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Le néolibéralisme déclare la guerre aux nationalistes grecs

 

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En Grèce, le parti Aube dorée vient de subir ce que l’on appelle une frappe chirurgicale de la part du « système démocratique ». Créé en 1992, le parti réapparait sur le devant de la scène politique grecque en 2007 par son fondateur qui le dirige toujours aujourd’hui.

Lorsque la crise éclate en Grèce, le parti n’obtiendra même pas 1% aux élections européennes de 2009 et 0,3% aux législatives de la même année pendant qu’un autre parti nationaliste plus modéré (L’Alerte populaire orthodoxe ou LAOS) obtiendra 386.152 voix et un peu plus de 7% des suffrages aux mêmes élections.

Mais rapidement, la rhétorique nationaliste et historique affirmée du parti (Le passé glorieux allant de l’Antiquité à la Byzance grecque et au général Metaxas…) ainsi que sa critique des élites corrompues et d’une immigration incontrôlée (les étrangers représentent 8 à 10% de la population du pays et il y a 5 à 6% de minorités n’appartenant pas à l’ethnie grecque) séduira un nombre croissant de citoyens furieux de la spirale de destruction dans laquelle le pays s’enfonce.

En 2010, son fondateur et dirigeant est élu au conseil municipal de la ville d’Athènes.

En 2012, coup de tonnerre dans la politique grecque, le parti obtient 6,92 % des voix et 18 députés sur les 300 du Parlement grec, devenant ainsi le cinquième parti du pays. Aux mêmes élections, l’Alerte populaire orthodoxe obtient elle 2,9 % des voix, portant la totalité des suffrages accordés aux nationalistes à près de 10%. La répartition des votes est à peu près égale dans toute la Grèce, y compris dans les petites villes et les villages, mais c’est surtout dans certains quartiers de la capitale que le parti obtient jusqu’à 20% des voix ou au sein de certains corps de métier : entre 25 et 40% des agents des forces spéciales et 10 à 15% des militaires auraient en effet voté pour Aube dorée.

Aube dorée va rapidement entamer une importante et efficace activité de terrain en organisant de gigantesques distributions de nourriture aux Grecs « de souche » les plus pauvres (les militants prenant parfois sur leurs revenus à cette fin) ou en procurant des formes d’aides aux personnes âgées ou encore en organisant des cours d’« éveil national » pour les enfants de 6-10 ans. Aube dorée va également intervenir de façon plus musclée en organisant des rondes dans les quartiers à forte criminalité pour les sécuriser ou encore des manifestations violentes contre les demandeurs d’asiles ou enfin en attaquant au bulldozer des centres de rétentions d’immigrés clandestins.

De nombreux sondages laissaient « craindre » une forte hausse d’Aube dorée, créditée de jusqu’à 18% des voix au niveau national et qui aurait pu devenir le troisième parti du pays. Athènes prend il est vrai la présidence tournante de l’UE au 1er janvier 2014 et l’Onu a récemment également soulevé avec insistance la question Aube dorée lors d’une rencontre avec le ministre grec des Affaires étrangères.

Sans surprise, en ce mois de septembre 2013, coup de tonnerre, une rixe entre supporters de foot dégénère et entraîne la mort d’un militant antifasciste de 34 ans à la sortie d’un bar, dans la banlieue d’Athènes. La Grèce tient enfin son Brahim Bouarram et la classe politique grecque peut enfin et provisoirement retrouver son unité dans la lutte contre l’Organisation criminelle que serait visiblement Aube dorée.

Rapidement, le président fondateur du parti est arrêté et placé en détention pendant que quatre autres députés sont arrêtés par la police et inculpés eux aussi au motif d’appartenance à une « organisation criminelle ». L’organisation est décapitée et la Grèce se prépare à interdire l’organisation Aube dore et même à fonctionner avec un parlement réduit numériquement. On imagine le tollé international que cela créerait si Aube Dorée était au pouvoir et proposait que le pays fonctionne avec un nombre réduit de députés.

Mais pour autant, le leurre politico-médiatique ne devrait pas fonctionner trop longtemps. La disparition envisageable d’Aube dorée (si celle-ci ne réapparait pas sous une autre forme dans le futur proche) ne règle aucunement les problèmes de la Grèce, mère malade de l’Europe dont la situation devrait continuer à s’aggraver.

Le taux de chômage y atteint aujourd’hui 27,9% et concerne 58,8% des jeunes de moins de 24 ans et 31,9% des femmes. 45 % de la population vit au niveau du seuil de pauvreté pendant que 20% vit sous ce seuil. Le taux de suicide a augmenté de 40 % en deux ans et pour la seule année 2011 par exemple, ce sont 477 grecs qui se sont suicidés dont 84 femmes. Alors que les dépenses de l’Etat consacrées aux services publics ont été fortement réduites (-23,7 % de 2009 à 2011) le taux de sida a lui aussi considérablement augmenté avec 607 infections en 2010 contre 954 en 2011, soit une hausse de 57 %.

Qui va payer pour tous les grecs assassinés par l’austérité ?

L’Etat grec ? L’UE ? Goldman Sachs qui a trafiqué les comptes de l’Etat grec pour lui permettre d’intégrer l’UE ? Tous les citoyens européens, et les Grecs en premier lieu, devraient se poser la question de savoir qui, pour tout cela, va devoir rendre des comptes.
(Sources: multiples dont la voix de Russie,)

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