Une nouvelle chronique du blog:Journal de l’Afrique

Nous présenterons un Journal de l’Afrique ,le plus souvent possible …voici notre première chronique:

 

Ensemble, libérons l’Afrique des médiamensonges !
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Malgré son milliard d’habitants et ses nombreuses ressources naturelles, l’Afrique est quasi absente des grands médias. Confinée aux faits divers, elle se résume à trois grands maux : Dictature, Misère, Guerre.
 
Silence sur les causes et les responsables de ces fléaux. Silence sur l’action des grandes puissances, sur la conquête des zones d’influence et sur les enjeux géostratégiques. Alors que chaque guerre en ce continent vise à faire main basse sur les matières premières. Silence enfin sur les réussites des peuples africains.
 
Ensemble, libérons l’Afrique des médiamensonges et du brouillard dissimulateur ! Les Africains doivent connaître la vérité. Ils doivent être informés sur les causes et les conséquences réelles des actions qui se déroulent sur leur continent et ailleurs.
 
Nous sommes heureux de vous présenter le nouveau “Journal de l’Afrique” (JDA), qui donnera la parole au continent sous forme de newsletter régulière. Fameux défi ! Que nous ne pourrons réaliser qu’avec votre aide, chers lecteurs !
 
Nous comptons sur vous pour libérer l’Afrique des médiamensonges.
 
CARLOS SIELENOU & MICHEL COLLON
 
 
Le dessin du mois…Voici des liens vers des articles écrits par des africains que nous soutenons:
 
 
   par Hugo Chavez Frias
   
   par Mikaël Doulson 
 
   par Capitaine Martin
 
   par Piero Gleijeses
 
   par Sam La Touch
 
   par Théofile Kouamouo
 
 
 
Brèves
 
Après Hollande, Obama convoque une grand’messe néocoloniale
 
Cameroun : Bolloré perd le port de Kribi
 
Télécommunication : Israël espionne les Nigérians 
 
Sud-Soudan : 12 500 casques bleus pour protéger…le pétrole !
 
Média : Euronews s’implante en Afrique
 
Les Frères musulmans déclarés « terroristes »
 
Fonds africains : L’Occident grand bénéficiaire du détournement.
 

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VIDÉO:
L’ancien président Jacques Chirac explique l’origine africaine de la richesse de la France

 

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LES BRÈVES DU MOIS

 

Brève 1 
 
 Euronews s’implante en Afrique
 
Euronews lancera mi-2015 une chaîne d’information multilingue panafricaine, Africanews, basée à Brazzaville, en partenariat avec la télévision publique du Congo.24H/24 Africanews émettra d’abord en anglais et en français, puis dans d’autres langues (portugais, arabe, swahili, etc.). Michael Peters, président du directoired’Euronews, a signé samedi 25 décembre 2014 avec Jean Obambi, directeur général de TV Congo, l’accord de coopération pour lancer la chaîne. BBC a déjà un siège au Sénégal et la Télévision chinoise CCTV s’est installée au Kenya. 
 
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Brève 2 
 
Après Hollande, Obama convoque une grand’messe néocoloniale 
 
Triés sur le volet par l’administration US, les dirigeants de 47 pays africains sont conviés à la Maison Blanche les 5 et 6 août 2014 pour faire « progresser les objectifs de l’administration en matière de commerce et d’investissement en Afrique » et mettre en évidence « l’engagement des Etats-Unis envers la sécurité de l’Afrique, le développement de la démocratie et de ses habitants  ». La présidente de la commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, est également invitée. Nombre de chefs d’Etat invités s’étaient rendus à l’Elysée fin décembre pour le Sommet de la Françafrique.
 
