Paradis fiscaux : nouvelle fuite de documents des Bahamas

Après les Panama Papers, voici les Bahamas Leaks. Cette nouvelle fuite d’informations concerne plus de 175 000 entreprises enregistrées entre 1990 et le début de 2016 aux Bahamas, pays des Caraïbes reconnus pour être un paradis fiscal.

Nassau aux Bahamas.
Nassau aux Bahamas.

Les informations proviennent du registraire des entreprises des Bahamas. Elles ont été obtenues par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, qui les a partagées avec le Consortium international des journalistes d’enquête (ICIJ) et ses médias partenaires, dont Radio-Canada.

On y trouve le nom des sociétés, des fiducies et des fondations, leurs dates de création, leurs adresses, ainsi que les noms des administrateurs. Les actionnaires n’apparaissent toutefois pas dans le registre.

Il est possible de consulter ce registre des entreprises à Nassau, capitale des Bahamas, située à une heure de vol de Miami. La version électronique du registre, géré par le gouvernement bahamien, est pour sa part souvent incomplète. De plus, récupérer un seul document coûte au moins 10 $.

Explorez tous les documents de cette fuite grâce à une base de données, en anglais, que nous rendons publique ici. Contrairement au registre des Bahamas, vous pouvez faire des recherches par noms d’individus, révélant ainsi des liens qui seraient restés dans l’ombre en passant par le registre officiel.

 

Une base de données unique

Les informations des Bahamas ont été ajoutées à la base de données des Panama Papers. Vous pouvez donc y trouver aussi des informations sur 320 000 sociétés : celles créées par Mossack Fonseca dans les paradis fiscaux, combinées à des informations rendues publiques en 2013, lors d’une première fuite sur les paradis fiscaux surnommée Offshore Leaks.

Il s’agit de la plus importante base de données publique d’entreprises enregistrées dans des paradis fiscaux de l’histoire.

Utiles, les Bahamas Leaks?

Pour André Lareau, professeur de droit fiscal à la Faculté de droit de l’Université Laval, cette nouvelle fuite de documents pourrait être utile aux gouvernements.

Depuis novembre 2011, un accord d’échange de renseignements est en vigueur entre le Canada et les Bahamas.

« Si le gouvernement canadien a une information concernant ceux qui ont de l’argent ou des actifs aux Bahamas, ça facilite [sa] tâche. Le gouvernement peut alors faire une demande en vertu de l’accord de renseignement pour vérifier s’il y a un problème ou non », explique le professeur.

Les Bahamas ont promis de respecter les standards internationaux pour lutter contre les paradis fiscaux, mais ne les ont pas appliqués. Pour cette raison, le pays se retrouve sur une « liste grise » de l’OCDE depuis 2009. Les Bahamas sont surveillées par les autorités fiscales internationales depuis près de 100 ans.

Les autorités des Bahamas ont affirmé au Consortium international des journalistes d’enquête que le pays honore ses obligations internationales. Les Bahamas « ne tolèrent pas l’argent sale », ont-elles dit, soulignant être classées à plusieurs égard parmi les pays « largement conformes » aux standards internationaux.

Les autorités n’ont pas voulu donner de commentaires sur leur registre des entreprises.

Concernant les échanges d’informations fiscales entre pays, « les Bahamas négocient de bonne foi avec tous les partenaires appropriés du Forum mondial sur la transparence et l’échange de renseignements, sous réserve de standards internationaux de confidentialité et de sécurité des informations », ajoute-t-on.

Il faut cependant souligner qu’il est généralement légal de détenir ou de gérer une entreprise dans un paradis fiscal.

On ne peut pas faire l’adéquation automatique entre fraude fiscale et utilisation d’un tel paradis fiscal.

André Lareau, professeur de droit fiscal à la Faculté de droit de l’Université Laval

Sur la piste des Panama Papers

Cette nouvelle fuite d’information n’a pas la taille ni l’ampleur de celle des Panama Papers, qui a ébranlé la planète en dévoilant les documents internes de la désormais célèbre firme Mossak Fonseca.

Mais on découvre que cette dernière, qui a aidé des chefs d’État, des athlètes professionnels, des milliardaires et des narcotrafiquants à profiter des paradis fiscaux, était active aux Bahamas.

Elle y a enregistré près de 16 000 sociétés, à titre d’intermédiaire entre des gens qui voulaient créer des sociétés dans un paradis fiscal et le gouvernement des Bahamas.

Les compagnies aux Bahamas étaient l’un des produits vedettes de Mossak Fonseca.


Pour consulter les Panama Papers et les Bahamas Papers ,voici le lien: Papers

 

 

bahamas


Les documents des Bahamas nous révèlent des détails sur les activités de politiciens, de ministres, de princes et de criminels.

L’une de ces personnes est Neelie Kroes.

Neelie Kroes
Neelie Kroes

Commissaire européenne à la concurrence (2004-2010) et responsable de l’agenda numérique (2010-2014), Mme Kroes était administratrice d’une société bahamienne, la Mint Holding, de 2000 à 2009.

Le problème, c’est qu’elle n’a pas dévoilé ses intérêts dans cette entreprise. Les règles de l’Union européenne exigent que les commissaires déclarent leurs intérêts financiers des 10 dernières années, ce qui inclut les postes d’administrateurs pour des entreprises qui ont des activités économiques et commerciales.

C’était le cas de M. Kroes. La Mint Holding avait été mise sur pied pour faire l’acquisition d’actifs dans le secteur de l’énergie.

Par l’entremise de son avocat, Mme Kroes rejette toutes critiques de ses activités commerciales. Elle n’a jamais été en conflit d’intérêts en raison de liens avec le secteur privé, affirme-t-il. L’omission de déclarer qu’elle était administratrice de cette société, qui n’est plus active depuis 2000, a été faite de « bonne foi ».

« Mme Kroes informera le président de l’Union européenne de cet oubli et en assumera la pleine responsabilité », ajoute son avocat.

Avec la collaboration de Gino Harel et du Consortium international des journalistes d’enquête

Source:Ici-Radio.Canada

 

 

Chaos programmé:Quelqu’un se prépare à détruire l’internet

Le spécialiste de la cyber-sécurité Bruce Schneier a posté un article alarmiste sur son blog, des menaces pèseraient sur les structures de l’internet.

 

Le futur est à craindre
Le futur est à craindre

C’est très sérieux.
C’est LE grand expert de la cybersécurité Bruce Schneier qui l’a écrit sur son blog hier “quelqu’un est en train d’apprendre à détruire Internet” ce sont ses mots.
Quand Bruce Schneier dit quelque chose comme ça, il faut mieux y prêter attention….

Schneier explique que depuis un ou deux ans, les entreprises critiques de l’internet, subissent des attaques précises, calibrées, dont le but semble être de tester leurs défenses, et d’évaluer les moyens nécessaires pour les mettre à bas.

C’est le cas par exemple de Verisign, dont le rapport trimestriel de ce type d’attaques.
Verisgn, c’est l’entreprise américaine qui gère notamment les noms de domaine en .com et .net si Verisign tombe, c’est tout un pan de l’Internet mondial qui disparaît.

Qu’est-ce que ces attaques ont de particulier ?
Schnieier l’explique très bien.

Les attaques les plus courantes sur Internet, sont ce qu’on appelle les attaques en déni de service (en Ddos).

En gros, il s’agit d’empêcher les usagers de se rendre sur le site visé.

Pour ça, même s’il y a des subtilités, le moyen est toujours le même : adresser au site tellement de requêtes qu’il sature et devient inaccessible, c’est ensevelir le site sous les données.

Les attaques en déni de service sont vieilles comme Internet, les hackers y recourent pour faire tomber les sites qu’ils n’aiment pas, les cybercriminels pour obtenir des rançons (car on peut prendre un site en otage).

Il y a toute une industrie de la défense contre les attaques en déni de service, mais, à la base, ça revient toujours à une question de bande passante (c’est-à-dire de débit, pour faire une analogie avec la plomberie).
Si l’attaquant en a plus que le défenseur, il gagne.

Depuis quelques mois donc, les entreprises critiques de l’internet subissent ce genre d’attaques en déni de service, mais elles ont un profil particulier.
Elles portent sur un spectre plus large que d’habitude, et elles durent plus longtemps.
Elles sont plus sophistiquées aussi.
Mais surtout, elles donnent l’impression de tester des choses.

Par exemple, une semaine, une attaque va commencer à un certain niveau, monter en grade, puis s’arrêter.
La semaine suivante, elle va reprendre à ce niveau, puis monter encore.
Comme si elle cherchait l’exact point de rupture.

Et puis ces attaques semblent configurées pour voir les contours des défenses.
A chaque fois, elles utilisent différents points d’entrée en même temps, ce qui est rare, obligeant les entreprises à mobiliser l’ensemble de leurs capacités de défense; à montrer tout ce qu’elles ont à disposition, ce qui n’est jamais bon.

Tout converge donc vers le constat que quelqu’un est bien en train de tester les défenses des entreprises les plus critiques de l’Internet mondial.
Mais qui ?
Schneier ne croit pas à un criminel, un activiste ou chercheur.

Ce genre de méthode passant par le test des infrastructures centrales, ça ressemble beaucoup plus selon lui à un acte d’espionnage ou de renseignement.

Et puis la puissance et l’échelle de temps sur laquelle s’étendent ces attaques désignent un Etat.
Comme si le cyber-commandement d’une armée était en train de calibrer ses armes en cas de cyberguerre.
Ca rappelle à Schneier quand, pendant la guerre froide, les Américains envoyaient dans le ciel soviétique des avions de très haute altitude pour que la défense anti-aérienne soviétique se mette en alarme, et pouvoir donc la cartographier.

Que faire ? Rien, dit Schneier. On ne sait pas d’où ça vient.

Les données qu’il a en sa possession le feraient pencher pour la Chine, et il n’est pas le seul à le penser.
Mais ce type d’attaque permet de masquer le pays d’origine.

La NSA, explique-t-il, qui exerce sur la colonne vertébrale de l’Internet (pour traduire “backbone”) la surveillance la plus approfondie, doit avoir une idée plus précise, mais à moins que les Etats-Unis ne veuillent déclencher une crise diplomatique, nous n’en saurons rien.

Ainsi commence ce John Le Carré au pays des gigabits.

Nouvel Ordre Mondial:Comme l’Union soviétique, l’UE bientôt dans les poubelles de l’histoire

 

 

La récente crise des migrants a fait lumière sur la «crise d’unité» de l’Union européenne. L’organisme européen souffre des mêmes symptômes que l’URSS dans ses dernières années d’existence.

Des migrants en Macédoine, après avoir traversé la frontière grecque.
Des migrants en Macédoine, après avoir traversé la frontière grecque.

Mikhaïl Gorbatchev a très bien dit, il y a pas mal de temps : «Le développement le plus énigmatique de la politique moderne, c’est la détermination apparente des dirigeants européens occidentaux à recréer l’Union soviétique en Europe de l’Ouest.»

