une équiva lence que l’on doit comprendre,
au-delà du symbole, comme une pure équation …

LA DETTE, SOIT LA CAPTATION PROGRESSIVE DE
TOUTE LA RICHESSE DE [ÉTAT PAR LA BANQUE
,
Cette obligation pour les Etats d’emprunter de
l’a rgent sur le marché privé, avec taux d’intérêt
contre gara ntie en bons du Trésor, produit au niveau
des Nations occidentales la même conséquence que
la garantie hypothécaire pour le monde privé des
affaires. Soit, à travers une dette toujours grandissa
nte et structurellement in remboursable, et par ce
même processus de racket et de dépossession, le
transfert progressif (notamment par les privatisa- ,
tions) de toute la richesse de l’Etat dans les mains de
la Banque, pourtant pur parasite …
LE SECOND SAUT DE I’EMPIRE:
DE LA CITY À WALL STREET ET DE I.:EMPIRE
ANGLAIS À I.:IMPÉRIALISME US, SOIT
I’ESCROQUERIE DU DOLLAR

Ainsi, de l’Italie des Borgia à une certaine Amérique
de Wall Street, en passant par la City de Londres,
la Banque, comprise comme processus de concentration
et vision du monde, a-t-elle pris progressivement
les pleins pouvoirs sur les nations d’Occident. ,
Pouvoir occulte mais bien réel piloté des Etats-
Unis par Wall , Street, et qui seul peut expliquer la
réponse des Etats occidentaux au dernier crack
financier. Soit, plutôt que la liquidation de ces
prédateurs ct parasites bancaires en fai ll ite, le
transfert de leur dette aux peuples et leur
renflouement par des masses encore accrues de
fausse monnaie toujours dévolue à la spéculation,
quand cette masse de fausse monnaie à usage
spéculatif, destructrice d’économie, est la raison
même de la Crise …
LE PROGRESSIF DÉCOUPLAGE DU DOLLAR DE
TOUT CONTRÔLE POLITIQUE ET DE TOUTE
RÉALITE ÉCONOMIQUE, ET SES CONSÉQUENCES
Une prise de pouvoir total de la Banque sur le
politique et les peuples d ‘Occident, fondée sur un
découplage total de la finance et du dollar d’avec
toute réalité économique, effectuée en plusieurs
étapes, et aux multiples conséquences .. .
54
1913, CREATION DE LA
RESERVE FEDERALE AMERICAINE
,
En 19 10, le Congrès des Etats-Unis pour en finir
avec le pouvoir financier qui, déjà, déstabilise l’économie
du pays (panique bancaire de 1907), organise
une réunion secrète des grands banq uiers améri cains
et occidentaux (Rockefeller, J.P. Morgan,
Vanderl ip… mais aussi l’Eu ropéen Rothschild à
travers Paul Warburg … ) afin de mettre les banques
sous contrôle. Démarche qui revient, selon la célèbre
formule ini tialement due à Karl Marx, à confier
au renard la garde du poulailler ! Le résultat ne se
fait pas attendre, c’est le 22 décembre 1913, soit un
an à peine avant la Première Guerre mondiale et
sous la présidence de Woodrow Wilson – falote
créature financée par la Banque- la création de la
Réserve fédéra le américaine.
Une Banque des banques qui, contrairement à
cc q ue son nom indiq ue de façon parfa itement
mensongère, n’est ni une réserve, ni fédérale, ni
même spécialement américa ine (l’Europe: la City,
l’Allemagne et la France y étant représentées), mais
un ca rtel mondial des douze plus grandes banques
privées (Barings, Hambros, Lazard, Erlanger,
Schroder, Seligman, Speyer, Mallet, Rothschild,
Morgan, Rockefeller … ) travaillant de concert et
aya nt désormais la haute main sur le dollar, devenu
monnaie mondiale …

1913, CREATION DE LA RESERVE FEDERALE
AMÉRICAINE … ET DE I’IMPÔT
SUR LE REVENU DU TRAVAIL

Coup de force et magistrale arnaque accompagnés,
et ce n’est pas un hasard, de la création dans le même
temps de l’impôt sur le revenu du travail. Le paiement
de l’intérêt de la dette par les Etats, désormais interdit
d’emprunt à taux zéro pour leurs investissements
productifs, étant la cause mécanique, dans le même
temps, de la mise en place par l’Etat de cet impôt sur le
travail.
Un impôt sur le revenu du travail – déguisé en
impôt social par sa progressivité- qui sert purement
et simplement à payer l’intérêt de la Banque. Soit,
par la médiation du Trésor public et de l’Etat, le
racket de la Banque prédatrice sur le produit du
travail citoyen .. .

L'Archiduc François-Ferdinand d'Autriche-Hongrie est ici re¸u par  le premier-ministre Bismark ,en Allemagne...un peu avant son voyage < Sarajevo  ,en Serbie. L'assassinat de l'archiduc par la société secrète de la Main Noire va provoquer  l'étincelle de la Première Guerre Mondiale.
L’Archiduc François-Ferdinand d’Autriche-Hongrie est ici re¸u par le premier-ministre Bismark ,en Allemagne…un peu avant son voyage < Sarajevo ,en Serbie.
L’assassinat de l’archiduc par la société secrète de la Main Noire va provoquer l’étincelle de la Première Guerre Mondiale.

1914-1918, CREDIT ILLIMITE …
POUR LA PREMIÈRE GUERRE MO DIALE
Une prise de pouvoir par la Banque régnant
désormais librement sur le dollar, responsable entre
autres des cinq années que va durer la Première
Guerre mondiale, puisque sans cette offre massive
defausse monnaie – remboursableavecintérêts -les
belligé rants {France, Allemagne, Angleterre … )
dans l’impossibilité d’emprunter du vrai argent
selon le système antérieur, se seraient retrouvés, de
1 ‘avis de tous les experts, en cessation de paiement
et obligés de déposer les armes au moins deux
années plus tôt . ..
1920-1929, DE LA FAUSSE PROSPÉRITÉ À CRÉDIT
À LA GRANDE DÉPRESSION
Une prise de pouvoir par la Banque régnant
désormais librement sur le dollar, également
responsable de la fausse prospérité des an nées 1920
et de la crise qui en résulta logiquement en 1929.
Soit la mise en place, par le crédit et l’endettement
de masse, de la stratégie bancaire de la «bulle».
Une stratégie d’enrichissement et de captation
des richesses par la Crise provoquée qui entraînera
la Grande Dépression. Soit la faillite de millions de
petits propriétaires et de petits entrepreneurs poussés
à la spéculation, entraînant le chômage de dizaines
pc mill ions de salariés jetés sur les routes, et cc au
seul profit de la Banque qui orga nisa la crise et
ramassa la mise …
1933- 1938, DE LA FAUSSE SOLUTION DU
NEW-DEAL À LA VRAIE SOLUTION PAR LA
DEUXIE’ ME GUERRE MONDIALE
Une logique perverse d’un coût social terrible
dont le Président Roosevelt- lui-même sous
contrôle de la Banque comme son prédécesseur,
notamment via son financier et conseiller, le
spéculateur Bernard Baruch – s’efforcera, dans les
limites de son faible pouvoir, de limiter les effets
néfastes par le «New Deal».
Une grande dépression qui sera, en réalité,
solutionnée par la nouvelle guerre à crédit d’un
montant encore plus faramineux que la précédente
– que sera la Deuxième Guerre mondiale, si

l’on sait que le nombre de chômeurs en Amérique,
malgré un «New Deal» qui aura surtout considérablement
aggravé les déficits publics- toujours au
profit de la Banque – était encore de onze millions
en 1938 …
1945, LE BRlCOLAGE DE BRETION WOODS
En 1945, la fiction de l’étalon-or, garantissant en
théorie la valeur du doll ar papier, est tellement
intenable, compte tenu de la fausse monnaie
légalement mise en circulation par la FED, que John
Maynard Keynes – également homme de l’oligarchie
mais brillant économiste – se voit sollicité pour
remettre un peu d’ordre dans le système et lui
redonner un semblant de crédibilité.
Ce seront les accords de Brenon Woods, par
lesquels Keynes tentera de limiter la fuite en avant
de la planche à billets par le « Bankor», soit l’idée
d’un étalon mobi le. Tentative à mi-chemin du strict
étalon-or et de la fausse monnaie papier, inscrite
dans la logique de la FED, qui sera un échec, mais
qui permettra aux accords de Breton Woods, sous
couvert de remise en ordre du système monétai re
international dépendant du dollar, d’étendre en
réalité le règne de la finance américaine sur le reste
du monde, à travers la création de la Banque
mondiale et du Fond monétaire international .. .

1971 -1973, FIN DE TOUTE RÉFÉRENCE À I’OR ET
MISE EN PLACE DU PÉTRODOLLAR
En 1971, le décrochage entre les stocks d’or
américain et la masse monétaire est devenu tel q ue
les USA, forts désormais de leur seule crédibilité
militaire (que l’on peut aussi appeler menace)
annoncent au reste du monde, cene fois par la voix
de leur président Nixon, que le dollar, jusqu’alors
convertible en or pour les nations étrangères, sera
dorénavant non convertible et adossé à … rien !
Et en 1973, pour contraindre les autres nations à
utiliser quand même cette fausse monnaie comme
monnaie de réserve, un système de changes flottants
~st mis en place, étalonné cette foi s sur le pétrole.
Dans les fa its, ce sera – par un accord de protection
militaire avec l’Arabie saoudite (accord liant
désormais la Banque au waabisme du futur Ben
Laden … ) – l’instauration du « pétrodollar». Soit
un système imposant désormais aux nations du
monde, via l’OPEP (Organisation des pays exportateurs
de pétrole) de payer leur commande de pétrole
en dollars.
Une méthode efficace pour contraindre les
nations à garder, et même à augmenter leur stock de
billets verts, pourtant étalonnés sur rien et
convertibles en rien, sinon en pétrole …
2010, LA FED, DE TRÈS LOIN LA PLUS GRANDE
FORTUNE PRIVÉE ET CACHÉE DU MONDE, NET
D’IMPÔT ET SANS RlEN PRODUIRE 
Pour donner au lecteur un ordre de grandeur:
d’après le magazine Forbes, l’homme le plus riche
du monde serait Bill Gates crédité- grâce à sa
société Microsoft, géant mondial de l’informatique
– d’une fortune de 50 milliards de dollars. Or il
faut savoir que les seuls intérêts perçus par la FED
s’élèvent, annuellement, à 2 500 milliards de dollars.
Soit 50 fois la fortune de Bill Gates chaque année,
et ce net d’impôts et sans rien créer ni produire, si ce
n’est de la fa usse monnaie!
Une super fortune que se partage le cartel des
douze banquiers internationaux cachés derrière la
FED, et qui laisse loin derrière tous les autres compétiteurs,
Sultan du Bahreïn, Reine d’Angleterre …
ce que se garde bien de révéler le magazine Forbes !
LA FED, SOIT LA BONNE FORTUNE DE
I’OLIGARCHIE BANCAlRE MONDIALE,
MAIS LA PERTE DU POUVOIR D’ACHAT
POUR TOUS LES AUTRES, Y COMPRIS
LE PEUPLE AMÉRICAIN
Pour qui a bien compris la mécanique: plus la
Réserve fédérale prête d’argent, plus elle fait de
profits et plus elle creuse les déficits publics,, à
commencer par son premier emprunteur, l’Etat
américain. Ainsi la dette américaine, déjà de
1 000 milliards de dollars en 1971 est-elle passée, via
cette fuite en avant voulue et encouragée, à plus de
50000 milliards de dollars en 2010.
Et les deux causes majeures d’emprunts publics
étant les crises et les guerres, on devine le rôle qu’a
aussi joué la FED, depuis 1913, dans la survenue de
ces événements.
60
Pendant ce temps, cette création de fa usse
monnaie entraînant une dévaluation constante de
la valeur de l’argent, les détenteurs de dollars, à
commencer par le peuple américain, ont vu depuis
l’année 1913 leur argent perdre 90% de sa va leur et
leur pouvoir d’achat baisser d’autant.
Une baisse constante compensée par la hausse
vertigineuse de leur consommation à crédit auprès
des banques …
LES RÉSISTANCES À LA BANQUE
A I’INTERIEUR DE I’EMPIRE
Mais partout, cette lente et d iscrète prise de
pouvoir de la Banque ne s’est pas fa ite sans résistance.
Y compris en Amérique où s’affrontent dès le départ
deux conceptions opposées de la démocratie
ame’ n.c am. e.
D’un côté l’Empire du libre échange à la conquête
du monde, de l’a utre une nation libre de petits producteurs

LE COMBAT PERDU DES POPULISTES AMÉRICAINS
CONTRE LA BANQUE
Ainsi peut-on opérer, selon les périodes et les
présidents au pouvoir, une double lecture de
l’Amérique des pères fondateurs.
D’un côté sa conception populiste – réhabilitée à
gauche par Christopher Lasch, dans les années
1960, et saluée récemment par Jean-Claude Michéa
en France – qui fait de la démocratie américaine

une association de petits propriétaires et de petits
p roducteu rs libérés du joug des mo narchies
inégalitaires d’Eu ro pe, et particulièrement de la
Couronne d ‘Angleterre et de sa City.
Une Nation de citoyens e ntrepreneurs financés
par la mutualisation de leur fo nds propres, et
appuyés sur une solide éthique protestante issue du
réformisme origina ire petit bourgeois allemand.
C ‘est la démocratie amé ricaine à laquelle se
réfè re notamment aujourd’hui le publiciste dissident
Alex Jo nes. Cette Amérique idéale des cow-boys ct
des westerns de John Ford, fina ncés cyniquement
par H ollywood et la Banque pour cacher l’autre
Amérique.
Celle de la continuation du processus impérial
anglais à une échelle supé rieure. Soit l’Amérique du
messianisme conquérant a ng lo-saxon puritai n ,
appuyé cette fois sur le message sanguinaire et
méprisant de l’Ancien testament du De utéronome,
afin d’étendre cette domination à la totalité du
monde par la puissance de la Banque et l’idéologie
du libre échange.
Deux Amé rique en fait.
L.Amérique po puliste et isolationniste du Middle
West et des natifs, luttant contre l’Amérique impériale
mondialiste des élites des côtes Est et Ouest, du New
York de Wall Street et du Los Angeles d’H ollywood.
Deux Amériques se revendiquant, en apparence,
du même libéra lisme et de la même Bible, mais sa ns
y voir du tout la même chose. Le libéralisme
populiste de l’une étant, dans les idées et dans les
faits, l’exact contraire du libéralisme impérial de
l’autre …

Timbre de 1862  à l'effigie du président Andrew Jackson.
Timbre de 1862 à l’effigie du président Andrew Jackson.

1832-1835, LE COMBAT ENTRE LA DÉMOCRATIE
ET LA BANQUE OU l’EMBLÉMATIQUE
PRESIDENT JACKSON

Ce combat interne, sou vent secre t c t bien
évidemment caché entre la Banque et l’Amérique
citoyenne, jalonne toute l’histoire politique des
Etats-Unis dès son combat pour l’indépendance.
Il explique aussi la plupart des tentatives de
déstabilisation et d’assassinat des présidents en
exercice – à commencer par celui du président
Lincoln – selon qu’ ils se sont soumis ou ont tenté
de rés ister à la puissance de la Banq uc.
Pour exemple, un président typique du courant
I?Opulistc américain (pour renforcer son assise polit
ique cont re les puissances d’a rgent, il multiplie ra
par sept le nombre des électeurs citoyens américa
ins), le président Andrew Jackson opposera par
deux fois son veto, en 1832 puis e n 1835, à la recon duction
de la Banque centrale, ancêtre de la FED,
créée dès 1781 par son prédécesseur pro-Banque,
Alexander H amilto n.
Une opposition acharnée à la prise de contrôle
de la démocratie américai ne par la Banque qui
valut très certainement à Jackson la te ntative
d ‘assassinat à laquelle il réchappa de justesse le 30
janvier 1835, mais un combat qui était pour lui si
crucial qu’ il fera graver comme épitaphe: «}’ai
vaincu la Banque» sur sa pierre tombale!
Une résista nce aux puissances d’argent, de la
part de présidents souvent issus de milieux modestes ,
devenue quasi impossible – pour ne pas dire
impensable – depuis la création de la FED en 1913 , l
avec la complicité du Congrès.
Les présidents amé ricain depuis cette date devant
tous être considérés, de Woodrow Wilson jusqu’à
Barack Obama, en passant par les très surévalués
Roosevelt et Eisenhower, comme de purs «obligés»
de la Banque. ,
Le pouvoir du président des Etats-U nis, q uant à
cette institution, se limitant au droit de choisir le
président de la FED parmi six noms soumis par le
ca rtel! Un pouvoir dont le de rnier président Obama
n’osera même pas user puisque, malgré son bi lan
catastrophiq ue au regard de l’économie américa
ine, il reconduira purement et simplement le
président sortant, précédemment nommé par Georges
Bush, Ben Bcrn anke, lui-même successeur
d’Alan G reenspan.
1920-1922, LE CRI D.ALARME D’HENRY FORD
Une fois gagné ce combat contre l’Amérique des
petits propriétaires, la Banque, poussée par sa
logique, va devoir mener un autre combat, cette fois
à un niveau supérieur.
Ce sera le combat du capitalisme bancaire,
purement spéculatif, inca rné désormais par la FED
et Wall Street, contre le capitalisme entrepreneurial
et industriel anglo-saxon, incarné notamment par
H enri Ford.
Une lutte pour la domination capitaliste q ui
atteindra son apogée au lendemain de la Première
Guerre mondiale opposant, selon H enri Ford, le
plus grand entrepreneur industriel américain de
l’époque, l’éthique protestante du capitalisme
d’entreprise anglo-saxon, décrit par Max Weber, au
64
ca pi tali sme de pure spéculation, abstrait et
cosmopolite, décrit par Karl Marx.
Ce combat frontal , typique du climat de l’entreDeux-
guerre, s’exprimera notamment à travers la
publication d’un livre constitué d’articles parus
entre 1920 et 1922 dans le journal d’H enri Ford, The
Dearbom lndependent, au titre évocateur : Le juif
international.
Un combat entre deux conceptions de 1′ Amérique
et du capitalisme- selon H enri Ford – qui se
soldera par la défaite de ce dernier, sa rétractation et
ses excuses publiques. Le grand entrepreneur anglosaxon
s’abstena nt, à partir de 1927, de tout
commentaire politique et s’affi liant même, pour
.fa ire amende honorable, à une loge maçonnique
répondant au doux nom de « Palestinia » …
1924, LE REPENTIR TARDIF DE
WOODROW WILSON
Celui qui, plus qu’aucun autre, dut son élection
à sa soumission à la Banque, le Président Woodrow
Wilson, fe ra, au seuil de sa vie, ce commentaire sans
équivoque à propos de la création dont il savait
porter une responsabilité écrasa nte devant l’Histoi re
et le peuple américain.
je suis un homme des plus malheureux. j’ai
inconsciemment ruiné mon pays. Notre grande nation
industrielle, déclare-t-il à propos de la FED, est
désormais contrôlée par leur système de crédit. Notre
système de crédit est pn·vatisé, c’est pourquoi la croissance
du pays ainsi que toutes nos activités sont entre les maim
d’une poignée d’hommes qui, si nécessaire, pour des

raisons qui leur incombent, peuvent geler et détruire
l’authenticité de la liberté économique. Ainsi sommes
nous devenus un des plus mal gouvernés, des plus
contrôlés et des plus soumis des gouvernements du monde
civilisé. IL ne s’agit plus d’un gouvernement d’opinion
libre ni d’tm gouvernement de conviction élu à la
majorité, mais d’un gouvernement soumis à La volonté et
à la fenneté d’un petit groupe d’hommes dominants.
Difficile d’être plus explicite sur le jugement que
portait cet homme au seuil de sa vie sur son
oeuvre …
1963-1969, L:ASSASSINAT DU PRÉSIDENT KENNEDY
ET LA LIQUIDATION DU GÉNÉRAL DE GAULLE
A’ ce jour seul président américain de religion
catholique, John-Fitzgerald Kennedy, conscient
lui aussi du pouvoir antidémocratique et antisocial
de la Banque (et qui, contrairement à ses
prédécesseurs, était né suffisamment riche pour ne
pas lui devoir son élection), tentera, comme
Lincoln et Jackson, de mettre un terme à ses
privilèges indus.
Ainsi, en juin 1963, signe-t-il l’Executive Order
11110, décret présidentiel qui, pour se débarrasser
de la FED, impose un nouveau système adossant le
dollar à l’argent métal. Aussitôt sont mis en
circulation pour plus de 4 milliards de dollars en
billets de 2 et 5 dollars, et autant de billets de 10 et
20 dollars sont imprimés. Le 22 novembre de la
même année, Kennedy est assassiné, le décret
EO 11110 aussitôt annulé par son successeur et les
billets de 2 et 5 dollars retirés de la circulation.
66
Un lien évident entre la mort du président
Kennedy et sa tentative de reprendre le pouvoir sur
la Banque, qui fait si peur aux élites américaines
que même Oliver Stone, dans son film JFK, se
garde bien de seulement l’évoquer!
C’est cene même opposition à la Banque qui
vaudra aussi, sans doute, au général de Gaulle son
éviction du pouvoir en 1969. Lui qui, voyant le
coup de 1971 venir, avait pris la tête des nona
1 ignés pour exiger de 1 ‘Amérique qu’elle rembourse
en or, comme les accords internationaux le
prévoyaient encore, leurs stocks de dolla rs …
LES RÉSISTANCES À lA BANQUE
À L:EXTÉRIEUR DE I.:EMPIRE
Ce rapide panorama effectué du combat à mort
livré par la Banque contre la démocratie au coeur
même de l’Empire, il nous faut évoquer maintenant
les tentatives de lui opposer un modèle alternatif de
gestion ct de société, à l’extérieur de celui-ci …

LA TENTATIVE SOVIÉTIQUE DE RETOUR AU
PRINCIPE CHRÉTIEN DU DON ET DE L’ÉCHANGE

I’étudc critique du Capital proposée par Karl
Marx, au sommet duquel trône la domination
bancaire, va servir de base théorique et politique
majeure aux tentatives d’échapper, au tournant du
xxe siècle, à ce que nous pouvons appeler le règne
de la Banque.
Le communisme soviétique étant, en théorie, la
tentative de mettre hors d’état de nuire la domination
oligarchique et privée de l’argent, par la socialisation
intégrale des moyens , de productions sous contrôle
public de l’Etat.
Ainsi le communisme, qui fait primer le collectif
et l’écha nge non marchand sur l’ intérêt égoïste
au coeur de la logique libérale, est-il un retour,
malgré son ami- relig iosité affirmée, à la mentalité
chrétienne. Une pare nté évidente du communisme
et du message du C hrist – souvent mal identifiée
par les spiritua listes à cause de leur mauva ise
compréhension de ce que Marx e ntendait par
matérialisme et qui n’a rien à voir avec le matéri alisme
bourgeoi s – qui est l’explicat ion majeure de la
grande séduction qu’opéra le communisme sur les
peuples d’Europe, y compris le peuple russe
orthodoxe, notamment Tolstoï.
Peuples d’Europe soumis en moins d’un siècle- le
XIXe- à l’individualisme maté rialiste et marchand
par la révolution industrielle, mais restés attachés à
plus de quinze siècles de règne des valeurs chrétiennes,
sous les mo narchies théocratiques.
Fina lité chrétienne du communisme, pa r la
société de l’échange désintéressé et du partage;
menta lité éminemment chrétienne des masses communistes
militantes, pour lesquelles l’idéal communiste
devint la no uvelle re ligion face à l’égoïsme
bourgeois. Une do uble aspiration qui doit être
nuancée dans les fa its par deux autres facteurs,
contradictoires et concomitants, évoqués notamment
par Soljenitsyne dans Deux Siècles ensemble.
Un. Le fin a ncement assez peu chrétien de la
révolution bolchevique russe, moteur de tout le
processus du socia lisme réel, par des banquiers
68
new-yo rkais souvent issus de la communa uté
ashkénaze émigrée d’Europe de l’Est.
Deux. I..:encadrement, à travers l’appa reil des
Partis de toutes les révolutions communistes en
actio n dans l’Europe chrétienne, d’élites juives pour
leur très gra nde majorité, et souvent animées d’un
messianisme vengeur – parfaitement exprimé par
Léon Trotski dans Leur morale et la nôtre – typique
des valeurs de la Thora et du Talmud, mais aux
antipodes des valeurs chrétiennes . . .
LE COMMUNISME, AUTHENTIQUE
, , ,
IDEOLOGIE JUDEO-CHRETIE NE
Maintenant que la messe du socialisme réel est
dite, avec le recul du temps et l’accès aux archives
autorisé par l’écroulement de l’URSS, on peut
objectivement qualifier l’épopée communiste
euro péenne au XXième siècle de « judéo-chrétienne » :
juive en haut pour la volo nté de domination,
chrétienne en bas pour l’espoir du partage …

DERNIER BASTION DE RÉSISTANCE DANS LE
MONDE MON0THÉISTE POST-MÉDITÉRRANÉEN :
LA FINANCE ISLAMIQUE

Suite à l’écroulement de l’URSS ct à la fa illite du
communisme, l’Occident s’est donc retrouvé à
nouveau, au tournant des années 1990, sous la
domination totale de la Banque et du Marché. Le
seul bémol dans ce monde monothéiste postméditerranéen
étant désormais la finance islamique.
En accord avec le droit musulman, la finance
islamique, qui se chiffre à 700 milliards de dollars sur
le marché mondial, est basée sur deux principes:
– l’interdiction de l’usure (prêt à intérêt hors
investissement productif) ;
– et la responsabilité sociale de l’investissement
(développement).
Une finance éthique qui soumet donc la
rentabilité d’un investissement à la valeur morale et
sociale du projet concret qui lui est associé.
Ainsi l’islam interdit-il les transactions fondées sur
la pure spéculation (gharar), soit le principe inverse de
la finance désormais pratiquée à Wall Street..
Une finance islamique dont les limitations imposées
au crédit comme au profit ne sont pas sans
rappeler les interdits moraux qui avaient cours, il y a
quelques siècles encore, dans l’Europe monarchique
et chrétienne guidée par les principes de Saint Thomas
d’Aquin et les enseignements d’Aristote.
Une finance islamique qui représente donc une
résistance spirituelle à la toute puissance de l’argent,
et qui justifie à elle seule le sourd combat que livre
actuellement la Banque au monde musulman afin
de le soumettre- comme avant lui les mondes
catholiques et soviétiq ues- à la toute puissance de
sa domination …

CONCLUSION UN:

lA RÉVOLTE CONTRE lA BANQUE C’EST lA MORT
Que ce soit à l’intérieur de l’Empire : Lincoln,
Jackson, Kennedy … ou à l’extérieur: de Gaule,
Saddam Hussein et demain, qui sait, Ahmadinejad

ou Chavez? . . . l’Histoire nous apprend que
quiconque veut défier la Banque doit s’attendre à le
payer cher. Le payer de sa propre vie, s’il est
américain et, s’il ne fa it pas partie de la coalitio n, à
voir en prime son pays rattaché à l’axe du ma l !
En 1942, quand les états-majors US, britanniques
et soviétiques décidèrent de se réunir en secret pou r
coordonner leur gu erre contre Hitler, ils le firent
dans les locaux de la Federal Reserve Bank de
New York, et il n’est pas exagéré de résumer la
politiq ue mondiale du xxe siècle à une perpétuelle
diabolisation des opposant à la Banque, elle-même
ga ra ntie en dern ière instance par la puissance
milita ire américaine.
Ainsi, quand Saddam Hussein e nvisagea, en
2003, de libeller ses ventes de pétrole en euro- cc
q ui équivalait à remettre en cause le statut du doll ar
à travers le pétrodollar – l’armée américa ine, sous le
faux prétexte des fameuses «armes de destruction
massive », écrasa son pays sous les bombes, et
l’OPEP, comprenant aussitôt le message, retira
l’« c uro pétrole » de son ordre du jour. Quant à
Saddam H ussein, il finira pendu comme les
dignitaires nazis.
Protéger le statut du dollar et, derrière lui, le
privilège de la FED, telle est en dernière instance la
mission ultime de l’armée impériale américaine …

CONCLUSION DEUX:
lA BANQUE PUR PRIVILÈGE ET POUVOIR ABSOLU

La Banque ainsi analysée et définie doit donc se
comprendre comme une nouvelle aristocratie tenant
son pouvoir du droit de prêt à intérêt, lui-même
garanti par le mensonge ct la violence.
Une oligarchie n’ayant même plus à son actif le
développement de l’économie, comme durant la
Renaissance, mais devenu frein à toute création de
richesse sous le règne de la FED et de Goldman Sachs.
Un pur parasitisme et un pur privilège autooctroyé,
non plus au nom de Dieu, mais de la
pseudo- rationalité économique et de la magie des
chiffres qui font de cette oligarchie financière et
mondiale de la rente sur le travail humain généralisé,
l’exact équivale nt, par l’argent et la possession
exclusive du crédit, de ce q ue furent les nobles
vivant sur le travail agricole des serfs par la possession
de la terre, a u nom du privi lège de droit divin.
Pilotés de New York, habités d’u ne idéologie
faite de volonté de puissa nce, de violence
destructrice et de mépris social puisé à l’Ancien
testament, c’est cette vision du monde et ce
process us que nous appe lons: Empire.

CONCLUSION TROIS:
LEMPIRE N’A PAS DE LIEU

Hier Italie, Angleterre… aujourd’hui USA,
demain Jérusalem ou Pékin? I’oligarchie
mondialiste, pas plus que le principe bancaire dont
elle tire sa dynamique et son pouvoir, n ‘a de
territoire ou de lieu.
Comme le bernard l’he rmite, le coucou ou
l’asticot dans son fromage, cette aristocratie nomade
et sa ns noblesse se niche partout où il y a de la
richesse à capter et du profit à faire …

CONCLUSION QUAT RE:
LA BANQUE D’ABORD DESTRUCTRICE DU DIEU
CATHOLIQUE PUIS DE LA RAISON HUMANISTE

D’abord ami-catholique et s’appuyant sur la
Raison pour triompher des monarchies théocratiques
européennes, la Banque, poursuivant sa fu ite en
avant prédatrice, est vouée à se montrer de plus en
plusanti- humaniste à mesure de son développement :
l’égalité citoyenne étant au fond aussi contraire à ses
principes que la charité chrétienne.
Tournant progressivement le dos à la Ra ison ct
aux Lumières qui n’avaient été, en fait, que les
prétextes tra nsitoires à sa domination, la Banque en
est aujourd’hui explicitement au stade de liquidation
des démocraties bourgeoises libéra les, qui lui ava ient
permis de triompher de la société précédente du roi
et du Dieu chrétien …
CO NCLUSION CINQ:
LA BANQUE COMM E FATALE FUITE EN AVANT

Contrainte, par sa logique même de déséquilibre,
à rechercher de no uveaux espaces de prédation, la
Banque est désormais vouée à la conquête du
monde non monothéiste et non chrétien, tels que
l’Inde ou la Chine.
Une fuite en avant obligeant ce système de
domination, mûri en Occide nt, à se confronter
désormais à l’espace eurasiatique, soit pour le
dominer, comme l’Amérique le Japon après 1945,
soit pour se soumettre à lui, comme ça pourrait
devenir le cas avec la Chine.