 
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Brève 3 
 
 Cameroun : Bolloré perd le port de Kribi 
 
Pour la seconde fois en 10 jours, le Premier ministre camerounais, Philémon Yang, a publié le 22 janvier 2014 dans le quotidien gouvernemental, Cameroon Tribune, un communiqué déclarant « infructueux » le marché pour le « financement, la construction et l’exploitation du terminal à conteneurs du port en eau profonde de Kribi ». Le chef du gouvernement camerounais invite par ailleurs « le soumissionnaire » à « passer retirer sa soumission sous quinzaine ». « Le soumissionnaire » n’est autre que le groupe Bolloré Africa Logistics qui contrôle plusieurs ports en Afrique de l’Ouest et centrale.
 
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Brève 4
 
 Israël espionne le Nigeria 
 
 « Les employés de la firme israélienne de défense électronique Elbit Systems, ont discrètement débarqué à Abuja pour installer un centre d’espionnage complet qui aidera le gouvernement nigérian à fliquer toutes les activités en ligne de ses citoyens », révèle le journaliste Oglala Emanuel. Dans le cadre de ce business, une « équipe d’une vingtaine d’officiers de renseignement nigérians sont actuellement en formation » au siège de Elbit à Haïfa pour faire fonctionner le système (WIT) WiseIntelligent Technology, explique le journal Premium Times basé à Abuja. En plus des équipements de surveillance, Elbit fabrique des drones que l’armée israélienne a utilisés lors de l’attaque contre des civils à Gaza.
 
 
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Brève 5 
 
 Sud-Soudan : 12 500 casques bleus pour protéger le pétrole
 
A l’unanimité de ses 15 membres, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté fin décembre 2013 une résolution qui fait passer le plafond autorisé des effectifs de laMinuss de 7 000 à 12 500 soldats. Leur mission avouée : s’interposer entre les forces fidèles au président Salva Kiir et celles de Riek Machar. Les combats se focalisent autour de l’Etat pétrolier d’Unity. Le pétrole est épargné des combats. Car, « les installations et les exportations pétrolières, qui représentent 95% des revenus du pays, ne seraient cependant pas affectées par les combats », a confirmé l’ambassadeur sud-soudanais à Khartoum, Mayen Dut Wol. Comme quoi le déploiement des soldats dans ce pays vise avant tout la protection du pétrole. 
 
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Brève 6 
 
 Les Frères musulmans déclarés « terroristes »
 
Critiqués en novembre par les USA, leurs alliés d’hier, les Frères musulman sont désormais considérés comme « organisation terroriste en Egypte ». La décision a été rendue public le 25 décembre 2013 par le vice-premier ministre, Hossam Eissa. « Toutes les activités » de la confrérie sont désormais interdites, notamment « les manifestations », a ajouté le ministre de la solidarité sociale, Ahmad El-Boraie. Lors de la 28ème session du Conseil consultatif pour la sécurité outre-mer du 20 novembre, John Kerry avait profondément critiqué les frères musulmans en indiquant qu’ils avaient « volé » la révolution égyptienne.
 
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Brève 7 
 
 Fonds africains : L’Occident profite du détournement
 
« Des milliards de dollars sortent illégalement d’Afrique » vers les pays occidentaux, a affirmé le ministre sud-africain des Finances au G20 à Johannesburg. PravinGordhan n’a pas révélé le montant exact de ces transferts illégaux. Mais a précisé qu’avec cet argent, « l’Afrique pourrait être fondamentalement un meilleur endroit avec plus d’écoles, plus d’infrastructures et plus d’activités économiques ».

 

 

 

Légendes africaines: Mami-wata

Mami-wata,principale "divinité maritime" de la tradition ancestrale Africaine
Mami-wata,principale « divinité maritime » de la tradition ancestrale Africaine

 

MamiWata vient de « Mother water », vite transformée en « Mommy Water », puis en « Mammy water », et enfin en « MamiWata ».