Le dernier dirigeant soviétique ne se référait pas à une aspiration de l’UE de s’étendre vers l’est, mais plutôt à la structure de gouvernance mal équilibrée, quand les petits Etats sont de plus en plus dominés par des membres plus grands. Cela est apparu de façon évidente l’année dernière, lorsqu’Angela Merkel a de façon quasiment unilatérale imposé à l’Union Européenne une politique d’immigration libérale, qui a entraîné une division très importante de ses membres.

Il y a dix ans, la Bulgarie et la Roumanie étaient à quelques mois de l’accession à l’UE, la Croatie faisant tout son possible pour les suivre. En effet, l’Union était tellement attirante que même les pays riches comme la Suisse et la Norvège avaient des débats sérieux en vue de la rejoindre. Si quelqu’un avait annoncé que dix ans plus tard, le président de la Commission européenne lancerait des avertissements concernant à la «crise existentielle» de l’UE, vous vous seriez probablement demandé ce qu’il avait bu.

Mais on est en 2016, et Jean-Claude Juncker a dit cela dans son discours annuel devant les députés. Il a reconnu que le bloc manquait d’unité en indiquant que «l’histoire ne se souviendra pas de nous. Elle se souviendra de nos erreurs et de leurs effet sur la prochaine génération». Alors que le chef de l’exécutif européen a tardivement informé les membres du législatif des réalités actuelles, il est raisonnable de penser que le poisson était déjà ferré. C’est apparemment comme ça que  les événements évoluent à pas géant sur le continent.

 

Une Union divisée

Cette semaine encore, le ministre des Affaires étrangères du Luxembourg a appelé à ce que la Hongrie soit jetée hors du club pour avoir refusé d’accepter des migrants, alors que l’Autriche semble incapable d’organiser une élection présidentielle. Certains pensent que c’est le cas parce que l’establishment a peur de la victoire des nationalistes, car les sondages démontrent le large soutien du candidat d’extrême-droite Norbert Hofer, mais la raison officielle est une colle défectueuse sur les enveloppes destinées au vote par correspondance.

Entre temps, à Vienne, le représentant le plus éminent du clergé autrichien, crise-euroSchönborn, avertit les catholiques que les musulmans planifient la «conquête islamique de l’Europe». Dans un contexte global, Christoph Schönborn n’est pas une figure obscure, c’est même l’un des favoris à la succession du pape François au poste d’évêque de Rome.

En même temps, les Balkans reviennent lentement vers cette l’idée. Les Serbes de Bosnie proposent un référendum sur l’indépendance de Sarajevo et la réponse de Zagreb est de menacer d’«agir pour protéger les Croates» en Bosnie, considéré par comme un «Etat qui a failli».

Comte tenu de tous ces discours présageant une crise, les Britanniques se sont libérés de ce pression en votant pour sortir du bloc. Et leurs voisins en Irlande, à l’époque figure emblématique de l’Union européenne, se sont tout-à-coup mis à remettre en question leur propre participation, au vu des pressions exercées par Bruxelles sur le système de fiscal mis en place par Dublin. Comme si ce n’était pas assez mauvais, des hommes politiques anti-Bruxelles montent dans les sondages en Italie et aux Pays-Bas, alors qu’en France, Marine Le Pen propose d’organiser un référendum sur le «Frexit». Il vaut la peine de garder à l’esprit que ces trois Etats sont les piliers du projet.

Cherchez l’erreur

Les eurocrates consacrés, comme notre vieil ami Carl Bildt, sont naturellement consternés. Mais ils semblent incapables d’accepter leur part de responsabilité dans cette lente implosion de l’UE.

Autrement dit, elle s’est agrandie trop vite. Et l’idéologie l’a emporté sur le pragmatisme pendant trop longtemps. Bruxelles a, par exemple, tendu la main à l’Ukraine en 2013, en lui proposant  un accord d’association, au moment où il était clair que la population de l’UE n’avait aucune envie d’accueillir de nouveaux entrants. Quand on se souvient des événements, la présence du commissaire britannique en charge des Affaires étrangères, Catherine Ashton, à Kiev, à Maïdan, était tellement ridicule, considérant la position déjà fragile du Royaume-Uni dans l’Union européenne. Pourtant, pas un seul commentateur des médias britanniques n’a jamais mentionné cette hypocrisie.

Les efforts se sont concrétisés en 2015, lors de la crise des migrants, lorsque certaines élites semblaient faire de la politique à la hâte. C’est comme ça qu’Angela Merkel, apparemment sans consulter personne, a unilatéralement ouvert les portes de l’Allemagne à de nouveaux arrivants.

En fin de compte, 1,1 million de migrants étaient arrivés avant la fin du mois de décembre de la même année. Seuls 54 d’entre eux ont jusqu’à présent obtenu des emplois au sein d’entreprises allemandes, en dépit de la rhétorique de représentants de l’économie, comme le président de Daimler, Dieter Zetsche, qui avait affirmé que la plupart des réfugiés étaient «bien formés et motivés» et que «Mercedes avait besoin d’eux». Son entreprise a tout de même recruté 40 stagiaires.

Angela Merkel a également échoué à se mettre d’accord sur un plan concerté avec d’autres dirigeants de l’UE. Mais maintenant, elle attend qu’ils aident à soulager le fardeau de l’Allemagne et accueillent plus de migrants. Jusqu’à présent, la Pologne, la Hongrie et la Slovaquie refusent de jouer à ce jeu et certains autres pays offrent une coopération minimale. La Lettonie – où la population a baissé de 15 400 personnes rien qu’en 2014 – en a accepté 47 et la Lituanie, 26.

Les migrants envahissent l'Union Européenne.
Les migrants envahissent l’Union Européenne.

Ce qui est valable pour la cane…

La racine du malaise est simple. L’establishment allemand favorise largement l’immigration à grande échelle, même si, d’après les sondages, les deux tiers des citoyens ne sont actuellement pas d’accord avec le slogan «Bienvenue aux réfugiés» . Cependant, les gouvernements de nombreux autres pays de l’UE ne soutiennent pas cet afflux, notamment en raison du fait que la plupart de ces nouveaux arrivants ne sont pas issus de la tradition chrétienne. Alors que les médias libéraux et eurocrates eux-mêmes semblent être scandalisés par cette position, c’est un point de vue qui était plus ou moins général dans toute l’Europe jusqu’à très récemment.

Par exemple, les eurocrates peuvent détester le Premier ministre hongrois Viktor Orban, mais faire cela signifie ne pas tenir compte de son électorat. Viktor Orban n’est pas un dictateur et sa position reflète très probablement le point de vue des Hongrois qui l’ont élu. Ainsi, s’il se prosternait devant les exigences de Bruxelles, de telles actions seraient antidémocratiques au niveau national.

Le 8 décembre 1991:la mort de l'URSS est fêtée par ses citoyens.
Le 8 décembre 1991:la mort de l’URSS est fêtée par ses citoyens.

Là est tout le problème. Les libéraux perçoivent l’UE comme un véhicule pour la promotion de la démocratie, mais reculent quand les politiciens élus de façon honnête poursuivent des politiques qui ne sont pas à leur goût. Nous l’avons vu en Ukraine en 2013, lorsque l’ancien président Viktor Ianoukovitch a rejeté un accord d’association avec l’UE qui consituait une très mauvaise opération financière pour son pays. Plutôt que de respecter son mandat, les eurocrates ont activement soutenu son éviction par un coup violent.

Parallèlement aux avertissements terribles lancés sur l’avenir de l’UE, le discours de Jean-Claude Juncker contenait des références à une contribution incontestable de l’alliance pour la paix et pour le travail des agriculteurs, ainsi que l’intervention de Bruxelles pour réduire les frais d’itinérance de la téléphonie mobile.

Quant à l’accord sur les migrants passé avec Ankara, qui était censé permettre aux Turcs de voyager sans visa dans l’espace Schengen dès cet automne, il n’en a pas fait mention. Le président de la Commission a également évité de s’exprimer sur les mauvaises relations avec la Russie ou sur la guerre en Ukraine, un sujet qui frémit encore.

En janvier 2004, l’UE comptait 15 membres, uniformément occidentaux, principalement progressistes et relativement riches. Une décennie plus tard, elle se vantait d’en avoir 28 et la plupart des nouveaux arrivants étaient d’anciens pays de l’Est, qui sont relativement pauvres et socialement plus conservateurs que le reste de l’Union.

C’est le problème. L’UE a grandi trop vite et récolte maintenant la tempête car ses structures ne s’en sortent pas. Les dirigeants du bloc auraient dû écouter Mikhaïl Gorbatchev. Après tout, personne ne sait mieux que lui ce qui se passe lorsqu’une grande union perd l’adhésion de ses citoyens.

La poignée de main qui sonna le glas de l'Union Soviétique...entre Gorbatchev et Boris Elsine.
La poignée de main qui sonna le glas de l’Union Soviétique…entre Gorbatchev et Boris Elsine.

 

L,expansion de l'OTAN a suivi les révolutions colorées en Europe,planifiées par la CIA. L'UE est une basse-cours  américaine,maintenant.
L’expansion de l’OTAN a suivi les révolutions colorées en Europe,planifiées par la CIA.
L’UE est une basse-cours américaine,maintenant.

 

 

 

 

Allemagne : des réfugiés allocataires partent en vacances dans le pays qu’ils ont fui

Le journal allemand Die Welt am Sonntag révèle que des personnes réfugiées en Allemagne, bénéficiaires d’allocations, feraient des séjours dans leur pays d’origine. Cela jetterait le doute sur la réalité des persécutions ayant motivé leur exil.

Vive les vacances!...avec forfait pour l'État Islamique!
Vive les vacances!…avec forfait pour l’État Islamique!

Selon une enquête de l’hebdomadaire allemand Die Welt am Sonntag, des réfugiés enregistrés en Allemagne, et à ce titre bénéficiaires d’allocations, feraient de courts séjours dans leurs pays d’origine. On note parmi ces destinations la Syrie, l’Irak et l’Afghanistan. Autant de pays dont certains ressortissants obtiennent le statut de réfugié en Occident compte tenu des dangers et des persécutions dont ils pourraient être victimes en y vivant. Des pays où les consulats occidentaux recommandent de ne pas se rendre, sinon pour des raisons d’extrême urgence.

La Bundesamt für Arbeit (BA), l’agence fédérale allemande pour l’emploi, évoque pour sa part un «certain nombre de cas» de séjours de migrants au pays. Mais selon un porte-parole cité par Die Welt am Sonntag, l’agence est dans l’impossibilité de fournir des statistiques précises : «Il n’y a pas base légale pour cela, aussi nous n’avons aucune information.» Selon les règles allemandes régissant les droits des demandeurs d’asile, les migrants ont le droit de quitter leur pays d’accueil pour un durée maximale de 21 jours.

Des réfugiés économiques ?

