La Marseillaise:l’héritage de Claude Rouget de Lisle

 

 

Biographie de Claude Joseph Rouget de Lisle

Claude rouget de  Lisle
Claude Rouget de Lisle

Né le 10 mai 1760 à Lons-le-Saunier, fils de Claude Ignace Rouget et de Jeanne Madeleine Gaillande, il est l’aîné d’une famille de 8 enfants (5 garçons et 3 filles dont il est l’aîné). Sa naissance dans cette ville est surtout le résultat d’un cas fortuit, car ses parents habitent en fait à Montaigu petit village distant d’une lieue environ. Sa mère venue au marché hebdomadaire de Lons-le-Saunier, mais enceinte elle est prise de douleurs et accouche sur place dans une maison amie.

Rouget de Lisle passe sa jeunesse dans ce petit village où, au contact de ses parents mélomanes il se passionne vite pour la musique en général et le violon en particulier.

Toutefois son père l’oriente très vite vers le métier des armes et il entre à l’Ecole Militaire de Paris le 5 mai 1776, après avoir greffé la mention nobiliaire »de Lisle » à son nom « Rouget », prenant par besoin la particule qui appartenait à son grand-père. En effet seuls les gentilshommes sont admis dans ces murs militaires. Resté célibataire, il revient à Montaigu comptant y passer ses vieux jours, mais ruiné il doit vendre le domaine et remonte à Paris se loger dans une mansarde du Quartier Latin.

Malade et sans argent c’est son grand ami le général Blein qui lui offre l’hospitalité à Choisy-le-Roi. Il fut aussi hébergé dans la famille Voiart qui possédait une jolie demeure dans la partie haute de la ville. C’est ainsi qu’il vivote de 1826 à 1836, grâce à une petite pension attachée à la Légion d’honneur que lui a attribué Louis-Philippe Ier.

Il décède le lundi 26 juin 1836 à plus de 76 ans, à Choisy-le-Roi et est inhumé dans l’ancien cimetière.

C’est sous la IIIe République, qu’eut lieu le 13 juillet 1915 l’exhumation et le 14 juillet 1915 la translation des cendres de Rouget de Lisle sous le dôme des Invalides.

 

 

Sa carrière

A la sortie de l’Ecole Militaire de Paris, il entre le 1er janvier 1782 à l’Ecole royale du génie de Mézières, renommée pour la qualité de ses ingénieurs de haut niveau. Ses élèves forment un corps qui est mis en valeur lors des campagnes Napoléoniennes.

Rouget de Lisle élève moyen, fait son devoir sans faillir et côtoie alors Lazare Carnot surnommé l’Organisateur de la victoire , Coulomb et sa célèbre loi sur l’électricité et le magnétisme, Cugnot qui créa un engin destiné à remplacer les attelages de l’Artillerie en campagne, Pierre L’Enfant qui fut choisi par le président George Washington lui-même pour marquer ensemble l’emplacement du bâtiment qui devait au final s’appeler la Maison Blanche.
C’est dans cette école du génie civil qu’il est promu sous-lieutenant en 1782 et en sort aspirant-lieutenant en second au corps royal du génie le 1er avril 1784.Nommé lieutenant en premier le 15 septembre 1789 puis Capitaine de 5e classe en 1791, suspendu de ses fonctions en août 1792 et réintégré en octobre de la même année, suspendu à nouveau en août 1793 et réintégré le 30 Ventôse de l’an 3 (20 Mars 1795). Il fut désigné pour être employé à l’Armée du Rhin le 25 Floréal de l’an 3 (14 Mai 1795). Finalement le 30 Ventôse de l’an 4 (20 Mars 1796) nommé Chef de bataillon, il démissionne le 9 Germinal suivant (29 Mars 1796).

 

La Marseillaise...
La Marseillaise…

Historique de la Marseillaise

Reprenons en 1791, année où il rejoint l’Armée du Rhin et se trouve en garnison à Strasbourg, affecté au bataillon « Les enfants de la Patrie ». Toujours habité par la musique et la poésie, il est très familier des milieux artistiques de la ville et finalement il est accueilli dans le salon du maire Dietrich, où se côtoient hommes politiques, officiers et nombreux musiciens dont Ignace Pleyel futur célèbre compositeur. Le baron Philippe-Frédéric de Dietrich est maire de Strasbourg en 1790, 1791 et 1792 mais guillotiné le 29 décembre 1793.

Ce dernier le 25 avril 1792, le reçoit dans son salon où ce soir là règne une grande effervescence car un courrier vient d’arriver de Paris, annonçant la déclaration de guerre faite le 20 avril 1792, par l’Assemblée législative au roi de Bohême et de Hongrie.

« Mais vous, monsieur de Lisle … trouvez un beau chant pour ce peuple soldat qui surgit de toutes parts à l’appel de la patrie en danger et vous aurez bien mérité de la Nation » lui demande alors le baron qui souhaite qu’un chant hardi puisse encourager les soldats qui montent au front, en place du traditionnel « ça ira, ça ira ».

Or le matin de ce jour, en sortant de chez lui Rouget de Lisle tombe en arrêt devant une affiche apposée sur les murs de Strasbourg dont le texte émanant de la Société des Amis de la Constitution est le suivant :

Aux armes,citoyens ! L’étendard de la guerre est déployé ! Le signal est sonné ! Aux armes ! Il faut combattre, vaincre, ou mourir.