I..:alternative dans un monde clos et saturé
étant soit la banqueroute, soit le rejet inéluctable
d’un système de plus en plus identifié par les
peuples occidentaux, comme parasitaire et
absurde.
Dans un cas donc, la disparition de l’oligarchie
avec l’écroulement de son système de domination.
Dans l’autre son salut, mais au prix d’une
modification notoire de sa composition ethnicoculturelle.
Deux issus possibles qui ne sont pas sans
rappeler la fin de la noblesse d’Ancien régime.
Ou alors pourquoi pas? Dans un élan spiritualiste,
la sortie finale du capitalisme par la prise de
~ conscience de l’Age sombre et du Kali Yuga …
3.
LES IDÉES, LES GRANDS HOMMES,
LES RÉSEAUX
Le monde est dirigé par des persotmages très
différents de ce que peuvent imaginer ceux qui ne sont
pas dans les coulisses.
Benjamin Disraeli
Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.
Henri Queuille

LES IDÉES
Contrairement à l’animal qui s’en remet à la
nature, l’homme a des idées. Doué d’imagination
par la fonction symbolique, il a besoin de se
représenter le monde.
De plus, sauf exceptio nnelle robinsonnade,
l’homme est contraint de cohabiter avec ses
semblables, cc qui implique a ussi un ordre
social …
D’ABORD LA TRANSCE ‘DANCE
Pour ça: vision d u monde, ordre social, l’homme
s’en remet d’abord à Dieu. D’abord à une nature
déifiée, puis à un Dieu commandant à la nature ; soit
à un ordre cosmique qui lui est d’abord transmis par
le chamane. Ordre cosmique, incluant l’ordre social
dicté par la pa role de Dieu, via la transe de ce
médiateur qui dit l’ordre du monde et la Loi.
Ainsi, aux o rig ines de l’homme, Dieu, la
révélation et la Loi ne font qu’un.
76
LE SOUVERAI BIEN ET CORDRE JUSTE
Par la voix du chamane, la loi divine dit l’ordre
et le bien.
!.:ordre et le bien, car dans la loi le pouvoir et le
bien sont toujours associés, sur la terre comme au
ciel, avec le paradis pour les justes, les soumis à la
loi, et l’enfer pour les autres, insoumis, maudits,
déchus, hérétiques.
Ainsi l’ordre est-il to ujours l’ordre juste, car rien
ni personne ne règne jamais au nom du ma l, du
moins officiellement …
LE PRÊTRE, LIMPÔT ET LE TEMPLE
Mais l’homme étant imparfait, il produit du
mal. Des fautes envers Dieu qu’ il doit racheter par
des sacrifices et des oblations.
D’abord sa ns doute par des châtime nts directs,
puis des châtiments dérivés sur des animaux, puis
le rachat de ses fautes par des offrandes …
Ainsi, à mesure que le progrès technique permet
le surproduit – soit ce que l’homme peut produire
en plus de la reproduction de sa force de travail – se
met en place une économie du don qui vient se
surajouter, dans l’ordre symbolique, à l’économie
• pratique.
Une économie du don générant la caste des prêtres
entretenus par ces dons, et qui deviennent, de fait
dans l’Histoire, les premiers collecteurs d’impôts.
Dons à Dieu, mais aussi impôts perçus par la
caste des prêtres, qu’il faut entreposer dans le

premier monument public construit à cet effet
qu’est Je Temple, à la fois lieu de culte et Trésor
public.
Un Temple, à la fois monument religieux et
pratique, qui devient le centre de l’organisation
sociale de la première révolution urbaine au sortir
du néolithique, comme nous 1′ enseigne l’archéologue
Vere Gordon Childe …

LES PRÊTRES, LES GUERRIERS, LES TRAVAILLEURS

Ce trésor, extorqué par les prêtres au nom de Dieu
et du bien aux travailleurs et entreposé dans le
temple, pose évidemment le problème de sa sécurité.
Une sécurité d’abord assurée par des prêtres en
armes, gardiens du trésor, puis, par une fatale
spécialisation des tâches, par la caste des guerriers
tout court.
Ainsi, le symbolique et le fonctionnel
s’entremêlant, se met en place un système où le
travailleur produit, le prêtre collecte et gère, et le
0 ‘ 0 guerner secunse.
Un système, à la fois sacré et pratique, fait de
hiérarchie et de réciprocité où le guerrier sécurise
le prêtre et le travailleur ; le travailleur nourrit les
deux en échange de sa sécurité; tandis que le
prêtre, peu à peu obligé de partager le trésor avec
la caste des guerriers (permanente rivalité de la
Couronne et de l’E’ glise) est spécifiquement en
charge du trésor spirituel. Ce qui implique, outre
les rites et la théologie codifiant la révé lation, la
conservation du savoir, les soins aux malades, la
charge des faibles et des indige nts, soit – et c’est là
78
que se situe le retour du don – l’éducation, la
médecine et la charité.
Une organisation tripartite, décrite par Georges
Duméz il, présente depuis la nuit des temps
historiques dans toutes nos sociétés indoeuropéennes,
jusqu’à ce que la révolution de 1789
mette fin à cet Ancien régime constitué justement
du Clergé, de la Noblesse et du Tiers-Etat …

I.:ORDRE EST FONCTIONNEL OU IL N’EST PAS

Ainsi, tout système de domination possède sa
justification transcendante dans l’ordre symbolique
.-révélation disant l’ordre et le bien, entraînant
extorsion et punitions- mais aussi sa justification
fonctionnelle dans l’ordre de la production – qui en
constitue la morale pratique- faite de cohérence et de
réciprocité (cohésion).
Ainsi, quel que soit l’inexpliqué originaire qui le
sous-tend (révélation), aucun ordre durable ne peut
être absurde sur le plan pratique et, réciproquement,
aucun ordre absurde ne sa urait être durable.
Absurde, au regard de l’ordre social, signifiant
da ns les fa its: purement parasitaire, sans réciprocité.
Ainsi, quand l’ex-noblesse d’épée, devenue
noblesse de cour, n’assuma plus aucune des trois
fonctions: ni production, ni savoir, ni sécurité, sa fin
était scellée en tant que classe purement parasitaire,
bientôt liquidée par une noblesse de robe entre temps
devenue bourgeoisie entrepreneuriale et gestionnaire
par la vénalité des charges.
De même, cette fonctionnalité inéluctable de tout
changement d’ordre durable peut aussi expliquer,
a contrario, la conversion de l’Empire romain à la
religion chrétienne sous Consta ntin . .Luniversalisme
pacificateur chrétien devenant la réponse fo nctionnelle
au déclin des légions, par trop métissées, pour
assurer dorénava nt, par l’E’ glise plutôt que pa r
l’armée, la cohésion et la paix de l’Empire.
Ainsi, toute organisation symbolique et sociale
absurde, que ce soit l’hérésie morbide des C athares,
la burea ucratie stalini enne ou le ca pitalisme
fin a ncier purement parasita ire de Wall Street, estelle
vouée, par un châtiment du sens à la disparition.
C ‘est juste une q uestion de temps …
DE LA TRANSCENDANCE VERS I.:IMMAI ENCE: LE
RÈGNE DE DIEU ET LA ÉCESSITÉ DU LOGOS
Les hommes ont des idées et ils sont obligés de
vivre e nsemble. Do ués d’imagination par la fonction
symbolique, mais a ussi d’expression par le langage,
ils sont portés par leur nature à discuter la Loi.
Et si les grandes idées qui mènent le monde sont
les religions qui disent le ciel et la terre, la révélation
du cha mane, la lumière du pro phète, ont rapidement
besoin, pour gérer les confl its, de produire une
théologie. Soit un discours sur ce qui est po urtant
censé être a u-delà du discours.
Ainsi, que lle que soit la puissance de la révélation,
to ute religio n, à la fois transcendante et politique,
est-elle contrainte, face à la controverse, de justi fier
la Loi par cette autre puissance du verbe, mais
d’essence opposée, qu’est la logique.
Introduisant de fait, comme le ver dans le fr uit,
la raison dans la foi …
80
LA DÉMOCRAT IE GRECQUE
OU LE DOUTE PLUS FORT QUE LA FOI
C’est ce moment de basculement, da ns ce rapport
de force e ntre ces deux puissances du verbe, qui se
traduit historiquement par la naissance à Athènes,
au \.C siècle avant J.-C., de la démocratie grecque.
Une démocratie qui n’est pas le po uvoir au
peuple- la Cité-E’ tat athé nienne éta it une
oligarchie de 40 000 propriéta ires soldats servis par
200 000 esclaves sans droit, dont l’équi valent moderne
‘ serait plutôt les Etats confédérés d’Amérique ou
le régime Afrikaner, et qui vaudrait aujourd’hui à
Athènes d’être traitée de fasciste! – mais le po uvoir
du logos sur la fo i.
Le passage historiquement avéré d’un Dieu avec
logos (théologie, scolastique) à la possibilité d’un
Logos sans dieu (règne de la Raison, rhétorique) …

LES PHILOSOPHES EUROPÉENS OU
LA PENSEE HELENO-CHRETIENNE

C’est cette même défaite de la scolastiq ue face à la
philosophie- soit la fragilité d’une foi étayée par la
raison, quand la raison prétend être étayée par ellemême-
q ui se reproduira en Europe à la sortie du

Moyen Age, et ce malgré la tentative de Saint Thomas
d’Aquin de faire servir la foi chrétienne par la
relec[Ure d’Aristote. Une lente défaite de la foi, rongée
par la raison qui, dès La Boétie ( 1 546) sa pera
progressivement les fondements de la mo narchie.
Une remise en cause du pouvoir du roi, fondé
sur le divin, qui ne sera pas un retour aux Grecs,

mais, du fa it des clercs catholiques qui la produisirent,
une synthèse nouvelle, helléno-chrétienne,
appelée «humanisme», faite de doute et de charité.
Une pensée spécifiqu emem européenne,
profondément soucieuse d’égalité, cheminant de
Montaigne à Pascal et de Pascal à Rousseau, pour
accoucher l’idée d’un nouvel ordre social qui mènera
fort logiquement à la Révolution française; l’esprit
fra nçais en ayant produ it la plus grande part …
LA MODERNITÉ OU LA VlCTOIRE DE
CIMMANENCE: LE RÈGNE DES IDÉES
Ainsi, la raison immanente, portée par la
Révolution frança ise, met-elle fin à l’ère de la
tran scendance pour inaugurer l’ère politique de
l’idée; ouvrant, après les guerres de religions, l’ère
de la concurrence des idéologies.
Une victoire de la Raison, qui est aussi la mise à
bas de l’ancien ordre divin tr,i partite par le groupe
social q ui l’ inca rne: le T iers-Etat; soit la classe sans
privilèges liquidant le privilèges divins du Clergé et
de la Noblesse au profit de l’Égalité, c’est-à-dire
d’elle-même …
VERS LE NOUVEAU PARADIS DE CÉGALITÉ
Rappel : personne ne règne jamais au nom du
mal, et l’ordre juste prétend toujours mener, malgré
les pesa nteurs terrestres, au souverain bien.
Ainsi dorénavant, le souverain bien n’étant plus,
da ns le monde de l’immanence, le ciel de la religion

catholique, ce nouveau paradis terrestre à atteindre
est d, ésormais l’égalité.
Egalité qui prend la place du Salut comme but
suprême et emblème de toute politique humaniste:
laïque (immanente) et moderne. Une première
égalité réalisée, en principe, par l’abolition des
privilèges de la Noblesse hérédita,i re et du Clergé, et
par la prise de ,p ouvoir du Tiers-Etat.
Un Tiers-Etat chargé, devant l’H istoire, de
produire le système politique menant du projet de
l’égalité formelle à l’égalité réelle; comme plus tard
le prolétariat des marxistes au nom de la même idée
trahie …

DE LA LIBRE CONCURRENCE DES IDÉES,
POUR MENER A CEGALITE PRATIQUE SOUS LE
EUTRE ARBITRAGE DU LOGOS, SOIT LE
MENSONGE ET LE POUVOIR SUBTILS DU
LIBÉRALISME BOURGEOIS

Prenant la place de la controverse théologique, le
jeu politique sera dorénavam la libre discussion
politique, selon le seul critère de la cohérence
l,o gique (rhétorique) menée par et dans le Tiers-
Etat par les clercs : philosophes, inte, llectuels, maîtres
à penser et tribuns issus du Tiers-Etat.
Cancienne hiérarchie sociale, fondée sur la lignée
(privilèges héréditaires, primogéniture), remplacée
par la liberté d’entreprendre menant par ailleurs au
pouvoir de l’argent.
Soit, une fois posé le schème abstrait du projet
humaniste : arriver à la fratern ité universelle via la
liberté et l’égalité guidées par la Raison, la double

domination de la bourgeoisie dans les faits; le
libéralismed’idées politiq ue (Voltaire) accompagnant
le libéralisme économique (la loi Le Chapelie r) …
LA DESTRUCTION DU MONDE Al »‘CIEN OU LE
lOUVEAU POUVOIR DES MARCHAl »\roS
Une destruction de l’ancien monde tripartite
constitué, comme nous l’a appris Georges Dumézil,
de ceux q ui prient (oratores), de ceux q ui combattent
(bellatores) et de ceux qui trava illent (laboratores)
– soit le clergé, la noblesse et le Tiers-état – qui
ne débouchera pas, dans les fa its, sur l’éga lité du
tout Tiers-état (soit le pouvoir au peuple du trava il),
mais sur le nouveau pouvoir d’une quatrième fonction,
issue du Tiers-état, celle des intermédiaires.
Un pouvoir des marchands ne venant ni de la
religion, ni de la gu erre, ni de la production mais
commandant à tous, dorénavant, par le pouvoir de
l’argent …
POUVOIR DU CAPITAL, MISE’ RE OUVRIE’ RE
ET CONCURRENCE MARXISTE
Une inégalité de fait, au sein du Tiers-état, entre
peu ple du travail et nouveau monde de l’argent qui,
passé les premiers moments euphoriq ues de l’égalité
formelle issue de la Révolution, verra l’ancien ordre
tripartite remplacé par un nouveau monde binaire.
Celui d’une bourgeoisie du Capital, maîtresse du
Marché, exploitant les nouveaux esclaves du travail
salarié: le proléta riat.
84
Une lutte des classes nouvelle, à l’intérieur du
camp progressiste issu du Tie rs-état, dont la
conséquence, sur le plan du logos (rhétoriq ue), sera
la fu ture concurrence marxiste, prospérant sur les
contradictions et les mensonges de l’humanisme
bourgeois . ..
LES IDÉES EN PRÉSE 1CE : LIBÉRALISME,
SOCIALISME, RESTAURATION, FASCISME
Ce qui donne comme idées en présence da ns ce
monde moderne de l’immanence :
A’ droite, le libéralisme.
Fait d’éga lité formelle et de liberté d’entreprendre.
Idéologie de ga uche sous l’Ancien régime (Voltaire
inspiré de l’école anglaise: Locke, Hume .. . ) mais
nouvelle idéologie dominante dès 1830.
A’ gauche, le socialisme.
Dans le même camp progressiste de l’immanence,
mais proposant le passage de l’égalité formel le
(appelée dès lors «équité ») à l’égalité réelle (soit
celle de Jean-Jacques Rousseau contre cel le de
Volta ire) en continuant le processus révolutionnaire
initié par la Révolution française, par la prise du
pouvoir du nouveau Tiers-état à l’intérieur du
Tiers-état: le prolétariat!
En marge de ce combat interne aux idées
modernes, et abusivement classées à droite de la
droite, soit à l’extrême-droite, c’est-à-d ire hors de
l’a rc républicain pour les discréditer, se trouvant :
La réaction.
Soit la restauration de l’ordre ancien comme
réponse au mensonge bourgeois de l’égalité formelle
débouchant sur une plus grande violence sociale.
Pensée initiée dès la Révolution française par Louis
de Bonald et Joseph de Maistre, et pl us tard
modernisée par Charles Maurras.
Et à l’intérieur de la bourgeoisie libérale:
Le fascisme.
Quand plus tard (à l’orée du xxe siècle) la
bourgeoisie entrepreneuriale nationale, un pied
dans le travail, l’autre dans l’exploitation, tentera de
résister à la domination de la bourgeoisie financière
internationale, elle purement parasitaire, par des
alliances inédites …
LE COMBAT DROITE / GAUCHE
À I.:EXCLUSlON DE TOUS LES AUTRES
Mais tout retour en a rriè re étant considéré comme
utopiste, et la pensée fascis te ayant été discréditée
par le n ational-socialisme allemand (soit le
racialisme justifié par la question de l’espace vital),
le combat d’idées autorisé dans l’ère moderne, et
plus particulièrement depuis 1945, se résume en fait
à la concurrence entre les deux idéologies du
progrès: libéralisme ou socialisme; soit le combat
droite 1 gauche …
LES GRANDS HOMMES
Dans le monde ancien, et jusqu’à la Révolution
française, les grands hommes sont donc les prophètes
et les rois (Luther, Louis XIV, pour choisir deux
grandes figures postérieures à la Renaissance). I.:un
86
théologien, l’autre guerrier, mais tous deux messagers
de Dieu et prétendument choisis par Dieu; ce qui
limitait vocations et concurrence …
, ‘ ,
DE LA RARETE A LA PROLIFERATION :
L’ACCÉLÉRATIO ‘DE I.:H ISTOIRE
Mais avec l’avènement du règne de l’immanence,
se produit une fa tale démocratisation du gra nd
homme (dont la plus belle figure historique est
Napoléon 1er) désormais soumis au seul régime de
la libre concurrence.
Une démocratisation de la course au pouvoir
. dont la première conséquence est la multiplication
des vocations; la seconde, par cette accélération du
turnover, une notable accélération de l’H istoire …
LES NOUVELLES QUALITÉS REQUISES
Une multiplication des prétendants qui génère
aussi de nouveaux profi ls types.
Du côté du pouvoir symboliq ue (oratores): la
transformation du messager de Dieu en cc nouveau
clerc qu’est l’homme à idées ne s’appuyant plus sur
la scolastique mais sur la rhétorique: philosophe,
intellectuel, maître à penser … doublement issu,
comme nous l’avons vu, sur le plan épistémologique
et socia l, de la bourgeoisie.
Du côté du pouvoir effectif (bellatores): avec la
fin du pouvoir politique hé rité ct transmis (noblesse
héréditaire), l’avènement du professionnel de la
politiq ue: tribun à fort cha risme, militaire … égale-
ment issus de la bourgeoisie et dont se pose inéluctablement
la question des moyens de subsistance …
LE NOUVEAU TA OEM CLERC-POLITICIE l
Un nouveau monde politique où le binôme
de l’Ancien régime: Cle rgé 1 Noblesse- soit la
constance de la lignée soutenue par la permanence
de l’E’ glise – , se voit remplacé par la foire d’empoigne
et le verbiage.
Soit le nouveau pouvoir, en régime démocratique,
du tandem de l’intellectuel et du politicien
(Zola 1 Clemenceau, Keynes 1 Roosevelt, Malraux 1
de Gaulle… ou, pour achever la dégringolade :
Max Gallo/Nicolas Sarkozy) dans un combat
droite 1 gauche fermement circonscrit.
Un combat imposé, à l’intérieur du cadre humaniste
(immanence, domination au nom de l’éga lité)
q ui produit, compte tenu de la réalité économique
(pouvoir de l’a rgent, inégalités sociales) :
– A’ gauche: des maîtres de la promesse; demain
l’égalité.
– A’ droite: des maîtres du mensonge. I.:équité
(égalité en droit) servant cyniquement de masque à
l’ inégalité de fait ; soit, pour citer Anatole France,
cette loi qui, dans un grand souci d’égalité, interdit aux
riches comme aux pauvres de coucher sous Les ponts, de
mendier dans les rues et de voler du pain 1
88
CIOE’ E ET LARGE T
Autant de débateurs, professionnels de la
politique qui joutent offi ciellement dans un pur et
libre débat d’idées, mais aussi soutenus par leur
camp respecti f:
– le Capital pour le libéral conservateur, soit la
bourgeoisie d’argent ;
– le Travail pour le progressiste, via le Parti ou le
syndicat.
Une disproportion, sur le plan de la puissance
d’argent entre les deux camps q ui, fo rcément,
notamment sur la question de la tentation et de la
corruption, ne peut pas être sans conséquences …
LE GRAND HOMME:
DU COMBAITANT À CEMPLOYÉ DE BANQUE
Dans notre monde moderne démocratique, le
leader politique est donc soit un combattant de
l’idée (Robespie rre), soit un combattant militaire
(Napoléon ter), soit une émanation du monde de
l’a rgent (Thiers).
Et s’il est certain que le prestige historique va
toujours aux deux premiers, qu’ils soient considérés
comme bon (Jaurès, Clemenceau} ou mauvais
(Staline, Hitler}, la loi tendancielle dans notre
société marchande est, fata lement, la lente
soumission, chez les professionnels de la politique,
du monde des combattants- héritiers des oratores ct
des bellatores – au monde de l’argent – le nouveau
pouvoir des intermédiaires.
Soit, formulé autrement, la lente disparition du

grand homme, grand penseur ou grand combattant,
au profit de l’employé de banque.
!.:exemple le plus proche de nous éta nt, en 1969,
le passage à la fonction de président de la République
française, du général Gaulle, héros de la Résistance,
à Georges Pompidou, ancien directeur de la banque
Rothsch i Id …
LE GRAND HOMME:
LIMITE ET MENSONGE DE ~1 DIVIDU
Mais même en admettant que le grand homme
combattant soit parvenu à juguler la puissance de
l’argent pour lui imposer sa vision politique, se pose
encore pour lui la question de la durée : pour
combien de temps? Le monde de l’immanence
fondé, du moins en appa rence, sur l’égalité et
l’individuali sme, interdisant cette transmission
héréditaire du pouvoir qui assurait sous l’Ancien
, . , . ,
reg1me sa permanence ct sa perennite.
Cette évidente solitude et brièveté de la carrière
politique, quels que soient le génie du grand
homme ct sa force vitale, imposent nécessairement
qu’il s’appuie, soit pour accéder au pouvoir, soit
pour le conserver ct pérenniser son oeuvre, sur une
force collective allant au-delà de lui-même, et qui ,
ne pouvant plus être la lignée ou l’Eglise dans le
monde moderne, ne peut être que le« réseau ».
Et si l’histoire grand public ne retient, pour des
raisons de charme romanesque, que les noms des
grands hommes, forces de la nature, monstres
d’arri visme, il est évident que seuls ils ne peuvent
rien. Leur triomphe, quel que soit leur génie
90
individuel, passant toujours et nécessairement par
l’appui, la constitution de réseaux.
Réseaux de soutien mais aussi d’allégeance,
d’obligations, de réciprocité qui sont, dans le monde
démocratique de l’individu et de l’égalité des
chances, la face cachée du politique, la matière
délaissée des intellectuels et des idéologues, autant
que la condition sine qua non de toute prise de
• pOUVOir. ..
LES RÉSEAUX
Contrairement à la démocratie où, l’individualisme
égalitai re étant la règle officielle, les réseaux sc
doivent d’être niés ou cachés, sous l’Ancien régime,
et plus généralement dans le monde ancien, les
réseaux sont la norme . ..
D’ABORD LA FA.!\4 ILLE
Premier réseau qu’est bien sûr la fa mille, la
solidarité et l’entraide fondées sur le lien du sang.
Pouvoir tiré notamment du lien et de la solidarité
père-fils (encore visible sur certains fronti spices
d’entreprises: «Entreprise x & fils» et q ui fit
notamment la puissance de l’entreprise Michelin).
Pouvoir et puissance tirée aussi de la fratrie (comme
chez les frères Dalton, Zemmour ou Hornec) qui
donne, face aux individus, la supériorité de l’être
collectif …

LA FAMILLE, LE CLAN, LA TRIBU
Un premier réseau de solida rité ct d’entraide q ui,
élargi, donnera le clan , la tribu. Soit une fa mille de
familles fondée encore sur l’ascendance d’un ancêtre
commun. Ancêtre commun pouvant même, à partir
d’une certaine échelle, devenir fictif et purement
symbolique (mythique) pour prendre alors la forme
d’un totem (à l’origine notamment du blason dans
la noblesse) commun à tout le clan, la tribu.
Une appartenance au clan, à la tribu qui, outre la
solidarité et l’entraide, implique aussi la responsabi lité
collective et transmissible; soit le devoir de vengeance
entraînant vendetta et razzia, propres aux
sociétés claniques …
SOLITUDE DE CINDlVIDU CITOYEN
Famille, clan, tribu, soit la soumission de l’ individu à un tout orga n.tq ue, une communaute’
charnelle qui protège et oblige; ta ndis qu’au delà, à
une échelle collective supérieure : peuple, nation,
l’individu n’est plus relié aux autres que par les
froides abstractions du contrat.
Libéré des liens prégnants de la famille, mais
aussi seul et livré à lui même …
DÉCLIN DU CLAN, MENSONGE CITOYEN ET
PROLIFÉRATION DES NOUVEAUX RÉSEAUX
OCCULTES (MAÇONNERIE)
Et c’ est pour compenser cette solitude débouchant
92
sur l’impuissance que proli fè rent, dans ce nouveau
monde du peuple ct de la nation d’individus citoyens
abstraits, ces nouveaux réseaux d’entraides et
d’obligations q ue sont les maçonneries.

Réseaux de pouvoir, intercalés entre le citoyen et
l’Etat, forcément occultes en ces temps officiels de
transparence démocratique, d’individu alisme et
d’égalité citoyenne …
• • LES RESEAUX D’ANCrENS REGIMES:
NOBLESSE, ÉGLISE, CORPORATIONS
Autant de nouveaux réseaux d’entraides et de
domination qui, pour prendre leur place et leur
pouvoir après la Révolution française, ont dû mettre
à bas les réseaux qui les précédaient sous l’Ancien
re »‘ gi. me, a… savo1. r :
– le réseau de la noblesse- issu du clan – fondé
sur le lien du sang et tirant originairement son
pouvoir de la maîtrise des armes (bc/latorcs);

– le résea u de l’Eglise- fondé sur la foi –
soumission à un ordre, une initiation et des rites
(oratorcs) et dont le plus beau fleuron fut la
Compagnie de Jésus (les jésuites);
– résea u auss i dans le Tie rs-E’ tat avec les
corporations, fondées sur la communauté des savoirfaire
(/aboratorcs) avec à la tête de ses solidarités de
métiers, une authentiq ue aristocratie ouvrière.
Autant de réseaux formant un subtil jeu
d’équilibre et de rapports de forces entre ces anciens
ordres, finalement assez équi va lent à cette
«sépa ration des pouvoirs» prése ntée par les
mode rnes (Locke, Montesquieu … ) comme le
pa rangon de la démocratie. Une multiplicité de
contre-pouvoirs empêchant en tous cas cet
«absolutisme royal» tant décrié par les historiens
républicains pour discréd iter l’Ancie n régime …
LA PROGRESSIVE MISE AU PAS DES RE’ SEAUX
D’ANCIEN RÉGIME PAR LES 1 CUVEAUX RÉSEAUX

AU SERVICE DES MARCHANDS
Mais la victoire de ces nouveaux réseaux, issus de
la démocratie bourgeoise, sur les anciens, ne sera
pas immédiate et totale. Après le premier acte décisif
que sera la nuit du 4 août 1789 (abolition du système
féodal et du pouvoir des anciens ordres), cette
réduction de l’en nemi, réseaux contre réseaux, se
fera par une série de coups, toujours présentés par
l’h istoire officielle – dans la lignée d’un Jules
Michelet – sous le prisme du pur combat d’ idées
portées par de grands hommes (Danton, Zola,
Ferry … ) afin d ‘en masquer les enjeux et la portée
réelle aux individus citoyens.
U ne liq uidation prog ressive de ces anciens
réseaux de pouvoir, devenus réseaux de résistance,
pa r les nouveaux réseaux dominants, dont les deux
grands moments déte rminants seront, après la nuit
du 4 août, l’affai re Dreyfu s et la loi de 1905 …
LAFFAIRE DREYFUS (1894- 1906) OU LA VICTOIRE
DES MÉDIAS ET DE l:ARGENT SUR l:ARMÉE,
REFUGE DE LA OBLESSE
Au-delà du drame individuel lui-même : u ne
94
banale affaire d’espionnage dont l’Histoire n’aurait
rie n retenu si l’accusé n’avait pas été juif (comme le
faisa it déjà remarquer à l’époque Jea n Jaurès avec
agacement, malgré son dreyfu sisme), cene « affaire»
est la première du genre.
Montée à grand renfort de publicité pour sa
puissance symbolique (le j’accuse 1 de Zola dans
I.:Aurore de Clémenceau), elle marque la prise de
pouvoir du puissant réseau des médias sous contrôle
de l’argent et s’appuyant sur les clercs – soit les
nouvelles figures de « l’i ntellectuel» et du
(( politicien », nouveaux oratores:…. sur celui du corps
des officie rs et de l’armée.
Une a rmée fra nçaise, dernier refuge et dernier
l.icu de pouvoir de la noblesse et de l’esprit
aristocratiq ue (bellatores), discréditée par cette
affaire aux yeux du «grand public)); autre nouvelle
figu re consubstantielle à cel le des médi as, de
l’ intellectuel et d u politicien professionnel.
Une présence de l’aristocratie da ns une a rmée
matée, encore résiduelle aujourd ‘hui dans la Marine,
appelée avec nostalgie la «Royale» .. .
LA LOI DE SE’ PARAT ION DES E’ GLISES ET DE
I.:E’ TAT (1905) OU LA DE’ POSSESSIO r DES
PRÊTRES CATHOLIQUES DE LEUR FONCTIOt
D’E’ DUCAT EUR AU PROFIT DES
INSTITUTEURS LAÏQUES
Depu is l’ordonn ance du 13 décembre 1688,
promu lguée par Louis XTV et qui s’inscri t dans le
lent processus d’alphabétisation du peuple, tous les
parents de France avaient l’obligation d ‘envoyer

leurs enfa nts à la «petite école » paroissiale., Une
éducation prise en charge gratuitement par l’Eglise
catholique (fonction classique de la classe des
oratores), dont les prêtres inculquaient aux enfants
un savoir pratique et la moral,e chrétienne.
Un rôle dominant de l’Eglise sur les esprits
attaqué dès la révolution de 1789, mais qui ne sera
pas foncièrement remis en cause par le compromis
napoléonien qu’est le Concordat de 18,0 1, ni par les
loi Guizot (1833) et Falloux (1850), l’Etat França is,
pour des raisons de coûts et de moyens (lo,c aux,
formation des maîtres) laissant encore à une Eglise
de France fid èle à la Nation (tradition gallicane), la
plus grande part da ns l’organisation et la diffusion
de l’enseignement.
Ce n’est qu’à partir de 1879, avec Jules Ferry, que
l’anticléricalisme prendra franche, ment son essor.
Un acharnement tardif contre une ,E glise catholique,
partenaire de longue date de l’Etat fran çais, qui
s’explique surtout par les évènements de 1848 et de
187 1. I.:anticlérical isme devenant, après la défi nitive
trahison du Tiers-État prolétaire par le T iers-État
bourgeois (le vers
Il y a ensuite la définition de gauche qui nous
vient du marxisme et de la Révolution d’octobre,
pour qui ce qui définit la ga uche et la droite est le
rapport Capital 1 Travail.
Est de gauche ce qui favorise le Travail. Est de
droite ce qui favorise le Capital.
Selon cene définition bien comprise, un patron
de PME est aillais Thiers matant dans le sang
la Commune de Paris}, le nouveau combat d’une
bourgeoisie de gauche qui, ayant trahi le peuple du
tra va il, a besoin d’ un combat progressiste de
substitution, mais ne portant pas atteinte au pouvoir
de l’argent.
Pour le rad ical socialiste maître de la Troisième
République, <<de gauche» signifiant dorénavant
non plus: pour les trava illeurs, mais : contre les
catholiq ues, fussent-ils des catholiques sociaux.
C’est ce faux combat de gauche- ou ce combat
de la fausse gauche, ancêtre de la gauche sociétale
96
dite aujourd’hui gauche bobo – qui ser vira de
prétexte au maçon Jules Ferry – éminent membre
du Grand Orient de France- pour capter le rôle
éducatif de l’Église au profit de la « laïcité ». ,
La lo, i de 1905, dite «loi de séparation des Eglises
et, de l’Etat» marquant, en réa lité, la dépossession de
l’Eglise catholique de sa fonction t,r aditionnelle et
populaire d’éducatrice, au profit de l’Eglise des droits
de l’homme. Lécole <<gratuite, laïque et obligatoire»
tant vantée par Ferry étant, en réa lité, l’école
«obligatoirement laïque» – c’est-à-dire francmaçonne
– puisq ue gratuite, la petite école paroissiale
l’était déjà en France depuis Louis XIV …
LAÏCITÉ ET ATHÉÏSME
Ainsi, la belle idée de «liberté de conscience ct de
culte» cache-t-elle, derrière la lo, i écrite, la lutte
pour l,e pouvoir politique d’une Eglise contre une
autre Eglise. Et ce qu’on nous présente comme un
pur débat philosophique: le triomphe du droit à
l’athéïsme face à la religion en général et à son
pouvoir d’oppression, n’étant, en vérité, qu’une
lutte tou rnée exclusivement contre l’ancienne
puissance catholique; jamais contre l’église
protestante, encore moins judaïque.
Raison pour laquelle, selon les codes et les mots
de la liturgie républicaine, il est toujours question
du combat de la « laïcité» et jamais d’athéisme;
l’athéisme renvoyant à tout autre chose qu’à la
franc-maçonnerie. Il suffi t d’ai lleurs d ‘écouter
Jean-Luc Mélenchon, sénateur socialiste ou pire,
Caroline Fourest, la gauchiste hystérique, nous

parler d’Ancien régime ou d’ islam, pour sentir à
quel point la laïcité est une religion, et que c’est
même, en cene période de troubles et de questionnements
spirituels, la plus fanatique de toute!
PROLÉTARIAT CONTRE AJUSTOCRATIE OUVRIÈRE
Quant aux corporations, interdites par la
République comme «corps intermédiaires >> – rien
ne devant s’interposer, en théorie, entre le citoyen et
la Nation -ces anciennes solidarités verticales
abolies seront officiellement remplacées, dans le
nouveau monde bourgeois du XIXe siècle, par les
solidari tés de classes.
Un combat politique pris en main, à gauche, par
des professionnels du socialisme, souvent
cosmopolites, rarement issus du prolétariat, qui
lurteront aussi contre toute tentative, issues des
trava illeurs eux-mêmes, de recourir à d’autres
solidarités, anciennes ou inédites: combat des
luddites, révolte des canuts, insurgés de Kronstadt. ..
immédiatement taxées de déviationnisme petit
bourgeois et de populisme.
Une lutte classe contre classe, en partie imposée,
dont le résultat pratique sera de maintenir le monde
ouvrier dans le cadre bourgeois du salariat, et de
fa ire de ces travailleurs, par la condition sociale,
mais aussi par la praxis (la mentalité induite par la
pratique), ce que Marx appelle des prolétaires. Pas
seulement des travailleurs exploités par l’extorsion
de la plus-value, mais aussi des êtres aliénés par leur
travail même : travail à la chaine, taylorisme,
ford isme .. .
98
LA MODERNITÉ OU LES CLASSES SOCIALES
COMME SEULS RÉSEAUX OFFICIELLEMENT
RECON US AU-DELÀ DES INDM DUS
Du fait du mensonge bourgeois, mais aussi du
dogmatisme des leaders ouvriers, le seul combat
reconnu en régime démocratique, au-delà des
conflits d’individus, est donc le combat classe contre
classe; soit le combat gauche / droite.
Les seules solidarités admises étant :
-d’un côté: la solidarité de classe d’une bourgeoisie
libérale défendant la liberté d’entreprendre par
l’entremise d’intellectuels désertant de plus en plus la
philosophie pour l’économie, érigée en science;
_ – de l’autre: un prolétariat ouvrier combattant
pour l’éga lité via ses leaders socialistes- intellectuels
et syndicalistes- passés peu à peu, au cours de la
seconde moitié du XIXC siècle, sous la domination
exclusive de la gauche révolutionnaire marxiste
internationaliste (ancêtre du PC) et de la gauche
réformiste maçonniq ue (ancêtre du PS).
Une présentation ga uche 1 droite, val idée par la
naïveté, la lâcheté ou la soumission des clercs q ui
occulte ses nouveaux «corps intermédia ires»
pourtant interdit par la République- rien ne devant
s’ interposer en théorie entre le citoyen et la
Nation – que sont les réseaux transversaux:
maçonnerie du Grand Orient, Club des Cordelières,
Le Siècle… et autres solidarités occultes où
fraternisent en douce patronat, représentants de
gauche et syndicalistes, quine à aller s’affronter
ensuite pour la galerie sur les plateaux télés .. .