Et si les réfugiés bénéficiaires d’allocations doivent communiquer à l’administration les dates et durée de leur «congé», rien ne les oblige à en donner la destination. Or, même si l’agence fédérale pour l’emploi venait à en être informée, cette dernière n’est pas autorisée à la transmettre à d’autres organismes publics et encore moins au public, au nom de la «protection des données personnelles».

L’Office fédéral de la migration et des réfugiés (BAMF) y voit pour sa part une bonne nouvelle. «S’il s’agit d’un voyage d’agrément, c’est une indication que le réfugié ne craint pas les persécutions». Mais le ministère allemand de l’Intérieur n’est pas de cet avis et a expliqué que le voyage d’un demandeur d’asile dans un pays dit de «persécution» prouvait de facto l’absence de danger – base de la demande d’asile – et pouvait conduire au retrait du statut de réfugié.

Mon avis après réflexion:

Donc,l’appellation « réfugiés de guerre » ou « réfugiés syriens » n’étaient que des expression de la propagande, l’arbre cachant la forêt, dissimulant une immigration économique. Avec 80% d’hommes parmi ces immigrés tout statisticien, démographe, historien ou sociologue sait qu’il ne s’agit pas de réfugiés de guerre. Si on ne comprend pas cela on peut le voir, il suffit de regarder les films sur l’exode française de 1940 et d’être doté d’un minimum de psychologie; en cas de guerre, qui met-on à l’abri en premier, les hommes ? A partir de là, le tourisme au pays n’a rien d’extraordinaire. Quand on a compris que l’on se trouvait face à une immigration économique, la question se pose de savoir pourquoi nos gouvernants veulent nous imposer cette immigration. D’autant qu’avec le regroupement familial cette masse initiale actuelle sera légalement multipliée par au moins 4 (et qu’avec l’élargissement à la fratrie de la définition juridique du regroupement familial étudié par l’UE le facteur multiplicateur, en respectant la légalité, pourrait être d’ au moins 10).

-Volonté de dissoudre les nations en juxtaposant des communautés entre lesquelles on suscite des oppositions afin de substituer des Etats techno aux Etats-Nations pour ainsi laisser le champs libre aux multinationales ?

-Théorie du remplacement de population ? -Importation du tiers-monde en Occident pour avoir une main d’oeuvre bon marché (à 80 cents de l’heure en Allemagne) ?

Quelqu’un quelque part serait le dindon de la farce!

 

 

2001-2016 célébrons 15 ans de mensonges médiatiques et de psychose collective partie 1-la clé de l’énigme se trouve dans le WTC 7

La candeur apparente avec laquelle les représentants du pouvoir et les médias commerciaux ont toujours négligé publiquement de percevoir les liens entre l’affaire Enron et le 11-Septembre constitue un cas exemplaire de parenthèse enchantée. D’une part, l’affaire Enron est sans conteste l’une des plus grandes fraudes de l’Histoire des États-Unis. D’autre part, l’un des hauts dirigeants d’Enron, Thomas White, a bien été nommé au Pentagone, quelques mois avant le 11-Septembre, durant le basculement institutionnel imposé aux États-Unis par Dick Cheney et George W. Bush, en mai 2001.

L’après-midi du 11-Septembre, Donald Rumsfeld tient une conférence de presse historique en compagnie du chef d’état-major interarmées Hugh Shelton, des sénateurs républicain et démocrate John Warner et Carl Levin, et de… Thomas White, ex haut dirigeant chez Enron, responsable de fraudes massives et nommé secrétaire de l’Armée en mai 2001 (à gauche).
L’après-midi du 11-Septembre, Donald Rumsfeld tient une conférence de presse historique en compagnie du chef d’état-major interarmées Hugh Shelton, des sénateurs républicain et démocrate
John Warner et Carl Levin, et de… Thomas White, ex haut dirigeant chez Enron,responsable de fraudes massives et nommé secrétaire de l’Armée en mai 2001 (à gauche).

Et pourtant, quel que soit le nombre des personnalités de la sphère politique et du business américain impliqué à des niveaux divers dans cette affaire… quelle que soit la position déterminante de ces mêmes personnalités au moment des événements du 11-Septembre… quelle que soit la similitude évidente entre les déviances propres à l’escroquerie des dirigeants d’Enron et les anomalies qui caractérisent les événements du 11-Septembre… et quels que soient les bénéfices qui seront engrangés par certaines de ces personnalités sur la base des attentats survenus en 2001… il s’avère tout à fait naturel d’admettre, d’un côté, la réalité de l’ensemble des crimes commis dans le cadre du scandale Enron, mais il s’avère tout aussi « naturel » de considérer, de l’autre, que les personnalités impliquées de près ou de loin dans ce scandale étaient nécessairement et impérativement vertueuses dans les circonstances du 11-Septembre. Et ce, quelle que soit par ailleurs l’ambigüité de leurs activités durant ces événements qui ont bouleversé le cours de l’Histoire… George Bush père, George Bush fils, Thomas White, Dick Cheney, Donald Rumsfeld, James Baker ou Frank Wisner, tout ces hauts responsables auront su, chacun à leur manière, tirer profit du modèle Enron, et pourtant, jamais aucun d’entre eux ne sera finalement incriminé pour cela, bénéficiant de l’immunité que leur délivre la magie de la parenthèse enchantée.

Analogie

L’affaire Enron présente plusieurs faits, aujourd’hui historiquement reconnus ou admis de tous, et qui se trouvent abondamment documentés, en partie par la justice américaine :

Le si`ge social d'Enron

• Enron a bâti à la fin du XXe siècle une gigantesque escroquerie à plusieurs échelles : à l’échelle d’un État, la Californie, d’un pays, les États-Unis, et au niveau international, impliquant une grande part des marchés financiers.

• Kenneth Lay, devenu désormais une figure historique du capitalisme le plus corrompu, était dans les années 1990 un ami intime de la famille Bush, premier financier de la campagne de George W. Bush en 2000, et collaborateur de Dick Cheney pour son plan hégémonique de nouvelle politique américaine de l’énergie, corrélé à la guerre d’Irak.

• Thomas White a été durant onze ans l’un des hauts dirigeants d’Enron, un rouage fondamental de l’escroquerie massive opérée par ce groupe grâce auquel White a empoché des dizaines de millions de dollars alors que des dizaines de milliers d’américains ont été ruinés par cette fraude.

• Nommé en mai 2001 secrétaire de l’Armée, Thomas White s’est trouvé également être, le 11-Septembre, une des autorités incontournables au cœur même de l’attaque du Pentagone. Il était le responsable direct du service qui verra disparaitre le plus grand nombre d’employés du Département de la Défense dont l’équipe comptable en charge de veiller à la bonne tenue des budgets du DoD.

L’ensemble des anomalies survenues dans le cadre des attentats du 11-Septembre et plus particulièrement au Pentagone présentent des similitudes frappantes avec les caractéristiques de la gigantesque fraude opérée par Enron : le dysfonctionnement des systèmes de contrôle, la collusion massive entre les acteurs du privé et les responsables politiques, l’instrumentalisation de l’appareil d’État, l’opacité des informations comptables et les détournements de fonds, les délits d’initié, la stratégie du choc tout aussi caractéristique du 11-Septembre que du black-out électrique en Californie, les méthodes d’intimidation pratiquées sur les observateurs critiques, l’aveuglement ou l’atonie des médias face à des anomalies pourtant spectaculaires, etc.

Au terme de cette affaire, les deux plus hauts dirigeants d’Enron, Kenneth Lay et Jeffrey Skilling, seront condamnés pour fraude et conspiration [1]. Conspiration ? Il s’agit très exactement du terme que la loi américaine emploie pour caractériser les agissements des responsables du groupe. Et cette réalité parfaitement tangible du droit regroupe un spectre très vaste de transgressions opérées dans le domaine commercial. Par exemple, l’entente illicite entre concurrents de l’industrie et du commerce, opérée par des groupes notoires pour s’accorder sur le maintient de prix de vente élevés au détriment des consommateurs, représente une part imposante des affaires traitées devant les tribunaux et aboutit à des condamnations très lourdes pour leurs auteurs [2].

Liste de personnalités, autres que Thomas White, ayant oeuvré à la fois pour Enron et pour le gouvernement des États-Unis.
Liste de personnalités, autres que Thomas White, ayant oeuvré à la fois pour Enron
et pour le gouvernement des États-Unis.

A l’inverse, dans le domaine politique, et plus particulièrement depuis le 11-Septembre, cette notion de « conspiration » a été rendue taboue par les gardiens de la version officielle sur cet événement et par les chantres du dogme de l’infaillibilité démocratique [3]. Par l’autorité spécieuse de ce dogme, et quels que soient la collusion, la corruption, les trafics d’influences ou les conflits d’intérêts observés par le citoyen, il est devenu presque dangereux pour ce dernier de remettre en cause certains représentants du pouvoir suspectés de nuire à ces institutions dont chaque citoyen est pourtant, au bout du compte, seul véritable garant. Il est devenu politiquement incorrect de s’autoriser, sur la base d’éventuelles anomalies du système démocratique ou des comportements équivoques de ses représentants, à envisager la possibilité d’une entente qui serait susceptible de privilégier un groupe restreint d’individus au détriment des intérêts du plus grand nombre,phénomène pourtant récurrent, reconnu et condamné, comme il se doit, dans le domaine commercial [2].

C’est précisément sous la pression de ce dogme que la Commission sur le 11-Septembre, tout comme la grande majorité des organes de presse des médias commerciaux, s’est refusée à envisager la possibilité d’une quelconque implication de membres de l’appareil d’État américain dans les attentats de 2001. Et pourtant, dans le cas de la fraude massive d’Enron, les liens multiples et puissants des dirigeants de ce groupe avec l’administration américaine et, pire encore, l’implication de certains de ces dirigeants dans la trame du 11-Septembre démontrent une fois de plus l’impérative nécessité d’une nouvelle enquête indépendante et objective pour faire toute la lumière sur cet événement fondateur de notre siècle.

L'évolution des actions d'Enron
L’évolution des actions d’Enron

Un modèle d’escroquerie à grande échelle

En 2001, Enron est un géant du secteur de l’énergie. Cette société fondée au Texas en 1985 par Kenneth Lay, sur une activité initiale d’opérateur de gazoduc, a su tirer profit des lois fédérales sur la déréglementation du marché de l’énergie. Ainsi Enron est devenue, au cours des années 1990, la septième entreprise américaine en terme de capitalisation boursière. La multinationale détient un monopole. Enron fait du « trading », du négoce : elle spécule sur le prix de l’énergie et s’impose comme un acteur incontournable sur les marchés aux États-Unis comme à travers le monde. Encensée par la presse et les analystes financiers comme le nouveau modèle économique vertueux, sa valeur boursière ne cesse de croître. La compagnie texane est tout simplement admirée par Wall Street et reçoit la Palme de l’innovation de Fortune Magazine, six années de suite, de 1996 à 2001 [4].