Aux armes, citoyens ! Si nous persistons à être libres, toutes les puissances de l’Europe verront échouer leurs sinistres complots. Qu’ils tremblent donc, ces despotes couronnés ! L’éclat de la Liberté luira pour tous les hommes. Vous vous montrerez dignes enfants de la Liberté, courez à la Victoire, dissipez les armées des despotes !

Marchons ! Soyons libres jusqu’au dernier soupir et que nos vœux soient constamment pour la félicité de la patrie et le bonheur de tout le genre humain !

Ces paroles sont certainement un élément clé pour Rouget de Lisle et après une nuit passée à composer (du 25 au 26), à essayer sur son violon diverses mélodies, il se rend dès le matin chez le baron de Dietrich. Le soir nouveau repas au cours duquel il présente son essai devant un auditoire conquis.

En fait ce n’est pas Rouget de Lisle qui aurait interprété l’hymne comme le laisse supposer l’image du tableau de David en haut de cette page, mais le maire lui-même, belle voix de ténor, accompagné au clavecin par son épouse Mme de Dietrich. Le triomphe est immédiat et le « Chant de guerre de l’armée du Rhin » est adopté et repris en cœur toute la soirée.

Il est aussitôt copié et largement distribué, et c’est ainsi que des voyageurs en propagent les paroles et l’air dans tout le pays. Son exécution publique a lieu le 29 avril 1792 par les 812 hommes du Bataillon de Rhône et Loire.

Il se trouve qu’au même moment en juillet 1792, à Marseille des volontaires se préparent à monter à Paris pour combattre l’invasion et défendre « la patrie en danger ». Subjugués par les paroles de ce chant recopié sur des feuillets, les fédérés marseillais entonnent celles-ci tout au long de leur très long voyage. Dans les villes et villages traversés, ils reprennent sans cesse ce chant et des volontaires les rejoignent spontanément.

Le bataillon de Fédérés marseillais entre à Paris le 30 juillet 1792 en chantant la « Chant de guerre pour l’armée du Rhin », puis il participe à l’insurrection du palais des Tuileries le 10 août 1792. Il n’en fallait pas plus pour que les parisiens appellent spontanément ce chant l’Hymne des Marseillais puis la Chanson Marseillaise et enfin tout simplement la « Marseillaise », nom qui lui est resté.

Quelques semaines plus tard, lors de la bataille de Valmy les paroles de la Marseillaise sont reprises et chantées par des milliers de combattants.

Le premier couplet des Enfants a été ajouté en octobre 1792 par l’abbé Pessonneaux de Vienne, dont l’idée est empruntée au chant des Spartiates, rapporté par Plutarque. « Nous entrerons dans la carrière… »

 

Paroles et musique de nos jours...
Paroles et musique de nos jours…

Hymne national « La Marseillaise »

La Marseillaise s’appela ainsi un certain 30 juillet 1792, et fut ensuite décrétée chant national le 14 juillet 1795 par la Convention qui fait exécuter l’Hymne par l’Orchestre de l’Institut National de Musique… mais interdite sous l’Empire et la Restauration. Elle revient à l’honneur pendant les Cent-Jours, en 1815 avec Napoléon 1er.

Lors des révolutions de 1830 (Berlioz en élabore une orchestration qu’il dédie à Rouget de Lisle. ) et de 1848, la Marseillaise est universellement reconnue et devient l’hymne national de la République Française le 14 mars 1879.

A Paris, elle est symbolisée par un bas-relief du sculpteur François Rude, sur l’Arc de Triomphe de la place de l’Étoile, intitulé « Le départ des soldats de l’An II ». (photo de la page précédente)

A Lons-le-Saunier, la statue de Rouget de Lisle qui est érigée en 1882 sur la place de la Chevalerie, est œuvre du sculpteur Bartholdi. Il est représenté portant le drapeau tricolore et chantant l’hymne qu’il a créé.

A Choisy-le-Roi une statue le représente au carrefour qui porte son nom.

 

 

Hymne national sous la IIIe République, le ministère de l’Éducation Nationale conseille d’en pratiquer le chant dans les écoles à partir de 1944. La Constitution de 1946 (IVe République) et ensuite celle de 1958 (Ve République) conservent La Marseillaise comme hymne national (article 2 de la Constitution de 1958) et cette pratique est maintenant obligatoire à l’école primaire (loi du 19 février 2005).

 

Conclusions

Ce chant est devenu l’hymne national de la France en 1879, ce qui est déjà tout un symbole.

Quelques personnes soulignent le caractère guerrier et féroce de certaines paroles (les mêmes peut-être qui laissent leur progéniture regarder la TV et internet sans contrôle ?). Ces utopistes n’étaient certainement pas nées lorsque des patriotes sous la torture ou encore des résistants face au peloton d’exécution tombaient en chantant « Allons enfants de la patrie… » Aujourd’hui si elles vivent librement c’est en grande partie à toutes celles et à tous ceux qui montèrent aussi à l’échafaud en scandant cet Hymne.

« Ceci s’adresse à vous, esprits du dernier ordre,
qui n’étant bons à rien cherchez surtout à mordre. « 
Jean de La Fontaine

 

Avec la Marseillaise, nous retrouvons dans l’ histoire récente de la France, les traces du patriotisme le plus profond. Il est facile de démolir mais plus difficile de construire !

« Cela est divin et rare
d’ajouter un chant éternel
à la voix des Nations »
Michelet

*Pour votre information:Rouget de Lisle était franc-maçon.

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