Mamiwata est la Mère des eaux, mi-femme mi-poisson, mi-terrestre mi-aquatique, déesse du culte vodun au Togo et au Bénin, esprit de l’eau craint par les pêcheurs du Nigeria et du Ghana, mangeuse d’Hommes qui erre dans la nuit africaine sous les traits d’une revenante, sainte patronne des prostituées de Kinshasa. Mamiwata est une divinité qui est l’objet d’autant de cultes que d’adeptes. Héroïne de contes lacustres et de légendes urbaines, elle recouvre autant de symboles que de cultures, et incarne autant de vertus que d’espoirs, autant de maléfices que de peurs.

Cette sirène est l’une des rares déités de la mythologie africaine à être représentée, picturalement parlant, sous des traits et une forme récurrents. Les Dieux du panthéon Yoruba, sont presque les seuls à posséder des effigies et des représentations humaines. Rappelons que l’une des caractéristiques de la spiritualité africaine, est sa capacité à « animer » des objets et des êtres appartenant au monde animal, végétal ou minéral, en leur reconnaissant une âme et une existence propre. Mais également en les investissant de pouvoirs et de symboles, permettant aux hommes de communiquer avec le monde « invisible », celui des morts et des esprits.

Mami-wata ,sculpture de Côte d'Ivoire.
Mami-wata ,sculpture de Côte d’Ivoire.

Les mythes des origines, de la création, la cosmogonie, qui permettent d’expliquer l’origine, l’essence et le sens du monde, sont symbolisés, chez la plupart des peuples africains, par des éléments naturels comme l’eau, la terre ou le feu, par des animaux-totems incarnant l’être primordial, par des figures ancestrales, héroïques ou légendaires. La majorité des éléments qui composent leur univers spirituel est donc déjà dans la nature, elle est la nature elle-même. Mamiwata, en plus d’être un être hybride, est une divinité étrangère. Etrangère aux hommes et étrangère à la nature. C’est une créature supranaturelle, car elle incarne le croisement de trois mondes : animal, humain et spirituel. Cette hybridité, qui est en fait une difformité, car elle fait de Mamiwata un « monstre », lui confère paradoxalement tous ses pouvoirs. Mamiwata est également la seule divinité africaine, vénérée ou connue dans un espace géographique rassemblant des cultures et des peuples aussi divers que les Ibo du Nigeria, les Ewé du Bénin, les Bamiléké du Cameroun et les Kongo de la RDC. Bien qu’elle soit l’objet de cultes différents et soit rattachée à des symboles bien particuliers selon les ethnies, les croyances, mais aussi les milieux sociaux, on peut dire que Mamiwata est une déesse « panafricaine ».

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En se basant sur la localisation « côtière » des pays où le culte de Mamiwata est le plus répandu, à savoir le golfe de guinée, pour le Nigeria, le Ghana, le Bénin et le Togo, et l’Afrique Centrale pour le Cameroun et la RDC, certains chercheurs sont arrivés à la conclusion que Mamiwata, dans sa représentation moderne, est apparue pour la première fois en Afrique au 15ième siècle, au moment où les Européens ont abordé les côtes du continent noir. La sirène aurait été introduite en Afrique, à la fois par les récits des marins européens, mais également par les figures de proue de leurs navires, qui représentaient très souvent cette créature fabuleuse. Au milieu du 19ième siècle, une autre image, intitulée « la charmeuse de serpents », inspirée des déesses hindoues, fut emmenée en Afrique. Elle circula abondamment en Afrique de l’ouest, où elle fut perçue comme une peinture mystique, par son étrangeté, par la puissance et la beauté de la figure féminine, dont les traits ressemblaient à ceux d’une africaine. De plus, le thème du serpent s’accordait avec les croyances africaines sur cet animal sacré. Il est plus probable que ces images et ces récits aient influencé la représentation figurative de Mamiwata, en lui donnant un visage et des caractères « humains », mais ils ne l’ont pas inventée. Les Africains n’ont fait que s’approprier ces éléments extérieurs, ils les ont réinventés afin de mieux les intégrer à des croyances existant déjà.