Mais en fait de modèle économique, il s’avère que le système comptable d’Enron n’est qu’un habile décor en trompe l’œil et la réussite du groupe une vaste illusion. Depuis des années, les cadres dirigeants d’Enron gonflent artificiellement les profits de la multinationale et masquent ses pertes en utilisant une multitude de sociétés écrans et en falsifiant ses comptes. Et ces manœuvres ont pour objectifs de tromper les investisseurs, de faire grimper la valeur boursière et de permettre ainsi aux dirigeants de gagner des millions de dollars avec la vente de leurs stock-options [5].

A l’automne 2001, la vérité éclate au grand jour, le château de carte s’effondre et Enron fait faillite. De la multinationale aux 100 milliards de dollars de chiffre d’affaire, il ne reste rien. Aux États-Unis, les milieux économiques, financiers et politiques sont sous le choc. L’entreprise tant admirée n’est que corruption, mensonges et fraude fiscale [6].

Le code de l’éthique par Enron, publié en juillet 2000
Le code de l’éthique par Enron,
publié en juillet 2000

Et pour les victimes de cette immense escroquerie, la surprise est d’autant plus grande qu’Enron a bâti toute sa communication sur l’idée récurrente d’intégrité : « Enron est une entreprise parfaitement intègre. Nous respectons les règles, nous respectons la parole donnée. Nous disons ce que nous faisons et nous faisons ce que nous disons. Nous voulons être la référence » vantait Kenneth Lay dans un des films promotionnels de la multinationale. Enron avait d’ailleurs publié en juillet 2000 un code de l’éthique, partie intégrante de la communication de l’entreprise visant à détourner l’attention des observateurs des pratiques frauduleuses constitutives de son fonctionnement réel [7].

Le patron d’Enron survivra quelques années à cette faillite en emportant tout de même plusieurs dizaines de millions de dollars, tout comme la poignée de cadres dirigeants qui l’ont entouré, dontThomas White devenu, peu de temps avant qu’Enron ne disparaisse, secrétaire de l’Armée sous l’administration Bush, se trouvant, par le plus grand des hasards, au cœur même des événements suspects qui marquent le 11-Septembre. De leur côté, la foule des investisseurs, petits et gros, ont tout perdu. Du jour au lendemain, un quart des vingt mille employés de la société est à la rue. Les caisses de retraite se sont évaporées, et les salariés, encouragés à investir dans leur propre société, sont ruinés [8].

A plus d’un titre, Enron présente un cas exemplaire d’une opération menée à une échelle internationale, impliquant souvent des autorités fiables et respectées des milieux industriel, financier, politique, médiatique, qui composent notre société, et constitue pourtant une opération frauduleuse d’une ampleur inouïe menée durant plus d’une décennie dans une forme de secret absolu qui a garanti sa pérennité. Cette spécificité mérite que nous observions plus en détail la nature même du système Enron.

 businessweek-skilling-190-w

• La flambée des années 1990

Lorsqu’en 1990, Ken Lay embauche Jeffrey Skilling, ce dernier fait basculer Enron dans une nouvelle dimension. La grande idée de Skilling consiste à s’appuyer sur la dérégulation du marché de l’énergie, chère à Ken Lay, et à mettre en place une toute nouvelle exploitation de ce marché. Plutôt que d’être contraint par des infrastructures en dur telles que les pipelines, Enron entreprend de tirer profit des échanges financiers sur le gaz naturel puis sur les autres sources d’énergie. Voilà la grande idée qui fera la fortune et la gloire d’Enron avant de lui être fatale : transformer l’énergie en un pur instrument de spéculation [9].

Parallèlement, Jeffrey Skilling et son directeur financier, Andrew Fastow, mettent en place un système comptable spécifique (à partir de la méthode dite de valorisation au prix du marché) qui leur permet de dissimuler les dettes de l’entreprise dans le bilan financier. En réalisant le tour de force de baser la comptabilité non pas sur la réalité des chiffres, mais sur les projections liés aux projets ambitieux de l’entreprise, les dirigeants d’Enron parviennent à faire croire aux actionnaires que le groupe engrange d’importants profits alors qu’il enregistre dans les faits des profits moindres puis des pertes de plus en plus lourdes. Toute l’attention de l’équipe dirigeante consiste donc à créer l’illusion d’un business florissant là où rien ne fonctionne véritablement, et c’est ainsi qu’Enron se lance dans un cycle sans fin d’investissements massifs pour assurer la pérennité de ce système frauduleux [9].

Un exemple spectaculaire de ces initiatives d’Enron est la construction, en 1993, de la plus grande centrale électrique au gaz du monde, en Inde, le Dabhol Power Project, à laquelle participe activement Frank Wisner, employé de longue date par le pouvoir américains pour sa diplomatie secrète. il s’agit d’un édifice démesuré qui, malgré l’avancement des travaux, ne sera jamais abouti et ne produira que très peu d’électricité, le prix de l’énergie produit ainsi se révélant finalement quatre fois plus élevé que le prix local. Cependant le projet permet à Enron d’afficher quatre milliards de dollars supplémentaires dans ses comptes grâce, entre autres, au financement de l’aide aux pays en voie d’industrialisation [10].

dabhol-power-project-350b-w
Dabhol Power Project, en Inde

En 1994, le négoce en électricité se généralise pour devenir l’activité principale d’Enron, même si le groupe ne manque pas d’investir opportunément dans d’autres secteurs sans rapport avec son activité d’origine. Supportée par la croissance due à l’essor des nouvelles technologies, et avec la flambée boursière de la fin des années 1990, le jeu fonctionne à merveille. Les dirigeants engrangent d’importantes masses d’argent par le biais des stock-options. Ils ont les yeux rivés sur le prix des actions, pendant que la société investit dans de vastes campagnes de communication et de relations publiques pour convaincre les investisseurs que la société incarne le nouveau modèle vertueux de l’économie [11].

Alors que la fraude se perpétue, tous les mensonges et artifices utilisés finissent par persuader nombre d’acteurs enfermés dans la bulle Enron qu’elle est une réalité à part entière (salariés, investisseurs, journalistes, analystes, contrôleurs…). En fait, la perception tronquée de la fraude leur permet à tous d’en tirer bénéfice ou de cultiver la croyance dans un modèle profitable, et aussi longtemps que tient cette perception, la fraude est, pour ces acteurs, difficilement tangible. Enron semble se porter pour le mieux. En 2000, la société voit son chiffre d’affaire dépasser les 100 milliards de dollars, et le cours de son action atteint 90 dollars. Enron est devenue une société de haut rang, une icône du monde des affaires qui jouit d’une réputation sans pareille. Cette même année, Kenneth Lay reçoit la distinction de meilleur dirigeant d’entreprise des États-Unis…

Bethany McLean, journaliste, lanceuse d’alerte et co-auteure du livre sur l’affaire Enron : "The Smartest Guys in the Room", adapté en documentaire [12]. (pour visionner le documentaire – en anglais – cliquer sur l’image)
Bethany McLean, journaliste, lanceuse d’alerte et co-auteure du livre sur
l’affaire Enron : « The Smartest Guys in the Room », adapté en documentaire [12].
(Coîncidence le lien  a été enlevé par You Tube)
• Burn, baby, burn !

Et pourtant, les profits réels de l’année 2000 sont bien inférieurs, deux fois moindres que ceux déclarés, l’endettement de l’entreprise est supérieur de 40% à celui qui est présenté, et les dettes colossales sont enfouies dans une comptabilité fantôme. La filiale phare d’Enron, Enron Energy Services (EES) dirigée par un certain Lou Pai et son bras droit Thomas White, dissimule 500 millions de pertes et les deux affairistes doivent se montrer très créatifs pour faire apparaitre une situation de profit à la fin de chaque trimestre [13].

Anciennement chargé des relations publiques chez EES, Max Eberts raconte : « Une des choses étranges qui se répétait chez Enron est le fait qu’on avait toujours l’impression, durant les semaines précédant chaque rapport trimestriel, qu’on ne parviendrait pas à faire nos chiffres. Et puis d’une façon ou d’une autre, miraculeusement, on parvenait toujours à atteindre les chiffres. Mais en définitive, la question a été posée à Tom White : ‘comment se fait-il qu’on atteigne les chiffres ?’ Et sa réponse a tenu en un mot : ‘Californie’. » [12]

Effectivement, en 1997, le rachat par Enron de Portland General Electric (PGE) offre au groupe son ticket d’entrée dans le négoce de l’électricité et plus particulièrement sur le marché Californien qui vient d’adopter une loi permettant la déréglementation de l’électricité (sous la pression des compagnies énergétiques…). Enron choisit donc de lâcher sa meute de traders sur la Californie. Bientôt, l’État le plus puissant des USA, la sixième plus grande économie mondiale, se trouve régulièrement plongé dans le noir. Enron contrôlant une bonne part de la fourniture d’énergie aux États-Unis, ses traders peuvent s’enrichir en jouant avec les pénuries d’électricité. Le courant produit en Californie est d’abord exporté hors de l’État, puis quand le manque devient insupportable, les prix bondissent et l’électricité est ramenée vers la Californie contrainte de la payer au prix fort.

pipedreams-300-w

 

Dans son livre Pipe Dreams, le journaliste Robert Bryce détaille les ressorts du système Enron : « Les traders qui travaillaient dans la tour Enron ont étudié le marché de la distribution de l’électricité en Californie qui venait tout juste d’être libéralisé et ouvert à la compétition. Ils ont découvert qu’il était très facile de contourner la nouvelle législation de cet État. Cette nouvelle loi leur permettait de manipuler très facilement le marché de l’électricité. C’est donc ce qu’ils ont fait. Ils créaient une rétention factice de courant quelque part et l’envoyaient ailleurs. Ensuite, ils faisaient de l’arbitrage en jouant un marché contre l’autre. Ils faisaient ainsi monter les prix artificiellement. C’est pourquoi les prix sont rapidement passés de 30 ou 50 dollars pour un mégawatt par heure jusqu’à 1500 dollars pour la même quantité d’électricité. » [14,15]

Puis les traders découvrent qu’en encourageant la fermeture temporaire de certaines centrales électriques, ils peuvent provoquer des pénuries artificielles qui poussent encore davantage les prix à la hausse. Ainsi le marché de l’électricité autrefois stable est transformé en une activité de casino, et Enron engrange près de deux milliards de dollars.