LES LOBBlES ET LES COMMUNAUTÉS
Du fait de la domination anglo-saxonne venue
d’Amérique, et bien que la Constitution française
ne reconnaisse pas les groupes de pression -toujours
interdits à la Chambre – les médias, chargés depuis
l’affaire Dreyfus de donner le la, admettent
aujourd’ hui timidement l’existence de lobbies, à
condition qu’ils soient économiques: lobby
pharmaceutique, lobby agro-a limentaire, lobby des
chasseurs .. .
De même, avec le relâchement des moeurs,
conséquence du processus de destruction libérale, la
légitime revendication de non pe rsécution des
minorités sexuelles, s’est muée en agressivité antihétérosexuclle
et anti-fa mille, sous forme d ‘un
«lobby gay» se réclamant du progressisme, selon le
même glissement sociétal initialement opéré à
gauche par l’anticléricalisme. Un premie r lobby
sexuel créé en France par Jack Lang, sous l’impulsion
de François Mitterrand au moment du lâchage de la
gauche ouvrière par le parti Socialiste, et depuis
éla rgi au lesbia nisme par Caroline Fourest, au
.\OEDEF puis à I’UMP par Philippe Val.
Une existence admise de lobbies économiques et
de lobbies sexuels, beaucoup plus gênante lorsqu’ il
s’agit de lobbies eth no-confessionnels, la République
ne reconnaissant toujours pas les communautés
venant s’inte rposer entre l’indi vidu citoyen et
l’ inté rêt général ; sauf récemment quand il s’agit de
musulmans …
100
MAJORITÉ DOMII ÉE, MINORITÉS AGISSANTES,
INEXISTENCE DE LA COMMUNAUTE’ ATIONALE
ET IMPUISSANCE DE .cl DIVIDU CITOYEN
Réseaux, lobbies, groupes de pression … Pour
sortir du mensonge dominant, servi par la naïveté
universitaire et la servilité des clercs, e n République,
non seulement il n’existe que des communautés,
mais la seule officiellement admise: la communauté
nationale, pour n’être qu’une pure abstraction, est
la seule qui n’existe pas.
Plus on gagne en extension, en effet, plus on
perd en compréhension, ou exprimé a utrement par
l’adage populaire: qui trop embrasse maL étreint.
Ainsi, et contrairement aux idées reçues, en
politique le plus grand nombre est un handicap, et
si tous les pouvoirs se réclament du peuple, jamais
de mémoire d’homme, aucun pouvoir ne lui échut.
Implacable constat, dont il découle que les organisations
autoproclamées prétendant défendre des
minorités contre l’oppression de la majorité abstraite
– en réalité impuissante et inexistante ne
sont que des officines émanant de minorités
agissantes, travaillant, elles, à la domination.
Une mise au pas de la majorité silencieuse par la
persécution médiatique, judiciai re, pécuniai re et
pénale des rares individus ne se soumettant pas à
leur volonté de domination.
Les deux plus beaux exemples démontrant cette
réalité étant aujourd’hui la LICRA ct le CRIF.
Le CRIF, où le gouvernement français tout entier,
président de la République en tête, va prendre ses
ordres, lors d’un dîner an nuel, auprès d’u ne communauté
re présentant moins de 1% de la popula-


tion française et défen, dant ouvertement, qui plus
est, les intérêts d’un Etat étranger contrevenant à
rous les droits de l’homme.
La LICRA, q ui prétend lutter contre le racisme,
sauf quand il s’agit de racisme anti-français, et qui
fut crée, comme nous l’apprend l’excellent essai
d’Anne Kling, La France licratisée, pour couvrir à
l’origine l’assass inat politique d ‘un leader
nationaliste sur notre territoire; ce qui, au fond, n’a
guère changé depuis …
LE POUVOIR OU LA MINORITÉ DOMINANTE
De la fam ille trop petite à la communauté
nationale abstra ite, toutes deux également sans
pouvoir, se pose la question – à laquelle il ne peut
être répondu que pratiquement – de la taille que
doit et peut atteindre un réseau pour être
effectivement une communauté puissante.
Et en guise d’élément de réponse, il est intéressant
de remarq, uer que de tous temps, sous tous les
régimes: Egypte pharaonique, démocratie grecque,
brahmanisme hindou, monarchie catholique … une
oligarchie d’à peine 1 % de la population a roujours
commandé à la masse des 99% restant ; comme une
meute de loups dominant un troupeau de moutons.
Ainsi, la noblesse française, dernière oligarchie
reconnue sous nos cieux, dicta-t-elle aux destinées
de la France avec ce même pourcentage pendant
plus de mille ans.
Et il serait intéressant de rechercher – à moins
que le monde ait changé depuis du tout au
tout – quelle nouvelle aristocratie, oligarchie ou
102
minorité dominante ordonne aujourd’hui, avec ce
même pourcentage, au reste du pays?
Une question qui, en régime officiellement
démocratique, est bien sûr la question qui tue …
LES MAFIAS DE CINÉMA
Les réseaux mafieux qui font frissonner le
chaland sont connus du grand public essentiellement
par le cinéma; notamment la mafia italo-américa ine
à travers l’excellente épopée du Pan-ain (le clan newyorkais
Corleone).
Or, ce réseau de pouvoir et de solidarité – la
.mafia – combinant lien du sang (clan sicilien) et
in itiation (maçonnerie) n’est jamais que l’imitation,
par des membres de la communauté au plus bas de
l’échelle sociale, des autres réseaux de pouvoir et de
solidarité – notamment WASP – qui constituent le
moyen le plus sûr et le plus rapide de s’élever
collectivement en régime démocratique.
Pas ou peu de mafia en effet dans l’URSS de
Staline, l’Allemagne d’Hitler, l’ Italie fasciste, la
Chine populaire ou l’ Irak de Saddam Hussein ; les
régimes autoritaires étant peu propices à leur
développement.
Comparés aux autres réseaux de pouvoir plus
huppés (Skull & Bones, Bohemian Club, CFR … ) la
spécificité des réseaux mafieux tient surtout dans
leurs moyens plus violents et primaires de
domination. Moyens nécessités par leur peu de
capital pécuniaire et social de départ: le vol (racket,
braquages), le commerce des êtres humains et du
vice (prostitution, alcool, drogue) étant les moyens
d’enrichissement rapides et classiques ne nécessitant
rien d’autre, comme mise de départ, que le courage
et la brutalité physiques.
Méthodes et moyens expéditifs qui rendent ces
mafias spectaculaires – donc cinématographiques
– mais qui ne sont pourtant que l’éta pe du décollage
vers le stade supérieur de la légalité : immobilier,
finance, politique … Là où règnent les mafias plus
puissantes de la violence et du racket légalisés.
Des mafias aux noms plus policés : Grand
1
Patronat, Complexe milita ro-industriel, Banque …
où les avocats et les agents officiels ont remplacé
les encaisseurs et les coupeurs d’oreilles, mais
qui n’en constituent pas moins des réseaux de
pouvoir n’hésitant pas à éliminer quiconque vient
s’opposer à leur commerce – fut-il président des
/
Etats-Unis-comme John-Fitzgerald Kennedy
l’a découvert à ses dépend à Dallas, un certain
22 novembre 1963.
Ainsi les mafias de cinéma sont en fait celles,
primaires et folkloriques, que l’ont peut dénoncer
sans da nger, parce qu’au bas de l’échelle hiérarchique
des réseaux de puissance et de domination,
comme la mafia calabraise au regard de la loge P2.
Ou encore parce qu’inopérantes chez nous,
comme les fameux Yakuzas japonais.
Ou encore en déclin, comme une certaine
maçonnerie provinciale issue de la Troisième
République (GLF).
Le vrai pouvoir étant, par définition, ce à quoi il
est réellement dangereux de s’attaquer, et la mafia
des mafias, conséquemment, celle qu’on ne peut
nommer sans trembler …
104
LES RÉSEAUX E TERME D’ÉCHELLE :
ORDRE DES JÉSUITES, TRIADES CHINOISES,
B’NAI B’RlTH .. .
Enfin, pour comparer di verses organisations de
solidarité et de domination, qu’on les appelle
mafia, maçonnerie ou résea u :
– les jésuites, dont on dit qu’il régnèrent plusieurs
siècles sur le monde catholique en formant ses élites,
revendiq uent a ujourd’hui 19 200 membres;
– la plus importante triade de H ong-Kong, la
Sun Yee On, compte environs 40 000 mem, bres, sévissant
principalement sur le territoire des Etats-Unis;
– le B’naï B’ rith, la plus vieille organisation
maçonnique juive, revendique, elle, plus de
500 000 membres à travers le monde. Et parmi eux,
pas des pizzaiolos véreux, des judokas tatoués ou des
clercs puisant leur force dans leur seul savoir, mais
des personnalités éminentes issues des plus hautes
sphères de la politique, des arts, des sciences du
monde occidental, parmi lesquelles Sigmund Freud,
Martin Sheen et H enri Kissinger.
Une puissance de réseau à côté de laquelle la
mafia calabraise, dont on nous fa it un épouva ntail,
est un tout petJt JOueur …
MAÇO
,. ,; ,
ERIE, IDEAL AFFICHE, BUT CACHE
ET NIVEAUX D’INITIATION
Officiellement, personne ne fait jamais rien
pour de mauvaises idées, le mal ava nce toujours
masqué. Et la fin réelle étant souvent très éloignée
du but annoncé, l’ initiation progressive, par degrés –

trente-trois dans la fran c-maçonnerie- outre le
parrainage, est la règle de fonctionnement de tout
 .
reseau maçonmq ue.
Une initiation par l’hermétisme au sens le plus
trivial du terme: les degrés de la révélation étanr
aut,ant de sas hermétiquement clos répondant,
derrière les simagrées ésotériq ues, à une règle
simple pour le frère initié passé d’apprenti à
compagnon puis maître: «plus ru montes, plus tu
sais mais plus tu touches !»
Le renoncemenr à l’ idéal: droits de l’homme,
paix universelle, antiracisme … étant compensé
– outre la désillusion muée en cynisme – par un
plus grand accès au pouvoir et aux prérogatives
mondaines qui vont avec; toujours les mêmes :
l’argent et les honneurs qui vous amènent les
femmes ou les petits garçons, c’est selon.
Cette solidarité de l’ intérêt bien compris – là où ne
joue plus la foi et où n’existe pas les solidarités de sang
des deux ordres anciens de la dominations: oratores et
bel/atores – étant alors renforcée par la complicité
comprise au sens délictueux du terme: «Si le réseau
tombe, mouillé comme ru es, ru tombes avec lui» …
LE RÉSEAU MAÇONNIQUE,
MENSONGE DÉMOCRATIQUE
Ni sang, ni foi, ni classe, la franc-maçonnerie
constitue donc le réseau de pouvoir typique de la
modernité issue des Lumières.
Une solidarité horizontale fondée sur la complicité,
doublée d’une soumission verticale fondée sur le
mensonge qui reconstitue, de fait, ce «corps
106
,
intermédiaire» entre le citoyen et l’Etat qui valut aux
corporations d’être dissoutes par ceux-là même qui
en ont pris leur place dans la République!
Qu’on parle du Grand Orient (50000 frè res
environ), omniprésent dans la politique, ou de la
GLNF {43 000 frè res annoncés) omniprésente dans
les affaires – soit la réalité du partage du pouvoir
gauche 1 droite: la gestion du social pour les uns,
celle du capital pour les autres- ou qu’on parle du
plus moderne «Le Siècle» qui, avec 630 membres
dont 150 invités, a la haute main sur la ma rche du
pays, tous ces réseaux incarnent le mensonge
démocratique par excellence.
Mensonge d’une République prétendant travailler
à la démocratie par des moyens contraires : à
l’égalité par la domination, à la transparence par
l’hermétisme; l’ancien Grand maître du co, Alain
Baue r,conseillerpolyvalentde Nicolas Sarkozy – rôle
que tente de lui contester son rival François Stifani,
l’a utre Grand maître de la GLt F – reconnaissant
lui-même que dans notre système politique, dit
démocratique, ce ne sont pas quarante millions de
citoyens qui font les lois, mais 150 000 frè res. Nombre
qui correspond sans doute dans l’esprit de cet
initié à la quantité de maçons spéculati fs, routes
obédiences confondues, présents sur notre territoire.
Une omniprésence avérée des réseaux maçonniques
dans presque toutes les grandes affaires de
corruption politique et financière: influences sur
l’institution judiciaire et liens maçonnico-mafieux.
Une vaste organisation de domination régnant sur
toute l’ère démocratique occidentale, mais aussi sur
ses dominions comme I’Mrique, où tous les potenrats
sont maçons {Bongo, Sassou-Nguesso, Biya … ) à

l’exception notable des marxistes (Lumumba,
Sankara … ) qui eux finissent plutôt assassinés …
OM IPRÉSE CE DE LA FRA C-MAÇONNERIE,
SAUF DANS LES ÉTUDES UNIVERSITAIRES
Un pouvoir politique qui fait régner, aussi une
terreur épistémologiq ue (comme l’Eglise sur
l’Unive rsité de l’Ancien régime avant l’Encyclopédie).
Toute étude sociologique des ré eaux maçonniques
et de leur pouvoir sur la République étant
immédiatement taxée, ma lg ré l’évidence, de
complotiste et d’extrême droite.
Un désaveu dissuasif qui vaut immédiatement
di sgrâce et déshon neur pour le chercheur. Ce qui
expliq,u e qu’aucun de ces fonctionnaires appointés
par l’Etat ne s’y risque, su rtout depuis 1945. Pas
même feu Pie rre Bourdieu – pourtant médaille d’or
du CNRS (sic) – et qui malgré des milliers de pages
d’enfonçage de portes ouvertes sur la« domination »,
n’a jamais pondu une ligne sur le sujet ; raison pour
laquelle, sa ns doute, ma lgré l’indigence de son
oeuvre, il finit professeur titulaire de la chaire de
Sociologie au Collège de France …
SANG ET DIEU: PERSISTA CE ET SOLIDITÉ DES
SOLIDARITÉS ETHNIQUES ET RELIGIEUSES DANS
, ,
LA MODERNITE (LES COMMUNAUTES)
Une fois admis le mensonge de la communauté
nationale et du règne du plus grand nombre.
Une foi s admis, au-delà de l’individu et des classes,
108
la réalité des minorités agissantes et des réseaux de
domination, transversaux, verticaux. On est bien
obligé d’admettre, en ces oemps de dégradation des
solidarités sociales et d ‘apologie médiatique du
moi … pour les autres, la résurgence des communautés
classiques fondées sur le sang et la foi.
Une situation admise, paradoxalement, suite
à la mise en scène médiatique, et à la mise sur la
sellette po litique, du «communautarisme arabomusulman
>>. La Oum ma, sans clergé et tiraillée
entre mille influences étatiq ues, étant pourtant,
parmi les communautés effectivement agissantes,
la plus dénuée en France de pouvoir politique.
Raison pour laquelle, à l’évidence, elle subit tant
. d’attaques. Les communautés puissantes éta nt, par
définition, celles auxquelles on ose peu s’a ttaquer.
Une dénonciation de la montée d’un certain
communautarisme ethno-confessionnel qui a révélé
surtout, par effet retour, l’incroyable pouvoir sur le
débat d’idées, les lois disant le droit ct la République,
de cet a utre communauté ethno-confessionnelle à
l’origine de la diabolisation de la précédente. Soit,
face à une Oumma di visée, manipulée, humiliée et
finalement fictive, la toute-puissa nce du CRIF.
Un pouvoir logique, si l’on songe à la puissance
que procure l’addition, au sei n d ‘une même
, . ,
communa ute orga n1see:
– des lie ns du sang {la qualité de juif se
transmettant hé réditairement par la mère);
– d’une foi plurimillénaire fondée sur le projet
clairement établi de la domination (destin historique
promis par Dieu au peuple élu);
– du cosmopolitisme (cette communauté organisée
étant présente au sein de la plupart des nations,
et particulièrement des nations développées, pour
fa ire d’elle la «communauté internatio nale» par
excellence) ;
-et de la ple ine maîtrise de la modernité:
finance, médias et sciences.
U ne combinaison de solida rités ethniques,
religieuses et de classes qui en fait logiquement le
réseau des réseaux.
Un résea u d’une puissance telle qu’a ucun
cinéaste ne se risquerait à produire sur lui une
fi ction comparable à celles qui pullulent pourtant
sur la mafia sicilienne.
Un réseau d ‘une puissa nce telle que, ma lg ré
son omni présence et son omnipote nce avérées
dans tous les secteurs clefs de la fina nce, de la
po lit iq ue, des médias et des scie nces, rien que
l’idée d’évoquer publiquement son nom provoque,
chez l’i nd ividu conscient de la fiction q u ‘est en
réalité notre démocratie de la libe rté et de l’égalité,
«stupeur et tremblement », comme le pauvre
burakumin soudain mis en p résence de l’empereur
du Japon ancien …
CINE’ MA ET APOLOGIE MENSONGE’ RE
DU HÉROS SOLITAIRE
Face à cette réalité qu’est la supério rité des
réseaux su r l’ individu, le cinéma de masse produit
par Hollywood no us vend, inlassablement, la fi ction
contraire du héros solitaire triomphant des réseaux
du mal.
Et a lo rs qu’Edmond Rostand ava it l’honnêteté
d’achever sa pièce par la défaite de Cyrano, vaincu
110
par les cote ries, le héros de cinéma, lui, gagne
toujo urs à la fin.
U n me nsonge du héros solitaire triomphant
toujours du mal communautaire, dont on peut
soupçonner le rôle d’éd ucation à la naïveté sur le
gentil spectateur occidental. ..
ÊTRE COLLECTIF ET RIVALITÉ MIMÉTIQUE
Ma is comprendre la force du réseau c’est aussi
comprend re, sur le plan psycho logique, la
construct ion par ce laborieux travai l d’initiation et
de rites, d’un véritable« être collectif».
Un être collectif où le succès de l’autre, considéré
comme succès de soi, permet de surmo nter la
« ri valité mimétique».
Cette rivalité inter-i nd ividuelle dont René G irard
no us apprend par toute son oeuvre qu’elle est un des
moteurs du rapport à l’autre, et q u’elle constitue- en
de ho rs des rival ités de classes – l’obstacle
psychologique majeur à la solidarité collective …
ACTION TNDMDUELLE, UTILITÉ COLLECTIVE :
LES DEUX NIVEAUX D’EXISTENCE
~ DE t:.:ETRE COMMUNAUTAIRE
Comprendre la logique du réseau c’est enfin
comprendre la do u ble réalité, chez l’ individu
communauta ire, de sa conviction individue lle et de
son utilité collective.
Comment son action, a u-delà de l’expression
d ‘une conviction perso nne lle, prend ple inement son
sens, non pas au regard de sa valeur en soi, mais de
l’inté rêt qu’elle représente pour le réseau qui l’a
promeut.
Une existence à deux niveaux, générant aussi
une double éthiq ue. I..:individu pouvant être votre
ami, tandis que son appartenance communautaire
commande de vous trahir. Une duplicité, typique de
la me ntalité communautaire, si choquante et si
difficile à admettre pour le simple individu …
LAÏCITÉ, SATANISME
Sur le plan moral, les réseaux de la domination
par le mensonge et la dissimulation sont déjà le
mal.
Ma is ce mal peut a ller bea ucoup plus loin quand
ceux qui s’appellent eux-mêmes << les fi ls de la
lumière»- sans doute en référence à l’idéologie des
Lumières qui les a portés – y voit un autre sens,
plus noi r, plus trouble et plus ésotériq ue.
Lucifer signifiant aussi «porteur de lumiè re»,
soit dans le livre d’ Isaïe, ce roi babylonien ra illé
pour avoir voulu s’élever au-dessus de sa condition
d ‘homme et dépasser Dieu.
Une figure prométhéenne associée à l’orgueil et
progressivement deven ue, dans la tradition
chrétienne, le symbole du mal et un des noms du
Diable. Personnage que l’Apocalypse selon Saint Jean
identifie à Satan le tentateur, Satan le menteur,
Satan le diviseur, et désigné aussi par Jésus, dans
l’E’ vangile de Jean, comme<< meurtrier » et<< Seigneur
de la Terre» …
Dès lors, l’ex istence, au plus haut niveau
112
d ‘init iation, de maçonneries sata niques type:
Illuminati, Skull and Bones et autres sectes vouant
un culte aux dieux anti-chrétiens, babyloniens ou
égyptiens, tel Moloch, avec cérémonies simulant des
me urtres d’en fants comme dans The Cremation of
care du Bohemian Club, n’est pas si délirante.
Pas si délirante, puisque pour assumer la cruauté
qu’impliquent les décisions prises au plus haut
n iveau par ces réseaux de domination occultes sur
l’huma nité souffra nte-décisions géné rant : chômage,
famines et guerres – il faut avoir renoncé aux
commandeme nts chrétiens d’h umilité et de charité
et avoir, littéra lement, voué son âme au diable!
C’est d’aille urs ce constat terrifié que faisai t le
producteur hollywoodien Aaron Russo, sui te aux
propos que lui aurait tenus le gra nd in itié N ick
Rocke fe lle r. Propos révélant les dessei ns maléfiques
de l’oligarchie mondialiste et qu’Aaron Russo osa
dénoncer dans une confession vidéo cé lèbre,
quelques mois avant sa mort, parce qu’ il se savait
condam né …
MAÇONNERIES ET 10UVEL ORDRE MONDIAL
Articulés autour du noyau onusien – 0 ‘U q ui
reprena it, après la Deuxième Guerre mondia le, le
principe mondialiste de la Société des NaLions
initiée en 19 18 par notre compatriote, au service du
pouvoir bancaire anglo-saxon, Jean Monnet – le
CFR, la commission Trilatérale et le groupe
Bilde rberg, mais encore le FMI (de notre futur
président Strauss-Kahn), l’OMC (de Pascal Lamy,
autre agent français au service des intérêts anglo-

 

saxons), l’OCDE, les lobbies militaro-industriels,
énergétiques, agro-alimentaires et pharmacochimiques
(servi par l’OMS), ainsi que des clubs
plus ésotériques tels que Skull and Bones et
Bohemian Club, auxquels il faut encore ajouter
d ‘autres relais français tels que Le Siècle et le Club
des Cordelières …
Tous ces réseaux de pouvoir, travaillant la main
dans la main pour des raisons d’intérêts financiers et
de solidarité de caste, constituent ce réseau des
réseaux qui est, de fait, la structure combattante de
l’Empire.
Un Empire travaillant au Nouvel ordre mondial,
soit à l’abolition de la démocratie et au pouvoir
bancaire intégral – forme achevée du Capital -sur
le dos du travai l, des nations et des peuples . ..
4.
DES CLASSES ET DES LUTTES
I.:État n’est pas La patn·e. C’est L’abstraction, la
fiction métaphysique, mystique, politique, jun.’dique de
la patrie. Les masses populaires de tous les pays aiment
profondément leur patrie; mais c’est un amour réel,
naturel. Pas une idée: un fait … Et c’est pour cela que
je me sens franchement et toujours le patriote de toutes
les patries oppn.mées.
Mikhaïl Bakounine
j’travaille comme un chien toute la semaine
j’vous jure que l’patron il est content.
Mes amies se sont mises en colère:
« C’est pas bien malin c’que tu Jais là,
Faut c’qu’y faut mais toi tu exagères,
‘T. , . l’ , 1U verras qu un ;out· tu regretteras …
j’m’en fous pas mal.
Y peut m’arriver n’importe quoi,
J’m’en fous pas mal.
j’ai mon dimanche qui est à moi.
C’est p’t’être banal,
Mais ce que les gens pensent de vous,
Ça m’est égal!
J’m’en fous!
116
Édith Piaf
LES CLASSES SOCIALES ONT TOUJOURS EXISTÉ
Déterminées par l’évolution des forces productives
– soit l’histoi re du progrès technique – et les
rapports de productions qui découlent de cette
·évolution (pas de rapports bourgeoisie 1 proléta ria t
sans invention, aussi, de la machine à va peur
nécessa ire à la révolution industrielle), les classes
sociales ont toujours existé.
Toujours existé ou, p lus exactement, existé
depuis que l’homo faber, sortant d’un mythique
••communisme primitif», s’engagea sur la voie
nécessaire et fata le de la spécialisation des tâches,
pour générer, par la division du travail, les premières
divisions sociales.
Une division sociale en classes qui remonte à la
nuit des temps historiques …
CLASSE PAR LA PRATIQUE
ET ME TALITÉ DE CLASSE
Des classes sociales définies par leu r praxis: les
laboratores par l’agriculture, l’artisanat puis le
commerce; les bella tores par le métier des armes;
les oratores par l’apprentissage et la transmission du
savoir da ns l’ancien monde tripartite.
Une praxis qui génère aussi une culture et une
mentalité de classe: mentalité comme rça nte
aujourd’hui dominante, mentalité populaire
majoritaire mais toujours méprisée et menta lité
aristocratique logiquement en voie de disparition.
Une culture et une mentalité de classe qui
n’épuisent, par ailleurs, ni la question du groupe
ethno-cul turel entra înant un a utre ordre de
conscience et de solidarité; ni la persistance de
l’animal e n l’homme et les comportements réflexes
qui vont avec: in stinct de survie individuelle
soucis de sa progéniture … ‘
ANTAGONISMES DE CLASSES, COLlABORATION
DE CLASSES ET «LUTIISME DE CLASSE,.
Mais du temps du pouvoir royal, notamment
sous la monarchie théocratique qui précéda notre
démocratie maçonnique et marchande, les
antagonismes de classes éta ien t jugulés ou
transcendés – selon q u’on y voit un mal ou un
bien – par la soumission générale à l’ordre divin.
La solidarité eth no-culturelle, celle par exemple
de tous les sujets de sa majesté dans le royaume de
France, primant, en dernière instance et malgré les
tensions, sur les antagonismes de classes comme
sur la solidarité de classe.
Une acceptation de la loi de Dieu – et du
fatum – qui empêchait ce « luttisme de classe »,
IJ8
dénoncé par Charles Péguy comme le mal moderne,
et qui caractérise fa talement le monde de
l’immanence q ui lui a succédé.
Un « luttisme de classe» ne pouvant être contré,
dans notre ociété bourgeoise de l’immanence er du
profit, que par la solidarité nationale en remplacement
de l’ordre divin ; ou, dans le sens opposé, par
la promotion d’un individualisme exacerbé détruisant
alors toute solidarité .. .
LA CLASSE OUVRIE’ RE, INCARNATION DU
ME SO GE ET DE LA TRAJ-IISO BOURGEOISE
Dans le monde de l’immanence ayant succédé à
la Révolution française, la lutte des classes devient
donc effectivement le no uveau moteur de
l’Histoire.
Une lutte résultant d’abord de la fin de la solidarité
trans-classes existant précédemment dans la
monarchie de droit divin ; mais une lutte résultant
ensuite, et surtout, de la promesse non tenue de
Lumières. ,
La prise du pouvoir par le Tie rs-Etat, une fois
évincés la oblesse et le Clergé, n’ayant pas débouché
sur l’égalité sociale de tous les citoyens et la
fraternité nation, ale, mais sur l’exploitation, à l’intérieur
du Tiers-Etat, d’un prolétariat industriel par
une nouvelle bourgeoisie capitaliste entrepreneuriale,
encore plus dure envers ses sala riés que ne
l’était la noblesse avec ses paysans.
Le proléta riat et sa misère étant, littéralement,
l’incarnation du mensonge de la bourgeoisie et de
ses soi-disant Lumières.

Une situa tion nouvelle de violence et de
mensonge à l’intérieur du camp progressiste qui
fera le lit, à partir de 1830, de la pensée et de
J’épopée socialiste . ..

LE RÊVE D’UN MESSlANISME PROLÉTARIEN

Une fois gommées, par les ratés de l’Histoire, les
prétentions du marxisme à la scientificité, la grande
idée du socialisme peut se résumer ainsi:
Le prolétariat créé, telle golem, par la bourgeoisie
elle-même – et qui est le fruit de ses contradictions
-sera, de par sa conscience puisée à sa souffrance, et
les qualités morales q ui sont censées en résulter:
respect et solidarité envers les travai lleurs, la classe
chargée, par l’Histoire, de punir la bourgeoisie
capitaliste exploiteuse et menteuse, par une prise de
pouvoir dépossédant cene même classe bourgeoise
de son pouvoir sur cene fausse démocratie qu’est la
démocratie libérale.
Une prise du pouvoir par le prolétariat qui
achèvera, du même coup, le travail politique progressiste
entrepris par la Révolution frança iseet
trahi par la bourgeoisie – pour produire enfin
réellement, ct plus seulement formellement, cene
société fraternelle et sans classes promise par l’égalité
citoyenne des Lumières.
Un espoir et une vision du monde qui fait du
marxisme, quoi qu’il en dise, un moralisme et un
idéalisme.
Un projet s’efforçant de renouer avec 1’e schatologie
chrétienne du partage et de l’amour, dans le monde
matérialiste généré par l’immanentisme marchand,
120
en s’appuyant sur un messianisme prophétique,
puisé lui même au judaïsme.
Projet socialiste prétendant s’appuyer sur le logos
grec pour réaliser le projet juif messianique ct
missionnaire chrétien réconciliés, et résultant sans
doute de la triple culture juive, chrétienne et grecque
du philosophe Karl Marx, principal théoricien du
socialisme dit scientifique …
,
LE MESSIANISME PROLETARIEN,
PROJET DES INTELLECTUELS

Un projet de révolution socialiste, par et pour les
prolétaires, pensé et voulu non par des prolétaires- les
prolétaires, pour des raisons de praxis ayant rarement
le bagage conceptuel nécessaire – mais par des
intellectuels issus de deux franges de la bourgeoisie :
– la petite bourgeoisie nation ale, pour les
socialistes libertaires et autres syndicalistes
révolutionnaires, tels que Pierre-Joseph Proudhon
et Georges Sorel. Penseurs souvent autodidactes et
profondément liés au monde du travail ;
– la moyenne et grande bourgeoisie ashkénaze,
pour les socialistes internationalistes tels que Karl
Marx et Ferdinand Lasalle. Théoriciens totalement
étrangers aux classes laborieuses, et opposant à
l’empirisme petit bourgeois des premiers, l’arrogance
d’une abstraction conceptuelle puisée à la philosophie
helléno-européenne ; une philosophe fiévreusement
embrassée depuis leur récente émancipation de la
pensée talmudique et du ghetto.
Le plus bel exemple de cet écart absolu entre le
sujet pensant et l’objet pensé étant sans doute

Histoire et conscience de classe, de Georg Lukacs.
;
Enorme pavé historico-philosophique où ce fils de
banquier de la grande bourgeoisie juive hongroise
tente de démontrer, par une élucubration conceptuelle
virtuose, le destin messianique et ami-bourgeois
d’un prolétariat idéalisé q u’ il n’a jamais côtoyé. Un
engagement théorique qui le conduira, lui le fin
lettré, à participer au gouvernement sanguinaire de
l’aventurier Béla Kun, puis à soutenir jusqu’à son
dernier souffle l’oeuvre de Joseph Staline.
Un prolétariat idéal sorti de la tête de l’intellectuel,
utilisé comme arme contre sa propre classe chez le
cadet de la bourgeoisie empli de culpabilité pour la
trahison des Lumières perpétrée par ses pai rs.
Prolétariat supposé révolutionnaire, utilisé aussi
comme arme de la revanche et de la conquête,
par le déclassé et le cosmopolite, contre les élites
possédantes: cette bourgeoisie nationale et chrétienne
dont on veut prendre la place au nom du
proléta riat .. .
PAS D’AUTONOMIE DE CLASSE
SANS CULTURE DE CLASSE
Théâtre antique, geste chevaleresque, roman
bourgeois … la conscience et l’autonomie d’un
groupe social se démontre d’abord par sa production
culturelle. Une culture spécifique où ce collectif
exprime devant l’Histoire ce qu’ il sa it être et ce
qu’ il veut.
;
Or, comme Edith Piaf, interprète magnifiqu e,
mais interprétant des textes écrits pas d ‘autres, le
prolétariat révolutionnaire n’a jamais fait que sui vre
122
des meneurs non issus de ses rangs, et jouer devant
l’Histoire une partition qui n’est pas de sa main …
Lucide sur ce poi nt, Louis-Ferdinand Céline,
petit bourgeois lettré qui a le mieux exprimé la
souffrance et l’âme populaire, tirait une fierté
ironique de ce compliment de Jospeh Staline – autre
déclassé cynique – qui considérait Le Voyage au bout
de la nuit {traduit en russe par une Elsa Triolet elle
aussi parfa itement étrangère au monde ouvrier)
comme le seul roman prolétarien jamais écrit.
Ironie, partagée par ces deux esprits d’un réa lisme
amer, de constater que l’individu prolétaire, dont le
xi :xe siècle intellectuel avait fait le héros de l’Histoire,
était en fait un héros muet ; la fameuse classe
messianique, une classe n’ayant jamais produit la
moindre culture spécifique où exprimer sa
conscience et son projet – le « réalisme socialiste»
imposé par le Parti en étant la démonstration
même- sauf à confondre un peu vite culture
prolétarienne et culture populaire …
PEUPLE OU PROLÉTARIAT ?
De François Villon à Dieudonné en passant par
Loui s-Ferdinand Céline, Michel Audiard et
Coluche, la culture populaire perpétue, à travers
les siècles, un génie débonnai re aux antipodes d’un
« réalisme social iste» exprimant par décret l’art
prolétarien.
Une cultu re du peuple et pour le peuple qui
nous oblige, pour définir le groupe humain dont
elle est l’expression, à préciser d’abord ce que le
peuple n’est pas.