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Les divinités aquatiques ou lacustres étaient déjà très nombreuses, en Afrique de l’ouest comme en Afrique centrale. On vénérait dans la culture Ibo du Nigeria les ndi mmili, esprits de l’eau, tandis que dans la civilisation Kongo, ces esprits portaient le nom de mbumba, et faisaient souvent référence à un grand serpent mythique. La divinité Mamiwata a été intégrée au panthéon des dieux préexistants du vodun sur les bases d’une ou de plusieurs déités de l’eau, mais surtout par le biais du culte Dan du python royal, pratiqué par les Mina, les Ewé, les Adja, les Fon, les Yoruba et les Ibo.

La religion vodun ayant traversé l’Atlantique avec les esclaves africains durant près de quatre siècles de traite, la sirène Mamiwata est également très présente dans certains cultes de la diaspora noire. En particulier ceux du Candomblé au Brésil, où elle porte le nom de Yemanja, et ceux de la Santeria à Cuba, où les descendants d’esclaves africains l’ont baptisée Yemoya. Mamiwata est donc une combinaison subtile de croyances africaines et d’imageries à la fois européennes et indiennes. L’aspect « étranger » de Mamiwata a d’ailleurs toujours été fortement souligné dans sa représentation picturale, comme symbole des bouleversements culturels apportés par la traite négrière et la colonisation européenne.

Mamiwata, en tant qu’allégorie du pouvoir et de la violence coloniale, symbolise l’influence négative du monde extérieur sur les valeurs africaines. La déesse vient du monde des eaux, des mers, des océans par lesquels sont venus les premiers navires portugais, puis hollandais, anglais et français, qui ont emporté des millions d’esclaves vers les Amériques, et ont imposé leurs pouvoirs politique, économique et culturel. Bien que sa représentation physique et son symbolisme varient selon les cultures, dans sa représentation la plus commune, tout chez Mamiwata rappelle l’homme blanc des périodes coloniale et contemporaine. Ses caractéristiques physiques sont celles d’une européenne (peau blanche et cheveux longs), comme l’est aussi son tempérament (autoritaire, égoïste, vaniteuse avec un fort sentiment de supériorité), ses mœurs (libre, amorale et individualiste) et ses pouvoirs (liés à l’argents, aux signes extérieurs de richesse et à la réussite économique). Mais en dépit de tout ce syncrétisme, ce mélange d’influences et de symbolismes, Mamiwata est bien une divinité africaine. Elle est pour beaucoup une allégorie, une projection des désirs sexuels, des difficultés économiques, des espoirs d’ascension sociale. Son hybridité et sa « monstruosité » reflètent avant tout le désarroi des sociétés africaines face à leurs propres mutations, entre tradition et modernité, entre authenticité et aliénation.

Dans les pays d’Afrique centrale, comme le Cameroun et la République Démocratique du Congo par exemple, cette divinité ou plutôt son esprit, apparaît au cœur des grandes villes, de préférence à la tombée de la nuit. Elle est très présente également sur les marchés, autre allégorie du monde invisible, qui par leur affluence attirent la convoitise des revenants et des mauvais esprits. Mamiwata apparaît surtout dans les bars et les lieux de débauche, toujours sous les traits d’une très belle femme qui entraîne les hommes dans la folie. Dans le folklore congolais, Mamiwata est une prostituée qui tente et pervertit les hommes. Elle symbolise toutes les dérives liées à la sexualité : la polygamie, l’infidélité, mais surtout le SIDA.

Le mythe de Mamiwata est loin d’être figé. Il se nourrit chaque jour des nouveaux symboles que lui confèrent ceux qui se l’approprient. Comme tous les mythes, Mamiwata a pour fonction d’incarner une vision du monde positive ou négative. Qu’elle soit un repère spirituel ou un bouc émissaire, elle constitue un mode d’expression des rêves et des peurs que suscitent en Afrique les incertitudes du monde moderne.

(Sources: Wikipédia,recherche personnelle)