L’électricité n’est pas un produit comme les autres. Son usage est bien entendu vital pour le fonctionnement de toute société moderne et, à l’inverse du pétrole et du gaz, cette forme d’énergie n’est pas stockable. L’inconséquence, le cynisme et le mépris des traders pour toute autre valeur que l’argent sont révélés par les bandes enregistrées de leurs conversations téléphoniques. Les incendies qui se déclarent durant l’été en Californie menacent d’endommager le réseau électrique californien, ce qui entraine l’euphorie des traders qu’ils manifestent sans retenue : « Burn, baby, burn… That’s a beautiful thing! » (Brûle, mon bébé, brûle… Voilà une chose magnifique !) [12]

fire-powerlines-400-w

• Et tout disparait en fumée

À l’automne 2001, plus ou moins conscient que la profondeur du gouffre financier est telle qu’aucune illusion ne sera plus en mesure de combler les attentes des marchés, les exécutifs d’Enron vendent leurs actions. Le journaliste et écrivain Robert Bryce précise : « Lay a vendu à la dernière minute pour plus de 185 millions de dollars de ses actions. C’est une histoire incroyable ce montant d’actions vendues. C’est du jamais vu dans les anales économiques des États-Unis. Il a vendu ses actions de la société juste avant la fin d’Enron, et le pire, c’est qu’il disait aux autres d’en acheter au même moment, notamment à ses propres employés. » [14]

Jeffrey Skilling
Jeffrey Skilling

Le 31 octobre 2001, la SEC, gendarme de la bourse américaine, ouvre une enquête, et la découverte des malversations comptables provoque la chute d’Enron. Le 2 décembre 2001, la multinationale se déclare en faillite. Du jour au lendemain, des milliers d’actionnaires sont ruinés, 5600 employés perdent leur emploi, et plus de deux milliards de dollars investis dans des fonds de pension sont partis en fumée. Pour le petit univers de l’élite capitaliste, cette débâcle est une tragédie, le fleuron du système encore cité en exemple quelques mois auparavant est brutalement devenu le symbole de la corruption aux États-Unis et des pratiques criminelles dans le monde des affaires.

Manifestation des employés, retraités et petits épargnants ruinés par la débâcle d’Enron.
Manifestation des employés, retraités et petits épargnants ruinés par la débâcle d’Enron.

Etant donné les relations très haut placées de Kenneth Lay et le nombre de personnages politiques en lien avec le groupe, la chute d’Enron provoque également un séisme à Washington. Les parlementaires américains auditionnent les dirigeants impliqués et découvrent la manipulation opérée sur les comptes permettant d’augmenter artificiellement la valeur de l’action, ainsi que la complicité du cabinet Arthur Andersen et l’ampleur des sommes détournées. Jim Greenwood, de la Commission d’enquête du Congrès américain résume assez bien le sentiment qui domine à l’époque : « Enron a dévalisé la banque. » [14]

Le 25 mai 2006, au terme du procès de Kenneth Lay et Jeffrey Skilling, à Houston au Texas, le jury rend son verdict : Le fondateur d’Enron et de son ancien PDG sont reconnus coupables des chefs d’accusation de fraude et de conspiration qui pesaient contre eux. Kenneth Lay, qui encourt 45 ans de prison pour fraude et complot, décède d’un infarctus le 6 juillet avant de commencer à purger sa peine. L’ancien numéro deux d’Enron, Jeffrey Skilling, reconnu coupable pour fraude, complot, fausses déclarations et délit d’initié est condamné à 24 ans de prison. [1]

Le logo d'enron...prédestiné on dirait:Ask why (!)
Le logo d’Enron…prédestiné on dirait:Ask why. (!)

La famille Bush financée par Enron

Pour comprendre comment l’architecture Enron a pu se mettre en place, exister et perdurer plus d’une décennie, il est indispensable de revenir, comme toujours, aux relations entre le monde politique et le monde financier inhérentes au système économique américain. Dick Cheney, Donald Rumsfeld ou Frank Carlucci, en sont des exemples frappant que nous avons observésprécédemment. Le parcours du fondateur d’Enron s’inscrit dans une logique identique, à cheval entre trafic d’influence, financement électoral et renvois d’ascenseur.

Issu d’une famille modeste, Kenneth Lay obtient un doctorat en économie. Il commence sa carrière comme économiste au sein du géant pétrolier Exxon, puis délivre ses services d’analyste financier au Pentagone de 1968 à 1971 avant de devenir sous-secrétaire adjoint chargé de l’Energie sous la présidence de Richard Nixon. Ken Lay se révèle, très tôt, un apôtre de la déréglementation des marchés, et sur ce point, il est bien en avance sur les bouleversements qui interviendront plus tard avec l’accession de Ronald Reagan à la Maison Blanche. Or, cette croisade pour libérer l’industrie des entraves de la réglementation va lui permettre de se faire beaucoup d’amis dans le monde politique au Texas comme à Washington.

Les liens étroits entre Enron, la famille Bush et le Pentagone. (cliquer sur l’image pour accéder à l’intégralité de l’organigramme)
Les liens étroits entre Enron, la famille Bush et le Pentagone.
(cliquer sur l’image pour accéder à l’intégralité de l’organigramme)

C’est ainsi que Kenneth Lay entre dans le cercle de la famille Bush dont il devient un ami proche. La conjonction d’intérêts des Bush pour l’industrie de l’énergie et pour le pouvoir rejoint la logique de dérèglementation qui conditionne la fortune d’Enron. Lors de son mandat présidentiel de 1988 à 1991, George Bush Senior contribue à libérer la politique énergétique du pays des contraintes réglementaires et favorise l’obtention de subventions gouvernementales pour Enron. En retour, « Kenny Boy », tel qu’il est surnommé par les Bush, se montre très généreux avec sa nouvelle famille d’adoption, et en particulier George W. Bush dont il sera, pour la campagne présidentielle de 2000, le premier contributeur financier et un de ses plus fervent supporter : « Je crois très fort à sa candidature. J’ai soutenu [George W. Bush] lors de sa candidature au poste de gouverneur du Texas. J’avais déjà soutenu son père avant. C’est vrai que je crois en sa personnalité et son intégrité, mais aussi dans les valeurs et le programme qu’il défend. » [1]

Kenneth Lay encadré par George Bush père et son épouse Barbara
Kenneth Lay encadré par
George Bush père et son épouse Barbara

George Strong, qui a été responsable du lobbying pour Enron durant 25 ans, témoigne dans le même sens : « C’était des amis intimes. Lorsque Bush était Gouverneur du Texas, il appelait souvent Ken Lay pour lui demander conseil au sujet des politiques qu’il devait mettre en place concernant le gaz naturel et tout ce qui était relatif à l’énergie. Je sais par exemple qu’à l’époque où nous tentions d’influencer les élus du Texas afin qu’ils restructurent le marché de l’électricité dans notre sens, j’ai fait appeler Bush plusieurs fois par Ken Lay, afin que le gouverneur nous aide à libéraliser le marché de l’électricité. Nous avions besoin de Bush qui nous a donné un sérieux coup de main. » [1]

Du point de vue de Kevin Phillips, ancien stratège du parti républicain et auteur du livre American Dynasty qui explore, entre autres, les relations d’affaires douteuses de la famille Bush : « Cela n’a absolument aucun précédent. Dans toute l’Histoire des États-Unis, c’est de loin la relation la plus importante entre une famille présidentielle et une société privée. » [2]

kenw-180f-w
Kevin Philips

Thomas White, escroc utile

Pourquoi diable la presse, la justice et les parlementaires américains ont-ils laissé s’échapper ce personnage tout aussi stupéfiant que le lapin blanc de Lewis Carroll alors qu’ils l’ont pourtant suivi jusqu’au fond de son incroyable terrier ? Thomas White a été durant onze ans l’un des principaux dirigeants d’Enron, responsable de nombreuses initiatives caractéristiques des fraudes qui ont fait la fortune de quelques opportunistes, à commencer par lui même, et qui ont précipité dans la misère des dizaines de milliers de citoyens américains.

Et pourtant, en mai 2001, soit quelques mois avant la chute du géant de l’énergie, la Maison Blanche fait le choix de nommer White au poste très élevé de secrétaire de l’Armée, en faisant valoir sa volonté de faire bénéficier la bureaucratie du Pentagone des vertus de la culture d’entreprise. En avril, à l’annonce du remplacement surprise des trois secrétaires aux armées, dont Thomas White, le New York Times publie un billet qui reflète bien l’incapacité de la presse à percevoir, à l’époque, la moindre anomalie dans la trame des décisions gouvernementales qui précèdent le 11-Septembre : « Le Président Bush a signalé son intention d’imposer un type de gestion inspiré de l’entreprise à la bureaucratie actuelle du Pentagone avec la nomination de trois dirigeants du monde des affaires […] aux postes de secrétaires de l’Armée, de la Marine et de la Force aérienne. M. Bush et son secrétaire à la Défense, Donald H. Rumsfeld, ont fait valoir que l’armée doit être plus efficace dans l’achat des armements et dans les services fournis à son personnel, soins, logement et autres. Pour cette raison, l’annonce d’aujourd’hui a été largement perçue comme une première étape vers une nouvelle politique de gestion, intégrant la privatisation des services. » [3]

 

• Enron : la fortune du soldat

Thomas E. White officie durant 23 ans au sein de l’armée américaine, atteignant le grade de général de brigade et devenant adjoint exécutif de Colin Powell, alors chef d’état-major interarmées (en 2001, Powell sera secrétaire d’État) [4].

En 1990, White rejoint Enron où il accumule rapidement les postes de direction. Il est membre du Comité exécutif d’Enron, chef de direction des opérations pour Enron Corporation, et responsable de la Société d’ingénierie et construction d’Enron qui gère le portefeuille des vastes projets de construction à l’échelle nationale et internationale. Ainsi White supervise le réseau international des gazoducs que détient Enron et la construction de centrales électriques à l’étranger, telles que la centrale de Dabhol que nous avons évoquée [5].

En mars 1998, s’associant avec Lou Pai à la direction d’Enron Energy Services (EES), Thomas White en obtient la vice-présidence. EES est la filiale d’Enron spécialisée dans la privatisation de l’énergie et chargée de vendre aux clients et industriels des États-Unis les nouveaux services que suppose cette évolution [5].

Dans le cas de la fraude organisée par Enron pour détourner l’électricité en Californie, The Village Voice met clairement en lumière l’implication de Thomas White : « Durant les trois premiers mois de 2001, Enron Energy Services a échangé des millions de mégawatts d’électricité avec d’autres divisions d’Enron, faisant grimper artificiellement les prix jusqu’à 2500 dollars par mégawatt-heure (par rapport au prix moyen de 340 dollars à l’époque). L’organisation à but non lucratif Public Citizen note : ‘En tant que vice-président, White était en charge de la gestion au jour le jour des opérations, y compris la gestion et la signature de contrats d’énergie au détail.’ Pour la Californie, les effets ont consisté en pannes d’électricité et en flambée des prix. Pour White, le résultat a été bien meilleur : ‘Comme conséquence directe de la fraude de sa division, White est devenu multimillionnaire’ précise Public Citizen ». [5]

Le New York Times ajoute : « La manipulation du marché par les sociétés d’énergie – sans doute les mêmes entreprises que celles qui ont rédigé le plan énergétique de M. Cheney – bien qu’il ait bravé une ordonnance du tribunal réclamant la divulgation des dossiers du groupe de travail – a joué un rôle clé dans la crise de l’électricité de la Californie. Et de nouvelles preuves indiquent que le secrétaire de l’Armée [Thomas White], trié sur le volet par M. Cheney, était bien un malfaiteur de l’entreprise [Enron]. » [6]

Le réseau du "courant" américain selon Enron, vu par le dessinateur Matt Wuerker
Le réseau du « courant » américain selon Enron,
vu par le dessinateur Matt Wuerker

Au sein d’Enron Energy Services, Thomas White s’engage dans une croissance très agressive, propre à l’ensemble du groupe et, là encore, basée sur la dissimulation comptable des pertes financières. Ainsi signe-t-il des contrats que sa société n’a clairement pas la capacité de remplir. EES enregistre ainsi les profits à partir d’engagements portant sur plusieurs années, permettant aux cadres comme White, dont les bonus sont liés à la performance, de gagner des millions de dollars avant que la société ne réalise un quelconque bénéfice réel. C’est le cas du contrat de 15 ans pour la fourniture d’électricité et de gaz naturel à la compagnie pharmaceutiqueEli Lilly, pour lequel le rendement futur de l’affaire se révélera intenable [7].