 

Peuple qui n’est d’abord ni la noblesse ni le
clergé, mais ce «tiers exclu » constitué des non
privilégiés sous l’Ancie, n régime, et qui accède en
théorie, comme Tiers-Etat, au plein pouvoir par la
Révolution française.
Peuple que l’on doit définir encore, face à
l’exploitation ct au parasitisme des classes
supérieures – noblesse puis bourgeoisie à l’intérieur
du Tiers-État – comme le monde du travail et de la
production ; soit cette classe des /aboratores assumant
et assurant – selon la terminologie freudienne – le
« principe de réalité »:paysans, artisans, commerçants,
fautouvriers, petits entrepreneurs. .. auxquels il faut
agréger encore les petits fonctionnaires utiles et les
artistes exprimant cette sensibilité.
Peuple que l’on peut définir en terme de classes,
comme l’addition du prolétariat et de la classe
moyenne.
Un peuple constitué de la petite bourgeoisie et du
prolétariat qui se côtoient d’ailleurs dans la vie réelle,
comme le patron de bistrot, propriétaire de son
moyen de production, et son client, l’ouvrier salarié.
Deux groupes sociaux mitoyens et mêlés que le
socialisme scientifique, au nom d’abstractions intellectuelles
démenties par la réalité – à commencer par
la réalité socia le et urbaine du quartier et du bistro
– s’est toujours évertué à séparer et à opposer …

MENSONGE DE I.:INTERl ATIONALISME
PROLÉTARIEN: LE PEUPLE EST TOUJOURS PATRIOTE

Prolétariat fantasmé et manipulé
abstractions d’agitateurs cosmopolites,

par les  presentes
comme internationaliste, alors, qu’autre constat
pratique historiquement démontré, le peuple est
. .
toujours patriote.
Patriote comme le peuple de la Commune
refusant, au nom de la fierté française, la défaite de
Sedan et une soumission de Paris à l’occupant
prussien, acceptée par la bourgeoisie versa illaise …
Peuple acclamant toujours ses équipes sportives
nationales, face au mépris ou à la manipulation
– quand le sport devient un marché – des
élites d’argent dédaigneuses de ces engouements
simples et collectifs (cf. Bernard-Henri Levy).
Peuple fidèle à sa nation face à la trahison de ses
élites cosmopolites; que ce soit celle de Louis XV
sacrifiant les intérêts de la France à ceux de son
cousin le roi de Prusse, ou celle de Sarkozy l’américa in
liquidateur actuel de l’indépendance fran çaise …

IL N’Y A D’INTERNATIONAL QUE LE CAPITAL

Des familles régnantes, menant le cousinage
européen au-dessus de l’intérêt national (d’où la
fuite à Varenne de Louis XVI), à la bourgeoise
soumise à l’intérêt d’un capital lui aussi sans
frontières, la mentalité internationaliste – en réalité
cosmopolite- est parfaitement étrangère au peuple.
Un internationalisme qui est, en revanche, le
propre des élites voyageuses, et des manipulateurs
nomades, faisant leurs affaires au-dessus de la tête
de peuples, de par leur praxis, peu mobiles et
. ,
enracmes.
Ainsi, l’ami-nationalisme proféré par un Georges
Sorel à la veille de 1914, ne doit pas se comprendre

comme un mépris élitiste de la solidarité nationale,
mais comme le refus d ‘une manipulation bourgeoise
poussant les peuples, français et allemands, au bain
de sang pour le plus g rand intérêt du Capital. ..
CINTERNATIONALISME OUVRIER
BIEN COMPRIS, CONTRAIRE DE
CANTINATIONALISME TROTSKISTE
Refus d’un nationalisme belliqueux instrumentalisé-
dès Napoléon – par les forces d’argent et
conduisant toujours à la souffrance des peuples,
qui doit nous fai re comprendre l’internationalisme
ouvrier, non pas comme l’expression d’un antipatriotisme
instinctif, mais comme la solidarité des
peuples du travail, dans un souci d’efficacité politique,
face aux manipulations du Capital apatride.
Un internatio nalisme partant du national
pour revenir à lui, comme celui du PCF
anti-immigrationiste de Georges Marchais, exprimé
par son fameux discours de Montigny-lèsCormeilles.
Discours populaire et patriote, aux antipodes de
l’internationalisme trotskiste exprimant une haine
quasi-religieuse de la Nation. Un mépris de la
frontière et des peuples enracinés professé par des
agitateurs professionnels, rarement issus du peuple
du travail, et partagé par la grande bourgeoise
d’argent.
D’où l’intérêt, pour le grand Capital, de favori ser
discrètement ces agitateurs anti-nationaux au
détriment des représentants légitimes du peuple
ouvrier solidai re et patriote.
126
Une collu sion entre mondialistes de droite et
internationalistes de gauche -en réalité tous
cosmopolites- rendue d’autant plus facile qu’ ils
sont souvent issus, comme le démontre l’Histoire,
de la même communauté …
PHILOSOPHIE DE LA MISÈRE
CONTRE MISE’ RE PAR LA PHILOSOPHE
Mais pour revenir au combat théorique anticapitaliste
mené durant toute la seconde moitié du
XIXC siècle au sein même de la famille socialiste, deux
camps vont s’affronter prétendant tout deux apporter
la. bonne réponse à cette même question centrale:
«Dans le monde de l’immanence où tout provient de
la praxis, quelles sont les conditions matérielles,
sociales et politiques propres à libérer l’homme? ,
Une question mais deux réponses et deux groupes
principaux pour mener à bien la lutte amibourgeoise
:
– d’un côté, le socialisme libertaire des Bakounine
ct Proudhonméprisantes;
– de l’autre, le socialisme dit «scientifique» du
tandem Marx – Engels.
Les premiers s’efforçant de répondre à cette
question immense par le bon sens et l’e mpirisme.
Les seconds opposant aux tâtonnements et
aux approximations des premiers, un système
philosophique totalisant se réclamant d’un «sens de
l’Histoire», repris de Hegel, et qui traitera, du haut
de sa prétendue scientificité, la tentative de penser
les remèdes pratiques à la misère des premiers, de
«misère de la philosophie».
Une vi rtu osité conceptuelle dite «matérialiste
historique et dialectique» qui, malheureusement
pour eux et pour le prolétariat, se révélera avec le
recul du temps, qui dit le vrai sens de l’Histoire,
les élucubrations prétendument scientifiques de
bourgeois arroga nts comme des nouveaux riches,
usa nt, en apprentis sorciers, d’une philosophie très
éloignée de leur culture héritée prophético-messianique,
pour se moquer de penseurs autodidactes
mais issus du monde du travail, dont toutes les
intuitions anti-marxistes-léninistes se sont révélées
.
JUStes …
SE MÉFIER DU PROGRÈS
Le Prog rès, promu au nom du «sens de
l’Histoire» par Marx, contre les intuitions et les
remarques de bons sens de Proudhon puis
Sorel – qui eux prenaient humblement acte du
refus du machinisme exprimé par les luddites
en Angleterre, les canuts en France, et d’une façon
généra le par les corporations représentant l’a ristocratie
ouvrière – débouchant sur l’abrutissement
du travail parcellaire, l’aliénation suprême du
taylorisme et du ford isme …
VERS LE SALAIUAT GÉNÉRALISÉ
Cc progrès machiniste aliénant – de surcroît
exigeant en ca pital – passant nécessairement par la
concentration ct la grande unité de production. Soit
par la généralisation d’un salariat générateur de
128
soumtsston, de passivité et d’infantilisme, comme
Proudhon puis Sorel l’avaient également pensé
contre Marx et Engels …
LA DICTATURE DU PROLÉTARIAT
C’EST LA DICTATURE DU PARTI
La dictature du prolétariat, théorisée par Marx
puis accomplie par les bolcheviks – Lénine
constatant l’amorphie des masses prolétaires livrées
à elles-mêmes et à leur conscience, préférant tabler,
pour prendre le pouvoir, sur une «avant-garde
révolutionnaire », soit sur des professionnels non
prolétaires mais formés à l’action révolutionnaire,
plutôt que sur un «spontanéisme>> des masses
accomplissant un «sens de l’Histoire>> qui conduira
l’universita ire virtuose, mais la politique naïve, Rosa
Luxembourg, à l’échec et à la mort.
Bref, la soi-disant «dictature du prolétariat• qui
n’a rien demandé ni projeté, conduisant, dans les
faits à la dictature inéluctable du Parti-Etat. Soit,
dès Lénine, à la bureaucratie et à la Nomenklatura
stalin ienne …
SOCIALISME OU POPULISME: LES CONDITlONS
DE LA CONSCIENCE ET DE LA LIBERTÉ
Face à ce régime fondé sur la division du trava il
et le salariat généralisé sous l’autorité exclusive du
Parti-État – soit la dictature machiniste et pol icière
d’un «socialisme réel » justifié et maquillé par
l’arrogance d’une science philosophique rabâchée

et crue comme une religion- les penseurs
populistes: Bakounine, Proudhon puis Sorel, plus
réal istes q ue matérialistes, plus intuitifs que
conceptuels, opposèrent dès le début une autre piste
de salut pour le peuple du travail.
Prônant, pour accoucher d ‘un monde de
conscience et de liberté, une société de petit patrons,
petits propriétaires, issus de l’aristocratie ouvrière et
travaillant main dans la main dans le respect de
l’échelle humaine.
Soit la conscience fac ilitée, non pas par le
catéchisme du Parti sur des salariés infantilisés,
mais par la res po nsabilité économique et
sociale- donc politique – résultant de la propriété
de ses moyens de production.
Soit encore la liberté, non pas distribuée par un
État-gendarme centralisateur, mais concrètement
permise par l’indépendance économique et
sociale- donc aussi politique- conférée aussi par
la propriété, pour le plus grand nombre, de ses
moyens de vie et de production.
Une société mutualiste de petits producteurs
citoyens, exprimant non pas le désir de pouvoir et de
domination d ‘un petit groupe manipulant un
prolétariat , exploité et sans objecti f à travers l’appareil
d’Etat, mais une société de liberté, d’égalité et de
fraternité concrètes, renvoyant plus à la démocratie
grecque qu’au socialisme soviétique, mais cette fois
sans esclaves !
Une société aux antipodes aussi bien du
socialisme marxiste-lénin iste que du capita lisme
bourgeois, tous deux fondés sur la fu ite en avant
technicienne, l’extrême division du travail et le
salariat généralisé au service d ‘un État-patron (pour
130
,
le socialisme) ou d’un Patron-Etat (pour le
capitalisme), ce qui revient au même …
Proximité de deux systèmes, fondés tous deux
sur le seul progrès matériel, qui explique parfaitement
le passage sans heurt, et sans contestations, de
l’URSS de Mikhaïl Gorbatchev à la Fédération de
Russie de Boris Eltsine ; la vitesse à laquelle le soidisant
« homme nouveau », fo rgé par soixantedix
ans de socialisme, se convertit à l’abrutissement
consumériste occidental, puisqu’il a suffi pour ça de
remplacer, à la tête d’un édifice parfaitement vertical,
l’Étoile rouge par Coca-Cola.
Un «socialisme scientifique» arrogant, ultra
conceptuel, en réalité psalmodique et fina lement
grossier (dont l’oeuvre absconse de Louis Althusser
sera l’ultime caricature) masquant l’ irresponsabilité
sa lariale et fo rdiste, guidée pa r le parasitisme
de la Nomenklatura, derrière une dictature burea u-
• cratlque.
Socialisme réel qui se révèlera non pas, au final,
la volonté d’émancipation du monde ouvrier, mais
la volonté de domination de cosmopolites et de
déclassés manipulant la légitime souffrance ouvrière
contre la fautive bourgeoisie chrétienne …
NI CAPITAL NI DICTATURE DU PROLÉTARIAT :
LA SOLITUDE DE GEORGE ORWELL
Un vaste mensonge politique rejoignant l’autre
dans un même totalitarisme qu’avait pu constater
l’Anglais George Orwell dès les années 1940, suite à
ses pérégrinations en France puis en Espagne.
Mascarade du «socialisme réel » dénoncée par le
Russe Alexa ndre Solje nitsyne dans les années 1950,
mais cette fois du point de vue de la réact ion.
Réhabilitation d’un populisme renvoyant dos à
dos capitalisme et socialisme, défendu aujou rd’hui
en France par le subtil Jean-Claude Michéa, à la suite
des travaux de l’américain Christopher Lasch …
LA LUITE POUR LA BONNE LUITE DES CLASSES
Recherche du salut pour Orwe ll et Michéa, non
pas par le prolétariat et l’opposition abstraite
prolétariat / bourgeoisie, mais dans l’union du
prolétariat et de la classe moyenne vers la classe
moyenne géné ra lisée. Dans cette union du peuple :
ouvriers, artisa ns, se levant lors de la Commune de
Paris contre un Capital « versa illais» dont les intérêts
lui demeurent étrange rs.
Un populisme taxé par ses ennemis bourgeois-
comme révolutionnaires cosmopolites – de
« petit bourgeois» et assez é loigné, c’est vrai, de la
verbeuse et emphatique démocratie pa rlementaire
frança ise issue de la Révolutio n.
Un populisme frondeur et libertaire tout aussi
éloigné du socia lisme soviétiq ue, continuateur sur
bie n des plans- n’en dépla ise à Soljenitsyne- du
despotisme tsariste.
Un populisme renvoyant finalement bien plus
à l’idéal pionnier américain lu ttant à la fois contre la
Banque et l’E’ tat – incarné alors par la City et la
monarchie anglaise – pour une démocratie mutualiste
de petits propriétaires producteurs, incarnée
encore dans l’Amérique profonde par un certain
esprit républicain …

LA DISCRÈTE STRATÉGIE DE I.:EMPIRE,
OU LA BANQUE EMPÊCHANT, AU NOM DU
SOCIALISME, LA  jONCTION POPULISTE DU
PROLÉTARIAT ET DE LA CLASSE MOYENNE (MARX
CO 1T RE PROUDHON)
Dès lors, le combat socialiste – à comme ncer par
l’opposition Ba kounine-Proudhon contre MarxEngels
– peut et doit se comprendre, no n pas comme
l’opposition binaire du socialisme du travail contre
la bourgeoisie du capital, ma is plutôt, de façon plus
perverse et triangulaire, comme la lutte du grand
capital mondia liste, manipulant et finançant des
révolutionnaires professionnels, le plus souvent
iss us de la bourgeoisie cosmopolite : agitateurs
stipendiés, dialecticiens fumeux mettant en scène
un soi-disant combat unitaire du travailleur contre
le bo urgeois, ou grand bourgeois spéculateur
apatride et petit bourgeois e ntrepreneur enraciné
sont systématiquement confondus – comme dans le
catéchisme d’Arlette Laguiller – pour empêcher la
jonction populaire, elle authentiquement révolutionnaire
au regard du pouvoir du Capital, de la
petite bourgeoisie et du prolétariat national.
.L:histoire de cette manipulation et de cette
collusio n, où un socialisme cosmopolite manipule
un prolétariat fantasmé contre une classe moyenne
enracinée systématiqueme nt diffamée, étant
l’h istoire cachée du mouvement ouvrier.
Un mensonge et une manipulation historiquement
révélés, à partir des années 1970, par le
ralliement final de ces soi-disant révolutionnaires
cosmopolites au libéralisme mondialisé.
Ralliement effectué sous la férule des trotskistes,

en Europe sous , le nom de « libéralisme libertaire»
et aux Etats-Unis sous l’appell ation « néoconservateurs
».
Une flopée de sociaux-traîtres dont énumérer
les noms évoquerait immédiatement la liste de
Schindler …
lA DISCRÈTE STRATÉGIE DE I.:EMPIRE,
OU lA BANQUE FAVORISANT lA GAUCHE
PARLEMENTAIRE CONTRE LE SYNDICALISME
RÉVOLUTIONNAIRE {JAURÈS CONTRE SOREL)
Une fois assurée la victoire des socialistes
«scientjfiques» sur les socialistes libertaires, après un
combat inégal (au regard des sponsors) qui durera
toute la seconde moitié du xrxe siècle, un second
combat de liq uidation du peuple révolutionnaire
s’accompli ra à l’intérieur du prolétariat salarié.
Ce sera, au tournant du siècle jusqu’à la Première
Guerre mondiale, le combat du syndicalisme
révolution naire, adepte de la grève générale et de
l’action directe, contre le socialisme parlementaire
sous influence maçonnique; soit la deuxième défaite
populiste de Georges Sorel face à Jean Jaurès …
lA LUTTE RÉDUITE À lA LUTTE POUR LE
POUVOIR D’ACHAT OU LE COMBAT PERDU DES
REPRÉSENTANTS DU PEUPLE UNIS CONTRE LES
MANIPULATEURS DU PROLÉTARIAT
Ainsi, de 1830 à 1970, tout le combat mené à
l’intérieur de la gauche doit se comprendre comme
134
la lente défaite des fo rces populaires face aux
professionnels du socialisme.
La tran sformation progressive et subtile, par les
forces de ga uche stipendiées par le Capital et sous
l’influence des Loges, d’un combat ami-bourgeois
pour changer la vie en combat pour le pouvoir
d’achat.
Soit au final, la démocratie, qu’elle soit libérale
ou socialiste, limitée au Marché …
COMPLEXIFICATION ULTÉRIEURE
DES RAPPORTS DE CLASSES
Avec la défaite de l’alliance du travai l: prolétariatclasse
moyenne, nous avons donc, de la fi n de Première
Guerre mondiale jusqu’à l’oréedes années 1960,
une histoire officielle gauche 1 droite partagée par les
deux camps- communiste comme libéral – et occultant
derrière ses «patrons» et ses «travailleurs», si
chers à Arlette Laguiller, l’opposition petite et grande
bourgeoisie à d roite, aussi bien qu’à gauche la
proximité petite bourgeoisie et prolétariat …
LES ANNÉES 1960 OU
lA MONTÉE DU SECTEUR TERT IAIRE
Mensonge et culture imposés d’une société classe
contre classe: prolétariat 1 bourgeoisie qui, malgré
la défaite théoriq ue de l’adversaire populiste – défi niti
vement diabolisé en « fasciste » après 1945
– deviendra une fiction intenable à partir des
années 1960.
Sociologiquement inte nable à cause de l’exte nsion,
à l’intérieur du salariat, d’un secteur tertia ire
de cols blancs issus des métiers de service, suppla ntant
bientôt les cols ble us.
Nouvelle caste des employés de bureau, devenant
majoritaire à partir des années 1960, et dont
la mentalité ct la culture, toujours puisées à la
praxis, inclinent beaucoup plus vers la société de
consommation et de compromis que vers le combat
de classe …
« 
CLASSE MOYENNE ET
COUCHES MOYENNES SALARlÉES
Emergence d ‘une nou velle classe de petits
bourgeois salariés, à la fois éloignée de la culture
communiste des ouvriers, mais aussi de la culture
populiste de la classe moyenne, et qui constitue ces
nouvelles «couches moyennes salariées», allant du
petit col blanc au cadre.
Couches moyennes salariées dont la mentalité
fait désormais le tampon politique e ntre monde
du trava il et Capital, à ne surtout pas confondre
-comme le fa it systématiquement la sociologie
journalistique – avec la «classe moyenne» constituée,
elle, des artisans, commerçants et petits patrons,
propriétaires de le urs moyens de production, et qui
font au contraire la jonction entre Travail et Capital,
puisque ils sont à la fois petits capitalistes et
travailleurs à risques . . .
136
MENTALITÉ DE CADRE CONTRE MENTALIT É DE
PETIT PATRON: NOUVELLE BOURGEOISIE DE
GAUCHE C01\: »TRE DROITE POPULAIRE
Une nouvelle menta lité de cadre, lit sociologique
de la «gauche sociétale », parfaitement décrite dans
le roman Les Choses de Georges Perec, puis illustrée
à son insu par les films de François Truffaut.
Me ntalité féminisée- à la fois petite bourgeoise
et antipopulaire- aux antipodes de la mentalité
(( petit patron», en recul à partir des années 1960,
exprimée, elle, par les chroniques d ‘Antoi ne Blondin
et les dialogues de Michel Audiard …
LIQUIDATlO À GAUCHE
DE LA SOLIDARITE’ SALARIALE
Ainsi, à l’opposition forcée du proléta riat sala rié
et de la petite bourgeoisie entrepreneuriale – qui
constituaient le Trava il – par le dé nig rement
«socialiste» de cette dernière, succédera, à partir des
années 1960, la nouvelle opposition à l’intérieur du
sa lariat, des ouvriers et des employés de bureau.
Cette nouvelle bourgeoisie de ga uche de la
consommation sans l’avoir, séduite par la nouvelle
stratégie du standing mise en place par le Capital
via la « Société de consommation » (verroterie à forte
valeur ajoutée culturelle telle que mode ct déco,
fl atte ries du Nouvel Obs, de Z.:Express puis de
Libération) méprisant dorénavant ces autres sa lariés
que sont les ouvriers, désormais considé rés et traités
comme des beaufs à tendance fasciste .. .
ILLUSION A’ DROITE
DE LA SOLIDARITÉ PATRONALE
Nouvelle division du camp du Travail, à l’ intérieur
du salariat, par la séduction du standing culturel, qui
sera complétée, du côté du Capital, par cette autre
flatterie médiatique- véhiculée elle par le CNPF- et
consistant à faire semblant de considérer le petit
patron comme fa isant partie de la classe patronale,
alors que son destin est d’être liquidé par elle …
LES ANNÉES 1970 OU LA • NOUVELLE SOCIÉTÉ»
Ainsi, grâce a ux médias et à la propagande, le
petit cadre se prend pour un bourgeois, tandis que
le petit patron se sent solidaire du MEDEF.
Une mise à contribution du crétin de gauche et
du connard de droite vers cette social-démocratie à
la fra nçaise qu’on appellera, à partir de ChabanDelmas,
puis sous le septennat de Giscard d’Estaing:
la «nouvelle société fra nçaise» .. .
VERS LA MONDlALISATION: LES ANNE’ ES 1990
Cette fin myth ologique et sociale du face à face
salariat uni, bo urgeoisie patronale indifférenciée,
au profit d’ une socia l-démocratie centrée sur
les couches moyennes sala riées (période t rès
honnêtement décrite dans les films de Claude Sautet
sur la France des cadres des années 1970) sera suivie
par un deuxième saut, imposé celui- là par la
mondialisation ultralibérale des années 1990 . . .
138
1
HYPER-CLASSE, ‘OUVELLE CLASSE
ET SOUS-CLASSE
Ces a n nées 1990 qui verront s’achever le
déclassement de la bourgeoisie nationale engagée
dans les années 1960- cette France des PDG incarnée
notamment par le personnage autoritaire et local de
Louis de Funès- au profit, pour le petit nombre qui
aura su prendre le virage de la mondialisation, du très
gros salarié de multinationale, style Jean-Marie
Messier …
I.:IDÉLOLOGIE DE I.:HYPERCLASSE
Une no uvelle caste emblématique de technogestionna
ires du Capital désormais coupés de toute
attache géographique et morale, dont les salaires
ve rtigineux, accompagnés de «stock options»,
correspondent en fa it à un transfert de Capital
accepté par les actionnaires, à condition que les
gains immédiats de rentabilité – quel qu’en soit le
coût social -soient au rendez-vous.
Une mise en relation directe et me rcenaire du
salaire et du profit, également mise en place au
même moment chez les aut res acteurs clefs de la
mo ndialisation : sportifs de haut niveau (notamment
les footballeurs), acteurs-chanteurs-producteurs
{Madonna, Tom Cruise, Bono … ) qui en assurent la promotion médiatique.
Un petit monde de nouveaux riches qui va
constituer devant le consommateur-spectateur
désormais statutairement salarié précaire, cette
hyperclasse mondiale aux revenus exponentiels,

mais dénuée du mi nimum de cultu re« humaniste»;
culture humaniste qui caractérisa it et modérait, à la
suite du catholicisme, la bourgeoise classique.
Une nouvelle caste de ploucs prédateurs as su mant
fièrement la nouvelle idéologie nomade chère à
Jacques Anali. Idéologie fa ite d’inégalités sociales
, . . , . .
masq uees par un anttractsme metJsseur; sott, en
réalité, l’apologie d’un monde désormais fondé sur
le capitalisme purement spéculatif, donc le refus de
tout ce qui prend sens dans la durée: cultures
enracinées et perspectives historiques . . .
10MAOISME OU HAUT, NOMADISME OU BAS
Un nomadisme du haut, constitué d’une poignée
de prédateurs cosmopolites désormais partout chez
eux par la sainte loi du fric, et cachant par la fascination
du « bling-bling>> – mise en place par les nouveaux
médias people, style Voici, Gloser ou 50 minutes
lnside … – le nouveau nomadisme du bas :
Ce salariat précaire généralisé soumis à l’intérim
et au COD, désormais non seulement corvéable
dans le temps par la flexibilité et l’annualisation,
mais aussi dans l’espace par les délocalisations de
droite et le «sans papiérisme » de gauche …
FIN DE PARTIE POUR LES COLS BLANCS
Ain si, après avoir se rvi à diviser les salariés: les
cols blancs flattés dans les an nées 1970 par le
stand ing pour petit cadre, alors q u’on liqu idait les
acquis des cols bleus (fin de la politique sociale des
140
Trente Glorieuses, désindustria lisation … ) se
retrouvent à leur tour prolétarisés et déclassés face
aux nouveaux standards inatteignables de
l’hyperclasse et ses coins VIP.
Nouveaux précaires du tertiaire qui n’ont plus le
choix désormais que de travailler plus pour gagner
moins: jouer le jeu du système mondialiste pour des
miettes ou subir la relégation et rejoindre tous ces
ploucs sédentaires en survie qui n’ont pas les
moyens, eux, de regarder l’humanité souffrante
comme un spectacle vu d’avion …
DE LA NOUVELLE CLASSE À LA SOUS-CLASSE
Ceux qui s’en sortent le moins mal étant les
animateurs-journalistes (style Frédéric Beigbeider),
les créateurs de nouveaux services (ambianceur DJ
style Ariel Wizman) et autres communiquants.
Cette «nouvelle classe» de petits chefs chargés,
pour des revenus décents, de vendre à tous le rêve de
l’hyperclasse nomade et métisseuse, et de cacher la
paupérisation générale par de la gaudriole branchée,
style << culture Canal».
Une nouvelle classe de bobos collabos, bien dans
la tradition «avant-garde, chien de garde », (lucide
citation du Mai 68 situationniste) dont les tenants
de l’hyperclasse manipulent la jeunesse, la bêtise et
le rêve de cooptation, pour les presser comme des
citrons; avant q ue leur obsolescence inévitable ne
les fasse passer de jeunes cons branchés à vieux cons
ringardisés (style Thierry Ardisson), à leur tour
bons pour la sous-classe et la relégation …
SEULE SOLIDARITÉ DE CLASSE:
LA CONNIVENCE DES PARASITES
Une ambiance de jungle, dénuée de toute
solidarité, si ce n’est cette solidarité implicite des
.
parasttes.
Les rentiers du haut (l’hyperclasse au pouvoir)
finançant les rentiers du bas {la sous-classe des
chômeurs et des précaires vivant des aides sociales),
sur le dos de la classe moyenne productive, la plus
ponctionnée par l’E’ tat.
Une nouvelle solidarité de classe transversale
inédite – non sue et non dite- initiée par la
«deuxième gauche» de Michel Rocard dès 1988, où
la colère de l’exploité, sans qu’il n’en coûte rien à
l’exploiteur, est transformée en alcoolisme, grâce au
RMI puis au RSA payés par le monde du travail. ..
CONCLUSION: LIQUIDER LA CLASSE MOYENNE
Un monde régi par la dérive du Capital nomade,
dont la constante, quelles que soient les manipulations
du monde sa larial et ses collaborations,
aura été, tout du long – outre la maximisation
du profit – de liquider la classe moyenne, par
définition indépendante et rétive au pouvoir.
Isoler la classe moyenne d’abord, par la
propagande des agitateurs socialistes cosmopolites,
en l’amalgamant idéologiquement à la grande
bourgeoisie, afi n de la jeter à la vindicte de la classe
ouvrière avec qui pourtant, depuis la Commune,
elle constitue le peuple; et notamment le peuple du
trava il.
142
Remplacer la classe moyenne ensuite, à coup
d’absorptions-acquisitions imposées par l’économie
d’échelle, par les couches moyennes salariées;
soit les petits patrons indépendants par les cadres
dociles.
Liquider la classe moyenne enfin purement ct
simplement, en se servant notamment de la crise
financière orchestrée par la Banque, pour lui couper,
face à une surfiscalisation imposée par l’E’ tat complice,
le crédit-relais nécessaire à son fonctionnement.
Cette destruction finale de la classe moyen ne – productive,
lucide et enracinée- correspondant au
projet impérial de liquidation de toute insoumission
au Capital, par essence apatride, pour que rien ne
subsiste enfin de liberté, de conscience et d’indépendance
entre le pouvoir impérial de la Banque et la
masse salariée …

5.
DÉMOCRATIE DE MARCHÉ ET D’OPINION
Le travail du journaliste consiste à détruire la vérité, à
mentir sans réserve, à pervertir les faits, à avilir, à ramper
aux pieds de Mammon et à vendre son pays et sa race pour
gagrier son pain quotidietz ou ce qui revient au même, son
salaire. Vous le savez comme je Le sais, alors qui peut parler
de presse indépendante? Nous sommes les pantins et les
vassaux des hommes rie/res qui se cachent derrière la scène.
Ils tirent les ficelles et nous dansons. Notre temps, nos
talents, nos possibilités et nos vies sont la propn »été de ces
hommes. Nous sornmes des prostituées intellectuelles.
John Swinton, journaliste, à propos de la
liberté de la presse, lors de son discours
d’adieu au New York Times
Nous sommes reconnaissants au Washington Post,
au New York T imes, au magazine Time, et aux
autres grandes publications dont les directeurs ont
assisté à nos réu11ions et t·especté leurs promesses de
discrétion depuis presque quarante a11s. Il aurait été
pour nous impossible de développer notre projet pour
le monde si nous avions été exposés aux lumières de la
publicité durant ces années. Mais le monde est
aujourd’hui plus sophistiqué et préparé à l’entrée dans
un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale
d’une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux
est assurément préférable à l’autodéte1mination
nationale des siècles passés.
David Rockefeller,
Commission Trilatérale, 1991