Sherron Watkins, une ancienne responsable d’Enron qui a démissionné en constatant les irrégularités de l’entreprise, témoignera ensuite devant le Congrès, expliquant que la société dirigée par Thomas White en était arrivée à dissimuler jusqu’à 500 millions de dollars en pertes au sein de sa comptabilité. Pourtant, en 2001, White reçoit avant son départ plus de 31 millions de dollars de salaire, primes et stock-options. Selon Tyson Slocum, le directeur de recherche du groupe de surveillance Public Citizen : « White était payé principalement sur le principe des rémunérations incitatives. Par conséquent, son salaire était gonflé par les pratiques comptables frauduleuses qu’EES avait mises en place. » [8]

Thomas White...l'idiot utile
Thomas White…l’idiot utile

• Le Pentagone : de l’expert à l’ingénu

A son arrivée au Pentagone en mai 2001, l’escroquerie à laquelle Thomas White a participé durant onze ans reste à cette époque un secret bien gardé, et il s’installe donc à son poste de secrétaire de l’Armée de terre tout auréolé de la réputation encore intacte d’Enron. White a d’ailleurs signé en 1999 un contrat liant Enron Energy Service et le Pentagone pour une valeur de 25 millions de dollars afin de fournir de l’énergie au Fort Hamilton à New York sur une durée de 10 ans, un contrat qui était précisément supposé être un exemple représentatif des vertus de la privatisation pour la gestion des structures militaires [9]. Mais cet état de grâce sera bref, et quelles que soient les informations que l’exécutif possède sur Thomas White au moment de sa nomination, il n’anticipe certainement pas l’ampleur du séisme que va déclencher l’effondrement d’Enron, et la Maison Blanche devra composer avec cette nouvelle donne.

Dans son article du New York Times, le journaliste Paul Krugman remarque à ce sujet : « M. Cheney a supposément choisi Thomas White pour son expertise du monde des affaires. Mais quand il est devenu évident que la filiale d’Enron qu’il dirigeait se trouvait au cœur de la fraude financière, l’histoire a changé. On nous a raconté que M. White était un type aimable qui n’avait aucune idée de ce qui se passait réellement, que ses collègues l’appelaient dans son dos ‘Mister Magoo’ : exactement l’homme qu’il faut pour mener l’Armée dans une guerre sur deux fronts au Moyen-Orient, n’est-ce pas ? Cependant, ce n’était pas Mister Magoo [NdT : héros de dessin animé caractérisé par sa myopie extrême]Jason Leopold, un journaliste qui écrit un livre sur la crise [de l’énergie] en Californie, a acquis les documents d’Enron qui montrent que M. White était pleinement conscient de ce qui se tramait dans son entreprise. » [7]

Email envoyé par Thomas White le 8 février 2001 : « Boucler une opération plus vaste. Dissimuler les pertes avant la fin du premier trimestre. » [10]
Email envoyé par Thomas White le 8 février 2001 :
« Boucler une opération plus vaste. Dissimuler
les pertes avant la fin du premier trimestre. » [10]

Après sa nomination comme secrétaire de l’Armée, et malgré la signature d’un accord éthique l’engageant à rompre tout lien financier avec les entreprises privées auxquelles il était attaché auparavant, Thomas White conserve une participation très importante dans Enron en ne suivant pas les règles concernant l’élimination des stock-options. A cette date, White connait parfaitement la situation d’Enron. La révélation en 2002 d’un bref courrier électronique envoyé en février 2001 par Thomas White démontre à la fois l’arnaque dont il était un des instigateurs et sa position d’initié, une seule phrase qui résume à elle seule toute la stratégie secrète d’Enron : « Boucler une opération plus vaste. Dissimuler les pertes avant la fin du premier trimestre. » Ce que leNew York Times commente : « Si de l’extérieur, la véritable situation financière d’Enron avait été connue lorsque M. White a envoyé cet e-mail, le prix des actions aurait chuté. En entretenant l’illusion du succès, les initiés comme M. White ont été en mesure de vendre leurs actions à bon prix aux victimes naïves – des gens comme leurs propres employés, ou les travailleurs de l’État de Floride dont le fonds de pension a investi 300 millions de dollars dans Enron au cours des derniers mois de l’entreprise. » [6]

En effet, entre sa nomination au Pentagone et la faillite d’Enron, Thomas White parvient à vendre pour 12 millions de dollars d’actions Enron, tout en prétendant ensuite qu’aucune information ne l’aura influencé dans ce sens au cours des 70 coups de fil passés qui seront finalement révélés, des appels couvrant la même période à destination de ses anciens collègues ou directement à Kenneth Lay dont le New York Times remarque incidemment qu’une des conversations téléphoniques avec le patron d’Enron a lieu précisément le 10 septembre 2001 [11].

Lorsqu’il sera auditionné par les membres du Comité sénatorial, le 18 juillet 2002, le haut dirigeant d’Enron, expert aguerri du monde des affaires, se sera définitivement transformé en martyr ingénu. [12,13]

Durant l’audition de Thomas White devant le Comité sénatorial, le 18 juillet 2002, est exposé un ensemble d’éléments de preuve démontrant son implication dans la fraude d’Enron et les délits d’initiés dont il s’est rendu coupable. Mais la logique d’impunité de l’administration Cheney-Bush permettra à White de rester au Pentagone jusqu’en avril 2003. (cliquer sur l’image pour visionner l’intégralité de l’audition C-SPAN [13])
Durant l’audition de Thomas White devant le Comité sénatorial, le 18 juillet 2002, est exposé
un ensemble d’éléments de preuve démontrant son implication dans la fraude d’Enron et les
délits d’initiés dont il s’est rendu coupable. Mais la logique d’impunité de l’administration
Cheney-Bush permettra à White de rester au Pentagone jusqu’en avril 2003.
(cliquer sur l’image pour visionner l’intégralité de l’audition C-SPAN [13])

• 11-Septembre : un escroc bien placé

Dans le cadre du 11-Septembre, de par le poste qu’il occupe, Thomas White se révèle soudain un personnage incontournable par rapport à toute forme d’investigation sur la secteur du Pentagone qui se trouve sous sa responsabilité directe. Et effectivement, la zone des dégâts – résultant selon le rapport officiel du crash d’un Boeing 757 sur le bâtiment – se situe en grande partie sur un secteur appartenant au département de l’Armée de Terre dont il est précisément le secrétaire.

C’est donc Thomas White qui est chargé de coordonner concrètement, avec les différents services de renseignement, les opérations postérieures à cet attentat au sujet duquel le rapport de la Commission sur le 11-Septembre indique des faits qui entrent en violente contradiction avec les observations que tout citoyen est en mesure de faire par lui-même en examinant les archives officielles. Et cette commission néglige aussi de mentionner, à un quelconque endroit du rapport qu’elle a publié, la destruction des données financières du Département de la Défense et l’anéantissement de l’équipe comptable qui travaillait sur les derniers budgets, précisément caractérisés par des pertes massives dans les méandres des écritures comptables effectuées durant les deux années fiscales précédentes.

Au regard de cette situation particulièrement dérangeante, il est légitime de se poser plusieurs questions :

– En 2001, l’administration Cheney-Bush peut-elle ne pas être consciente de la nature singulière des activités menées par les dirigeants d’Enron, si l’on en juge par la formidable proximité de longue date de Kenneth Lay avec la famille du nouveau président américain ?

– L’exécutif en place à la Maison Blanche défend-il les seuls intérêts du peuple américain – et non d’autres intérêts plus inavouables – lorsqu’il vante les vertus de la privatisation et de la déréglementation à l’attention du Département de la Défense, en cohérence avec la communication opportuniste du géant de l’énergie dont les capacités économiques surnaturelles ont par ailleurs contribué à financer généreusement la campagne électorale du candidat Bush ?

– Enfin, Dick Cheney et Donald Rumsfeld, experts des opérations secrètes depuis trois décennies,peuvent-ils vraiment ignorer l’ensemble des nombreux agissements frauduleux de Thomas White à la tête de la filiale d’Enron lorsque, en mai 2001, ils lui attribuent le poste de secrétaire de l’Armée au Pentagone, sachant qu’à ce poste, White devient aussitôt responsable d’un budget de81 milliards de dollars ? [4] 

Il faut être terriblement ignorant ou très peu psychologue – ou à l’inverse parfaitement conscient et fin manoeuvrier – pour installer un individu tel que Thomas White à la tête d’un budget de 81 milliards de dollars !


Question:

Pour quelle raison George W. Bush, Dick Cheney et Donald Rumsfeld
ont-ils donc confié à Thomas White le poste de secrétaire de l’Armée ?

À la suite de l’attentat du 11-Septembre, le Département de l’Armée de Terre comptera 74 personnes tuées parmi les 125 victimes travaillant au Pentagone. Et précisément, la divisionRessource Services Washington (RSW), qui emploie 34 des 46 comptables et analystes budgétaires tués, se trouve administrativement intégrée à ce même département dont Thomas White est le patron. Enfin, les données financières détruites ce jour-là se trouvent également installée sur la zone appartenant au département de l’Armée.

En fait, lorsqu’en mai 2001 Thomas White a été nommé au Pentagone, il apparait tout simplement que sa position vulnérable, du fait des activités frauduleuses qu’il a accumulées depuis tant d’années, en faisait un candidat aisément manipulable et – dans le cas d’une nécessité de première importance… – un complice idéal pour assurer la couverture d’une action illicite au sein de l’appareil d’État américain.

us-army-140

Malgré l’ampleur et le retentissement de la faillite d’Enron, malgré l’ensemble des faits, des éléments de preuves, des témoignages qui s’accumulaient et accablaient Thomas White, malgré son audition devant le Comité sénatorial et malgré les articles virulents de la presse tout au long de l’année 2002, en particulier le New York Times, réclamant la tête de White, ce dernier reste tout de même à son poste jusqu’en avril 2003. Politiquement parlant, il est possible qu’il ait ainsi permis de protéger d’autres têtes plus haut placées que la sienne. C’est en tout cas ce que suggère l’anecdote rapportée par le journaliste Joshua Green qui s’interroge sur l’incroyable longévité de White si l’on tient compte du concert de casseroles qui le suit inexorablement : « J’ai posé cette question à l’un de ses plus proches collaborateurs, qui m’a raconté une histoire étonnante : au cours du voyage à West Point le 1er juin [2002], Bush a pris White à part pour une conversation privée. ‘Tant qu’ils vous tapent dessus avec Enron, ils ne tapent pas sur moi’, a déclaré Bush, selon cet officiel de l’Armée. ‘C’est votre boulot. Vous êtes le paratonnerre de cette administration.’ » [8].

Cependant, au printemps 2003, cette précaution deviendra superflue : une fois lancée l’invasion de l’Irak, le champ des polémiques qui occupent les médias s’en trouvera bouleversé. En avril, un nouveau secrétaire de l’Armée s’installera discrètement au Pentagone, et Thomas White pourra se retirer en toute tranquillité après les bons et loyaux services rendus à l’administration Bushpour enfin profiter de sa fortune amassée chez Enron.

Vous comprenez mes ami(e)s pourquoi le WTC 7 s’est écroulé!

Fin de la partie 1.

 

 

 

Les armes du Nouvel Ordre Mondial:Le destroyer furtif américain entre en service

BATH, Maine – Le plus imposant et plus dispendieux destroyer jamais construit pour la marine américaine est entré en service mercredi.

Le destroyer furtif Zumwalt a quitté Bath Iron Works —où il a été assemblé, dans l’État du Maine — à destination de Baltimore, d’où il prendra la route de son port d’attache, à San Diego.

Le capitaine James Kirk devant le  fameux destroyer furtif .
Le capitaine James Kirk devant le fameux destroyer furtif .

Le destroyer de 185 mètres pourrait faire d’autres arrêts en chemin.

La forme angulaire du navire a été conçue pour minimiser sa signature radar. Sa coque non classique lui permet de percer les vagues plus efficacement et son rouffle composite abrite ses radars et ses capteurs. Il dispose également d’une propulsion électrique et de canons sophistiqués qui peuvent propulser des obus à une distance de près de 120 kilomètres.

Et comme il se doit, le navire le plus futuriste de la Navy est commandé par nul autre que le capitaine James Kirk.

Quelques photos et images:

ddg-1000-zumwalt-class-multimission-destroyer-united-states-of-america-michael-monsoor-ddg-1001-usan-navy-2

 

Dessin d'artiste de la marine US.
Dessin d’artiste de la marine US.

 

 

Denuit!
De nuit!

 

080723-N-0000X-001 An artist rendering of the Zumwalt class destroyer DDG 1000, a new class of multi-mission U.S. Navy surface combatant ship designed to operate as part of a joint maritime fleet, assisting Marine strike forces ashore as well as performing littoral, air and sub-surface warfare. (U.S. Navy photo illustration/Released)
080723-N-0000X-001
An artist rendering of the Zumwalt class destroyer DDG 1000, a new class of multi-mission U.S. Navy surface combatant ship designed to operate as part of a joint maritime fleet, assisting Marine strike forces ashore as well as performing littoral, air and sub-surface warfare. (U.S. Navy photo illustration/Released)

 

destroyer-furtif-zumwalt-004

 

destroyer-furtif-zumwalt-007

 

 

 

 

 

 

 

 

Antoine Deltour, l’homme qui a fait trembler le Luxembourg

Début 2015, la bombe médiatico-politique «LuxLeaks» éclatait au visage de Bruxelles et de Jean-Claude Juncker. L’affaire a révélé de nombreux schémas d’optimisation fiscale concernant de grandes entreprises enregistrées au Luxembourg.

antoine-deltour-001

C’est un destin qui bascule sur un instant, une décision. Leur visage est familier et, eux, sont devenus des sources d’informations de premier ordre. Chacun à son échelle, leur vie est devenue un combat. De Bradley Manning, qui avait confié à WikiLeaks de nombreux documents militaires classés secret défense autour des actions de l’armée américaine en Irak et en Afghanistan, à Edward Snowden, en passant par Denis Robert, Julian Assange, Irène Frachon, Stéphanie Gibaud… tous ont été, et sont encore aujourd’hui, habités par des convictions communes. Ils ne se considèrent pas comme des «chevaliers blancs» des temps modernes: ces hommes et femmes ont juste voulu faire «bouger les choses», trembler les lignes, en appuyant sur un bouton, en copiant un document ou en les confiant à un journaliste. Ils ont aujourd’hui un nom. Ils sont lanceurs d’alerte. Lui, a décidé de faire tomber un système. Il s’appelle Antoine Deltour et sera jugé dans les prochains mois.

Jean-Claude Juncker, en première ligne

Décembre 2014, Bruxelles. Depuis un peu plus d’un mois, l’ex-premier ministre du Luxembourg, Jean-Claude Juncker, vient de prendre ses fonctions de président de la Commission européenne. Fini les affaires du Grand-duché, le Parlement européen vient d’offrir à l’homme un poste en accord avec ses ambitions, lui qui rêve depuis le début de sa carrière politique d’avoir «un œil global sur le monde de la finance». Pourtant, quelques semaines après avoir enfilé son nouveau costume, le Luxembourgeois se retrouve fauché par une vague médiatique sans précédent. L’affaire «LuxLeaks», qui revèle alors de manière très précise l’organisation de l’exil fiscal de plus de 300 entreprises avec le consentement de l’administration luxembourgeoise des impôts. La presse internationale accuse Jean-Claude Juncker d’être «responsable des politiques d’évitement fiscal».

Derrière l’affaire «LuxLeaks», il y a un homme: Antoine Deltour, un ancien employé du cabinet d’audit PricewaterhouseCoopers (PwC). En octobre 2010, – l’auditeur d’entreprises n’est alors âgé que de 28 ans – il découvre un ensemble de documents liés aux «tax rulings», des accords fiscaux entre le Luxembourg et de grandes multinationales permettant à ces dernières de minimiser leurs impôts à l’aide de filiales. Dès lors, il a voulu quitter PwC, où il était entré en 2008 en tant que stagiaire, puis employé. «Je cherchais à ce moment-là à récupérer des documents de formation pour me renseigner avant de partir. C’est des choses qui se font souvent. Après, il faut savoir que dans ce genre de cabinet, le turnover est fréquent, c’est une sorte de mastère spécialisé où on accumule beaucoup d’expériences en très peu de temps», détaille Antoine Deltour. C’est le genre d’endroit où tout se sait mais rien ne se dit. La culture du travail y est omniprésente, les questions politiques passées sous silence, «une sorte de tabou». «Je n’avais pas d’attente réelle, ni précise, nous explique aujourd’hui Antoine Deltour. Mon objectif était simplement de partager mes questionnements sur la problématique des «tax rulings». Je me suis documenté, les documents ont été vérifiés.»

 

«Dans quelle merde tu t’es foutu?»

Antoine Deltour part, avec dans son sac, «ces schémas incroyables» détaillant les «tax rulings, une pratique sur laquelle on plaisantait parfois entre nous au travail». Quelques mois plus tard, au détour d’un commentaire lâché sur le web, il est alorsrepéré par le journaliste Édouard Perrin, de Cash Investigation. L’enquêteur se rend «rapidement compte qu’il a devant lui une masse d’informations importantes. Confier ces documents à un journaliste était une décision délicate, mais Cash avait déjà une bonne réputation.»

L’enquête sera diffusée en mai 2012, Antoine Deltour y collabore épisodiquement sans que son nom soit cité. Il devient alors l’homme à faire tomber dans les locaux de PwC qui, au terme d’une enquête interne, trouvera rapidement l’idendité de la source. Le mois suivant, les enquêteurs luxembourgeois partent à sa recherche. Deux ans plus tard, il sera alors placé en garde à vue et est inculpé le 12 décembre 2014: «quand tu rentres ensuite chez toi, que tu n’as plus ton matériel informatique, que

 

tu es seul, tu te demandes dans quelle merde tu t’es foutu».

«Oui, le contenu m’a échappé. Le traitement médiatique a été très efficace mais m’a semblé injuste. Pourquoi 300 sociétés ont été pointées du doigt alors que les pratiques mises en causes sont systèmiques? Après, de mon côté, je n’ai eu aucun contact avec l’ICIJ, le consortium des journalistes qui a sorti l’affaire. L’idendité de la personne qui a transmis les documents est toujours secrète. C’est le secret des sources», raconte Antoine Deltour. Il affirme dans le même temps ne pas «être un héros» et rejette «la figure médiatique parfois décrite du lanceur d’alerte comme quelqu’un d’isolé et courageux. Oui on l’est, mais on n’est pas seul, je sais qu’aujourd’hui des milliers de personnes sont les témoins silencieux de pratiques qui devraient être portées à l’attention du public». Depuis son inculpation par la justice luxembourgeoise, Antoine Deltour est dans l’attente. Il a été reçu par la commission spéciale TAXE au Parlement européen, s’est vu décerné le Prix du citoyen européen 2015 pour son action et s’avoue heureux d’avoir fait bouger les choses à Bruxelles.

Récemment, le procureur luxembourgeois a retenu cinq chefs d’inculpation contre lui. Un Conseil du tribunal doit les valider avant un procès, «pas avant 2016». Il demande maintenant des solutions. Antoine Deltour: «Au cours de différents colloques, on essaye maintenant de sensibiliser les citoyens. Il faut élargir la définition du lanceur d’alerte, le but d’une alerte est de faire bouger les lignes et on a besoin d’une certaine protection. Pourquoi pas une autorité indépendante qui rassemblerait les alertes et ferait le tri?». Le combat d’une vie, la loi «Sapin 2» anti-corruption, doit donner dans les prochains mois une meilleure protection aux lanceurs d’alerte. Pour le moment, Antoine Deltour attend, quelque part en France, où il a retrouvé un poste dans l’administration publique. Loin de Luxembourg.

Le Luxembourg est un paradis fiscal très prisé par les québécois corrompus et les canadiens du même accabit.
Le Luxembourg est un paradis fiscal très prisé par les québécois corrompus et les canadiens du même accabit.

 

 

 

Troisième Guerre Mondiale en préparation:Le Connseil de Sécurité de l’ONU va tenir une réunion spéciale sur le dernier essai nucléaire de la Corée du Nord

Le leader nord-coréen Kim Jong-un a appelé l’armée de Pyongyang pour renforcer ses capacités nucléaires après avoir ordonné le lancement de trois missiles balistiques.

Kim Jung Un,l'obèse dictateur de la Corée du Nord...qui meurt de faim!
Kim Jung Un,l’obèse dictateur de la Corée du Nord…qui meurt de faim!

« Il a souligné la nécessité de continuer à faire des réalisations miraculeuses dans le renforcement de la force nucléaire l’une après l’autre dans cette année historique », a déclaré l’agence officielle KCNA nouvelles du Nord lundi.

Plus tôt, la Corée du Sud a annoncé que le Nord a tiré trois missiles balistiques d’une région de l’ouest dans la capitale Pyongyang dans la mer du Japon, pendant que leaders du monde des nations du G20 sont dans la ville chinoise de Hangzhou.