146
RAPPEL: LA DÉMOCRATIE MODERNE N’A PAS
GRAND CHOSE À VOIR AVEC LA GRÈCE ANTIQUE

S’ il est de bon ton, chez nos démocrates et
républicains bedonnants, de se réfé rer à la Grèce
pour décrire le régime, rappelons déjà que notre
société de bourgeois francs-maçons n’a pas grand
chose à voir avec l’Athènes antique.
D’une population totale de 300 000 âmes pour
seulement 40 0,0 0 citoyens pa r le droit du sang
patrilinéaire, l’Etat-cité grec tant vanté {celui du
V: siècle av. J.-C.) était une oligarchie de propriétaires
terriens formés au maniement des armes; soit
40 000 hoplites mâles entourés de 40 000 métèques
{immigrés sans droits) servis par Il 0 000 esclaves.
Un système militaire, agricole et toujours
religieux {puisque la Cité, d’origine divine, revêtait
un ca ractère sacré) plus proche du principe
aristocratique traditionnel: noblesse d’Ancien
régime, clan écossais ou brahmanisme hindou, que
de la démocratie moderne.
Démocratie moderne où la Banque, la technique
et les «droits de l’homme» gèrent des masses de
mill ions de salariés consommateurs, soumis à la

levée en masse en échange du droit de vote, dans un
système bipartite d’auto-alternance parfaitement
illusoire …

LA DÉMOCRATIE MODER E,
FILLE DE LA BOURGEOISIE

Historiquement, l’avènement de la démocratie
moderne coïncide avec la prise de pouvoir de la
bourgeoisie sur l’aristocratie d’Ancien régime; soit,
avec la prise du pouvoir de l’argent, du matérialisme
et de l’individu sur la lignée et la terre dans un
monde régi par Dieu.
Une prise de pouvoir de l’argent accomplie devant
le peuple avec son relatif acquiescement, au nom de
la belle idée d’égalité, et ce grâce à l’ idéalisme- pour
ne pas dire la naïveté – des grandes figures politiques,
telles Robespierre et Saint Just, elles authentiquement
égalitaires, mais chaque fois sacrifiées sur l’autel de
l’argent qui les manipula …
LA COURSE I FINIE À !.:INTROUVABLE
, , ,
EGALITE REELLE
Une égalité formelle, celle du droit positif, offerte
comme un progrès au peuple, face à la société
théocratique ct aristocratique inégalitaire qui la
précédait, qui ne conduit jamais à l’égalité réelle,
bien au contraire.
Mais qui fait de la dé mocratie, à y regarder de
plus près, le régime politique le plus à même de
permettre la domination de l’argent (par le commerce
148
puis le prêt à intérêt) notamment sur les autres
pouvoirs: noblesse d’épée et ordres sacerdotaux qui
tenaient ce po uvoir de l’argent précédemment en
respect. ..
DÉMOCRATIE MODERNE = DÉMOCRATIE
PARLEMENTAIRE ET DE MARCHÉ
La démocratie, règne de l’égalité formelle du
droit, est donc depuis plus de deux siècles qu’elle
s’est imposée à l’Occident, que ce soit par la
Révolution française ou les monarc hies
constitutionnelles, sur le modèle a lte rnatif anglais,
·qui revient au même, toujours à la fo is: démocratie
parlementaire et démocratie de marché.
– Démocratie parlementaire où une assemblée
de professionnels de la politique, formés et encadrés
par la maçonne rie, stipendiés ou tenus en respect
par l’Argent, joue devant le peuple le spectacle du
débat démocratique.
– Démocratie de marché, soit le régime laissant
le maximum de li berté, via le droit positi f, au
Capital; ce qui revient, de fait et rapideme nt, à lui
donner les pleins pouvoirs …
LA QUESTION DÉCISIVE DE !.:OPINION
PUBLIQUE EN RÉGIME DÉMOCRATIQUE
Dès lors, la seule question à régler pour cette
démocratie d’argent est de maintenir le peuple – pris
comme alibi et arbitre, via le droit de vote,
conséquence de l’égalité citoyenne- dans l’ illusion,
malgré une égalité qui ne vient jama is et une liberté
réduite à celle de consomme r, que ce régime de
l’ inégalité par l’argent et de l’injonction par
l’idéologie ma rchande est, comparé aux autres,
anciens (mona rchie théocratique), ou alte rnati fs
(communisme, fascisme), le moins pire car le moins
inégalitaire ct le plus «libéral» de to us …
D’OÙ I.:OBLIGATION DE CERTAINS
INVESTISSEMENTS MOINS RENTABLES:
NEW DEAL, FRONT POPULAIRE,
. TRENTE GLORIEUSES
Que le peuple continue à croire en la démocratie
et à se soumenre ainsi à J’ infime minorité illégitime
(au regard des principes) ct spoliatrice (au regard des
méthodes) des maîtres de l’argent est donc la clef du
pouvoir, vitale pour Je pouvoir; que le peuple cesse
d’y croire en effet et c’est la révolution.
Et vu l’ampleur du mensonge démocratique
précédemment décrit, une révolution qui ne signifie
pas seulement, pour les élites de l’argent, la perte du
pouvoir – soit la perte des moyens de faire encore plus
d’argent avec l’argent déjà accumulé- mais par leur
mise à mort physique, la perte de la vie tout court!
De ce point de vue fondame ntal, Je pouvoir est
plus important que l’argent ; l’a rgent n’étant plus, à
un certain niveau de richesse ct d’accumulation
parfaitement abstraits, que le moyen du pouvoir.
Ainsi, conscient de ce danger, le pouvoir de
l’Argent sait, à certains mome nts ct à certains
endroits, sacrifier en partie l’argent pour maintenir
ct pére nniser sa domination.
150

C itons, à ti t re d’exemples, parmi ces
investissements moins renta bles, mais nécessa ires :
Les moments de re lative redistributio n de la
richesse captée, tel que le New Deal, le Front
populaire où la social-démocratie des Tren te
G lorieuses issue du C fR (Conseil national de la
Résista nce, sur lequel nous reviendro ns au cha pi tre
suivant) et du plan Marsha ll.
Autant de moments où le pouvoir de l’argent
ayant senti le vent d u boulet de la légitime colè re
populai re, suite au chômage de masse provoqué
par la spéculation (Grande dépression aux USA,
février 1934 en France, natio nal-socialisme a llemand)
sait momentanément lâcher du lest ct redistribuer
pour ne pas tout perdre …
I’OBLIGATION AUSSI D »INVESTISSEM ENTS À
PERTE : LA PRESSE ÉCRITE
Une colère populaire jugulée en temps normal
par l’enrobage et les mensonges de la presse écrite.
L’apparcnce de sérieux du comme nta ire
écrit – issue du prestige des clercs remontant lui même
à la fonction du scribe aux débuts des temps
historiques- donna nt l’ illusion, malgré les aléas et
les vicissitudes: complexité d u monde, conflits
psychologiques .. . d’une gestion scientifique par des
élites raisonnables et légitimes.
Le meilleur exemple récent de ce nécessaire
investissement à perte étant le rachat, par Édouard
de Rothschild, du pourtant ultra déficitaire journal
de pseudo gauche Libération (avec des banques
renonçant à leurs créances quand même, collusions
obligent) afin de continuer, en temps de crise
aggravée, à enculer les cons de gauche.
Les cons de droite étant, dans le même temps,
pris en charge par Serge Dassault, via la prise de
contrôle du Figaro …
LA DÉMOCRATI E, SOIT LA DOMINATION
PAR LA SÉDUCTION
Un travail de manipulation (presse) et de
plasticité (changements momentanés de politique,
accommodements à minima) qui permet de
différencier le régime démocratique des régimes
autoritaires: monarchie théocratique, société de
castes, communisme, fascisme… qui lui sont
opposés; et de qualifier la démocratie de régime de
domination par la séduction.
Régime de« tentation, de corru ption, d’invitation
au péché, à l’acte de fa iblesse et autre détou rnement
du droit chemin », soit la séduction au sens
diabolique du terme . ..
SUPERIORITE DE LA DEMOCRATIE
SUR LES RÉGIMES AUTORITAIRES
A’ la différence des régimes fondés sur l’autorité
précédemment cités (monarchie théocratique,
société de castes, communisme, fascisme) et qui
exigent de subjuguer, par la foi ancienne ou moderne
(religion, révolution) la totalité du corps social
(fidèles sujets, camarades), le mensonge
démocratique peut se contenter, via le suffrage
152
majoritaire, de séduire mollement juste plus d’un
électeur sur deux.
Un mode de domination qui s’avère donc d’un
bien meilleur rapport que le pouvoir par l’autorité
pure- aristocratie et caste sacerdotale dans la
tradition, parti unique dans la modernité – et qui
explique en partie, da ns un monde régi par
l’économie, la domination actuelle de ce régime sur
tous ses autres concurrents moins rentables …
À LA DEMOCRATIE D’OPINION : DE LA QUETE DE
VÉRITÉ ET DE SENS À LA FABRICATION DU
CONSENTEMEN T MAJORITAIRE
Un constat d’efficacité pratique, sur le plan de la
domination, qui exige pour continuer à fa ire croire au
peuple que la démocratie- qui est le pouvoir du
Marché, soit en dernier ressort celui de la Banque – c’est
le pouvoir du peuple, la fabrication industrielle d’un
consentement appelé: «démocratie d’opinion ».
Et la démocratie ayant mis l’Ancien régime à bas,
au départ, par l’aJJjance discrète de l’argent et de la
Raison, tout le travail consiste dès lors à ramener la
Raison à la raison du pouvoir de l’Argent …
LA MISE AU PAS DES CLERCS
Un travail de manipulation, de sujétion ct de
soumission dirigé en premier lieu envers ces hommes
de raison – prêtres de la démocratie – qu’on
appelle les clercs: moralistes, hommes de lettres,
intellectuels, artistes …
D’ABORD JOUER LE CLERC
CONTRE LE PRÊTRE (HISTORIQUE)
Comme nous l’avons vu, la Raison, nécessaire au
processus révolutionnaire, a été d’abord la victoire des
clercs sur les prêtres; soit la victoire de «l’idéologie des
Lumières», pilier de la démocratie, sur la révélation
chrétienne, fondement de l’Ancien régime.
Une prise du pouvoir qui, bien avant la séduction
du peuple finalement peu impliqué se fit, comme
nous le décrit Georges Sorel dans Les Illusions du
Progrès, par la séduction de l’aristocratie de salon.
Le jeu de la rhétorique humaniste, recourant au
logos grec, étant bien plus attrayant, divertissant
pour l’homme d ‘esprit oisif qu’était devenu
l’aristocrate, que l’obscure scolastique; et ce malgré
la tentative de modernisation aristotélicienne opérée
par Saint Thomas d’Aquin.
Une séduction q ui n’aurait pas été possible sans
le lent déclin de la noblesse d’épée au profit de
la noblesse de robe (dont le facteur déclenchant et
irréversible fut l’Edit de la Paulette, soit la vénalité
des charges) et, comme l’avait parfaitement identifié
Léon Bloy, sa ns la dest ruction concomitante du
catholicisme du Moyen Age, au profit d’un catholicisme
sécularisé creusant peu à peu son tombeau et
celui du monde ancien …
DE CINTÉRÊT DE CLASSE DU CLERC BOURGEOIS
Ma is une fois l’Ancien régime, sa noblesse
terrienne et ses prêtres tombés, le pouvoir de l’a rgent
(commerce, industrie, puis banque) qui se cachait

derrière la Révolutio n, devra mettre à son tour ses
nouveaux « prêtres de 1 ‘égalitarisme démocratique»
au pas; les ramener à la ra ison de l’ inégalité.
Une mise au pas q ui se fe ra le plus souvent
naturellement, du fait de l’origine de classe la plus
fréquente du clerc: la petite ou moyenne bo urgeoisie.
La soumission à l’ordre bourgeois correspondant
pour lui, sur le plan pécunia ire et mo ndain, à une
confortab le cooptation.
Coopta tion mondaine, pour peu q ue sa critique
glisse peu à peu de la revendication de l’égalité
réelle à l’apologie de l’égalité formelle (appelée
au jourd’hui «équité»); ce qui revient dans les fa its
à ratifier l’ordre libéra l bourgeois fondé non sur le
bien, mais sur le droit …
JOUER LE CLERC COSMOPOLITE CONTRE LE
,
CLERC ENRACINE (RAPPEL)
Le clerc bourgeois ramené au bercail, il restera
ensu ite au pouvoir pour contrer l’action du clerc
resté du côté du peuple, par conviction ou origine de
classe, tel q ue Pierre-Joseph Pro udhon ou Georges
Sorel, à jouer contre lui, comme nous l’avons vu au
chapitre précédent, cet autre clerc qu’est le clerc
cosmopolite, tel que Ka rl Marx puis Eduard
Bernstein.
Le clerc cosmopolite présentant le grand intérêt
pour le pouvoir de la Banque- par essence apatride
et a ntination – d’être lui a ussi mondialiste; soit tout
a utant a ntipopula ire et a ntipatriote mais par
internationalisme . . .
LE XXE SIÈCLE. SlECLE DE LA PROPAGANDE
Un siècle d’un travail de manipulation, de
sujétion et de soumission qui va réduire peu à peu le
clerc, de critique du pouvoir et combattant de l’égalité
des débuts (Robespierre, Saint Just), à relais de la
domination occulte des réseaux antidémocratiques,
qu’ ils soient ceux du Marché, avec Adolphe Thiers,
ou du communautarisme avec Alain Finkielkraut.
Un processus de dégradation q ui produira, après
la Première Guerre mondiale, cette nouvelle activité
au service du pouvoir appelée: Propagande …
jOSEPH GOEBBELS (1897- 1945) IMITATEUR DE
WILLY MÜNZENBERG ET EDWARD BERNAYS
«Plus c’est gros plus ça marche», cette célèbre
citation faussement attribuée à Joseph Goebbe ls par
la propagande de masse occidenta le – sans doute
pour nous faire croire q ue to ut le mal moderne provient
du naz isme- est en réalité d’Edward Bernays.
Edward Bernays qui, avec Willy Münzenbe rg,
est le co-inventeur de ce système de domination des
masses par la man ipulation médiatiq ue appelé
« propagande». Une « industrie du consentement»
mise au service du capitalisme américain pour l’un,
de l’ internatio nale communiste pour l’autre dès les
années 1920, et dont Joseph Goebbels ne sera que
l’imitateur dans les années 1930 . ..
156
WILLY MUNZENBERG (1889- 1940) OU DE
LIMPORTANCE DU RÉSEAU MÉDIAT IQUE
Militant communiste a llemand arrivé à Zurich
en 19 10 à l’âge de 21 ans, Willy Münzenberg, juif
ashkénaze extrêmement doué pour l’agitation et
l’organisation, est le premier à avoir créé un véritable
réseau médiatique afin de former l’o pinion.
Très impliqué dès le début da ns le projet de
révolution bolchévique (c’est lui qui accompagnera
le camarade Lénine, futur maître de l’URSS, de la
gare centra le de Zurich à la ga re de Finlande à
Saint-Péte rsbourg dans un tra in plombé avec l’aide
des autorités a llemandes), il développera ensuite
une intense activité politiq ue en Allemagne. E’ lu
député communiste au Reichstag, il fera aussi
fortune en édifiant un vaste empire médiatique,
appelé «Trust Münzenberg», constitué de deux
quotidiens de masse, du plus grand hebdomadaire
illustré ouvrier : l’A rbeiter Illustn »erte Zeitung, sans
compter des intérêts touchant à l’image et au cinéma
dans le monde entier. Des moyens considé rables,
tout e ntie rs mis au service de l’I nternati o nale
communiste, qu’ il complétera par un vaste réseau
de faiseurs d’opinion: intellectuels, personnalités
littéraires, vedettes et experts en tout genre, contrôlés
habilement par l’a rgent et les honne urs.
Grand façonneur de l’opinion de gauche
mondia le des années 1920-1930, son plus beau coup
est sans do ute d’être parvenu à cacher, par de subtils
montages et autres manipulati ons, le rôle joué
notamment par l’Amé riq ue capitali ste da ns
l’édification du premier Etat communiste .
Une URSS avec laque lle il prendra finalement ses
distances, comme beaucoup d’internationalistes
jui fs, au moment des procès de Moscou; procès de
Moscou orchestrés par Joseph Staline pour purger,
notamment, à partir de 1936, les juifs omniprésents ,
dans l’appareil d’Etat soviétique.
Parvenant néanmoins à maintenir son Empire
au milieu des tempêtes politiques et à fuir
l’Allemagne lors de la prise du pouvoir de Hitler, il
continuera son intense activité depuis la France,
notamment par la publication du Livre brnn sur les
méfaits du nazisme, largement diffusé à l’Ouest.
Inlassable combattant << antifasciste» (terme qui
depuis 1936 désigne donc aussi les staliniens, soit
l’URSS), on le retrouvera finalement pendu à un
arbre le 22 octobre 1940 à Saint-Marcellin dans
l’Isère. La raison exacte de son décès: suicide ou
assassinat, par la Gestapo ou le Guépéou, restant
encore aujourd’hui un mystère …
EDWARD BERNAYS (1891-1995) OU DE
I.:IMPORTANCE DES CAMPAGNES MÉDIATIQUES
Complémentaire de la stratégie du réseau (médias
plus agents de propagande), celle d’Edward Bernays,
autre aventurier, mais opérant lui pour l’Amérique
capitaliste, insiste su r le rôle tout aussi déterminant
des <<campagnes médiatiques».
Né à Vienne (Autriche) en 1891, neveu de Freud et
juif ashkénaze lui aussi, Edward Bernays émigre aux
,
Etats-Unis en 1892 où son père le pousse d’abord à lui
succéder en tant que marchand de grains. Devenu en
1928 l’auteur célèbre de l’ouvrage Propaganda où il
définit cyniquement la démocratie comme «la
158
manipulation des masses par cet organe exécutif du
gouvemement invisible qu’est La propagande; soit ce
processus de modelage des opinions pour les intérêts d’une
certaine élite», il est considéré comme le père de la
propagande politique institutionnelle, appelée par ses
soins ct par euphémisme: «relations publiques».
Vulgarisateur de l’oeuvre de Sigmund Freud aux
USA, ce fervent adepte de «la psychologie des
profondeurs» peur revendiquer, entre autres faits
d’armes: la campagne de manipulation dite
<< Commission Cree!» qui, en 1917, poussera le
peuple américain da ns la Première Guerre mondiale,
et celle qui, manipulant l’imbécillité féministe,
soumettra, sous le nom de «torches de la liberté»
‘ les femmes américaines au marché de la cigarette et
au cancer du fumeur.
Ajoutons enfin que, contrairement aux deux autres,
M ünzenberg et Goebbels, ce grand démocrate mourra
dans son lit en 1995 sans avoir jamais été inquiété, à
près de cent ans, dans le Massachusetts …
DE LA PRESSE AUX MÉDIAS
Une manipulation méthodique de l’opinion
publique, via les médias de masse, dont nos
intellectuels français ne prendront pleinement
conscience qu’à l’orée des années 1960. Date à
laquelle les derniers journaux indépendants er de
qualités – comme Le Monde période BeuvcMéry
– achèveront d’être liquidés et remplacés chez
nous, sous la pression de l’oliga rchie financière, par
la presse de divertissement: principalement presse
pour jeunes et presse féminine …

LES CLERCS D’AUJOURD’HUI TOUS AU SERVICE
DE L.:OCCIDENT MARCHAl D
Il est impo rtant de remarquer enfin qu’à l’instar
des deux maîtres de Joseph G oebbels : Willy
Münzenbe rg et Edward Bernays, les agents de propagande,
précédemment répartis dans les deux camps
du progressisme: communisme ct libéralisme, fusionneront
sous la même bannière «antifasc iste» à partir
de l’élimination de Léon Trotski (20 août 1940).
Un antifascisme associant désormais, dans un
même mal totalitai re nazisme et communisme,
rebaptisé pour l’occasion «stalinisme».
Un ralliement général au mondialisme marchand
opéré, pour les dernie rs, à la faveur des évènements
de 1968, sous l’appellation « néo-conservatrice >> aux
,
Etats-Unis et en France «libé ral -libertaire».
Un vaste réseau réunifié de professionnels de la
propagande et de la manipulation de masse, désormais
intégralement au service du camp libéral, acla ntiste et
sio niste, incarné chez nous par les Cohn-Bendit,
Glucksma nn, BHL, Kouchner, Adler, Attali et autres
Alain Mine… tous ennemis déclarés du peuple,
q ualifié de « populiste», et de la nation considérée
comme intrinsèquement « fascisre et réactio nnaire»,
Un positionnement en contradiction totale avec les
fo ndamentaux du progressisme forgés, par la
Révolution fran çaise, sur le peuple et sur la Nation .. .
COLLABOS ET IDIOTS UTILES
U ne é lite de manipulateurs stipendiés, suivie, via
la propagande médiatiq ue étendue à l’Université,

(par une horde d’auxilia ires bénévoles principalement
puisés au vivier du gauchisme adolescent (LCR puis
NPA, CNT . .. ), des idéalistes livresques (profs de
gauche) et de« l’antifascisme »sous contrôle policier
via les Renseig nements Généraux (Ras l’Fro nt,
Reflexes … ).
Autant d’ idiots utiles et d ‘exécutants de bonne
foi chargés des basses besognes (manifestat io ns de
rue, cassage de g ueules . . . ), principa lement dirigées
contre les vrais résistants au système (Ultra-gauche,
Troisième voie . .. ) selon la vieille méthode du
«diviser pour régner ».
Une main-d’oeuvre certes inculte et stupide,
mais g ratuite et pléthorique, sans laquelle le système
ne pourrait pas fo nctionner. D’où l’attention
pa rticulière portée par les cadres de la propagande
rémunérée à sa formation et à son renouvel lement:
abrutissement des étudiants par le gauchi sme da ns
les années 1970 via la LCR d’Alain Krivine;
décerve lage des jeunes par l’antiracisme via
«Touche pas à mon pote », piloté par Julien D ray à
pa rtir des années 1980 …
LE PLANCHER DE VERRE
Ainsi, que lle que soit la composition de la base:
adolesce nts inc ultes, indéc rotta bles naïfs
cyniq uement manipulés, on peut considé rer qu’à
un certain niveau hiérarch ique: rédacteur en chef,
président d’associatio n, recteur d’Université, leader
syndical ou politique, mais aussi faux écrivain à
succès ou journaliste animateur vedette … il n’y a
plus que des << initiés».

Des complices par lâcheté, intérêt ou conviction
(il existe aussi des salauds de bonne foi) de ce système
de domination par le mensonge et la man ipulation.
Un vaste réseau de prostitution morale et
intellectuelle fondé sur la con nivence et la
cooptation – qualifié dans les années 1970 par le
sociologue marxiste Michel Clouscard de «réseau
culturo-mondain »-où l’abandon de l’idée du vrai
et du bien par le clerc déchu est compensé par ! »éternelle
triplette de l’a rgent, des honneurs et du cul. ..
SE CHOISIR LE PLUS MAUVAIS ADVERSAIRE
Mais le clerc intègre, outre sa sta ture morale,
étant souvent d’un niveau intellectuel supérieur – les
plus prompts à faillir étant toujours les plus
méd iocres – le réseau culturo-mo ndain de
propagande et de soumission a aussi pour habitu de,
chaque fois q u’ ille peut, de choisir ses contradicteurs
parmi les plus médiocres.
Soit en puisant directement dans son propre
camp, comme avec le faux opposant Olivier
Besancenot.
Soit en allant chercher pour contradicteur le
débile extrémiste qui, en le caricaturant, disqualifiera
l’opposant absent ; une technique actuellement très
utilisée avec les musulmans …
DIABOLISER ET MARGINALISER
Promotion d’un côté, persécution de l’a utre .. .
Une fois interdit de parole, l’insoumis sera aussi

copieusement diffamé par 1 ‘orchestration de
campagnes médiatique où le clerc, devenu épurateur,
achèvera de le marginaliser. U n boulot de délateur
et d’inquisiteurdontDidier Daeninckx – su rnommé
«Didier Dénonce» pour son zèle incomparable et
son site amnistia. net se sont fait une spécialité.
La sentence- équivalant à l’excommunication
du temps du pouvoir de la papauté- étant toujours
la même: «Fasciste, nazi, antisémite! », soit la
fameuse réductio ad hitlerom; l’insoumis fut-il
comique, métisse africain et combattant antiraciste
comme Dieudonné …
POUSSER À LA RADICALISATION
Un ha rcèlement méthodique consistant à pousser
littéralement le clerc resté libre et intègre à craquer
psychologiq uement ; par exemple en le traitant
d’antisémite, même s’il est marxiste et juif comme
Edgar Morin, en espérant qu’il le devienne …
TAPER AU PORTE-MONNAIE PAR LA
,
JUDICIARISATION: LE RETABLISSEMENT DU
DÉLIT D’OPINION
Diffamé sans pouvoir répondre, déshonoré et
marginalisé, le clerc insoumis sera enfin ruiné par
divers procès où des parties civiles, décrétées «d’utilité
publique» par le pouvoir qu’elles exercent sur la
République, prélèveront chacune la livre de chair.
Autant de condamnations pécuniaires pour « incitation
à la haine» obtenues au nom de la défense des
minorités par les fameuses assoctattons « antiracistes
»: Ligue des droits de l’homme, LICRA, MRAP … et
autres officines communautaires (voir chap. 2 sur les
minorités agissantes) qui, à coup de loi Pleven
( ter juillet 1972) et autre loi Gayssot (13juiUet 1990)
soutirées à la lâcheté républicaine, sont parvenues à
rétablir en France le délit d’opinion …
LA VIOLE CE PHYSIQUE, TOUJOURS EN
DERNIÈRE INSTANCE
Ainsi, dans notre démocratie fondée sur le pouvoir
de l’argent et la propagande médiatique, les
persécutions d’opposants conduisant à la mort sociale
passent-elles logiquement par ces deux armes
typiquement démocratiques : disgrâce publique et
. , .
ruine economtque.
La persécution physique, que ce soit le cassage
de gue,u le par des milices communautaires couvertes
par l’Etat ou l’élimination pure et simple (mort
suspecte d’un Coluche ou d’un Bérégovoy}
intervenant toujours en dern ière instance.
Une sou rn ission par la séduction ou la préca risation
qui différencie, là aussi, la démocratie des régimes
ouvertement autoritaires (communistes, fascistes}
qualifiés pour cette raison, de «totalitaires» …
RAPPEL DE PRINCIPE: LE CAP!TAJNE DREYFUS ,
FORCÈMENT INNOCENT
Rappelons enfin qu’avant que la propagande ne
devienne un métier, la première campagne où le
164
pouvoir de l’opinion et le pouvoir de l’argent se trouvèrent
alliés pour réduire un adversaire, fut l’affaire
Dreyfus au tournant du xxe siècle (1894-1906).
Une affaire banale transformée en opération de
masse par le battage médiatique, avec pour la
première fois réunis l’intellectuel mondain et
mégalomane: Zola et son ronflant j’accuse, et le
ca rriériste politique appuyé par la finance:
Clémenceau et le journal I.:Aw·ore.
Quant à l’inutile débat sur l’innocence ou la
culpabilité du petit capitaine-alibi, il fallait forcément
que Dreyfus fût innocent pour qu’il y ait « affa ire»;
puisque si Dreyfus avait été juif et coupable, le
monde n’en aurait pas plus entendu parlé que s’ il
avait été innocent, mais breton.
Une petite affaire d’espionnage transformée en
symbole, où le fort – le tandem argent-média – sc
fait passer pour le faible- l’a ristocratie catholique
réfugiée dans l’armée française- qui mènera le
débat intellectuel et moral sur la pente fatale de la
pétitionnite sartrienne, incarnée aujourd’hui dans
tout son grotesque par Bernard-Henri Lévy ct ses
grossiers montages pro- israéliens, type affaire
Redeker ou affaire Sakineh …
DES MÉDIAS AU SPECTACLE OU
LA FIN DES CLERCS (lA DICTATURE DU
POLITIQUEMENT CORRECT)
Un lent travail de sujétion, de persécution et de
décervelage oeuvrant comme une centrifugeuse; ce
qui fait qu’aujourd’hui ne reste plus en place –
outre les kapos – que les collabos, les soumis et les
cons, pour un niveau intellectuel et cnuque
fa talement terriblement bas.
Ainsi est-on passé, à l’intérieur même du réseau
médi atique, de déchus cultivés un brin
talentueux – sur le modèle de Dominique Jamet – à
de purs tapins abrutis et incultes, genre chroniqueurs
à Canal +; de «la trahison des clercs », que déplorait
déjà Julien a enda, mais formés à la pensée critique,
à «l’abrutissement des clercs» formatés à la chaine,
avec N ormale Sup remplacé par Sciences Po, le
discours habile de la «deuxième gauche» par la
grosse fi celle de la « menace te rroriste» et la
démocratie amé ricaine comme horizon indépassable
de notre temps.
Une baisse générale du niveau, d’André Gide à
Ariel Wiz man, obligeant bientôt le système à
compenser la d isparition du «maître à penser» qui,
de Voltaire à Sartre, avait guidé l’Occident durant
deux siècles, par un transfe rt du fond manquant
vers la forme; du sens vers le «spectacle ». D’où
l’importance croissante – notamment à partir du
Libération deuxième époque (13 mai 198 1) tout
entier dans sa maquene – du support et du visuel ;
le style Libé (jeu de mots systématique) ou l’esprit
Canal (gaudriole et dérision jeuniste) remplaçant
dorénavant le penseur et sa «vision du monde ».
Le souci étant dorénavant – le médium devenant
le message, selon la célèbre formule de Marshall
McLuhan – de maintenir s uffisamment de
différence de style, malgré un fond idéologique
unanimement libéral : entre Le Figaro et Libé, le PS
et I’UMP, comme on est dans la mode plutôt jupe ou
pantalon, afin d ‘éviter le danger d’une trop visible
166
démocratie à parti unique, fondée sur la dictature
du Marché et du politiquement correct. ..
DU TANDEM CLERC-CITOYEN AU TANDEM
ANIMATEUR-CONSOMMATEUR
Une disparition du cle rc au profit de l’animateur
suivie fatalement d’un abaissement d u citoyen en
consommateur.
Le rôle de ce nouveau clerc-animateur étant
désormais de détruire un à un les anributs de la
Raison – promus et véhiculés par son prédécesseur
des Lumières- afin d’annihiler tout «espri t » de
résistance ; non seulement par la fal sification de
l’information, mais aussi par la destruction, au sein
même du sujet, de sa capacité critique.
Une destruction en douce, par le Spectacle, de
cette Raison qui, en aidant à l’émancipat ion de
l’ancien su jet devenu citoyen, avait été utile au
triomphe de l’idée démocratique contre les fo rces de
la foi ; mais désormais co nsidé rée par le Ma rché
comme néfaste à la domination du Marché …
, ,
LE DESIR CO NTRE LA VOLONTE
Ainsi, la morale de l’espoir et de la volonté
prométhéenne, jadis opposée à la soumission au
fatum chrét ien, sera-t-elle remplacée par le désir ;
soit le laisser-a ller à ses pulsions.
Une« idéologie du désir» prése ntée comme no uveau
progressisme de la liberté par le Marché, mais
aussi par la stupidité gauchiste via son apologie du

spontanéisme. Autant de pulsions désirantes que
l’animateur, via la promotion de l’objet culturel, a
désormais pour charge de convertir en actes d’achat,
notamment par le marché du livre et du cinéma
d’auteur …
L’ÉMOTION  CONTRE LE SEN S
La vo lonté raisonnable annih ilée par la
soumission au désir, le travail de l’animateur
consistera ensuite à détruire ce second pilier de la
Raison qu’est le logos – la logique aristotélicienne
mise au service du sens- par un recours systématique
à l’émotion.
Une empathie affective immédiate – intrinsèquement
favorisée par le médium audiovisuel – et
systématiquement sollicitée par l’animateur contre
le jugement moral résultant de la réflexion …
LA DESTRUCTION  DE LA TRANSMISSION
Une destruction du sens moral par le désir et
l’émotion q ui est aussi rupture de la chaine causale;
soit la destruction du raisonnement au profit du
slogan (« la femme est avenir de l’homme», cd a
Shoah est le crime des crimes» … ) et, à terme, de
toute possibilité de médiation et de transmission.
Destruction du sens, mais aussi du respect par la
rupture de la chaine des générations: jeunisme,
tyrannie débilitante de l’immédiateté et autre
psychologisme féminin menant à l’hystérie du moi,
à la solitude et à la dépression.
168
Une solitude ct une dépression converties en
outre par le Marché en consommation compulsive
d ‘objets transitio nnels, notamment par la mode …
LA DESTRUCTION DU LOGOS ET DE LA
COMPASSION, SOIT LA FIN DU MONDE
HÉLÉNO-CHRÉTIEN
Une destruction par les maîtres et les serviteurs
du Marché du logos grec et de la compassion
chrétienne, par l’immédiateté émotionnelle et
l’égoïsme de la pulsion, qui est aussi la destruction
de cette capacité critiq ue et morale à la base de notre
culture occidentale.
Logos grec et compassion chrétienne q ui sont
aussi les fondements histo riq ues, moraux et
épistémologiques de l’humanisme européen d’où
naquirent la promesse et l’épopée démocratique . ..
CONCLUSION: LA DÉMOCRATIE DE MARCHÉ
ET D’OPINION, CONTRAIRE DE LA DÉMOCRATIE
U ne destruction de la Foi (la royauté catholique)
par la Raison (l’humanisme démocratique) puis de
la Raison par l’Argent (l’oliga rchie bancaire) qui fait
de notre actuelle démocratie de Marché et d’opinion
le contraire même de la démocratie.
Un pouvoir sans partage par le mensonge, la
corru ption et l’abrutissement, d’une oliga rchie
d’argent, mue par l’hybns de la domination, menant
tout droit le monde à sa destruction par le chaos social
en Occident, la misère au Sud et partout la guerre …

LA DÉMOCRATIE OU
LA FAUSSE SÉPARATION DES POUVOIRS
Soucieux de ces possibles dérives, les principaux
théoriciens de la démocratie moderne, Locke et
Montesq uieu, pensaient avoir trouvé la clef de la
solid ité démocratique da ns la «séparation des

pouvoirs».
Une séparation des pouvoirs législatif, exécutif et
judiciaire (parlement, gouvernement et juges) dont
l’histoire de la démocratie elle-même a démontré
q u’elle n’empêche en rien leur collusion par les
réseaux et leur soumission au pouvoir de l’argent. . .
L’ALTERNATIVE DE LA TRADITION
Une domination sans partage q ui nous oblige à
tenir compte de cette autre préconisation issue, elle,
de la Tradition au sens où l’entendait René Guénon
dans La Crise du monde moderne.
Soit la subordination de ce matérialisme
commerçant par le pouvoir transcendant d’une
caste héréditaire, à la fois religieuse et militaire.
Un pouvoir de l’argent qui n’est plus tenu en
respect – comme le note Julius Evola dans Révolte
contre le monde moderne – dès lors que la caste
sacerdotale se dissocie du pouvoir royal pour entrer
en riva lité avec lu i. Un dédoublement du pouvoir
sacré, précédemment unitaire, provoquant un
affaiblissement réciproque des oratores (clergé) et
des bellatores (aristocratie) et la montée inéluctable,
via la branche commerçante des laboratores, du
pouvoir des banquiers.
170
Une défaite du pouvoir de la force sacrée face au
pouvoir matérialiste marchand, entamée da ns
l’Europe chrétienne dès le dédoublement du pouvoir
royal et pontifical. Rivalité du pape et du roi qui
marqua la fin de l’unité et de la permanence du
pouvoir impérial traditionnel pour entrer dans l’ère
chaotique de la modernité …
EMPIRE SACRE’ CO TRE EMPIRE PROFANE
Ainsi, fort de ce constat, retrouve-t-on chez tous
les opposants sérieux à la démocratie moderne: du
nationalisme intégral de Charles Maurras à la
République islamique d’Iran, en passant par l’Ordre
noir de la SS cher à Heinrich Himmler, cette même
tentative de juguler le pouvoir de l’argent par le
retour au pouvoir absolu d’un ord re à la fois
militai re et religieux.
La seule puissance militaire, sans le secou rs du
sacré face aux forces de l’argent, condu isant inéluctablement
à la défaite comme en témoignent les
expériences communistes et fasc istes européennes,
l’échec du panarabisme de Gama! Abdel Nasser ou
du baasisme de Saddam H ussein, et sans doute
demain, s’il n’y prend pas garde, celui du soldat
Vladimir Poutine face à l’homme d’affaires Dimitri
Medvedev …
6.
I’EMPIRE EN ACTION
En raison de la présence en France de près de quatre
millions et demi de travailleurs immigrés et de membres
de leur famille, la poursuite de l’immigration pose
aujourd’hui de graves problèmes. Il faut les regarder en
face et prendre rapidement les mesures indispensables.
La cote d’alerte est atteinte. C’est pourquoi nous
disons: il faut arrêter L’immigration, som peine de jeter
de nouveaux travailleurs au chômage. fe précise bien :
il fa ut stopper l’immigration officielle et clandestine.
Il faut résoudre l’important problème posé dans la vie
locale française par l’immigration. Se trouvent entassés
dans ce qu’ilfaut bien appeler des ghettos, des travailleurs
et des familles aux traditions, aux langues, aux façons
de vivre différentes. Cela crée des tensions, et parfois des
heurts entre immigrés des divers pays. Cela rend
difficiles leurs relations avec les Français. Quand la
concentration devient très importante, la crise du
logement s’aggrave; les HLM font cruellement défaut
et de nombreuses familles françaises ne peuvent y
accéder. Les charges d’aide sociale nécessaires pour les
familles immigrées plongées dans la misère deviennent insupportables pour les budgets des communes.
Georges Marchais, Secrétaire général du PCF,
discours de Montigny-lès-Cormeilles, 20 février 1981
Ce pays mérite notre haine: ce qu’il a fait à mes
parents fut bien plus violent que ce qu’il a fait aux
Afn’cains. Qu’a fait ce pays aux Afn’cains? Que du
bien.
Alain Finkielkraut,
Haaretz, 17 novembre 2005
174
DES ANNÉES 1930 À L’APRÈS-GUERRE …
ET RETOUR
La question qui hante le citoyen lucide qui
contemple ces soixante cinq dernières années du
haut de nos 1 500 ans d’Histoire c’est: «que nous
est-il arrivé? »
Comment a-t-on pu passer, dans une période
q ui n’a connu pourtant sur notre sol ni catastrophe
naturelle, ni révolution, ni guerre, de la présidence
d ‘un de Gaulle – patriote cu ltivé s’efforçant
d’inca rner la g randeur et l’ indépendance
française- à celle d ‘un Sarkozy: margoulin aux
origines et allégeances douteuses, collé à une
demi-mondaine ?
Pour comprendre cette dégringolade, nous
devons nous pencher sur la destruction des pilie rs,
des verrous qui, en détruisant un consensus
politique, culturel, économique et social, a permis
le retour d’un climat qui, par bien des aspects,
rappelle les années 1930 . ..
LE CONSENSUS LI BÉRAL-SOCIAL
D’APRÈS-GUERRE ISSU DU CONSEIL
NATIONAL DE LA RÉSISTA NCE (1945-1973)
On peut globalement considére r la période
d ‘après g ue rre 1945- 1973 -appelée Tre nte
Glorieuses – comme une période de prospérité et
de consensus social.
Prospérité économique due à la dynamique
insufflée par les destruct ions et les pénuries de la
guer re, ct orientée dans un sens libéral par le plan
Marshall.
Consensus socia1 par la nationalisation de
l’éne rgie, de la régie Re nault, des assurances et des
banques, et la création de la Sécurité sociale.
Un régime d’économie mixte, libéral et social,
résultant du programme du Co nseil national de la
Résista nce où patriotes gaullistes et communistes,
prolongeant la fraternité des combats, s’efforcèrent
aussi de ne pas reproduire les déséq uilibres des
années 1930 qui avaient conduit à la guerre.
P ériode de consensus économique et social
donc, mais aussi «mémori el» par l’adoption d’un
même roma n national : ce mythe de la trahison
pétainiste et de la Résista nce de gauche, profitab le
aux deux contractants.
Consensus et roman gaulo-communiste ramené
aujourd’hui à sa réalité dans : Un Paradoxe français:
antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la
Résistance, par l’histo rien israélien Simon Epstein,
mais qui se maintint bon gré mal gré jusqu’à
l’éviction du général de Gaulle en 1969 .. .
176
lA TRAHISON BANCAIRE DU Ct R: DU
CONSE 1SUS GAULO-COMMUNISTE À LA LOI DU
3 JANVIER 1973 El PASSANT PAR MAJ 68
Une fin des Trente Glorieuses (1945- 1973)
injustement attribuée au «premier choc pétrolier»
mais d ue, en réalité, à la première rupture du
programme du C R.
Une rupture qui commence par l’évictio n de de
Gaulle pou r son insoumission à l’Empire; à cette
oliga rchie mondialiste avec laque lle il avait pou rtant
pact isé par deux fois : en 1940, en rejoignant
le camp des alliés contre P éta in ; puis en 1958,
en achevant de liquider l’Empire français dans
l’affaire a lgérienne.
Ma is une insoumission ga ullienne cette fois
cla irement exprimée dans son di scours du 4 février
1965, su r sa volonté de retour à l’étalon-or, puis
dans sa conférence de presse du 27 novembre 1967,
pointant du doigt un certain « peuple d ‘élite sûr de
lui-même et dominateur».
Une éviction de de Gaulle, pou r son insoumis- ,
sion à l’Empire du dollar et à l’Etat d’ Israël, favorisée
par les évè nements de Mai 68 dans lesquels
l’agitateur Da niel Cohn-Bendit joua un rôle
central ; ra ison pour laquelle il est toujours e n poste
aujourd’hui . . .
MAI68 AU SERVICE DE I’EMPIRE
Car avec le recul du temps, nous pouvons dire
qu’ il y eut trois Mai 68:
1
– le Mai 68 libertaire, plutôt sympathique et
spontané;
– le Mai 68 syndical qui conduisit aux accords
de Grenelle (augmentations des salaires) et à la
mise sur orbite de Jacques Chirac;
-et enfin le Mai 68 politique, dont le but était
de déstabiliser de Gaulle et de le chasser du pouvoir,
pour une série de décisions en rupture totale avec
les choix stratégiques et les soumissions de la
République.
De 1961 à 1967 en effet:
– de Gaule s’oppose à l’entrée de l’Angleterre
dans la Communauté économique européenne;
– chasse les bases mili ta ires américaines du
terri toi re national;
– désengage la défense frança ise de l’OTAN;
-et par ses discours de Phnom-Penh et de
Montréal, fait de la France le leader des non-alig nés
face aux deux blocs de la Guerre froide; soit la
fameuse Troisième voie.
Une série d’actes d’i nsoumission culminant
avec l’apothéose pro-palestinienne de novembre
1967, totalement en phase avec l’esprit de mai à
venir, mais malheureusement incompris par la
jeunesse française.
Car si l’on se souvient du climat de l’époque,
l’événement déclencheur de la mobilisation
étudiante en cette période de plein emploi et
d’élévation constante du niveau de vie, grâce au
programme du CNR appliqué par de Gaulle, ne fur
pas la crise sociale, mais la guerre du Vietnam.
Et la perversité machiavélique de l’Empire sera
de faire chasser, par de jeunes idiots utiles criant
178
« US go home? », mais entièrement sous la coupe de
la culture anglo-américaine incarnée par un jeune
leader venu de nulle part, mais étrangement promu
par les médias, le seul opposant sérieux, dans le
camp occidental, à cet impérialisme américain.
Tel est le troisième Mai 68, le moins spontané, le
plus caché, mais celui qui compta pour l’Histoire …
LA LOI DU 3 JANVIER 1973, DITE AUSSI  » LOI
POMPIDOU-GISCARD-ROTHSCHILD•
Mai 68 sans lequel il n’y aurait pu avoir
janvier 1973; soit, une fois de Gaulle chassé du
pouvoir, la trahison de la Nation par la droite
d’affaire incarnée par Georges Pompidou et son
ministre des finances, Valéry Giscard d’Estaing.
Georges Pompidou, ex-directeur généra l de la
banque Rothschild, qui fera passer en douce la
réforme de la Banque de France, interdisant
désormais à l’État d’émettre sa monnaie. Un
article 25 de la loi 73-7 du 3 janvier de la même
année sign ifiant notre entrée da ns la logique
structurale de la dette; soit la fin programmée de
nos politiques sociales.
Une liquidation du consensus Capital-Travail
issu du CNR qui, la colère sociale aidant, entraînera,
après la transition de l’ utile mais inexistant Giscard,
l’arrivée de la gauche au pouvoir …
LA TRAHISON COMMUNAUTAIRE DU CKR:
MITTERRAND OU L’AVÉNEMENT DE LA GAUCHE
CULTURELLE ( 10 ~MAI  198 1)
Mai 198 1, soit l’arrivée de la ga uche au pouvoir.
Ma is pas n’importe quelle ga uche, la «gauche
sociéta le» du Parti Socialiste de la rose au poing
sign ifiant, à partir du gouve rnement Fabius et du
fameux (( retour à la rigueu r>>, que la gauche inca rnée
désormais par Jack Lang, la culture de masse et les
gays, ne couchera plus à l’économie.
La gauche de Fra nçois Mitterrand, soit de ce faux
homme de gauche au passé vichyste caché, président
otage de to ute une cl ique commu nautaire à l’opposé
des hommes de la Résistance qu’avait su fédére r de
Gaulle, afin de maintenir la France unie malgré ses
déchi rements.
Une cl ique communa utai re issue de nos
ex-domin ions du Maghreb et d ‘une Europe de l’Est
humiliée pa r la Collaboration qui, après la
destruction du consensus économique et social du
CNR, travaillera à la destruction de son consensus
moral ; au remplaceme nt, da ns l’esprit des Français,
de la France combattante de Jean Mo ulin par celle
des Papo n, To uvier et autres Bo usq uet soit, q uarante
ans après, la reprise de l’épuration, inaugurée par le
procès Barbie …
ISRAËL, QUESTION CE TRALE
Une stratégie de culpabilisation du peuple de
France qui n’a, dans son immense majorité, rien à
voir avec la Collaboration ni aucun compte à rendre
180
sur cene pé riode, mais une stratégie de culpabilisation
présentant un double avantage:
-Celui d’empêcher toute critique, immédiatement
q ualifiée d’antisémite voire de naz ie face à la montée
d’un communautarisme pourtant de plus en plus
«SÛr de lu i-même et dominateur ».
– Travail de culpabilisation éhonté , empêchant,
dans le même temps, toute critique de l’Etat d’ Israël,
malgré une politique de plus en plus claireme nt
raciste et colo niale.
Une communa uté se présentant a ussi – ceci
en traînant cela – de plus en pl us o uvertement
comme peu ple à part plutôt que comme partie du
peu ple de Fra nce, et dont la fid élité désormais n’a
·plus à a ller à l’ignoble Fra nce- éterne llement
collabo et redevable- mais à l’état raciste et colonial
d’ Israël …
LE PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS
REMPLACÉ PAR L’ANTIRACISME ( 1981)
Une liquidation économique et morale du pacte
scellé par les hommes du Conseil natio nal de la
Résistance- qui eux avaient combattu les naz is- qui
s’achèvera logiquement par la liquidation de son
partenaire historique: ce PCF de Georges Marchais et
sa vision de classe, liquidés eux aussi par la gauche
après le discours de Montigny-lès-Cormeilles, au
profit de l’antiracisme:
Un antiracisme désormais seul combat du PS en
cette période de liqu idation de l’industrie et de
c hômage de masse; soit l’ interd icti on fai te au
peuple ouvrier de contester l’envahissement du pays

par un tiers-monde hostile: immigrés désormais
sans travail mais élevés dans la haine de la France
par le catéchisme anticolonial. Avec cette fois à la
manoeuvre le trotskiste et sioniste Julien Dray
succédant à Daniel Cohn-Bendit. ..
DE MARCHAIS À LE PE N:
LE MOMENT FRONT NATIONAL (1984)
Le PC de Marchais et Montigny-lès-Cormeilles
liquidé par le PS, l’appareil a compris le message:
fini l’analyse de classe et la défense des ouvriers
(voie ouverte par la CFDT), bienvenue désormais
aux jeunes, aux femmes et aux «beurs» dans le
nouveau PCF, sans électeurs, de Robert Hue puis
Marie-Georges Buffet.
Ainsi, après cet aba ndon de sa base populaire,
l’immigrationisme – stratégie de dumping social de
la droite patronale -devient pour toute la gauche le
nouveau progressisme par la magie de
l’antiracisme!
Le coup de génie de Mitterrand étant, dans le
même temps, de fai re passer toute résistance à ce
dumping social pour une idée d’extrême-droite, par
un coup de pouce à Jean-Marie Le Pen.
Ce sera, à sa demande express, le fameux passage
à «l’Heure de vé rité» sur le service public le
13 février 1984 en prime time. ,
Emission où le président du Front national se
montrera si bon, qu’il faudra ensuite faire suivre ce
coup de pouce d’un puissant coup d’arrêt, par la
profanation de Carpentras . ..

FN ET SOS RACISME, MÊME COMBAT
Un Front national qui devient donc, à partir du
milieu des années 1980, à la fois le seul opposant au
système mondialiste; mais aussi son idiot utile en
contribuant à promouvoir cerre nouvelle lecture
racialiste des rapports sociaux.
«SOS racisme» étant chargé, dans le même
temps, de valider cette même lecture ethnique
auprès des jeunes.
Sans oublier de sauver un racisme, devenu
résiduel dans la France de Daniel Balavoine en
poussant les migrants africains et magrébins ‘à la
haine du Français de souche, fo rcément vilain facho
colon ct collabo …
LA DESTRUCTION DU SÉRIEUX MARXISTE: LE
MOMENT NOUVEAU PHILOSOPHE ( 1977-1981)
Mais cette liquidation du PCF remplacé par le FN
n’aurait pas pu se faire sans le travail préalable de
liquidation, à gauche, du sérieux de l’analyse marxiste.
Un travail entrepris dès Mai 68 par l’avant-garde
trotskiste et l’enragé pour étudiants AJain Krivinc;
mais que les «nouveaux philosophes»: BernardHenri
Lévy et André Glucksmann en tête (JeanPaul
Dollé, Jean-Marie Benoist ou Gilles Susong ne
bénéficiant pas du même tremplin médiatique)
auront pour tâche de fai re passer au grand public, à
la fin des années 1970.
Un matraquage préparant, se lon la bonne
méthode gramscienne, l’hégémonie idéologique de
cette nouvelle gauche «culturelle», à la fois com-

munautaire, mondialiste, métisseuse et a ntisociale
qui sera l’assise de la mitterrandie …
lA NUISANCE BHL EXPLIQUÉE À CEUX QUI LE
PRENAIENT ENCORE POUR UN PHILOSOPHE
Cela fait trente-cinq ans que tous les gens qui
pensent, disent et répètent qu’ il n’y a pas de pensée
chez Bernard-Henri Levy, que BHL philosophe est
une pure escroquerie; l’ultime épisode «JeanBaptiste
Botul »étant là pour le démontrer jusqu’au
grotesque.
Une certitude pourtant, BHL, horripilant bourgeois
cosmopolite méprisant la France et son peuple, est
tout sauf un imbécile. Et, surtout, malgré un verdict
maintes fois répété par tous les penseurs qui pèsent:
de Raymond Aron à Emmanuel Le Roy Ladurie en
passant par Cornelius Castoriadis et Gilles Deleuze;
malgré les multiples prises la main dans le sac:
mensonge sur sa rencontre avec le commandant
Massoud ou Grozny en flammes, désaveu par la
propre veuve du journaliste américain Daniel Pearl
pour son «romanquète»: Qui a tué Daniel Pearl?;
montage des affaires Redeker et Sak.ineh … Bref,
malgré l’accumulation de déshonneurs et de ridicules,
il est toujours en poste.
Et si tel est encore le cas – la critique qui feint de
s’en étonner refuse sans doute de l’admettre par
peur – c’est q ue sa compétence, son talent et surtout
sa fonction sont ailleurs.
Car dire que BHL n’est pas philosophe, qu’ il ne
pense pas, c’est vra i, communément admis et
maintes fois démontré, mais c’est aussi naïf, inu tile
184
que de dire de Bernard Kouchner q u ‘ il serait
mauvais médecin, d’Adler, de Mine et Attali q u’ ils
ne sont ni géopoliticiens ni entrepreneurs ni
économistes, tous ces gens-là fa isant, à l’évidence,
un tout autre travail.
Pas un trava il de penseur q ui impliq ue de
respecter des règles: logique, honnêteté, méthodologie
… mais un boulot de propagande, grossière,
systématique, relayée en revanche par un énorme
dispositif fait d’argent, de médias, de réseaux, au
service d’une même cause.
Tout comme Bernard Kouchner, passé de la
médecine huma nitaire au devoir d’i ngérence : soit
de la défense des peuples du Tie rs-monde (Biafra) à
la justification de toute les pacifications néocoloniales
à coups de bombes su r les populations civiles
(Serbie, Irak, Afgh anistan), BHL de toute sa
bibliographie d’escroc du concept, mais de fin
politique, tapine étape par étape pour l’Empire,
accompagnant de son baratin talmudique – c’est lui
qui s’en réclame – la marche forcée de l’oliga rchie
mondialiste vers le Nouvel ordre mondial.
Un nouvel ordre mondial mis en branle de façon
explicite et accéléré après l’affaissement du défùnt
. . , .
contre-empire soviétique.
Pour le démontrer, il suffit de se pencher sur ses
livres dont la succession des titres poursuit, au-delà
de leur vide abyssal, ce même et constant objectif:
– 1977: La Barbarie à visage humain.
Message: progressisme = barbarie (gros paradoxe).
Communisme = fascisme = totalitarisme =
nationalisme (autre gros paradoxe, le communisme
ayant enfanté l’internationalisme). Par ailleurs :
Libéralisme = liberté = cosmopolitisme.

Conceptuellement c’est faible, mais sur le terrain
politique, avec du gros pognon pour la pub et des
cheveux longs pour plaire aux jeunes, c’est plus
efficace que l’ancien tandem Raymond Aron 1 JeanFrançois
Revel.
– 1979: Le Testament de Dieu.
Message: Progressisme = nihilisme (toujours
gros paradoxe). Par ai lleurs: Antitotalitarisme
loi = judaïsme. C’est vrai qu’avec: liberté =
cosmopolitisme, on le sentait venir !
– 1981 : L ldéoLogie française.
Message: Esprit français = fascisme = réaction
(colossal paradoxe, l’esprit frança is étant l’accoucheur
historique du progressisme). Conséquence:
Esprit frança is = Pétain = Shoah, et bien sû r, on
le sentait ve nir aussi : Lumières (puisque pas
françaises) = judaïsme!
Là, même Raymond Aron, pourtant peu
soupçonnable de sympathie pour le régime qui lui
avait fait porter l’étoile, est tellement offusqué q u’ il
déclare dans la presse: << Bemard-Henri Lévy vioLe
toutes les règles de l’interprétation honnête et de la
méthode historique. »
Ce travail de destruction du sens et d’inversion
totale de toute l’histoire du progressisme achevé en
trois livres, Bernard-Henri Lévy, poursuivant son
travail zélé de femme de méninge de l’Empire, va
ensuite prêter la main au dépeçage de la Yougoslavie.
Ce sera:
– 1993: le documentaire Bosnia 1
Message: Sarajevo = cosmopolitisme, donc
Bosnie = gentils et Serbes = méchants.
Au même moment, ses deux comparses
Finkielkraut et Glucksmann prendront parti, l’un
186
pour les gentils Croates d’Ante Pavelic, l’autre pour
les gentils Tchétchènes islamistes. Trois partis pris
parfaitement contraires à leur supposée éthique
lévinassienne, mais trouvant, comme chaque fois,
toute leur cohérence da ns la géopolitique de
l’Empire.
Ce travail de liqu idation du bloc de l’Est achevé,
notre rigoureux philosophe ira fort logiquement
s’en prendre aux suivants sur la liste, soit le dern ier
contre-Empire de l’esprit qui résiste à la déferlante
libérale après le défunt communisme: l’ Islam et le
monde musulman. Ça donnera donc:
– 1994 : La Pureté dangereuse.
Message: Islam = intégrisme = nihilisme
rwuveau totalita risme.
Prodige conceptuel qui lui permettra dans la
foulée de se prononcer pour un soutien inconditionnel
à Israël ( = liberté = Lumières = judaïsme) ;
pour l’agression de l’Irak (un million de morts) et
après un petit soutien à Dominique Strauss-Kahn
futu r patron du FMI, pour l’opération «Plomb
durci» sur les Palestiniens ghettoïsés de la bande de
Gaza. Et ce bien sûr toujours au nom des « droits de
l’homme»!
Comprenez mieux maintenant pourquoi son
dernier opus, bien qu’à contenu tout aussi n ul que
les précédents, et bien q u’intégralement d isqualifié
par la risible affaire « Botul » a malgré tout été fêté et
commenté par toute la critique à la botte, et
pourquoi il s’ intitule dans un parfait esprit de
cohérence: De la guerre en PhiLosophie …

DESTRUCTION AUSSI DU PEUPLE DE FRANCE
DANS SA COMPOSITION ORGANIQUE PAR LE
REGROUPEMENT FAMILlAL (29 AVRIL 1976)
Un panorama des nuisances qui ne serait pas
complet sans évoquer aussi le fameux « regroupement
familial ».
Soit cette immigration de peuplement imposée,
sous le gouvernement Chirac, par la droite patronale
et les Loges, main dans la main depuis la Troisième
République.
La droite patronale a u nom du Marché : fai re
consommer l’entrant sous-équipé et le payer moins
cher.
La maçonnerie au nom de ce fameux « universalisme
des droits de l’homme» qui est, depuis 1945,
le masque humaniste du mondia lisme marchand.
Le tout a fin de détruire aussi cette cohésion
ethno-culturelle qui a toujours été un frein à la
division et à la domination des peuples …
LA FIN DE LA FRANCE ACCEPTÉE PAR SON
PEUPLE LOBOTOMISE’ A’ MAASTRICHT
(20 SEPTEMBRE I992)
Une destruction méthodique des piliers qui
faisaient la France économique, morale, sociale,
culturel le et ethnique d’après-guerre, qui s’achèvera
par le référendum de Maastricht et la victoi re du
«Oui»; le renoncement à la France par son peu pie
trava illé au corps depuis plus de vingt ans par le
jeunismc, le féminisme, la « rigu eur économique»,
le métissage ct l’anti racisme.
188
Cargent-roi se jouant des minorités sexuelles ct
ethniques afin que plus aucune fo rce, venue de la
droite morale ou de la gauche sociale, ne vienne
désormais s’opposer au ro uleau compresseu r
mo ndialiste …
LE MOMENT CHEVÈNEMENT OU LE DERNIER
SURSAUT DU RÉPUPLICANISME DE GAUCHE (2002)
Une liquidation qui ne se fera pas sans quelques
soubresauts de résistance du côté de la gauche
républicaine.
Et il faut rendre hommage à la tentative de JeanPie
rre C hevènement de s’opposer, par sa ca nd ida tu re
à l’électi on présidentielle de 2002, à cette dérive
mondia liste et marchande des principes jacobins
authe nti q ues.
Une candidatu re de protesta tion qui coûtera son
é lection à l’a ncien lambertiste Lionel Jospin, mai
q ui vaudra surtout à Jean-Pierre Chevènemem sa
marginalisation politique par son propre camp,
comme on a pu le constater depuis.
Une liqu idation du nationalisme de gauche qui
achèvera de faire du Fro nt natio nal le dern ier
défenseur de poids du camp natio nal-républica in.
Une menace s uffisamment sérieuse pour que le
système la isse aujo urd’hui sa petite place au
turbulent ancien lambertiste, ex-sénateur socia liste
et maçon Jean-Luc Mélenchon, à peu près aussi
crédible da ns ce rôle que Lionel Jospin . ..

 

LA FIN DE  L’ANTIRACISM E OÙ LE MOMENT
•NOUVEAU-RÉACTIONNAIRE .. : MONTÉE D’ALAIN
FINKlELKRAUT ET DÉCLIN DE JULIEN DRAY
(2002-2009)
Le sérieux de la gauche économique et sociale
remplacé par l’antiracisme, cet antiracisme sera
ensuite circonscrit au seul antisémitisme par la
vague dite des « nouveaux réactionnaires ».
Une clique (Pierre-André Taguieff, Maurice G.
Dantec, E’lisabeth Lévy, Shmuel Trigano … )
patron née cette fois par Alain Finkielkraut, passé
sans vergogne de l’anti-vichysme immig rationiste
(pour ra ison biographique) au mépris haineux de
l’Arabe et du Noir.
Un passage de la fausse gauche à la vraie
droite – antisociale et raciste – motivé non pas par
les dégâts in fl igés pa r l’ idéologie antiraciste sur la
cohésion nationale (montée du communautarisme
victimaire, anticolon ialisme rétroactif), mais par
ses effets secondaires sur l’image d’ Israël et la
montée de l’antisionisme en banlieue.
Une idéologie antiraciste de plus en plus gênante,
en effet, pour la domination du PS sur
la jeunesse issue de l’immigration et l’image
d’ Israël auprès des jeunes de ga uche, q ui sonnera le
déclin de SOS racisme et un certain déclassement
de son parrain Julien D ray, opportunément rattrapé
par les affaires et, à défaut d’être jugé (réseaux
maçonniques obligent) vertement «rappelé à la
loi» en 2009 …

LA DOUBLE ÉTHIQUE DE PLUS EN PLUS VlSIBLE
DE L’ANTIRACISME SIONISTE ET LA QUESTION
SOUDAIN LOISIBLE DE I’IDENTITÉ NATIONALE
Dès lors, les thèmes du «danger de l’ islam ,,, voire
d’u ne «certaine immigration» sur une identité
nationale niée, pour ne pas dire méprisée jusq u’a lors
par les mêmes – et qui valurent à Le Pen d’être voué
aux gémonies durant quarante ans – redeviennent
des questions pertinentes, autorisées dans les
médias.
A’ condition bien sûr que celles-ci soient traitées
par des spécialistes de la double éthique du calibre
du rabbin Bernheim ou du désormais omniprésent
e.t omniscient Alain Finkielkraut, co-s ignataire avec
Bernard Kouchner de la pétition contre le racisme
anti-Blanc, tout en étant membre du comité central
de la LlCRA (depuis 1982) et même membre de son
comité d’honneur depuis 2003.
On appréciera la performance du contorsion-
• niste …
D’OÙ LA NOUVELLE DÉFI IJTION DE
L’ANTISÉMITISME
Outre la réduction de l’antiracisme à la seule
lutte contre l’antisémitisme – le racisme amiMaghrébin
pouvant désormais s’ habiller de lu tte
contre le << fascisme vert », nouveau combat de
Bernard-Henri Lévy- ce repositionnement d’une
bonne partie des intellectuels communautaires ne
sera pas sans conséquence sur la redéfinition de
l’antisémitisme.

Antisémite ne voulant plus dire désorma is :
« ra ciste envers les juifs», ma is comme le redéfinit
AJain Finkielkraut lui-même dans un rare moment
de lucidité : «antisioniste par antiracisme»; ce
dont cet adepte de la double éthique conclut en
bonne logique q u’ il faut donc en finir avec …
l’antiracisme !
D’OÙ LA SCHlZOPHRÉNlE DE
L’ANTIRACISME GAUCHISTE
Un repositionnement qui ne sera pas sa ns
conséquence non plus sur leurs suiveurs et obligés
gauchistes, désormais atteints de schizophrénie
politique.
Des antiracistes gauchistes toujours immigrationistes,
par haine des peuples enracinés (tradition
trotskiste}.
Mais désormais ami-islamistes, au nom de la
défense de la laïcité (entendez : de la religion
maçonnique).
Ce qui conduit finalement ces éternels idiots utiles,
pa rticulièrement bien représentés par Olivier
Besancenot et Caroline Fou rest, à protéger d’une main
l’immigré musulman qu’ ils menacent de l’autre .. .
D’OÙ LE MOMENT » NI PUTE NI SOUMISE• (2003)
Une schizophrénie du positionnement de
gauche : à la fois pour l’immigré contre le França is
de souche, mais contre le musulman jugé hostile à
Israël, que les a ntiracistes sionistes de SOS racisme
192
vont s’eAo rcer de résoudre par la création de «Ni
putes ni soumises>>.
Nouvelle association – toujours téléguidée pa r le
PS via Julien Dray – mais trava illant à opposer
désormais, non plus les Arabes et les N oirs aux
Blancs, comme précédemment, mais les filles aux
garçons au sein de la jeunesse immigrée.
Filles issues du Maghreb, considérées comme
récupérables par la démocratie de marché, parrainées
désormais sur le beau chemin du féminisme par
!: hé ritiè re Publicis et philosophe mill iardaire
Elisabeth Badinte r, née Bleustein-Blanchet.
Garçons abandonnés en revanche au bord du
chemin ct désormais voués aux gémonies pour
c.ause d’in supportable réislamisation machiste !
Un dua lisme et une opposition correspondant
fort peu à la réalité et à la complexité des « quartie rs »,
mais va lidés à la demande par le renfort stipendié de
«collabeurettes >) du style Fadela Amara, suppléant
désorma is les «collabeurs» Malek Boutih et autre
Mohammed Abdi .. .
LE MOMENT DIEUDONNÉ (1 ER DÉCEMBRE 2003)
Dans ce contexte de manipulations, de
mensonges, de double langage puis de retournement
d’alliance, il n’était pas étonnant que le plus honnête,
le plus courageux, le plus talentueux et le plus
engagé des antiracistes authentiques, le bien nommé
Dieudonné (rappelons sa campagne contre MarieFrance
Stirbois du Front national aux législatives de
1997 à Dreux} ose enfin dénoncer cette dangereuse
mascarade par un coup d’éclat retentissant.