La KCNA a noté que le lancement avait été parfait, et que Kim avait exprimé « une grande satisfaction au cours de la réussite successive tirs groupés  de roquettes balistiques. »

Elle a ajouté que Kim est actuellement en train de guider les exercices nord-coréens visant à évaluer les « capacités des unités» et la précision des « fusées balistiques améliorées  prètes à être déployées pour l’action. »  

Ce voyageur dans une gare de Corée du Sud observe l'un des missiles lancés par la Corée du Nord,hier.
Ce voyageur dans une gare de Corée du Sud observe l’un des missiles lancés par la Corée du Nord,hier.

Un porte-parole du ministère de la Défense sud-coréen a déclaré que le « lancement de missiles est une violation directe des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, visant à montrer ses capacités nucléaires et de missiles lors du sommet du G20. » 

Suite à une plainte déposée par le Japon et les États-Unis, le Conseil de sécurité de l’ONU a annoncé qu’il se réunira le mardi,6 septembre 2016, et va envisager une réponse au test.

« Les lancements téméraires d’aujourd’hui par la Corée du Nord menacent l’aviation civile et le commerce maritime dans la région », a déclaré le porte-parole du département d’Etat américain John Kirby. «Notre engagement à la défense de nos alliés face à ces menaces reste à toute épreuve. »

L’ONU et l’Occident ont imposé une série de sanctions sur la Corée du Nord, ce qui incite Pyongyang à intensifier ses activités nucléaires. 

En Janvier, la Corée du Nord a déclaré qu’elle avait fait exploser avec succès une bombe à hydrogène, son quatrième essai nucléaire, et a promis de mettre en place son programme nucléaire comme dissuasion contre l’agression potentielle des États-Unis et de ses alliés régionaux.

Un mois plus tard, Pyongyang a lancé une fusée à longue portée, dont elle dit :avoir placé  un satellite d’observation de la Terre  en orbite. Washington et Séoul ont dénoncé comme une couverture pour un test de missile balistique intercontinental.

La Corée du Nord affirme qu’elle ne renoncera pas à sa «dissuasion» nucléaire à moins que Washington met fin à sa politique hostile envers Pyongyang et dissout la commande américaine en Corée du Sud. Des milliers de soldats américains sont stationnés en Corée du Sud et au Japon.

L’ONU a adopté cinq séries de sanctions paralysantes sur le Nord depuis le premier test d’un dispositif nucléaire en 2006, malgré la situation critique de la nation, y compris son aggravation de la famine.Ce qui n’empêche pas  le dictateur nord-coréen de s’engouffrer  une multitude de plats préparés spécialement pour lui,par des cuisiniers français de renommée internationale.

L'agence nord-coréenne de nouvelles vient de publiciser cette photo d'un missile balistique lancé depuis un sous-marin ,de nuit.On ne précise pas la date du lancement.
L’agence nord-coréenne de nouvelles vient de publiciser cette photo d’un missile balistique lancé depuis un sous-marin ,de nuit.On ne précise pas la date du lancement.

 

Kim Jung Un est membre d'une Triade liée au crime organisée asiatique.
Kim Jung Un est membre d’une Triade liée au crime organisée asiatique.

 

Cet hotel bien connu du centreville de Pyong  Yang adopte  la structure d'une pyramide.Ce qui rapproche le système politique des...Illuminati eux-mêmes!
Cet hotel bien connu du centreville de Pyong Yang adopte la structure d’une pyramide.Ce qui rapproche le système politique des…Illuminati eux-mêmes!

 

Photo prise à l'intérieur d'un dortoir dans une école supérieure ,en Corée du Nord.
Photo prise à l’intérieur d’un dortoir dans une école supérieure ,en Corée du Nord.

 

Des troupes de débarquement en plein entrainement.
Des troupes de débarquement en plein entrainement.

 

 

Sources:PressTv

 

 

 

Troisième Guerre Mondiale en préparatrion:selon Joe Biden ,les USA feront la guerre à la Russie pour défendre les pays baltes

 

 

Mardi, le vice-président américain Joseph Biden s’est rendu en Lettonie pour réaffirmer l’engagement des États-Unis à mener une guerre contre la Russie en cas de conflit entre Moscou et les États baltes.

Joe Biden
Joe Biden

« Je veux qu’il soit absolument clair pour tout le monde dans les pays baltes : nous nous sommes engagés sur notre honneur sacré, les États-Unis d’Amérique… [par rapport] au traité de l’OTAN et à l’article 5, » a déclaré Biden après une rencontre avec le président lituanien Dalia Grybauskaite et d’autres dirigeants baltes.

Le sens des mots de Biden est le suivant : si l’un de ces petits États, dirigé par des régimes fanatiquement anti-russes, organise une provocation contre la Russie menant à un affrontement à la frontière, l’« honneur sacré » des États-Unis exige que le peuple américain soit plongé dans une guerre contre la deuxième puissance nucléaire du monde.

Quel est cet « honneur sacré » invoqué par M. Biden ? Est-ce le même « honneur » qui a conduit les États-Unis à envahir illégalement l’Irak et l’Afghanistan et à les transformer en enfers de mort et de destruction ? Est-ce la grandeur d’âme montrée lors de la fomentation des guerres par procuration qui ont détruit la Libye et la Syrie ? Ou bien le vice-président a-t-il à l’esprit l’incinération d’un hôpital de Médecins sans frontières à Kunduz, l’anéantissement de femmes et d’enfants dans les frappes de drones, la torture sadique effectuée sur les sites noirs de la CIA et les goulags d’Abu Ghraib et de Guantanamo Bay ?

Le criminel de guerre Biden appelle une question « d’honneur » la préparation du plus grand de tous les crimes de guerre : celui de précipiter la population mondiale dans une guerre opposant des pays dont les arsenaux nucléaires sont capables d’anéantir de nombreuses fois la civilisation humaine.

Dans la mesure où il n’y a aucune discussion dans les médias ou l’establishment politique sur un conflit militaire avec la Russie, on le présente du point de vue frauduleux de la défense « des droits de l’homme » ou de la défense de la souveraineté d’alliés des États-Unis. Aucun examen des causes réelles de la guerre ou de ses conséquences n’est autorisé.

À quoi ressemblerait une guerre entre les États-Unis et la Russie ? Quelle est la probabilité qu’un tel conflit implique l’utilisation d’armes nucléaires, compte tenu du fait que les États-Unis maintiennent leur droit à « frapper les premiers » à l’aide d’armes nucléaires et que la Russie a déclaré qu’elle répondrait aux incursions sur son territoire par tous les moyens à sa disposition, y compris l’utilisation de son arsenal nucléaire ? Combien de millions de personnes en Russie, aux États-Unis, en Europe et au-delà vont mourrir dans un tel conflit ?

Rien de tout cela n’est même mentionné dans la campagne électorale américaine de 2016. Tel est le degré de contrôle exercé par l’armée américaine et l’oligarchie financière américaine sur la presse et la vie politique aux États-Unis et telle est l’absence de véritable contenu démocratique dans le processus électoral.

L’élargissement de l’OTAN

L'expansion de l'OTAN
L’expansion de l’OTAN

Quant à la clause de défense collective de la Charte de l’OTAN (article 5), les États baltes font partie de l’alliance militaire seulement en raison du déplacement incessant à l’Est des frontières de l’OTAN depuis la dissolution de l’Union soviétique, et ce dans le but spécifique d’encercler la Russie. Les trois États en question, Lettonie, Lituanie et Estonie, ont une population combinée d’environ six millions de personnes, à peu près l’équivalent de celle de l’État du Missouri. Ils faisaient partie de l’empire russe avant la Révolution russe de 1917 et ont été incorporés dans l’URSS après le pacte Hitler-Staline de 1939, avant de déclarer leur indépendance vis-à-vis de l’Union soviétique en 1990.

L’OTAN a été élargie pour inclure la République tchèque, la Hongrie et la Pologne en 1999 ; les États baltes, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovénie et la Slovaquie en 2004 ; l’Albanie et la Croatie en 2009. La plupart de ces pays étaient membres du Pacte de Varsovie mené par l’Union soviétique.

Cette extension a déplacé les frontières de l’OTAN de plus de 1280 kilomètres, ce qui met ses forces militaires à moins de 160 kilomètres de Saint-Pétersbourg — moins de cinq minutes en avion supersonique.

Soutenus par les États-Unis, les pays baltes s’arment à un rythme effréné. Entre 2014 et 2015, l’Estonie a augmenté son budget de la Défense de 6,6 pour cent, la Lettonie de 13,7 pour cent, et la Lituanie de 32,7 pour cent. La veille de la visite de Biden, la Lituanie a fait le plus gros achat d’armes de son histoire, dépensant un demi-milliard de dollars pour acheter 88 véhicules blindés de combat.

Les gouvernements fantoches pro-américains de ces pays très instables, déchirés par les tensions sociales et ethniques, se caractérisent par leur politique de chauvinisme anti-russe et de militarisme.

La présidente lituanienne Dalia Grybauskait&;, la « Dame de fer lituanienne », parle de la Russie comme d’un « État terroriste » et compare le président russe Vladimir Poutine à Adolf Hitler. Grybauskait&; a fait des études à Washington DC et y a servi comme ministre plénipotentiaire à l’ambassade de Lituanie.

Le président letton, Raimonds Vejonis, précédemment ministre de la Défense, a été un défenseur véhément de la militarisation de la frontière russe, déclarant l’an dernier : « Si quelque chose arrive, nous ne pouvons pas attendre des jours ou des semaines pour plus d’équipement. Nous devons réagir immédiatement. »

Dans ce qui est peut-être la partie la plus importante de son discours de mardi, Biden a déclaré que le résultat de l’élection présidentielle 2016 n’affecterait pas la politique américaine à l’égard des pays baltes.

Biden faisait allusion aux déclarations du candidat républicain Donald Trump mettant en doute l’engagement de Washington de faire la guerre en défense des États baltes. Cela est inacceptable pour Biden et l’appareil militaire et du renseignement pour lesquels il parle. Le vice-président a déclaré mardi que les commentaires de Trump n’étaient « pas à prendre au sérieux. » Le candidat républicain ne savait « pas de quoi il parle, » dit Biden, ajoutant : « Je ne pense même pas qu’il comprenne ce qu’est l’Article 5. »

Si les déclarations de Biden étaient nominalement dirigées contre Trump, leur contenu réel était l’affirmation que, quel que soit le résultat de l’élection, ce sont les agences de renseignement qui dicteront la politique.

Ces déclarations jettent une nouvelle lumière sur les tentatives des médias et de l’establishment politique de présenter Trump comme le « candidat sibérien » du président russe Vladimir Poutine. L’objectif est de faire de l’hostilité populaire à un Trump fascisant un mandat pour la guerre. Ceci prépare le terrain à une escalade majeure du conflit de Washington avec Moscou.

Article et traduction d’Andre Damon

Article paru d’abord en anglais, WSWS, le 24 août 2016