Ce sera le fameux sketch emblématique du
«colon israélien» en direct dans l’émission «On ne
peut pas plaire à tout le monde» de Marc-Oliver
Fogiel, le 1er décembre 2003.
Sketch suivi dès le lendemain d’une diabolisation
médiatique et d’une volonté de mise à mort sociale
par un harcèlement judiciaire et pécuniaire sans
précédent.
Un lynchage orchestré par le lobby sioniste et ses
affidés – le milliardaire Bernard-Henri Lévy en
tête – qu’il n’aura dès lors de cesse de ridiculiser par
des surenchères volontairement provocatrices :
– main tendue à ces autres diabolisés que sont
Le Pen et le professeur Faurisson;
-création d’une <diète antisioniste» avec des
insoumis à l’Empire de tous bords aux élections
européennes du 7 juin 2009 …
LA TOUTE PUISSANCE DE PLUS EN PLUS VISIBLE
DU LOBBY SIONISTE
Cette diabolisation et cet acharnement à faire passer,
aux yeux du peuple, un comique métis antiraciste
pour un dangereux nazi, parce qu’ il ose
critiquer la dérive théologico-militaire de l’état raciste
et colonial d’Israël, ainsi que son soutien inconditionnel
par les principales organisations juives
françaises (CRIF et Consistoire) va atteindre un tel
niveau d’obscénité et de ridicule, qu’ils vont avoir
pour conséquences de rendre de plus en plus visible,
aux Français lucides, la toute puissance d’un lobby
sioniste parfaitement disqualifié pour incarner
l’antiracisme, les droits de l’homme ou la démocratie.
194
Une obscénité communautaire parfaitement illustrée
par la prosternation générale du personnel
médiatique et des instances républicaines, président
de la République en tête, à l’annuel dîner du CRIF …
LA NOUVELLE FRANCE BLACK-BLANC-BEUR, MAIS
PAS CELLE DE SOS RACISME
Pourtant, la réconciliation de Jean-Marie Le Pen
et de Dieudonné, sa main tendue au président
Mahmoud Ahmadinejad, nouveau champion de
l’insoumission musulmane et des Etats du Sud à
l’ONU,· n’est-ce pas là cette France «Black-BlancBeur
» dont devrait se réjouir SOS racisme? ,
Etrange donc que cela rende à ce point hystérique
de colère et de haine les professionnels de
l’antiracisme institutionnel, à commencer par leur
parrain en chef Bernard-Henri Lévy …
LE MOMENT SARKOZY (6 MAl 2007)
C’est dans ce contexte de prise de conscience
citoyenne, mais aussi d’abrutissement maximal des
masses par les médias, que va s’opérer la prise du
pouvoir de Nicolas Sarkozy, candidat rassemblant
sur sa personne les plus puissants réseaux.
Une élection gagnée sur une campagne de
redressement national, parodiant celle du FN, qui se
soldera dans les faits (les promesses de campagnes
n’engageant que ceux qui les écoutent) par:
– la liquidation, avec la nomination au poste ,
de ministre des Affaires Etrangères de Bernard
Kouchner, ex-gouverneur du Kosovo nommé par

l’OTAN, du dernier bastion du gaullisme et de
l’ indépendance française qu’était encore le Quai
d’Orsay et sa tradition de politique équilibrée
au Moyen-Orient (qualifiée par le lobby sioniste de
pro-arabe);
– la réintégration de la France dans l’OTAN- autre
trahison de l’héritage gaulliste – scellant la fin de
l’indépendance de notre défense nationale passant
désormais sous commandement américain ;
– la ratification en douce, par une Assemblée
nationale traître à ses électeurs, du trai té de Lisbonne
passant outre le rejet de la Constitution européenne
du peuple de France par référendum ; soit l’abandon
de la souveraineté fran ça ise, politiq ue et économique
à la bureaucratie mondialiste des experts non élus
de Bruxelles;
-et après une campagne de séduction envers la
droite de la droite sur les questions de sécurité et
d’identité, la fameuse «ouve rture à gauche»: cooptation
de Bernard Kouchner, de Jacques Attali, de ,
Michel Rocard, d’Arno KJarsfeld, d’Eric Besson, etc.
Soit en réalité l’union sacrée libérale, aclantiste et
0 0 SIOniSte.
Une perte d’indépendance diplomatique, militaire, ,
économique et politique qui voit l’appareil d’Etat de
la Nation française, sous le quinquennat Sarkozy,
passer intégralement sous contrôle de l’Empire .. .
LE MARIAGE SARKOZY-BRUNI OU
L’OFFICIALISATION DE L’UNION BOBO-LIBÉRALE
(2 FÉVRJ ER 2008)
Et comme sous l’Ancien régime, quand une

lente et minutieuse stratégie d’alliance se concluait
par un mariage, le roi de notre droite mondialiste ct
financière, Nicolas Sarkozy, finit par convoler en
justes noces avec la princesse bobo Carla Bruni.
Un mariage officialisant la fameuse union
libéra le-libertaire discrètement mise en place depuis
Mai 68 (collusion de la droite d’affaire mondialiste
Pompidou-Giscard-Rothschild et de la gauche
internationaliste sociétale Krivine-Kouchner-BHL
sur le dos de l’ancienne alliance de Gaulle-PCF).
Une idéologie libéral- libertaire d’ailleurs
ouvertement revendiquée, depuis les années 1990,
par l’agent impérial multicartes Cohn-Bendit.
Un mariage bobo-libéral alliant le glamour de la
gauche bobo à la vulgarité de la droite bling-bling,
mais signifiant aussi:
– la tra nsgression libertaire de toute règle morale
au service d’une prédation financière sans limite;
– ou encore l’idéologie trotskiste sans-papiériste
de ce cher Besancenot, excellent alibi humanitaire
à l’immigration choisie du MEDEF, tandis q ue
la droite morale, incarnée par le maurrassisme gaulliste
hier et Bruno Gollnisch aujourd’hui, est
évidemment devenue, dans un capitalisme de plus
en plus spéculatif et de moins en moins entrepreneurial,
un frein à la logique du profit maximum …
OU LIBÉRALISME LIBERTAIRE
‘ , AU LIBERALISME SECURITAIRE
Un libéralisme-liberta ire favorable à l’éli te
(hyperclasse nomade et nouvel le classe promotionnelle},
mais de plus en plus dur au peuple, tant sur
le plan économique (déréglementation, délocalisations)
que socio-culturel (délinquance sexuelle,
tensions interethniques) qui va peu à peu se muer
en libéralisme sécuritaire.
Libéralisme sécuritaire : soit un régime libéral
envers la bourgeoisie mondialiste et tout ce qui
favorise l’affaiblissement de la Nation, mais un
, .  » . . regtme secunta1 re, non pas e nvers les délinquants
ou les clandestins qui posent problème au peuple,
mais envers les salariés et la classe moyenne qui
pourraient avoir envie de se révolter contre l’élite
mondialiste.
Un régime libéral sécuritaire qui fait semblant
de résoudre les pro blèmes qu’ il a lui-même créés
et qu’ il continue d ‘aggraver (préca risation,
insécurité), par deux trois lois gadgets q ui pénalisent
toujou rs, en fin de compte, le citoyen qui peut
encore payer: sécurité routière muée en racket
organisé, interdits généra lisés (tabac, alcool) au
nom de la santé publique et censure grandissante de
la liberté d’expression au nom de la protection des
0 0 , mmontes.
Un régime sécuritaire envers le pe uple du travail
sans jamais toucher, en réalité, à la délinquance des
prédateurs sous-prolétaires et des prédateurs de
l’élite, pour donner au final cette société de
consommation policière, à la fo is permissive pour
l’abruti consommateur (libéralisation du sexe et des
jeux … ) et répressive pour le citoyen producteur
(hyper réglementation, taxes et amandes en tous
genres … ) sous pilotage e uro-mondialiste …

VERS LE NOUVEL ORDRE MONDIAL AFFICHÉ
Un pouvoir sarkoziste qui se révèle être, après
trois a ns de règne, la mise au pas pure et simple de
« l’exception française» issue du CNR, afin de
soumettre ce q u’ il restait de France au Nouvel ordre
mondial, via l’Union européenne.
Un Nouvel ordre mondial de plus en plus
souvent invoqué par nos élites impériales – d’Alain
Mine à Michel Rocard- comme but suprême à
atteindre et remède à la crise; alors que cette crise
n’est jamais que la conséquence du processus
mondialiste par la destruction des cultures et le
libre-échangisme généralisé …
MONDIALISATION ET MONDIALISME
A’ ce stade du processus impérial, précisons que
la mondialisation n’implique pas nécessairement le
mondialisme.
La mondia lisation – processus d’échanges
matériels et immatériels dus au progrès
technique- pourrait tout aussi bien se satisfaire
d’un monde multipolaire fait de nations pratiquant
. .  » . . ,
un protectionisme réc1proque et ra1sonné.
Le mondialisme en revanche est ce projet
idéologique- sorte de religio n laïque- qui travaille
à la mise en place d’un gouvernement mondial et à
la dissolution de toutes les natio ns du globe en une
seule humanité.
Une dissolution des nations sous prétexte de
«paix unive rselle» {projet maçonnique), la diversité
des nations ct des peuples étant considé rée
par l’allégorie de la Tour de Babel – comme la cause
– contrairement à ce que nous enseigne la Genèse

des conflits et des guerres qui ensanglantent la Terre
depuis l’aube de l’humanité …
DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE
I.:HOMME CONTRE DÉCLARATION DES DROITS
DE I’HOMME ET DU CITOYEN(1789-1948)
Un processus mondialiste très actif après la
Première Guerre mondiale à travers la Société des
Nations (SDN), q ue la montée des nationalismes
de l’entre-deux-guerres fera refluer, mais qui
resurgira après 1945 par la création de l’ONU
(Organisation des Nations Unies) succédant à la
SDN, et la fameuse «Déclaration universelle des
droits de l’homme».
Une ,Déclaration universelle des droits de
l’Homme» (10 décembre 1948) due à René Samuel
Cassin – également président de l’Alliance israélite
universelle – trop souvent confondue avec «la
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen» de
1789 qui, elle, pensait ces droits dans le cadre
concret d’une nation enracinée- la Nation
française- au nom d’un modèle civilisationnel:
«l’universalisme français « • peu à peu dominé par
un libéralisme anglo-saxon allant de pair avec le
messianisme judéo-protestant …
200
VICTOIRE DU MONDIALISME LIBÉRAL SUR
I’UNIVERSALISME FRANÇAIS ET
I’INTERNATIONALISME COMMUNISTE (1969-199 1)
Nous avons donc en lune contre les nations et les
peuples enracinés, considérés comme nuisibles et à
détruire, deux systèmes idéologiques dominants au
lendemain de la Seconde Guerre mondiale:
– l’internationalisme communiste, logé en
Russie, et décédé le 26 décembre 1991 ;
– le mondialisme libéral américain, sorti
finalement grand vainqueur de la Guerre froide ct
aujourd’hui seul modèle universel à l’Ouest, face au
double écroulement du communisme soviétique,
mais aussi de l’universalisme français défendu par
le général de Gaulle jusqu’en 1969, et encore
aujourd’hui dans les conférences de François
Asselineau …
LE MONDIALISME MARCHAND
AU NOM DES DROITS DE I’HOMME
Il apparaît donc, au sortir de ce court récapitulatif,
que le mondialisme, volonté politique et non fatalité
technique, résulte en fait de l’alliance de deux
processus :
– l’un pratique, par la marchandisation intégrale
de l’Humanité sous la religion du profit marchand ;
– l’autre idéel, et q ui en est la légitimation pour
les belles âmes, par l’idéologie des droits de l’homme
abstrait …
LE DROIT DE I’HOMMISME, ACTUELLE
DÉFINITION ET UTILITÉ
Une « idéologie des droits de l’homme>> qui n ‘a
donc plus rien à voir avec les droits réels des
hommes réels, toujours attachés à leur culture
locale et à leur patrie – l’engouement pour les
compétitions sportives internationales: Jeux
olympiques, Coupe du monde de football. ..
continuent d’en témoigner – mais qui est désormais
le catéchisme qui accompagne la mise au pas de
toute tentative de résistance au mondialisme.
Ainsi, c’est au nom des «droits de l’homme»,
entraînant droit d’ingérence humanitaire, puis
devoir d ‘ ingérence militaire du bon docteur
Kouchner, que l’OTAN bombardera, en 1999, la
petite nation serbe parce qu’elle résistait, au nom
de sa culture et de son histoire, au rouleau
compresseur mondialiste sous pilotage amé rica in.
C’est au nom de l’idéologie totalitaire et
belliqueuse des «droits de l’homme», qu’on bafoue
aujourd’hui les d roits réels des hommes réels
partout sur la planète: que ce soit le droit des
Serbes à rester serbes en Europe, mais aussi bien le
droit des musulmans à rester musulmans en Iran
ou en Afghanistan.
C’est encore au nom des « droits de l’homme»
qu’on détruit, à l’ intérieur des Nations et des
peuples, les solidarité socia les traditionnelles en
subst ituant aux acq uis sociaux, notamment ceux
des ouvriers et des classes moyennes, les droits
sociétaux des pseudo-minorités opprimées, en
réa lité minorités agissantes: droits des fémini stes,
droits des gays, droits des jeunes ou des Blacks
202
(word culture) … qui sont autant de segments de
marché au service du mondialisme idéologicomarchand,
comme avait très bien su l’ ill ustre r,
dans les années 1990, le publicitaire Oliviero
Toscani par ses campagnes « United colors of
Benetton » •..
LA MÉCANIQUE DU CRIME CONTRE I’HUMANITÉ
Dès lors, toute résistance à cette mise au pas:
– Refus de considérer les Serbes comme les
ennemis de l’humanité parce qu’ils essayaient de
préserver leur mode de vie et leur indépendance.
– Refus de considérer les gays comme une
catégorie sociale, la diversité des homosexuels ne se
réduisant pas à un lobby autoproclamé, et la
sodomie restant, quoi qu’il en soit, une activité de
loisir privée.
Bref, cout refus de se soumettre à l’escroquerie
de ces pseudos «droits de l’homme» est considéré
par l’inquisition du pouvoir mondialiste comme
autant de «crimes contre l’humanité».
Une sentence de «crime contre l’humanité» qui
permet de chasser celui qui en est accusé hors de
l’humanité: peuple allemand et japonais après
guerre, peuple palestinien aujourd’hui, iraniens
demain, militants et électeurs du Front national en
France depuis quarante ans . .. Tous ravalés au rang
de sous-hommes et ne béné ficiant plus, pour eux mêmes,
de ces fameux «droits de l’homme>> …
LA SHOAH, RELIGION DE I’EMPIRE
Une menace permanente de réductio ad hitlerum
étalonnée sur le<< crime des crimes» contre l’humanité
qu’est bien sur l’ histoire de la persécution des juifs
d’Europe par le régime national-socialiste allemand
(1933-1945), rebaptisée Shoah depuis les années
1980 par le tout-puissant lobby juif américain.
Un glissement du sérieux de l’Histoire vers le
«devoir de mémoire» instaurant à partir de cette
même époque – soit quarante ans après les faits – la
Shoah comme nouvelle religion impéria le.
Une re ligion dont le credo: << plus jamais ça !»,
sous entendu: << demain le mondialisme ou le
retour d’Auschwitz», se rt aussi d’anathème contre
toute résistance patriotique, ct où la chambre à gaz
prend désormais la place du corps, introuvable, du
Christ ressuscité . ..
DES LUMIÈRES À I’OBSCURANTISME DES DROITS
DE I’HOMME (RESUME’ )
Ainsi, le projet des Lumières fondé sur la
sensibilité rousseauiste et la Raison de Kant, pour
dépasser l’obscurantisme de la scolastique qui
avait ensanglanté l’Europe par les guerres de
religions, a-t-il finalement dégénéré, sous la
pression du libéralisme anglo-saxon et du
messianisme judéo- protestant convergeant da ns
la pensée maçonnique, en «obscurantisme des
droits de l’homme».
«Obscurantisme des droits de l’homme», soit
l’interd iction, sous pe ine de condamnation pour
204
blasphème et pour hé résie, d’utilise r désormais
sa raison pour critique r les mensonges d ‘une
Histoire transformée en mémoi re et ses méfa its
concrets sur l’huma nité concrète: paupérisation ,
précarisation, violences et déclin spirituel des peuples;
les méfai ts de ce processus mondia liste totalitaire
piloté par l’oligarchie financière à son seul
avantage …
POUR LE DROIT AU BLASPHÈME OU LE
POLITIQUEMENT INCORRECT COMME ACTE DE
RÉSISTANCE AU TOTALITARISME IMPÉ RIAL
Face à ce catéchisme oeuvrant pour la dissolution
des nations et des peuples afin de favoriser la
dictature de l’argent.
Face à cette persécution systématique des
majorités au nom de la défense de supposées
minorités menant, au nom des libe rtés, à l’interdit
généra lisé.
Il apparaît que le politiquement incorrect – que
ce soit l’affirmation de l’existence des races
(différence des communa utés ethno-culrurelles),
l’affirmation de l’inégalité des sexes (différence
masculin/féminin) ou encore le révisionnisme
historique généralisé (sens de l’Histoi re, Shoah,
I l septembre … )- loin d’être de la démence ou de
la provocation gratuite, n’est jamais que la réaction
d’insoumission des esprits encore libres et en bonne
santé face à cette idéologie totalitaire du mensonge
et de l’absurdité.
La rés istance, par l’esprit, à la violence de
l’Empire mondialiste …
LES OPÉRATIONS DE GOUVERNANCE GLOBALE:
ÉCOLOGIE, SANTÉ, TERRORISME ET FINANCE
En plus de ce terrorisme antinational oeuvrant,
via la religion impériale du << plus jamais ça! », à
l’hégémonie mondialiste, d’autres opérations« sans
frontières» sont également mises en place qui
concourent discrètement au même but: faire
accepter aux peuples le futur gouvernement
mondial comme une nécessité << naturelle» au-delà
des Nations et des clivages politiques.
La lutte contre la pollution, contre les virus,
contre le terrorisme et les dérèglements financiers
étant autant de causes qui exigent, au nom du bienêtre
et du salut de l’humanité, de passer au-dessus
des gouvernements issus du suffrage populaire,
pour être confiées au niveau planétaire à un collège
d’experts non élus …
,
LE MOMENT ECOLOGIE :
I’AR.NAQUE DU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE
ET LA TAXE CARBONE (2006)
Ainsi, avec le documentaire Une vérité qui
dérange, présenté par Al Gore, ex-candidat
malheureux (pour ne pas dire spolié) à la présidence
étatsunienne, l’oligarchie mondialiste va faire de
l’écologie – ancienne idéologie conservatrice des
années 1920-1930 passée par une phase de
récupération gauchiste à partir des années 1970 – le
fer de lance climatique du mondialisme.
Une écologie appuyée sur les travaux du
GIEC- émanation climatologique de l’ONU, créé en

1988 et déjà utilisé par le gouvernent de Margaret
Tatcher pour justifier la désindustrialisation de
l’Angleterre – au service du nouveau marché de
l’écologie promu par les ex-internationalistes de
gauche passés au mondialisme de droite comme
Daniel Cohn-Bendit (décidément sur tous les
mauvais coups!) pour faire gober aux peuples
d’Occident la thèse du «réchauffement climatique».
Un bricolage mensonger, établissant un lien
causal entre un supposé dangereux réchauffement
planétaire, l’émission de co2 et la production
industrielle, censé permettre au futur gouvernement
mondial d’imposer la non moins fumeuse
<< taxe carbone».
Une taxe présentée aux masses par les médias
comme «ami-pollution »  alors qu’elle n’est en
réalité qu’un énième racket financier sorti des
cerveaux malades de Goldmann Sachs: faire
payer – via un marché carbone – le droit d’émettre
du co2; soit l’impôt ultime sur l’air respiré!
Un vaste montage médiatico-financier fondé
sur une escroquerie scientifique, heureusement
dénoncé par les plus grands climatologues
indépendants, et que vont bientôt refu ser les
puissances émergentes, telles l’Inde et la Chine,
qui voient clairement dans ce nouveau marché
spéculatif où l’on achète le droit de polluer, une
tentative américaine de freiner leur développement
industriel et leur future suprématie économique
mondiale …
LA LUTTE CONTRE LES PANDÉMIES ET
I’ARNAQUE DU VACCIN Hl NI (2009)
Après la gouvernance globale au nom de l’environnement,
ce sera, avec cette fois la complicité de
l’OMS (Organisation mondiale de la santé) -autre
émanation de l’ONU – dans le rôle du GIEC, la
gouvernance globale au nom de la santé publique.
Et en lieu et place de la taxe carbone, le vaccin
H1 N1, nouvelle panacée censée prémunir l’humanité
des risques de « pandémie»- pour épidémie
mondiale – de grippe porcine.
Autre montage charlatanesque qui permet à l’oligarchie
mondiale de terroriser les populations afin
de les soumettre à des directives autoritaires : vaccination
obligatoire encadrée par la force publique,
inte rdiction de se regrouper … toutes choses utiles en
période de crise et de risques de soulèvement populaire.
Le tout sans omettre de réa liser là aussi d’énormes
bénéfices indus. Le lobby pharmaco-chimique,
avec la complicité des gouvernements, ayant fourgué
dans cette opération ses gigantesques stocks de
Tamiflu inutiles; soit, rien que pour la France, 94
millio ns de vaccins à l0,60 € l’ unité, pour un total
de 1 milliard d’euros; même si sous la pression
populaire et les risques de scandale, cette commande
et cette somme seront finalement réduites de moitié,
ce qui fa it quand même un racket net de 500 millions
d’euros payés par le contribuable!
Donald Rumsfeld, actionnaire de Gilead Siences,
propriéta ire des droits du Tamiflu -et, accessoirement
ex-secrétaire de la défense des Etats-Unisayant
empoché pour sa part dans cette opération
une plus-value de 5 millio ns de dollars.
208
Une opération tellement scandaleuse qu’elle
aura eu le mérite de rendre ces campagnes de
vaccination – dans lesque lles certa ins esprits
inquiets voient des o pératio ns ma lthusiennes
d’empoisonnement à l’échelle mo ndiale- de plus
en plus suspectes aux peuples d’Occident …
LA LUITE CONTRE LE TERRORISME ET
I’ARNAQUE AL-QAÏDA (Il SEPTEMBRE 2001)
Mais la première grande opération de terreur
organisée afin de justifier la gouverna nce mondia le,
doublée d ‘une énorme opération financière, sont
sans a ucun doute les fameux atte ntats du
ll septembre 2001 sur le Pentagone et le Wall Trade
Center.
Une opération te rroriste oligarchique,
instrume ntalisant l’ islam radical, q ui permit à
l’Empire de justifier et de relancer ses opératio ns de
pacificatio ns néo-coloniales (Irak, Afga nistan,
demain Iran . .. ) au nom de la lutte contre le
terrorisme abstra it – synonyme du Mal – inca rné
par Al-Qaida de leur ancien agent O ussama ben
La den.
Une auto-validation de la thèse du ((conflit de
civilisations», fer de lance impérial des néo-
conservateurs américains, qut aura permis par
ailleurs l’explosion du budget de l’armée
américaine – toujourspayé parlecontribuable- pour
le plus grand bonheur du lobby militaro-industriel.
Une opération qui aura permis e nfin, aux Etats-
Unis même, l’abolition de fait du Premier
amendement garantissant aux citoyens américains

les libertés démocratiques fondamentales, par le
Patriot Act, au nom de la sécurité intérieure.
Une vérité officielle sur les attentats du
11 septembre tellement intenable- avec notamment
les questions troublantes de l’écroulement des trois
tours du WTC, dont la tour n°7 tombée sans le moindre
avion, et l’avion tout aussi introuvable du Pentagone
… – que plus d’un Américain sur deux n’y croit
plus et pense aujourd’hui, comme de nombreuses
hautes personnalités du monde entier, à un inside job
impliquant services américains et israéliens …
LA LUITE CONTRE LA DETTE ET L’ARNAQUE DE
I’AUTO-RÉGULATION FINANCIÈRE (2007-2008)
Autant d’opérations qui sont autant de coups de
fric pour les maîtres de l’Empire: l’oligarchie
financière, responsable de tous les dérèglements
économiques, se servant d’une façon générale de la
Crise- notamment provoquée par le marché des
subprimes – pour accroître la concentration du
capital occidental entre ses propres mains et achever
de ruiner les classes moyennes.
Une oligarchie financière qui, loin de faire son
mea cul pa, exige maintenant des gouvernements à
sa botte de lui confier les pleins pouvoirs de contrôle
et de régulation, arguant de l’obsolescence des États
face à l’économie mondialisée.
Une exigence machiavélique de pompier pyromane
aboutissant, comme ce fut déjà le cas lors de la création
de la Réserve fédérale américaine (voir chap. 2)
à confier aux renards la garde du poulailler. ..
210
VERS I’URSS À I’ENVERS ?
Cette dérive purement spéculative et financière
de l’économie de marché, où tout n’est plus
désormais que spoliation et privilège oligarchique,
fi nit par empêcher toute création de richesses.
Une sclérose qui ressemble beaucoup à celle du
communisme des Soviets, mué en dictature bureaucratique
d’une Nomenklatura, et qui conduisit
fin alement, par le chemin inverse, à la ruine et à la
paralysie totale de l’ex-URSS.
Un Empire tout puissant en apparence, mais qui
ne se maintient plus, face à la colère grandissante et
à la misère du peuple, que par la propagande et la
répression policière …

LA QUESTION DÉMOGRAPHIQUE POSÉE
À LA DOMINATION IMPÉRIALE

A ce stade de puissance et d’illégitimité, tant
sur le plan démocratiq ue qu’économique, la
question posée à l’oligarchie devient purement
démographiq ue.
Comment le petit nombre de ses membres va-t-il
pouvoir continuer à contrôler une population
mondiale grandissante, et de plus en plus poussée à
la révolte par une crise généralisée?
Un problème crucial auquel notre champion de
l’hyperclasse nomade, Jacques Atta li, répond dans
ses conférences à usage interne, en proposant de
simplifier et de faciliter les conversions, afin
d’accroître les effectifs de sa communauté d’élite de
13 à 200 millions d’âmes.
I’autre solution, proposée selon les dires de feu
Aaron Russo par cet autre oligarque, Nick Rockefeler,
consistant au contraire à réduire de façon drastique la
population mondiale par une série d’actions malthusiennes
qui ressembleraient fort aux opérations de
gouvernance globale précédemment évoquées, mais
poussées à leur terme: famines orga nisées, empoisonnements
de masse, guerre généralisée… afin
que cette masse, réduite au moins de moitié, puisse
continuer à être soumise et contrôlée par l’élite
oligarchique dans sa proportion actuelle …

LE RÈGNE DÉSORMAIS SANS PARTAGE DE
I’EMPIRE SUR L’OCCIDENT

Une vision incroyablement inégalitaire et
violente, qui peut paraître délirante aux esprits
humanistes helléno-chrétiens, mais pourtant
conforme au messianisme judéo-protestant porté
par les élites anglo-saxonnes et qui ont accouché
historiquement de l’Amérique impériale comme du
. . .
proJet s1on1ste.
Une vision et une violence impériales auxquelles
plus aucune force spirituelle ne vient désormais
faire contrepoids en Occident:
– l’alternative cathol ique s’étant ralliée à l’Empire
des droits de l’homme depuis Vatican II (voir
chapitre premier) ;
– l’utopie communiste s’étant écroulée, avec
l’URSS, sous le poids de ses contrad ictions ;
-et les élites fran ça ises ne fa isant que trahir
l’universal isme frança is pour l’Empire, depuis
l’éviction du général de Gaulle …

7. RESISTER A L’EMPIRE

Dans une société de ce genre, même la réussite peut
devenir le signe de l’élection divine – ce qui, au
moment où le critère dominant sera le critère
économique, signifiera richesse, prospérité. Ici ressort
bien clairement l’un des aspects de l’inversion
dégradante dont on a déjà parlé: au fond cette théon·e
calviniste se trahit en tant que contrefaçon matérialiste
et laïque de L’ancienne doctrine mystique de la victoire.
Pendant un certain temps, elle fournira une justification
éthico-religieuse à la montée de la caste des marchands,
du Tiers Etat, dans son cycle propre, qui est celui des
grandes démocraties modernes et du capitalisme.
Julius Evola, Révolte contre le monde moderne
à l’époque où il était possible d’imposer à la
communauté internationale le capitalisme sans coeur et
les gotJts d’un groupe particulie1; et d’imposer lem·
pouvoir au nom de la mondialisation et de leur empire,

est révolue. Le temps d’une morale et de critères à
géométn’e variable et du mépris des peuples est terminé.
Il est illégaL que les résultats voulus par certains
gouvernements soient imposés et que leur seul C17Ûre
d’existence, sous une apparence de recherche de justice
au nom d’une Liberté qui cache les pires menaces et les
pires ruses, soit présenté comme démocratique, et que
la dictature soit présentée comme démocratie.
Discours du président Ahmadinejad lors de la
soixante-quatrième réunion des Nations Unies,
le 24 septembre 2009

Un nouvel État Islamique est ressugi  en ce mois de juillet 2014...qui n'augure rien de bon pour l'avenir...immédiat. Abu Bakr al-Baghdadi s'est même auto-proclamé "Calife de tous les Musulmans". L'Empire après avoir financé  des terroristes ,est maintenant face è un monstre en gestation.
Un nouvel État Islamique est ressugi en ce mois de juillet 2014…qui n’augure rien de bon pour l’avenir…immédiat.
Abu Bakr al-Baghdadi s’est même auto-proclamé « Calife de tous les Musulmans ».
L’Empire après avoir financé des terroristes ,est maintenant face è un monstre en gestation.

FACE À L’EMPIRE, L’ISLAM ?
Après l’effondrement des trois autres forces
morales d’Occident qu’éta ient le catholicisme, le
communisme et l’universalisme fran çais, d’essence
helléno-chrétienne, il apparaît que la dernière
civilisation de la sphère post-méditerranéenne à ne
s’être pas encore totalement soumise à l’Empire est
le monde musulman.
Sans entrer dans un débat théologique pour
lequel nous n’avons ni compétence ni légitimité,
encore devons-nous disting uer dans cet islam
complexe et compliqué, n’ayant ni clergé pour dire
le dogme ni Califat depuis 1924 et la chute de
l’Empire turc pour imposer une politique, deux
grandes tendances du point de vue des intérêts
français et européens …
, ,
ISLAM DE RESISTANCE: REVOLUTION ISLAMIQUE
D’IRA , HEZBOLLAH, HAMAS …

Un islam de résistance à l’Empire cohérent,
articulé autour de la République islamique d’Iran,
comprenant aussi le H ezbollah libanais et le H amas
palestinien.
Islam de résistance parfaitement exprimé par
les discours et les actes du président Mahmoud
Ahmadinejad: solidarité avec la révolution bolivarienne
du président du Vénézuela, Hugo Chavez,
accords de coopération avec le régime syrien
baasiste, sou tien logistiq ue aux combattants
palestiniens sunnites, contestation de la version
officielle des attentats du 11 septembre à la tribu ne
de l’ONU.
Une politiq ue authentiquement anti-i mpérialiste
et antisioniste qui refuse de tomber dans le piège
du «conflit de civilisations» .. .

ISLAM DE COLLABORATION ET DE PROVOCATION:
ARABIE SAOUDITE, AL-QAIDA, BEN LADEN …

À l’opposé, un islam présenté comme radicalement
antioccidental, mais jouant pleinement le jeu
du «conflit de civilisations» dans un partenariat
pervers avec l’Amérique.
La monarchie saoudienne, qui le promeut et le
finance un peu partout dans le monde, étant en
réalité totalement dépendante et complice des
États-Unis par le pacte de Quincy; pacte signé en
1945 entre Ibn Saoud et Franklin D. Roosevelt,
garantissant au régime wahhabite la protection
militaire américaine en échange du monopole sur
ses concessions pétrolières.
U n partenariat militaire et économique encore
renforcé depuis 1973 par la mise en place du
pétrodollar (voir chap. 2).

Une relation trouble e ntre islam radical
et Empire, à l’origine de la création d’Al-Qaida
d’Oussama ben Laden, et d’une façon générale de
cet «extrémisme islamique» dont le rôle objectif est
de pousser à la confrontation les populations musulmanes
et chrétiennes d’Europe – que ce soit par
la sécession du Kosovo voulue par l’OTAN ou le
prosélytisme du voile intégral sur le sol français- et ce
pour le plus grand profit de l’Empire américain …
FACE À L’EMPIRE: L:ESPOIR D’UN MONDE
MULTIPOLAIRE GARANTI PAR LA RUSSIE ?
Face à l’hégémonie américaine, une autre
opposition à l’Empire est l’alliance des États
aspirant à un autre ordre mondial multipolaire.
Une opposition initiée et rendue possible par
l’accession au pouvoir en Russie de Vladimir
Poutine. Pnse de pouvOir qut mtt un terme, a parttr
de l’an 2000, à la trahison de Boris E lstine – sorte
de Sarkozy français- qui depuis la chute de l’URSS,
e n 199 1, avait totalement soumis la Fédération de
Russie à la puissance américaine.
Un contrepoids conséquent à l’Empire, initié
par la création du « Groupe de Shangaï» en 2001, c l
qui permit les insoumissions frontales de l’ Iran et
du Vénézuela, ainsi que les insoumissions plus
discrètes de grands pays comme le Brésil puis la
Turquie …
Une opposition fro ntale à l’Empire malheureusement
partiellement remise en cause dep uis
l’élection de Dimitri Medvedev …
FACE A’ L’EMPIRE:
LA MONTÉE IMPÉRIALE DE LA CHINE?

Une relation différente à l’Empire est celle de la
Chin,e , à la fois candidate à la succession impériale
des Etats-Unis comme nouvelle hyper-pu issance
mondiale, mais également, tant que son marché
intérieur n’aura pas rejoint sa production, partenaire
o, bligé des États-Unis sur le plan économique; les
Etats-Unis achetant, à crédit, ce que la Chine
produit.
Une  relation de rivalité et de complémentarité
dont tout indique, sauf option militaire, que la
Chine sortira victorieuse, mais qui risque fort, pour
la France et l’Europe, de se traduire par le simple
remplacement d’u ne domination impéria le par une
autre.
Une nouvelle domination impériale qui cèlerait
néanmoins la fin de dix-sept siècles de prééminence
du monothéisme abrahamique sur notre monde
méditerranéen …
ET SI LA RÉVOLTE VENAIT
DU PEUPLE AMÉRICAIN ?
Montée de la Chine voire de l’Inde … Quoi qu’il
advienne de ce déplacement inéluctable de la
puissance économique industrielle vers l’Eurasie,
aucun coup ne sera,i t plus fatal à l’Empire qu’une
révolte venant des Etats-Unis même; soit du lieu
de la domination mondiale depuis 1913 et la
création de la Réserve fédéra le américaine (voir
chap. 2).

Une révolte possible, et même probable, du
peuple américain venue des classes moyennes en
voie de paupérisation extrême, guidée par une
fraction des élites WASP patriotes, contre cette
oligarch ie bancaire apatride en train d’achever de
ruiner le pays, tant sur le plan industriel que sur le
plan de son rayonnement international.
Des signes de révolte qui se multiplient en effet
sur deux fronts:
– le front économique: la classe entrepreneuriale
enracinée d’essence anglo-saxonne et protestante
(historiquement incarnée par Henry Ford) tendant
de plus en plus à se révolter contre les spéculateurs
de Wall Street, passés peu à peu du partenariat à la
pure prédation ;
– le front de la politique étrangère qui en est
l’extension par la domination de cette oligarchie
financière sur le Congrès : le soutien inconditionnel
à l’état d’Israël s’avérant de plus en plus contraire
aux intérêts américains (notamment sur la question
iranienne) et soulevant les protestations grandissantes
d’américains de premiers plans issus aussi bien du
camp démocrate, comme Jimmy Carter, que du
camp républicain, comme Ron Paul.
Un front du refus parfaitement exprimé et
synthétisé par l’ouvrage publié en 2009: Le Lobby
pro-israélien et la politique étrangère américaine des
deux universitaires américains, Stephen M. Walt et
John J. Mearsheimer.
Une révolte anti-impériale américaine qui
sonnerait la revanche de l’Amérique des pionniers
contre les rubber barons de Wall Street, tout puissants
depuis 1913, dans ce sourd combat mené depuis
l’Indépendance · par les patriotes américains
authentiques (voir chap. 2) contre les oligarques
apatrides issus de la City de Londres …
LA FRANCE FACE À I’EMPIRE
Dans ce contexte de brutalité impériale, faite de
prédation économique et de manipulations ethnicoreligieuses,
la France se trouve en première ligne,
tant sur le plan économique que confessionnel.
– En première ligne du fait de la volonté de mise
au pas du modèle social français par le néolibéralisme
anglo-saxon.
– En première ligne du fait de la présence
des plus grandes communautés musulmanes et
juives d’Europe dans notre république laïque et
assimilatrice.
Autant de tensions et de pièges qui menacent
l’« exception fra nçaise» sur le plan économique et
social, l’« universalisme fra nçais» sur le plan social
et culturel, et q ui pouvant mener tout droit à la
guerre civile, exigent q uelques mises au point et
éclaircissements …
LE MENSONGE GAUCHE -DROITE
D’abord le mensonge gauche 1 droite.
Depuis l’élection de Sarkozy la preuve semble
faite qu’ il n’y a plus ni ga uche ni droite.
Même si l’ouverture à ga uche du gouvernement
Fillion est en réa lité l’union sacrée des libéraux adantistes,
il est clair qu’ il n’y a plus guère de
différence, sur le plan de l’économie comme des
220
questions de société, entre la gauche bobo du PS et
la droite libérale pseudo sécuritaire d’un Sarkozy.
Et si pour les gauchistes, Sarkozy est un homme
de droite, parce que sécuritaire- ce qui est lui faire
une publicité q u’ il ne mérite pas, son sécuritarisme
ne s’appliquant qu’à la petite bourgeoisie blanche
des automobilistes – pour ceux de la droite nationale,
Sarkozy est un homme de gauche: droit-del’hommiste
et antiraciste, au mieux une sorte de
Tony Blair fra nçais.
En fa it, on peut aussi bien dire aujourd’hui q ue
les politiciens du système sont tous de gauche : tous
pour le droit du sol, le mariage gay … Ou qu’ils
sont tous de droite : tous ralliés à la domination
politique intégrale de l’économie de marché.
Mais cette confusion de la ga uche et de la droite
vient aussi de la confusion de leur défini tion.
Confu sion de leur définition, de gauche, de droite,
qui nous amène à rappeler q u’ il y a deux façons de
définir la ga uche et la droite.
Il y a d’abord, historiquement, la définition de
droite qui nous vient de l’Ancien régime.
Définition qui voit dans la droite les valeurs
positives d’hon neur, de morale, de respect des
anciens et de la hiérarchie. La gauche étant alors la
destruction de ses valeurs par le libéralisme montant
qui débouchera sur la Révolution française.
Le libéralisme, ses valeurs de calcul amoral et sa
destruction de l’ordre ancien devant être considéré,
en bonne logique, comme le mal et la gauche; ce
que certains hommes qui se pensent de la droite
traditionnelle ont tendance à oublier, quand ils se
raIlient systématiquement au libéralisme en pensant
fa ire leur devoir d’ hommes de droite !
Il y a ensuite la définition de gauche qui nous
vient du marxisme et de la Révolution d’octobre,
pour qui ce qui définit la ga uche et la droite est le
rapport Capital 1 Travail.
Est de gauche ce qui favorise le Travail. Est de
droite ce qui favorise le Capital.
Selon cene définition bien comprise, un patron
de PME est
donc de gauche, puisque du côté du
travail productif; un actionnaire du MEDEF est
au contraire de droite, puisque du côté de la re nte,
de l’exploitation et du parasitisme; tout comme
le fi ls de famille oisif, fut-il gauchiste ou RMiste
professionnel.
On remarquera au passage que les valeurs de la
Révolution française, formellement de gauche, puisque
fondées sur un égalitarisme abstrait et déclaratif,
mais pratiquement de droite, puisque triomphe du
libéralisme montant, ne permettent pas de trancher
nettement entre les deux camps: de gauche comme
le peuple, ou de droite comme la bourgeoisie?
Ce qui nourrit encore la confusion française.
De cette première clarification des gauches et
des droites, on peut déjà conclure qu’un mouvement
populaire qui défend à la fois les valeurs morales et
le monde du trava il est de droite, selon la premiè re
dé finition, et de gauche selon la seconde.
Ce qui ne veut pas dire qu’ il n’existe plus ni
gauche ni droite et encore moins que tout se vaut,
mais qu’ il existe une droite morale qui est, si on y
réfléchit bien, l’alliée de la gauche économique et
socia le. Et, à l’inve rse, une gauche amorale qui s’est
révélée être la condition idéologique de la droite
économique dans sa version la plus récente et la
plus brutale.
222
Remarque qui part de la pensée de Proudhon
pour nous mener à Mai 68, à la société de
consommation et au fameux li béralisme-libertaire.
Un libéra lisme-libertaire qui n’est rien d ‘autre q ue
la gauche sociétale – dite aujourd’hui gauche bobo
– au service de la droite d’affaires, afin de détruire
à la fois la gauche sociale et la droite morale unies
par le CNR jusqu’à Mai 68 (voir chap. 4).
Un libéralisme-liberta ire dont le rôle était de
détruire en même temps :
– la gauche sociale incarnée à l’époque par le PCF;
-et la droite morale, incarnée à la même époque
par de Gaulle et son monde des valeurs de culture
.
maurrasstenne.
Une double destruction au service du pouvoir
de l’a rgent qui explique l’incroyable réussite
politique et mondaine des soi-disant parias de
Mai 68; soit l’alliance Pompidou – Cohn-Bendit
suivie de l’alliance Giscard -BHL. ..
CONTRE LE MENSONGE GAUCHE – DROITE:
L’UNION  DE LA GAUCHE DU TRAVAIL ET DE LA
DROITE DES VALEURS
A la lumière de cette analyse, quel point commun
y a t-il entre la droite des valeurs ct la droite
financière?
Aucun, sinon la prétention à la domination
politique par deux groupes sociaux en réalité
inconciliables:
– l’un se fondant sur un ordre moral et la
hiérarchie du monde ancien ;
– l’autre sur l’amoralisme intégral et moderne
de la loi du profit, porte ouverte à tous les arrivismes,
toutes les décade nces et toutes les mo bilités
sociales.
U ne union de deux g roupes à prétention dominat
rice où le premier, q ui n’en a pas les moyens, se
met au service du second qui ne partage aucu ne de
ses va le urs: les libéraux se servant chaque fois des
réactionnaires qu’ ils ont historiquement vaincus et
chassés du po uvoir, comme autant d ‘idiots utiles
pour garde r la majorité contre le peuple, par la
fameuse : «union des droites».
Soit l’éterne lle manipulat ion de la très
respectable droite des va leurs, portée par la classe
moyenne, par le monde de l’argent, issu lui de la
gauche historique .. .
FAIRE BARRAGE À LA GAUCHE, FAIRE BARRAGE À
LA DROITE, MÊME COMBAT
À cette union stupide et mensongère de« l’union
des droites pour faire barrage à la gauche» répond
bien sOr la no n moins stupide et mensongère
« union des gauches pour faire barrage à la droite»,
dé fendue aujo urd’hui par Jean-Luc Mé lenchon.
Un Mélenchon qui sait pourtant t rès bien que
la gauche libertaire et sociétale d’un Cohn-Bendit
est la pire ennemie, sur le plan économique et
social, de la gauche du travail encore dé fendue par
la base du PCF et de la CGT.
Analyse implacable dont il faut logiquement et
politiquement conclure q ue face à cette fausse
opposition gauche 1 droite, masquant en réalité
l’alliance croisée de la droite financiè re et de la
224
gauche liberta ire, seule l’u nion symétrique de la
gauche du t ravail et de la droite des valeurs peut
constituer u ne opposition véritable …
POUR EMPÊCHER I.:U:-.IT0 1 SACRÉE POPULAIRE:
LA MÉCANIQUE ANTIFASCISTE
Une union gagnante du prolétariat et de la
classe moyenne que le pouvoir de l’argent doit
absolument empêcher e n pé rennisa nt, par les
médias et les clercs stipendiés (voir chap. 3),
l’illusion de l’opposition ga uche 1 droite.
Une opposition ga uche 1 droite essentialisée et
Artifi ciellement ma intenue de puis 1945 par le
« pacte antifasciste »·
Un antifascisme désormais sans fascistes, mais
scellant sur le dos des vaincus de la Seconde Guerre
mondiale, le partage du pouvoir et l’ alliance discrète
des libéraux atlantistes et des communistes.
Communistes remplacés après Mai 68 par les
gaucho-trotslcistes.
Un a ntifascisme sans fascistes qui est litté ralement
l’outil d’endoctrinement, de propagande et
de terreur mora le qui permet aujou rd’hui e ncore,
malgré l’évidence économique, le maintien électoral
de l’authentique fascisme impérial:
Cette domination du Capital dans sa forme la
plus pa rasitaire – ami-industrielle et financière –
pour l’asservissement du peuple par son exploitation et sa paupérisation …

D’OÙ LA MASCARADE DE I’ALTERNANCE
Une union empêchée poussant les électeurs
floués à l’impuissance du vote sanction systématique:
un coup à droite avec Sarko en 2007, un coup
à gauche avec Strauss-Kahn en 2012 (?), pour la
continuation depuis 1969 de la même politique …
INSTRUMENTALISATION DES TENSIONS ETHNOCONFESSIONNELLES:
LA MÉCANIQUE ANTIRACISTE
A’ cette mascarade de la fausse opposltton
gauche 1 droite maintenue par l’antifascisme pour
dévier les tensions sociales dans un sens favorable
au mondialisme financier, vient s’ajouter la manipulation
des tension ethno-confessionnelles afin
d’ethniciser la crise: «arabes» contre « souchiens »
tous au bas de l’échelle sociale, plutôt que Travail
contre Capital.
Une culpabilisation du peuple du travail par l’antiracisme,
qui s’est substitué à la question sociale
depuis les années Mitterrand; antiracisme institutionnel
lui-même construit sur l’anticolonialisme …
LA COLONISATION, TRAHISON DE GAUCHE DE
~UNIVERSALI SME FRANÇAIS
Pas plus que la dénonciation de la mascarade
antiraciste ne signifie la réhabilitation du racisme,
la critique de l’anticolonialisme gauchiste ne
sig nifie l’apologie de la colonisation.
226
Pour être encore plus clair: au regard de
l’universa lisme français dont se réclamaient les
colonisateurs de la Troisième République, issus de
la gauche maçonnique, la colonisation fu t un
mensonge et une erreur.
Un mensonge, parce qu’avec un Jules Ferry
déclarant à la C hambre: les races supén »eures ont sur
les races inférieures un droit qu’elles exercent, ce droit,
par une transfomzation particulière, est en même
temps un devoir de civilisation, ajoutant, pour être
encore plus explicite: ma politique, c’est la théon »e,
non pas du rayonnement pacifique, mais du
rayonnement par la guerre. Ma politique, c’est une
succession d’expéditions guerrières aux quatre coins du
monde 1 cette colonisation ne pouvait pas déboucher
pour les peuples colonisés sur l’égalité citoyenne,
mais sur l’indigénat; soit un statut à peu près
comparable à celui du Palestinien.
Une erreur, parce que cette course au marché
captif du débouché colonial sonna aussi notre
déclin économique et technique face à l’Allemagne
de Bismarck q ui, elle, avait choisi l’exigence du
marché européen.
Une colonisation de gauche, laïquarde et
républicaine, à laquelle s’opposait d’ailleurs, soit
dit en passant, la droite monarchiste et catholique
du maréchal Lyautey.
Une colonisation française finalement bien plus
indéfendable, parce qu’elle prétendait se faire au
nom des valeurs d’égalité et de fraternité issues de
la Révolution française, que la colonisation anglaise
accomplie plus honnêtement au nom du commerce
et du roi …

MENSONGE DE LA COLONISATION …
ET DE LA DÉCOLONISATION
Au mensonge de la colonisation fra nçaise, fa ite
d’arrogance impériale pour oublier l’humiliation
de la défaite de 1870 face à l’Allemagne- comme le
rappelait C lémenceau – et de mauvais commerce
– analysé en profondeur par Jacques Marseille –
succèdera le mensonge de la décolonisation.
La décolonisatio n : soit, sous p rétexte
d’antiracisme, la fin des coûts que représenta it la
continuité républicaine: routes, casernes et autres
infrastru ctures inca rnant la «civilisation » chère à
Jules Ferry … pour ne garder aux multinationales
que les bé néfices: extract ions des matières premières
et comme rce inégal.
Une colonisation plus di scrète et enfin rentable
– appelée aussi « Fra nçafrique » – accomplie, ne
l’oublions pas, avec la complicité des élites
indépendantistes auxquelles les élites impériales
redistribuent toujours, pour leur silence et leur
collaboration (essentiellement dans la répression
des mouvements indépendantistes authentiques),
une belle part du gâteau …
DE LA CULPABILITÉ COLONIALE À
I.:ESCROQUERIE ANTIRACISTE
Ainsi, par la mascarade de l’antiracisme, succédant
elle-même à la mascarade de la décolonisation, le
peuple, constitué majonta1rement d’ouvriers
descendant de serfs – soit lui-même «colonisé de
l’inté rieur» – et qui n’a rien à voir ni jamais rien
228
gagné à la colonisation, se voit traité de colon par un
Français de fraîche date qui ne l’a jamais subie lui
même et q u i, des deux, en est l’unique bénéficiaire,
puisque sans l’épopée coloniale, ce Français-quandça-
l’arrange crou pirait encore au Gabon, ou sous la
botte des généraux algériens très démocrates et
partageux comme on sait !
Injure injuste envers le peuple de France par
laque lle ce colo nisé permanent e ntend bénéficier
du privilège symbolique de l’éternelle victime; sans
oublier, si le devoir de mémoire accompagné de
repentance progressent e ncore un peu, de
réparations sonnantes et trébuchantes!
Une escroque rie morale doublée d’une aporie
inte llectue lle, puisque cette condamnation du
colonialisme se fait au nom des« droits de l’homme»,
quand ces fameux « droits de l’homme» font partie
intégrante du bagage colonial.
Une posture et une impostu re d ‘a illeurs tOtalement
contra ires aux valeurs de l’ islam, mais q ui
furent inculquées à cet ancien « pote», redevenu
«indigène», par les éducateurs gauchistes et autres
ma nipulateurs trotskistes de SOS racisme, pour son
plus grand malheur. . .
DERRIÈRE LANTIRACISME: I.:lOÉOLOGIE OU
MÉTISSAGE
Un antiracisme aberrant et contreproductif,
puisque qu’ il pousse à la haine raciale aussi bien le
Blanc injustement insulté, que le Noir qui voit
dans le Blanc un éternel colon, derrière lequel se
cache aussi l’idéologie du métissage.

Cette idéologie raciale du mondialisme, qui n’est
pas l’apport réciproque du meilleur de deux
civilisations pour donner le jazz musette de Django
Reinhardt, mais la destruction de toutes les cultures
enracinées par leur mixage forcé, débouchant sur le
melting-pot, Babel ct l’ilotisme.
Cette world culture de la maille du délinquant
bling-bling en survêt et casquette en tous points
libérale, illustrée dans tout son sordide par les gangs
eth niques, mais tous identiq ues, des ghettos nordame’
n.c at. ns.
Un métissage qui n’est rien d’autre que le
colonialisme du mondialisme que nous subissons
tous, souchiens comme indigènes …
I’ANTIRACISME AU SERVICE DE I’INÉGALITÉ
SOCIALE: LE MENSONGE DE LA DIVERSITÉ
Un antiracisme qui, q uand il n’est pas l’apologie
du métissage, est l’apologie toute aussi néfaste du
.
communautansme.
Une «politique de la diversité» qui prétend –
après les femmes, les jeunes et les gays – faire la
promotion des « minorités visibles », mais qui
consiste, en réalité, à pousser en avant quelques
<< colla beurs» et << négros de service», style Fa dela
Amara et Rama Yade, renvoyés une fois usés à leur
anonymat.
Une volonté de racialisation des rapports sociaux
qui, outre renforcer les tensions ethniques en
période de crise, ne sert qu’a masquer la baisse
générale de l’égalité sociale et la panne de l’ascenseur
républicain en régime néo-libéral. ..
230
DE I’ANTIRACISME À I’ANTI-ISLAMISME OU LE
GRAND. RETOURNEMENT (15 MARS 2004)
Un communautarisme et une racialisation des
rapports sociaux qui s’accompagnent en sus, dans
toute l’Europe, du grand retournement de l’antiracisme
institutionnel en anti-islamisme (voir chap. 6).
Un retournement d’alliance, au nom de la laïcité,
opéré sous la pression des réseaux maçonniq ues et
sionistes, et sanctionné en France par la loi antifoulard
du 15 mars 2004, aggravée depuis par la loi
anti-burqa du 14 septembre 201 O.
Une stigmatisation orchestrée des musulmans,
désormais désignés comme boucs-émissa ires au
peuple de souche touché par la crise, par ceux-là
même qui les ont fait venir et poussés à l’agressivité
ami-française, afin que la colère sociale légitime
envers les élites mondialistes, fort peu musulmanes,
se transforme en guerre civile inter-ethnique.
Un changement de cap qui s’est déjà traduit sur
le plan politico-médiatique par l’éviction d’un Julien
Dray au profit d’AJain Finkielkraut pour le discou rs
d’élite; suivi maintenant d’E » ric Zemmour dans sa
version grand public …
DU DÉCLIN DE I’ANTIRACISME À I’ÉCOLOGIE
Mais la nature de la gauche sociétale ayant
horreur du vide, il faut bien remplacer l’immigré son
rôle de jaune dans le dumping social et de
métisseur involontaire – par une autre cause tout
autant sans frontières et propice au Marché.
Fi donc de l’islamiste, l’Arabe laisse la place à

l’arbre dans le coeur versatile du bobo, désormais
son combat sera l’écologie . ..
LE RETOUR A’ L’ASSIMILATION,
MAIS QUELLE ASSIMILATION ?
Pour contrer cette montée des tensions, l’idéal
bien sûr serait le retour à l’assimilation: que nous
adhérions to us, immigrés comme de souche, à
l’universalisme fran çais.
Seulement, petit problème, durement écorné
par le mensonge colonial, un siècle d ‘ethnologie et
deux guerres mondia les européennes qui nous en
ont fa it rabattre sur la supériorité de l’Occident des
Lumières, ce modèle, no us Français, n’y croyons
plus nous-mêmes.
Sans compter q ue dans le même temps, nos
élites républica ines – y compris E’ ric Zemmour par
son soutien à l’atla ntiste Sarkozy – se sont tous
ralliés au modè le néo-libéral et communautaire
anglo-saxon qui en est l’exacte négation.
Leur combat pour l’assimilation se réduisant du
coup à se plaindre, en sortant du dîner du CRIF, que
le Q uick – spécialité ô combien française – puisse
désormais être hallal !
~INSTRUMENTALISATION IMPÉRIALE DU
SURSAUT IDENTITAlRE
Bien sûr cette situation générale de métissage
forcé finit forcément par générer, au sein du peuple,
un authentique et légitime sursaut identitaire.
232
Sursaut identitaire malheureusement instrumentalisé
par les réseaux francs-maçons et sionistes- via
Riposte laïque et la Ligue de défense juive (LDJ) –
pour faire des «apéros saucisson et pinard » un
ramassis de gueulards avinés appelant à la Reconquista
afin de hâter, sur le modèle yougoslave, l’éclatement
du pays par la guerre civile inter-ethnique.
Le tout pour le plus grand bénéfice du projet
mo ndia liste qui prospère sur le décombre des
Nations …
L’AVENIR DE I’ISLAM EN FRANCE : MUSULMANS
PATRIOTES CONTRE ISLAMO-RACAlLLES
Quant à savoir si l’islam est un bien ou un mal
pour la France, rappelons que pour cette religion
sans clergé, il n ‘existe pas qu’un islam pilotant une
horde compacte et disciplinée de musulmans du
haut d’un quelconque Califat, mais une diversité de
musulmans livrés à des pouvoirs divers, dont la
plupart se tiennent loin de l’agitation comme de la
politique.
D’abord les anciens, issus du travail immigré
d’avant le regroupement familial, qui pratiquent un
islam culturel et discret: vieux travailleurs prolétaires,
au mieux petits commerçants encadrés à la fois
par le pays d’origine, Algérie, Maroc, Tunisie … et
l’État français, ministère de l’Intérieur, relais socialistes,
CRIF … en apparence indépendants les uns des
autres mais depuis des lustres la main dans la main.
Une vieille génération de musulmans élevés
da ns la soumission et la crainte du pouvoir, que
ce soit celui de l’ancienne France coloniale ou
des dictatures « décolonisatrices,. toutes aussi reluisantes
qui lui ont succédé.
Aussi, prétendre que ces petites gens, présents
sur notre territoire depuis q uarante ans et plus,
posent des problèmes de délinquance est parfaitement
malhonnête.
Les jeunes ensuite, nés eux sur le territoire,
Français n’ayant connu en fait que la France, et
réagissant en Occidentaux nourris aux « droits de
l’homme » aux provocations ami-islamistes;
provocations qui sont devenues monnaie courante
depuis le retournement d’alliance de la loi antifoulard
de 2004.
Une nouvelle génération de musulmans qui ne suit
plus l’ancienne, c’est-à-dire ni l’imam du bled ni celui
du ministère de l’Intérieur ou du CRIF- c’est d’ailleurs
le même-et qui, pour compliquer les choses, se divise
en deux camps de plus en plus opposés.
D’un côté: cette nouvelle génération de Français
musulmans intégrés, diplômés et entrepreneurs,
cherchant dans la théologie islamique les raisons de
sortir de la catastrophique posture victimaire –
imposée par SOS Racisme – afin de pouvoir enfin
aimer pleinement et sincèrement leur pays : cette
France dans laquelle ils savent, pour avoir les
moyens de comparer avec le pays d’origine dans
lequel ils n’ont aucune envie de retourner si ce n’est
en vacances, qu )eA tre ne’ est une ch ance.
De l’autre et à l’opposé : cette nouvelle génération
de paumés, issus des ghettos de la relégation et d’un
déclassement chaque jour aggravé par la crise
mondiale, porteurs d’une idéologie délinquante
américaine libérale prolongeant désormais dans
un salafisme bricolé ct superficiel – type Un Prophète,

de l’ancien animateur de supérette rêvant
d’Hollywood, Abdel Raouf Dafri – leur haine
revancharde d’une France coloniale qui ne l’a jamais
été de leur vivant; une haine confuse et épaisse, issue
en droite ligne du rap ami-gaulois fort peu islamique,
mais étrangement promu depuis vingt ans au rang de
«culture jeune» par les médias dominants.
Les premiers, élevés dans un patriarcat ayant
échappé à la féminisation 68, à la fois issus de la
gauche du travail (études menées à bien malgré le
handicap social), mais pratiquant la droite des
va leurs (retour à la tradition contre les sirènes du
matérialisme moderniste) sont incontestablement
une chance pour la France, si on entend par là
l’espoir de son redressement.
Les seconds, voyous apatrides, désormais utraviolents,
cultivant la haine du Blanc, et qui sont
effectivement-sauf pour le facteu r de Neuilly
toujours fan, de son Montmartre bobo, du ringard
Joey Starr- ce que tous les observateurs lucides en
disent, que ce soient les démographes intègres, la
police débordée, le petit peuple, toutes ethnies
confondues, et même les« identitaires,. qui sont, côté
gaulois, leur exact pendant: ces « islamoracailles » à
mettre rapidement hors d’état de nuire avec, pourquoi
pas, déchéance d’une nationalité française q u’ils
haïssent et billet gratuit vers ces paradis islamiques
qu’ils idéalisent : Kosovo, Tchétchénie, Arabie
saoudite … Ce qui serait sans doute la plus cruelle,
mais la plus salutaire sanction à leur infliger!
POUR UNE RÉCONCILIATION NATIONALE:

AOUN ET NASRALLAH PLUTÔT QUE
MILOSEVIC ET LE KOSOVO
De l’issue de ce combat entre ces deux jeunesses:
musulmane patriote et islamoracaille, désormais
face à face et opposées en tout – y compris en
islam- dépend en fait, outre la crise économique,
le chaos de la guerre civile ou le redressement par
la réconciliation nationale.
Et dans ce combat pour. la France, nous devons .
apporter tout notre sout1en aux prem1ers: ces
patriotes musulmans qui travaillent, entreprennent
et ramènent des médailles pour le drapeau dans les
compétitions sportives… Comme nous devons
rompre désormais avec toute dialectique de l’excuse,
être intransigeant avec les seconds qui se comportent
eux, n’en déplaise à la confuse et manipulée Houria
Bouteldja, comme une horde de sous-chiens.
Un combat qui ne se joue donc pas entre
Français et musulmans, comme voudraient nous
le fa ire croire les agents de l’Empire, mais entre1ils
de France aimant vraiment la France et ennemis
de la France, toutes couleurs et toutes religions
confondues.
Le salut du pays étant plutôt à aller chercher du
côté de la réconciliation nationale entreprise au
Liban par le général Aoun, président du Courant
patnotlque libre, chrétien maronite, et Hassan
Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah
musulman, que du côté de la Yougoslavie, où
l’entreprise de Reconquista menée par un Slobodan
Milosévic, entièrement noyauté par la CIA, a conduit
à la partition du Kosovo voulue par l’OTAN …

CONCLUSION :
DEMAIN LA GOUVERNANCE GLOBALE
OU LA RÉVOLTE DES NATIONS ?

Instrumentalisation de l’humanisme hellénochrétien,
noya utage de la République par les
réseaux, exacerbation des antagonismes de classes,
manipulation de la démocratie d’opinion … Tout
indique qu’un long processus, initié au xvme siècle
par une oligarchie bancaire mue par l’hybris de la
domination, approche de son épilogue.
Un projet concerté, passé par de multiples sauts,
de Venise à New York en passam par Francfort et
Londres, qui ne s’est pas accompli sans heurts,
mais qui semble aujourd’hui proche de son
achèvement, puisque après plus de deux siècles de
travail occulte, il ose enfin se présenter sous son
nom.
Ce Nouvel ordre mondial par lequel cette
oligarchie prédatrice exige désormais, par la voix
de ses serviteurs aussi bien de droite, comme Bush
père et fils, que de gauche, comme Rocard ou

Strauss-Kahn, que lui soient remis les pleins
pouvo1rs.
Exigence d’une« gouvernance globale» au-dessus
du su ffrage citoyen ; exigence d’un <<gouvernement
mondial» sur les décombres des Nations présenté
comme ultime solution aux crises, aux famines et
aux guerres favorisées à dessein.
Une tentative d’ imposer par la ruse un pouvoir
dictatorial qui met, à l’horizon 2012, le monde
occidental face à ce choix qui l’engage tout entier :
La soumission totale à cette oligarchie spoliatrice
qui n ‘a eu de cesse, depuis plus de deux siècles,
d’organiser cette <<guer re de tous contre tous»
annoncée par Marx, pour parvenir à cette fin.
Ou la révolte des peuples enracinés réduits en
esclavage, quand ce n’est pas poussés à la misère,
contre cette oligarchie nomade aux procédés
sataniques menant, pour son seul intérêt, le monde
à cet «âge sombre» décrit par la Tradition.

2012 : soit la dictature de l’Empire o u le début
du soulèvement des peuples. La gouvernance
globale ou la révolte des nations.
TABLE DES MATIÈRES
INTRODUCTION : COMPRENDRE LEMPIRE
1. DIEU ET LA RAISON
2. DIEU, LA RAISON ET LA BANQUE
3. LES IDÉES, LES GRANDS HOMMES,
LES RESEAUX
4. DES CLASSES ET DES LUTTES
13
15
39
75
115
5. DÉMOCRATIE DE MARCHÉ ET D’OPINIO 145
6. I.:EMPIRE E ACTIO:-.J 173
7. RÉSISTER A I.:EMPIR.E 213
CONCLUSION : DEMAIN LA GOUVERNANCE
GLOBALE OU LA RÉVOLTE DES NATIONS ? 237

 

 

comprendre  l'empire bbbb

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autodafé et contrôle sioniste des médias,en France

De retour au bons vieux jours racistes ...avec les sionistes.
De retour au bons vieux jours racistes …avec les sionistes.

 

 

Le juge des référés de Bobigny a condamné ce mercredi 13 novembre 2013 Alain Soral et les éditions Kontre Kulture à retirer de la vente un livre et à en censurer quatre autres.

Anthologie des propos contre les Juifs, le judaïsme et le sionisme de Paul-Eric Blanrue est donc totalement interdit à la vente, alors que quatre ouvrages historiques du XIXe et XXe siècles : La France juive d’Edouard Drumont, Le Salut par les juifs de Léon Bloy, Le Juif international d’Henry Ford et La Controverse de Sion de Douglas Reed devront être amputés de nombreux passages jugés contraires au bon vouloir du plaignant, la LICRA.

Cette condamnation est une première en France quant à l’exceptionnalité de son étendue et la violation d’un certain nombre de principes pourtant bien établis concernant la liberté d’opinion et d’expression, la rétroactivité des lois ou bien la nécessaire transmission de la connaissance historique.

En imposant à tous les desiderata d’une association aux intérêts particuliers, cette condamnation d’exception accomplit dans les faits ce qu’Orwell préfigurait dans son ouvrage 1984 : la réécriture du passé pour mieux transformer le présent. Aussi la LICRA impose-t-elle désormais au monde son uchronie et n’hésite plus, lorsque s’oppose quelque résistance, à actionner son bras armé, la justice.

On n’aura donc pas vu une telle décision de caviardage massif et même de mise au pilon depuis l’époque des autodafés. Cette condamnation aussi unique qu’inique va probablement faire trembler le landerneau de l’édition, même hostile, en ce qu’elle pourrait faire jurisprudence en matière de censure des ouvrages historiques et même contemporains. Mais, beaucoup plus grave, ce jugement qui paraissait inconcevable dans un état de droit risque probablement de venir fortifier le vent de révolte qui déjà sourd de toute part en France.

La LICRA et les forces hostiles qui la soutiennent ou l’accompagnent jouent ici sans le savoir aux apprentis sorciers, rendant progressivement vains les appels répétés à l’apaisement et la réconciliation lancés par Alain Soral.

Les éditions Kontre Kulture annoncent qu’elles vont faire appel de cette décision.

 

Source: Bonial.fr